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Port-au-Prince - un portrait qui fait mal

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Discussion générale: Port-au-Prince - un portrait qui fait mal La date/heure actuelle est 23 Sep 2019 11:49 
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   Article posté par Tahina le 10 Mars 2008 à 23:32  S'abonner au Flux Rss Discussion générale: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

Un Portrait qui fait mal


Patrick Lagacé, chroniqueur canadien, revient d'un séjour de six jours en Haiti. Il en a tiré trois papiers publiés dans le journal La Presse.
A les lire, cela fait mal d'être si vrai. Ces instantanées campent Haiti (ou plutot Port-au-Prince) sans fard.

Ce n'est pas la pauvreté qui m'a frappé, à Port-au-Prince. La pauvreté, je m'y attendais. La pauvreté est à Haïti ce que le Cirque du Soleil est à Las Vegas. Non, ce qui m'a d'abord frappé, c'est la richesse.
Je m'attendais aux pauvres, aux mendiants, au délabrement général. Mais pas à voir une Porsche Cayenne, un bazou de 100 000$. Ni tant de Mercedes et de BMW, dois-je ajouter.
Il y a des riches en Haïti. Il faut dire que, pour être riche, il ne faut pas trop, trop de fric, dans ce pays. Mais disons que les riches ne se gênent pas pour montrer qu'ils vivent bien. Dans un des pays les plus pauvres au monde, le plus pauvre des Amériques, ça décoiffe...
Je suis naïf, au fond. Y a des riches partout...
L'autre truc qui frappe, c'est le bruit. Port-au-Prince caquète, s'engueule, chante, crie. Et klaxonne, surtout. Les automobilistes (des kamikazes du volant) klaxonnent pour se frayer un chemin, pour annoncer qu'ils ne ralentissent pas au carrefour, pour remercier ceux qui cèdent la voie. Klaxonner, c'est une obligation prescrite par la Constitution, je crois.
Rayon bruit, il y a aussi les ronronnements. Mais non, pas celui des chats. Celui des génératrices. Pas de génératrice, pas d'électricité. « F.uck Kyoto ». Port-au-Prince n'est pas une ville verte, disons.
J'ai passé six jours à Port-au-Prince, la semaine passée, en reportage pour Les Francs-Tireurs. J'en ramène trois carnets de voyage pour La Presse, trois chroniques d'un gars qui voyage pour la première fois dans le tiers-monde. Tiens, quelques flashs...

La survie
Les Port-au-Princiens sont des experts de la survie. Le job de tout le monde, c'est de survivre. Je parle de la moyenne des ours, bien sûr. Vendre une vieille paire de jeans (ou des cartes de cellulaires, ou de vieilles bouteilles de Coke remplies de jus, ou de la gomme) et, avec les 75 gourdes qu'ils en tireront, s'acheter à bouffer: 80% des neuf millions d'Haïtiens vivent avec moins de 2$US par jour. Pour le reste, il y a deux milliards que la diaspora injecte dans le pays.

La dignité
Ça, c'est le plus stupéfiant. La dignité, étincelante: ils sont propres. Encore là, je parle de la moyenne des ours. Ils sont pauvres, mais leurs vêtements sont propres, propres, propres. On ne lésine pas sur l'eau de Javel. Chemise pressée, impeccablement coincée dans le pantalon. Comment ils font? Je ne sais pas.

La beauté
C'est fou comme les Port-auPrinciennes sont belles. Nous étions cinq gars dans l'équipe et nous avions le souffle coupé à chaque coin de rue. Elles sont d'une coquetterie émouvante: coiffées, maquillées, robes colorées, manucurées. Pas surprenant qu'il y ait de minuscules salons de beauté partout. La pauvreté, même abjecte, n'est pas un obstacle à la séduction.

L'équilibre
Les gens transportent toutes sortes de trucs sur leur tête. Des boîtes remplies de bouteilles de jus. Des sacs remplis de petites poches d'eau. Le plus surréaliste? Une vieille dame déambulait avec un gros panier, sur la tête. Dans le panier, des poules. Vivantes!

L'Onu
La présence des représentants de l'Onu ne passe pas inaperçue. D'abord, il y a leurs 4X4 blancs, marqués de deux lettres noires: UN. Ils roulent en fou, comme tout le monde. Puis, il y a les jeeps et les véhicules blindés dans lesquels on voit des Casques bleus en armes. Ils appuient la flicaille haïtienne. Un facteur qui explique la baisse du banditisme qui a secoué le pays ces dernières années, dit-on.

L'ONU radin
Sous l'éclat d'un lampadaire, discussion avec trois prostituées. Elles ont 19 ans, «19 ans US», c'est-à-dire que c'est probablement 17. Même complainte que toutes les filles de joie du monde: métier difficile, je ferais quelque chose d'autre si je pouvais, tu ne sais jamais sur qui tu vas tomber. Avez-vous des clients parmi la tribu onusienne qui campe en ville, mesdemoiselles? Oui, disent-elles. «Ils ne veulent pas payer. Ils veulent nous échanger un souper contre une baise», fait l'une d'elle.

Le chaos
Disons-le comme ça sort: rien ne marche à Port-au-Prince. L'État n'existe pour ainsi dire pas dans la vie quotidienne. Pas d'eau courante (il y a de l'eau roulante, de l'eau purifiée livrée par camion). Il y a de l'électricité, quelques heures par jour (la génératrice prend le relais). Il y a plus de flicaille que de flics. Pas de cadastre! On se bâtit où on peut, où on veut. À peu près pas de collecte de vidanges (on les brûle). Six jours à Port-au-Prince, donc. Je sais que les Haïtiens de Montréal vont me dire que je n'y connais rien. Ils me l'ont dit, sur mon blogue, quand j'y écrivais des cartes postales, la semaine passée. Je ne suis pas un expert d'Haïti, comme je vous dis, je vous ponds présentement un carnet de voyage, sans plus.
Il y a un truc qui frappe, lentement, à force de se frotter à Haïti. Un truc encore plus désespérant que la pauvreté, que le dénuement. Ce pays est cassé.
Et je ne sais pas trop si ça se répare, un pays.
Enfin, oui. Ça se répare. On a réparé l'Allemagne, le Japon. La Chine se répare assez bien, merci. Mais un pays comme Haïti? Un pays où rien ne marche? Où il n'y a rien?
Il y a trop de cercles vicieux, au fond, ici. Tiens, juste un: il faut éduquer les Haïtiens. Tout le monde le sait: pour qu'un pays avance, le peuple doit pouvoir apprendre.
Mais pour créer un système d'éduc ation, il faut une fonction publique compétente qui crée, entre autres, un système scolaire efficace.
Mais comment avoir une fonction publique compétente quand tes écoles tombent en ruine, quand les citoyens n'ont pas les moyens d'y aller bien, bien longtemps?
Vous voyez?
Je reviens d'Haïti. Je n'y suis pas resté bien longtemps. Juste assez pour voir que ce pays, c'est pas un pays, c'est un milk-shake de cercles vicieux. Un tragique milk-shake de cercles vicieux.

Tout le monde veut aider Haïti

Il n'y a pas de milieu, en Haïti.

C'est ce que j'ai compris, un soir, en discutant avec des Haïtiens et des Québécois, lors d'un souper modérément arrosé. La nuit était douce et le ciel, plein d'étoiles. À Port-au-Prince, il y a toutes les pollutions. Mais pas la pollution visuelle: quand il y a si peu d'électricité, les étoiles brillent de tous leurs feux.

J'aimerais vous dire qui étaient ces gens. Mais bon, leurs patrons n'aimeraient pas voir leurs noms dans le journal.

Nous parlions du fait, justement, que ce pays est brisé. Brisé par la pauvreté. Par la dictature. Par la démocratie, aussi, qui n'a pas donné des résultats 1000 fois supérieurs à ceux de la tyrannie.

En Haïti, m'a-t-on expliqué, il y a beaucoup de gens en bas de la pyramide, évidemment. Et des gens en haut. Les politiciens, la bourgeoisie.

Mais au milieu? Rien. Le vide.

Le milieu a été décimé. Pensez à la diaspora haïtienne: deux millions d'exilés. Ça fait beaucoup de profs, de comptables, de techniciens qui ont sacré le camp, depuis 40 ans. Ça fait un trou dans le corpus des compétences d'un pays, ça.

Pas de milieu, donc.

Pas de classe moyenne, d'abord.

Pas de fonction publique compétente pour implanter les décisions des dirigeants de l'État.

Pas de cadres intermédiaires pour faire fonctionner des trucs, des usines, des chantiers.

Comme je dis: pas de milieu. Que des extrémités.

Tiens, rendu à la cinquième bouteille de vin, un des Québécois, un type qui aime ce pays, qui le fréquente depuis 25 ans, qui travaille pour une firme qui offre de la formation dans le tiers-monde, m'a raconté une histoire. Une histoire qui explique Haïti.

«Prends une ONG étrangère. Elle oeuvre en éducation. Elle ne peut pas se fier au ministère de l'Éducation pour mener ses projets à terme. Alors, l'ONG, pour suivre ses dossiers de près, se greffe au Ministère, carrément. Elle prend les fonctionnaires par la main, assure un suivi. C'est la seule façon de piloter un projet, ici. Continuer >





«L'ONG fait ça parce que les fonctionnaires ne sont pas compétents. Mais là, l'ONG, dans le cadre du dossier, découvre un bon fonctionnaire. Un gars compétent, qui a de l'initiative. Tu sais ce qu'elle fait, l'ONG? Elle l'embauche!»

Ainsi, ce fonctionnaire qui gagnait 100$ par mois se retrouve maintenant sur la liste de paie de l'ONG, à 2000$ ou 3000$ par mois.

Au premier coup d'oeil, tout le monde est content, dans ce deal.

Le fonctionnaire haïtien, qui jouit d'une hausse de salaire colossale.

L'ONG, qui se dote d'un soldat local compétent pour mener à bien ses projets, projets qui visent à aider les Haïtiens.

Où est le problème, alors?

«Le problème, m'explique le Québécois qui fait de la formation, c'est que ce fonctionnaire-là, il n'est plus dans la fonction publique haïtienne!»

Vous vous promenez à Port-au-Prince, et vous constatez que c'est toute la planète qui est ici, qui veut aider Haïti. L'ONU, le Canada, USAID, Médecins du monde, la Croix-Rouge, Taiwan (!)...

Tous ces intervenants fournissent des vaccins, du riz, des coopérants, des camions, des médecins au peuple haïtien. Et c'est fort bien. Dans le sens où c'est mieux que rien.

Mais, et c'est là le drame, tout ce beau monde ne peut pas fournir à Haïti ce dont il a le plus besoin: le milieu.

Pour revenir au fonctionnaire haïtien embauché par l'ONG, on peut dire qu'il deviendra, même hors de la fonction publique, un actif pour Haïti. Après tout, il y oeuvre encore.

C'est vrai.

C'est vrai si, avec ses nouveaux dollars, il ne décide pas de quitter pour Miami ou Montréal. À sa place, je sais que je ne «gosserais» pas dans le manche très longtemps...


Personne ne dit la vérité, dans ce foutu pays
Une image, pour commencer ce dernier carnet de voyage sur Haïti. Je suivais Lenz Chéry dans son quartier. Lenz a 25 ans, il sera à Montréal à la fin du mois avec la bande de ce sympathique Starmania haïtien, pour une série de shows à la TOHU.
Le quartier de Lenz, donc, est à flanc de colline. Noir de monde. Rue pleine de trous, on dirait que les talibans sont passés la veille. En bordure de la rue, le souk. On vend de la gomme, des jouets brisés, des pantalons...

C'est un quartier pauvre. Mais ce n'est pas, non plus, la pauvreté abjecte du coin où il y a ce bidonville qui campe en face d'un dépotoir, un des pires souvenirs de ma vie, et pas juste à cause de l'odeur de fin du monde.

Je suivais Lenz, donc. L'équipe des Francs tireurs le filmait, dans son quartier, en route vers son appart, l'appart de son frère, en fait.

Et c'est là que j'ai vu cet Haïtien accroupi devant le caniveau, le visage et la tête couverts de mousse de savon. Le gars se lavait avec l'eau du caniveau.

Se laver avec de l'eau sale. Quand je vous disais qu'Haïti est un pays de cercles vicieux.

Je pars de cette image pour vous parler de ceux qui reviennent en Haïti. Il y en a. Nés en Haïti ou nés à l'étranger de parents haïtiens, ils ont toujours eu le pays dans les tripes.

J'y ai croisé deux Haïtiennes qui ont quitté le Québec pour retourner dans le pays de leurs parents. Malgré le chaos, malgré le bordel, malgré les hommes qui se lavent dans les caniveaux. Michèle et Laurence.

Michèle Doura. A grandi à Drummondville, 30 ans, études en nutrition. Pourquoi en nutrition ? «Quelque part, dit-elle, j'ai voulu étudier dans un domaine qui me permettrait de venir aider Haïti, un jour...»

Elle ne fait pas de nutrition, remarquez. Elle fait dans l'organisation. Elle gère des projets de Médecins du monde à l'hôpital Sainte-Catherine de Labouré, dans le bidonville de Cité-Soleil. Vaccination, sida, malnutrition.

Michèle a quitté Montréal, son confort, son travail, a pris un job avec Médecins du monde, pour aller travailler dans un hôpital où l'affiche qui accueille les visiteurs rappelle que le port de l'arme à feu est interdit en son enceinte.

Je jasais avec Michèle sur un balcon surplombant une sorte de gazebo où poireautaient des gens. Une salle d'attente. Céline Dion chantait très fort, en anglais, pour les gens qui allaient se faire vacciner.

- Ça sert à quoi, Michèle ? Que tu sois ici, je veux dire. T'es une goutte d'eau dans ce bordel...

- Une goutte d'eau, c'est important. Et puis, je pense qu'on est plus qu'une goutte d'eau ! Tu sais combien d'enfants sont nés de mères sidéennes, sans contracter le VIH, récemment, ici ?

J'oublie si la réponse est 200 ou 300. Mais Michèle m'a lancé le chiffre avec la foi de la missionnaire. Et c'est un peu ce que les gens comme elle sont, des missionnaires laïques, qui croient pouvoir changer les choses, mettre un peu de couleur dans la grisaille.

L'autre Haïtienne revenue au bercail, c'est Laurence Magloire. Ex-radio-canadienne, où elle a travaillé dans le secteur jeunesse. Elle a 49 ans et une Jeep jaune, qu'elle conduit comme tout le monde dans ce pays sans feux de circulation (ou presque) : en fou.

Elle est aussi, mais ne le répétez à personne, je l'ai su par la bande, une grand-maman. Je sais qu'elle va hurler en lisant ça, mais je dois dire que c'est aussi la grand-maman la plus sexy au monde...

Son truc, à Laurence ? Le cinéma. Elle a monté une caravane pour faire une tournée de villages, avec un écran démontable, pour montrer des films aux Haïtiens, dans des villages où il n'y a bien souvent ni télé ni électricité.

Un soir, dans sa maison, elle nous a montré un making of de cette tournée. Le visage ravi des enfants. Deux vieilles partageant une chaise, pour le visionnement. Laurence nous a montré un film qu'ils montraient aux Haïtiens : des images superbes d'Haïti prises à vol d'oiseau par un cinéaste français.

«Vous voyez ça ? Regardez comme c'est un beau pays...»

En effet : des montagnes verdoyantes, des lagons bleus, des plages sauvages. Au son d'une musique triomphale. Sublimes images, contre-pied éloquent d'un pays qu'on prend pour le trou-du-cul de l'univers.

«On leur a montré que leur pays, Haïti, c'est un beau pays. Du positif, vous comprenez ? Ils ne le savent pas ! On voulait qu'ils le sachent.»

Quand je lui ai demandé à quoi ça servait - en toute mauvaise foi - de montrer des films à des gens qui ont faim, Laurence m'a regardé comme si j'étais une grenouille. Et elle m'a répondu quelque chose qui ressemblait à : Pauvre tata, il faut aussi nourrir l'esprit des gens.

Voilà. Il y a deux millions d'Haïtiens qui ont quitté le pays. Certains reviennent. On sort l'Haïtien d'Haïti, mais on ne sort pas Haïti de l'Haïtien.

Je le dis sans cynisme : aimer Haïti est un acte de foi. C'est un pays brisé, je l'ai dit. État corrompu et inefficace, pauvreté abjecte, banditisme, inégalités à vomir. Mais les Haïtiens aiment leur pays, à la folie. Le drapeau national (made in China, bien sûr) flotte partout.

L'amour débridé, passionné, virulent des Haïtiens pour leur pays dépasse l'entendement. Dépasse, en tout cas, la compréhension du Blanc québécois que je suis. Mon pays marche mille fois mieux qu'Haïti. Et je ne l'aime pas comme eux peuvent aimer le leur.

C'est peut-être cet amour qui les pousse, remarquez, à constamment «bullshiter». Mentir, même. Car faire parler un Haïtien des maux qui minent Haïti, c'est un exploit. Parlez-leur de pauvreté, de corruption, de kidnappings, et ils vous diront que tout cela est exagéré, que vous ne comprenez pas Haïti, qu'Haïti est «autre chose». Après tout, personne ne dit la vérité, dans ce foutu pays (1)...

Un soir, je jasais avec une dizaine de jeunes de ce Starmania haïtien. Je leur ai dit mon étonnement devant leur fierté délirante pour une patrie brisée.

La jeune fille qui m'a répondu, celle qui joue la serveuse automate, je crois, a planté ses yeux dans les miens. Sans «bullshit», elle m'a dit ce que tant d'Haïtiens m'ont nié : oui, ce pays va mal, oui, il est cassé. Mais...

«Mais vous voyez comment on survit ? Nous sommes fiers de ça, de survivre.»

(1) La formule est de Dany Laferrière, dans Les années 80 dans ma vieille Ford.




Source: lenouvelliste.com

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