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Le Rastafarisme, are u rasta ?

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Discussion générale: Le Rastafarisme, are u rasta ? La date/heure actuelle est 27 Fév 2020 21:45 
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   Article posté par Lil'Shit le 14 Juin 2005 à 16:27  S'abonner au Flux Rss Discussion générale: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

Are u rasta ? êtes vous rastafarien ? que pensez vous du rastafarisme ?




Citation:
LE RASTAFARISME

a) l'origine du mouvement

En Jamaïque la religion dominante est le christianisme (église anglicane 7%, églises réformées 49 %, église catholique 5%, autres églises 39 %).

Depuis 1784 existe en Jamaïque une église baptiste éthiopienne fondée par le pasteur américain Georges Liele. On peut considérer cette église que le précurseur de l’éthiopisme (évocation nostalgique de l’Ethiopie alias le continent africain) en Jamaïque.
L’exil des hébreux à Babylone (-587 avant JC à –539 avant JC) est comparé à la situation des descendants des esclaves vivant en Jamaïque

De même Marcus Garvey annonce en 1927 " Tournez vos yeux vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, car le jour de délivrance est proche". En 1930 Haïlé Sélassié est couronné. La nouvelle figure dans le quotidien local de Daily Gleaner. De fervents lecteurs de la Bible voient dans un verset de l'Apocalypse le rédempteur attendu : « ne pleure point : voici le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. ».

En 1933 Léonard Percival Howell commence à prêcher en faveur de Ras Tafari par opposition à la couronne anglaise. Avec d’autres prédicateurs Archibald Dunkley et Joseph Nathanael Hibbert ils annoncent que l’heure de la Rédemption est arrivée. Leur enseignement religieux se base sur des textes issus de la «Holy Piby », une Bible selon l’homme noir publiée vers 1924 d’essence afro centriste. Howell utilise une édition appelée «Promised Key » faite à Accra (actuel Ghana) en 1935. Les références bibliques trouvent un écho. La remise en cause de l’allégeance à la Couronne Britannique entraîne une répression immédiate dès 1934, amenant de nouveaux adeptes. Le message d’essence religieuse amplifie les thèmes politiques développés jusqu’à présent par Marcus Garvey.

En 1934 en compagnie de Robert Hinds, Leonard Howell vend 1 shilling pièce des portraits d’Haïlé Sélassié prétendant qu’ils seront considérés comme passeport officiel pour l’Ethiopie. Il écoule 5000 de ses «passeports ». Il est arrêté et condamné à 2 ans de prison.

Archibald Dunkley fonde le « King’s Missionary Movement » et Joseph Hibbert « l’Ethiopian Coptic Faith ».

En 1935 l’Italie envahie l’Ethiopie et l’annexe en 1936. En 1937 Marcus Garvey critique l’attitude d’Haïlé Sélassié en exil, cet attitude pousse une partie de ses partisans à rejoindre la cause rastafarienne (Ferdinand Rickett, Altamont Raid, Paul Earlington).

En 1938 l’Ethiopian World Federation (EWF) fondée en 1937 par Haïlé Sélassié pour récolter des fonds de soutien à l’étranger s’implante à New York , aussitôt des contacts se nouent avec la Jamaïque, mais les éthiopiens ne voit en l’Empereur que l ‘élu de Dieu et non Dieu lui même.

La répression se fait aussi par l’internement au Belview Mental Hospital. En 1940, après un séjour dans cet établissement Leonard Percival Howell fonde la première communauté rastafarienne dans les collines de Sainte Catherine : le Pinacle (entre Spanish Town et Sligoville). Cette communauté « l’Ethiopian Salvation Society » compte entre 500 et 1600 membres. On ne peut y accéder qu’à pied.

Selon les rumeurs Howell vit comme un chef de tribu africaine entouré de treize femmes.
Le Pinacle est une communauté agricole. On y plante de la ganja devenue herbe rituelle du culte rastafarien («wisdom weed » herbe de la sagesse). Lorsque la communauté incite les paysans locaux à lui payer l’impôt, la police attaque le Pinacle en juillet 1941, 70 rastas sont arrêtés et la communauté est dispersée. Libéré de prison Howell réorganise le Pinacle.

Les dreads locks sont adoptées en 1947, tout d’abord par les « ethiopians warriors » qui gardent l’entrée du Pinacle. Les dreads locks se sont développés dans une communauté rasta créée en 1949, la « Youth Black Faith » pour qui se peigner signifiait que l’on restait marquer par la culture occidentale.

Howell ayant créé un culte autour de sa personne, sa communauté se divise et s’affronte. En 1954 la police détruit définitivement le Pinacle et renvoie les rastafariens dans les taudis de Kingston. Leonard Howell est donné comme mort dans un hôpital psychiatrique en 1960.

L’expérience d’Howell fit que les rastafariens se méfièrent des leaders et décidèrent de ne pas se développer sous forme d’organisation unitaire hiérarchique mais sous forme de confrérie. Mortimer Planno fait partie en 1961 de la délégation rasta qui se rend en Ethiopie. A son retour il fonde dans son logis un cercle d’études où se tient des cours sur la Bible et la langue amharique (langue officielle de l’Ethiopie jusqu’en 1974). Mortimer Planno est dans les années 60 le plus influent des rastas.

Les préceptes rastafariens communément retenus dans les années 60 sont :

1. Haïlé Sélassié est le Dieu Vivant

2. Les noirs sont la renaissance du vieil Israël, exilés par les blancs dans le ghetto jamaïcain

3. Les noirs sont supérieurs au blanc

4. Le salut réside en Ethiopie

Pour les rastafariens le gouvernement jamaïcain, la police, les églises représentent Babylone. Les noirs du nouveau monde sont des captifs vendus à Babylone et Sélassié est le rédempteur noir qui les ramènera en Afrique.


« Greetings in the name of the Most High, His Imperial Majesty Haile Selassie I Jah Rastafari. Give Thanks and Praises to the Almighty One, Conquering Lion of Juda, King of Kings, Lord of Lords, Elect of God, Light Of The World … »

Haïlé Sélassié est né sous le mom de Tafari le 23 juillet 1892. C’est le fils du gouverneur du Harrar le Ras Makonnen (mort en 1906). Dès 1905 il occupe différents postes de gouverneur. L’Empereur Ménélik II décède le 12 décembre 1913. Son successeur Lidj Yassou est soupçonné de sympathie musulmane. Il est déposé par un coup d’Etat des dignitaires du régime.

Devenu Ras Tafari en reconnaissance de ses services envers l’Eglise, il est nommé le 21 septembre 1916 régent de l’empire d’Ethiopie. De 1916 à 1930, Zaoditou fille de Ménélik II est impératrice.

Ras Tafari commence la modernisation du pays.En 1924 il fait un long voyage dans les capitales européennes. Le 7 octobre 1928 il est couronné Négus après avoir affermi son pouvoir. A la mort de Zaoditou, il devient donc en avril 1930 Haïlé Sélassié I, Pouvoir de la Très Sainte Trinité, 225° Empereur de la Dynastie de Salomon, Elu de Dieu, Seigneur des Seigneurs, Roi des Rois, Lion Conquérant de la Tribu de Judée. Il est couronné le 2 novembre 1930 lors d’une cérémonie spécialement destinée à accroître son prestige international, des représentants de 13 pays seront présents, la délégation anglaise est conduite par le duc de Gloucester fils de Georges V, celle de la France par le Maréchal Franchet d’Esperey. L’opération médiatique est réussie, l’Empereur fait la une des journaux y compris le Gleaner en Jamaïque.

En 1931, il dote l’Ethiopie d’une constitution. Le régime est féodal, certains gouverneurs de province peuvent avoir le statut de Négus (Roi), les anciennes provinces (Tigré, Wollo) fonctionnent de manière autonome et le pouvoir central n’est pas obéi.

En 1936 après une guerre cruelle avec l’Italie, l’Ethiopie perd son indépendance. L’Ethiopie n’avait aucune chance face à une armée moderne. Les efforts diplomatiques de l’Ethiopie seront sans effet, la France et la Grande Bretagne cherchent à l’époque à contrer l’Allemagne et elles ménagent l’Italie. Les mécanismes juridiques de la Société des Nations sont défaillants et l’embargo contre l’Italie de peux d’effets sur le cour de la guerre. Les troupes italiennes entrent à Addis Abbeba le 5 mai 1936. Haïlé Sélassié part en exil. Le 30 juin 1936 son discours prémonitoire au siège de la Société des Nations à Genève aura un impact auprès de l’opinion public. L’Italie rentre en guerre contre la Grande Bretagne en 1940. Haïle Sélassé s’installe à Khartoum, un corps expéditionnaire aide la résistance à chasser les italiens. Le 20 janvier 1941 Haïlé Sélassié reprend pied en Ethiopie. Le 5 mai 1941 l’indépendance est restaurée sous protection britannique avec la prise d’Addis Abeba. Le 19 décembre 1944 l’Ethiopie récupère son entière souveraineté. De 1941 à 1960 Haïlé Sélassié exerce sous des apparences de modernité un pouvoir absolu. Durant cette période le pouvoir central finit de prendre le contrôle des provinces historiques par des réformes progressives.

En décembre 1960 pendant un voyage au Brésil une tentative de coup d’état échoue. Les réformes engagées ne transforment guère un pays resté féodal. En 1962 il organise la conférence qui précédera la création de l’Organisation de l’Unité Africaine le 25 mai 1963. Après ce succès diplomatique, le régime devient peu réactif dans une période où les récentes indépendances créent une aura vis à vis des régimes progressistes dans l’intelligentsia éthiopienne. L’âge de l’empereur et un entourage composé majoritairement de courtisans, coupe l’Ethiopie de son environnement socio-politique. La sécheresse de 1973 ne suscite guère de réaction du palais impérial malgré la famine. Le 26 février 1974 l’armée se soulève. La révolution éthiopienne dépouille petit à petit l’Empereur de tous ses pouvoirs. Le 12 septembre 1974 une junte militaire et révolutionnaire prend le pouvoir et dépose Haïlé Sélassié. Asfa Wossen devient le souverain nominal de l’Ethiopie. Le 17 mars 1975 la monarchie est abolie. Le 27 août 1975, l’empereur est assassiné et le lieu de sa tombe est tenu secret. Le meneur de la révolution Menguistu Haïlé Mariam prend la totalité du pouvoir en 1977. On retrouve la sépulture d’Haïlé Sélassé en 1993 après la chute de son successeur. Menguitu Haïlé Mariam avait fait enterrer l’empereur sous son bureau. La rumeur prétend que Menguistu est en enfant adultérain de l’Empereur.

Rita Marley a aperçu Haïlé Sélassié en 1966 lors de sa traversée de Kingston, lors de son passage elle a eu une vision des stigmates du christ sur les mains de l’Empereur. Le 5 novembre 2000 elle est présente aux funérailles



Lors d’un séjour en Ethiopie Michael Manley invite le Négus à se rendre en Jamaïque.

Le 06/04/1966 Haïlé Sélassié visite la Jamaïque lors d’une visite officielle. Des milliers de rastas s’installent à Palisadoes (l’étroite bande de terre entre Kingston et l’aéroport). L’empereur refuse de sortir de l’avion durant une heure annulant ainsi l’accueil protocolaire. Cet épisode est appelé par les rastas : la capture des cérémonies. Mortimer Planno réussit à ouvrir un passage à l’empereur. Pendant son séjour Haïlé Sélassié offre à Michael Manley son bâton impérial. Sélassié rencontre et décore une trentaine de personnalités rastas. A l’attention de ceux ci il déclare qu’un homme ne peut vouer un culte à un autre homme. Ce bâton est appelé par les rastas la verge de correction ou bien le bâton de Josué. (Michael Manley le brandit lors de ses campagnes électorales de 1972 à 1989).

(Pendant sa rencontre avec le premier ministre Donald Sangster, celui ci marche sur le pied du Chihuahua de l’empereur. Selon les rastas cet offense à Lulu sera la cause de la mort de Sangster en 1967).

En juillet 1966 la cité résidentielle de Tivoli Gardens est édifiée en lieu et place du principal camp rasta de Kingston. Cela entraîne une nouvelle dispersion des rastas comme à la fin de Pinacle.
Un groupe dirigé par Prince « Emmanuel » Edwards s’installe à Bull-Bay. La communauté des Emmanuellistes devient l’Ordre des Bobos shantis
Au cours des années 60 l’influence des rastas s’étend parmi les jeunes des ghettos urbains. La culture rasta devient à la mode : peintres, sculpteurs, poètes, danseurs et musiciens deviennent des idoles. Le phénomène populaire entraîne un relâchement des directives morales et de l’attitude ostentatoire (dreadlocks et interdits alimentaires).
A partir de 1968 Vernon Carrington (dit GAD) créée la secte rasta des 12 tribus d’Israël. Ce sont des chrétiens qui considèrent que le Christ est de retour en la personne d’Haïlé Sélassié.

Les rastas mettent en avant le fait que leur «Dieu » est vivant, que leurs projets sont actuels et concrets et plein de vie contrairement aux prêches des pasteurs. Jésus n’est plus de ce monde tout comme le Paradis ou l’Enfer mettent l’accent sur la mort du croyant. La religion des blancs est rejetée. Les prêtes et les prédicateurs sont considérés comme des charlatans. La légende d’une vie éternelle dans un au-delà imaginaire n’a pour but que de tenir en dépendance et dans l’humiliation l’homme noir, l ‘empêcher de combattre pour sa dignité. Ceci est d’ailleurs le thème de la chanson écrite par Peter Tosh et Bob Marley «Get up Stand Up» en 1973. Là où l’auditeur occidental voit un message politique, se trouve en fait un manifeste rastafarien de première importance.

Après la mort en 1975 d’Haïlé Sélassié la confrérie la plus influente est celle des douze tribus d’Israël qui choisit de considérer Haïlé Sélassié comme toujours vivant. Bob Marley met en avant les arguments de cette confrérie dans sa chanson Jah Live en 1975 puis dans la chanson Positive Vibration en 1976. Les arguments avancés permettent de contrer les détracteurs des rastas. Lors de ses interviews, Bob Marley explique en détail les arguments avancés par Les douze tribus d’Israël qui se démarquent des préceptes communément adoptés par les rastas dans les années 60. Ses interlocuteurs sont des journalistes de revues musicales qui ont bien du mal à situer le discours de Marley.
Les mentors de Bob Marley utilisent le show business comme paravent à la diffusion du message du mouvement rastafari. Les contradicteurs des douze tribus d’Israel tenteront de contrer leur message. Ainsi Yabby You qui conteste la divinité du Negus lance le chanteur Michael Prophet pour contrer Bob Marley.
Les douze tribus d’Israël demeurent jusque dans les années 90 la confrérie la plus influente. En 1980 on estime à 100000 les Jamaïcains se réclamant peu ou prou du rastafarianisme. La plupart des musiciens se rallient au mouvement et le reggae devient l’instrument de diffusion des thèmes rastas.

Dans les années 80 les rastas apparaissent comme les représentants de la génération des jeunes des années 60 et 70 dans la même mouvance que les autres phénomènes de l’époque comme les hippies. Le rastafarisme a permis de débarrasser l’esprit des jamaïcains des sentiments d’infériorité qu’ils pouvaient avoir au sujet de leur race et de leur culture. Il est l’équivalent en Jamaïque de ce que représente mai 1968 en France. De même la perte d’influence des rastas dans les années 80 s’apparente au dénigrement des soixante-huitards.

Le rastafarisme au cours des années 90 reprend son influence culturelle avec la mise en avant de Bob Marley. Autour de lui s’organise un culte : pèlerinage sur sa tombe, fondation Marley, édification d’une statue.

Une fois réglée la succession de Marley en 1994, chacun retrouve sa place. Les textes de Marley gardant toute leur actualité gomment l’image passéiste du culte de Haïlé Sélassié. Le culte est entretenu par la famille Marley et par tous ceux qui ont connu Bob. La diffusion de l’iconographie est assurée par plusieurs facteurs. Le phénomène stars du show-biz a disparu dans les années 90, il n’y a donc pas de mythes de remplacement. Le reggae est le vecteur de diffusion du message rastafarien. Cette musique reste marginale mais elle est présente partout, elle reste associée au progressisme.

b) le retour en Afrique

Le rastafarisme trouve sa force dans la revendication du retour en Afrique. Il prône un avenir hors de la Jamaïque partant du constat que la fin de l’esclavage a laissé la population d’ascendance africaine sans prise sur l’économie locale. Dans les années 50 l’économie de l’île est basée sur l’exportation vers la métropole de produits agricoles (plantations de sucre, bananes) et de matières premières (bauxite). L’espoir n’étant plus de mise en Jamaïque, les Etats Unis où règne au Sud la ségrégation n’étant pas la solution, le rapatriement en Afrique est proposé. Au début des années l’accession à l’indépendance des pays africains crée un climat euphorique.

Historiquement les anciens esclaves d’Amérique eurent au début du XIX ème siècle deux occasions de retour sur le continent africain :

Sierra Leone : En 1787 l'Angleterre crée l'établissement de Freetown sur la côte occidentale de l'Afrique pour y installer d'anciens esclaves ayant appartenu à des propriétaires anglais installés aux Etats-Unis, aux côtés desquels ils combattirent contre les colons rebelles à la "mère patrie". Repliés en Nouvelle Ecosse, ceux ci sont transportés en Afrique pour y faire souche. En 1790 l'Angleterre organise l'arrivée de marrons de la Jamaïque. En 1807 l'Angleterre abolit la traite. L'établissement de Freetown est élevé en 1808 au statut de colonie britannique de la Sierra Leone. De 1807 à 1860 de nombreux "recaptives" repris par les navires de guerre britanniques aux négriers furent débarqués à Freetown formant la troisième partie des "crios", les créoles locaux.

Liberia : Le 28/12/1816 des philanthropes américains créent l'American Colonization Society ayant pour projet de créer une colonie de noirs libres en Afrique Occidentale. Le 31/01/1820 un premier embarquement de New York de 30 familles se solde par un échec sur place, la deuxième tentative le 23/01/1821 permet de créer un établissement de 60 km² au cap Mesurado. De 1822 à 1892 les Anglais et les Américains amènent 22100 immigrés noirs dans les établissements de la Côte des Graines. En juillet et août 1847 les 6500 rapatriés noirs proclament l'indépendance du Liberia (Monrovia) et du Maryland (Buchanan), le Maryland est intégré au Liberia en février 1857.

En 1955 l’Ethiopie offrit 500 acres de terres cultivables aux jamaïcains qui avait soutenu la délégation de l’Ethiopian Word Federation établi en Jamaïque en 1938 pendant l’occupation ilalienne de 1936-1941. Il s’agit de la concession de SHASHAMANI. A la fin des années 50, des émeutes amènent le gouvernement jamaïcain à financer des envois de délégations en Ethiopie et même l’accueil par ce pays d’une petite communauté rasta. Helen et James Piper sont les premiers à s’y installer. On compte 10 familles en 1960. Les 12 tribus d’Israel créée en 1968 disposent de la plus grande partie du camp. On compte 60 familles dans les années 80.

En 1961 le gouvernement jamaïcain envoi en Afrique la délégation de la « Mission to Africa ». Elle se compose d’officiels du gouvernement , d’un membre de l’UNIA, d’un membre de l’EWF et de trois rastas : Mortimer Planno, Philmore Alvaranga et Douglas Mack. La délégation se rend au Ghana, au Nigeria, en Sierra Leone, au Kenya et en Ethiopie. Une seconde mission se rend en Ethiopie en 1965 où des accords informels sont conclu. Cependant la visite d’haïlé Sélassié en Jamaïque en 1966 ne débouche pas sur un quelconque rapatriement.

Continuellement dans les années 70 et 80 des manifestations ont lieu devant l'ambassade de Grande Bretagne pour demander le rapatriement en Afrique. Le désenchantement des lendemains d’indépendance en Afrique à la fin des années 80, l’afro pessimisme des années 90 ont mis de côté cette revendication. Le terme rapatriement a d’ailleurs une connotation politique (création d’un nouvel état).

Dans les années 90 l’influence des Etats-Unis dans le mode de vie jamaïcains a réduit à néant ce rêve du retour en Afrique. Certains intellectuels considèrent les adeptes du retour en Afrique comme des fuyards.

Burning Spear dès les années 90 insiste sur le fait que le retour vers l’Afrique n’est pas un retour physique, mais un retour spirituel, il s’agit de prendre en considération ses racines africaines, de s’en inspirer et surtout de ne pas les renier ou les dénigrer.

c) leur mode de vie

C'est en 1947 que les rastafariens ont commencé à laisser pousser leurs cheveux en se référant à la Bible (Lévitique XXI-5 : « les sacrificateurs ne se feront point de place chauve sur la tête, ils ne raseront point les coins de leur barbe »). Les dreadlocks (les boucles de l’effroi) seront longtemps un signe de rébellion et aux yeux de la police un signe distinctif de hors la loi. Les rastas n'ont pas forcément de dreadlocks et celles ci ne signifient pas que l'on soit rasta.
Pour les rastas le corps est le temple qu’il faut garder vigoureux et pur. Des interdits alimentaires sont adoptés : les repas «ital» sont sans viande ni sel. Ils sont composés de fruits, de racines, de graines, de légumes et de poisson. L’ascétisme rasta comprend des variantes suivant les communautés.

Il en ressort au final la cuisine Ital (la forme rasta de la cuisine végétarienne). Les ingrédients sont cuit dans l’eau de noix de coco et parmi les spécialités on trouve le « pati » (sandwich chaud en pâte fourrée), le « tofu » sorte de pain cuit sucré ou salé, le « Zion Juice » (boisson pimentée à base de carotte, de sucre de canne, de noix de muscade).
Les rastas sont créatifs (sculpture, musique), ayant pris conscience de leur passé et de la culture qui en découle, cette revendication se fait au détriment de la culture anglo-saxonne. Ils se réunissent dans les «groundations », réunions de prière où l’on chante, fume le chalice (longue pipe à eau), bat les tambours.

Ibo (Third Word) : "le rastaman ne fait pas de politique, mais il parle des choses qui entravent le bien être de l'homme, le rastaman ouvre les yeux".

Avec la ganja les rastas sont vulnérables, la possession illicite de ganja peut mener en prison. La consommation de ganja est une vieille habitude locale qui trouve une justification religieuse. Sa consommation est un rite sacré qui permet de parvenir à un degré supérieur de méditation. Ainsi en sept 1978 Peter Tosh a été arrêté sur une piste de patins à roulettes et conduit en prison pour possession de ganja, la police lui a facturé un bras et son visage était couvert d'hématomes.

Au milieu des années 50, l’I-gelic House établi à Wareika Hill commence à créer des mots utilisés par les rastas avec l’utilisation systématique du I en préfixe : Ises remplace praises (prières), Iration remplace Creation, Ivine remplace Divine, Iternal remplace Eternal, Inity remplace Unity, etc. La lettre-chiffre I représente l’essence de Jah et tous les individus (donc tous les « Je »).

Lexique rasta : I'll tell you the truth (je vais te dire la vérité); Ya see wh'I mean (tu vois ce que je veux dire); Yah Mon (oui mec); One love (un seul amour); One Blood (un seul sang); Roots (les racines); Dread (terrible); Every thing is great, everything is cool (tout est parfait, tout va bien); Soon come (ça vient).

En ce qui concerne les femmes les rastas se réfère à la bible : mode de vie patriarcale et impureté (péché originel).
Les rastawomen à contrario insistent sur le caractère émancipatif du mouvement.
Les figures féminines mises en avant sont Queen Omega (la Reine de Saba), Nanny (le reine des marrons), Amy Jacques Garvey (co fondatrice de l’UNIA), Grace Jenkins Garrisson (Hamitic Church).

A la fin des années 1980 l’image révolutionnaire du rasta en a pris un sacré coup dans les Antilles. On joue les rastas pour se donner une vague identité, on vivote de la contrebande, on reste accroupi autour de petits cafés en plein air avec les nattes et le sourire permanent conféré par la ganja, l’herbe de l’oubli.

Il n’existe pas clairement de définition de ce qui est rasta et ce qui ne l’est pas. Le mouvement est fragmenté en diverses communautés, structures associatives et confréries fonctionnant indépendamment les unes des autres.
Le point commun est la référence à Haïlé Sélassié par rapport à la couronne anglaise, par rapport aux églises chrétiennes locales (un Dieu noir, une réincarnation du Christ en un africain), par rapport à tout ce qui rappelle la colonisation (mentalité servile, etc.).
En ayant un esprit large on pourrait considérer comme rasta l’européen amateur de reggae qui commence à collectionner des photos d’Haïlé Sélassié.
Néanmoins au fur et à mesure que les années passent certaines confréries rastas se muent en véritables églises comme on a pu le voir aux funérailles de Dennis Brown (confrérie des 12 tribus d’Israël). De même un discours particulièrement sectaire est développé par les Bobos (les Emmanuélistes). On assiste à une évolution qui fait du rastafarisme une nouvelle religion avec ses églises, ses intégristes, etc.
Dans les interviews des artistes, depuis les années 90, ceux ci tendent à prendre leur distance et à tenir un discours universel sur les valeurs communes à toutes les croyances et aspirations humaines.

pour en savoir plus : http://rootsdub.free.fr/Rastafarisme.htm

Tags Le, Rastafarisme, Are, U, Rasta

 
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