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« FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'AFRIQUE


 
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 « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'AFRIQUE
batignoles67
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 #1 Posté le: 12 Fév 2006 20:54    Sujet du message: « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'Afrique Répondre en citant

http://www.paixjusteauprocheorient.com/article.php3?id_article=2006

papier antisionniste clairement déclaré mais l'article est très intéressant car on y apprend plein de chose



Citation:
Au cours de la deuxième guerre mondiale, celui qui allait devenir le
Premier ministre de l'Afrique du Sud de l'apartheid, John Vorster,
fut interné par les autorités britanniques pour ses activités en
faveur de l'Allemagne nazie. Mais trois décennies plus tard, cet
homme sera accueilli en grande pompe à Jérusalem. Le journaliste du
Guardian Chris McGreal, qui a effectué une grande partie de sa
carrière tant en Afrique du Sud qu'en Israël-Palestine, vient de
publier une longue enquête sur l'alliance militaire clandestine
entre Israël et le régime de l'apartheid, qui trouva son point
d'orgue avec le développement, en commun, de l'arme nucléaire.


« Frères d'armes » : Le pacte secret d'Israël avec l'Afrique du Sud
de l'apartheid (traduction : CAPJPO-EuroPalestine)


(The Guardian, 7 février 2006)

Par Chris McGreal Il y a quelques années, à Johannesbourg, je
rencontrai une femme juive, dont la mère et la sœur avaient été
assassinées à Auschwitz. Peu après vint son tour d'entrer dans la
chambre à gaz. Mais un miracle se produisit, et la mise à mort du
groupe de condamnés dont faisait partie Vera Reitzer fut annulée au
dernier moment. Vera Reitzer survécut à l'enfer d'Auschwitz, se
maria peu après la guerre, et émigra en Afrique du Sud.

Sur place, elle adhéra, au début des années 1950, au Parti National
(PN), qui venait de remporter les élections (réservées à la
population blanche, NDR) sur une base ouvertement raciste et
ségrégationniste. C'est à ce moment-là que le Premier Ministre du
PN, Malan, introduisit au Parlement une nouvelle législation, qui
rappelait furieusement les lois de Nüremberg adoptées par Hitler
contre les Juifs : la « Loi portant recensement de la population »
de Malan classait les Sud-africains selon leur race, elle
interdisait le mariage et les relations sexuelles entre gens de
couleur différente, et elle barrait aux Noirs l'accès à de multiples
professions.

Vera Reitzer ne voyait pourtant pas de contradiction dans le fait
qu'elle-même, survivante du génocide, puisse adhérer à un système
rappelant de manière dérangeante, dans la philosophie qui le sous-
tendait sinon dans l'amplitude de ses crimes, celui auquel elle
avait réussi à survivre. A l'époque, elle pensait que l'apartheid
était une nécessité, tant pour prévenir la domination par les Noirs,
que pour endiguer le communisme, qui triomphait au même moment dans
son propre pays d'origine, la Yougoslavie. Reitzer déclare
aujourd'hui qu'elle était convaincue que les Africains étaient
inférieurs aux autres êtres humains, et ne devaient par conséquent
pas être traités en égaux. Je lui fis observer qu'Hitler disait la
même chose à propos d'elle, en tant que Juive. Elle me demanda alors
de mettre fin à l'entretien.

Reitzer n'était pas un cas isolé dans cette communauté juive
d'Afrique du Sud, dont beaucoup de membres manifestaient de
l'enthousiasme pour l'apartheid, et leur appartenance personnelle au
Parti National. Au demeurant, elle était elle-même une représentante
en vue de la communauté, travaillant dans l'Association des
Survivants de l'Holocauste, alors que les Juifs qui militaient
contre le système d'apartheid étaient au contraire fréquemment
dénoncés par leur propre communauté.




De nombreux Israéliens repoussent avec horreur l'idée que leur pays,
né sur les cendres du génocide et qui s'est construit sur les idéaux
du judaïsme, puisse être comparé un instant à un régime raciste.
Pourtant, pendant des années, la majorité des sud-africains juifs,
non seulement n'ont pas lutté contre le système d'apartheid, mais
ont au contraire prospéré sous son aile protectrice, même si
quelques membres de cette communauté ont occupé une place éminente
dans les mouvements de libération. A la même époque, les
gouvernements israéliens, eux aussi, ont mis sous le boisseau les
critiques d'un régime dont les dirigeants avaient antérieurement été
des admirateurs d'Adolf Hitler. Pendant trois décennies, la
célèbre « pureté des armes » -le terme employé par Israël pour
vanter la supériorité morale de ses soldats- fut secrètement
sacrifiée, dès lors que l'avenir de l'Etat Juif devenait si
étroitement imbriqué avec celui de l'Afrique du Sud que les milieux
dirigeants de la défense israélienne finirent par se convaincre que
la relation avec l'Afrique du Sud était vitale pour leur propre pays.

L'antisémitisme Afrikaner

(Note du traducteur : l'histoire coloniale de l'Afrique du Sud a
comporté plusieurs étapes. Au XVIIème siècle, la conquête du pays
commence avec l'arrivée de colons d'origine néerlandaise, qui se
définissent comme « Afrikaner », et parlent une langue très proche
du néerlandais, l'Afrikaans. Mais l'Empire britannique pénètre à son
tour le pays. Il entre en compétition avec les premiers
colonisateurs, les Afrikaners. Il en résultera une guerre entre les
deux camps, la guerre des « Boers » (1899-1902, Boer signifiant
paysan en néerlandais, la colonisation ayant d'abord été rurale,
avant le développement des ressources minières et industrielles du
pays avec une main d'œuvre noire privée de droits. Après 1902 et la
défaite des Afrikaners, l'Afrique du Sud entre dans le giron de
l'Empire britannique, sans que cela mette fin aux volontés «
indépendantistes » -façon de parler, la majorité noire étant promise
à une exploitation encore plus féroce- de la partie Afrikaner de la
population blanche. En 1948, le PN Afrikaner gagne les élections
comme on l'a vu plus haut, il construit le régime d'apartheid, et
rompt officiellement ses derniers liens avec l'Empire britannique en
1961)

L'apartheid avait pour objectif d'introduire la ségrégation dans
tous les domaines de la vie, du travail à la chambre à coucher,
alors même que les blancs dépendaient des Noirs, en tant que main-
d'œuvre et domesticité. La ségrégation prit ensuite l'appellation
de « développement séparé » et on créa les « bantoustans », ces cinq
enclaves nominalement indépendantes, où l'on entassa des millions de
Noirs sous la férule de potentats locaux, à la solde des dirigeants
(blancs) de Pretoria, la capitale.

Lorsque le PN prit pour la première fois le pouvoir à Pretoria, en
1948, les Sud-africains juifs - dont la majeure partie était arrivée
à la fin du XIXème siècle, fuyant les pogroms de l'Empire tsariste,
en Lituanie et en Lettonie surtout- avaient quelques soucis à se
faire. Une petite dizaine d'années avant de prendre les commandes du
gouvernement, c'est-à-dire en 1937, Malan dirigeait en effet
l'opposition à l'accueil des Juifs allemands pourchassés qui
essayaient d'être admis en Afrique du Sud. « On a dit que je m'en
prends maintenant aux Juifs en tant que Juifs. Eh bien, permettez-
moi de vous dire que c'est parfaitement exact », se vantait ainsi
Malan devant le Parlement sud-africain en 1937.

Les préjugés antisémites, dans la population Afrikaner, s'étaient
développés depuis les succès économiques obtenus par des Juifs à
partir des années 1860, consécutivement à la ruée vers les mines de
diamant du Kimberly. Au début du XXème siècle, un envoyé spécial du
journal The Manchester Guardian, nommé JA Hobson, racontait par
exemple que la guerre des Boers était ressentie, sur place, comme
une guerre conduite dans l'intérêt « d'un petit groupe de financiers
étrangers, principalement d'origine allemande et de race juive ».
Cinquante ans après, Malan et ses hommes étaient toujours habités
par ces théories de complots. Hendrik Verwoerd, directeur d'un
journal violemment antisémite, Die Transvaler, et futur auteur d'un
projet de « Grand apartheid », accusait les Juifs de contrôler
l'économie. Avant la seconde guerre mondiale, une confrérie secrète
Afrikaner, la Broederbond -dont Malan et Verwoerd étaient membres-
entra en relation avec les Nazis. Un autre membre de la Broederbond
et futur Premier Ministre, John Vorster, fut interné pendant la
seconde guerre mondiale (l'Afrique du Sud restant encore dominée par
la Grande-Bretagne), pour ses liens avec les Nazis, et avec la
milice fasciste locale des « Chemises Grises ».

Don Krausz, qui préside aujourd'hui l'Association des Survivants de
l'Holocauste, est arrivé en Afrique du Sud en 1946, après être passé
par les camps de concentration de Ravensbrück et Sachsenhausen, et
il a perdu une grande partie de sa famille dans le génocide. « Les
Nationalistes avaient un programme électoral fortement antisémite en
1948. La presse Afrikaans était méchamment anti-juive, on pourrait
la comparer à ce qu'était le Stürmer dans l'Allemagne d'Hitler.
Quand on était juif, à l'époque, on avait peur de l'Afrikaner. Ma
femme est originaire de Potchefstroom, dans ce qui était alors la
province très Afrikaner du Transvaal. Chaque fois qu'un Juif
arrivait dans la localité, il pouvait être sûr d'avoir des ennuis
avec les Chemises Grises. Il n'y a aucun doute que dans les villes
et localités à prédominance Afrikaner, les Juifs étaient brimés. Et
voilà que ces types prennent le pouvoir en 1948 ... On craignait le
pire », se souvient Don Krausz.

Helen Suzman, laïque d'origine juive, fut pendant longtemps la seule
voix anti-apartheid au parlement sud-africain. « Les Juifs ne
craignaient pas une répétition du génocide, mais ils redoutaient
l'adoption de lois raciales de type Nüremberg, par exemple des lois
qui leur barreraient l'exercice de leurs professions respectives. Le
nouveau gouvernement avait prévenu qu'il accentuerait la ségrégation
raciale, et les Juifs se demandaient quel serait leur sort
particulier », raconte-t-elle.

La peur fut cependant de courte durée, parce que si le gouvernement
adopta effectivement de dures lois raciales, les Juifs en furent
exonérés. Le gouvernement d'apartheid, fondé sur la suprématie
blanche, devait tenir compte des réalités démographiques, et il
considéra qu'il ne pouvait pas se payer le luxe de se priver d'une
partie de la population blanche, fût-elle juive. En l'espace de
quelques années, beaucoup de Juifs arrivèrent à une situation où non
seulement ils n'avaient plus peur, mais où ils trouvaient
franchement leur compte avec le nouveau système. Il y en eut même
qui établirent un parallèle centre ce renouveau du nationalisme
Afrikaner et le renouveau juif incarné par Israël.

Beaucoup d'Afrikaners considéraient que la victoire électorale du
Parti Nationaliste les libérait d'un ordre britannique détesté. Les
camps de concentration créés par les Britanniques pendant la guerre
des Boers pour y parquer les Afrikaners rebelles ne pouvaient certes
se comparer à ceux où les Nazis mettaient les Juifs, mais la mort de
25.000 femmes et enfants, de faim et de maladies, avait laissé des
traces profondes dans la mémoire Afrikaner, une mémoire analogue à
celle du génocide, avec laquelle Israël a construit son identité. Le
régime Afrikaner, lui aussi, martela l'idée que les Afrikaners
devaient défendre leurs intérêts, ou faire face à l'anéantissement.

(...)

Et puis il y avait Dieu. L'Eglise Réformée Hollandaise alla chercher
des justifications à l'apartheid dans l'Ancien Testament et dans
l'histoire Afrikaner, affirmant que la victoire, déjà ancienne, des
Afrikaners sur le peuple Zoulou à la bataille de Blood River était
un signe que le Tout-Puissant était bien du côté de l'homme blanc.

« Les Israéliens disent qu'ils sont le peuple élu, choisi par Dieu,
et ils trouvent une justification biblique à leur racisme et à leur
exclusivisme sioniste », dit Ronnie Kasrils, ministre des
Renseignements de la nouvelle Afrique du Sud, post-apartheid. Ronnie
Kasrils, qui est juif, a lancé une pétition en direction des Juifs
d'Afrique du Sud, leur demandant de protester, eux aussi, contre
l'occupation israélienne des territoires palestiniens.



« Il y a une similitude avec les Afrikaners de l'époque de
l'apartheid ; eux aussi avaient un discours biblique, dans lequel la
terre était à eux, car Dieu la leur avait donnée. Tout comme les
sionistes qui racontaient que la Palestine dans les années 1940
était une terre sans peuple pour un peuple sans terre, les colons
Afrikaners répandent le mythe qu'il n'y avait pas de peuple noir en
Afrique du Sud quand ils ont commencé à arriver au XVIIème siècle.
En fait, ils ont conquis par la force des armes, la terreur, et ont
déclenché une série de guerres coloniales sanglantes », poursuit
Kasrils.

L'antisémitisme ne disparut pas, mais au bout de quelques années de
pouvoir PN, un grand nombre de Juifs d'Afrique du Sud se sentaient
vraiment sur un pied d'égalité avec les autres blancs. « On était
des blancs, et même si l'Afrikaner n'était pas notre ami, c'était un
blanc lui aussi », reconnaît Krausz. « Ce qui nous unissait, c'était
la crainte des Noirs. Quand je suis arrivé en 1946, les Juifs ne
cessaient de dire `les Noirs ceci, les Noirs cela'. Moi, je leur
disais `vous savez, j'ai entendu les Nazis dire et faire aux Juifs
exactement la même chose que ce que vous dites des Noirs. Ici, on a
des panneaux marqués « Réservé aux Blancs », eh bien là bas, en
Allemagne, c'était des panneaux « Interdit aux Juifs ».

Mais pendant des décennies, la Fédération Sioniste et le Jewish
Board of Deputies (équivalent sud-africain du CRIF, NDR) a tenu en
grande estime un de ses notables, Percy Yutar, le procureur qui
avait requis contre Nelson Mandela, qu'il accusait de sabotage et
conspiration,et qu'il fit condamner à la réclusion perpétuelle en
1964 ! Yutar poursuivit ensuite une belle carrière sous le régime de
l'apartheid : procureur général de l'Etat « libre » d'Orange, puis
de la province du Transvaal, et il fut également élu président de la
plus grande synagogue orthodoxe de Johannesbourg. Dans
l'establishment juif du pays, on louait volontiers « son apport à la
communauté », et un symbole de la contribution des Juifs au
développement de l'Afrique du Sud.

« Pourtant, en termes d'image, quand on pensait aux Juifs, on
pensait plutôt à Helen Suzman », estime Alon Liel, ancien
ambassadeur d'Israël en Afrique du Sud. « A mon avis, la plupart des
Juifs n'aimaient pas l'apartheid et ce que ce système imposait aux
Noirs, mais ils retiraient les fruits, et se consolaient peut-être
en se disant qu'après tout, c'était la seule manière de diriger un
tel pays », ajoute-t-il.

L'establishment juif évita toute confrontation avec le gouvernement.
La doctrine officielle du Jewish Board of Deputies était la «
neutralité », de manière à « ne pas mettre en danger » la
communauté. Quant aux Juifs qui trouvaient que se taire, c'était
approuver l'apartheid et l'oppression raciale, et qui s'engageaient
dans la lutte contre la discrimination, ils étaient mis à l'écart.

« On stigmatisait ceux-là fortement, en les accusant de mettre la
communauté en danger. Le Board of Deputies disait que chaque Juif
pouvait bien sûr adhérer au parti politique de son choix, mais en
pesant bien toutes les conséquences que cela pouvait avoir pour la
communauté. Pour faire court, disons que les Juifs appartenaient à
la minorité blanche privilégiée, et l'attitude du plus grand nombre
a été : ne pas faire de vagues », résume de son côté Helen Suzman.

Des intérêts communs

L'Etat d'Israël, de son côté, critiqua ouvertement l'apartheid dans
les années 1950 et 1960, à une époque où il construisait des
alliances avec les gouvernements des pays africains nouvellement
indépendants. Mais la plupart des Etats d'Afrique rompirent avec
Israël aprèsla guerre de Kippour de 1973, et Jérusalem commença à
avoir des vues plus sympathiques pour le régime isolé de Prétoria.
L'évolution fut importante et rapide si bien que dès 1976, Israël
lança une invitation officielle au Premier ministre John Vorster
(l'ancien Nazi dont on a parlé plus haut, NDR)

Silencieux sur le comportement de Vorster pendant la deuxième guerre
mondiale, Yitzhak Rabin veilla à ce qu'on n'en parle surtout pas
pendant la visite obligée au mémorial de Yad Vashem, dédié aux 6
millions de Juifs massacrés par les Nazis. Au dîner d'Etat offert à
Vorster, Yitzahak Rabin porta un toast « aux idéaux communs à Israël
et à l'Afrique du Sud : l'espoir en la justice, et en une
coexistence pacifique ». Les deux pays, dit encore Rabin, «
affrontent une brutalité et une instabilité inspirées par
l'étranger ».

Vorster, dont l'armée envahissait, à ce moment-là, l'Angola,
répondit que les deux pays étaient l'un et l'autre les victimes des
adversaires de la civilisation occidentale. Quelques mois plus tard,
le gouvernement sud-africain, dans son bilan de l'année écoulée,
écrivit que les deux pays avait un même problème : « Israël et
l'Afrique du Sud ont une chose essentielle de commun : ils sont tous
les deux situés dans un environnement hostile, habité par des
peuples à la peau sombre ».

La visite de Vorster jeta les bases d'une collaboration qui fit de
l'axe Israël-Afrique du Sud un grand pôle de développement de
matériels militaires, et un acteur majeur dans le domaine du
commerce international des armes. Liel, qui dirigea le département
Afrique du Sud au ministère israélien des Affaires étrangères dans
les années 1980, estime que ce processus amena la haute direction
israélienne en matière de sécurité, à la conviction intime que
l'Etat juif n'aurait pas survécu sans sa relation avec les
Afrikaners.

« C'est nous qui avons créé l'industrie militaire sud-africaine »,
estime Liel. « Ils nous ont aidé à développer une vaste gamme de
techniques militaires, parce qu'ils avaient beaucoup d'argent. Notre
mode de travail habituel, c'était que nous apportions le know-how,
et eux le capital. Après 1976, c'est une véritable histoire d'amour
qui a commencé entre nos directions militaires et nos armées
respectives ».

« Nous avons été impliqués dans la guerre de l'Angola, comme
conseillers de l'armée sud-africaine. Nous avions des officiers
israéliens sur place. La relation était très étroite ».

Et tandis que les manufactures d'Etat israéliennes produisaient du
matériel de guerre pour l'Afrique du Sud, le kibboutz Beit Alfa se
diversifia de manière rentable, en produisant des véhicules anti-
émeutes, destinés à la répression des manifestants noirs dans les
bidonvilles (NDT : c'est précisément au cours de l'année 1976 que le
mouvement de libération du peuple noir émergea dans les villes, avec
le soulèvement du ghetto de Soweto, réprimé dans le sang)

Vers le nucléaire

Le secret le mieux gardé était celui du nucléaire. Israël fournit
une expertise et des technologies qui furent cruciales pour le
développement de la bombe atomique sud-africaine. Israël avait déjà
suffisamment de difficultés à justifier toutes ses autres relations
étroites avec un régime fondé sur la discrimination raciale, pour ne
pas vouloir que sa collaboration militaire soit publiquement exposée.

« Tout ce dont nous parlons aujourd'hui était totalement secret »,
poursuit Liel. « En-dehors des dirigeants des affaires de défense,
les personnes mises dans la confidence étaient très peu nombreuses.
Mais il se trouve que nombre de nos Premiers ministres en faisaient
partie, c'est pourquoi on peut dire que des gens comme Shimon Peres
ou Rabin étaient évidemment au courant ».

« A la tribune des Nations-Unies, nous répétions : `en tant que
peuple juif qui a subi le génocide, nous sommes contre l'apartheid,
c'est intolérable 4 ; Mais dans la pratique, la collaboration au
niveau militaire continuait », poursuit Liel.

Au niveau politique aussi. Les jumelages entre villes des deux pays
se développèrent, et, parmi les pays occidentaux, Israël fut le seul
à reconnaître la création, par l'Afrique du Sud, du bantoustan du
Bophuthatswana, et à l'y laisser ouvrir une « ambassade ».

Dans les années 1980, Israël et l'Afrique du Sud se confortaient
mutuellement pour justifier leurs dominations respectives sur
d'autres peuples. L'un et l'autre racontaient que leurs propres
peuples étaient menacés d'anéantissement par des forces extérieures -
en Afrique du Sud, des gouvernements noirs du continent et le
communisme ; en Israël, par les Etats arabes et l'Islam. Cela
n'empêcha ni l'un ni l'autre de connaître des soulèvements
populaires : (Soweto en 1976, l'intifada palestinienne en 1987) qui
étaient indigènes et spontanés, et changèrent radicalement la
physionomie des deux conflits.

« Nous reconnaissons bien, en tant que Sud-Africains, dans la lutte
des Palestiniens, le combat pour l'auto-détermination et les droits
humains », nous dit l'actuel ministre Ronnie Kastrils. « Ceux qu'on
réprime sont accusés d'être des terroristes, afin de trouver des
justifications à des violations encore plus grandes de leurs droits.
On arrive à ces discours fous où les victimes sont blâmées pour la
violence qui s'exerce contre elles. Le régime de l'apartheid et
Israël sont des exemples frappants d'Etats terroristes accusant
leurs propres victimes ».

Il y a cependant d'importantes différences entre les deux. Israël a
mené trois guerres pour sa survie, et la lutte armée en Afrique du
Sud n'a jamais évolué vers ces stratégies d'assassinats ni à une
échelle de meurtres telles qu'on les a observées de la part de
certains groupes palestiniens ces dernières années. Mais, dès la
décennie 1980, la supériorité militaire écrasante d'Israël, la
baisse du niveau de la menace exerçable par ses voisins, et le
déplacement du conflit en direction des villes palestiniennes ont
altéré la sympathie dont avait bénéficié autrefois Israël dans le
monde.

L'Afrique du Sud, tout comme Israël, se définissaient en tant
qu'enclaves de la civilisation démocratique, aux avant-postes pour
la défense des valeurs du monde occidental. Mais ils ont souvent
demandé à être jugés par comparaison avec leurs propres ennemis,
tout en affirmant que leur mission était précisément de protéger le
monde libre de l'invasion de ces derniers.

(...)

Lorsque les pressions internationales commencèrent à se faire sentir
sur le dossier de l'apartheid, et qu'Israël commença en conséquence
à opérer lui aussi un retrait, la première réaction des militaires
israéliens fut le refus, indique Liel. « Vers 1986-87, on arriva à
la croisée des chemins. Mais lorsque le ministère des Affaires
étrangères fit savoir qu'il était temps de prendre le tournant, et
de soutenir désormais les noirs et non plus les blancs,
l'establishment de la sécurité hurla : `vous êtes complètement fous,
c'est suicidaire', raconte l'ancien diplomate israélien. Les
militaires nous disaient qu'on aurait jamais d'industries militaires
ni aéronautiques si on avait pas eu l'Afrique du Sud pour premier
client dès le milieu des années 1970 ; les sud-africains ont sauvé
Israël, disaient-ils. Je dois vous avouer que c'est probablement
exact », poursuit Liel.

Oublier le passé

Shimon Peres était ministre israélien de la Défense lors de la
visite de Vorster, et il également été deux fois Premier Ministre
pendant les années 1980, au pic de la collaboration avec le régime
de l'apartheid. Devant nous, il balaie d'un revers de main les
questions sur la morale de tels liens avec Pretoria. « Moi, je ne
regarde jamais en arrière. Dès lors qu'on ne peut pas changer le
passé, pourquoi m'en occuperais-je ? », nous répond-il.

Quand nous insistons, et lui demandons s'il a jamais des doutes sur
le fait de soutenir un régime représentant l'antithèse de ce pour
quoi Israël a été créé, Peres nous répond qu'à l'époque, Israël
menait une lutte existentielle. « On n'a jamais le choix entre deux
situations parfaitement définies. Chaque choix que l'on fait est
entre deux options imparfaites. A cette époque, le mouvement noir
d'Afrique du Sud était du côté d'Arafat, contre nous. En fait, nous
n'avions pas vraiment le choix. Mais nous n'avons jamais cessé de
dénoncer l'apartheid. On n'a jamais été d'accord avec cela », finit
par lâcher Peres.

Et Vorster ? « Certes, je ne le mettrais pas sur une liste des plus
grands hommes de notre époque », dit-il.

Le directeur général adjoint du ministère israélien des Affaires
étrangères, Gideon Meir, après nous avoir dit qu'il n'avait pas de
connaissance détaillée de la relation Israël-Afrique du Sud de
l'apartheid, préfère parler de « sécurité ». « Notre principal
problème, c'est la sécurité. Il n'y a aucun autre pays dans le monde
dont l'existence même soit menacée. Cela vaut du premier jour de
l'existence de notre Etat à aujourd'hui. Tout cela vient de la
géopolitique d'Israël ».

Lorsque l'apartheid s'est effondré, l'establishment juif sud-
africain, celui-là même qui naguère encensait Percy Yutar -le
magistrat qui envoya Nelson Mandela en prison- opéra un brusque
virage, et tendit ostensiblement les bras à ceux des Juifs qui
avaient engagé le combat contre l'apartheid, comme Joe Slovo, Ronnie
Kastrils ou Ruth First.

« J'ai reçu des félicitations de la part des organisations sionistes
internationales. Ils disaient que c'était mes racines juives qui
avaient donné son sens à mon combat. Mais quand je leur ai rétorqué
que je n'avais pas reçu d'éducation juive, et que ma fréquentation
d'une école religieuse chrétienne ne m'avait guère influencée non
plus, ils ont dit que c'était l'instinct juif qui avait opéré en
moi ! »

Aujourd'hui, le discours anti-apartheid, dans l'establishment juif
sud-africain, est devenu un moyen pour défendre Israël. Le grand
rabbin d'Afrique du Sud, Warren Goldstein, décrit le sionisme
comme « mouvement de libération nationale du peuple juif », et il
récupère la terminologie officielle du gouvernement actuel de
l'Afrique du Sud, qui veut améliorer le sort des Noirs « auparavant
désavantagés ». « Israël est un Etat résolu, créé pour protéger les
Juifs d'un génocide. Nous aussi sommes des gens auparavant
désavantagés, et on ne peut pas compter sur la bienveillance du
monde », déclare Goldstein, qui a décliné nos demandes d'interview.

En 2004, Ronnie Kasrils s'est rendu dans les territoires
palestiniens, pour faire le bilan de l'offensive israélienne de 2002
en Cisjordanie, après une vague d'attentats-suicide qui avait fait
des centaines de morts. « C'est bien pire que l'apartheid », nous
dit-il. « Les mesures israéliennes, leur brutalité, font ressembler
l'apartheid à une aimable partie de campagne. Il n'y a pas eu chez
nous des jets attaquant les bidonvilles. Nous n'avons pas eu ces
bouclages répétés de mois en mois. Non plus que de tanks détruisant
les maisons. L'Afrique du Sud avait bien des véhicules blindés, et
la police utilisait ses armes légères pour tirer sur les gens, mais
pas à pareille échelle », analyse-t-il.

Pétition de conscience

Plus de 200 Africains du Sud juifs ont signé une pétition dont
Ronnie Kasrils et un autre vétéran du combat anti-apartheid, Max
Ozinsky, sont les initiateurs. Ils dénoncent le traitement réservé
par Israël aux Palestiniens, et font un parallèle avec l'apartheid.
Le document, intitulé Une Déclaration de Conscience, a fait du bruit
dans la communauté juive sud-africaine. Parmi les signataires,
Arthur Goldreich, un des premiers compagnons d'armes de Nelson
Mandela, qui était parti, tout jeune en 1948, se battre pour la
création d'Israël. Il a tenu à accompagner sa signature d'un
amendement, dénonçant les attentats-suicide et leur impact sur la
perception des Palestiniens par le public israélien.

Kasrils est d'accord sur le fond avec Goldreich, mais il observe que
la « stratégie d'apartheid » d'Israël était en cours bien avant que
ne commence la vague d'attentats-suicide. Il relève aussi la
ressemblance entre les territoires occupés et le patchwork de
bantoustans prévu par le régime sud-africain, destiné à enfermer
l'essentiel de la population noire du pays dans ces enclaves, la
population blanche s'appropriant le gros des terres.

Aujourd'hui, près de 6 millions d'Israéliens vivent sur 85% de
l'ancienne Palestine mandataire, alors que près de 3,5 millions de
Palestiniens sont confinés sur les 15% restants, leurs villes et
villages coincés entre des blocs de colonies israéliennes en
expansion constante, et derrière un réseau de routes ségréguées, de
barrières de sécurité et d'installations militaires.

On peut considérer, bien sûr, qu'Israël tout comme l'Afrique du Sud
sont des produits des événements historiques. Le monde de 1948,
année de création d'Israël et d'accession au pouvoir des Afrikaners,
était un monde qui ne se souciait guère de ces « peuples à peau
sombre » se mettant en travers de leurs grands desseins. Aucun de
ces gouvernements ne faisait finalement beaucoup plus que ce
qu'avaient fait d'autres avant eux, les colonisateurs britanniques
notamment.

Et si l'on veut bien admettre qu'Israël, en expulsant les Arabes de
leurs maisons, luttait aussi pour sa propre existence, qui pouvait,
dans le monde occidental, faire des reproches aux Juifs, au
lendemain de leurs terribles souffrances ?

Mais le colonialisme s'est effondré en Afrique, et Israël est devenu
fort, et le reste du monde est devenu de plus en plus réticent aux
discours de Pretoria et de Jérusalem. Comme on le sait, les
dirigeants sud-africains blancs ont choisi la voie du compromis,
alors qu'Israël se trouve maintenant à un moment critique de son
histoire.

Avec un Sharon dans le coma, il est douteux que nous sachions jamais
jusqu'où il entendait développer sa stratégie de « désengagement
unilatéral », après le retrait de Gaza et d'une partie de la
Cisjordanie. Comme le dirigeant sud-africain blanc de Klerk, qui se
décida à entamer le démantèlement du système d'apartheid, on peut
formuler l'hypothèse que Sharon serait arrivé à la conclusion qu'il
avait mis en branle des forces ledépassant,forcesdevantconduireàun
compromis acceptable par les Palestiniens.

Mais aux yeux des Palestiniens, la politique de Sharon n'était
qu'une version adaptée du vieux dessein consistant, pour Israël, à
se débarrasser du plus grand nombre d'Arabes possible, tout en
conservant le maximum de terres possible.

De fait, pendant que Tony Blair saluait le Premier ministre
israélien pour son « courage » politique, avec le retrait de Gaza en
août 2005, Sharon expropriait encore de nouvelles terres en
Cisjordanie, plus qu'il n'en avait d'ailleurs rendues à Gaza ; il
poursuivait la construction de milliers de logements supplémentaires
dans les colonies juives, accélérait la construction de cette
barrière de béton et de fils de fer barbelé de 700 kilomètres, dont
peu doutent que son objectif soit de constituer une frontière.

Pour les Palestiniens, l'Etat « émasculé », disposant au mieux «
d'éléments de souveraineté » et d'un contrôle des plus limités sur
ses frontières, ses finances et sa politique étrangère, rappellera
désagréablement les défunts bantoustans de l'Afrique du Sud.

Prenons le cas du réseau routier. Israël procède à la construction,
accélérée, d'un réseau de routes parallèles en Cisjordanie,
destinées aux Palestiniens, lesquels se voient interdire
l'utilisation d'un grand nombre des routes existantes. L'association
de défense des droits de l'homme B'Tselem, estime que la stratégie
israélienne dans ce domaine « présente des ressemblances évidentes
avec le régime raciste d'apartheid, tel qu'il existait en Afrique du
Sud ».

Pour l'armée, qui décrit les routes interdites aux Palestiniens
comme « stériles », cette politique ne répond qu'à des
considérations sécuritaires. Mais il est évident que le système
routier de la Cisjordanie est un outil, avec la barrière de 700
kilomètres, pour consolider les blocs de coloniser et modeler le
territoire. « Le régime routier n'est pas le fait d'une loi, c'est
le résultat de décisions prises à l'échelon gouvernemental et
militaire », commente Goldreich. « Quand je regarde toutes ces
cartes et que je regarde les routes, cela évoque pour moi Alice au
Pays des Merveilles. Il y a des routes pour Israéliens, des routes
pour Palestiniens, et des routes pour Israéliens et Palestiniens »,
ajoute-t-il. « Les routes, les checkpoints, la barrière, tout cela
décret. Je regarde, et je pose la question : qu'y-a-t-il donc
derrière tout cela ? »

Il y a trois ans, le quotidien israélien Haaretz avait publié des
déclarations de l'ancien Premier Ministre italien Massimo D'Alema.
D'Alema y racontait comment, quelques années plus tôt encore, Sharon
lui avait confié qu'à son avis, le modèle des bantoustans
constituait la meilleure solution au conflit avec les Palestiniens.
D'Alema avait fait cette confidence à l'occasion d'un dîner
officiel, à Jérusalem. Un des participants au dîner mit alors en
cause le récit de d'Alema, disant à ce dernier qu'il n'avait pu
qu'interpréter à sa manière, et non rapporter fidèlement les propos
de Sharon. « Pas du tout monsieur, ce que je viens de dire n'est pas
une interprétation des paroles de votre Premier ministre. C'est une
citation exacte », rétorqua D'Alema. Sharon étant désormais hors-
jeu, son successeur Ehud Olmert a pris l'engagement de parvenir à
une définition des frontières définitives d'Israël, plongeant
profondément à l'intérieur, et conservant, pour l'Etat juif, la
totalité de la ville de Jérusalem.

Alors, est-ce de l'apartheid ?

Toute personne qui a connu l'ancienne Afrique du Sud et qui met le
pied aujourd'hui en Israël ne trouve pas, à première vue, beaucoup
de ressemblances frappantes entre les deux pays. Ici, pas de signaux
indiquant ce qui est réservé aux Juifs, et interdit aux non-Juifs.
Et pourtant, tout comme dans l'Afrique du Sud blanche, il y a tout
un monde de discrimination et d'oppression que la plupart des
Israéliens refusent de regarder en face.

Des soldats israéliens humilient et harcèlent régulièrement les
Palestiniens aux checkpoints ; des colons peignent des inscriptions
de haine raciste sur les murs des maisons arabes à Hébron. A
Jérusalem-Ouest, la police a pour habitude de faire des contrôles
d'identité, des passants dont elle pense que ce sont des Arabes.

Certaines localités juives refusent d'accueillir des Arabes, en
alléguant des « différences culturelles ». Le maire d'une colonie
juive a même eu le projet d'exiger des Arabes entrant dans la
colonie qu'ils portent un badge les identifiant comme Palestiniens.
Dans les années 1990, l'extrême-droite juive a menacé des commerces
(juifs), afin qu'ils licencient leurs salariés arabes. Et ceux qui
se plièrent à cette injonction reçurent un label « Ici, il n'y a pas
d'Arabes ». Certains tentent parfois de camoufler cette haine
raciale en combat religieux, mais dans les stades de football,
c'est « Mort aux Arabes » qu'on entend, pas « Mort aux musulmans »

La presse israélienne délaisse largement l'occupation au quotidien,
malgré les reportages de quelques journalistes courageux, qui
dénoncent le nombre particulièrement élevé d'enfants palestiniens
tués par l'armée (plus de 650 depuis le début de la deuxième
intifada en octobre 2000, dont un quart avaient moins de 12 ans) ;
les attaques de Palestiniens par les colons, et l'humiliation sans
cesse renouvelée aux checkpoints.

Le mur de 8 mètres de haut élevé à Jérusalem est presque invisible
aux yeux des habitants de la partie occidentale, juive, de la ville.
La topographie étant ce qu'elle est, la plupart des habitants juifs
de la ville ne voient pas ce mammouth de béton qui divise les rues
et les familles, non plus qu'ils ne voient les maisons démolies -
exactement de la même façon que la plupart des blancs d'Afrique du
Sud restaient à l'écart des bidonvilles, et restaient sourds à ce
qui était commis en leur nom.

Peu après mon arrivée à Jérusalem, je fus invité à dîner dans une
famille juive de gauche. Il y avait, autour de la table, un éditeur
américain, un historien de renom, et plusieurs militants politiques.
On se mit bientôt à parler des Palestiniens, et la conversation
dégénéra vite sur la question de savoir si ces derniers «
méritaient » ou pas d'avoir un Etat. L'intifada, et les attentats-
suicide qui l'ont accompagnée, justifiaient, aux yeux de plusieurs,
les 37 années d'occupation, et effaçaient les crimes qu'avait pu
commettre à l'encontre des Arabes placés sous sa domination.

Tout cela me rappelait des conversations tenues en Afrique du Sud,
et il faut dire aussi que l'image des Palestiniens, dans l'opinion
israélienne, n'est pas très éloignée de celle qu'avaient de nombreux
blancs sud-africains vis-à-vis des noirs. Les sondages montrent que
pour beaucoup d'Israéliens, l'Arabe est « sale », «
primitif », »violent », sans considération pour la vie humaine.

Sharon a fait entrer dans ses gouvernements des hommes appelant
ouvertement au nettoyage ethnique, avec des mesures qui
dépasseraient nettement les déplacements forcés de populations
auxquels se livra le régime d'apartheid. L'un de ces hommes était le
ministre du Tourisme Rehavam Ze'evi, avocat du « transfert » des
Arabes hors d'Israël et des territoires occupés. Même la presse
israélienne le qualifait ouvertement de raciste. Ze'evi fut abattu
en 2001 par des Palestiniens, qui déclarèrent que la politique de
cette homme en faisait une cible légitime.

Mais les opinions de Ze'evi ne sont pas mortes avec sa personne. Un
député influent du parti Likoud, Uzi Cohen, a déclaré qu'Israël et
ses alliés occidentaux devraient éxiger qu'une partie de la Jordanie
soit détachée de ce royaume, et érigée en Etat palestinien, dans
lequel les Arabes des territoires occupés auraient 20 ans pour
émigrer « volontairement ». « Au cas où ils ne partiraient pas, il
faudrait envisager leur expulsion par la force », ajouta Cohen. Uzi
Cohen est l'un des 70 parlementaires qui ont déposé une proposition
de loi tendant à l'instauration d'une « Journée nationale du
souvenir » de Rehavam Ze'evi, et la création d'une institution
destinée à perpétuer son « message ».

En 2001, Uzi Landau fut nommé par Sharon ministre de la sécurité,
une fonction dont il profita pour proposer, ouvertement, la
déportation des Palestiniens vers la Jordanie, parce qu'ils étaient
un obstacle à l'expansion d'Israël en Cisjordanie.

Sharon ne s'opposait que rarement à de tels discours, et, quand il
le faisait, ce n'était pas pour en condamner le racisme ou
l'immoralité. Une fois, Sharon répondit à des membres de son parti,
le Likoud, qui le pressaient de déporter les Palestiniens, qu'il ne
pouvait pas le faire, « car la situation internationale ne serait
pas porteuse ».

« On a toujours eu des fanatiques parlant du Grand Israël »,
commente Krausz, le survivant du génocide, toujours à
Johannesbourg. « Il y a des cinglés qui disent qu'il est écrit dans
la Bible que cette terre est à nous, que Dieu nous l'a donnée. Pour
moi, c'est du fascisme ».

Dépossession coloniale

Yossi Sarid, un député israélien de gauche, s'exprimait dans les
termes suivants, à propos d'un ministre qui réclamait le départ
forcé des Arabes : « Ses propos me rappellent ceux tenus sur
d'autres peuples, dans d'autres pays, et qui ont abouti à
l'anéantissement de millions de Juifs ». Ils rappellent aussi ceux
de PW Botha, un homme qui accèderait ultérieurement à la présidence
de l'Afrique du Sud. En 1964, alors qu'il était ministre chargé
des « Affaires des gens de couleur », Botha dit : « je suis de ceux
qu'il n'y a pas de zone de résidence permanente, ne serait-ce que
pour une partie seulement des Bantous, dans la zone blanche de
l'Afrique du Sud : cette question est cruciale pour l'avenir de
l'Afrique du Sud. Si nous acceptons le principe d'une résidence
permanente de l'homme noir en zone blanche, alors c'est le début de
la fin de la civilisation que nous connaissons dans ce pays ».

Il fut un temps où une grande partie des Israéliens partageaient les
vues d'un Ze'evi, ou celles d'un Cohen. Mais au cours des dix
dernières années, beaucoup ont accepté le projet de création d'un
Etat palestinien, en tant que moyen pour s'affranchir de la
responsabilité du sort de la majorité des Arabes. Séparation.
Apartheid.

Sauf que l'apartheid sud-africain était autre chose qu'une simple
séparation. « L'apartheid était une question de territoire »,
analyse John Dugard, avocat sud-africain et expert des Nations-Unies
pour les droits de l'homme. « Avec l'apartheid, le projet était de
garder pour les blancs les meilleurs terres du pays, et d'envoyer
les noirs dans les parties les moins habitables, les moins
attractives du pays. Et on peut voir ce phénomène tout le temps, ici
dans les territoires palestiniens occupés, en particulier maintenant
avec le mur, qui représente vraiment un vol de la terre. On voit les
Palestiniens dépossédés de leurs maisons par des bulldozers. On peut
établir certains parallèles avec la situation sud-africaine,
puisqu'aux plus jours de l'apartheid, les déplacements de
populations se traduisirent aussi par des démolitions. Mais pas à la
même échelle que ce que l'on a vu à Gaza et en Cisjordanie ».

Arthur Goldreich est réticent avec ce genre de comparaisons. «
L'analogie semble fondée, tentante même. Personnellement, j'ai
longtemps été très réticent, et je le reste, pour recourir à cette
analogie, parce que je pense qu'elle a quelque chose de trop
commode. Cela ne m'empêche pas de penser qu'il y a des ressemblances
frappantes entre toutes les formes de discrimination raciale »,
explique-t-il.

« Il nous est possible de décrire chaque bantoustanisme auquel nous
assistons à travers ses politiques d'occupation et de séparation :
chacune d'entre elles a son vocabulaire et ses propres implications,
et il n'est pas nécessaire de chercher des exemples extérieurs pour
les trouver », poursuit-il.

Kasrils est du même avis. « Oui, il y a des parallèles énormes avec
l'apartheid sur-africain, mais l'inconvénient, quand on fait la
comparaison, c'est que cela nous éloigne du contexte local », dit-
il. « Il serait préférable d'avoir une autre définition. Moi, j'ai
été frappé par le phénomène de dépossession, de dépossession
coloniale. Historiquement, la plupart des dépossessions, au fil des
siècles, se firent avec des colons, et des déplacements forcés de
populations. En Afrique du Sud, ce fut un processus qui s'étala sur
300 ans. Ici, c'est ramené à 50 ans : 1948, 1967, et aujourd'hui, en
termes d'élévation de la pression militaire en Cisjordanie et à Gaza
conduisant au mur, que je n'appelle pas un mur de sécurité, mais un
mur de dépossession ».

Hirsh Goodman est quelqu'un qui a émigré en Israël il y a trente
ans, après avoir effectué son service militaire dans l'armée sud-
africaine. Son fils, inversement, est allé en Afrique du Sud après
avoir fait son service dans l'armée israélienne. « L'armée l'a
envoyé dans les territoires occupés, et il a dit qu'il ne
pardonnerait jamais à son pays de l'avoir forcé à faire ce qu'il a
fait », dit son père, spécialiste d'affaires de « sécurité » à
l'université de Tel-Aviv. Pour Goodman, Israël a pas mal de comptes
à rendre, mais il est outrancier de parler d'apartheid. « Si Israël
retient les territoires occupés, il cesse d'être une démocratie, et
en sens, c'est de l'apartheid parce que cela revient à avoir deux
catégories de citoyens, et créée une législation à deux vitesses, ce
qu'était l'apartheid. Avec des normes différentes pour l'accès à
l'éducation, à la santé, ou à l'allocation des dépenses collectives.
Mais vous ne pouvez pas dire que c'est un Etat d'apartheid quand 76%
des gens déclarent vouloir un accord avec les Palestiniens. Oui, il
y a de la discrimination à l'encontre des Arabes, des Ethiopiens, et
d'autres, mais ce n'est pas une société raciste. Colonialisme, oui,
apartheid, non. Ce mot d'apartheid veut dire beaucoup pour moi.
Alors je déteste qu'on en abuse ».

Daniel Seidemann, un avocat israélien qui se bat contre la
municipalité de Jérusalem sur le front du logement et de la
planification urbaine, dit que dans le passé, il ne supportait pas
lui non plus le parallèle avec l'apartheid sud-africain, mais qu'il
a de plus en plus de mal à rejeter cette notion aujourd'hui. « Au
niveau des tripes, disons que ma réaction première était de
penser `Ah non ! Pas nous ! Mon Dieu, pas nous !' Normal, dès lors
que l'apartheid était assis sur une idéologie raciale, qui
structurait les réalités sociales, politiques, économiques. Pour un
Juif, reconnaître la prédominance d'une vision racialiste pour
dominer les Palestiniens est dur à avaler », dit-il. « Mais
malheureusement, l'absence d'une idéologie raciale ne suffit pas à
vous protéger, car les réalités qui ont émergé rappellent
clairement, par certains côtés, des aspects du régime de
l'apartheid ».

On peut alors se demander ce qui est arrivé pour que cette
comparaison d'Israël avec l'apartheid puisse être envisagée. Israël
est-il victime des circonstances, et contraint de pratiquer
l'oppression par la nécessité de sa propre survie ? Ou alors, la
soif de terres est-elle un ingrédient si puissant du projet sioniste
que la domination en a été la conséquence inévitable ?

Krausz a travaillé pendant quelques années en Israël, peu après la
naissance de l'Etat. « J'ai compris le conflit, en me rendant compte
que j'essayais de prendre la terre sur laquelle les Palestiniens
vivaient depuis des siècles. J'ai compris que la guerre
d'indépendance de 1948 ne se satisfaisait pas d'une explication
manichéenne : beaucoup d'Arabes sont partis, non pas volontairement,
mais parce qu'on les y a forcés. Comment se seraient-ils comportés
s'il n'y avait pas eu la guerre, je ne sais pas », dit-il.

« Je sais bien qu'à un endroit où il m'est arrivé de forer à la
recherche de pétrole, j'étais sur l'emplacement de ce qui avait été
un village arabe. Etant d'origine sud-africaine, j'avais l'habitude
de rendre visite à des amis et parents, un cousin notamment, qui
avaient créé un kibboutz avec des immigrants d'Afrique du Sud. Je me
promenais ici et là dans cette région, et je trouvai, les uns après
les autres, ces villages arabes abandonnés, dont on avait fait
sauter les maisons à l'explosif ».

Etats de peur

En Israël, au moins jusqu'à la fin des années 1970, la menace que
faisaient peser ses voisins arabes était bien réelle. Mais la peur
jouait elle aussi son rôle dans le comportement des blancs d'Afrique
du Sud, qui observaient avec une horreur croissante, puis avec
terreur, le déclin impérialiste sur le continent, et l'émergence de
gouvernements noirs partout en Afrique. L'Afrique du Sud fit bon
usage de tous ces récits de femmes blanches violées dans le Congo
nouvellement indépendant, puis des blancs fuyant en masse l'Angola,
le Mozambique ou la Rhodésie du Sud (aujourd'hui, le Zimbabwe,
NDT) ; le pouvoir de l'apartheid s'en servir pour entretenir la peur
chez ses citoyens blancs, et accréditer auprès d'eux des mesures
toujours plus répressives contre le peuple noir. Quoi qu'il en soit,
cette peur existait réellement. Les Sud-africains blancs, comme les
Israéliens, se convainquirent que leur existence même était en jeu.

Les critiques de l'Etat d'Israël disent volontiers que plus la
menace sur l'existence du pays recula, et plus le pays se mit à
ressembler au modèle d'apartheid, notamment pour ce qui concerne
l'appropriation de terres et la législation sur les droits de
résidence, et que les ressemblances ont finalement été plus fortes
que les différences entre les deux pays. Liel, l'ancien ambassadeur
d'Israël en Afrique du Sud, dit qu'il n'y eut jamais d'intention en
ce sens.

« Les problèmes existentiels d'Israël étaient réels. On a toujours
honte des injustices commises. Nous avons toujours essayé de nous
conduire de manière démocratique. Bien sûr, au niveau individuel, il
y avait beaucoup de discrimination, beaucoup, beaucoup. Au niveau
gouvernemental, aussi. Mais nos actions n'étaient pas construites
sur le racisme. Elles l'étaient principalement sur des
considérations sécuritaires », dit-il.

Goldreich n'est pas d'accord avec lui. « C'est une distorsion
grossière des faits. Liel me surprend. En 1967, pendant la guerre
des Six Jours, dans l'euphorie générale, le gouvernement israélien -
de manière intentionnelle, pas par la grâce de Dieu ni par accident -
occupa la Cisjordanie et la bande de Gaza, avec leurs populations
palestiniennes désormais captives, dans le but évident d'étendre le
territoire du pays et d'en repousser les frontières », répond-il.

« Moi-même, avec d'autres, nous nous engageâmes politiquement après
la guerre des Six Jours ; nous cherchâmes désespérement à convaincre
notre public qu'un accord de paix entre Israël et les Palestiniens
serait bien meilleur, pour la sécurité, que l'occupation de
territoires et les installations de colons. Mais le gouvernement
aimait mieux les territoires que la sécurité .

« Je suis convaincu que dans l'esprit de nombreux dirigeants
gouvernementaux, la bonne chose à faire était de se débarrasser des
Arabes.

Mais, comme les Israéliens devaient le découvrir, un tel système
rencontre forcément la résistance de ceux à qui on veut l'imposer.
L'apartheid s'écroula parce que la société sud-africaine était
épuisée, mais aussi parce que le mythe de victimes que les blancs
s'étaient forgé finit par s'épuiser également. On n'en est pas là en
Israël. Beaucoup d'Israéliens se vivent encore en victimes de
l'occupation.

Pour Seidemann, le plus important, ce n'est pas de voir comment le
système d'apartheid fonctionnait, mais plutôt comment il s'est
désintégré. « Cela ne pouvait pas marcher. L'apartheid exigeait une
telle mobilisation d'énergie de la part de l'Afrique du Sud, que ce
fut l'une des raisons, au-delà des sanctions économiques et des
pressions internationales, qui amenèrent le gouvernement De Klerk à
juger que ce n'était plus tenable. Et cela va arriver en Israël »,
selon lui.

Mais le conflit peut aussi empirer, et nous amener à évoquer des
parallèles encore plus choquants que celui établi avec l'apartheid
sud-africain.

Arnon Soffer a travaillé plusieurs années comme conseiller du
gouvernement chargé de la « menace démographique » posée par les
Arabes. Professeur de géographie à l'Université de Haifa, Soffer
fait un pronostic pessimiste sur la situation dans la bande de Gaza,
une génération après le retrait israélien.

« Quand vous aurez 2,5 millions de gens vivant dans ce territoire
fermé, ce sera une catastrophe humanitaire. Ces gens deviendront des
animaux encore plus féroces qu'aujourd'hui, avec le renfort de la
folie du fondamentalisme islamique. La pression aux frontières
deviendra horrible. Il y aura une guerre terrible. Alors, si nous
voulons rester en vie, il nous faudra tuer, tuer et encore tuer.
Tuer toute la journée, tous les jours », déclare cet universitaire
dans le Jerusalem Post.

« Si nous ne tuons pas, nous cesserons d'exister. La seule chose qui
me préoccupe, c'est comment on fera pour que les jeunes et les
hommes qu'on va envoyer pour massacrer seront capables de revenir à
la maison et de rester des êtres humains normaux ».

Fin Traduction CAPJPO-Europalestine
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Sagasu
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 #2 Posté le: 12 Fév 2006 21:51    Sujet du message: « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'Afrique Répondre en citant

Euh, est-ce qu'on pourrait avoir un résumé stp ?
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 #3 Posté le: 13 Fév 2006 00:03    Sujet du message: « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'Afrique Répondre en citant

Rien que pour faire defiler le texte (et avoir une idée de la taille du texte ) ma souris (et moi meme) avons rendu l'ame.

Je ne peux donc que me joindre a la demande ci contre

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 #4 Posté le: 13 Fév 2006 00:41    Sujet du message: « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'Afrique Répondre en citant

Citation:
L'antisémitisme ne disparut pas, mais au bout de quelques années de
pouvoir PN, un grand nombre de Juifs d'Afrique du Sud se sentaient
vraiment sur un pied d'égalité avec les autres blancs. « On était
des blancs, et même si l'Afrikaner n'était pas notre ami, c'était un
blanc lui aussi », reconnaît Krausz. « Ce qui nous unissait, c'était
la crainte des Noirs. Quand je suis arrivé en 1946, les Juifs ne
cessaient de dire `les Noirs ceci, les Noirs cela'. Moi, je leur
disais `vous savez, j'ai entendu les Nazis dire et faire aux Juifs
exactement la même chose que ce que vous dites des Noirs. Ici, on a
des panneaux marqués « Réservé aux Blancs », eh bien là bas, en
Allemagne, c'était des panneaux « Interdit aux Juifs ».



Citation:
« Pourtant, en termes d'image, quand on pensait aux Juifs, on
pensait plutôt à Helen Suzman », estime Alon Liel, ancien
ambassadeur d'Israël en Afrique du Sud. « A mon avis, la plupart des
Juifs n'aimaient pas l'apartheid et ce que ce système imposait aux
Noirs, mais ils retiraient les fruits, et se consolaient peut-être
en se disant qu'après tout, c'était la seule manière de diriger un
tel pays », ajoute-t-il.

L'establishment juif évita toute confrontation avec le gouvernement.
La doctrine officielle du Jewish Board of Deputies était la «
neutralité », de manière à « ne pas mettre en danger » la
communauté. Quant aux Juifs qui trouvaient que se taire, c'était
approuver l'apartheid et l'oppression raciale, et qui s'engageaient
dans la lutte contre la discrimination, ils étaient mis à l'écart.

« On stigmatisait ceux-là fortement, en les accusant de mettre la
communauté en danger. Le Board of Deputies disait que chaque Juif
pouvait bien sûr adhérer au parti politique de son choix, mais en
pesant bien toutes les conséquences que cela pouvait avoir pour la
communauté. Pour faire court, disons que les Juifs appartenaient à
la minorité blanche privilégiée, et l'attitude du plus grand nombre
a été : ne pas faire de vagues », résume de son côté Helen Suzman.


Citation:
Silencieux sur le comportement de Vorster pendant la deuxième guerre
mondiale, Yitzhak Rabin veilla à ce qu'on n'en parle surtout pas
pendant la visite obligée au mémorial de Yad Vashem, dédié aux 6
millions de Juifs massacrés par les Nazis. Au dîner d'Etat offert à
Vorster, Yitzahak Rabin porta un toast « aux idéaux communs à Israël
et à l'Afrique du Sud : l'espoir en la justice, et en une
coexistence pacifique ». Les deux pays, dit encore Rabin, «
affrontent une brutalité et une instabilité inspirées par
l'étranger ».

Vorster, dont l'armée envahissait, à ce moment-là, l'Angola,
répondit que les deux pays étaient l'un et l'autre les victimes des
adversaires de la civilisation occidentale. Quelques mois plus tard,
le gouvernement sud-africain, dans son bilan de l'année écoulée,
écrivit que les deux pays avait un même problème : « Israël et
l'Afrique du Sud ont une chose essentielle de commun : ils sont tous
les deux situés dans un environnement hostile, habité par des
peuples à la peau sombre ».


Citation:
La visite de Vorster jeta les bases d'une collaboration qui fit de
l'axe Israël-Afrique du Sud un grand pôle de développement de
matériels militaires, et un acteur majeur dans le domaine du
commerce international des armes. Liel, qui dirigea le département
Afrique du Sud au ministère israélien des Affaires étrangères dans
les années 1980, estime que ce processus amena la haute direction
israélienne en matière de sécurité, à la conviction intime que
l'Etat juif n'aurait pas survécu sans sa relation avec les
Afrikaners.

« C'est nous qui avons créé l'industrie militaire sud-africaine »,
estime Liel. « Ils nous ont aidé à développer une vaste gamme de
techniques militaires, parce qu'ils avaient beaucoup d'argent. Notre
mode de travail habituel, c'était que nous apportions le know-how,
et eux le capital. Après 1976, c'est une véritable histoire d'amour
qui a commencé entre nos directions militaires et nos armées
respectives ».


Citation:
« Nous avons été impliqués dans la guerre de l'Angola, comme
conseillers de l'armée sud-africaine. Nous avions des officiers
israéliens sur place. La relation était très étroite ».

Et tandis que les manufactures d'Etat israéliennes produisaient du
matériel de guerre pour l'Afrique du Sud, le kibboutz Beit Alfa se
diversifia de manière rentable, en produisant des véhicules anti-
émeutes, destinés à la répression des manifestants noirs dans les
bidonvilles (NDT : c'est précisément au cours de l'année 1976 que le
mouvement de libération du peuple noir émergea dans les villes, avec
le soulèvement du ghetto de Soweto, réprimé dans le sang)
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 #5 Posté le: 13 Fév 2006 00:49    Sujet du message: « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'Afrique Répondre en citant

batignoles67 a écrit:
http://www.paixjusteauprocheorient.com/article.php3?id_article=2006

papier antisionniste clairement déclaré mais l'article est très intéressant car on y apprend plein de chose



je l'ai recu par mail , il y a quelques jours...bon faut prendre le temps de lire, c'est vrai! mais c'est une sacrée niche d'info!

ps: c'es clair que l'article n'est pas signé par un sioniste.

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l'arme la plus puissante que detient l'oppresseur, c'est l'esprit de l'opprimé.. steeve biko


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 « FRÈRES D'ARMES » : LE PACTE SECRET D'ISRAËL AVEC L'AFRIQUE
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