Auteur: PHYLO
Date: 01 Juin 2004 18:22
Sujet du message: LITTERATURE-CREOLE HAITIEN
RENE DEPESTRE
René Depestre naît le 29 août 1926 à Jacmel (Haïti). Sa ville natale est souvent évoquée dans sa poésie et ses romans, en particulier Hadriana dans tous mes rêves (1988). Il fait ses études primaires chez les Frères bretons de l'instruction chrétienne. Son père meurt en 1936 et René Depestre quitte sa mère, ses deux frères et ses deux sœurs pour aller vivre chez sa grand-mère maternelle. De 1940 à 1944, il fait ses études secondaires au lycée Pétion à Port-au-Prince. Étincelles, son premier recueil de poésie, paru en 1945, préfacé par Edris Saint-Amand, le fait connaître rapidement. Il a seulement dix-neuf ans quand il le publie, influencé par le réalisme merveilleux d'Alejo Carpentier, qui a fait une conférence à ce sujet en Haïti en 1942. Depestre fonde alors un hebdomadaire avec trois amis: Baker, Alexis, et Gérald Bloncourt: La Ruche (1945-46). «On voulait aider les Haïtiens à prendre conscience de leur capacité à rénover les fondements historiques de leur identité» (dit-il dans Le métier à métisser). Le gouvernement fait saisir le numéro de 1945 consacré à André Breton, ce qui déclenchera l'insurrection de janvier 1946.
Depestre rencontre les intellectuels et les poètes haïtiens de son temps, tels Jean Price-Mars, Léon Laleau, et René Bélance qui préface son deuxième recueil, Gerbe de sang en 1946. Il rencontre aussi des artistes étrangers.
Il fait partie des dirigeants du mouvement étudiant révolutionnaire de janvier 1946, qui parvient à renverser le président Émile Lescot. Très vite, l'armée prend le pouvoir, Depestre est arrêté et emprisonné, avant d'être exilé. Il poursuit ses études de lettres et sciences politiques à la Sorbonne (1946-1950). À Paris, il fréquente les poètes surréalistes français et des artistes étrangers, ainsi que les intellectuels du mouvement de la négritude, qui se réunissent autour d'Alioune Diop et de Présence Africaine.
Depestre participe activement aux mouvements de décolonisation en France, et il est expulsé du territoire français. Il part à Prague, d'où il est chassé en 1952. Il part à Cuba, invité par l'écrivain Nicolás Guillén, où il est à nouveau arrêté et expulsé par le régime de Fulgencio Batista. Il est rejeté par la France et l'Italie. Il part pour l'Autriche, puis le Chili, l'Argentine et le Brésil. Il est resté au Chili suffisamment longtemps pour organiser avec Pablo Neruda et Jorge Amado le congrès continental de la culture.
Après le Brésil, Depestre revient à Paris en 1956 où il fréquente d'autres Haïtiens, dont Jacques-Stephen Alexis. Il participe au premier congrès panafricain organisé par Présence Africaine en septembre 1956. Il écrit dans Présence Africaine et d'autres revues de l'époque comme Esprit et Lettres françaises. Il retourne en Haïti (1956-57). Refusant de collaborer avec le régime duvaliériste, il appelle les Haïtiens à la résistance et se retrouve en résidence surveillée. Il part pour Cuba en 1959, à l'invitation de Che Guevara. Convaincu par la révolution cubaine, il s'investit dans la gestion du pays (Ministère des Relations Extérieures, Éditions nationales, Conseil National de la Culture, Radio Havana-Cuba, Las Casas de las Américas, Comité de préparation du congrès culturel de la Havane en 1967). Il voyage beaucoup parallèlement à ses activités officielles (URSS, Chine, Viêt-nam, entre autres) et participe au festival panafricain d'Alger en 1969 (où il rencontre l'écrivain congolais Henri Lopes, qu'il retrouvera plus tard dans les bureaux de l'UNESCO).
Au cours de ses diverses pérégrinations et de son séjour à Cuba, René Depestre poursuit une œuvre poétique importante. Son recueil de poésie le plus célèbre est sans doute Un arc-en-ciel pour l'Occident chrétien (1967) où se mêlent politique, érotisme, et vaudou, des thèmes qui traversent toute son œuvre. Poète à Cuba (1973) est une sorte de regard réfléchi sur l'évolution de la révolution cubaine.
Écarté par le pouvoir castriste dès 1971, Depestre rompt avec l'expérience cubaine en 1978 et retourne à Paris où il travaille au Secrétariat de l'UNESCO. Il publie Le Mât de Cocagne, son premier roman, à Paris, en 1979. En 1980, il publie Alléluia pour une femme-jardin, qui reçoit le Prix Goncourt de la Nouvelle en 1982.
Depestre quitte l'UNESCO en 1986 et se retire dans l'Aude. ....
pour la suite de la biographie et les oeuvres principales, dans les catégories suivantes:
Poésie
Prose
Traductions par René Depestre
Distinctions littéraires
Adaptation au théatre
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