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Triste bicentenaire pour l’île d’Aristide
1er janvier 2004
Haïti célèbre le 1 er janvier le bicentenaire d’une indépendance chèrement acquise en 1804 contre les troupes de Napoléon Bonaparte. Cette fête qui aurait pu être glorieuse se déroule dans un pays à l’économie exsangue déchiré par une crise politique majeure au milieu des violences.
Plusieurs cérémonies sont prévues à Port-au-Prince et aux Gonaïves où avait été déclarée l’indépendance. Le chef d’Etat Jean Bertrand Aristide, contesté depuis des mois par de manifestations nombreuses qui réclament sa démission, a invité tous les dirigeants du monde à y assister.
Leur déroulement sera aléatoire et tributaire des conditions de sécurité, qui se sont fortement dégradées. Deux siècles après son indépendance, le pays le plus pauvre du continent américain qui compte 7,9 millions d’habitants, conjugue tous les traits du sous-développement : drame démographique avec 2,3% d’accroissement annuel de la population, catastrophe sanitaire avec le sida, une couverture médicale déficiente et des taux de mortalités infantile et maternelle très élevés, drame social avec plus des deux tiers des Haïtiens vivant sous le seuil de pauvreté, et écologique avec moins de 3% de la couverture végétale originelle subsistant.
Depuis 1804, la volonté de presque tous les chefs d’Etat, même ceux démocratiquement élus, de se maintenir au pouvoir par la force, ajoutée à de sanglantes luttes internes, ont lourdement hypothéqué le développement du pays. Mais l’inconséquence des dirigeants et des élites politiques haïtiennes n’est pas seule responsable. De l’ostracisme des dirigeants blancs du XIX e siècle contre le seul Etat antiesclavagiste d’un continent qui abusait du travail forcé au lourd tribut financier réclamé par la France pour indemniser ses colons en passant par un embargo international désastreux de 1991 à 1994 et d’actuelles sanctions économiques, les erreurs internationales ne manquent pas.
Le parcours inédit du prêtre puis président Aristide - qui avait rallié en 1990 la bourgeoisie progressiste, les intellectuels, une partie des classes moyennes et les masses urbaines et rurales déshéritées - participe au désenchantement après les années de Duvalier. « En 1990, comme cela était arrivé pour d’autres candidats auparavant, les deux tiers de la population ont eu un véritable coup de coeur pour le candidat Jean Bertrand Aristide », rappelle l’historien haïtien Georges Michel. Pour ses détracteurs, le principal défaut du président Aristide est de ne pas avoir su se comporter en « rassembleur » et d’avoir agi en chef de parti avec des hommes de main ayant recours à la violence. Avec des agressions le 5 décembre contre des étudiants et des responsables universitaires, il s’est mis « hors la loi » et doit partir face au mécontentement grandissant de la population, estiment-ils.
De son côté, le président voit dans le combat mené par ses adversaires la poursuite politique d’un coup d’Etat militaire sanglant en septembre 1991 qui l’avait contraint à l’exil pendant trois ans. Il interprète aussi les excès de ses partisans armés comme l’illustration de la colère populaire contre ceux qui veulent le renverser à nouveau en l’empêchant de terminer son mandat de cinq ans qui devrait théoriquement s’achever le 7 février 2006.
Le durcissement des positions laisse peu d’espoir à la négociation. Proposé par l’Eglise catholique, un compromis prévoyant la création d’un conseil auprès du chef de l’Etat, représentant la diversité de la population, a été accepté par le président.
Il a reçu le soutien des Etats-Unis, principal partenaire politique d’Haïti, mais l’opposition l’a rejeté, le qualifiant de « geste désespéré » de Jean Bertrand Aristide pour sauver son pouvoir.
le soir
Citation:
Un bien triste bicentenaire
23 décembre 2003
Dans les rues de Port-au-Prince, des banderoles tendues d’un poteau à l’autre invitent la population à se réjouir : le 1er janvier 2004, Haïti fêtera en effet le bicentenaire de son indépendance. Il y a 200 ans, les anciens esclaves de cette colonie française réussissaient l’exploit de mettre en déroute les troupes de Napoléon et proclamaient la naissance de la première république noire.
Cet événement, une date clé de l’Histoire universelle, prélude aux décolonisations africaines qui arriveront bien plus tard, a fait à juste titre la fierté des Haïtiens depuis plusieurs générations. Mais cette fois-ci, le cœur n’y est pas. Je n’ai pas de quoi payer l’école à mes enfants, j’ai à peine de quoi les nourrir, Titid (Aristide) a trahi le peuple et vous trouvez qu’on devrait se réjouir à cause de 2004 !, s’exclame Henriette, qui vend des fruits en rue.
Nous avons raté l’occasion de faire de 2004 quelque chose de formidable, commente Evans Lescouflair, politicien passé à l’opposition. Le bicentenaire de l’indépendance de Haïti devrait être une fête mondiale. Mais la situation politique actuelle a tout fait rater. On devrait célébrer une révolte d’esclaves qui a réussi, et à la place, la population se demande pourquoi il faudrait fêter 200 ans de misère, de pillage et de vol.
Pour tenter de faire diversion, le président Jean-Bertrand Aristide avait lancé en avril dernier une campagne visant à exiger la « restitution » par la France de plus de 21 milliards de dollars. Après son indépendance gagnée de haute lutte en 1804, la nouvelle République de Haïti avait été mise au ban de la communauté internationale. Charles X avait finalement accepté de reconnaître la souveraineté de Haïti en 1825, en échange du versement de 90 millions de francs or, en guise de dédommagement. Il faudra plus de 100 ans à Haïti pour rembourser cette somme énorme, un des premiers exemples de dette injustement réclamée à un pays du Tiers-Monde par un pays industrialisé.
Mais l’exigence d’Aristide, brandie presque quotidiennement dans les médias proches du pouvoir, ne trompe pas grand monde, et la population sait que cette somme réclamée jadis par la France est loin d’être la seule responsable de l’actuelle misère haïtienne. D’autant que la France, comme les autres donateurs internationaux, n’attend qu’une chose : une normalisation politique et institutionnelle qui lui permette de débloquer les fonds importants qu’elle souhaite consacrer à la reconstruction de Haïti.
Il ne faut surtout pas que, à propos de ce bicentenaire, on se contente de se féliciter, de s’autocongratuler à propos de notre glorieux passé, s’exclame Magalie Marcelin, porte-parole de l’organisation féministe Kay Fanm. Nous souffrons encore aujourd’hui d’avoir été jadis réduits en esclavage : nous avons perdu nos traditions africaines sans pour autant être réellement mis au courant des systèmes de gouvernement européens. Depuis l’indépendance, notre Histoire a été faite de batailles internes, de déchirements, d’exploitation. Nous en sommes toujours là. Mais la célébration de ce bicentenaire pourrait être une occasion favorable pour remobiliser la population, impulser un nouveau souffle. Il ne faut surtout pas laisser le gouvernement s’approprier cette victoire historique. Les gens sont amers, déçus, résignés. Le bicentenaire, conclut Magalie, est une excellente occasion de sortir de ce mode de pensée et de reprendre enfin une vraie citoyenneté, active, et de cesser de remplacer un maître par un autre, comme nous le faisons depuis toujours…
_________________ "Une fois pour toute nous posons ce principe: une société est raciste ou elle ne l'est pas. Tant qu'on aura pas saisi cette évidence, on laissera de côté un grand nombre de problèmes. "Frantz FANON
Genre: Homme Inscrit le: 06 Jan 2003 Sujets: 281 Messages: 6559 Localisation: paris
Posté le: 02 Jan 2004 14:49 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Man ka espéré an jou pays ta la ké bien ké ni moun ki ké pé gouvernéy comme il se doit pour i viré lévé paske sa vrèmen dommage.... _________________ Vous n'êtes pas responsable de la tête que vous avez mais vous êtes responsable de la tête que vous faites....
Posté le: 02 Jan 2004 15:27 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
je viens justement de te remercier pour ton sujet, Arablack.
nous avons posté nos posts quasi en même temps aujourd'hui; personnellement je viens de reprendre le vol après une petite interruption...et j'ai encore du mal avec la recherche de sujet, oubliant d'utiliser ton arastuce _________________ "Une fois pour toute nous posons ce principe: une société est raciste ou elle ne l'est pas. Tant qu'on aura pas saisi cette évidence, on laissera de côté un grand nombre de problèmes. "Frantz FANON
Posté le: 02 Jan 2004 15:30 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Pour en ajouter :
in L'Humanité du 01/01/2004 (www.humanite.presse.fr)
Haïti. Les Haïtiens de France se mobilisent
Les Haïtiens vivant en France (ils sont environ 30 000) ont constitué, peu avant les fêtes de Noël, à Paris, un Front pour la démocratie en Haïti. Regroupant toutes les sensibilités politiques et balayant tout le spectre de la société civile, ce Front a proclamé son soutien et sa solidarité au peuple haïtien qui " lutte avec un courage admirable contre la dictature ". À son initiative, une manifestation a eu lieu lundi devant l'ambassade d'Haïti à Paris pour appuyer l'action des étudiants et protester contre la répression qui se déchaîne actuellement en Haïti.
Dans sa proclamation, le Front demande la démission des différents ambassadeurs d'Haïti dans le monde, notamment en France, afin qu'ils ne se rendent pas " complices " d'un pouvoir largement discrédité. Enfin les Haïtiens de France ont marqué leur désapprobation autant que leur incompréhension quant à la participation sud-africaine, active, aux fêtes du bicentenaire. Le président Thabo Mbeki devait se rendre à Port-au-Prince ce 1er janvier. Et, dit-on, il aurait reçu quelques facilités du côté du " black caucus " et des démocrates nord-américains.
in L'Humanité du 02/01/2004
Haïti L'impossible réconciliation
Le bicentenaire de l'indépendance s'est déroulé sous le signe de tensions persistantes.
" Jésus, Haïti, Aristide, le credo du peuple haïtien ". Les banderoles déployées dans Port-au-Prince avaient beau vanter la gloire du président Jean-Bertrand Aristide, et clamer l'unité du pays, les cérémonies, organisées hier à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, se sont déroulées dans un climat de tension et de division. Cet anniversaire a renforcé les fractures existantes dans le pays entre un président despote aux dérives mafieuses et une large opposition de représentants de la société civile, qui exige, depuis des mois, sa démission. Les pro et anti-Aristide ont donc célébré chacun de son côté l'anniversaire de la proclamation de la première République noire.
Après avoir prononcé un discours dans la capitale, le chef de l'État s'est envolé vers Gonaïves. Ville doublement symbolique puisque l'indépendance y fut proclamée et qu'elle est, ces derniers mois, le haut lieu d'importantes manifestations antigouvernementales. Lors de ses allocutions, le président a multiplié les rappels historiques pour récupérer les références identitaires de l'île, devant un parterre d'officiels où peu de chefs d'État étaient présents. La France, ancienne puissance colonisatrice, avait assuré un service minimum en envoyant une délégation de parlementaires. Il faut dire que ses relations avec Port-au-Prince sont des plus froides depuis que Jean-Bertrand Aristide réclame 21 millions de dollars de réparation à la France, somme correspondant, selon lui, aux 90 millions de francs or payés à l'époque par l'île en échange de son indépendance. Quant aux États-Unis - autrefois amis inconditionnels d'Aristide - ils étaient représentés par leur ambassadeur.
Une distance diplomatique qui en dit long sur la mise à l'écart de la scène internationale d'Aristide. L'époque du prêtre des bidonvilles haïtiens prônant le changement et l'espoir est révolue. Aristide renvoie désormais l'image d'un homme incapable de résorber la misère galopante du pays, s'accrochant à son pouvoir au prix d'exécutions sommaires et d'expéditions punitives.
L'opposition, qui boycottait les festivités officielles, a déposé une gerbe sur la place des Héros après avoir une nouvelle fois manifesté dans les rues pour réclamer le départ de Jean-Bertrand Aristide.
Cathy Ceïbe
Pour ma part, quand je lis l'histoire d'Haïti, je serais plutôt enclin à ne pas dire qu'elle fut la "première république noire", et ceci pour 2 raisons :
- Dessalines, dans sa mégalomanie (classique -déjà - à l'époque, quelle que soit la couleur de la peau...), s'est fait proclamé EMPEREUR 3 mois plus tard... devançant ainsi son alter-ego de l'ex métropole, Napoléon... Sa mégalomanie sera reprise par le très célèbre roi Christophe, son successeur dans le nord de l'ile... Une république ? bof... En France même, Napoléon avait été déclaré "Empereur de la République française"... Hitler était chancelier d'une république... Je mets donc un bémol pour différencier République (en tant que non-monarchie) et République (en tant que système démocratique)
- Une république ? il y a eu l'état de Pétion (métis) au sud et l'ouest (proclamation de la république le 27 décembre 1806...). Mais Pétion devint rapidement lui-même dictateur...
Alors, une question... : quelle a été la première démocratie noire ( ) dans l'Histoire ?
Galak, version 2004 _________________ quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ?
Genre: Homme Inscrit le: 14 Juil 2002 Sujets: 176 Messages: 7777 Localisation: An ba la ba, an ba la ba...
Posté le: 02 Jan 2004 17:00 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
arablack a écrit:
C'est aujourd'hui. 1er Janvier 2004 que Haïti fête ses 200 ans d'indépendance.
Une fête qui est mitigé par les évènements actuels sur la demie-île (voir ce sujet)
Vous trouverez également une revue de presse sur ce site : http://www.haiti-info.com/
Pour ceux que interresse voici le lien ou vous pourrez visionner la retransmission de la ceremonie du bicentenaire de l'independance d'Haiti. Pa terrible comme ceremonie quand meme. On dirait que plusieurs tetes importantes n'ont pas fait l'effort de se deplacer pour l'evenement. Meme Nelson Mandela n'y etait pas.
Posté le: 02 Jan 2004 17:53 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
arablack a écrit:
PHYLO a écrit:
nous avons posté nos posts quasi en même temps aujourd'hui;
ah non, le mien date de hier
mais pa fann'
mais combien de sujets as tu ouvert? mais tu as raison, je "m'ai trompée": je parlais de ton post dans les news et dans lequel en fait c'est 6klôn qui est intervenu aujourd'hui et non pas toi
je n'avais pas vu ce sujet- là, du coup je me rend compte que je n'apportais même pas la nouveauté du lien à défaut de nouveauté du sujet puisque tu le transmettais également dès hier...
désolée, pour ce manque d'observation,
ceci dit , mieux vaut créer plusieurs posts au risque de se répéter que de ne pas en parler, car le sujet mérite toute notre attention.
Citation:
Pour ma part, quand je lis l'histoire d'Haïti, je serais plutôt enclin à ne pas dire qu'elle fut la "première république noire", ...
Alors, une question... : quelle a été la première démocratie noire ( ) dans l'Histoire ?
je ne suis pas vraiment d'accord avec tes propos: tu dénies la qualification de république?
la république n'est qu'un mode de gouvernement tandis que la démocratie est un régime politique, ce n'est donc pas à mon avis la même dimension. tu le dis d'ailleurs toi même en utilisant la formule république -système démocratique.
la démocratie connais elle même ses dérives...comme les démocraties populaires...il me semble que de nombreuses démocraties ont vu le jour dans les pays africains au sotir de la colonisation, avec de surcroît le choix du régime républicain.
Alors , ma réponse serait :
HAITI, première démocratie noire car née du soulèvement des esclaves et donc du peuple contre le colon.
pour faire fonctionner une démocratie il faut des représentants, en général au plus haut niveau et quel que soit le mode de gouvernement choisi, il n'en reste plus qu'un...
le danger est de ne pas instituer de contre- pouvoirs, signes d'une démocratie qui pourra perdurer, sans se dévoyer.
HAITI première Démocratie Noire dans l'Histoire. Que 2004 mette enfin un terme aux souffrances de son peuple, et restaure la démocratie bafouée pendant trop longtemps. _________________ "Une fois pour toute nous posons ce principe: une société est raciste ou elle ne l'est pas. Tant qu'on aura pas saisi cette évidence, on laissera de côté un grand nombre de problèmes. "Frantz FANON
Posté le: 02 Jan 2004 23:20 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
En lisant un peu l'histoire d'Haïti sur Internet, je suis tombé sur une info qui m'a fait alluciné :
En 1822, le président J.-P. Boyer imposa la Constitution de 1816 sur Santo Domingo (partie orientale de l'île, ancienne colonie espagnole, actuellement République Dominicaine). S'appuyant sur l'article 38 de la Constitution de 1816 qui interdit le droit de propriété aux blancs, Boyer (qui était métis) décréta que les habitants de la partie de l'est étaient tous des noirs !! Ainsi il permis aux blancs et métis de cette région de maintenir leur titre de propriété... A méditer je trouve... surtout quand on pense que Trujillo, le dictateur de la République Dominicaine, fera massacrer en 1937 près de 20 000 émigrés haitiens pour "blanchir la race"...
(cf. Heinl, Robert Debs et Heinl, Nancy Gordon. Written in blood: the story of the Haitian people 1492-1995. 2ème édition revue et corrigée. New York: University Press. 1996)
Boyer a été le président de la république d'Haïti, réunifiée après les sombres épisodes de Dessalines, Christophe et Pétion. Il négocia pour que la France reconnaisse l'indépendance de son pays (obtenue en 1825... avec l'histoire de l'indemnité...). Il fut renversé en 1843 et Haïti perdit Santo-Domingo l'année suivante.
L'histoire d'Haïti est vraiment touchante. Je dirais donc qu'elle est admirable parce que, au dela de savoir si c'est la première république noire de l'histoire, elle reste, pour moi qui ne suis pas noir, le seul état au monde qui soit apparu par la révolte libératrice d'esclaves.
Puisque la France et les USA se disent les pays de la Liberté, on peut dire qu'Haïti est le pays de la LIBERATION.
Je comprends mieux la fierté antillaise pour Haïti ("Haïti ma patrie") dans cette dernière optique que dans celle de la couleur de la peau...
Désolé d'insister et d'être lourd... Mais j'essaye de ne reconnaïtre qu'une couleur, le rouge, qui est celle de notre sang.
Galak, persistant _________________ quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ?
Posté le: 03 Jan 2004 02:56 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
galak a écrit:
L'histoire d'Haïti est vraiment touchante. Je dirais donc qu'elle est admirable parce que, au dela de savoir si c'est la première république noire de l'histoire, elle reste, pour moi qui ne suis pas noir, le seul état au monde qui soit apparu par la révolte libératrice d'esclaves.
Puisque la France et les USA se disent les pays de la Liberté, on peut dire qu'Haïti est le pays de la LIBERATION.
Je comprends mieux la fierté antillaise pour Haïti ("Haïti ma patrie") dans cette dernière optique que dans celle de la couleur de la peau...
je comprends ton raisonnement, ton opinion t'appartient; quant à moi je précisais :
Citation:
HAITI, première démocratie noire car née du soulèvement des esclaves et donc du peuple contre le colon.
et comme je suis Noire et que mes ancêtres étaient des esclaves, j'insiste également sur le fait que c'est Haïti qui a montré la voie et que cela est indissociable de la couleur de peau.
L'esclavage du peuple Noir, la traite négrière, le code noir...
désolée, moi aussi j'insiste et je persiste car si c'est le même sang qui coule dans nos veines quelle que soit notre couleur de peau, ce n'est pas la même souffrance qui hante nos esprits pour certains elle est d'ailleurs inexistante.
Et tout cela est bien une question de couleur à la base, la traite a visé le Peuple Noir en lui même, niant à l'Homme Noir toute dignité, toute humanité.
c'est bien de ne vouloir reconnaître que le rouge, mais les miens ne l'ont vu que trop souvent couler, à cause de leur couleur de peau.
HAITI ce n'est pas seulement la Libération des esclaves gràce à leur propres moyens, c'est le signe de la LIBERTE pour tout un peuple, le peuple NOIR.
Voilà pourquoi le peuple Antillais, le peuple Noir dans son ensemble doit être fier de HAITI, voilà pourquoi je suis fière d'Haïti, voilà pourquoi je pleure la situation de ce pays qui ne peut se relever car gangrené de l'intérieur malgré de si belles racines .
voici encore d'autres infos(sur Haïti-info, AFP).
Citation:
Un bicentenaire haïtien sur fonds de déchirements politiques
2 janvier 2004
PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le président haïtien Jean Bertrand Aristide a célébré jeudi dans un pays profondément déchiré, le bicentenaire de l’indépendance nationale, lors d’une cérémonie à Port-au-Prince boycottée par l’opposition qui a manifesté dans plusieurs villes pour réclamer sa démission.
Le chef de l’Etat a, depuis le palais national, exalté "un bicentenaire de liberté pour un millénaire de paix", devant une foule de dizaines de milliers de partisans agitant d’innombrables drapeaux, en présence du président sud-africain Thabo Mbeki, son invité de plus haut rang, arrivé le matin dans la capitale.
Il a annoncé que des élections se dérouleraient en 2004, "avec l’opposition et la société civile", dont les représentants forment désormais le gros de la contestation en Haïti. Il n’en a toutefois pas précisé la date, réaffirmant la primauté de son mandat de cinq ans, qui doit s’achever en 2006. Ses opposants demandent son départ en préalable à la tenue de tout scrutin.
Mais revenant vite à un lyrisme qu’il affectionne, jonglant avec le français, le créole, l’anglais, l’espagnol, il a répété qu’Haïti était "le pivot géographique de la liberté des noirs", rappelant l’aide du pays à Simon Bolivar ainsi que son apport par la défaite des troupes de Napoléon Bonaparte à l’achat de la Louisiane.
Et "les Etats-Unis sans la Louisiane ne seraient pas les Etats-Unis d’aujourd’hui," a-t-il souligné.
Remerciant Cuba pour l’aide médicale aux Haïtiens, il en a profité pour évoquer des améliorations en matière de santé et d’éducation, annonçant de nouveaux progrès spectaculaires d’ici 2015, scandant à chaque phrase "c’est possible car l’union fait la force", la devise d’Haïti.
Auparavant, le président Mbeki avait salué "une des plus grandes révolution de l’Histoire", et prôné "une chaîne de solidarité pour combattre la pauvreté, le sous-développement et l’instabilité" : "Nous devons travailler pour le respect de la démocratie, la tolérance".
"Nous sommes engagés dans une bataille historique pour la renaissance de l’Afrique, car nous avons été inspirés par la révolution haïtienne," a ajouté le président sud-africain, seul chef d’Etat parmi les 24 délégations étrangères présentes.
Une parlementaire démocrate de Californie, Maxine Waters, a de son côté lu une résolution du Congrès américain, présentée par le Black Caucus, organisation des parlementaires noirs américains, félicitant Haïti pour avoir été "le fer de lance de la lutte pour les droits humains".
M. Aristide devait encore présider une cérémonie commémorative jeudi après-midi dans la ville des Gonaïves (nord-ouest), où fut proclamée en 1804 l’indépendance d’Haïti par le général Jean-Jacques Dessalines après la défaite des troupes napoléoniennes.
Dans cette ville, deux manifestations, une pro et une anti-Aristide, se sont déroulées sans incident jeudi matin, alors que de nombreux coups de feu y avaient été entendus au cours de la nuit.
Les violences entre opposants armés et policiers ont fait depuis fin septembre 36 morts et 85 blessés - en majorité des riverains innocents - dans cette cité.
A la mi-journée une manifestation de l’opposition regroupant quelques milliers de personnes se déroulait à Port-au-Prince. Une autre réclamant le départ du chef de l’Etat s’est également tenue à Jacmel (sud-est). A Gros Morne (nord-ouest) des opposants au président haïtien ont incendié un autobus transportant des supporters de M. Aristide et saccagé un commissariat dont les policiers ont pris la fuite.
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Posté le: 05 Jan 2004 15:53 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
rafblabla a écrit:
Hello à tous et bonne année!!
Pour en revenir à la célébration des 200 ans l'Indépendance d'Haïti, êtes vous au courant que le WE prochain dans la salle qui se trouve sur le toit de l'Arche de la Défense vont se passer tout plein de belles choses?
Le samedi, cela commence à 21h00 ( les billets pour la soirée sont en prévente dans les points de vente habituels à 23 euros/ le spectacle s'appelle le "GALA DE L'INDEPENDANCE") et il y a un défilé de mode, ensuite le groupe Original H se produit en live et beaucoup d'autres choses sont prévues...
Le dimanche à partir de 14h00, contes pour enfants (réservation souhaitée au 01 44 92 03 98.. gratuit pour les enfants/10 euros par adulte), projection du film Royal Bonbon suivi d'un débat etc etc;
Pour de + amples renseignements l'infoline est au 01 44 92 03 98.
Voilà..
J'ai entendu la pub tout le WE sur la radio et je me suis it que j'allais vous en faire profiter!
Posté le: 06 Jan 2004 13:07 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Désolée de m'être trompée de post... Merci Alafoly!!
(Je lis beaucoup les posts sur le Vol mais n'ai pas beaucoup de temps pour y répondre... car je surfe du boulot..d'où ma rapidité à taper.. discrétion oblige hihihi!!!).
Genre: Femme Inscrit le: 18 Mai 2002 Sujets: 48 Messages: 10178 Localisation: .... là où me pousse le vent ......
Posté le: 20 Jan 2004 17:08 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Festival de l’independance : des Haïtiens fêtent 1804 a Miami
Courtesy of Haiti Press Network - Posté le 19 janvier 2004
Des milliers d’Haïtiens ont fait vibrer samedi l’amphitheâtre de « Bayside » a Miami (Sud de la Floride), a l’occasion d’un grand concert organise 16 jours après le bicentenaire de l’independance d’Haïti, le 1er janvier 2004.
Plus d’une dizaine de groupes haïtiens de toutes tendances - dont Tabou Combo, Boukman Eksperyans et Sweet Micky - ont participe au festival du bicentenaire auquel ont assiste des milliers de compatriotes venus d’Haïti, de l’ensemble de la Floride et de differents Etats de la Federation.
Les festivaliers ont surtout exprime leur fierte d’être libres et independants a l’instar des Americains, independants depuis 1776. Haïti a proclame son independance, le 1er janvier 1804 aux Gonaïves (155 kilomètres au nord-ouest de la capitale), après avoir combattu, avec succès a Vertières (Nord du pays), les forces expeditionnaires françaises commandees par le general Rochambeau. L’Armee indigène a defie ainsi celle de Napoleon Bonaparte, consideree comme la plus forte de l’epoque, et remporte une prestigieuse victoire.
Le festival de Bayside, consacre a l’independance de ce pays de la Caraïbe, s’est deroule dans une ambiance fraternelle. De temps a autres, les spectateurs, en majorite des jeunes, se sont tenus par les mains, a l’instigation des artistes, pour donner au monde entier une leçon de solidarite et signifier la pertinence de la devise haïtienne : « L’union fait la force ».
Les musiciens de l’orchestre international Tabou Combo ont, alors que le public ne s’y attendait pas, reveille la « folle envie » de regagner la « contree des grandes fleurs d’antan » chez les spectateurs haïtiens. L’interpretation du très prise « Ayiti (Twoubadou) » a laisse nostalgiques la plupart des spectateurs, presents a cette manifestation. D’autant qu’une grande majorite a quitte le pays, dans l’espoir seulement de mener une vie meilleure a la Republique etoilee.
Les rois du konpa ont attire l’attention des Haïtiens sur les peripeties auxquelles la communaute est confrontee aux Etats-Unis, dans l’espoir de redorer le blason d’Haïti vis-a-vis des pays etrangers. Même les journalistes, depêches pour couvrir l’evenement, ont ete epris par cet appel a « la revalorisation des valeurs locales qui constituent l’âme de la patrie. »
Pour sa part, Theodore « Lòlò » Beaubrun Junior, chanteur vedette du groupe rasin Boukman Eksperyans, a d’entree de jeu lance un message d’amour aux Haïtiens. « Aimez-vous les uns les autres », a-t-il exhorte. Il a invite egalement ses compatriotes a se mettre au pas de la revolution, mettant a l’index le president Jean Bertrand Aristide qui, selon lui, represente un obstacle majeur au developpement et au progrès du pays.
Le membre du collectif NON, très actif dans les recentes manifestations antigouvernementales a Port-au-Prince, a en même temps appele les Haïtiens a la prudence, par crainte de l’emergence d’autres types d’Aristide, qui seraient prêts a jouer toutes les cartes pour continuer a asservir la population après le depart de l’actuel chef de l’Etat.
Posté le: 20 Jan 2004 18:21 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Merci d'avoir ouvert ce sujet.
Je suis Haitienne par ma mère et Martiniquaise par mon père et à cette heure ci la seule chose que je souhaite c'est qu'à Haiti, qui est à la base une ile riche, la situation se rétablisse. C'est tellement triste de voir comment s'est passé la célébration du bicentenaire.C'est quand la PREMIERE République Noire indépendante.
Il y a un réél désordre politique: le président n'est pas tout frais mais plutot corrompu! Comment tu peux laisser ton ile vivre comme ca dans la misère? Tout ca pr quoi? Le POUVOIR! C'est nul. Je souhaite bien de bnes choses a l'ile chérie de ma mater.
Bisous _________________ L'amour est le seul rêve qui ne se rêve pas
Posté le: 20 Jan 2004 18:55 Sujet du message: HAITI: Bicentenaire de la 1ère République Noire
Alafoly!!! a écrit:
Le membre du collectif NON, très actif dans les recentes manifestations antigouvernementales a Port-au-Prince, a en même temps appele les Haïtiens a la prudence, par crainte de l’emergence d’autres types d’Aristide, qui seraient prêts a jouer toutes les cartes pour continuer a asservir la population après le depart de l’actuel chef de l’Etat.
j'ai entendu parler de ce collectif: ils s'attachent à reveiller l'opinion internationale si j'ai bien compris...
HAITI première Démocratie Noire dans l'Histoire.
Que 2004 mette enfin un terme aux souffrances de son peuple, et restaure la démocratie bafouée pendant trop longtemps.
le bicentenaire est une occasion à saisir pour mieux faire connaître la réalité de HAITI, et encourager ou susciter les réactions contre le régime en place. Il y a forcément un moyen de mettre un terme à tout cela.
trop de souffrances, trop de gachis, trop de corruption _________________ "Une fois pour toute nous posons ce principe: une société est raciste ou elle ne l'est pas. Tant qu'on aura pas saisi cette évidence, on laissera de côté un grand nombre de problèmes. "Frantz FANON
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