| La Réunion: une cohabitation harmonieuse entre les religions
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| Religions: le modèle réunionnais
Un dialogue interreligieux exemplaire Marianne Payot Quand une association, regroupant catholiques, musulmans, hindouistes et pentecôtistes, joue la fraternité... la concorde règne sur l'île. Mais chacun de se protéger contre les mauvais esprits comme il l'entend. Tour d'horizon de ce melting-pot cultuel «Nous vivons un moment de grâce dans l'histoire de notre pays, qu'il est de notre devoir de consolider.» Idriss Issop-Banian n'a pas peur des mots. L'harmonie entre les différentes confessions de l'île, il y croit dur comme fer. Comme il croit à l'importance du fait religieux dans la cohésion sociale. Rien d'étonnant à cela: cet ancien instituteur, administrateur de la mosquée de Saint-Paul, est le président de Groupe de dialogue interreligieux, une association regroupant catholiques, musulmans, hindouistes, pentecôtistes. En un temps éclair, celle-ci est devenue un acteur fondamental de la vie publique réunionnaise. Il n'y a pas une cérémonie sans qu'Idriss Issop-Banian soit convié, pas une visite officielle sans que l'association soit représentée. Aucun doute, la Réunion est fière de montrer au reste du monde qu'il se passe, ici, dans l'océan Indien, «quelque chose de fort original». Même le très laïque Paul Vergès, président (PCR) du conseil régional, prend part au contentement général: «Nous sommes tous des descendants d'immigrés. Chacun a intégré les valeurs de l'autre et le sacré demeure un élément de notre identité. Face aux défis à venir, il nous faut rendre exemplaire la société réunionnaise.» Le point d'orgue de cette exemplarité sera, bien sûr, pour le vieux lion de la politique réunionnaise, la future Maison des civilisations. L'équivalent de la pyramide du Louvre pour François Mitterrand. Plus encore que Paul Vergès, Mgr Gilbert Aubry, l'autre dinosaure de la scène réunionnaise, est le véritable maître d'œuvre de la grande solidarité religieuse. Derrière Issop-Banian plane en permanence l'ombre de «l'ami aux trente et une années d'épiscopat», poète et saint-paulois comme lui. «En 1998, année du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, la société réunionnaise a vécu un grand moment de déballage, raconte le président de Groupe de dialogue. Parallèlement à ce retour sur le passé, le désir de bâtir quelque chose pour l'avenir se dessinait. D'où le lancement du Manifeste pour un dialogue spirituel, en 2000, embryon de la future association. Dès septembre 2001, au lendemain d'une grande prière en hommage aux victimes américaines, cette dernière eut les honneurs de la presse. Très vite, lorsque l'islam a été montré du doigt, le Groupe de dialogue s'est investi.» Appelée à désamorcer les conflits, l'association sert également d'outil de communication à l'Eglise catholique. Ainsi, l'évêque ne cesse de donner des gages de sa bonne volonté «antihégémonique», en se déclarant, par exemple, prêt à rétrocéder trois jours fériés aux religions hindouiste et musulmane. Un «don» symbolique (cela pourrait être le lundi de Pâques, le lundi de Pentecôte et le jeudi de l'Ascension) incité par l'importance croissante du fait malbar dans la culture réunionnaise. «Avec le retour aux racines, l'hindouisme est en hausse constante, explique le Dr Krishna Badamia, président d'une fédération regroupant 102 associations et groupements hindous. 40% de la population ont, à un moment ou à un autre de l'année, une pratique hindouiste - ne serait-ce qu'à l'occasion du culte aux ancêtres.» La double pratique, c'est bien ce qui chagrine l'Eglise catholique. «Certains prêtres sont allés jusqu'à stigmatiser l'hindouisme dans leurs prêches, rapporte Advayananda Sarasvati, le swami [moine] du Port, en procédant à un amalgame entre esprit hindou, malgache, et vaudou, et en assimilant le tout au diable.» Confirmation de Mgr Aubry: «Je me suis rendu sur les plateaux de télévision, en compagnie du swami, pour demander pardon en leur nom. Je dis aux prêtres d'être patients, poursuit-il. Mais il est vrai que nous ne devons pas confondre culture zembrocale - du nom de ce plat où chaque aliment garde son goût tout en étant mêlé aux autres - et religion zembrocale. Car il s'agit alors de bouillabaisse.» Tous ont recours à des devineurs. Y compris les politiques Vue du côté de l'hindouisme, philosophie sans dogme et facilement exportable, la double pratique choque beaucoup moins. «Je suis cependant favorable à ce que chacun choisisse sa religion», précise le Dr Badamia. Ce qui, pour le père Lilian Payet, curé de la paroisse de la Délivrance, à Saint-Denis, se traduit par: «Essaie d'être un bon chrétien ou un bon hindou.» Sur la plaine des Cafres, le discours se fait plus inquiet: «La religiosité extrême est souvent liée à un climat de peur, explique le père Antoine Dennemont. On se protège du mauvais esprit.» Ainsi voit-on se perpétuer des croyances liées à des chaînes de prières «magiques» (qu'il ne faut surtout pas briser); ou aux âmes errantes (on laissera une bougie allumée pendant quarante jours après la mort). «Tel est notre défi, affirme le père Dennemont: purifier la religiosité et nous recentrer sur le Christ.» Un combat difficile, voire impossible, aux yeux de Stéphane Nicaise. Ce jésuite anthropologue a longtemps travaillé sur le sujet et mis au jour ce qu'il appelle la «religion créole», spécifique au syncrétisme réunionnais. «L'approche à travers le seul filtre confessionnel est un piège, explique-t-il. Car toutes ces pratiques quotidiennes sont la manifestation la plus visible du métissage réunionnais. Au-delà de l'affirmation d'une appartenance religieuse, forcément exclusive, il y a le vécu, très différent. La référence vitale aux défunts familiaux, par exemple, est partagée par tous. De même, nombre de catholiques continuent d'aller voir un devineur, sorte de psychologue chargé de décrypter les signes afin de savoir si les craintes sont fondées. Ici, toutes les catégories religieuses, même musulmanes, ont recours à des devineurs. Alors, l'évêque fait son boulot, et c'est normal. Reste que tous croient aux esprits.» Tous, y compris les hommes politiques, fort nombreux à aller consulter le sorcier au moment des élections, signale Paul Vergès. Ces allers et retours permanents entre le politique et le sacré, l'Etat et les religions institutionnelles, exaspèrent les francs-maçons de l'île (voir l'encadré ci-dessous) et, plus généralement, les apôtres d'une laïcité totale. Un courroux que Mgr Aubry dit «pouvoir comprendre», poursuivant, un rien patelin: «Ce sont là quelques voix de métropolitains qui ne connaissent pas l'histoire. Je suis preneur d'une laïcité affirmée.» L'esprit religieux n'est pas près de s'éteindre à la Réunion et, avec lui, la coexistence pacifique entre les différents cultes. Pourtant, l'inquiétude pointe ici ou là. «L'harmonie est fragile. Il suffirait d'un rien pour que cela explose», déclare, songeuse, sœur Rosa, provinciale et supérieure de la congrégation de Saint-Joseph-de-Cluny, en évoquant les problèmes non religieux mais sociaux. Là se situe en effet le mal réunionnais. Dans son taux de chômage (autour de 30%) et ses nombreux avatars. |
| colibri33000 a écrit: |
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Les Réunionnais de volcréole peuvent-ils nous donner leur point de vue ou nous faire part de leur témoignage? |
| grand kaf a écrit: |
bonsoir, pour répondre à melle fleur des îles, chez , il ya une expréssion créole qui résume cette harmonie, je pense que tu dois la connaitre fleur des îles.
Lèspri, lo kèr, lo kor, lé la! en un mot: l'esprit pour les ancêtres et dieu, le coeur: pour la réunion et tous les habitants de cette belle île.
et lé la: le mélange de tout cela se nomme la Réunion!
alé n'ar trouv.oubli pa: Dieu est amour. Nous aussi. |
| willou a écrit: | ||
Il est vrai que la Réunion est une île où la religion est très présente. Il y a au moins une église dans chaque commune bien sûr, mais on trouve aussi pas mal de temples tamouls et aussi des moquées avec minaret (2 à St Denis par exemple). Ce qui peut surprendre les visiteurs c'est l'appel à la prière dans les hauts parleurs. Ma famille côté papa est musulmane (avec quelques hindouistes), et côté maman est catholique. Leur mariage (non religieux) n'a posé aucun pb dans aucunes des deux familles. Moi même je suis batisé donc officiellement catholique, même si je suis non pratiquant... Je me rend dans ma famille paternelle sans pb. Ils savent très bien que je ne suis pas musulman. |
| willou a écrit: |
| Les mariages interreligieux ne sont pas si répendues que ça non plus. Les différentes communautés se côtoient sans pb, mais le plus souvent les unions sont faites entres personnes de même religion. |
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| La Réunion est souvent cité comme un exemple de cohabitation harmonieuse entre les religions et un modèle de tolérance.
Les Réunionnais de volcréole peuvent-ils nous donner leur point de vue ou nous faire part de leur témoignage? |
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