«France Soir» : le patron ouvre la boîte à gifles
Altercation hier entre Raymond Lakah et deux consultants : deux blessés.
Par Olivier COSTEMALLE
vendredi 29 octobre 2004 (Liberation - 06:00)
Chaude ambiance à Aubervilliers, au siège de France Soir. Le nouveau propriétaire du quotidien, Raymond Lakah, a fait le coup de poing hier avec deux membres d'un cabinet d'audit qui travaillaient depuis plusieurs mois sur la relance du journal.
L'affaire a démarré mercredi, quand l'homme d'affaires franco-égyptien a signifié aux deux consultants du cabinet Noéa Conseil qu'il mettait fin à leur mission. Noéa est une petite société de conseil en marketing et distribution de la presse. Elle décroche en avril un beau contrat avec France Soir. Le deal est signé par Andrea Riffeser-Monti, patron de Poligrafici Editoriale, qui est encore à l'époque propriétaire du quotidien.
Les consultants proposent différents projets à Poligrafici. Dont celui-ci : développer de nouveaux projets éditoriaux autour de France Soir, en créant notamment un quotidien hippique et une édition du soir gratuite. Las : Andrea Riffeser-Monti, pressé par ses actionnaires, n'a bientôt plus d'autre choix que fermer ou vendre. Il trouve finalement un acheteur en la personne de Raymond Lakah, spécialiste du transport aérien à bas prix, repreneur de la compagnie en faillite Euralair.
Huissier. Lakah rachète 70 % du titre. Le voilà patron de presse, à la tête d'un titre prestigieux à défaut d'être rentable (il perd 500 000 euros par mois). Les deux consultants de Noéa s'inquiètent : le nouveau propriétaire voudra-t-il de leurs services ? Ils demandent à le voir à plusieurs reprises. En vain, jusqu'à avant-hier. Ce jour-là, l'homme d'affaires reçoit l'un des deux consultants dans son bureau. Il conteste la qualité du travail effectué. Et, quand son visiteur lui rappelle que le contrat avec Noéa court jusqu'en décembre, il lui ordonne brutalement de ne plus remettre les pieds au journal.
C'est du moins la version des consultants, telle que Libération a pu la recueillir, et qui est corroborée par plusieurs témoins. Pour sa part, Raymond Lakah n'a pas souhaité répondre à nos ...