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Genre: Homme Inscrit le: 02 Nov 2003 Sujets: 10 Messages: 160 Localisation: Colombes
Posté le: 26 Nov 2004 23:23 Sujet du message: Hommage à Gramoun Lélé la Réunion
je n'ai pas l'habitude de poster mais pour cette occasion ...
adepte de la culture Réunionnaise je tenais à rendre hommage à ce grand Monsieur qui m'a fait dansé quelque fois sur du bon maloya!!!du bon bel air de chez nous en Martinique!!!
Gramoun Lélé, de son vrai nom Julien Ernest Philéas, est décédé à 74 ans ce dimanche. Il était l'un des plus illustres ambassadeurs du maloya.
Cela faisait deux ans que Gramoun Lélé se faisait dialyser. Il y a quelques jours, il a été pris d’un malaise et a été hospitalisé. Mais depuis, il semblait aller mieux…Sa mort a surpris toute sa famille ainsi que le monde musical réunionnais.
Fils d’un " Jako " (danseur de rue traditionnel de La Réunion) et d’une mère «batar-malgache» (originaire de Madagascar en créole réunionnais), Gramoun Lélé se lance très tôt dans le maloya (musique et danse traditionnels des esclaves) avec pour modèle son oncle Arsène Madia. Il n’a que 18 ans lorsqu’il commence à chanter dans les «servis kabaré» (service religieux malgache en hommage aux ancêtres), toujours flanqué d’un accordéon.
Authentique et sans artifice, il commence à être connu du grand public local il y a une quinzaine d’années. Avec son groupe, 12 personnes dont la majorité étant ses propres enfants, il porte haut les couleurs du maloya à La Réunion mais également dans une quinzaine de pays (Canada, Norvège, Suède, Finlande, Belgique, Allemagne, Afrique, Japon, Brésil, Madagascar,).
De ce chantre du maloya, il restera une belle œuvre musicale- quatre albums (Nanouniman, Soléyé, Zelvoula et Dan ker lélé)- et le souvenir d’un homme au «gran ker». Ses 84 petits-enfants et arrière petits-enfants ont promis d’assurer la relève. Gramoun Lélé s’en est allé peu de temps après un autre grand de la musique locale, le Raw Kaf décédé en juillet 2004. L’âme de leur maloya est toujours vivante.
Granmoun Lélé, cœur maloya
Dans le numéro 11 en mars 2003 «Océan indien Magazine» Bernard Grolier rendait hommage à , Granmoun Lélé qui préparait alors un album. Extraits.
Dans la famille Lélé, le grand-père est assurément la carte maîtresse.
Granmoun, comme tout le monde appelle Julien Philéas depuis un certain temps déjà, dirige sa petite troupe avec l’autorité souriante du patriarche incontesté. Enfants —il en a eu douze— et petits-enfants —le compteur a dépassé la soixantaine et continue de tourner— composent l’essentiel de la formation qui entoure l’ancien ajusteur de la sucrerie de Beaufonds, devenu un des phares du maloya réunionnais.
Ce rythme lancinant aux racines africaines et malgaches n’a cessé de battre, secrètement, dans le cœur des esclaves. Après l’abolition, il est resté le point de repère d’un petit peuple confiné aux bas étages de la société. Blues créole, musique de transe, le maloya accompagnait les “services”, hommages rituels rendus aux ancêtres dans l’intimité des cours, enflammait les kabar (fêtes) plus ou moins clandestins. Dans les années 60 et 70, il était aussi symbole de révolte, de résistance à l’assimilation culturelle (…).
Le premier 45 tours
En 1973, l’artiste-ouvrier enregistre un premier 45 tours. Il n’accède pas pour autant au rang de vedette, le maloya n’est toujours pas en odeur de sainteté. Les années passent, l’âge de la retraite arrive, Granmoun Lélé poursuit son œuvre discrète. Puis la culture réunionnaise se libère, enfin, de ses vieux tabous. Le maloya devient musicalement correct. Un jour, Christian Mousset, fondateur du festival Musiques Métisses d’Angoulême et créateur du label discographique Indigo, dédié aux musiques du monde, reçoit la bande sonore d’un concert. Révélation. Sans l’avoir jamais vu, il décide de faire venir Granmoun Lélé et son groupe en France, pour enregistrer un album, le premier digne de ce nom. Namouniman sort en
1992, il se vend à 25 000 exemplaires, en grande partie à la Réunion. L’île découvre sur le tard un étonnant personnage, en création perpétuelle, écrivant certains textes dans un dialecte malgache aux limites de l’imaginaire, recherchant de nouveaux sons dans les instruments traditionnels de Madagascar ou de l’Inde.
Deux disques suivront, Soleye et Dan Ker Lélé, toujours chez Indigo. Granmoun Lélé s’exporte sur les scènes européennes de la world music, mais aussi au Japon, au Brésil, en Inde, au Canada (...)
Dimanche 14 novembre , la nouvelle fait le tour de l'île. Granmoun Lélé vient de mourir, à 15 heures, à l'hôpital de Saint-Benoît. Souffrant de problèmes rénaux graves, sous dialyse depuis plusieurs années, âgé de 74 ans, on savait le chanteur affaibli ces derniers temps. Il a rendu son dernier souffle dans la ville même où il est né, sur la côte est, le 28 février 1930.
C'était, avec Lo Rwa Kaf (mort le 26 juillet) et Firmin Viry, l'un des pionniers du maloya, l'emblème musical de la Réunion, à la fois chant et danse accompagnés de percussions, introduit, dit-on, par les esclaves amenés sur l'île à partir du XVIIIe siècle, une musique à la fibre rebelle, longtemps interdite par les autorités, miroir d'une bouillonnante culture créole. A Saint-Benoît, où il a toujours résidé, Julien Philéas, surnommé Granmoun (grand-père) Lélé, né d'un père cafre (descendant des esclaves venus de Madagascar et du continent africain) et d'une mère "batar-malgache" (métissée malgache), il commence à chanter, avec pour modèle son oncle chanteur de maloya, Arsène Madia, à partir de 18 ans, dans les "servis kabaré", des cérémonies rituelles d'origine malgache au cours desquelles les ancêtres sont honorés.
Il travaille dans l'usine à canne, où est employé son père. Il y restera jusqu'à la retraite. En 1977, il crée son groupe, un collectif familial réunissant autour de lui sa femme, ses filles et ses fils. Après un premier album (Namouniman/Indigo), enregistré à Angoulême en 1993, à l'occasion du Festival Musiques Métisses, il multiplie les escapades en dehors de l'île (Afrique, Inde, Nouvelle-Calédonie, Japon, Canada, Scandinavie, Brésil, Belgique, Madagascar, France). Sur scène, c'est chaque fois la même histoire. Un coup de pied sur le plancher et la machine est lancée. Une transe joyeuse et implacable, le souffle infaillible des percussions qui font tourner un affolant rythme ternaire, des voix qui coulent en chœur, une tonique effervescence.
Après Namouniman, suivront Soleye (1995), Dan Ker Lélé (1998) puis Zelvoula, paru en 1993, sur le label Marabi, son ultime enregistrement. Œil coquin et voix espiègle, toujours joyeux et pétillant, Granmoun Lélé revendiquait la paternité de quelque 200 chansons.
Source: Le Monde _________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
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