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Enseignante aux USA et auteur d'une étude
linguistique sur le Kréyol, le professeur Ama Mazama
nous dévoile ses liens étroits avec les langues
africaines. Cette analyse qui contrecarre les théories
visant à faire de la langue kréyol un simple français
abâtardi, redonne ses lettres de noblesse à un
idiome qui compte plusieurs millions de locuteurs
dans le monde.
Il existe plusieurs théories cherchant à expliquer et à
décrire les multiples aspects des cultures dites « afro-
américaines, » telle article est consacré. Il convient de
noter, cependant, que la plupart de ces théories
procèdent d'une matrice eurocentriste dans la mesure
où elles présentent ces cultures « afro-américaines »
comme absolument nouvelles et en datent le
développement généralement au dix-septième siècle,
soit au moment de la colonisation des « Amériques »
par les Européens. Ce qui est postulé ici c'est une
rupture entre la culture africaine et ces cultures « afro-
américaines. » . Ainsi, le guadeloupéen fut d'abord
décrit en termes ouvertement racistes comme simple
"déformation" et "simplification" du français,
processus soi-disant rendus nécessaires par l'ingratitude
de notre physique et la faiblesse de notre cerveau
(théorie du baby-talk). La même analyse de
discontinuité culturelle et linguistique se présente
aujourd'hui sous la forme à peine plus sophistiquée de
la théorie universaliste (Bickerton, 1981) ou
polygénétique (Chaudenson, 1979 ; Bernabé et al.,
1989). Ces deux théories reposent sur le postulat de la
table rase (tabula rasa) culturelle et linguistique : les
langues et culture africaine n'auraient pas survécu à la
traversée de l'Atlantique, pas plus qu'aux conditions de
vie dans l’univers plantocratique, plaçant ainsi les
Africains dans une situation de quasi-amnésie et de
privation culturelle et linguistique. Les rares éléments
dont l'origine africaine est incontestable sont classées
comme "africanismes", un terme qui reflète bien le rôle
superficiel et tout à fait périphérique joué par les
langues africaines dans la formation de la langue
guadeloupéenne. Ainsi que l'explique Mervyn Alleyne
(1996 : 17) : "La plupart de ces hypothèses ont pour but ou
pour effet de rejeter, de nier ou de minimiser le rôle des langues
africaines indigènes dans la genèse des créoles (c'est-à-dire de
rejeter la prétendue hypothèse du substrat)".
Cet article sur la langue guadeloupéenne s’inscrit dans
une perspective fondamentalement différente de celle
décrite plus haut. Il est nécessaire, à ce point, de préciser que
cette perspective, que l’on peut appeler afrocentrique, est
caractérisée, entre autres, par les trois postulats
suivants : L’existence d’une matrice culturelle africaine, ayant
différentes manifestations de surface. Puis la continuité entre
la culture africaine sur le continent et la diaspora (plutôt
qu’une rupture), s’inspirant de l’historiographie africaine
suggérée par Cheik Anta Diop en particulier. Enfin,
l’importance et fondamentale dimension spirituelle de la
langue. Ils sont nombreux ceux qui soutiennent ou acceptent
implicitement que la culture africaine ne puisse plus servir de
référant aux Africains déportés en Guadeloupe du fait de la
séparation systématique des Africains de même origine
ethnique (et linguistique), et de leur expérience d’un puissant
processus d’assimilation à la culture française. Bien que fort
répandue, cette croyance n’en demeure pas moins sans
fondements socio-historiques. Ainsi, comme je l’ai par
ailleurs démontré (Cérol, 1991 ; Mazama, 1997), la
reconstitution de groupes linguistiques et ethniques africains
est amplement attestée pendant toute la période de
l’esclavage. Les planteurs, en effet, comprirent rapidement
qu’il était dans leur intérêt de faire en sorte que les africains
de même origine ethnique restent en contact et ceci afin
de limiter leurs pertes en "capital humain" dues, entres autres
choses, à la dépression et à l’isolement des Africains
nouvellement arrivés. Poyen de Saint-Marie (1792:41), un
planteur fort expérimenté, recommandait on ne peut plus
clairement aux nouveaux planteurs de se "spécialiser" dans
une ethnie donnée, en donnant toujours "la préférence à la
nation qui a le mieux réussi" sur leur plantation. La
persistance de nations africaines spécifiques est en fait
attestée pendant toute la période de l’esclavage. Le poète
Germain Léonard (1787 : 207-, par exemple, assista à un
mariage d’Africains à la fin du dix-huitième siècle, et voici ce
qu'il vit : "il faut du moins vous donner l'idée d'une noce
de nègres que je vis peu de jours après chez M. Desmarets.
Différentes nations de Noirs y parurent distinguées par
leurs drapeaux. L'épousée, tenant les bouts de son tablier
dans ses deux mains, était au milieu du cercle, et chaque
femme se présentait devant elle pour danser. Les nations
avaient leurs danses particulières."
Dans le domaine lexical, il est également
significatif que de nombreux mots d'origine
africaine se retrouvent dans des sphères
sémantiques "privées," telles que les sphères de la
spiritualité, de la sexualité, et d'une façon plus
générale, soient des mots émotionnellement
marqués au plan sémantique. Citons, à titre
d'exemples, gua. gyenm "féroce, prêt au combat"
< kimbundu ngemo "féroce ;" gua. balata "coup
de nerf de bœuf" < kikongo lata "frapper" ; kik.
balata "être en colère, méchant ;" gua. bada
"couvert d'excrément" < kik. bada "excrément",
etc... Les mots que nous venons de citer (pour une
liste plus exhaustive, voir Mazama, 1997 : 40-49) nous
offrent un parfait exemple de la ténacité des
langues africaines. En effet, ces dernières
continuent à permettre aux Guadeloupéens de
nommer les aspects les plus intimes de leur réalité.
Par Ama Mazama.
De nombreux traits linguistiques reflètent cette
continuité entre l'Afrique et la Guadeloupe :
La structure du syntagme nominal, N + Det., attestée dans les
langues Niger-Congo, aussi bien qu'en guadeloupéen : gua. pot-
la / wolof ndap-la "le vase ;" gua. moun-lasa / kimbundu
muntu-yo "cette personne ;" gua. gason-an-mwen / kimbundu
mono-a mi "mon fils ;"
La prépondérance de l'aspect sur le temps, et l'usage de
marqueurs d'aspect et de temps préposés au prédicat, en
guadeloupéen comme dans les langues Niger-Congo : gua. An ka
travay / kimbundu Eme nga mubanga "je travaille ;"
La focalisation du prédicat par extraction et réduplication, à fin
d'emphase : gua. Sé kouri I kouri Bastè "Il est allé en courant
(et non en marchant) à Basse-Terre)" / yoruba Llibi ke n-bi isi
Legos "Il est allé en courant (et non en marchant) à Lagos" ;
Les constructions verbales sérielles datives et comparatives : gua.
Achté'y ban mwen / yoruba Ra a fun mi "Achète-le moi" ; gua.
Chouval gwo pase bourik/ ewe Sé Lolo wu tedzi "Le cheval est
plus gros que l'âne".
Posté le: 20 Déc 2004 23:15 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Toujours dans le cadre de « la linguistique comme débat entre les textes » pour parodier le titre d'un manuel de philosophie du début des années 80 voici un autre texte à étudier, à mette en perspective par rapport à :
Une quarantaine de créoles à
travers le monde, parlés le plus
souvent dans les îles des caraïbes
ou de l'océan indien, déchaînent
les passions des linguistes et pour
cause : les étudier lève le voile
sur la naissance des langues.
L'histoire des langues créoles, parlées par
quelques millions de locuteurs dans le
monde, est indissociable de la colonisation.
Au dix-septième siècle,
les Espagnols em-
ployaient le mot
« criollo» pour dési-
gner ceux d'entre eux nés dans
les colonies de l'Amérique ou
des Caraïbes. Les Français,
autres colonisateurs de terri-
toires lointains, l'adaptèrent en
« créole ». Mais pour eux, « les
Créoles » étaient les femmes et
les hommes nés dans les îles,
filles et fils d'exploitants blancs
aussi bien que d'esclaves de
couleur. Ils étendirent égale-
mentie mot aux animaux et aux
choses : vaches, poules et café
pouvaient être créoles, à condi-
tion qu'ils soient nés dans
les colonies. Être créole, c'était
par conséquent, tout simple-
ment, naître sur les terres
des colonisateurs.
Aujourd'hui, le substantif
« créole » est employé avec des
sens divers pour désigner des
personnes mais il s'applique sur-
tout à des langues. Une quaran-
taine de par le monde, parlées
par quelques dizaines de mil-
lions de locuteurs, tels les créoles
réunionnais, martiniquais, gua-
deloupéen, capverdien.
Leur histoire, indissociable de
la colonisation, passionne les
linguistes. À juste titre ! Leur
forme actuelle conserve l'es-
sentiel de caractéristiques ap-
parues au plus 350 ans plus tôt.
Surtout, de nombreux docu-
ments, rédigés par les premiers
colons ou les agents des em-
pires européens, témoignent de
leur genèse. Les créolistes se
trouvent en prise directe avec
les phénomènes qui président à
la naissance d'une langue.
Posté le: 22 Avr 2005 20:37 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Quelques uns de livres présentés dans la bibliographie un début de ce post mais là en images et le texte de la quatrième de couverture.
Ina Césaire, Contes de nuits et de jours aux Antilles,
Paris, Editions Caribéennes, 1989, 144 p.
CONTES DE NUITS
ET DE JOURS AUX ANTILLES
Douze ans après la publication de son premier
ouvrage bilingue, Contes de Mort et de Vie aux Antilles,
Ina CESAIRE, ethnologue martiniquaise, spécialiste
des littératures orales de l'aire caraïbe, nous propose un
nouveau recueil de contes inédits, collectés dans les
campagnes de la Martinique.
Au-delà de la beauté formelle de cette création popu-
laire, le lecteur averti décèlera les clefs de l'imagi-
naire et de la symbolique créoles, révélateurs d'une
société longtemps opprimée qui, dénuée des moyens
traditionnels de défense, a choisi, pour exprimer sa
révolte et pour survivre, les «armes miraculeuses»
de l'humour et de la poésie.
Posté le: 24 Avr 2005 23:41 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Epuisé à la vente depuis longtemps mais disponible en bibliothèque :
Ina Césaire, Joëlle Laurent, Conte de mort et de vie aux Antilles, Paris, Nubia, 1976
Dans cet ouvrage bilingue (créole / fran-
çais). Joëlle Laurent et Ina Césaire pré-
sentent des contes populaires enregistrés
sur le vif lors de veillées funéraires qui
eurent lieu dans les campagnes antillaises
de la Martinique et de la Guadeloupe. Une
introduction condensée les situe dans leur
contexte historique et sociologique recense
leurs personnages et en analyse la symbo-
lique et la signification profonde.
À ce répertoire varié, riche d'enseigne-
ments et d'humour, le créole apporte l'au-
thenticité irremplaçable de son rythme de
terroir et de sa syntaxe intime. On y trouve
exprimée, sans la moindre ambiguïté, l'iden-
tité nationale d'un peuple aux prises avec
les violences socioculturelles de l'esclavage
et du colonialisme ; car le conte, véritable
reflet de la société, agit en microcosme ;
héros et épisodes transposent ici, de façon
à peine voilée, les personnages et situation
de vie propres au milieu antillais.
Ouvrage bilingue créole/ français ; 250 pages ; 18,5 X 25,5,
tiré sur couché mat de 100 gr./ m² ; broché sous jaquette
Kromekote de 250 gr./ m², illustrée d'une quadrichromie.
I.S.B.N. : 2-85586-004-0
Prix TTC : 35 francs.
NUBIA, 50, boulevard de Port-Royal, 75005 PARIS.
Sylviane Telchid, Hector Poullet, Zayann, Fables de La Fontaine, Créole/Français, Abymes, PLB Editions, 2000, 144 p.
Sylviane Telchid et Hector Poullet ont été les pionniers de l'in-
troduction du créole à l'école, en Guadeloupe. Dès la fin des
années 70, il leur a fallu, entre autres difficultés, résoudre le
problème des outils pédagogiques.
Les Fables de La Fontaine, adaptées en créole de la
Guadeloupe, font partie de ces supports particulièrement
appréciés de leurs élèves et étudiants.
Ces 50 premières fables, rédigées à la manière des contes
créoles, dans une langue parfaitement maîtrisée, devraient
plaire à tous ceux qui veulent découvrir ou mieux connaître la
Culture et la Langue créoles
Posté le: 25 Avr 2005 19:25 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
An bel liv zot pé ofè zanmi zot.
Raphaël Confiant, les maîtres de la parole créole,
photographies de David Damoison, textes recueillis par Marcel Lebielle,
Paris, Gallimard, 1995, 222 p.
Les Maîtres de la parole créole sont ces conteurs
de Martinique, Guyane, Guadeloupe, Sainte-Lucie,
Dominique et Haïti dont les contes sont à l'origine
de la littérature créole. Dans cette anthologie,
vingt-six conteurs de douze à quatre-vingt-douze ans
ont été réunis grâce aux enregistrements effectués
par Marcel Lebielle. Raphaël Confiant est leur passeur.
Il les présente dans de savoureux portraits
et a transcrit au plus près de leur débit, du rythme
du récit, des jeux de langue entre conteurs
et spectateurs, les histoires originales comme les contes
traditionnels. David Damoison a photographié
les conteurs en action, et traduit à son tour, en images,
la vigueur et la poésie de la parole créole.
Photographie de couverture : David Damoison
Le conteur Césaire Surbon
ISBN : 2-07-074353-5 ! * 95-XI A 74353 170,00 FF tc
Posté le: 25 Avr 2005 19:29 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Encore en vente dans le commerce.
Petite Bibliothèque du Curieux Créole
Gombo Zhèbes
Petit dictionnaire des proverbes créoles
Little dictionary of creole proverbs.
Sélectionnés par Lafcadio Hearn
Version bilingue du recueil publié en 1885.
Gombo : Hibiscus esculentus, ou Abelmoschus esculentus,
autres noms vernaculaires : gombaudJ okra, ketmie
comestible, lady's finger. C'est une plante tropicale
herbacée qui peut atteindre deux mètres de haut et aurait
été déjà cultivée en Egypte deux siècle av. J.C. Sa fleur
est jaune et ses fruits verts sont longs d'environ 15 cm.
Mucilagineux, ils se consomment cuits, nature ou à la
vinaigrette. ou entrent dans la composition de soupes
ou de plats régionaux.
C'est ce petit légume tropical que Lafcadio Hearn a voulu
mettre à l'honneur en proposant ce pot-pourri de proverbes créoles.
Paru à New-York en 1885, ce recueil représente un travail de
recension original puisqu’il regroupe des proverbes de recueils anté-
rieurs en provenance de Louisiane, de Martinique, de Guyane,
d'Haïti, de Trinidad et de l'Île Maurice.
C'est une publication peu divulguée de l'écrivain Lafcadio
Hearn, écrite alors qu’il était établi à la Nouvelle-Orléans.
Au menu donc, en plat principal, ces proverbes de plus d’un
siècle d'âge ; mais laissez-vous tenter par les notes, elles sont savou-
reuses et se grignotent comme des pickles.
Caret
ISBN 2-912849-01-2
1998, Caret s.a.r.l., BP. 165 – 97190 Le Gosier – Guadeloupe
Exemple de proverbe :
1. When the Acoma has fallen everybody says : it’s only rotten wood
Acoma tombé toutt moun di : c’est bois pourri.
Quand l’Acoma est tombé, tout le monde dit : c’est du bois pourri
(Martinique)
Posté le: 25 Avr 2005 19:37 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Encore en vente dans le commerce.
Marie Thérèse Lung-Fou, Contes Créoles, Contes, Légendes,
Proverbes, Devinettes et autres histoires fantastiques, Lamentin,
Editions Désormeaux, 2002, 191 p.
Au sein de ce trésor infini qu'est le folklore d'un
peuple - son savoir le plus solide et le plus diffus, celui que lui
a légué la tradition - la littérature orale (contes, légendes,
proverbes, chansons, devinettes occupe une place privilégiée).
Elle retrace en quelque sorte l'histoire primitive, celle de ces
temps originaux où se dessina poétiquement l'âme d'une
collectivité, où se forgea sa sagesse aussi au dur contact de
l'existence et de ses difficultés.
Plus que tout autre, l'enfance aux Antilles est bercée par des
contes et des légendes, par des croyances superstitieuses, par
tout un climat de communion avec la nature, les animaux, les
fleurs, les arbres, les fées et les sorcières.
Elle est aussi pimentée par les saillies, les drôleries, les
polissonneries parfois de héros madrés comme ti-jean ou
compère Lapin.
A travers ces récits entendus aux veillées, à travers leurs
personnages et leurs aventures variées, épiques,
dramatiques, émouvantes ou
grotesques, vous redécouvrirez le monde.
Fables Créoles
transposées et illustrées par
Marie-Thérèse Julien Lung-Fu
Achevé d'imprimer en juin 1973
sur les presses de l'imprimerie Antillaise Saint Paul
Dépôt légal 3e trimestre 1973.
72 p.
PRÉFACE
Voici des fables
Et des devises
Savoureuses, pétulantes, pétillantes
Et si vous doutiez du charme du
créole,
Humez comme elles sentent bon
Sentent bon le terroir
Par la vitalité, la vivauté l'à-propos
Et si vous cherchez pourquoi
Le créole excelle tant à les traduire
Oyez cette merveilleuse histoire
avec Pérettte songez-vous
Et d'évoquer le bon Lafontaine
Que ne lui demandez-vous,
Au bon Lafontaine
Pourquoi ses fables ne sont pas dites d'Esope ?
C'est que Esope, le sage Esope
Vous eut dit qu'ils sont d'Egypte
Et que l'Egypte vous eut redit
Qu'ils sont d'Afrique
Voici le pot au lait...
Or voici qu'une langue
Filière de refléter l'Afrique
Le créole, ai-je dit,
Reprend le thème, reprend son bien
Et sa loi est un flot rythmé
Epousant le rythme divers et
Ondoyant de la pensée
Ses fluctuations, ses symboles,
Ses rejets, ses surgissements.
Et des rimes... point
Mais tout le sortilège des visionnaires,
Du rêve éveillé, de la poésie
Pour tout dire
Posté le: 27 Avr 2005 21:20 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Liv-tala vini red pou trouvé pas Edision New Legend pa ka ekzisté ankò.
Auguste Berthely aka Ogis M'Biatako ka viv aprézan Gwadloup kon man li a adan Antilla N°1138 ki sòti 13 avril 2005."Rencontre entre poètes de Martinique et de Guadeloupe".
M'BITAKO (Berthely), Ogis. Nèg Mawon : poèm. 2ème édition revue et corrigée.
Paris, New Legend, 1998. 155 p.
Un recueil de poésie entièrement composé dans le
créole d'une des îles des Antilles françaises, qui met l'accent
sur la beauté de cette langue magnifique et sur la majesté
d'une épopée : il est consacré aux luttes extraordinaires que
des hommes et des femmes ont menées contre les
inqualifiables souffrances qui leur ont été infligées.
Un recueil qui retrace quelques lignes sur cette
puissance qui nourrissait ces êtres si affaiblis en apparence ;
ces êtres déshumanisés qui réalisèrent tant et tant d'exploits
individuels et collectifs pour conquérir la liberté et la dignité
de leurs descendants.
Nèg Mawon, c'est un poème qui nous rappelle les défis que des individus
doivent relever aujourd'hui pour exister pleinement dans ce monde qui cherche à les
étouffer, pour déployer au beau milieu du ciel, en pleine nuit, la pleine lune de leurs
brillantes cultures, de leur contribution à la diversité universelle et au patrimoine
mondial.
" Nèg Mawon, c'est de la pure énergie positive pour celles et ceux qui
veulent grandir jusqu'au ciel, avec des racines qui plongent jusqu'au cœur de la
terre, de façon à être i-né-bran-la-bles ! ", nous dit l'auteur.
Ogis M'BITAKO, sé boug Gwadloup. Misyé enmé sa i ka défann : pèp a-y, kilti
a-y, lang a-y. Katèl a-y, sé voyé Nèg-la monté, Nèg Karayib-la kon Nèg Lafwik, an menm
balan ki lang-la...
"Nèg Mawon, sé on krèy poèm, yenki an kréyòl. Pawòl palé. Pawòl matshé. Pawòl
manmboboula. Pou fè kréyòl-la swingé. Anlè soufwans a Nèg, dépi prèmyé bato négriyé-
a jous jòdla, anba shenn lajan léta fwansé i ka rivé tizi jouz bòdzè annou ; anba shenn
lanmizè i ka rivé touné sévèl a onpatimoun ki poutan wé ; anba shenn léwòp krizokal
ka vèglé tout pèp annou, kifèwvwè tousa fanm annou endifòm kon adò padavwa timoun
annou ka fèt malèt ayo an men ayo...
Nèg Mawon, sé démokatpawòl anlè Zansèt annou i fin pa fè san sòti an wòsh pou
nou té rivé gen-yen flanm dignité-a i ka kléré an zyé annou-a jòdla. Sé gangann bradfò
annou, Nèg i fouté bon fè pou té bannou Libèté-a nou tèlman kontan-a. Sé noumenm,
mannyè nou ka débat kon-nouyéla, épi, délè, manyè nou ka pèd lakat...
Nèg Mawon, sé fòs, sé balan, ba sa i vlé dékolé pou fè nou volé ho san krenn hak
anmitan syèl loraj lavi. Sé nou, dèpi pwent a rasin an nou jous anbout a dènyé ti bransh a
tèt annou, èvè blès annou, èvè flè èspwa annou, èvè fwi annou. "
Posté le: 28 Avr 2005 20:50 Sujet du message: Matjé Kréyol, Sa Fasil Menm ! Tutoriel
Liv-la an fransé.
Derek Walcott. Ti-Jean et ses frères. Traduction de Paol Keineg. Coll. Théatre. Paris, Circé, 2002. 84 p.
" Être né dans une petite île, dans un trou
perdu colonial, signifiait une résignation
précoce au destin. L'architecture de pacotille
de la seule ville, les vérandas de poupée, les
jalousies, les avant-toits de dentelle, joliment
ajourés comme les napperons qui ornent les
tables encaustiquées des pauvres,
paraissaient si fragiles que la nature était la
seule vie concevable. Une nature sans
l'homme, comme la mer sur laquelle la voile
d'une barque ressemble à une interruption.
Une nature aux chancres : bicoques grises et
pourries, de la couleur d'une robe de
paysanne, qui s'entassaient pêle-mêle sur les
pentes rocheuses à l'extérieur des villages.
Mais par la nature, on en venait à aimer
l'absence de philosophie, ainsi que,
fatalement, peut-être, la beauté de
certains avilissements. "
Circé / Théatre
ISBN : 2-84242-007-1
65FF
Menm liv-la mofwazé an kréyol.
TI-JAN É DYAB-LA, Derek Walcott ( trad. Ogis M'Bitako). 2003. ISBN 2-852275-033-3, Ed. Désormeaux, Lamentin, Martinique.
Derek Walcott : Moun Sentlisi. Mèt-a-Mangnòk adan powèzi é téyat. Dépi avan i té trapé Nobel a litérati an 1992, moun toupatou téja tann palé dé bèlté a fòs a liv a-y...
Ogis M'Bitako : Moun Gwadloup. Ka matshé an kréyòl. Mi dézyèm katèl a-y pou menm goumé-la : fè lang-la fwitayé wouvé zèl shayé nou monté lwen adan fòs a kilti annou...
Ti-Jean and His Brothers, sé on mèt mosotéyat Misyé Derek Walcott matshé anlé kanman a kont ka kouri toupatou adan Karayib-la anlé défyé Dyab-la ka défyé sé Neg-la pou-y manjé yo lè yo pèd... Jousjou Ti-Jan, toupiti ti mongongnon, vin pwan kanpo douvan-y. Ka on goumé konsa pé byen bay, tousa fòs kont tousa hak ?
Tout shalé a jennès a Misyé Wlcott adan ti mosotéyat-lasa, ka montré nou kijan tout bobo tini longan a-y, kontèl lèwvwè lennmi a-w pi fò ki-w, si ou pi wé ki-y, ou sèten bat li: fòs pa tout! Kifè sé an men annoumenm divini annou yé