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Premier « bébé-médicament » en France.

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Rubrique Actualités: Premier « bébé-médicament » en France. La date/heure actuelle est 21 Sep 2019 04:33 
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   Article posté par sam971 le 08 Février 2011 à 18:24  S'abonner au Flux Rss Actualités: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

Tout le monde, naturellement, a entendu cette nouvelle, et probablement écouté la conférence de presse donnée par les professeurs Frydman et Munnich.

Je ne m'étendrai pas sur cette fumeuse trouvaille des journalistes qui a consisté à appeler ce pauvre nouveau né (le 26/01/2011) « bébé-médicament ». L'appellation, ailleurs dans le monde, de « bébé-docteur » est quand même « moins pire »!!!! Ils avaient déjà trouvé le joli nom de « bébé éprouvette » pour les enfants issus de FIVETE (fécondation in vitro et transfert embryonnaire), et là je dois avouer qu'ils ont fait encore plus fort. Je n'ose pas imaginer ce que ce pauvre petit garçon, prénommé Umut-Talha (Notre Espoir en Turc, puisque ses parents sont d'origine Turque) pourra bien ressentir quand on lui balancera un jour ou l'autre, à l'école ou ailleurs, cette belle étiquette à la figure. Il aura déjà à gérer le fait, (et cela même s'il ne manquera sans doute pas d'amour et d'attention de la part de ses parents et de son entourage, et même très probablement bien au contraire), de savoir que, malgré tout, dans sa naissance il y a à la base une petite part « d'utilitaire ».

Comme vous le savez, l'utilisation des cellules souches de son cordon ombilical, a pour but de guérir un de ses ainés (un frère et une sœur, je crois, et, mais sans certitude, ce serait sa sœur qui serait compatible) d'une béta-thalassémie. Ceci a été tenté, et semble-t-il réussi, en Espagne il y a environ 3 ou 4 ans. (l'enfant s'appelle Javier). C'est aussi parce que ces maladies (il y a plusieurs formes de thalassémies) touchent, en plus du pourtour méditerranéen, le Moyen-Orient, quelques pays d'Asie du Sud, les Antilles, que j'en parle.

Pour lancer le débat, au lieu de vous assener un « qu'en pensez-vous », comme malheureusement trop souvent le cas ici, je vais vous faire part de mon analyse.

Pour bien poser le sujet, en dehors de ma formation médicale, je me suis posé pas mal de questions, et ce depuis une bonne vingtaine d'années, pour une raison bien simple: suite à une maladie, je ne peux pas avoir d'enfant par la méthode habituelle, que, je pense, tout le monde doit connaître ici, même si certains mauvais esprits (non, je n'ai pas dit surtout des femmes!) peuvent penser que lesdites méthodes ne sont pas forcément parfaitement maîtrisées par tout le monde! Nous avons donc eu recours, avec ma femme, à une FIVETE, à une époque où c'était quand même assez nouveau. Trois embryons ont été implantés, et ils sont devenus trois beaux enfants, bientôt majeurs.

Si je raconte ça, c'est parce que mon expérience personnelle amène deux questions, à ce propos.

La première, c'est sur le choix des embryons à implanter. Pour nous, ça a été « simple »: il y en a eu trois qui étaient viables, donc on en a implanté trois. Point barre. Mais, lors d'une fécondation in vitro, on utilise, en fonction de la « production » d'ovules de la maman, entre une vingtaine et une trentaine d’œufs fécondés. Si d'autres sont viables, on les congèle. Mais ensuite? Destruction? Don?

La seconde, c'est ce que l'on appelle la « réduction embryonnaire ». S'il y a eu des dérives, au débuts de cette technique, quand parfois on implantais 6, 7 ou plus embryons, le risque pour la mère et les futurs enfants était très important. Donc, on réduisait le nombre d'embryons, comme dans le cas d'un avortement , mais dans ce cas là, sélectif. En dehors du fait que cette intervention pouvait aboutir à une fausse couche totale, et la perte de tous ces embryons, qui, et sur quels critères, avait « le droit de vivre » ou le « devoir de mourir »?

J'ai pu constater, ayant été invité au jury d'une thèse de troisième cycle à ce propos en 1994 ou 1995, que le point de vue généralement défendu par les services de pédiatrie et de réanimation néo-natale était assez radical. Pour résumer, plus de 2 embryons implique une risque fortement accru pour la mère et pour les enfants, donc risques de séquelles définitives graves pour les bébés, coût social très important pour chaque bébé (séjour en réanimation, puis services pédiatriques, en ensuite, éventuellement coût social du handicap), et naturellement (mais en dernier, dans le cadre des options actuelles de la Médecine en France), qualité de vie future en cas de handicap. Donc, il faut se limiter à deux implantations.

Pour les gynécologues de PMA (procréation médicalement assistée), ce nombre est faible: en général, les couples qui ont recours à ces techniques, lourdes, psychologiquement, mais aussi physiquement, surtout pour la mère (d'un point de vue hormonal, on balance des doses des dizaines de millier de fois supérieures de progestérone et d’œstrogènes dans l'organisme), en terme de prise de poids, rétention d'eau, fatigue cardiaque, avancement, également de l'âge de la ménopause ovulatoire, et chaque jour, deux intramusculaires dans le postérieur, avec, en fin de traitement, et donc avant le prélèvement des ovules, des quantités de produit énormes (jusqu'à 40 ml), imposant un changement de seringue en cours d'injection. Et le produit en lui-même est visqueux et donc douloureux. Ils sont donc plutôt favorables à plus d'implantations initiales. En restant raisonnables.

Je ne suis pas hors sujet. Je m'explique.

Le professeur Frydman a indiqué que les embryons (je devrais parler d'ovules fécondés, mais ça a un côté poule pondeuse qui ne me va pas!) avaient fait l'objet d'une étude génétique pour savoir s'ils étaient exempts de l'anomalie génétique de la béta-thalassémie, et c'est normal (ces tests sont fait pour bien d'autres maladies génétiques, comme la trisomie 21 -le mongolisme- par exemple). Il a indiqué aussi que des tests de compatibilité tissulaire ( HLA, Human Leukocyte Antigen), avaient été également pratiqués. Ce qui me paraît également normal. Mais ces tests aboutissent à des choix.

Il a également indiqué que deux embryons, sains et viables, avaient été obtenus, l'un compatible, l'autre pas. Il a indiqué aussi que les deux avaient fait l'objet d'une réimplantation, mais que seul celui qui était compatible avait « survécu ».

Entendons nous bien. Je ne mets pas l'ombre d'un instant en doute l'intégrité intellectuelle, morale ou éthique du professeur Frydman! Il a d'ailleurs donné en mai 2010, à Normale Sup' une conférence sur le sujet « jusqu'où doit aller la procréation médicalement assistée » (source, Libération, qui est associé au projet « Ernest » de Normale Sup').

Mais. Parce qu'il y a un « mais ». Le risque de dérapage de ces pratiques vers un eugénisme clair et net, ce qui rappelle de mauvais souvenirs du côté de Mengele, ou autres, est malgré tout bien réel, à partir du moment où ces techniques seraient mises en œuvre par certains individus ou sectes, comme l'a tenté de le faire, pour le clonage humain (genre je finance mon atelier pièces de rechange pour riches cinglés), la secte Raelienne il y a quelques années.

Autant le « don de cordon ombilical », qui est riche en cellules souches, comme vous le savez me paraît absolument essentiel, et extrêmement prometteur pour certaines pathologies ou traumatisme (une expérimentation sur des souris a permis de faire « remarcher » une souris paraplégique – imaginez donc le formidable espoir pour toutes les personnes devenues accidentellement paraplégiques, ou tétraplégiques, s'ils pouvaient espérer un jour récupérer l'usage de leurs membres!-), autant je suis extrêmement partagé sur cette notion d'enfant « sélectionné » pour traiter un frère ou une sœur, atteint d'une maladie grave et sans solution médicale, certes, mais quand même.

Voilà ma question. Qu'en pensez vous?

Pour ceux qui lisent: un vieux bouquin, mais toujours d'actualité: « Ces garçons qui venaient de Brésil », d'Ira Levin (Rosemary's Baby, les Sorcières d'Ispwich, un Bonheur Insoutenable...).

Excusez moi d'avoir été aussi long...

Tags Premier,  bebe-medicament , En, France.

 
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