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Les famines coloniales, génocide oublié

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Discussion générale: Les famines coloniales, génocide oublié La date/heure actuelle est 12 Juil 2020 08:35 
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   Article posté par coeurbouliki le 10 Octobre 2003 à 19:29  S'abonner au Flux Rss Discussion générale: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

AUX ORIGINES DU TIERS-MONDE : Les famines coloniales, génocide oublié

Quand un dérèglement climatique ou une épidémie frappent des millions de personnes, la catastrophe « naturelle » masque les autres ressorts de la tragédie. Ainsi les grandes sécheresses qui frappèrent le monde, dans les années 1870, ne sont pas seules comptables de leur coût humain. Les politiques coloniales menèrent les habitants des tropiques, par dizaines de millions, à la famine et à la mort. C’est cette histoire enfouie que Mike Davis s’attache à reconstituer dans un livre dont cet article est extrait.


Par MIKE DAVIS
Historien.

(...)

(...) la grande sécheresse des années 1876-1879 ne fut que la première des trois crises de subsistance qui, à l’échelle planétaire, marquèrent la seconde moitié du règne de Victoria. Entre 1889 et 1891, de nouvelles sécheresses répandirent la famine en Inde, en Corée, au Brésil et en Russie, même si c’est en Ethiopie et au Soudan que la crise fut la plus grave, avec la mort de peut-être un tiers de la population. Puis, entre 1896 et 1902, la mousson fit à nouveau défaut à plusieurs reprises dans toute la zone tropicale et en Chine du Nord. Des épidémies dévastatrices de paludisme, de peste bubonique, de dysenterie, de variole et de choléra firent des millions de victimes parmi les habitants de ces régions affaiblis par la famine.

Avec une rapacité sans égale, les empires européens, imités en cela par le Japon et les Etats-Unis, saisirent l’occasion pour se tailler de nouvelles colonies, exproprier des terres communales et accaparer de nouvelles ressources minières et agricoles. Ce qui, du point de vue des métropoles, pouvait passer pour l’ultime éclat crépusculaire d’un siècle de gloire impériale se présentait aux yeux des masses africaines ou asiatiques sous la lumière sinistre d’un immense bûcher funéraire.


Trois engrenages implacables

Le nombre total des victimes de ces trois vagues de sécheresse, de famine et d’épidémies n’est vraisemblablement pas inférieur à trente millions. (...) [Pourtant] presque sans exception, les historiens modernes qui écrivent sur le XIXe siècle dans le monde d’un point de vue euro-américain ignorent les sécheresses exceptionnelles et les grandes famines qui ont alors frappé ce que nous appelons aujourd’hui le « tiers-monde ». (...)

[Or], non seulement des dizaines de millions de paysans pauvres sont morts de façon atroce, mais ils sont morts dans des conditions et pour des raisons qui contredisent largement l’interprétation conventionnelle de l’histoire économique de ce siècle. Ainsi, par exemple, comment expliquer le fait qu’au cours du même demi-siècle qui a vu la famine en temps de paix disparaître d’Europe occidentale, elle se soit propagée de façon aussi dévastatrice à travers le monde colonial tout entier ?

De même, comment considérer les déclarations autosatisfaites sur les effets bénéfiques et salvateurs des chemins de fer et des marchés céréaliers modernes quand on sait que des millions de gens, en particulier dans l’Inde britannique, ont rendu leur dernier soupir le long des voies ferrées et aux portes des entrepôts de céréales ?

(...)

« La mort de millions de gens » était en définitive un choix politique : l’avènement de telles hécatombes exigeait « une manière brillante d’organiser la famine ».(...)

Bien que les mauvaises récoltes et la pénurie d’eau aient atteint des proportions dramatiques - parfois jamais vues depuis des siècles -, presque toujours, les réserves de céréales disponibles dans d’autres régions des pays concernés auraient permis de sauver les victimes de ces sécheresses. (...)

A un extrême, nous avons l’Inde britannique gouvernée par des vice-rois tels que Lytton, le second Elgin et Curzon, où le dogme libre-échangiste et le froid calcul égoïste de l’Empire justifiaient l’exportation d’énormes quantités de céréales vers l’Angleterre au beau milieu de la plus horrible hécatombe. A l’autre extrême, nous avons l’exemple tragique de l’empereur Ménélik II, qui lutta héroïquement, mais avec trop peu de ressources, pour sauver le peuple éthiopien d’une conjonction véritablement biblique de catastrophes naturelles et sociales.

(...)

(...) Le troisième engrenage de cette mécanique historique catastrophique, c’est l’impérialisme moderne. Comme l’a brillamment démontré Jill Dias dans le cas de la domination portugaise en Angola au XIXe siècle, le rythme de l’expansion coloniale répondait avec une étrange régularité à celui des catastrophes naturelles et des épidémies. Chaque grande vague de sécheresse donnait le feu vert à une nouvelle avancée impérialiste.

(...)

Mais les populations rurales d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud ne se plièrent pas avec docilité au nouvel ordre impérial. (...)

(...) Ce que nous appelons aujourd’hui le « tiers-monde » - un terme forgé pendant la guerre froide - est le résultat d’inégalités de revenu et de ressources - le fameux « fossé du développement » - qui ont pris forme de façon décisive pendant le dernier quart du XIXe siècle, au moment où les vastes populations paysannes du monde non européen se sont intégrées à l’économie mondiale.

(...)

L'article en entier ici :
http://www.monde-diplomatique.fr/2003/04/DAVIS/100...



L'histoire est un mensonge que personne ne conteste.
Napoléon

Tags Les, Famines, Coloniales, Genocide, Oublie

 
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