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Le code noir




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Sujet du message: Le code noir

Auteur: willou
Date: 08 Juin 2003 22:08
Sujet du message: Le code noir
Le Code noir régissait la vie des esclaves dans les habitations.
Il définissait de manière stricte et précise les relations entre les maîtres et leurs esclaves, considérés comme des "biens meubles".
Le Code noir fixait aussi les conditions d'affranchissement des esclaves.
Autant dire que ce texte a été très important dans les fondements même de la culture créole aux Antilles
.

(source http://ecrit.creole.free.fr)




Article 1er

Voulons que l'édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du
23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour
de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens.



Article 2

Tous les esclaves qui seront dans nos îles seront baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine. Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d'en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneur et intendant desdites îles, à peine d'amende arbitraire, lesquels donneront les ordres nécessaires pour les faire instruire et baptiser dans le temps convenable.



Article 3

Interdisons tout exercice public d'autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements. Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et souffriront à l'égard de leurs esclaves.



Article 4

Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de confiscation desdits nègres contre les maîtres qui les auront préposés et de punition arbitraire contre les commandeurs qui auront accepté ladite direction.



Article 5

Défendons à nos sujets de la religion protestante d'apporter aucun trouble ni empêchement
à nos autres sujets, même à leurs esclaves, dans le libre exercice de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de punition exemplaire.



Article 6

Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours depuis l'heure de minuit jusqu'à l'autre minuit à la culture de la terre, à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d'amende et de punition arbitraire contre les maîtres et confiscation tant des sucres que des esclaves qui seront surpris par nos officiers dans le travail.



Article 7

Leur défendons pareillement de tenir le marché des nègres et de toute autre marchandise auxdits jours, sur pareille peine de confiscation des marchandises qui se trouveront alors au marché et d'amende arbitraire contre les marchands.



Article 8

Déclarons nos sujets qui ne sont pas de la religion catholique, apostolique et romaine incapables de contracter à l'avenir aucuns mariages valables, déclarons bâtards les enfants qui naîtront de telles conjonctions, que nous voulons être tenues et réputées, tenons et réputons pour vrais concubinages.



Article 9

Les hommes libres qui auront eu un ou plusieurs enfants de leur concubinage avec des esclaves, ensemble les maîtres qui les auront soufferts, seront chacun condamnés en une amende de 2000 livres de sucre, et, s'ils sont les maîtres de l'esclave de laquelle ils auront eu lesdits enfants, voulons, outre l'amende, qu'ils soient privés de l'esclave et des enfants et qu'elle et eux soient adjugés à l'hôpital, sans jamais pouvoir être affranchis. N'entendons toutefois le présent article avoir lieu lorsque l'homme libre qui n'était point marié à une autre personne durant son concubinage avec son esclave, épousera dans les formes observées par l'Église ladite esclave, qui sera affranchie par ce moyen et les enfants rendus libres et légitimes.



Article 10

Les solennités prescrites par l'ordonnance de Blois et par la Déclaration de 1639 pour les mariages seront observées tant à l'égard des personnes libres que des esclaves, sans néanmoins que le consentement du père et de la mère de l'esclave y soit nécessaire, mais celui du maître seulement.



Article 11

Défendons très expressément aux curés de procéder aux mariages des esclaves, s'ils ne font apparoir du consentement de leurs maîtres. Défendons aussi aux maîtres d'user d'aucunes contraintes sur leurs esclaves pour les marier contre leur gré.



Article 12

Les enfants qui naîtront des mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves et non à ceux de leurs maris, si le mari et la femme ont des maîtres différents.



Article 13

Voulons que, si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père, et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.



Article 14

Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés. Et, à l'égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés la nuit dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés.



Article 15

Défendons aux esclaves de porter aucunes armes offensives ni de gros bâtons, à peine de fouet et de confiscation des armes au profit de celui qui les en trouvera saisis, à l'exception seulement de ceux qui sont envoyés à la chasse par leurs maîtres et qui seront porteurs de leurs billets ou marques connus.



Article 16

Défendons pareillement aux esclaves appartenant à différents maîtres de s'attrouper le jour ou la nuit sous prétexte de noces ou autrement, soit chez l'un de leurs maîtres ou ailleurs, et encore moins dans les grands chemins ou lieux écartés, à peine de punition corporelle qui ne pourra être moindre que du fouet et de la fleur de lys; et, en cas de fréquentes récidives et autres circonstances aggravantes, pourront être punis de mort, ce que nous laissons à l'arbitrage des juges. Enjoignons à tous nos sujets de courir sus aux contrevenants, et de les arrêter et de les conduire en prison, bien qu'ils ne soient officiers et qu'il n'y ait contre eux encore aucun décret.



Article 17

Les maîtres qui seront convaincus d'avoir permis ou toléré telles assemblées composées d'autres esclaves que de ceux qui leur appartiennent seront condamnés en leurs propres et privés noms de réparer tout le dommage qui aura été fait à leurs voisins à l'occasion desdites assemblées et en 10 écus d'amende pour la première fois et au double en cas de récidive.



Article 18

Défendons aux esclaves de vendre des cannes de sucre pour quelque cause et occasion que ce soit, même avec la permission de leurs maîtres, à peine du fouet contre les esclave, de 10 livres tournois contre le maître qui l'aura permis et de pareille amende contre l'acheteur.



Article 19

Leur défendons aussi d'exposer en vente au marché ni de porter dans des maisons particulières pour vendre aucune sorte de denrées, même des fruits, légumes, bois à brûler, herbes pour la nourriture des bestiaux et leurs manufactures, sans permission expresse de leurs maîtres par un billet ou par des marques connues; à peine de revendication des choses ainsi vendues, sans restitution de prix, pour les maîtres et de 6 livres tournois d'amende à leur profit contre les acheteurs.



Article 20

Voulons à cet effet que deux personnes soient préposées par nos officiers dans chaque marché pour examiner les denrées et marchandises qui y seront apportées par les esclaves, ensemble les billets et marques de leurs maîtres dont ils seront porteurs.



Article 21

Permettons à tous nos sujets habitants des îles de se saisir de toutes les choses dont ils trouveront les esclaves chargés, lorsqu'ils n'auront point de billets de leurs maîtres, ni de marques connues, pour être rendues incessamment à leurs maîtres, si leur habitation est voisine du lieu où leurs esclaves auront été surpris en délit: sinon elles seront incessamment envoyées à l'hôpital pour y être en dépôt jusqu'à ce que les maîtres en aient été avertis.



Article 22

Seront tenus les maîtres de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi, mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune 2 livres et demie au moins, ou choses équivalentes, avec 2 livres de boeuf salé, ou 3 livres de poisson, ou autres choses à proportion: et aux enfants, depuis qu'ils sont sevrés jusqu'à l'âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus.



Article 23

Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau-de-vie de canne ou guildive, pour tenir lieu de subsistance mentionnée en l'article précédent.



Article 24

Leur défendons pareillement de se décharger de la nourriture et subsistance de leurs esclaves en leur permettant de travailler certain jour de la semaine pour leur compte particulier.



Article 25

Seront tenus les maîtres de fournir à chaque esclave, par chacun an, deux habits de toile ou quatre aunes de toile, au gré des maîtres.



Article 26

Les esclaves qui ne seront point nourris, vêtus et entretenus par leurs maîtres, selon que nous l'avons ordonné par ces présentes, pourront en donner avis à notre procureur général et mettre leurs mémoires entre ses mains, sur lesquels et même d'office, si les avis viennent d'ailleurs, les maîtres seront poursuivis à sa requête et sans frais; ce que nous voulons être observé pour les crimes et traitements barbares et inhumains des maîtres envers leurs esclaves.



Article 27

Les esclaves infirmes par vieillesse, maladie ou autrement, soit que la maladie soit incurable ou non, seront nourris et entretenus par leurs maîtres, et, en cas qu'ils eussent abandonnés, lesdits esclaves seront adjugés à l'hôpital, auquel les maîtres seront condamnés de payer 6 sols par chacun jour, pour la nourriture et l'entretien de chacun esclave.



Article 28

Déclarons les esclaves ne pouvoir rien avoir qui ne soit à leurs maîtres; et tout ce qui leur vient par industrie, ou par la libéralité d'autres personnes, ou autrement, à quelque titre que ce soit, être acquis en pleine propriété à leurs maîtres, sans que les enfants des esclaves, leurs pères et mères, leurs parents et tous autres y puissent rien prétendre par successions, dispositions entre vifs ou à cause de mort; lesquelles dispositions nous déclarons nulles, ensemble toutes les promesses et obligations qu'ils auraient faites, comme étant faites par gens incapables de disposer et contracter de leur chef.



Article 29

Voulons néanmoins que les maîtres soient tenus de ce que leurs esclaves auront fait par leur commandement, ensemble de ce qu'ils auront géré et négocié dans les boutiques, et pour l'espèce particulière de commerce à laquelle leurs maîtres les auront préposés, et au cas que leurs maîtres ne leur aient donné aucun ordre et ne les aient point préposés, ils seront tenus seulement jusqu'à concurrence de ce qui aura tourné à leur profit, et, si rien n'a tourné au profit des maîtres, le pécule desdits esclaves que les maîtres leur auront permis d'avoir en sera tenu, après que les maîtres en auront déduit par préférence ce qui pourra leur être dû; sinon que le pécule consistât en tout ou partie en marchandises, dont les esclaves auraient permission de faire trafic à part, sur lesquelles leurs maîtres viendront seulement par contribution au sol la livre avec les autres créanciers.



Article 30

Ne pourront les esclaves être pourvus d'office ni de commission ayant quelque fonction publique, ni être constitués agents par autres que leurs maîtres pour gérer et administrer aucun négoce, ni être arbitres, experts ou témoins, tant en matière civile que criminelle: et en cas qu'ils soient ouïs en témoignage, leur déposition ne servira que de mémoire pour aider les juges à s'éclairer d'ailleurs, sans qu'on en puisse tire aucune présomption, ni conjoncture, ni adminicule de preuve.



Article 31

Ne pourront aussi les esclaves être parties ni être (sic) en jugement en matière civile, tant en demandant qu'en défendant, ni être parties civiles en matière criminelle, sauf à leurs maîtres d'agir et défendre en matière civile et de poursuivre en matière criminelle la réparation des outrages et excès qui auront été contre leurs esclaves.



Article 32

Pourront les esclaves être poursuivis criminellement, sans qu'il soit besoin de rendre leurs maîtres partie, (sinon) en cas de complicité: et seront les esclaves accusés, jugés en première instance par les juges ordinaires et par appel au Conseil souverain, sur la même instruction et avec les mêmes formalités que les personnes libres.



Article 33

L'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.



Article 34
Et quant aux excès et voies de fait qui seront commis par les esclaves contre les personnes libres, voulons qu'ils soient sévèrement punis, même de mort, s'il y échet.



Article 35

Les vols qualifiés, même ceux de chevaux, cavales, mulets, boeufs ou vaches, qui auront été faits par les esclaves ou par les affranchis, seront punis de peines afflictives, même de mort, si le cas le requiert.



Article 36

Les vols de moutons, chèvres, cochons, volailles, canne à sucre, pois, mil, manioc ou autres légumes, faits par les esclaves, seront punis selon la qualité du vol, par les juges qui pourront, s'il y échet, les condamner d'être battus de verges par l'exécuteur de la haute justice et marqués d'une fleur de lys.



Article 37

Seront tenus les maîtres, en cas de vol ou d'autre dommage causé par leurs esclaves, outre la peine corporelle des esclaves, de réparer le tort en leur nom, s'ils n'aiment mieux abandonner l'esclave à celui auquel le tort a été fait; ce qu'ils seront tenus d'opter dans trois jours, à compter de celui de la condamnation, autrement ils en seront déchus.



Article 38

L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lis une épaule; s'il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort.



Article 39

Les affranchis qui auront donné retraite dans leurs maisons aux esclaves fugitifs, seront condamnés par corps envers les maîtres en l'amende de 300 livres de sucre par chacun jour de rétention, et les autres personnes libres qui leur auront donné pareille retraite, en 10 livres tournois d'amende par chacun jour de rétention.



Article 40

L'esclave sera puni de mort sur la dénonciation de son maître non complice du crime dont il aura été condamné sera estimé avant l'exécution par deux des principaux habitants de l'île, qui seront nommés d'office par le juge, et le prix de l'estimation en sera payé au maître; et, pour à quoi satisfaire, il sera imposé par l'intendant sur chacune tête de nègre payant droits la somme portée par l'estimation, laquelle sera régalé sur chacun desdits nègres et levée par le fermier du domaine royal pour éviter à frais.



Article 41

Défendons aux juges, à nos procureurs et aux greffiers de prendre aucune taxe dans les procès criminels contre les esclaves, à peine de concussion.



Article 42

Pourront seulement les maîtres, lorsqu'ils croiront que leurs esclaves l'auront mérité les faire enchaîner et les faire battre de verges ou cordes. Leur défendons de leur donner la torture, ni de leur faire aucune mutilation de membres, à peine de confiscation des esclaves et d'être procédé contre les maîtres extraordinairement.



Article 43

Enjoignons à nos officiers de poursuivre criminellement les maîtres ou les commandeurs qui auront tué un esclave étant sous leur puissance ou sous leur direction et de punir le meurtre selon l'atrocité des circonstances; et, en cas qu'il y ait lieu à l'absolution, permettons à nos officiers de renvoyer tant les maîtres que les commandeurs absous, sans qu'ils aient besoin d'obtenir de nous Lettres de grâce.



Article 44

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d'aînesse, n'être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.



Article 45

N'entendons toutefois priver nos sujets de la faculté de les stipuler propres à leurs personnes et aux leurs de leur côté et ligne, ainsi qu'il se pratique pour les sommes de deniers et autres choses mobiliaires.



Article 46

Seront dans les saisies des esclaves observées les formes prescrites par nos ordonnances et les coutumes pour les saisies des choses mobiliaires. Voulons que les deniers en provenant soient distribués par ordre de saisies; ou, en cas de déconfiture, au sol la livre, après que les dettes privilégié auront été payées et généralement que la condition des esclaves soit réglée en toutes affaires comme celle des autres choses mobiliaires, aux exceptions suivantes.



Article 47

Ne pourront être saisis et vendus séparément le mari, la femme et leurs enfants impubères, s'ils sont tous sous la puissance d'un même maître; déclarons nulles les saisies et ventes séparées qui en seront faites; ce que nous voulons avoir lieu dans les aliénations volontaires, sous peine, contre ceux qui feront les aliénations, d'être privés de celui ou de ceux qu'ils auront gardés, qui seront adjugés aux acquéreurs, sans qu'ils soient tenus de faire aucun supplément de prix.



Article 48

Ne pourront aussi les esclaves travaillant actuellement dans les sucreries, indigoteries et habitations, âgés de quatorze ans et au-dessus jusqu'à soixante ans, être saisis pour dettes, sinon pour ce qui sera dû du prix de leur achat, ou que la sucrerie, indigoterie, habitation, dans laquelle ils travaillent soit saisie réellement; défendons, à peine de nullité, de procéder par saisie réelle et adjudication par décret sur les sucreries, indigoteries et habitations, sans y comprendre les nègres de l'âge susdit y travaillant actuellement.



Article 49

Le fermier judiciaire des sucreries, indigoteries, ou habitations saisies réellement conjointement avec les esclaves, sera tenu de payer le prix entier de son bail, sans qu'il puisse compter parmi les fruits qu'il perçoit les enfants qui seront nés des esclaves pendant son bail.



Article 50

Voulons, nonobstant toutes conventions contraires, que nous déclarons nulles, que lesdits enfants appartiennent à la partie saisie, si les créanciers sont satisfaits d'ailleurs, ou à l'adjudicataire, s'il intervient un décret; et, à cet effet, il sera fait mention dans la dernière affiche, avant l'interposition du décret, desdits enfants nés esclaves depuis la saisie réelle. Il sera fait mention, dans la même affiche, des esclaves décédés depuis la saisie réelle dans laquelle ils étaient compris.



Article 51

Voulons, pour éviter aux frais et aux longueurs des procédures, que la distribution du prix entier de l'adjudication conjointe des fonds et des esclaves, et de ce qui proviendra du prix des baux judiciaires, soit faite entre les créanciers selon l'ordre de leurs privilèges et hypothèques, sans distinguer ce qui est pour le prix des fonds d'avec ce qui est pour le prix des esclaves.



Article 52

Et néanmoins les droits féodaux et seigneuriaux ne seront payés qu'à proportion du prix des fonds.



Article 53

Ne seront reçus les lignagers et seigneurs féodaux à retirer les fonds décrétés, s'ils ne retirent les esclaves vendus conjointement avec fonds ni l'adjudicataire à retenir les esclaves sans les fonds.



Article 54

Enjoignons aux gardiens nobles et bourgeois usufruitiers, amodiateurs et autres jouissants des fonds auxquels sont attachés des esclaves qui y travaillent, de gouverner lesdits esclaves comme bons pères de famille, sans qu'ils soient tenus, après leur administration finie, de rendre le prix de ceux qui seront décédés ou diminués par maladie, vieillesse ou autrement, sans leur faute, et sans qu'ils puissent aussi retenir comme fruits à leur profit les enfants nés desdits esclaves durant leur administration, lesquels nous voulons être conservés et rendus à ceux qui en sont maîtres et les propriétaires.



Article 55

Les maîtres âgés de vingt ans pourront affranchir leurs esclaves par tous actes vifs ou à cause de mort, sans qu'ils soient tenus de rendre raison de l'affranchissement, ni qu'ils aient besoin d'avis de parents, encore qu'ils soient mineurs de vingt-cinq ans.



Article 56

Les esclaves qui auront été fait légataires universels par leurs maîtres ou nommés exécuteurs de leurs testaments ou tuteurs de leurs enfants, seront tenus et réputés, les tenons et réputons pour affranchis.



Article 57

Déclarons leurs affranchissements faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nosdites îles et les esclaves affranchis n'avoir besoin de nos lettres de naturalité pour jouir des avantages de nos sujets naturels de notre royauté, terres et pays de notre obéissance, encore qu'ils soient nés dans les pays étrangers.



Article 58

Commandons aux affranchis de porter un respect singulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves et à leurs enfants, en sorte que l'injure qu'ils leur auront faite soit punie plus grièvement que si elle était faite à une autre personne: les déclarons toutefois francs et quittes envers eux de toutes autres charges, services et droits utiles que leurs anciens maîtres voudraient prétendre tant sur leurs personnes que sur leurs biens et successions en qualité de patrons.



Article 59

Octroyons aux affranchis les mêmes droits, privilèges et immunités dont jouissent les personnes nées libres; voulons que le mérite d'une liberté acquise produise en eux, tant pour leurs personnes que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur de la liberté naturelle cause à nos autres sujets.



Article 60

Déclarons les confiscations et les amendes qui n'ont point de destination particulière, par ces présentes nous appartenir, pour être payées à ceux qui sont préposés à la recette de nos droits et de nos revenus; voulons néanmoins que distraction soit faite du tiers desdites confiscations et amendes au profit de l'hôpital établi dans l'île où elles auront été adjugées.

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:09
Sujet du message: Le code noir
je l'ai déjà lu mais ça me fait toujours le même effet!
tchip!
Bref!

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:11
Sujet du message: Le code noir
will a écrit:
Enjoignons aux habitants qui achètent des nègres nouvellement arrivés d'en avertir dans huitaine au plus tard les gouverneur et intendant desdites îles


Quand je pense qu'aujourd'hui c'est les chiens dangereux qu'on doit déclarer comme ça ! tchip

Auteur: 6-Tee
Date: 08 Juin 2003 22:12
Sujet du message: Le code noir
C clair à chak ke tu le lis t'as 2 fois plus la haine... Ca vous ai jamais arrivé d'avoir envie de retourner dans le passé avec un chargement d'armes actuelles et de refaire l'histoire d Noirs ?

Moi oui mais... en faisant ça notre histoire ne serait plus notre histoire elle serait preske comme les autres...

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:16
Sujet du message: Le code noir
Oui.. Je voudrais y retourner et les faire payer...

Cela dit... Tout était pensé quand meme! C'est grâve... Tout est reflechi, reglementé jusqu'au moindre détail! ...

Auteur: 6klôn
Date: 08 Juin 2003 22:21
Sujet du message: Le code noir
Au fait, comment appelle-t-on celui l'a promulgué? Le roi soleil, c'est ça?

Et où est-il enterré ce brave homme? J'ai une furieuse envie d'uriner

Auteur: titanpèt
Date: 08 Juin 2003 22:24
Sujet du message: Le code noir
Article 13

Voulons que, si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père, et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.


Imaginons qu'un couple dont la femme est libre ait un fils, donc libre, et que celui-ci se marie avec une femme dont la mère était esclave, donc qui est esclave elle même, et qu'ensemble ils aient à leur tour un enfant, celui- ci sera esclave! (zavé tt suivi? ) C'est "trop bien fait", bien pensé: comme vient de me dire mon frère, ils appliquaient le principe de rotation des stocks. C'est ahurissant


Lapine Killah a écrit:
Oui.. Je voudrais y retourner et les faire payer...

Cela dit... Tout était pensé quand meme! C'est grâve... Tout est reflechi, reglementé jusqu'au moindre détail! ...


A savoir si tu aurais pu.....Tu aurais peut-être été considérée comme une moins que rien, bien qu'étant métisse

Auteur: Kimany
Date: 08 Juin 2003 22:28
Sujet du message: Le code noir
Je redonne les références d'un livre qui parle de ce thème.

Louis Sala-Molins, "Le Code Noir ou le calvaire de Canaan"

Presses Universitaires de France - Coll. Quadrige (Paris 2002)

Résumé rapide:

Nous connaissons tous, ou croyons connaître, le Code Noir, promulgué en 1685 par Louis XIV pour réglementer l'esclavage des Noirs aux Antilles, aux Mascareignes, en Louisiane et en Guyane. La lecture de l'oeuvre de Louis Sala-Molins (dont la première parution remonte à 1987) oblige à une radicale remise en cause. En effet, l'auteur présente, illustre et commente ce qu'il considère être « le texte juridique le plus monstrueux qu'aient produits les Temps modernes », sans rien omettre, ni des fondements, ni des essais de justification, ni de l'évolution menant à l'abolition définitive en 1848, ni même à cette occasion de l'extrême prudence des adversaires déclarés de l'esclavage.

Buena lectura!

Auteur: 6klôn
Date: 08 Juin 2003 22:31
Sujet du message: Le code noir
Il y a également un certain kôlbè.... Il est enterré où, lui aussi?

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:35
Sujet du message: Le code noir
titanpèt a écrit:
A savoir si tu aurais pu.....Tu aurais peut-être été considérée comme une moins que rien, bien qu'étant métisse


Très surement... Sauf si ma maman aurait été libre

Mais pas grave! Je voudrais y retourner et faire les esclaves prendre conscience qu'ils n'ont pas a être là! Et que l'union fait la force!

Auteur: Kimany
Date: 08 Juin 2003 22:37
Sujet du message: Le code noir
Lapine Killah a écrit:
titanpèt a écrit:
A savoir si tu aurais pu.....Tu aurais peut-être été considérée comme une moins que rien, bien qu'étant métisse


Très surement... Sauf si ma maman aurait été libre

Mais pas grave! Je voudrais y retourner et faire les esclaves prendre conscience qu'ils n'ont pas a être là! Et que l'union fait la force!


De toutes façons, ils se sont rebellés et heureusement pour eux, n'ont pas eu à attendre ton intervention pour se libérer de l'esclavage...

Auteur: titanpèt
Date: 08 Juin 2003 22:40
Sujet du message: Le code noir
lolo971 a écrit:
De toutes façons, ils se sont rebellés et heureusement pour eux, n'ont pas eu à attendre ton intervention pour se libérer de l'esclavage...


MDR en effet, si ils avaient dû t'attendre Lapine

Auteur: 6klôn
Date: 08 Juin 2003 22:43
Sujet du message: Le code noir
Je viens de faire une recherche sur kôlbè, et sur 5 réponses, 5 biographies, il n'y en pas une qui dise que c'est kôlbè qui a rédigé le Code Noir.

Fichu peuple avec sa mémoire sélective

Et l'autre napoléyon qui figure parmi ses grands hommes au Panthéon

Ca me donne envie de ger.ber

Vive la fwans

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:47
Sujet du message: Le code noir
lolo971 a écrit:
De toutes façons, ils se sont rebellés et heureusement pour eux, n'ont pas eu à attendre ton intervention pour se libérer de l'esclavage...


LOL ! Ou pa bon ! Mais ça a quand même duré des siècles ... C'est ça que je voudrais changer moi ! mddddrrrrr ! Zot' initil !

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:49
Sujet du message: Le code noir
Et vive la tête coupée de madame la femme de napoleyon qui trône à Fort de France

Auteur: Kimany
Date: 08 Juin 2003 22:49
Sujet du message: Le code noir
Lapine Killah a écrit:
lolo971 a écrit:
De toutes façons, ils se sont rebellés et heureusement pour eux, n'ont pas eu à attendre ton intervention pour se libérer de l'esclavage...


LOL ! Ou pa bon ! Mais ça a quand même duré des siècles ... C'est ça que je voudrais changer moi ! mddddrrrrr ! Zot' initil !


Je te taquine, t'inquiètes. C'était surtout pour encenser la rébellion des neg marrons et les autres.

Edit: j'ai eu l'occasion de voir la tête coupée de Joséphine sur la Savane. Je trouve cet acte très symbolique. Je trouve ça bien qu'ils n'aient pas arrangé la statue suite à ça. Je me souviens aussi que d'autres avaient été beaucoup plus loin: en effet, ils avaient maculé la statue de sang...

Auteur: 6klôn
Date: 08 Juin 2003 22:50
Sujet du message: Le code noir
10 sites visités, 10 biographies, et une seule page qui ose dire que c'est lui le coupable...

kôlbè

Auteur: Lapine Killah
Date: 08 Juin 2003 22:53
Sujet du message: Le code noir
La navigation grâce à ses efforts devient une source de revenus inégalée même par la noblesse qui avait le droit de commercer "sans déroger". La Compagnie des Indes Orientales, commerçait avec les Guyannes, les Antilles, le Canada et les Florides, le Sénégal. C'est aussi la traite des nègres, mais également le "Code Noir" (1685). C'est la création de la Flotte, les ports de Brest, de Rochefort et Cherbourg et l'achat de Dunkerque aux Anglais.

Lol! Bel aveux en effet! Fondu dans le texte... Un simple element sans importance dans la vie du monsieur! tchip!

Auteur: titanpèt
Date: 08 Juin 2003 22:54
Sujet du message: Le code noir
Article 3

Interdisons tout exercice public d'autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine. Voulons que les contrevenants soient punis comme rebelles et désobéissants à nos commandements. Défendons toutes assemblées pour cet effet, lesquelles nous déclarons conventicules, illicites et séditieuses, sujettes à la même peine qui aura lieu même contre les maîtres qui lui permettront et souffriront à l'égard de leurs esclaves.

D'où l'utilisation de noms catholiques pour désigner les différents dieux des cultures afro brésiliennes (les orixas, entre autres)...Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour vivre sa culture envers et contre tous.....

Article 4

Ne seront préposés aucuns commandeurs à la direction des nègres, qui ne fassent profession de la religion catholique, apostolique et romaine, à peine de confiscation desdits nègres contre les maîtres qui les auront préposés et de punition arbitraire contre les commandeurs qui auront accepté ladite direction.

Donc si tu ne crois pas en Dieu, celui qui dit que tu dois aimer ton prochain comme toi même, ben tu n'as pas le droit d'avoir d'esclaves hé ben m......alors valait mieux être athée à cette époque là dites donc

Article 6

Enjoignons à tous nos sujets, de quelque qualité et condition qu'ils soient, d'observer les jours de dimanches et de fêtes, qui sont gardés par nos sujets de la religion catholique, apostolique et romaine. Leur défendons de travailler ni de faire travailler leurs esclaves auxdits jours depuis l'heure de minuit jusqu'à l'autre minuit à la culture de la terre, à la manufacture des sucres et à tous autres ouvrages, à peine d'amende et de punition arbitraire contre les maîtres et confiscation tant des sucres que des esclaves qui seront surpris par nos officiers dans le travail.

Et cette inspection du travail ne punissait pas les propriétaires qui frappaient par pur plaisir leurs esclaves ou qui les traitaient comme des animaux? Super punition, la privation de sucre...(enfin peut-être qu'à l'époque.....)

Article 23

Leur défendons de donner aux esclaves de l'eau-de-vie de canne ou guildive, pour tenir lieu de subsistance mentionnée en l'article précédent.

héhé, ils savaient ce qu'ils faisaient, lè nèg la ka bwè, i pa ka tann' ayen é dézod ka koumanssé début de mutineries.......

Article 33

L'esclave qui aura frappé son maître, sa maîtresse ou le mari de sa maîtresse, ou leurs enfants avec contusion ou effusion de sang, ou au visage, sera puni de mort.

Ca me rappelle un fait récent en Guadeloupe...cf. News


Tout ça me fait penser que les esclaves des colonies portugaises étaient un peu mieux traités que ceux des colonies françaises...

Auteur: kolokèt
Date: 08 Juin 2003 23:32
Sujet du message: Le code noir
puisqu'il est question de retourner au temps de l'esclavage...
vous pouvez lire Liens de sang d'Octavia Butler (éditions Dapper, 10,40 euros).
Cette écrivaine afro-américaine écrit des romans de science-fiction, mais dans celui-ci c'est de la science-fiction "à l'envers" :
"Le jour de ses 26 ans, Dana, prise d'un malaise, perd connaissance. Elle disparaît du salon, puis réapparaît quelques instants plus tard, couverte de boue. Sans contrôler ni ses départs ni ses retours, Dana est propulsée au temps de l'esclavage ..."

Auteur: Lapine Killah
Date: 09 Juin 2003 01:39
Sujet du message: Le code noir
Lapine Killah a écrit:
Et vive la tête coupée de madame la femme de napoleyon qui trône à Fort de France




Madinina

Auteur: Nina
Date: 09 Juin 2003 02:27
Sujet du message: Le code noir
Juste pour info supplémentaire, je signale qu'il y a eu 2 Codes noirs:

-le Code noir de 1685 :promulgué par Louis XIV en mars 1685 à Versailles et initié par Colbert mais qui meurt juste avant (1682).

-le Code noir de 1724 :révision du précédent code sous Louis XV, ce code est plus spécialement élaboré pour la Louisianne, nouvellement rattachée à la Couronne (mais concerne aussi les Antilles). Cette seconde version est sensiblement plus dure que la précédente à l'égard des Noirs et refuse tous droits au Noirs dits "nés libres" et les affranchis
Ce qui n'était pas le cas dans le 1er code=un Noir né libre ou affranchi devenait sujet du Roi et jouissait des mêmes droits que tous les autres sujets.

Surement parceque cette catégorie de Noirs "libres" a augmenté depuis 1685 et que les maîtres et les colons ne souhaitent pas voir jouir ces sujets de droits civils et politiques qui pourraient les destabiliser.....

Auteur: galak
Date: 09 Juin 2003 14:03
Sujet du message: Le code noir
6klôn a écrit:
Au fait, comment appelle-t-on celui l'a promulgué? Le roi soleil, c'est ça?

Et où est-il enterré ce brave homme? J'ai une furieuse envie d'uriner


Le 14 octobre 1793, abbaye de Saint-Denis (dans le 9-3 !) :

(citation d'un témoin occulaire de la profanation des tombeaux des rois, cf. http://histoforums.free.fr/revemp/aff.php3?2248)

" Tout à coup, dit-il, on apporta et on déposa sur l'herbe un grand cercueil de plomb qui en couvrait un autre en chêne; l'inscription fixée sur le haut de la partie latérale à gauche et que j'ai lue, annonçait le corps de Louis XIV.
" A l'ouverture de ce cercueil, on reconnut ce monarque, sa haute taille, son âge au temps de sa mort et ces mêmes traits caractéristiques que les arts ont fait revivre; le corps, bien conservé, était d'une couleur d'ébène [ ]. On développa une très longue bandelette qui entourait le cou pour mieux assujettir la tête; jusque dans la mort, ce prince commandait le respect; par la sévérité de ses traits, il menaçait encore ses profanateurs. Incertains quelques instants et bientôt indignés de cette majesté survivante à elle-même, ils s'empressèrent de précipiter le corps dans la fosse commune. Il tomba sur celui de Henri IV, le couvrit presque tout entier et lui servit comme de rempart pour le dérober à de nouveaux outrages.
" Il se passa un assez long intervalle, qui permit aux spectateurs de satisfaire leur curiosité. Plusieurs descendirent dans la fosse avec une échelle appliquée sur une des extrémités. J'y descendis moi-même pour contempler les traits historiques de ces monarques et aussi dans le pieux dessein de sauver quelques reliques.
Mais, en vain, je m'approchai religieusement et à plusieurs reprises de ces corps serrés, en vain, d'une main timide, je soulevai les bras, les jambes même, toutes parties solides et d'une parfaite consistance; je n'osai entreprendre un larcin dont l' acte ostensible eût fixé l'attention des commissaires dont j' observais les mouvements.
" Il me fallut feindre l'indifférence du vulgaire en portant la main sur la bouche de Louis XIV pour détacher furtivement une de ses dents; ce fut sans succès, à cause de l'adhérence des lèvres. Enfin, après un moment d'hésitation, je saisis à la main droite un ongle qui se détacha facilement. Encouragé par ce début, je ne voulus pas me retirer sans avoir quelque fragment de Henri IV. Son corps un peu découvert par la position transversale de celui de Louis XIV présentait le pied droit; je saisis l'ongle du pouce... je sortis alors de la fosse.
" Au même instant, je vis descendre un charretier du dépôt, dont le dessein n'était pas équivoque - c'était pour outrager Louis XIV. Cet homme lui fit avec son couteau une large ouverture au ventre; il en retira une grande quantité d'étoupe qui remplaçait les entrailles et servait à tenir les chairs. Avec le même instrument il ouvrit la bouche qui était aussi garnie d'étoupe. Ce spectacle donna lieu aux bruyantes acclamations de la multitude.
" Aussitôt on apporta une autre momie : c'était celle de Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV. Son corps bien conservé fut précipité sur celui du Grand Roi; il tomba dans la fosse d'une manière qui signalait l'outrage; la tête, renversée, se trouva prise entre les corps et les parois de la fosse, tandis que les jambes étaient élevées presque à la verticale. La taille de cette princesse était petite; j'ai remarqué la délicatesse de ses pieds.
Ces quatre corps réunis furent les seuls que j'ai vus dans la fosse. Tous ceux qui restaient dans le caveau plus ou moins conservés y furent ensuite jetés.
[...]
La chaux vive fut employée pour consumer jusqu'aux éléments de ces corps, que le temps avait épargnés.
"

A la Restauration, Louis XVIII (roi de 1815 à 1824) a ordonné que les ossements de ses ancêtres soient placés dans la crypte de l'Abbaye. Donc, il faut aller voir par là...

Colbert a été enterré à St-Eustache (à côté des Halles, à Paris). Il ne resterait que ses jambes ( ), le reste fut transféré dans les catacombes en 1787... Donc pour lui, il suffit d'aller visiter les catacombes...

Joséphine de Beauharnais est enterrée dans un tombeau à l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Rueil (commune de Rueil-Malmaison).
Je n'ai pas les heures d'ouverture de cette église...

Galak, croque-mort et compagnie

Auteur: Amarine
Date: 09 Juin 2003 18:58
Sujet du message: Le code noir
galak a écrit:
Galak, croque-mort et compagnie
M. FISCHER ???



Bon, soyons sérieux... MERCI WILL !!!

Rico Dom avait déjà céé un sujet identique jadis, avec d'autres liens super interessants.
Si quelqu'un savait faire remonter le sujet en question, ce serait bien...
Moi, je ne sais toujours pas comment on fait (fénéante ? Moi ? sceptique Mais non ...).

Auteur: Rico Dom
Date: 09 Juin 2003 20:40
Sujet du message: Le code noir
J'avais dejà mis un sujet sur le code noir je constate avec plaisir que certain d'entre vous réagissent cela et fort bien, il est bon que la mémoire vous sois rendue !!
Moi comme article c'est celui là qui me fait le plus réagir l'article 44

Article 44

Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n'avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d'aînesse, n'être sujets au douaire coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire.


Et oui nous avons été des meubles !!!

je ne met pas de smileys il n'y en a pas d'assez puissant sur le forum pour traduire mon couroux !!
Rico

Auteur: Lapine Killah
Date: 09 Juin 2003 20:41
Sujet du message: Le code noir
Moi aussi Rico c'est celui qui m'a laissé sans voix...

Je voulais le citer... Mais je me suis dis c'est pas possible c'est moi qui ai mal compris...

Bein finalement non ...

Auteur: Rico Dom
Date: 09 Juin 2003 21:02
Sujet du message: Le code noir
Ma lapine !!
Si tu savais ce qu'ont fait nos ancêtres pour éviter que leurs bébés ne tombent en esclavage et ne soient vendus comme un animal de reproduction !!
je vais te raconter l'horreur
Les maîtres blancs punissaient tous décès de bébés suspect par l'assassina d'un frère d'une sœur d'un père d'une mère, tous les moyens étaient bons pour avoir leurs productions en constante progression.
Des jeunes mères ont eu l'idée affreuse de tuer leurs bébés elles ont appelé ça à l'époque le mal des mâchoires !
Il s’agissait de piquer la fontanelle du bébé avec une épingle rouillée à la naissance ça ne laissait pas de trace et l'enfant mourraient en 10 jours au plus tard quand j'ais lu ça j'ais été retourné au plus profond de mon être !
Cette année encore je retourne dans mon île et je chercherais d'autres bouquins qui raviveront ma mémoire je te tiendrais au courant de ma lente progression car c'est à petites doses que j'arrive à assimiler !
Kiss
Rico

Auteur: Lapine Killah
Date: 09 Juin 2003 21:11
Sujet du message: Le code noir
C'est horrible! Je ne sais même pas quoi dire ...

Auteur: galak
Date: 10 Juin 2003 01:59
Sujet du message: Le code noir
Rico Dom a écrit:


Et oui nous avons été des meubles !!!



ta phrase me fait réagir, Rico Dom. C'est à propos du "nous"...

Ce "nous" me donne la mesure de l'identification directe à tes propres aïeuls, puisque tu signifie que dans TON passé à TOI, tu as été un meuble...

Cela me frappe, pour deux raisons contradictoires : d'une part, je suis sensible et attaché, à mon propre niveau, au lien qui existe dans la chaïne des générations, dont chacun de nous est un maillon, et j'apprécie beaucoup la mémoire qui est conservée de ceux qui ont été. C'est l'un des sens de la vie, au delà de nos propres existences. Cela fait que je comprends cette identification, ce lien direct que tu fais par ce "nous" à ceux de tes ancêtres qui ont vécus dans la servitude la plus ignoble.
Mais d'autre part, je n'arrive pas à savoir à quel point cette mémoire fige tout, le présent et l'avenir.
Les criminels doivent être punis, c'est clair. Et le système qui a établit l'esclavage, qui s'en est nourri, doit être éliminer. Là est la question : ce système a t'il, est il, puni ??

Depuis 1848, il n'y a plus théoriquement de meubles humains aux antilles (plus tard au brésil... et il y en a encore maintenant beaucoup dans pleins de coins de la planète, dont les beaux quartiers de Paris... je crois... ). Le système a t'il été puni, c'est à dire a t'il disparu ??

Comment peut on croire qu'il a disparu quand je vois que les emplois les plus pénibles et ayant le moins de prestige sont souvent dévolus à des personnes dont la peau ressemble à s'y méprendre au coloris des meubles créoles des XVII° et XVIII° siècles...

J'avais réagis déjà à ta discussion sur ce sujet dans le site désormais archivé. Comme tu avais apprécier ma réaction, Amarine également , je la "recolle" ici :
-------------------------------------
Bonjour
Rico, je réagis sur ce thème, puisque tu m'en a fais allusion dans le coup de gueule que j'ai lancé (coup d'épée dans l'eau) sur la question de la mémoire et l'esclavage : en gros, comment oublier (regarder vers l'avenir) et ne pas oublier... That is a big question, no ?
Alors, le code noir, dans cette perspective, c'est un texte (écrit, une trace, quelque chose qui reste, et d'ailleurs qu'on trouve sur internet comme il est indiqué plus haut) qui rappelle l'horreur et l'ignominie hypocrite commises par des hommes à d'autres hommes (je ne vous oublie pas non plus, mesdames !).
J'avais déjà entendu parlé du Code Noir. Je me pose la question, par rapport à celle que j'ai posé sur la mémoire : si l'on lit le Code Noir, en l'appelant Code Babylonien ou Code Sparte, ou Code de Pharaon, on peut le lire avec plus de... calme. Il touche moins, il scandalise moins. Pourtant, le système esclavagiste, avec sa masse de meurtres gratuits, de viols ignobles, de traitements allucinants ont été les mêmes ailleurs et à d'autres époques. La différence est liée à l'apparition de la notion de races comme élément pour faire des hommes des esclaves...
Alors si les descendants des esclaves de Babylone, de Sparte ou d'Egypte ont oublié que leur ancêtres ont été outragés, c'est qu'il y a le système de la distinction libre/esclave qui a disparu. A ces époque, les esclaves étaient plutot des personnes de peuples, nations, ou tribus qui n'appartenaient pas au peuple, nation ou tribu des maîtres. C'est la disparition de l'Empire de babylone, de Sparte et de l'Egypte de Pharaon qui a permi cet oubli...
Et oui... quand nous ne seront plus français, anglais, espagnols, portugais, hollandais, danois, "etats-uniens" , mais autre chose (quoi ??), alors, les responsabilités de ces horreurs et injustices appartiendront au passé, au même rayon que Babylone...
Quand nous seront autre chose... TOUS ensemble, quand la notion de race ne sera plus qu'un mot étrange dans des textes oubliés et très anciens.

-------------------------------------

Pour finir, sur une note qui montre toujours le risque de "chosification" de personnes placées dans un type ethnique donné, je citerai ici Dany Laferrière. Dans un de ses livres, en guise d'avertissement, cet excellent auteur haïtien qui vit désormais aux States, place en épigraphe la phrase suivante :

"Le nègre est un meuble." Code Noir, art. 1, 1685

...Pour cet auteur, il semble que se ne soit pas "nous avons été des meubles"...mais...
"nous sommes encore et toujours des meubles"... puisque son livre a pour titre : "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer"

Galak, en psycho-socio-histoire comparée, au secours, sauvez-moi !

Auteur: alafoly!!!
Date: 10 Juin 2003 06:16
Sujet du message: Le code noir
Rico Dom a écrit:
Si tu savais ce qu'ont fait nos ancêtres pour éviter que leurs bébés ne tombent en esclavage et ne soient vendus comme un animal de reproduction !!
je vais te raconter l'horreur
Des jeunes mères ont eu l'idée affreuse de tuer leurs bébés elles ont appelé ça à l'époque le mal des mâchoires !
Il s’agissait de piquer la fontanelle du bébé avec une épingle rouillée à la naissance ça ne laissait pas de trace et l'enfant mourraient en 10 jours
Lapine Killah a écrit:
C'est horrible! Je ne sais même pas quoi dire ...


c'es vrai que c horrible et en même même temps, c'est un geste tellement plein de désespoir et en même temps, d'amour aussi pour ces enfants qu'elles préfèrent ne pas voir auprès d'elles et qu'elles tuent de leur propres mains (une mère qui tue son enfant, je n'arrivve même pas à imaginer à quel point ça doit lui être difficile, surtout à la naissance ,juste après l'avoir porté 9 longs mois...) plutot que de les voir eux aussi réduits en esclavage....

je ne pense pas que j'aurais eu le "courage" de faire ça si j'avais eu à faire ce choix....

Auteur: Rico Dom
Date: 10 Juin 2003 07:23
Sujet du message: Le code noir
Mon Cher Galak !!
Comme d'hab j'aprecie ton intervention !
ce "nous" mis en avant j'espère qu'il puisse reveiller ou plutôt fasse réagir comme tu viens de le faire nos chers compatriotes !
Pas seulement qu'eux dailleurs, mais aussi ceux qui se disent humain tout simplement !!
nous avons le devoir de mémoire justement pour eviter que cette spirale infernale ne se reproduise !
le chemin est long, mais " La montagne est verte "
Rico

Auteur: MISS-AUDREY
Date: 10 Juin 2003 09:51
Sujet du message: Le code noir
gggggggrrrrrr méme si je suis pas black, ca m'énerve de lire ca ... c'est interessant a lire ... mais quand je pense au passé ...

Auteur: galak
Date: 10 Juin 2003 10:18
Sujet du message: Le code noir
Rico Dom a écrit:
nous avons le devoir de mémoire justement pour eviter que cette spirale infernale ne se reproduise !
Rico


c'est mal barré, je viens de voir l'article sur le code noir, dans le livre "France baroque France classique, 1589-1715" (tome II. Dictionnaire), par R. Pillorget et S. Pillorget (en famille c'est mieux), coll. Bouquins, chez Robert Laffont, 1995, p.259 :

"Code noir
Ordonnance de 1685 sur la police des îles de l'Amérique française pour régler la situation juridique des esclaves noirs. Cette ordonnance, d'une part, s'efforce d'améliorer la situation des esclaves - rélementation de leur travail, protection de leur moralité, reconnaissance d'une famille, procédures d'affranchissement - et, d'autre part, s'efforce d'assurer la sécurité des maîtres - interdiction du port d'armes, du droit de propriété au moins foncière, de l'accès aux fonctions publiques pour les esclaves, répression sévère des crimes commis par eux, etc."

Aaaargh !

J'imagine tous ces étudiants en histoire penchés sur cet article dans les bibliothèques universitaires, et se disant "c'était quand même un grand homme ce Colbert".

J'arrête là mon message, j'ai une furieuse envie d'exploser ma tête contre les murs, à défaut de cogner l'une contre l'autre les têtes de ces chers époux Pillorget...
1995... c'était il y a 8 ans...

Auteur: Lapine Killah
Date: 10 Juin 2003 12:15
Sujet du message: Le code noir
alafoly!!! a écrit:
c'es vrai que c horrible et en même même temps, c'est un geste tellement plein de désespoir et en même temps, d'amour aussi pour ces enfants qu'elles préfèrent ne pas voir auprès d'elles et qu'elles tuent de leur propres mains (une mère qui tue son enfant, je n'arrivve même pas à imaginer à quel point ça doit lui être difficile, surtout à la naissance ,juste après l'avoir porté 9 longs mois...) plutot que de les voir eux aussi réduits en esclavage....

je ne pense pas que j'aurais eu le "courage" de faire ça si j'avais eu à faire ce choix....


... En fait j'ai eu la même réaction que toi mais je ne savais pas comment développer ce sentiment.... Mais tu l'as très bien expliqué! C'est SURTOUT un acte d'amour je pense ...

Auteur: Nina
Date: 10 Juin 2003 13:41
Sujet du message: Le code noir
galak a écrit:

c'est mal barré, je viens de voir l'article sur le code noir, dans le livre "France baroque France classique, 1589-1715" (tome II. Dictionnaire), par R. Pillorget et S. Pillorget (en famille c'est mieux), coll. Bouquins, chez Robert Laffont, 1995, p.259 :

"Code noir
Ordonnance de 1685 sur la police des îles de l'Amérique française pour régler la situation juridique des esclaves noirs. Cette ordonnance, d'une part, s'efforce d'améliorer la situation des esclaves - rélementation de leur travail, protection de leur moralité, reconnaissance d'une famille, procédures d'affranchissement - et, d'autre part, s'efforce d'assurer la sécurité des maîtres - interdiction du port d'armes, du droit de propriété au moins foncière, de l'accès aux fonctions publiques pour les esclaves, répression sévère des crimes commis par eux, etc."

Aaaargh !

J'imagine tous ces étudiants en histoire penchés sur cet article dans les bibliothèques universitaires, et se disant "c'était quand même un grand homme ce Colbert".

J'arrête là mon message, j'ai une furieuse envie d'exploser ma tête contre les murs, à défaut de cogner l'une contre l'autre les têtes de ces chers époux Pillorget...
1995... c'était il y a 8 ans...




Je rêve!
A en croire ces auteurs c'était une mesure positive et necessaire!

Auteur: Lapine Killah
Date: 10 Juin 2003 13:56
Sujet du message: Le code noir
Bein en fait quand je lis tout ça... Je vois que certaines choses étaient faites EN FAVEUR des esclaves ... Comme l'interdiction de les battre, de séparer des familles etc ...

Je trouve ça encore plus grave parce que ça montre que pour eux, la place des noirs en tant qu'esclave était tout à fait normale, naturelle...
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre...
C'est comme si demain le monde était dominé par les chiens (j'exagere la comparaison hein! pas la peine de me sauter dessus) et que ceux ci commentaient nos actes et la façon dont on traite les chiens aujourd'hui... Alors que pour nous, mettre une muselière et sortir le chien en laisse c'est normal!

Vous voyez où je veux en venir ?

Auteur: Nina
Date: 10 Juin 2003 14:12
Sujet du message: Le code noir
Je vois ce que tu veux dire Lapine
Mais ce n'etait par bonté ou humanisme: c'était pour protéger leur outil de production.......
Il faut bien garder en tête que l'esclave travaillait et rapportait de l'argent à son maitre donc le maitre était bien obligé de lui accorder des soins et des conditions de vie minimum pour que l'escave "garde le moral" et travaille au maximum.

Par exemple maintenir les familles d'esclaves ensemble n'était pas une faveur mais bel et bien un moyen d'augmenter le "cheptel" de petits négrillons (déjà esclaves) sur l'habitation du maitre.....

Auteur: galak
Date: 10 Juin 2003 14:37
Sujet du message: Le code noir
decidement, je vais devenir monomaniaque...
cela m'effare comme est traitée cette question dans les bouquins.
Dans mon dictionnaires Larousse en 3 volumes (il est pas jeune : 1970... mais bon, j'arrive à comprendre la langue de l'époque ), pas d'allusion au code noir dans la rubrique "code" (y'a le code de la route quand même !), et dans la rubrique sur Colbert, le texte suivant... :

"Il publia, en outre, une série d'ordonnances destinées à uniformiser la législation selon les principes de la centralisation monarchique : ordonnance civile (1667), criminelle (1670), commerciale (1673), ordonnance des Eaux et Forêts (1669), ordonnance coloniale (ou code noir), et plusieurs ordonnances de la Marine (1672-1681). C'est encore à Colbert que l'on doit l'Académie des inscriptions (1663), l'Académie des Sciences (1666), ..."

Le code noir est mis au même niveau que des histoires d'arbres et d'étangs, et d'assemblées de vieux barbus bavards... La phrase qui poursuit par "c'est encore à Colbert que l'on doit..." neutralise complétement la possibilité de se dire si c'est bien ou pas... C'est effarant !!!

J'imagine le dictionnaire Larousse des années 2303 :

Hitler publia une série d'ordonnances destinées à uniformiser la législation allemande selon les principes de la centralisation nationale socialiste : ordonnance civile, criminelle, commerciale, ordonnance des Eaux et Forêts, ordonnance juive (ou chambres à gaz), et plusieurs ordonnances de la Marine.

Un peuple ignorant dort sur ses deux oreilles (zoreilles?). Chhuut ! vous allez le réveiller ? Non... on l'a rendu sourd depuis longtemps.

Galak, en partance pour la planete Zorglup

Auteur: Lapine Killah
Date: 10 Juin 2003 14:40
Sujet du message: Le code noir
Nina a écrit:
Je vois ce que tu veux dire Lapine
Mais ce n'etait par bonté ou humanisme: c'était pour protéger leur outil de production.......
Il faut bien garder en tête que l'esclave travaillait et rapportait de l'argent à son maitre donc le maitre était bien obligé de lui accorder des soins et des conditions de vie minimum pour que l'escave "garde le moral" et travaille au maximum.

Par exemple maintenir les familles d'esclaves ensemble n'était pas une faveur mais bel et bien un moyen d'augmenter le "cheptel" de petits négrillons (déjà esclaves) sur l'habitation du maitre.....


C'est vrai... Je voyais plus ça comme de l'ignorance mais en fait t'as raison... Tout était surement machiaveliquement (???) calculé !

Auteur: missteeq
Date: 10 Juin 2003 14:57
Sujet du message: Le code noir
Dans cet écrit, outre l'esclave réduit à l'état de meuble, c'est la position de l'Eglise catholique dans le code noir ki me dérange au plus haut point.Elle autorise les mariages, les enterrements etc...tout en réduisant l'homme à l'état d'esclave (des "meubles" ki se marient?? ). Tout ça n'est qu'hypocrisie...
Je pense aux gens ki vont a l'église tous les dimanches pour louanger Dieu...

Auteur: galak
Date: 10 Juin 2003 14:59
Sujet du message: Le code noir
And now ladies and gentlemen, le ponpon !

recupéré de haute lutte dans mon ancestral dictionnaire Larousse (non, non je n'ai pas d'actions...) qui date de... 1914 !!! en 7 volumes, attention c'est que c'est lourd ces trucs là...Cela devient dur de se mettre dans l'état d'esprit de cette époque... que l'on appelle la... Belle Epoque . Donc les Antilles sont à cette époque des colonies comme les siècles précédents, avec la lègère modification de statut de certaines personnes depuis 1848...

Donc... excusez moi... j'hallucine...

Donc, à la rubrique Code... Il n'y a rien sur le code noir. Bon, jusque là on peut se dire "normal, on travaille l'oubli" et puis, il vaut peu être ne rien écrire que d'écrire des conneries.

Mais... car il y a un "mais"....

la rubrique suivante est intitulée "code noir" (aaaahhhh ! enfin !). Donc... je cite :

"Code noir (LE), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de Clapisson, représenté à l'Opéra-Comique le 9 juin 1842. C'est l'histoire de deux esclaves fugitifs de Martinique qui, retrouvés et reconnus longtemps après leur évasion, sont repris et vendus au profit de l'Etat, en vertu du fameux "Code noir". Il va sans dire que les choses s'arrangent, et que tout finit par un mariage qui dénoue une intrigue secondaire. Les défauts du livret semblent avoir porté tort à la musique, qui contient quelques jolies pages".

fin de la citation.

Galak, chanteur, puisque en France, tout fini par des chansons !

Auteur: missteeq
Date: 10 Juin 2003 15:18
Sujet du message: Le code noir
galak a écrit:

"Code noir (LE), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de Clapisson, représenté à l'Opéra-Comique le 9 juin 1842. C'est l'histoire de deux esclaves fugitifs de Martinique qui, retrouvés et reconnus longtemps après leur évasion, sont repris et vendus au profit de l'Etat, en vertu du fameux "Code noir". Il va sans dire que les choses s'arrangent, et que tout finit par un mariage qui dénoue une intrigue secondaire. Les défauts du livret semblent avoir porté tort à la musique, qui contient quelques jolies pages".

fin de la citation.

Galak, chanteur, puisque en France, tout fini par des chansons !

Nan Galak c pas possible, tu t trompé, c le Larousse Arts et Littératures ke tu as entre les mains??
Rassure moi....
TCHIIIIIIIIIIIIIIIP...la mémoire de chacun peut s'avérer si subjective...Résumer le Code noir a une pièce de théatre, je finirais par croire ke je préfére etre aveugle ke de lire de telles choses!

Auteur: Kimany
Date: 11 Juin 2003 15:01
Sujet du message: Le code noir
C'est facile de faire passer ce triste épisode comme étant une pièce de théâtre. Du coup, ça remet en cause la véracité du Code noir...

Auteur: fredo
Date: 11 Juin 2003 15:18
Sujet du message: Le code noir
Au fait, il y avait-il un Code Blanc ?
Les colons blancs avaient-ils des regles a respecter (a part de faire le maximum de ble) ?
Quelles sanctions pouvaient-ils recevoir ?
Y a-t-il eu des exemples de sanctions prises par la Royaute ou par la Republique envers les colons (a part l'indemnisation suite a l'abolition) ?
Les colons respectaient-ils le Code Noir ?

Auteur: Ti'Suisse
Date: 11 Juin 2003 15:44
Sujet du message: Le code noir
Pour Infos: Il existe un forum sur l'esclavage. http://les.traitesnegrieres.free.fr/esclavage_forum/index.php?cid=3

Auteur: jaspe
Date: 14 Juin 2003 21:04
Sujet du message: Le code noir
Rico Dom a écrit:
Ma lapine !!
Si tu savais ce qu'ont fait nos ancêtres pour éviter que leurs bébés ne tombent en esclavage et ne soient vendus comme un animal de reproduction !!
je vais te raconter l'horreur
Les maîtres blancs punissaient tous décès de bébés suspect par l'assassina d'un frère d'une sœur d'un père d'une mère, tous les moyens étaient bons pour avoir leurs productions en constante progression.
Des jeunes mères ont eu l'idée affreuse de tuer leurs bébés elles ont appelé ça à l'époque le mal des mâchoires !
Il s’agissait de piquer la fontanelle du bébé avec une épingle rouillée à la naissance ça ne laissait pas de trace et l'enfant mourraient en 10 jours au plus tard quand j'ais lu ça j'ais été retourné au plus profond de mon être !
Cette année encore je retourne dans mon île et je chercherais d'autres bouquins qui raviveront ma mémoire je te tiendrais au courant de ma lente progression car c'est à petites doses que j'arrive à assimiler !
Kiss
Rico




c'est vraiment une horreur
comment imaginer le calvaire de la mère s'occupant de son enfant sachant très bien qu'il mourra sous peu?
Je ne peux concevoir cela j'ai les larmes aux yeux, je pense à tous ses enfants morts.
là ce jour 14 juin 2003 à 15 heures, apres avoir lu ceci.Je suis malade, j'ai envie de vomir. Je me demande des fois s'il n'est pas plus facile de ne rien savoir ou encore.........

Comment faire pour assimuler toutes les horreurs.

Auteur: Lapine Killah
Date: 14 Juin 2003 22:12
Sujet du message: Le code noir
Ti'Suisse a écrit:
Pour Infos: Il existe un forum sur l'esclavage. http://les.traitesnegrieres.free.fr/esclavage_forum/index.php?cid=3


Merci pour l'info ...

Auteur: karukeragirl
Date: 15 Juin 2003 20:39
Sujet du message: Le code noir
kolokèt a écrit:
puisqu'il est question de retourner au temps de l'esclavage...
vous pouvez lire Liens de sang d'Octavia Butler (éditions Dapper, 10,40 euros).
Cette écrivaine afro-américaine écrit des romans de science-fiction, mais dans celui-ci c'est de la science-fiction "à l'envers" :
"Le jour de ses 26 ans, Dana, prise d'un malaise, perd connaissance. Elle disparaît du salon, puis réapparaît quelques instants plus tard, couverte de boue. Sans contrôler ni ses départs ni ses retours, Dana est propulsée au temps de l'esclavage ..."


J'ai lu ce livre qui est à la fois originale et boulverssant.. l'auteur Octavia Butler est une pionière, c'est la première femme afro-américaine ayant ecrit des livres de science fiction.

Auteur: karukeragirl
Date: 15 Juin 2003 20:43
Sujet du message: Le code noir
Petite question ? A part le " code noir " ? qu'avez vous lu ( ou aller lire ) sur le sujet de l'esclavage ou de la traite des noirs ?
Cette question a pour but d'aider ceux qui voudrait se constituer une bibliothèque sur le sujet, histoire de ne pas laisser l'amnésie et l'oublie s'emparer de notre histoire.

Auteur: korynn
Date: 15 Juin 2003 22:00
Sujet du message: Le code noir
G LA RAGE

NO COMMENTS



Auteur: galak
Date: 16 Juin 2003 00:43
Sujet du message: Le code noir
karukeragirl a écrit:
Petite question ? A part le " code noir " ? qu'avez vous lu ( ou aller lire ) sur le sujet de l'esclavage ou de la traite des noirs ?
Cette question a pour but d'aider ceux qui voudrait se constituer une bibliothèque sur le sujet, histoire de ne pas laisser l'amnésie et l'oublie s'emparer de notre histoire.


Les discussions sur le code noir ont rapidement évoluées vers des choses "concrètes" comme le sacrifice des nouveaux nés afin de leur épargner l'esclavage, pire que la mort ("plutôt la mort que l'esclavage !").
Les horreurs des XVII°, XVIII et début du XIX° sont la plupart du temps témoignées à travers des textes et des images dessinées, qui "minimisent" souvent la réalité ou la caricature (gravures, etc.)
La photographie est apparue avant l'abolition de l'esclavage, mais elle s'est généralisée alors que l'esclavage institutionnel était aboli en 1848.

Dans un autre pays, alors que l'esclavage y fut lui même aboli quelques années plus tard, une guerre civile éclata, au terme de laquelle des hommes créèrent une organisation secrête destinée à éliminer les anciens esclaves et leur descendance. Ce pays, ce sont les Etats Unis d'Amérique, cette organisation, c'est le KKK.

Il existe des photographies sur ces abominations que sont ces lynchages. Il est hélas très facile d'imaginer que ce que représente ces images ressemble à ce qu'à dû être le sort de femmes et d'hommes, qui, au siècle des Lumières tentèrent de ne pas être seulement des "meubles" inscrits dans le "code noir". Des images de la répression esclavagiste, éternelle, des grands champs de coton de Virginie ou des champs de canne dans les "isles"...

J'étais tombé sur ces photos il y a de nombreuses années. C'est une horreur qui est restée dans un coin de ma mémoire. On peut en trouver beaucoup sur le site suivant :
http://www.musarium.com/withoutsanctuary/main.html
... without sanctuary... sans sanctuaire.... à part nos mémoire peut être. Ce message me donne l'occasion, alors que cela a dû être déjà fait précédemment dans un autre forum, de dire que j'ai beaucoup apprécié le film "bowling for columbine" de Michael Moore, qui retrace les soubresauts actuels de ces horreurs...

Galak

Auteur: makologue
Date: 18 Juin 2003 21:03
Sujet du message: Le code noir
titanpèt a écrit:
Article 13

Voulons que, si le mari esclave a épousé une femme libre, les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elle, nonobstant la servitude de leur père, et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.


Imaginons qu'un couple dont la femme est libre ait un fils, donc libre, et que celui-ci se marie avec une femme dont la mère était esclave, donc qui est esclave elle même, et qu'ensemble ils aient à leur tour un enfant, celui- ci sera esclave! (zavé tt suivi? ) C'est "trop bien fait", bien pensé: comme vient de me dire mon frère, ils appliquaient le principe de rotation des stocks. C'est ahurissant


Lapine Killah a écrit:
Oui.. Je voudrais y retourner et les faire payer...

Cela dit... Tout était pensé quand meme! C'est grâve... Tout est reflechi, reglementé jusqu'au moindre détail! ...




Ce texte expliqure en partie pk les hommes antillais no'ont pas le sens des responsabilité famillale, envers leur enfat par exemple.....ils courreurs etc..... pendant 400 ans leur femme et leur enfant ne leur appartenait pas "dans les fait", il pouvait en avoir plein, aucune d'entre elle ne serait a lui, mais au maitre., vous vous imaginez? pendant 400 ans......
aujourd'hui la tendance s'inverse.... mais par exemple, a la mort de mon grand pere "maternel", ma mere a su qu'il avait 7 femme dans sa vie et 27 enfant en tout..... sa fierte etait d'avoir des enfants dans toute la guadeloupe.... il ne le disait pas pour se moquer de c femme ou de c enfant, il le disait reellement par fierte. c t comme ca a l'epoque avec bien sur des exceptions.
400 ans..... et ca fait que 150 que ca change.... ya du boulot encore les gars.... et vous mesdames vous pourriez nous encourager dans cette dure tache educative qd meme

Auteur: makologue
Date: 18 Juin 2003 21:05
Sujet du message: Le code noir
j'ecris comme un pieds de cabrit....

Auteur: Amarine
Date: 18 Juin 2003 21:20
Sujet du message: Le code noir
makologue a écrit:
j'ecris comme un pieds de cabrit....
Mais non, mais non...
Auteur: Lapine Killah
Date: 18 Juin 2003 21:40
Sujet du message: Le code noir
makologue a écrit:
Ce texte expliqure en partie pk les hommes antillais no'ont pas le sens des responsabilité famillale, envers leur enfat par exemple.....ils courreurs etc..... pendant 400 ans leur femme et leur enfant ne leur appartenait pas "dans les fait", il pouvait en avoir plein, aucune d'entre elle ne serait a lui, mais au maitre., vous vous imaginez? pendant 400 ans......
aujourd'hui la tendance s'inverse.... mais par exemple, a la mort de mon grand pere "maternel", ma mere a su qu'il avait 7 femme dans sa vie et 27 enfant en tout..... sa fierte etait d'avoir des enfants dans toute la guadeloupe.... il ne le disait pas pour se moquer de c femme ou de c enfant, il le disait reellement par fierte. c t comme ca a l'epoque avec bien sur des exceptions.
400 ans..... et ca fait que 150 que ca change.... ya du boulot encore les gars.... et vous mesdames vous pourriez nous encourager dans cette dure tache educative qd meme


Alors... Je dirais théorie interessante, mais n'est elle pas encore une énième théorie visant à justifier votre penchant exacerbé pour les femmes, même en étant "casé" ???

ps : voui tu écris même comme un cabrit je dirais!

Auteur: makologue
Date: 18 Juin 2003 21:45
Sujet du message: Le code noir
ben si meme dans ce cas ma theorie fonctionne.... et puis le sens de mon message c pas .
- On le fait pour c raison la foutez nous la paix.
mais ce serait plutot
- Comprenez nous et aidez nous, on a besoin de vous pour nous eduquer nous et nos enfants, qu'il ne reproduise pas ce type de schema comportemental.


et oui j'ai bien vu que j'ecrivais comme un cabrit, la miss a essayé de me defendre, mais j'ai bien vu que c t gros comme un caca boukèt que j'ecris comme un cabrit.

Auteur: titanpèt
Date: 18 Juin 2003 22:38
Sujet du message: Le code noir
Je dirais même plus: "tu écris comme un gwo mal kabrit' ".....

J'avoue ne pas vraiment adhérer à ta théorie de possible raison/cause de tout celà.

Toutefois je suis d'accord avec toi sur le fait que c'est ensemble que les deux parents (quand bien sur le père est présent, et que l'enfant n'est pas un "yich lot' bô"... ) doivent inculquer un schéma comportemental de fidélité entre des personnes qui s'aiment, de respect mutuel, la reconnaissance de ses erreurs, et pis surtout rété èvè madanm aw/ nonm aw, ou pa bizwen ay gadé an jadin a vwazin aw ......

Auteur: Lapine Killah
Date: 20 Déc 2003 01:31
Sujet du message: Le code noir


(je pense que je nominerai ce sujet dans les sujets les plus instructifs...).

Auteur: whitey
Date: 03 Jan 2004 00:57
Sujet du message: Le code noir
titanpèt a écrit:
Je dirais même plus: "tu écris comme un gwo mal kabrit' ".....

J'avoue ne pas vraiment adhérer à ta théorie de possible raison/cause de tout celà.

Toutefois je suis d'accord avec toi sur le fait que c'est ensemble que les deux parents (quand bien sur le père est présent, et que l'enfant n'est pas un "yich lot' bô"... ) doivent inculquer un schéma comportemental de fidélité entre des personnes qui s'aiment, de respect mutuel, la reconnaissance de ses erreurs, et pis surtout rété èvè madanm aw/ nonm aw, ou pa bizwen ay gadé an jadin a vwazin aw ......



quelle jolie intervention

Auteur: Queen of the bee
Date: 03 Jan 2004 01:33
Sujet du message: Le code noir
alafoly!!! a écrit:
c'es vrai que c horrible et en même même temps, c'est un geste tellement plein de désespoir et en même temps, d'amour aussi pour ces enfants qu'elles préfèrent ne pas voir auprès d'elles et qu'elles tuent de leur propres mains (une mère qui tue son enfant, je n'arrivve même pas à imaginer à quel point ça doit lui être difficile, surtout à la naissance ,juste après l'avoir porté 9 longs mois...) plutot que de les voir eux aussi réduits en esclavage....

je ne pense pas que j'aurais eu le "courage" de faire ça si j'avais eu à faire ce choix....


Cela me fait penser a un film que j'ai vu, "beloved" la femme tue ses bébé en leur cognant la tete contre le mur. pour qu'ils echappent a l'esclavage. c'est un beau film, mais il est très dur aussi! en tout ca moi il m'a marqué..

Auteur: SBHSXM
Date: 10 Mar 2007 17:33
Sujet du message: Le code noir
Le "Code Noir" appliqué par les suédois à Saint-Barthélemy :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/st-barth-Code_von_Rosenstein.htm

Ordonnance de police quant au Traitement des personnes noires et de couleur, affranchies ou esclaves et d'autres sujets du 30 juillet 1787

Nous, Peter Herman von Roseinstein, Gouverneur par intérim dans et sur l'Isle de Saint-Barthélemy & Dépendances &c. &c. &c.

L'absolue nécessité d'une police bien contrôlée, dont le strict et exact entretien ne consiste pas seulement à tenter de mettre en application les devoirs d'un citoyen envers un autre, mais d'empêcher beaucoup de dangereuses conséquences et de permettre au gouvernement de donner une protection immédiate à ces malheureux qui, par leur seul désir, sont souvent forcés d'aller au-delà des limites fixées par la Loi; aussi bien que pour empêcher l'abus d'une puissance et d'une Autorité illimitées de la part de Maîtres tyranniques, sont Nos Motifs qui nous induisent par la présente à émettre l'Ordonnance suivante.

Et, comme elle contient non seulement chaque matière nécessaire pour le bon ordre et la bonne sûreté de la Communauté dans son ensemble, elle est absolument et en réalité fondée sur les Coutumes et les Usages indiscutables dans les îles des Indes occidentales établies en fait sur un base dont l'expérience seule est connue; ainsi, de manière similaire, nous prévoyons que l'Ordonnance aura l'Effet nécessaire; Et faisons en conséquence et en vertu de cette autorité, avec ce que Sa Majesté a aimablement consenti à nous confier, Nous Ordonnons, par la présente et Commandons, Décrétons, Réglementons et Statuons ce qui suit.

*******

Article 1

Il est interdit à tous les mulâtres, nègres ou personnes affranchies de même genre, en toute occasion, de transporter des Armes, ceux de la ville ou de la campagne, sauf s'ils sont en service; aucun d'entre eux ne peut être laissé se rassembler ou se réunir sous prétexte de Cérémonies de Mariage, de Fêtes ou de Danses, sans la permission du Commandeur de l'Endroit, sous peine de trois cents livres devant être payées par l'Instigateur, cent livres par chacun de ceux qui ont aidé et trois cents livres par le Maître de la Maison là où ils sont gardés.

Article 2

Il est interdit à tous les mulâtres, nègres ou personnes affranchies de même genre d'acheter chez les Commerçants ou les Détaillants, de la poudre ou des projectiles, sans une autorisation du Commandeur qui, à l'avenir, peut être désigné dans ce but, dans son lieu, ce qui indiquera la quantité, Et si quelconque d'entre eux est trouvé sans un pareil permis, le Vendeur et l'Acheteur payeront cinq cents livres, et seront sujets à une punition plus rigoureuse, selon les circonstances.

Article 3

Les Hommes et Femmes du genre susmentionné, s'ils frappent ou donnent un coup à une personne blanche recevront une punition corporelle, selon les circonstances.

Article 4

Il est interdit à tous les Orfèvres et autres d'acheter de tout esclave ou des esclaves, de l'Or ou de l'Argent, vieux ou nouveau, tordu, cassé ou autrement, sous peine de cinq cents livres et plus, selon les circonstances. Et sur la première proposition dudit esclave ou des esclaves, ils doivent être capturés et conduits dans la prison de la ville; et dans la campagne au Capitaine de la Milice afin d'être rapportés immédiatement à la Justice.

Article 5

Tous les mulâtres, nègres ou personnes affranchies de même genre, qu'il s'agisse d'hommes ou de femmes, qui abritent ou cachent un esclave évadé sans laissez-passer du maître, ou qui recèle des biens volés ou les partage d'une manière quelconque seront privés de leur Liberté et Vendus à une vente publique au bénéfice du Roi, sauf pour le tiers du produit net de la vente qui sera remis à l'informateur, les coûts et dommages afférents aux esclaves, fixés à dix livres par jour par esclave, étant déduits de la vente.

Article 6

Aucun Noir ou personne de couleur, de n'importe quelle sorte que ce soit, esclave ou affranchi, ne doit de n'importe quelle façon être autorisé à la pratique de la Médecine ou de la Chirurgie, Ni s'adonner à toutes les concoctions destinées aux malades à la ville comme à la campagne, à la maison comme sur une plantation, sous quel que prétexte que ce soit; même la morsure des serpents toxiques, sous peine de cinq cents livres pour la première fois à l'égard des personnes affranchies, et pour la seconde fois par une punition corporelle, et les esclaves seront condamnés aux Chaînes, et le Maître perdra le prix de sa valeur ou dudit esclave, s'il n'a pas prévenu.

Article 7

Toutes les personnes qui ont connaissance dans leur voisinage ou ailleurs de n'importe quel Noir ou d'autres esclaves reconnus suspectés d'être empoisonneurs ou distributeurs de médicaments doivent être dénoncés auprès du Gouvernement, et le coupable peut être sévèrement puni.

Article 8

Les maîtres d'esclaves, aussi souvent qu'ils croient que les esclaves le méritent, ont le droit de les enchaîner ou de les fouetter, avec des Verges ou des Cordes, mais chaque châtiment ne devant pas excéder vingt-neuf coups de fouet, et pour ne pas disloquer l'un de leurs membres ou les torturer, sous peine de confiscation dudit esclave ou des esclaves, et d'une procédure extraordinaire contre le Maître, excepté dans les causes où est rendue la justice, et que leurs crimes méritent de sévères punitions.

Article 9

Tout esclave, qui frappe une personne blanche ou affranchie, devra être puni physiquement; si c'est son Maître, sa Maîtresse ou leurs enfants, et qu'il s'ensuit n'importe quelle contusion ou effusion de sang, il sera puni de mort.

Article 10

Chaque Maître doit bien nourrir ses esclaves, et donner à chacun d'eux deux costumes en tissus ou quatre verges d'étoffes appropriées, comme ils peuvent le désirer; et les traiter humainement, sous peine d'être poursuivi en justice.

Article 11

Il est interdit à tous les Maîtres d'abandonner leurs esclaves, ou lorsqu'ils sont malades, âgés ou infirmes, ou sont affligés de vagabondage, et si de pareils nègres sont découverts dans une maison ou un domaine de leur Maître, ils doivent être amenés à un certain endroit, où ils seront gardés et nourris aux frais de leur Maître, qui payera trente sous par jour, jusqu'à ce que lesdits esclaves soit rachetés ou décédés.

Article 12

Tous les nègres envoyés à la pêche doivent être munis d'une autorisation écrite de leur Maître; s'ils ont leurs propres bateaux ou ceux de leurs Voisins, les Maîtres qui ne savent pas écrire, auront recours à leurs voisins ou à leurs connaissances afin d'avoir la même autorisation qu'eux; et qu'ils permettent de donner à leurs esclaves.

Article 13

Tous les esclaves capturés avant ou après leur enlèvement à l'aide d'un vaisseau, ou même seulement avec une barque, pour favoriser l'évasion des autres (des Blancs ou des Noirs) seront considérés comme ayant avoir commis le vol et sujets à un châtiment selon des circonstances.

Article 14

Il est interdit à tous les Maîtres de tolérer leurs esclaves dans les Rues ou sur les Routes publiques après Neuf heures la nuit, sans une autorisation contenant le Nom de l'esclave, et ce, de la part de son propriétaire; et si, aucune circonstance urgente ne se produit, il suffira que l'esclave ait une lanterne lorsqu'ils sort de sa maison après Neuf heures.

Article 15

De même, il est interdit à tous les Maîtres de tolérer leurs esclaves à tenir des maisons particulières pour motif de vente ou autrement, sous peine de confiscation de l'esclave ou des esclaves, ou qui que ce soit est trouvé en sa ou leurs possessions, la moitié du produit net sera attribuée au Roi et l'autre moitié à l'Informateur, pour avoir lieu et être en vigueur dans les quatorze jours après la publication des présentes.

Article 16

Aucun Blanc ou aucune personne de Couleur affranchie n'est autorisé à vendre des Marchandises ou faire du commerce dans le Pays, qu'il soit seul ou avec un nègre ou un cheval, à moins qu'Il n'ait obtenu un permis du gouvernement, qu'il ne doit pas manquer de montrer sur sa route et à chaque endroit où il a l'intention de vendre et d'être; s'il manque à cette obligation, les habitants doivent le dénoncer au Capitaine de la Milice du quartier où ils habitent, qui saisira les biens ou marchandises et en rendra compte au Gouvernement; les Marchandises confisquées seront disposées et la moitié du produit net sera attribuée au Roi et l'autre à l'Informateur.

Article 17

Il est interdit à tous les nègres d'une plantation de cueillir du bois, de l'herbe, des fruits et légumes, que ce soit en ville ou à la Campagne, pour ses fins propres ou pour le compte de leur maître, sans autorisation écrite indiquant la sorte et la quantité approximative, sous peine de conf