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CAPES créole 2002




Accueil » Forum » Langue locale: CAPES créole 2002

Sujet du message: CAPES créole 2002

Auteur: Nina
Date: 12 Avr 2003 17:43
Sujet du message: CAPES créole 2002
Pour répondre à un ancien post de Lolo971 je vous invite à visiter ce lien en particulier rubrique concours pour consulter le rapport du jury du capes créole 2002:http://www.ac-guadeloupe.fr/sptorat.htm


KISS

Auteur: Kimany
Date: 13 Avr 2003 12:41
Sujet du message: CAPES créole 2002
Tu as raison de faire remonter l'information Nina car beaucoup trop de personnes ignorent encore qu'aujourd'hui, le CAPES de créole est enfin d'actualité pour devenir professeur de créole par la suite.

Auteur: 6klôn
Date: 13 Avr 2003 13:49
Sujet du message: CAPES créole 2002
Par simple curiosité , je suis allé sur le site de l'Académie, et j'ai trouvé le document auquel tu fais référence, Nina.

Je suis encore sur le Q !

L'effet d'annonce de la création d'un CAPES créole m'avait vraiment fait plaisir, parce que c'est le créole, parce que c'est peut être la seule branche qui m'aurait intéressé si je m'étais voué à l'enseignement, et parce que j'ai des amis qui ont franchi le cap.

Mésié ! C'est beaucoup plus costaud que je le pensais, et les commentaires sont assez ... comment dire... durs. Et je ne mets pas en doute le Président du Jury. Mais là, y'a du boulot. Le Capes de créole n'est pas juste une épreuve où on va parler créole en public pour obtenir un poste. C'est un vrai concours.

Oui, j'ai l'air de tomber de la lune, parce que je n'avais aucune idée du contenu du concours, qu'il s'agisse de ce Capes ou d'un autre. Et il y a de quoi me réconcilier avec l'éducation, voir même m'intéresser.

Auteur: Kimany
Date: 13 Avr 2003 14:01
Sujet du message: CAPES créole 2002
J'ai halluciné en voyant qu'en option espagnol, les candidats aient planché sur mon programme de cette année: Les nationalismes en Espagne... Fos ba yo!!
Le niveau est vachement haut! Disserter en créole, faut le faire...

Auteur: 6klôn
Date: 13 Avr 2003 14:17
Sujet du message: CAPES créole 2002
exact! ou ceux qui ont pris Créole / Histoire-Géographie !

hallucinant en effet

C'est ce qui m'aurait plu en plus. Apprendre la géo en créole... un vieux rève...

Auteur: Nina
Date: 13 Avr 2003 16:04
Sujet du message: CAPES créole 2002
Merci 6klôn d'avoir fait le lien + direct sur le "document" je savais pas comment faire!!

Eh oui :y pa dous' n'est ce pas Lolo971 et 6klôn

le capes créole comme les autres capes, demande un haut niveau de connaissance et de maitrise de la langue : les traductions avec du vocabulaire de zouk love! ça m'a fait trop

J'espère que tout le monde comprendra que même si c'est notre langue maternelle, ne devient pas prof de créole qui veut: sé bitin (ou bagay ) sérié !


KISS

Auteur: 6klôn
Date: 13 Avr 2003 16:44
Sujet du message: CAPES créole 2002
Mais en finale de compte, ça a donné quoi? Combien ont été reçu?

Je ne m'en sortais plus entre les admissibles, les présents? A quand la 1ère génération de professeurs de créole diplomés?

Auteur: Nina
Date: 13 Avr 2003 16:59
Sujet du message: CAPES créole 2002
Si j'ai bien compris le rapport, sur 131 candidats inscrits:
-8 candidats ont été définitivement admis(avec pour certains 2 de moyenne en géo ) donc sont certainement en poste depuis cette rentrée 2002
-2 sont sur liste complémentaire donc sont en attente d'un désistement ou d'un remplacement (ceux là vont attendre lgtps puisque par définition c'est la 1ère promo du capes)


petite info qui n'apparait pas dans le rapport mais qui m'a été confirmée: les 8 lauréats seraient tous........des martiniquais!


KISS

Auteur: Skydig
Date: 13 Avr 2003 17:28
Sujet du message: CAPES créole 2002
Non c'est faux :
"Le C.A.P.E.S de créole 2001-2002 vient de s'achever:

des 192 candidats initials, 8 candidats ont étés admis (5 réunionnais + 3 antillais) et 2 candidats réunionnais restent sur la liste d'attente."

Sur les 3 antillais(es), 1 ou 2 guadeloupéennes me semble-t-il.

Source : http://www.palli.ch/~kapeskreyol/

Pour avoir tenté de le préparer lors de cette session, je peux vous dire que ce n'était pas simple car le niveau était élevé et on ne savait pas trop où on allait du fait de l'absence d'annales... En plus, être obligé de se taper les sujets du CAPES d'Anglais, Espagnol, Lettres Modernes ou Histoire-Géo en plus de ceux de Créole, c'est une vraie torture ! Bref, ni détwa bagay ki fè man té oblijé kité sa tonbé avan man pasé legzamen an, mé sé kanmarad mwen an ki pasé'y, yo pran fè menm si ni adan ki trapé'y.

Auteur: Kimany
Date: 13 Avr 2003 17:32
Sujet du message: CAPES créole 2002
C'est vrai que ça me semble chaud qu'il y ait des matières en plus ( anglais, espagnol...). Franchement, le CAPES d'espagnol est déjà assez prenant comme ça...Alors, s'il faut en plus le rajouter au créole, c'est trop! La masse de travail que j'ai eu cette année rien que pour les nationalismes...je ne vous dis que ça! Pour mon CAPES, je n'ai eu que de l'espagnol à étudier, rien d'extérieur... Alors, encore une fois, fos ba yo!!

Auteur: Nina
Date: 13 Avr 2003 17:40
Sujet du message: CAPES créole 2002
Skydig a écrit:
Non c'est faux :
"Le C.A.P.E.S de créole 2001-2002 vient de s'achever:

des 192 candidats initials, 8 candidats ont étés admis (5 réunionnais + 3 antillais) et 2 candidats réunionnais restent sur la liste d'attente."

Sur les 3 antillais(es), 1 ou 2 guadeloupéennes me semble-t-il.


Je te fais confiance d'autant plus que toi tu l'a préparé
mais dis moi comment se fait il que la session 2002 se termine maintenant ?
le concours dure une année ?




KISS

Auteur: Kimany
Date: 13 Avr 2003 17:44
Sujet du message: CAPES créole 2002
Moi, j'ai passé les écrits en mars. A la rentrée ( fin Avril), je préparerai l'oral ( en cas d'admissibilité). J'ai donc fini avec les écrits. Normalement, pour tous les CAPES, c'est le même processus.

Auteur: Nina
Date: 13 Avr 2003 17:55
Sujet du message: CAPES créole 2002
ok j'ai compris Lolo971
Skydig faisait une citation d'après le site......
donc effectivement le capes créole se déroule comme tous les autres capes... (mars/avril et juin)

KISS

Auteur: foxybrown70
Date: 14 Avr 2003 12:46
Sujet du message: CAPES créole 2002
SA ka fet!


Skydig a écrit:
Non c'est faux :
"Le C.A.P.E.S de créole 2001-2002 vient de s'achever:

des 192 candidats initials, 8 candidats ont étés admis (5 réunionnais + 3 antillais) et 2 candidats réunionnais restent sur la liste d'attente."

Sur les 3 antillais(es), 1 ou 2 guadeloupéennes me semble-t-il.

Source : http://www.palli.ch/~kapeskreyol/




Moi j'ai entendu dire que la première édition du Capes créole c'était un peu le binz, mais c'est un peu normal non? En revanche, beaucoup ont contesté la composition du jury composé majoritairement de réunionnais...Certains auraient souhaité un capes plus régionalisé et pourquoi pas un capes créole martiniquais, guadeloupéen...ect.

Mais au fait, un professeur de créole enseigne à quel niveau? Perso, moi je pense que l'on devrait retrouver l'enseignement du créole dans le secondaire (collège + lycée) en option facultative. En primaire, les prof des écoles pourraient très bien assurer cet enseignement (mais ça fait du boulot supp) ou des intervenants extérieurs (étudiants en créole)...


Foxybrown70

Auteur: Kimany
Date: 14 Avr 2003 13:07
Sujet du message: CAPES créole 2002
Oui, il me semble que le démarrage n'était pas génial selon les échos...J'ai discuté avec une fille qui voulait préparer le concours et qui trouvait ça anormal que les oraux se déroulent en France. Mais bon, c'est pareil pour tous les candidats toutes catégories confondues...

Sinon, il y a des écoles qui initient très tôt les enfants aux langues étrangères ( anglais, espagnol...) alors pourquoi pas au créole? Reste à savoir si les parents seraient d'accord... En revanche, ce serait une bonne idée de proposer le créole au collège et au lycée.

Auteur: Skydig
Date: 14 Avr 2003 13:51
Sujet du message: CAPES créole 2002
Pour l'instant, l'enseignement de LCR (Langue et Culture Régionales) se déroule au lycée en option facultative. Depuis peu, les professeurs des écoles peuvent aussi se spécialiser lors de la préparation de leur concours et ainsi enseigner la culture régionale au primaire.

Auteur: Kimany
Date: 14 Avr 2003 13:56
Sujet du message: CAPES créole 2002
Cette option était disponible aussi en licence d'espagnol sur le campus de Schoelcher quand j'y étais.

Auteur: Nina
Date: 14 Avr 2003 15:26
Sujet du message: CAPES créole 2002
foxybrown70 a écrit:

Mais au fait, un professeur de créole enseigne à quel niveau? Perso, moi je pense que l'on devrait retrouver l'enseignement du créole dans le secondaire (collège + lycée) en option facultative.


En l'occurence puisqu'il s'agit d'un capes (Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement du Second degré) les profs de créole enseignent au niveau collège et lycée, c'est l'option LCR dont parle Skydig.......souvent assurée jusqu'à maintenant par un prof de langue car le capes créole n'existait pas...


foxybrown70 a écrit:

En primaire, les prof des écoles pourraient très bien assurer cet enseignement (mais ça fait du boulot supp) ou des intervenants extérieurs (étudiants en créole)...


Ils le font déjà depuis lgtps mais ce n'était pas officiel: tout dépendait de l'école, de la motivation des profs des écoles......
je rappelle que les profs des écoles ont une épreuve facultative de créole à leur concours.....qu'ils choisissent en général pour augmenter leurs chances


KISS

Auteur: 6klôn
Date: 14 Avr 2003 19:19
Sujet du message: CAPES créole 2002
Mais alors, si je comprends bien, il n'est pas question d'enseigner EN créole, mais d'enseigner LE créole?

La question du créole au primaire aussi, ça me chagrine. C'est direct collège et lycée en tant que langue, mais est-ce en tant que langue étrangère? langue morte? langue régionale?

Si on enseigne le créole en tant que langue, pourquoi y a-t-il des options anglais, espagnol ou histoire géographie?

Voilà, ma vocation pour l'éducation disparait d'un coup. pfffft envolée

Auteur: Skydig
Date: 14 Avr 2003 20:27
Sujet du message: CAPES créole 2002
Eh non, justement ! Quand tu entres à l'école élémentaire, tu sais déjà parler le français non ? (enfin + ou -) Eh bien ça ne t'empêche pas de faire du français jusqu'à...l'université si tu veux.
Le but de l'enseignement des langues et cultures régionales ce n'est ni de faire n'importe quelle matière en Créole (imagine un cours de maths en créole ), ni d'apprendre aux gens à parler (ce que bcp savent déjà faire plus ou moins) mais bien d'aller là où la pratique régulière de la langue ne nous emmènera jamais :
- traductions
- dissertations (en créole)
- littérature
- histoire/civilisation des aires créolophones
- grammaire et orthographe créole (ça c'est pour écrire !)
- etc.

Comme quoi le sujet est vaste et ne se réduit pas à ce que la plupart des gens ont à l'esprit quand on parle d'enseigner le créole à l'école...

Auteur: 6klôn
Date: 14 Avr 2003 23:54
Sujet du message: CAPES créole 2002
Tu sais, ça semble te choquer, mais il n'y a rien de compliqué dans un cours de maths ou d'économie si tu le fais en créole, en chinois, en swahili, en anglais ou en français.

Je comprends que quelqu'un qui a été francophone depuis son apprentissage de la langue puisse avoir une certaine réticence à accepter qu'une matière puisse être enseignée dans une autre langue. J'en étais convaincu, jusqu'à ce que j'apprenne autre chose que de l'anglais dans un pays anglophone. La pédagogie est la même, la méthodologie peut être la même, les supports peuvent être les mêmes. Le tout est une question de vocabulaire.

Je ne vais pas rebondir sur l'apprentissage à l'élémentaire du français... même si ça m'a fait bondir... Mais sans expérience de l'éducation, je crois que le cursus scolaire de la maternelle à l'université n'est que l'amélioration plus ou moins lente d'un langage, de telle manière qu'on passe d'un oral rudimentaire à un écrit très riche.

Sa pé pa fèt an kréyôl?

Auteur: Skydig
Date: 15 Avr 2003 00:25
Sujet du message: CAPES créole 2002
Ce que tu m'as dit là ne me choque pas du tout, peu importe mes origines. Pour ce qui est de l'enseignement des maths en créole (par exemple), je faisais évidemment référence à l'absence de vocabulaire spécifique en créole. Je ne vois donc pas trop quel en serait l'intérêt (du point de vue efficacité) dans l'état actuel des choses ?
Pour info, à l'Université, tous nos cours de langue et culture régionales étaient dispensés en français pour cause de "non équipement lexical" du créole. Nou pa té ka chèché bab ba ko nou !


Citation:
Je ne vais pas rebondir sur l'apprentissage à l'élémentaire du français... même si ça m'a fait bondir... Mais sans expérience de l'éducation, je crois que le cursus scolaire de la maternelle à l'université n'est que l'amélioration plus ou moins lente d'un langage, de telle manière qu'on passe d'un oral rudimentaire à un écrit très riche.

Sa pé pa fèt an kréyôl?


C'est exactement le but recherché par l'enseignement de LCR à quelque niveau que ce soit ! Nous sommes donc entièrement d'accord sur ce point !

Auteur: 6klôn
Date: 16 Avr 2003 00:22
Sujet du message: CAPES créole 2002
Sauf erreur, tu fais partie des cobayes qui ont passé le Capès 2002. Chapeau! Je pense que c'est à toi, ainsi qu'à tous ceux qui ont osé passer le 1er Capes, ceux qui étudient le créole, ceux qui font un travail de linguistique, de recherche, d'enrichir le créole, même pour les maths, l'économie, la physique, la macro-biologie, etc...

Toutes les langues sont passées par là, le français y compris. Ca ne fait que peu de temps que le créole est reconnu en tant que langue. C'est aux universitaires de travailler à l'apparition de néologismes. Comme le français.

Ainsi on pourra parler de mots comme "ipoténiz", "faktowyèl", "chif pwèmié". Et là je l'ai fait phonétiquement....
Les vrais linguistes du créole peuvent peaufiner ce travail là. J'ai vu, il y a quelques années, un créolophile guadeloupéen, Danik Zandwonis, expliquer comment la traduction du mot "magnétophone" pouvait se construire à partir d'une éthymologie faite de toute pièce.
Ca donnait:

Magnétophone: un appareil qui sert à enregistrer le son. Enregistrer le son, c'est le prendre. Par déduction, un magnétophone se dit "on kenbè d'son", du verbe kenbé=prendre, tenir.

Moi j'avais trouvé ça génial. Un mot un peu barbare, mais bon, l'originalité de la recherche montre que c'est tout à fait possible.

Auteur: Kimany
Date: 16 Avr 2003 00:27
Sujet du message: CAPES créole 2002
Oui, la traduction du mot magnétophone est imagée et logique, rien à redire!

Auteur: 6klôn
Date: 16 Avr 2003 00:36
Sujet du message: CAPES créole 2002
J'ai appris récemment que quelqu'un traduisait le dictionnaire de Word en créole... preuve qu'on peut tout faire

Auteur: Kimany
Date: 16 Avr 2003 00:39
Sujet du message: CAPES créole 2002
Pourquoi après tout? A partir du moment où on maîtrise le créole, on peut tout traduire...

Auteur: Kimany
Date: 16 Avr 2003 12:24
Sujet du message: CAPES créole 2002
lolo971 a écrit:
Pourquoi après tout? A partir du moment où on maîtrise le créole, on peut tout traduire...


Pourquoi pas, j'ai oublié le "pas". Sinon, ça change un peu la phrase...

Auteur: 6klôn
Date: 16 Avr 2003 15:02
Sujet du message: CAPES créole 2002
Oui, effectivement. La phrase reprend tout son sens

Auteur: Kimany
Date: 09 Juin 2003 07:58
Sujet du message: CAPES créole 2002
Voici les résultats d'admissibilité ( pour aller à l'oral) du CAPES de créole 2003:

Guadeloupe: 2

Martinique: 6

La Réunion: 7

Paris: 1


Au total, 16 admissibles.

Malheureusement, je ne connaîs le nombre d'inscrits au concours. Si quelqu'un pouvait me venir en aide...

Auteur: Lapine Killah
Date: 09 Juin 2003 13:22
Sujet du message: CAPES créole 2002
Je savais que j'avais un niveau médiocre en créole mais après lecture des traductions je me dis que c'est pire que médiocre !

Auteur: 6klôn
Date: 12 Juin 2003 00:53
Sujet du message: CAPES créole 2002
Bon je crois qu'un stage intensif de créole s'impose

Auteur: Prune Osée
Date: 12 Juin 2003 22:17
Sujet du message: CAPES créole 2002
6klôn a écrit:
J'ai appris récemment que quelqu'un traduisait le dictionnaire de Word en créole...


Ah oui ? Ki cé ? Tu peux citer tes sources ?

Moi qui voulait écrire à Bill Gates , cé trop tard, alors ! Hé bé tant mieux !

Prune

Auteur: Kimany
Date: 14 Fév 2004 09:04
Sujet du message: CAPES créole 2002
Je suis tombée sur cet article concernant un détracteur du GEREC...


Chaudenson contre le GEREC-F


Au cours de la troisième semaine de décembre dernier, Robert Chaudenson, professeur à l’Université d’Aix-en-Provence et spécialiste du créole réunionnais, est venu à la Martinique à l’invitation de l’IUFM-Martinique où il a dispensé des cours. Son passage a connu une importante couverture médiatique qui a culminé dans l’émission « LE CLUB » d’ATV au cours de laquelle il s’en est pris violemment au GEREC-F en général et à Raphaël Confiant en particulier. Nous avons demandé à ce dernier de réagir…

La suite ici:

http://www.palli.ch/~kapeskreyol/articles/contregerec.htm

A croire que ça dérange certaines personnes qu'on puisse s'émanciper ne serait-ce que culturellement!

Auteur: Anacaona
Date: 14 Fév 2004 14:43
Sujet du message: CAPES créole 2002
lolo971 a écrit:
Je suis tombée sur cet article concernant un détracteur du GEREC...

Chaudenson contre le GEREC-F

...A croire que ça dérange certaines personnes qu'on puisse s'émanciper ne serait-ce que culturellement!


C'est plus compliqué que cela, mon chou !

Si vous pouvez vous procurez la K7 vidéo d'ATV, vous ne manquerez pas de douter de l'identité de ceux qui détractent véritablement les créoles, et surtout vous prendrez conscience qu'entre émancipation et enfermement il n'y a que le pas de la manipulation et de la malhonnêteté intellectuelle.

Mr Chaudenson précise entre autres dans ce Club ATV :
- que Raphaël pratique l'invective plus que la polémique et le débat scientifique,
- et que sa thèse est nulle ou médiocre. (c'est vrai qu'il a fait fort, mais il y avait des antécédents que vous ignorez )

La suite de ce triste feuilleton, c'est que fou de rage, Raphaël C. s'en est pris à ceux de ses compatriotes qui ont invité le Pr Chaudenson en Martinique ; il aurait invectivé tous ceux qu'il pouvait, y compris ses anciens partenaires du "Comité" aujourd'hui dissout. Cett dissolution fait suite à la plainte pour diffammation dont ils font l'objet à cause des manques de respect de Raphaël ; et c'est la seconde fois. La première fois, il l'avait fait dans un journal, Caribel ou Karibel, qui avait du payer l'amende à sa place, car il avait perdu le procès.

Un article est même sorti il y a une ou deux semaines dans France-Antilles, pour lancer un appel à la démocratisation du débat littéraire : respect pour le droit d'avoir un avis différent de celui des "dictateurs" du Gerec. Il a été signé par de nombreuses personnalités locales, qui apprécient de moins en moins la tyrannie d'une pensée unique sur le créole...

Il y a de sérieux doutes sur l'avenir des premières promotions du Capes créole. Auront-ils de quoi enseigner à temps plein dans un pays créolophone ? En fait, là où le public et les élèves auraient été grugés, c'est que l'âpreté du débat n'a jamais porté sur le désir ou le refus de créer ce CAPES (ce qui était plus simpliste à présenter, donc plus médiatique... ), mais sur la qualité de ce CAPES :

- Reconnaître plusieurs créoles au lieu de les mettre tous dans le même panier, surtout qu'ils n'ont pas tous les mêmes origines, que les compréhensions réciproques sont parfois impossibles et que la diversité est source de richesse ;

- par contre l'homogénéisation risque de faire disparaître les particularités culturelles par la domination d'un système sur les autres.

Il y avait encore plus de points qui méritaient d'être travaillés ; mais comme tout ce qui demande un peu d'efforts et de travail sérieux, il a été plus facile d'emporter l'adhésion de ceux qui étaient trop pressés de rechercher la notoriété aux dépends de générations d'étudiant(e)s...

Auteur: Kimany
Date: 14 Fév 2004 15:01
Sujet du message: CAPES créole 2002
anacaona a écrit:
Un article est même sorti il y a une ou deux semaines dans France-Antilles, pour lancer un appel à la démocratisation du débat littéraire : respect pour le droit d'avoir un avis différent de celui des "dictateurs" du Gerec. Il a été signé par de nombreuses personnalités locales, qui apprécient de moins en moins la tyrannie d'une pensée unique sur le créole...


Donc en gros, Confiant a mal supporté qu'on s'oppose à lui c'est ça? C'est lui qui mène au Gerec et tout le monde doit penser comme lui? Dans ce cas ça change tout en effet. En tout cas, merci pour tes explications!

Auteur: weshcsamem
Date: 18 Fév 2004 10:36
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
lolo971 a écrit:
Je suis tombée sur cet article concernant un détracteur du GEREC...

Chaudenson contre le GEREC-F

...A croire que ça dérange certaines personnes qu'on puisse s'émanciper ne serait-ce que culturellement!


C'est plus compliqué que cela, mon chou !

Si vous pouvez vous procurez la K7 vidéo d'ATV, vous ne manquerez pas de douter de l'identité de ceux qui détractent véritablement les créoles, et surtout vous prendrez conscience qu'entre émancipation et enfermement il n'y a que le pas de la manipulation et de la malhonnêteté intellectuelle.

Mr Chaudenson précise entre autres dans ce Club ATV :
- que Raphaël pratique l'invective plus que la polémique et le débat scientifique,
- et que sa thèse est nulle ou médiocre. (c'est vrai qu'il a fait fort, mais il y avait des antécédents que vous ignorez )

La suite de ce triste feuilleton, c'est que fou de rage, Raphaël C. s'en est pris à ceux de ses compatriotes qui ont invité le Pr Chaudenson en Martinique ; il aurait invectivé tous ceux qu'il pouvait, y compris ses anciens partenaires du "Comité" aujourd'hui dissout. Cett dissolution fait suite à la plainte pour diffammation dont ils font l'objet à cause des manques de respect de Raphaël ; et c'est la seconde fois. La première fois, il l'avait fait dans un journal, Caribel ou Karibel, qui avait du payer l'amende à sa place, car il avait perdu le procès.

Un article est même sorti il y a une ou deux semaines dans France-Antilles, pour lancer un appel à la démocratisation du débat littéraire : respect pour le droit d'avoir un avis différent de celui des "dictateurs" du Gerec. Il a été signé par de nombreuses personnalités locales, qui apprécient de moins en moins la tyrannie d'une pensée unique sur le créole...

Il y a de sérieux doutes sur l'avenir des premières promotions du Capes créole. Auront-ils de quoi enseigner à temps plein dans un pays créolophone ? En fait, là où le public et les élèves auraient été grugés, c'est que l'âpreté du débat n'a jamais porté sur le désir ou le refus de créer ce CAPES (ce qui était plus simpliste à présenter, donc plus médiatique... ), mais sur la qualité de ce CAPES :

- Reconnaître plusieurs créoles au lieu de les mettre tous dans le même panier, surtout qu'ils n'ont pas tous les mêmes origines, que les compréhensions réciproques sont parfois impossibles et que la diversité est source de richesse ;

- par contre l'homogénéisation risque de faire disparaître les particularités culturelles par la domination d'un système sur les autres.

Il y avait encore plus de points qui méritaient d'être travaillés ; mais comme tout ce qui demande un peu d'efforts et de travail sérieux, il a été plus facile d'emporter l'adhésion de ceux qui étaient trop pressés de rechercher la notoriété aux dépends de générations d'étudiant(e)s...

Je viens de découvrir ce sujet et je l'ai relu dans son intégralité et j'aimerais m'attarder sur la polémique entre R. Confiant et le professeur Chaudenson.
A la vue de l'article de Confiant et de ce que dit Anacaona, il semble qu'il y ait un contentieux existant entre ces deux personnalités.
Mais je ne suis pa totalement d'accord avec ce que tu dis. De toute évidence il faut reconnaître les mérites du Gerec F, qui depuis un certain nombre d'années mène des recherches pour une formalisation du créole en tant que langue. De toute façon, il faut se dire que c'ets un travail d'autant plus difficile, que cette langue a toujours été combattue ou dévalorisée et que les traces historiques sont rares. Dès lors cela ne peut conduire qu'à une fouille détaillée du patrimoine, ce qui nécessite du temps et dc l'impression d'une non-productivité des travaux du Gerec F.
A mon avis, la polémique née entre ces messieurs estplus un problème de personne qu'autre chose (yo dwet pa sa wè tet yo) et les deux ont à la fois tort et raison dans leur argumentation. Sachant qu'il ne faut pas oublier que la mentalité antillo-guyanaise et celle de la Réunion sont très différentes. En plus, le créole réunionais n'a ksiment rien à voir avec le nôtre.
Concernant "l'appel des personnalités", j'aimerais savoir de ki il s'agit car il est facile de s'abriter derrière le couvert de l'anonymat; s'il s'agit de Messieurs Felix-Prudent, Moutou etc., je ne vois pas en quoi on peut les considérer comme des intellectuels vus que ces messieurs n'ont rien montré de concret ou prouvé quoi que ce soit. Je me souviens que M. Felix-Prudent avait une chronique sur RCI Martinique, lorske j'étais toujours là-bas, et j'avoue que ces propos moralistes et donneur de leçon m'avaient surpris puiskil sortait de je ne sais où et se permettait de nous donner d leçons. Cependant, je suis d'accord avec l'idée qu'un deuxième groupe d'étude pourrait être une bonn eidée dans la mesure où l'on pourrait confronté les idées et les recherches de chacun et aboutir à une langue plus ou moins neutre.
Après pour ce qui est de la diversité des créoles et de la séparation des études, cela relève plus d'une démarche et d'une réflexion. C kler ka priori, au vu de la diversité des créoles à travers le monde, cela serait une bonne chose mais aprè, il faut savoir ce que l'on veut en faire après et si on veut ou pas établir des passerelles entre les différents créoles.
Il est vrai que M. Confiant possède une très forte personnalité et ke ces propos sont assez souvent contestables, mais je ne prendrais pa les dires de M Chaudenson pour d paroles d'Evangile (kom on dit ché nou) car aux Antilles/Guyane, nous ne sommes pas o courant de ce qui est fait à la Réunion au sujet du créole et nous ne savons pas quels sont les rapports de force. Et de ce point de vue, les membres du Gerec sont mieux placés que nous, étant donné qu'ils essaient de faire avancer les différents créoles.
En résumé, cette querelle montre justement que le créole est une langue bien vivante et c'est justement le contraire qui aurait pu faire penser le contraire. L'essentiel c ki fok nou fè vanssé lang nou an pou nou pé ay pli wo!!
J-Yves

Auteur: Anacaona
Date: 18 Fév 2004 22:17
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
...polémique entre R. Confiant et le professeur Chaudenson...contentieux existant entre ces deux personnalités...un problème de personne qu'autre chose (yo dwet pa sa wè tet yo) et les deux ont à la fois tort et raison dans leur argumentation. ...Il est vrai que M. Confiant possède une très forte personnalité et ke ces propos sont assez souvent contestables, mais je ne prendrais pa les dires de M Chaudenson pour d paroles d'Evangile


La querelle de personnes est une évidence pour tout le monde... Bien que les hommes ne soient... que des hommes, il est déplorable que sur un sujet aussi complexe, les échanges médiatisés ne soient pas qu'informatifs ou pédagogiques. Cela nuit à la compréhension par le grand public qui, lui, s'est approprié une autre problématique polémique, celle du créole à l'école...

weshcsamem a écrit:
...c'ets un travail d'autant plus difficile, que cette langue a toujours été combattue ou dévalorisée et que les traces historiques sont rares....et dc l'impression d'une non-productivité des travaux du Gerec F.


Le travail du Gerec n'a jamais été remis en cause sur le plan quantitatif, ni son existence non plus d'ailleurs. Par contre, sur la manière de conduire des travaux, justement aussi difficiles, les avis divergent ; et le reproche qui est fait à certains des "leaders", c'est de considérer qu'ils sont les seuls à détenir la Vérité (de part leurs fonctions, leurs prix, etc.) et de manquer de l'humilité nécessaire pour intégrer des critiques constructives ou simplement des avis différents de personnes qui aiment profondémment le créole et qui, justement pour cette raison, sont soucieux de ce que ce travail soit bien fait.

weshcsamem a écrit:
...Concernant "l'appel des personnalités", j'aimerais savoir de ki il s'agit car il est facile de s'abriter derrière le couvert de l'anonymat; ...L'essentiel c ki fok nou fè vanssé lang nou an pou nou pé ay pli wo!!...les membres du Gerec sont mieux placés que nous, étant donné qu'ils essaient de faire avancer les différents créoles... cette querelle montre justement que le créole est une langue bien vivante et c'est justement le contraire qui aurait pu faire penser le contraire.


Les noms des signataires sont publiés dans le journal. Ils ne se cachent pas. Ils ont fait entendre leur voix seulement pour lancer un appel au calme, attristés de voir un enjeu aussi important à leurs yeux, souillé par des égos surdimensionnés. Justement, ce faisant, ils ne mettent personne sur un piédestal : Tout' moun' cé Moun' !" Le fait que certains aient des postes en Université impressionne ceux qui accordent une importance excessive au statut social. Mais ces querelles, auxquels d'autres membres ou sympathisants prennent parti, prouvent qu'ils ne sont pas des dieux et qu'ils peuvent faire des erreurs y compris dans leur travail.

weshcsamem a écrit:
... je suis d'accord avec l'idée qu'un deuxième groupe d'étude pourrait être une bonn eidée dans la mesure où l'on pourrait confronté les idées et les recherches de chacun et aboutir à une langue plus ou moins neutre...Après pour ce qui est de la diversité des créoles et de la séparation des études, cela relève plus d'une démarche et d'une réflexion. C kler ka priori, au vu de la diversité des créoles à travers le monde, cela serait une bonne chose mais aprè, ...établir des passerelles entre les différents créoles. J-Yves


Un des points d'achoppement est le suivant (tu pourras méditer là-dessus si cela te dis !) :

Aucune langue a ce jour dans le monde, n'a été ou n'est créée artificiellement ; sauf... le créole. Cela ne s'est jamais vu. Des mots inventés de toutes pièces comme "mounté" pour dire "humanité", sont intégrés comme faisant parti de notre langue. Or nulle part sur la terre, ces mots ne sont utilisés, et il n'est pas certain qu'ils le soient un jour. En tant que créolophones, certain(e)s peuvent se sentir trahis, car leur langue, et donc leur culture, n'est pas respectée fidèlement. Mais ils leur est répondu qu'ils ne sont pas universitaires (la "plèbe" donc), et que par conséquent ils n'ont rien à dire.

Une telle démarche signifie également que ceux qui travaillent sur notre langue auraient une vision dévalorisée de celle-ci (C'est d'ailleurs une valeur qui avait été inculquée à Raphael dans son enfance - et à nombre de ses sympathisants issus du même milieu-, fils d'institutrice, et à qui il était interdit de parler créole...), en la considérant si pauvre en vocabulaire à côté d'autres langues "reines ?" qu'il serait absolumment indispensable d'inventer des mots qui n'existent pas réellement.

Personnellement, il y a quelque chose qui m'attriste beaucoup ; c'est que l'aspect immatériel du créole soit insuffisamment étudié. Il s'agit de l'âme créole, la poésie créole, pas seulement la survivance de ses origines africaines animistes, mais ses développements à travers le recours quasi-systématique à la métaphore qui sont la véritable complémentation du nombre de mots disponibles. C'est à la fois très subtil et essentiel. Comme tout dans l'éducation, cette âme se forme en nous par des stimulis que nous intégrons au stade de la petite enfance, comme un parfun de chocolat pain-au-beurre ou l'odeur des bois ti-baume pendant le carême. Cela fait toute la différence entre une traduction littérale mot à mot, et une émotion qui va au-delà de l'humour ou autre, et qui crée un véritable sentiment d'appartenance à une communauté. J'éprouve toujours un immense plaisir à écouter ou à lire le créole guadeloupéen, car j'y retrouve cette même âme avec des expressions verbales inattendues...

Si cela n'est pas pris en compte, je crains que le travail de désagrégation des peuples créolophones que nous aurions pu former, et entamé par nos véritables "ennemis", finisse par être totalement achevé.

[/quote]

Auteur: weshcsamem
Date: 19 Fév 2004 12:52
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
weshcsamem a écrit:
... je suis d'accord avec l'idée qu'un deuxième groupe d'étude pourrait être une bonn eidée dans la mesure où l'on pourrait confronté les idées et les recherches de chacun et aboutir à une langue plus ou moins neutre...Après pour ce qui est de la diversité des créoles et de la séparation des études, cela relève plus d'une démarche et d'une réflexion. C kler ka priori, au vu de la diversité des créoles à travers le monde, cela serait une bonne chose mais aprè, ...établir des passerelles entre les différents créoles. J-Yves


Un des points d'achoppement est le suivant (tu pourras méditer là-dessus si cela te dis !) :

Aucune langue a ce jour dans le monde, n'a été ou n'est créée artificiellement ; sauf... le créole. Cela ne s'est jamais vu. Des mots inventés de toutes pièces comme "mounté" pour dire "humanité", sont intégrés comme faisant parti de notre langue. Or nulle part sur la terre, ces mots ne sont utilisés, et il n'est pas certain qu'ils le soient un jour. En tant que créolophones, certain(e)s peuvent se sentir trahis, car leur langue, et donc leur culture, n'est pas respectée fidèlement. Mais ils leur est répondu qu'ils ne sont pas universitaires (la "plèbe" donc), et que par conséquent ils n'ont rien à dire.

Bon c vrai ke s'il ya exclusion ce n'est pas normal, car on a le droit de donner son opinion. Mais je te dirais que l'on a besoin d'un créole théorique(si tu préfères, soutenu) et d'un créole familier. Le fait de construire des mots nouveaux et d'en inventer est commun à toutes les langues vivantes. Il s'invente de nouveau mots en Français. Après libre à nous de les utiliser ou pas , kan bien mem certains voudraient s'en approprier certains droits
Anacaona a écrit:

Une telle démarche signifie également que ceux qui travaillent sur notre langue auraient une vision dévalorisée de celle-ci (C'est d'ailleurs une valeur qui avait été inculquée à Raphael dans son enfance - et à nombre de ses sympathisants issus du même milieu-, fils d'institutrice, et à qui il était interdit de parler créole...), en la considérant si pauvre en vocabulaire à côté d'autres langues "reines ?" qu'il serait absolumment indispensable d'inventer des mots qui n'existent pas réellement.

Personnellement, il y a quelque chose qui m'attriste beaucoup ; c'est que l'aspect immatériel du créole soit insuffisamment étudié. Il s'agit de l'âme créole, la poésie créole, pas seulement la survivance de ses origines africaines animistes, mais ses développements à travers le recours quasi-systématique à la métaphore qui sont la véritable complémentation du nombre de mots disponibles. C'est à la fois très subtil et essentiel. Comme tout dans l'éducation, cette âme se forme en nous par des stimulis que nous intégrons au stade de la petite enfance, comme un parfun de chocolat pain-au-beurre ou l'odeur des bois ti-baume pendant le carême. Cela fait toute la différence entre une traduction littérale mot à mot, et une émotion qui va au-delà de l'humour ou autre, et qui crée un véritable sentiment d'appartenance à une communauté. J'éprouve toujours un immense plaisir à écouter ou à lire le créole guadeloupéen, car j'y retrouve cette même âme avec des expressions verbales inattendues...

Si cela n'est pas pris en compte, je crains que le travail de désagrégation des peuples créolophones que nous aurions pu former, et entamé par nos véritables "ennemis", finisse par être totalement achevé.


Justement ce ke g t dit plu haut me permet de rebondir sur ta peur de la disparition de l'âme et de l'esprit créole. Si nousn'acceptons pas les mots soutenus ou théoriques qui nous osnt proposés, rien ne nous empêche d'élaborer des expressions ou des métaphores pour les remplacer. Prenons un exemple avec le Français avec le terme couriel.C'est un mot créé de toute pièce mais qui n'est pas encore adopté par tous. C pareil pour le créole. Une fois ke le théorique sera définitivement établi (sil ne lest djà) et ke tout le monde aura accès aux dictionnaires, on sera obligé de tenir compte de l'évolutioncomme c'est le cas pour la langue française.
A mon avis, notre langue n'est pas forcément montée de tte pièce, puiskil ya des bases qui existaient djà.C vrai que l'évolution de la langue française(notre deuxième ou première langue, là n'est pas le dbat) va nous amener fatalement à essayer de trouver des équivalents. Après c'est le peuple (la plèbe kom tu dis) ki va faire son choix. De toute façon, vu que, pendant longtemps et c'est encore le cas, le créole a été combattu et dévalorisé, on est obligé de le construire ou le reconstruire. Mé justement moi ce ke japprécie c le fait kil yait dbat autour du créole, alors qu'auparavant on en parlait pas kom siil n'existait pa.C'est signe qu'il estplus que jamais vivant.

Auteur: Anacaona
Date: 19 Fév 2004 14:18
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
...on a besoin d'un créole théorique(si tu préfères, soutenu) et d'un créole familier. Le fait de construire des mots nouveaux et d'en inventer est commun à toutes les langues vivantes. Il s'invente de nouveau mots en Français.

Je ne suis pas certaine que la genèse soit la même. Il me semble que les mots créés en français sont le fait des peuples francophones (donc y compris par nous également créolophones) que ce soit le fait de néologismes attribués à des poètes ou par Mr tout le monde, qui plus d'une fois sur deux, est une jeune personne.
Par ailleurs, les racines des mots "savants" français viennent des langues mortes desquelles est issu le français ou du vieux français. Compte tenu de la jeunesse de nos langues créoles, je crois que c'est une réaction de peur qui pousse beaucoup à croire qu'il est nécessaire d'aller plus vite que la musique : Tro préssé pa ka fè jou ouvè (je n'ai pas encore totalement adhéré à l'écriture Gerec ). "Limanité'a" me semble une intégration plus fidèle à la formation spontanée des mots en créole. L'ignorer, à mon humble avis, c'est faire fi des mécanismes naturels sous-jacents à l'expression de notre langue. Dans quelques siècles, je ne doute pas qu'une transformation se sera opérée. L'important c'est de continuer à pratiquer le créole pour qu'il évolue et s'étoffe...

weshcsamem a écrit:
...Prenons un exemple avec le Français avec le terme couriel.C'est un mot créé de toute pièce mais qui n'est pas encore adopté par tous. C pareil pour le créole. Une fois ke le théorique sera définitivement établi (sil ne lest djà) et ke tout le monde aura accès aux dictionnaires, on sera obligé de tenir compte de l'évolutioncomme c'est le cas pour la langue française.

La tentation est grande de jouer les créateurs ; mais comme pour l'art, seul le Génie est créateur, les autres ne sont que des techniciens aussi expérimentés soient-ils. Le français est dans une lutte, louable certes, avec une langue qui, globalement, n'a pas de parenté avec elle : l'anglais. Mais l'exemple de courriel montre que le pointillisme sur la langue, a conduit à un manque d'efficacité. Mail supplantera toujours courriel qui demande 3 fois plus d'efforts de prononciation. Personnellement, j'ai créé et j'utilise avec mes amis Cél, C.él ou C.él. à la place d'E.mail. La concurrence aurait été plus rude pour l'anglais avec ce type de mot à une seule syllabe... Pour le créole, ce n'est pas seulement une question de nombre de syllabes, c'est aussi une question de reconnaissance de soi dans le mot pour permettre son appropriation...

Auteur: weshcsamem
Date: 20 Fév 2004 13:16
Sujet du message: CAPES créole 2002
Tu as raisoncar tout est à créer. Cependant g pense kil vo mieux avoir d bases établies pour le créole(concrètement) et puis o fu et a mesure on pourra faire évoluer les mots et les concepts.

Auteur: Anacaona
Date: 20 Fév 2004 15:05
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
... Cependant g pense kil vo mieux avoir d bases établies pour le créole(concrètement) et puis o fu et a mesure on pourra faire évoluer les mots et les concepts.

En fait, nous sommes d'accord sur ce point. La "théorisation" de la langue qui, dans le cas qui nous préoccupe, est surtout une "rationnalisation" des mécanismes de formation, est une démarche indispensable.

En effet, elle intègre la compréhension de ces mécanismes et par là-même, il sera possible, sinon d'anticiper, mais au moins d'en extraire un outil supplémentaire pour assoir les fondements de nos cultures créoles respectives. D'où la nécessité de sauvegarder l'authenticité de chacune d'elles...

Auteur: weshcsamem
Date: 04 Mar 2004 17:25
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
weshcsamem a écrit:
... Cependant g pense kil vo mieux avoir d bases établies pour le créole(concrètement) et puis o fu et a mesure on pourra faire évoluer les mots et les concepts.

En fait, nous sommes d'accord sur ce point. La "théorisation" de la langue qui, dans le cas qui nous préoccupe, est surtout une "rationnalisation" des mécanismes de formation, est une démarche indispensable.

En effet, elle intègre la compréhension de ces mécanismes et par là-même, il sera possible, sinon d'anticiper, mais au moins d'en extraire un outil supplémentaire pour assoir les fondements de nos cultures créoles respectives. D'où la nécessité de sauvegarder l'authenticité de chacune d'elles...
Wai mais fodrait-il créer une base commune? Ou bien les créer séparemment tout en autorisant des passerelles entre les deux???
Auteur: Anacaona
Date: 05 Mar 2004 04:43
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
Wai mais fodrait-il créer une base commune? Ou bien les créer séparemment tout en autorisant des passerelles entre les deux???

Pousses le raisonnement à l'extrème :
- Si tu choisis une même base pour tous les créoles, cela présuppose que les mécanismes de formation de tous les créoles ont été et sont les mêmes, avec comme conséquence que tous les créoles ont la même construction linguistique (grammaticale, vocabulariale, etc.). Comme je ne suis pas une spécialiste (seulement une créolophone pas trop contrariée ), je voudrais avoir l'assurance avant que cette option soit choisie, que le créole de la Réunion et les créoles antillo-guyanais ont des origines culturelles absolumment similaires et qu'un phénomène particulier à m'expliquer, ferait que leur édification respective ait été identiques à de telles distances d'éloignement. Je rappelle, que pour les antillo-guyanais la population noire était de loin plus que majoritaire (presque l'essentiel) et que les traditions animistes africaines entre autres ont joué un rôle prépondérant...
- si tu choisis des bases distinctes propres à chacun des grands "courants" créoles, et que relèves les points communs entre "les deux", tu reconnais les différences cuturelles intrinsèques à chaque population créolophone, sans fermer la porte à des analogies observables dans les deux mécanismes de formation...

Du moins, je crois...

Auteur: weshcsamem
Date: 05 Mar 2004 15:29
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
Pousses le raisonnement à l'extrème :
- Si tu choisis une même base pour tous les créoles, cela présuppose que les mécanismes de formation de tous les créoles ont été et sont les mêmes, avec comme conséquence que tous les créoles ont la même construction linguistique (grammaticale, vocabulariale, etc.). Comme je ne suis pas une spécialiste (seulement une créolophone pas trop contrariée ), je voudrais avoir l'assurance avant que cette option soit choisie, que le créole de la Réunion et les créoles antillo-guyanais ont des origines culturelles absolumment similaires et qu'un phénomène particulier à m'expliquer, ferait que leur édification respective ait été identiques à de telles distances d'éloignement. Je rappelle, que pour les antillo-guyanais la population noire était de loin plus que majoritaire (presque l'essentiel) et que les traditions animistes africaines entre autres ont joué un rôle prépondérant...

Néanmoins si la colonisation n'a pas été la même entre les Antilles-Guyane et la Réunion, il me semble que c'est le même phénomène qui a contribué à fonder le créole: un mélange ou une sorte de mix entre les différents dialectes et langages propres aux ethnies de ces îles.

Anacaona a écrit:

- si tu choisis des bases distinctes propres à chacun des grands "courants" créoles, et que relèves les points communs entre "les deux", tu reconnais les différences cuturelles intrinsèques à chaque population créolophone, sans fermer la porte à des analogies observables dans les deux mécanismes de formation...

Du moins, je crois...

Cependant, d'un autre côté, chaque île possède ses propres particularités et a été influencée par son environnement géographique, ce qui fait qu'il est nécessaire également de ne pas vouloir tout mettre dans un même sac (si tu préfères d'uniformiser). Ainsi, je te rejoins sur ce que tu dis là et c'est pourquoi à mon avis il faut que l'on arrive à fonder des créoles ayant leurs propres spécifités mais qui puissent se comprendre. L'idéal serait pour moi que l'on soit dans la situation de l'Anglais, avec l'Anglais Américain, l'Anglais d'Angleterre (toute proportion gardée).
Mais ce n'est que mon humble avis

Auteur: Anacaona
Date: 06 Mar 2004 02:58
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
...c'est le même phénomène qui a contribué à fonder le créole: un mélange ou une sorte de mix entre les différents dialectes et langages propres aux ethnies de ces îles.
Plus que les langages, ce sont les cultures différentes de ces peuples qui ont probablement déterminé l'orientation de l'édification des créoles...

weshcsamem a écrit:
...il faut que l'on arrive à fonder des créoles ayant leurs propres spécifités mais qui puissent se comprendre. L'idéal serait pour moi que l'on soit dans la situation de l'Anglais, avec l'Anglais Américain, l'Anglais d'Angleterre (toute proportion gardée).

Je crains que cela soit bien plus et même tout à fait autre chose qu'une seule question de "proportions". En effet, ce sont des anglophones (langue ancienne et non jeune !) qui se sont installés et qui ont dominé, seuls maîtres à bord, par leur culture de nouveaux territoires. Pas de mélange, pas de déculturation, donc pas de besoin ou d'occasion de voir s'édifier un nouveau système linguistique...

Par contre, tu te "trahis" en quelque sorte lorsque tu parles de "fonder des créoles". Tu es dans la logique de la création pure, en dehors du réel forcément car une langue se créé toujours dans la rue par ceux qui l'emploient au quotidien. Reconnais que ce serait une première dans l'histoire de l'humanité que de créer une langue en laboratoire d'Université.

L'erreur de certains universitaires justement est de confondre découverte et création. J'en connais qui m'ont affirmé qu'ils se considéraient comme des créateurs (...de connaissances, parce qu'ils mettaient à la portée des autres les résultats de leurs découvertes) et d'ailleurs fiers de cette conviction qui les valorisaient, estimaient être des individus de qualité et de métier supérieurs aux autres .
Un scientifique digne de ce nom sait que la nature a ses lois et que son rôle n'est que d'essayer de comprendre la logique (on pourrait dire l'"intelligence") des phénomènes qui en découlent. Comme ce travail n'est jamais terminé, le scientifique sait qu'il ignore encore beaucoup de la nature et que cette "intelligence" par conséquent, en quelque part, lui est supérieure même si lui-même en est pêtri.
Bref ! Un petit détour pour revenir et conclure qu'une langue, a fortiori vivante et jeune, suit à mon avis des lois naturelles de construction, et que le véritable rôle des spécialistes qui la chérissent, est de chercher sincèrement à la comprendre et de l'accompagner, mais pas de la forcer à entrer dans un carcan universitaire au lieu de suivre une évolution naturellement populaire. Sinon, ce serait je pense le meilleur moyen de la (les) tuer !

Auteur: Albert972
Date: 06 Mar 2004 21:01
Sujet du message: CAPES créole 2002

Mi déba!!!!
C'est un plaisir de vous lire.
Merci Anacaona, Weshcamem et Lolo971

Auteur: weshcsamem
Date: 08 Mar 2004 12:58
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:

Par contre, tu te "trahis" en quelque sorte lorsque tu parles de "fonder des créoles". Tu es dans la logique de la création pure, en dehors du réel forcément car une langue se créé toujours dans la rue par ceux qui l'emploient au quotidien. Reconnais que ce serait une première dans l'histoire de l'humanité que de créer une langue en laboratoire d'Université.
Alors je reconnais que le terme fonder n'était pas approprié, mais en le disant je ne renie pas l'existant au niveau du langage courant, mais je parlais de la mise en forme (formalisation écrite) définitive de bases propres ( cad qui tiennent compte des spécificités locales).
Anacaona a écrit:

L'erreur de certains universitaires justement est de confondre découverte et création. J'en connais qui m'ont affirmé qu'ils se considéraient comme des créateurs (...de connaissances, parce qu'ils mettaient à la portée des autres les résultats de leurs découvertes) et d'ailleurs fiers de cette conviction qui les valorisaient, estimaient être des individus de qualité et de métier supérieurs aux autres .

Je vois ce que tu veux dire. Mais ce sont dans une certaine mesure des créateurs puisqu'ils essaien d'enrichir et de consolider l'existant, cad l'ensemble des termes que nous utilisons dans le langage parlé. Il est nécessaire de revaloriser le créole car l'utilisation que l'on en fait est le plus souvent assez dévalorisante. A quand, de vrai conversation en créole sans qu'apparaisse de terme "vulgaire"?????
Ainsi, un créole soutenu ne ferait pas de mal, et permettrait de "clore le bec" de tous ceux qui justement prétexte une vulgarité de l'emploi de la langue pour son utilisation.
Anacaona a écrit:

Un scientifique digne de ce nom sait que la nature a ses lois et que son rôle n'est que d'essayer de comprendre la logique (on pourrait dire l'"intelligence") des phénomènes qui en découlent. Comme ce travail n'est jamais terminé, le scientifique sait qu'il ignore encore beaucoup de la nature et que cette "intelligence" par conséquent, en quelque part, lui est supérieure même si lui-même en est pêtri.
Bref ! Un petit détour pour revenir et conclure qu'une langue, a fortiori vivante et jeune, suit à mon avis des lois naturelles de construction, et que le véritable rôle des spécialistes qui la chérissent, est de chercher sincèrement à la comprendre et de l'accompagner, mais pas de la forcer à entrer dans un carcan universitaire au lieu de suivre une évolution naturellement populaire. Sinon, ce serait je pense le meilleur moyen de la (les) tuer !
Je suis d'accord sur ce point, mais n'est-ce pas égalemen, à la foi une fonction de découverte (par exemple le recherche de mécanismes de fonctionnement ou bien pour la recherche de passerelles et d'écoute et d'attention sur les évolutions de la société???
Auteur: weshcsamem
Date: 08 Mar 2004 13:01
Sujet du message: CAPES créole 2002
Albert972 a écrit:

Mi déba!!!!
C'est un plaisir de vous lire.
Merci Anacaona, Weshcamem et Lolo971
Merci c gentil d eta part!! Mais n'hésite pas à intervenir, si tu as des commentaires ou des remarques. La discussion est ouverte à tous. Et ta participation pourrait peut être présenter le débat sous d'autres aspects
Auteur: Albert972
Date: 08 Mar 2004 19:59
Sujet du message: CAPES créole 2002
Quand je vous lis je rejoins en général vos deux opinions car elles ne sont pas si divergentes que ça.
Par contre Weshcsamem, je ne te rejoins pas quand tu dis que nous faisons du créole une utilisation dévalorisante. Ce n'est pas toujours vrai aux Antilles et que dire de la Réunion où le créole est je pense plus parlé que le français.
Le débat suscité par le CAPES de créole tient de la diversité des créoles dans le monde: j'étais surpris d'apprendre lors de mon séjour à la Réunion qu'aux Seychelles, leur créole est plus proche de celui que nous parlons aux Antilles.
Dans certaines contrées- Louisiane par exemple c'est une langue qui se meurt, dans d'autres elle survit tant bien que mal et dans d'autres c'est une langue apparentière.
Je crois que là réside la difficulté à formaliser tout ça et cela engendre les conflits que Lolo971 mettait en exergue plus haut.

Auteur: weshcsamem
Date: 09 Mar 2004 13:10
Sujet du message: CAPES créole 2002
Albert972 a écrit:
Par contre Weshcsamem, je ne te rejoins pas quand tu dis que nous faisons du créole une utilisation dévalorisante. Ce n'est pas toujours vrai aux Antilles et que dire de la Réunion où le créole est je pense plus parlé que le français.
.

Alors je n'ai pas dit que nous le faisions systématiquement mais la plupart du temps il est surtout utilisé pour injurier voire dévaloriser l'autre. De plus, ce qui me dérange également c'est la vision de bon nombre de compatriotes en Martinique sur le créole. Dans un autre sujet de cette rubrique, un forumiste a écrit quelque chose qui résume beaucoup l'état d'esprit qui perdure malheureusement chez nous.

Auteur: Anacaona
Date: 14 Mar 2004 03:35
Sujet du message: CAPES créole 2002
weshcsamem a écrit:
...il est surtout utilisé pour injurier voire dévaloriser l'autre...

Je ne relève que cette remarque (je suis un peu fatiguée ces jours-ci... ) pour témoigner du fait que chez moi, et d'après ce que j'observe ça et là, le créole me semble exprimer avec plus de force que le français, les émotions aussi bien négatives que positives (je laisse de côté ceux et celles chez qui l'usage du créole a été diabolisé...). Par exemple, l'expression "fout' sa bon !" reprise par les jeunes des années 80 en un "bagaille la ka désen'!" apparait aux yeux de certains (peut-être les plus anciens) comme plus sincère qu'un "c'est excellent" ou "c'est exquis !". La raison en est relativement simple : la langue du colonisateur était plus faite pour dire le droit que pour exprimer des émotions. Cela semble donc bizzare, précieux et hypocrite pour certains de les entendre exprimer en français par des antillo-guyanais non blancs. Ils se voient soupçonnés de vouloir endosser un costume qui a priori ne leur irait pas : le "masque blanc" !

Bref ! Ceci n'était qu'une petite contribution au débat...

En fait, pour revenir à celui qu'a donc lancé lolo971... eh bien, c'est pas joli-joli ! De l'invective, on est passé à la diffamation et maintenant on est dans l'univers glauque des complots de rumeurs à faire courrir au sein de ce petit milieu de mégalos et de leurs chiens de garde. Et ceci aussi bien contre "les amis de ses ennemis" que contre "ses anciens amis"... Il n'y a pas une semaine, il m'a même été personnellement demandé de faire courrir des bruits ignobles (par leur nature) dont "on" me disait bien qu'ils n'étaient pas prouvés ! Evidemment, je n'en ferais rien !

Sachez seulement que les uns et les autres s'accusent réciproquement de pédophilie, de crimes de sang, qu'il y a des questions d'argent non réglées, des "cadavres" dans des placards... Bref ! Tout ceci pour dire, que d'ici à ce que je prenne pour parole d'évangile les déclarations d'un quelconque universitaire ou prix Untel, les poules auront des dents !

J'étudie le créole, comme la spiritualité, en lisant le grand livre de la vie ! Point !

Auteur: weshcsamem
Date: 30 Mar 2004 15:49
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
weshcsamem a écrit:
...il est surtout utilisé pour injurier voire dévaloriser l'autre...

Je ne relève que cette remarque (je suis un peu fatiguée ces jours-ci... ) pour témoigner du fait que chez moi, et d'après ce que j'observe ça et là, le créole me semble exprimer avec plus de force que le français, les émotions aussi bien négatives que positives (je laisse de côté ceux et celles chez qui l'usage du créole a été diabolisé...). Par exemple, l'expression "fout' sa bon !" reprise par les jeunes des années 80 en un "bagaille la ka désen'!" apparait aux yeux de certains (peut-être les plus anciens) comme plus sincère qu'un "c'est excellent" ou "c'est exquis !". La raison en est relativement simple : la langue du colonisateur était plus faite pour dire le droit que pour exprimer des émotions. Cela semble donc bizzare, précieux et hypocrite pour certains de les entendre exprimer en français par des antillo-guyanais non blancs. Ils se voient soupçonnés de vouloir endosser un costume qui a priori ne leur irait pas : le "masque blanc" !

Bref ! Ceci n'était qu'une petite contribution au débat...

En fait, pour revenir à celui qu'a donc lancé lolo971... eh bien, c'est pas joli-joli ! De l'invective, on est passé à la diffamation et maintenant on est dans l'univers glauque des complots de rumeurs à faire courrir au sein de ce petit milieu de mégalos et de leurs chiens de garde. Et ceci aussi bien contre "les amis de ses ennemis" que contre "ses anciens amis"... Il n'y a pas une semaine, il m'a même été personnellement demandé de faire courrir des bruits ignobles (par leur nature) dont "on" me disait bien qu'ils n'étaient pas prouvés ! Evidemment, je n'en ferais rien !

Sachez seulement que les uns et les autres s'accusent réciproquement de pédophilie, de crimes de sang, qu'il y a des questions d'argent non réglées, des "cadavres" dans des placards... Bref ! Tout ceci pour dire, que d'ici à ce que je prenne pour parole d'évangile les déclarations d'un quelconque universitaire ou prix Untel, les poules auront des dents !

J'étudie le créole, comme la spiritualité, en lisant le grand livre de la vie ! Point !
Wai chui daccor avec toi
Auteur: Anacaona
Date: 16 Juil 2004 19:03
Sujet du message: CAPES créole 2002
Juste pour illustrer ce que je disais plus haut, à savoir l'ambiance malsaine dans un milieu d'universitaires, je vous donne le lien du site de Chaudenson, pour lequel je n'ai pas la moindre sympathie particulière, mais qui a mis en ligne de nombreux courriers qui illustrent mes propos :

Site R. Chaudenson

Bonne lecture !

Auteur: Kimany
Date: 16 Juil 2004 20:39
Sujet du message: CAPES créole 2002
Anacaona a écrit:
Je ne relève que cette remarque (je suis un peu fatiguée ces jours-ci... ) pour témoigner du fait que chez moi, et d'après ce que j'observe ça et là, le créole me semble exprimer avec plus de force que le français, les émotions aussi bien négatives que positives (je laisse de côté ceux et celles chez qui l'usage du créole a été diabolisé...). Par exemple, l'expression "fout' sa bon !" reprise par les jeunes des années 80 en un "bagaille la ka désen'!" apparait aux yeux de certains (peut-être les plus anciens) comme plus sincère qu'un "c'est excellent" ou "c'est exquis !".






Alow là je te l'accorde! Je trouve le créole beaucoup plus puissant parfois pour faire passer une idée. Et je te rejoins une fois de plus quand tu dis que le créole n'a rien ( ou du moins pas toujours) d'injurieux. C'est marrant comme les gens voient en le créole une langue de neg bwa ou vié neg, c'est lamentable.

Citation:
En fait, pour revenir à celui qu'a donc lancé lolo971... eh bien, c'est pas joli-joli !


Dis-moi, ils ont quel âge?? Parce que ça y va! Et quand je lis ça:

Citation:
Sachez seulement que les uns et les autres s'accusent réciproquement de pédophilie, de crimes de sang, qu'il y a des questions d'argent non réglées, des "cadavres" dans des placards...


...je me dis qu'on a atteint le fond...

Citation:
J'étudie le créole, comme la spiritualité, en lisant le grand livre de la vie ! Point ! [/


T'as raison. Il y a plusieurs façons de l'aborder. Il n'y a pas d'apprentissage souverain.

Citation:
Mi déba!!!!
C'est un plaisir de vous lire.
Merci Anacaona, Weshcamem et Lolo971


Mais je t'en prie!

Auteur: Maureen
Date: 21 Aoû 2006 04:42
Sujet du message: CAPES créole 2002
Bon, euh, tout le monde parle de CAPES de créole
Mais au final est-ce qu'on peut m'expliquer exactement en quoi ça consiste? Je veux dire, comment ça se passe? Sur combien d'années? etc...Peut-on le passer à côté des études ou bien sont-ce "des études à temps plein"?

Auteur: Snaïka'
Date: 21 Aoû 2006 05:20
Sujet du message: CAPES créole 2002
Tu peux passer le CAPES créole comme tous les autres CAPES une fois que tu as une licence en poche. La licence recommandée est la licence LCR Langues et cultures régionales option créole.

Tu peux décider de passer le CAPES sans avoir suivi de formation encadrée en t'inscrivant tout simplement. Tu peux être en MASTER et préparer le CAPES à côté. Mais tu peux aussi suivre des cours à l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) pour mieux te préparer car ce n'est pas une mince affaire. Il y a aussi la possibilité de suivre des cours par le CNED ou des écoles privées. Pour les écoles privées en créole j'ai des doutes ceci dit.

Il y a une formation en martinique à ma connaissance.

En gros c'est ça

Auteur: Maureen
Date: 21 Aoû 2006 05:48
Sujet du message: CAPES créole 2002
Snaïka' a écrit:
Tu peux passer le CAPES créole comme tous les autres CAPES une fois que tu as une licence en poche. La licence recommandée est la licence LCR Langues et cultures régionales option créole.

Tu peux décider de passer le CAPES sans avoir suivi de formation encadrée en t'inscrivant tout simplement. Tu peux être en MASTER et préparer le CAPES à côté. Mais tu peux aussi suivre des cours à l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) pour mieux te préparer car ce n'est pas une mince affaire. Il y a aussi la possibilité de suivre des cours par le CNED ou des écoles privées. Pour les écoles privées en créole j'ai des doutes ceci dit.

Il y a une formation en martinique à ma connaissance.

En gros c'est ça
ahhhhhhh
merci beaucoup!!
en fait je n'ai vraiment pas l'intention de devenir professeur de quoi que ce soit, mais le créole est pour moi une langue magnifique et je souhait apprendre à le parler et l'écrire comme il faut (mieux qu'aujourd'hui quoi), c'est une langue riche et si belle!
Donc en fait, j'aurais aimé suivre une simple formation, si j'ose dire, pour ma culture personnelle et non pour un aboutissement professionnel.

Auteur: Matadò
Date: 21 Aoû 2006 07:12
Sujet du message: CAPES créole 2002
Salut miss, c'est bien de t'y intéresser

Certains pensent qu'enseigner le créole c'est juste parler créole , non c'est enseigner l'histoire, la géographie l'anthropologie, la musique, la poésie la littérature, l'orthographe et tout plein de choses encore....

Voila le programme pour la session 2007 (càd mars 2007 date du capes créole)

Programmes du concours du CAPES de créole
Session 2005, 2006 et 2007

NOR: MENP0401522N
RLR: 820-2 ; 822-3 ; 531-7
NOTE de service n°2004-113 DU 13-7-2004
MEN
DPE A




Thème de civilisation: Croyances et pratiques magico-religieuses en milieux créoles.

Thème de littérature: Le surnaturel dans les contes créoles.

Grammaire/linguistique (oral): La phrase simple et ses constituants.


et les Éléments bibliographiques pour y arriver


Les candidats exploiteront systématiquement les bibliographies qu'ils trouveront dans les ouvrages et périodiques ci-dessous pour compléter leurs connaissances. Ils se référeront également à la précédente publication de programme du CAPES de créole, ainsi qu'aux conseils bibliographiques donnés dans les rapports.

Périodiques à dépouiller de manière systématique:

Annales de la Société d'histoire de la Martinique.
Cahiers du patrimoine.
Grif an tè.
Espace créole.
Études créoles.
Kabouya.
Mofwaz.
Nouvelle revue des Antilles.
Texte Études et Documents.
Ponctuellement, les candidats pourront se référer aux revues suivantes:

Langages, n° 61, 1981 / n° 138, 2000.
Langue française, n° 37, 1978.
L'Information grammaticale, n° 85, 2000 / n° 89, 2001.
Les candidats demeureront à l'affût de nouvelles livraisons de ces périodiques, qui publient sporadiquement des numéros, toujours de bonne tenue, touchant les créoles.

Indications bibliographiques
Accouche, Samuel, “Dife san lafimen”, 1995. [Seychelles].
Accouche, Samuel, Hoareau, Marietta, Hoarau, Raymond, Hossen, Jessy, Payet, Marietta, “Kont ek lezann seselwa”, 1990 [Seychelles].
Affergan, Francis, 1983, “Anthropologie à la Martinique”, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques.
Affergan, Francis, 1989, “Éléments pour une anthropologie du magico-religieux à la Martinique”, Cahiers internationaux de sociologie, vol. LXXXVII, pp. 265-281.
Alleyne, Mervyn, 1996, “Syntaxe historique créole”. Paris, Karthala, Schoelcher, Presses universitaires créoles.
André, Jacques, 1987, “L'inceste focal dans la famille noire antillaise”, PUF.
Armand, Alain, Chopinet, Gérard, 1983, “La Littérature réunionnaise d'expression créole 1828-1982”, Paris, L'Harmattan.
Arouff, Jeanne Gerval, 1999, “Grankaz Mergran, Ime Zistwar Zanfan”, [Maurice].
Arouff, Jeanne Gerval, 2000, “Lili Lakord (...)”, Ime Nocturne, [Maurice].
Aubrit, Jean-Pierre, 1997, “Le Conte et la nouvelle”, Paris, Armand Colin.
Baissac, Charles, 1990, “Mor Lao Burik”, LPT, [Maurice].
Baissac, Charles, 1997, “Sirandann Sanpek”, LPT, 2° éd, [Maurice].
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