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Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13659 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 17 Sep 2004 05:16 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
Eh oui, le temps passe très vite... Ca fait déjà 15 ans que Hugo est passé sur la Guadeloupe... Plutot que de lui souhaiter un bon anniversaire, j'ai préféré vous donner en brut le récit que j'ai rédigé il y a une dizaine d'années pour ma nièce qui ne l'avait pas vécu.
Veuillez excuser les fautes d'orthographe et fautes de frappe
Ayant connu plusieurs expériences cycloniques, dont un qui a touché directement la Guadeloupe, le tristement célèbre Hugo, je tâcherai de relater comment je l'ai vécu.
«Hugo la bête», «Hugo le monstre», voici comment on appelle encore l'un des plus violents ouragans du XXème siècle. Voici son histoire. Hugo était au départ une forte dépression née au Sud-Est des îles du Cap Vert le 8 Septembre 1989, un vendredi. Elle stagna durant deux jours et commença à se renforcer. Elle commença à se déplacer plein Ouest, puis passa au stade de tempête tropicale le 11 à 12h. Dès ce moment, le NHC de Miami le prit au sérieux car c'était une masse organisée, avançant à 25 km/h sur des eaux chaudes, donc favorables à un développement cyclonique. Sa motion laissait présager quelque chose de puissant, et les premières prévisions annonçaient son passage au voisinage des Petites Antilles. Son renforcement continua rapidement et elle passa au stade d'ouragan le 13 à 12h.
A ce moment, la station de Météo France du Raizet prit encore plus au sérieux le phénomène, car il semblait se diriger vers la Guadeloupe. Tout de suite les autorités furent mises au courant, surtout l'Education Nationale, car la rentrée scolaire venait d'avoir lieu. On annonçait déjà son passage pour le week-end. Le cyclone ralentit légèrement et passa vite à la catégorie 2, puis 3. Le jeudi le message avait fait effet de traînée de poudre, et la population commença à se ruer vers les supermarchés. Au lycée de Baimbridge, on parlait de fermeture pour le lendemain. De son côté, le PC Orsec fut réuni, pour vérifier l'état des troupes et préparer l'événement. Mais personne n'y croyait vraiment; tant de fois nous avions été mis en alerte sans que le cyclone ne daigne venir chez nous. De plus, on en était à la troisième alerte n°1 depuis Juin. Non, nous sommes un pays béni, il ne viendra pas, ce sont des rumeurs.
Hugo ne l'entendait pas de cette oreille, et son énorme oeil de 40 km de diamètre lorgnait sérieusement notre archipel, entraînant autour de lui des vents de plus de 280 km/h, soit la catégorie 4. Le 15 à midi, alors que toute la population s'affairait a ses préparatifs, l'alerte n°1 fut déclenchée, et les établissements scolaires furent fermés. Ayant eu l'information depuis le mercredi, j'ai commencé à imaginer ce que pouvait être ce monstre que l'on décrivait comme un monstre. En rentrant du lycée, j'ai tout de suite fait un rapide tour de la maison familiale pour ramasser les divers objets qui traînaient çà et là. La télévision pirate Canal 10 diffusait un message météo en direct du Weather Channel, aux Etats-Unis. RFO et RCI ressassaient inlassablement les consignes d'alerte. La menace était précise, Hugo devait passer de samedi à dimanche. Les premiers coups de marteaux résonnaient autour de chez nous.
La journée du samedi fut consacrée à préparer l'arrivée du cyclone, démontant les antennes de télé et nettoyant les alentours. L'après-midi fut d'un calme exceptionnel. Pas une brise, pas un nuage, pas un insecte, pas un oiseau, pas un bruit, si ce n'est celui sourd des marteaux pour sceller les fenêtres, et celui craquant du scotch pour solidifier les baies vitrées. L'alerte n°2 fut déclenchée à 15h, mais l'interdiction de circuler était repoussée à 18h. A la télé, les images montraient la lente avancée de la masse. A quelques kilomètres de nos côtes, Hugo, dont les vents dépassaient les 260 km/h, s'arrêta brusquement. Il semblait observer les victimes, avant d'en choisir une. Il se remit à se déplacer vers le Nord-Ouest, direction la Guadeloupe. Il s'arrêta de nouveau, puis repartit vers l'Ouest pour la Martinique. Puis Ouest-Nord-Ouest vers la Dominique. Et finalement il prit sa trajectoire finale Nord-Ouest, se dirigeant vers la Désirade. Une houle énorme déferlait sur toute la côte Atlantique, avec des vagues de 5 à 6 m. Les premiers vents commencent à souffler à 18h30, puis atteignent Saint François à 19h.
Rapidement l'intensité augmente et on atteint la force tempête dès 20h. Les vents atteignent déjà 120 km/h. A Baie Mahault, alors qu'on entend à la radio des témoignages de gens affolés, ce ne sont que des pluies fortes et quelques rafales. Mais à 22h, tout a changé; les éléments se déchaînent. Les arbres sont ballottés dans tous les sens, quelques branches tombent, des feuilles et des objets divers sont transportés par le vent qui atteint près de 190 km/h. Alors que nous sommes sur RCI, quelqu'un appelle pour dire que les émissions de RFO sont interrompues; vérification faite, mis à part RCI on ne reçoit plus rien. Tout autour de la maison, de multiples bruits sinistres se font entendre; ce ne sont que des grognements sourds, des hurlements lugubres et des craquements de bois. Il n'y a ni courant électrique, ni téléphone, ni eau. Nous nous éclairons avec des lampes de poche ou des lanternes. Un regard par les persiennes me permet de me rendre compte de la situation à l'extérieur, une vision de cauchemar: les clous qui fixent le toit du garage s'arrachent un à un, laissant échapper les feuilles de tôle.
Mon père m'appelle à son secours au salon. Je cours le rejoindre, croyant avoir affaire à une ouverture à colmater; en fait c'est pire. Je le retrouve à pousser désespérément le divan contre la grande baie vitrée, protégée de plaques d'aluminium antivol et anticyclone. Je l'aide donc, mais à mon grand effroi, le vent qui souffle dehors nous repousse des quelques centimètres péniblement gagnés, s'appuyant sur les plaques de protection et gonflant les baies vitrées, les arrondissant dangereusement. On aurait dit une armée à l'assaut de la maison, tentant de forcer l'entrée. A son tour ma mère m'appelle à l'autre bout de la maison. L'eau entre dans la maison par la fenêtre! Contrairement aux inondations auxquelles je pensais, c'est le vent qui projetait de la pluie par l'interstice entre la fenêtre et son cadre, à l'horizontale! Quelques gouttes m'arrivent au visage, que je goutte par mégarde: l'eau est salée, c'est de l'eau de mer! En moins de 5 minutes nous remplissons 7 seaux. Impuissants, un craquement nous arrête. Le garage vient de s'envoler. Puis vers 1h25, brusquement, le vent tombe d'un coup. C'est l'oeil!
Mon père et moi nous sortons pour essayer de reconnaître le quartier. La plupart des arbres ont perdu leurs feuilles, ou carrément leurs branches. Des feuilles de tôle et des câbles jonchent le sol, ainsi que les objets les plus insolites: un portail que je crois reconnaître, un lampadaire, des outils de jardinage. On ne peut se rendre compte vraiment du carnage dans la pénombre. Un coup d'oeil chez les voisins, tout semble aller bien. Nous rentrons rapidement pour attendre la suite. Elle ne tarde pas, et à 1h50, aussi subitement qu'il était tombé, le vent recommence à souffler encore plus violemment qu'auparavant. A ce moment, baissant les bras et impuissant devant le déchaînement des éléments je vais me coucher, à l'abri dans le couloir.
Au petit matin, je me réveille. Les vents sont encore présents, mais bien moins intensément. Avec ma mère, alors que le soleil vient à peine de se lever, nous ouvrons la porte. Un cauchemar! Je n'avais jamais rien vu de pareil. Le paysage était méconnaissable. Les arbres n'avait ni feuilles, ni branches. Nous n'avions plus de garage. Des centaines de feuilles jonchaient le sol. Chez le voisin d'en face, un toit avait atterri sur leur citronnier, à 5m à peine de la maison. Je connais ce toit mais je ne le reconnais pas. Un rapide tour de la maison me permet de savoir d'où il vient. C'est notre galerie qui s'est envolée. L'immense arbre du voyageur, majestueux, s'était affalé dans la piscine. Un morceau de toiture s'était écrasé contre la maison. Celui d'un autre voisin. Nous retrouvons le garage derrière la maison. Il n'y a plus de câbles électriques et téléphoniques. Tout le quartier a été défiguré, et je ne suis pas encore au bout de mes surprises.
Après avoir mis un peu d'ordre dans la maison, ma mère, mes soeurs et moi partons vers Saint François où nous avions une maison de vacances. Au fil de la route nous nous rendions compte de l'étendue du carnage. Peu de toits en tôle du bourg de Baie Mahault avaient résisté, si ce n'était la maison toute entière. Partout, partout la même vision, seules les habitations les plus solides avaient tenu. Les arbres étaient tordus, déchiquetés. Aux Abymes, nous rapprochions de la zone la plus atteinte, et plus nous avancions, plus la route devenait impraticable. A un moment, nous dûmes même pénétrer chez un particulier, à Morne-à-l'Eau, car la route était encore coupée par des arbres et des éboulis. Le boulevard du Moule, faisant face à la mer, avait été emporté en partie par la furie des vagues, et la houle était encore forte près de huit heures après la fin du cyclone.
L'angoisse montait encore plus dans la voiture quand nous voyions certaines maisons en dur détruites ou carrément rasées. Sur la route de Saint François, les rares câbles encore fixés étaient entrelacés, comme minutieusement emmêlés par une main invisible; des poteaux en bois ou en béton étaient brisés ou arrachés. A notre arrivée à Saint François, quelle ne fut pas notre surprise de retrouver la maison quasiment intacte, mis à part deux feuilles de tôle soulevées par le vent. Après quelques minutes, il fallait rentrer et nous prîmes la direction de Sainte Anne. Peu d'habitations étaient encore debout. Sur le boulevard G. Mandel, un voilier avait traversé la route et démoli une maison. Tous ces dégâts nous faisaient pitié vu ceux que nous avions subi. De retour à Belcourt, je me rendis chez des voisins, afin de m'informer de leur situation. De tout le groupe d'amis dont je faisais partie, un seul avait à déplorer des dégradations graves à sa maison - son toit avait été emporté - et tous avaient perdu une bonne partie de leurs arbres fruitiers.
Petit à petit, les médias qui fonctionnaient encore donnaient des estimations des pertes matérielles et en vies humaines. Trois noms sonnaient à mes oreilles: «centaines de millions». C'était beaucoup comme valeur, mais peu pour réparer. On déplorait également 5 victimes, puis 13 quelques jours après. Rapidement l'aide et la solidarité se firent sentir, non seulement celle de la Martinique et de la France métropolitaine, mais aussi celle entre guadeloupéens. Car nul ne pouvait s'en sortir tout seul! Pendant quelques mois, l'archipel fut couvert de bâches et de tentes, habitats provisoires qui se transformèrent peu à peu en quasi définitif. Après deux ans, la Guadeloupe reprit un aspect plus civilisé, et la vie repartit dans une somnolence et une insouciance dont nous dûmes sortir en 1995.
Et vous, avez vous vécu Hugo? Racontez nous votre histoire... Il était une fois, la nuit du 16 au 17 septembre 1989... _________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
Genre: Femme Inscrit le: 19 Sep 2003 Sujets: 15 Messages: 2450 Localisation: On earth, in the sky, on the moon...with the stars...
Posté le: 17 Sep 2004 06:29 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
Hé bé Bon Dieu! 15 ans déjà Le temps passe vite!
Moi je ne me souviens plus vraiment de l'avant Hugo mais plutot du pendant et de l'après Hugo. J'habitais à l'époque chez ma tante en immeuble à Pointe-à-Pitre, précisément à l'assainissement près du cinéma Rex. Je me souviens que l'attente d'hugo fut très très pénible et longue. Tout le monde avait peur. Nous étions 7 à peu près. Et c vrai ke l'après midi, y'avait un calme total. Pas une mouche ne volait, et l'atmosphère était devenu subitement bizarre et lourde. On entendait que des bruits de marteaux, pas un mot. C'était réellement l'angoisse d'une grosse catastrophe ki se fesait sentir. Je me souviens ke ns ns sommes réunis avec une de mes tante, ma cousine et mon frère et nous écoutions la radio tout en décidant après de faire un Trivial Poursuit pour détendre l'atmosphère. Lorsque les vents ont sérieusement commencé à souffler, alors là, le tempo ne fut plus le même. L'orage gronda et ma tante ki a une peur bleu de ca, perdit la parole et abandonna très vite le Trivial. Le vent soufflait très fort avec un bruit sourd terrible. On aurait vraiment penser ke notre fin était proche et k'on allait être happés d'une certaine manière. Quand a moi, g eu aussi tellement peur ke g déclaré forfait et je me suis réfugié ds un lit en me bouchant les oreilles car j'avais trop peur. Fort heureusement, nous n'avons pas eu de dégats au niveau des baies vitrées de l'appart. Dehors tout volait, des branchages, au feuilles de tôles...
Mais quand vint l'oeil du cyclone, alors là j'ai commencé à flipper, car j'avais tj entendu dire ke ct "le calme avant la tempête". On se dit que l'on respire un peu mais, ct trop calme pour être vrai. Hugo redoublait de plus belle. Dehors bien sûr, quelques inconscients circulaient a moto ou même à pieds, ne voyant pas le danger possible alors ke tout et rien pouvait voler encore.
Le lendemain le spectacle fût triste et désolant les arbres n'avaient plus de feuilles, de branches dans le square en bas. On se croirait ds une forêt. Et c vrai que quelques jours après en montant sur Morne-à-l'eau, ca m'a fait bizarre de voir les arbres tous grillés, séchés, sans vie. Ns sommes descendu en repérage en début d'après-m avec nos parapluies faire un tour ds le quartier. En plus ma cousine a l'époque qui était enceinte et qui a d'ailleurs été la plus courageuse d'entre-nous, devait accoucher a cette période, mais la petite qui a aujourd'hui 15 ans, a préférer nous rejoindre 3 semaines après soit le 8 octobre. _________________ sé kon lawkansyel, ka liminé, ka changé nam-aw
sé fanm a-w, sé nonm a-w, fanmi a-w, zanmi a-w
si sa té pé pentiré mason a-w é kenbé san éfasé
Lodè LANMOUUUUUUU
Posté le: 17 Sep 2004 08:56 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
HUGO... Le désastre.
Je venais de faire ma rentrée au CM2. Quelqu'un ( j'oublie qui, peut-être le directeur) fait irruption dans la salle de classe pour nous dire de rentrer immédiatement chez nous car le cyclone Hugo se dirige à grands pas vers la Guadeloupe. J'ai des frissons rien qu'en racontant ça. Bref! Mon père achete du scotch, des planches pour protéger les vitres de l'appart, on l'aide à barricader certaines pièces, on dispose des piles, les bougies et la radio sur la table.
Le soir arrive et avec lui Hugo...
Les appels téléphoniques fusent de partout à la radio, des gens en détresse qui ne retrouvent pas leurs proches qui n'ont pas eu le temps de rejoindre le domicile familial et qui se sont réfugiés chez des inconnus! Belle solidarité. D'autres appelent à l'aide car le toît de leur maison a été arraché par la force du vent. Je me souviendrai toujours d'un homme qui a appelé affolé en disant:"Ma maison est en état de marmelade!". Pauvre monsieur...
L'oeil du cyclone...
Les badauds vont constater de plus près les dégâts, mon papa descend pour s'assurer que la voiture n'a pas de problèmes. Les voisins s'échangent leurs premières impressions, tout le monde est choqué, on ne s'attendait pas à ça...
Fin de l'oeil du cyclone: tous aux abris!
Voilà, ça a duré toute la nuit.
J'avais presque les larmes aux yeux en voyant le Raizet "à terre". La solidarité se met en branle, les jeunes du quartier ramassent les branches et tous les objets tranchants pour dégager le passage.
On va à Pointe-à-Pitre en famille: c'est un spectacle désolant qui s'offre à nous. Mes premières paroles sont:"Vous pensez qu'on va s'en sortir?". Mes parents ne savent pas quoi répondre, tout le monde est pétrifié par le spectacle. Le pessimisme nous envahit.
Vous souvenez-vous du bateau qui a échoué à Lauricisque? D'ailleurs, il y est encore. A la limite, ils peuvent le laisser là, c'est un vestige d'HUGO.
Mon père qui est photographe à ses heures perdues a pris de très belles photos: elles sont la preuve de ce qu'a pu être HUGO.
Ces photos valent de l'or, je les montrerai un jour à mes enfants.
Posté le: 17 Sep 2004 09:54 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
lolo971 a écrit:
Vous souvenez-vous du bateau qui a échoué à Lauricisque? D'ailleurs, il y est encore. A la limite, ils peuvent le laisser là, c'est un vestige d'HUGO.
C'était pile devant chez moi...
Ce bateau, il n' y est plus depuis au moins 4 ans...
Ils sont venus le retirer dès que le projet de nouvelle promenade de PàP a vu le jour!
Et heureusement qu'il n'est plus là, car je ne pense pas qu'il s'y passait des choses très catholiques et en plus c'était le fief des rats... _________________ N'oubliez pas d'utiliser la fonction "Éditer" pour modifier ou supprimer votre message dans les 30 min ... Merci ! http://cris-town.miniville.fr http://blipgirl.labrute.fr
Genre: Homme Inscrit le: 08 Juin 2003 Sujets: 122 Messages: 4552 Localisation: Karukera
Posté le: 17 Sep 2004 10:41 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
6klon .... quel recit !! quel suspens !!!
Pour ma part, je ne m'etais pas vraiment rendu compte du danger! Hugo arrivait, disait on , moi je ne pensais qu'a une chose : "on va rater des jours d'ecole! "
Moi aussi on est venu me chercher et j'ai vu avec surprise que des barricades avaient deja été posées ....
La maison est bizarre ... elle est faite de toles pour le toit, certaines pieces sont en bois, d'autres plus recentes en betons. Nous sommes tous là, nous avons meme invité, presque kidnappé la voisine dont la maison nous pensions ne tiendrais pas le coup. Les hostilités commencent, et Hugo se dechaine! la maison est remplie de femmes pas un seul homme. juste moi du haut de mes 6 ans . ma mere et mes soeurs voulaient nous proteger et nous ont envoyé au lit, mais trés rapidement, les murs se sont mis a trembler ... et de la poussieres, atterrissait sur le lit : Le toit en beton etait entrain de s'effriter.
Nous avertissons maman qui decide qu'on ne doit plus y aller. On reste avec elle. Ne voulant pas etre des poids pour nos autres soeurs et notre mere nous proposons notre aide et une bonne partie de la nuit s'est deroulée comme ca.
L'oeil du cyclone : Malgres l'interdiction de maman je suis sorti convaincu que c'etait fini, on m'avait bien dit que l'oeil etait une periode de calme mais pour moi, ca devait etre le point le plus critique. J'ai recu une belle volée d'ailleurs. Nous avions profité de ce calme pour remttre la maison a sec.
Les hostilités reprennent de plus belles et sont bcp plus violentes me semble t-il, je regarde par la baie vitrée et je me demande, qu'en est il de tout ces chiens errants qui trainaient dans le quartiers ?? je voyais des planches voler comme si c'etait des brindilles ... j'ai vu les poules du voisins defiler sous mes yeux .... ET KKKKKKKRRRRRRRRRAAAAAAAKKKKKKK!!!
Je vais voir, alors la je n'en crois pas yeux, le toit est parti. On aurait dit que la maison etait une barquette de thon saupiquet, doté de l'ouverture facile EASYPIL !!!! mes soeurs etaient choquées parce qu'elle avaient vu le toit s'en aller en direct ...
il n'y avait plus rien a faire, il fallait se cacher. ma mere fulminait, voyant son superbe buffet, son salon, et ses tables en bois, mouillés par le dechainé Hugo.
On a tous atterri dans ma chambre toutes faite de beton. On etait au total 7 dans une piece de 15 m2 ... la vieille dame etait sur le lit et nous par terre! j'aillais parfois surveilller les niveau de l'eau dans le couloir qui se dirigeait vers la chambre.
Nous nous sommes tous endormi, sauf ma mere, qui veillait sur nous ... quelle femme
le lendemain, la vieille dame etait en pleurs ... il ne restait plus rien de sa maison, nous etions entouré d'eau, comme des douves il ne manquait plus que le pont levis, les panneaux publicitaire avait disparus. les poteaux electriques aussi, et pas de traces de notre toit !! ni des poules du voisins ....
Ce fut un vrai carnage, et depuis toutes la maison est contruite en beton ... _________________
Genre: Femme Inscrit le: 09 Juin 2004 Sujets: 39 Messages: 2200 Localisation: au paradis, 3eme porte a droite
Posté le: 17 Sep 2004 15:20 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
moi j'etais tres excitée (oui je l'avoue... ) du passage d'hugo, et en meme temps ca m'enervait parce que ct juste avant mon anniversaire, et je savais que je n'aurais pas pu le feter... j' habitais a la tour faid'herbe donc, dans un tour de 14 etages, et je me demandais bien comment mon immeuble allait resister...moi, comme Princess, c'est l'atmosphere lourde d'avant tempete qui a commencé a m'angoisser...il faisait super etouffant, et je me disais "si c hugo qui aspire tout, ca va etre terrible!" .Quand les vents ont commencé, nous avons fermé la baie vitrée, mais le vent qui s'engouffrait sur le balcon faisait un bruit terriffiant, on croyait que la baie allait exploser! mon père a pris le risque de l'ouvrir, et la, par un phenomene bizarre, plus un pet de vent...je n'ai jamais vraiment compris comment ca s'est fait, mais croyez le ou non, nous avons regardé le cyclone accoudés au balcon...et la, j'ai flippé: voir des voitures etre soulevées du sol, retournées et posées sur le toit dans un arbre, c'est hallucinant...en plus, une grue s'etait detachée dans le chantier qu'etait le centre commercial en face de la tour secid, et elle tournait, elle tournait...en faisant un bruit de sirene infernal....pendant l'oeil du cyclone, des zinutiles ont cassé le magasin miss antilles en bas de la tour secid, et ca a declenché une nouvelle sirene..quel interet de voler des pots de defrisage, nul ne sait...
Un truc qui m'a fait vraiment me rendre compte de l'importance de la chose que je vivais, c'est quand rfo s'est arrété, et que seul rci emettait parce que son antenne etait en dominique je crois...
je n'ai pas veillé toute la nuit, parce qu'au bout d'un moment, c'etait vraiment difficile a supporter, la vision de la petitesse de l'homme face aux elements...
par contre je sais maintenant que les palmiers royaux sont vraiment faits pour les tropiques! ils arrivaient jusqu'au 4etage de la tour faid'herbe, et pas un n'est tombé! par contre ils n'avaient plus de feuilles....
le lendemain, les voitures avaient changé de place dans le parking, (elles avaient fait des marches arrieres, des deplacements lateraux...)j'ai decouvert des maisons sur le morne de l'hopital que je n'avais jamais vues pour ma rentrée en lycée, j'etais gatée.... _________________ "La croyance catholique est, comme toute croyance, une falsification de la nature, une maladie que contractent tout à fait consciemment des millions de gens, parce qu'elle est l'unique salut pour eux, pour l'homme faible..."
Genre: Femme Inscrit le: 23 Mar 2005 Sujets: 40 Messages: 1357 Localisation: back from the MIA/91
Posté le: 16 Sep 2006 19:34 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
j ai vecu ca par procuration mon pere travaillait a rfo a paris donc oblige de se deplacer le lendemain pour constater les degats _________________ www.picturetrail.com/twista_s_artwork/
Posté le: 16 Sep 2006 20:07 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
J'etais en seconde, (17 ans deja ... ). On avait un test de physique prevu le samedi et tout le monde se demandait si hugo allait venir a temps pour ne pas avoir le controle. . Et puis tout le monde a commencer a attendre: Hugo etait au large, sans vraiment se decider a avancer vers la martinique et ou la guadeloupe. On l'attendait, on l'observait. Il s'est deplace, il est venu vers nous en martinique et puis c'est encore arrete. Je crois qu'on n'etait pas a l'ecole le mardi mais on a repris les cours le mercredi pour encore etre a la maison le jeudi. Qd il est reste sur place, Hugo c'est renforce. Et la ce n'etait plus de blagues, tout le monde commencait a ressentir le monstre que c'etait. Et puis finalement, le vendredi ont a su que c'est la guadeloupe qui allait etre touchee. On s'est senti soulage en martinique Mais tout le monde est reste scotche sur RCI a ecouter des nouvelles de l'ile soeur. On a eu les vents, la pluie et surtout la houle. A cote de chez moi, on avait droit au vagues qui remontaient la riviere.
Et puis l'apres, l'annonce des morts, les photos de devastations, les demandes d'aide. On a tous fremis en pensant a ce a quoi on avait echappe.
Ce qui est frappant, c'est qu'a chq fois que je parle avec des guadeloupeens de cyclones, on n'echappe jamais a leur recit d'Hugo. Evenenement tres tres tres marquant donc. _________________
"La vie est un mystere qu'il faut vivre et non pas un probleme a resoudre" Gandhi
Genre: Homme Inscrit le: 31 Jan 2006 Sujets: 41 Messages: 1326 Localisation: Ile de la Réunion
Posté le: 16 Sep 2008 13:25 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
Hugo le monstre, le démoniaque. C'était en septembre 89, je venais d'entrer en 3ème.
La maison de mes parents a tenu le choc. Mais durant ces heures interminables, j'ai vécu un véritable enfer, le vent faisait un bruit apocalyptique. J'avais des problèmes de santé à l'époque (spasmophilie) et je sentais mon coeur défaillir à chaque coup de boutoir que le vent donnait sur les portes. Je n'étais pas au bord de la crise cardiaque, mais pas loin. Au petit matin, on se serait cru dans un autre monde, le monstre avait défiguré le paysage que je ne reconnaissais plus.Chez mes parents, c'est très boisé, et on ne s'était jamais rendu compte qu'on était aussi près de la mer avant le passage du monstre (les arbres cachaient l'horizon, ils ont repoussé depuis).Les grosses portes en bois qui doublent les portes "normales" étaient devenues blanches, le vent et l'air marin avaient mangé le vernis des portes en une nuit!!!
Je n'ai jamais vécu à nouveau un phénomène aussi destructeur, Dieu m'en préserve. _________________ Lorsqu'on se soustrait à la pensée unique, il faut s'attendre à recevoir des tomates! Il s'agit alors simplement de mettre son chapeau et d'attendre qu'il cesse de pleuvoir... en ayant un sourire pour déplaire juste un peu plus à la galerie.
Genre: Homme Inscrit le: 07 Avr 2003 Sujets: 16 Messages: 546 Localisation: Sainte Anne
Posté le: 16 Sep 2008 13:40 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
Moi qui suis dans le département en ce moment, je me demande si un phénomène comparable se produisait aujourd'hui, est-ce que les dégats seraient du même ordre.
L'expérience de l'île soeur l'an dernier me laisse à penser que oui.
L'an prochain sera le 20 ème anniversaire d'Hugo. Icontestablement, il y a eu un avant et un après Hugo, mais au bout de 20 ans les gens oublient.
Je reste toujours consterné par la précipitation de la population à l'annonce d'un cyclone (achat en masse de bouteille d'eau etc... avec le risque de pénurie). Depuis 1989, c'est systématique, nous achetons plus de denrées alimentaires que le reste de l'année au démarrage de la saison cyclonique pour éviter la panique de dernière minute.
Entre temps, il y a eu Luis et Marylin mais ce n'était rien comparé à 1989.
En toute logique, un ouragan de type Katrina et Hugo devrait frapper l'archipel quand??
Sinon, à l'époque nous avions une maison traditionnelle (en bois et en tôle), aucun dégat alors que les maisons à l'occidentale en dure ont souffert et les traces sont encore visibles notamment dans les grands fonds.
Dieu merci nous n'avons pas de plage aux Abymes. _________________ La clé des coeurs, c'est le secret
Posté le: 16 Sep 2008 13:45 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
On avait passé la journée à barricader les fenêtres des voisins, des parents. Nous avions fait nos provisions de bougies, de pétrole pour les lampes, des piles pour la radio...Je me souviens comment nous avions attaché les portes du garage de l'intérieur...Ah ça les hommes de la maison s'y étaient mis, c'est du solide je m'entends encore dire...
Le fameux soir, j'ai dormi à points fermés.
Le lendemain matin vision d'horreur : Un torrent à la place du chemin qui passait devant la maison, notre oranger était cassé en deux et les voisins ramassaient les oranges tombées au sol, des sacs pleins...Le garage envolé tout simplement, il y avait juste les voitures...Des maisons en tôle purement et simplement retournées sur le toit, certaines à plus de 100 mètres d'où elles devraient être...Plus d'électricité donc il fallait vider les réfrigérateurs et donner aux plus démunis...Les plus jeunes (j'en faisais partie) passaient chez les voisins voir s'ils avaient besoin d'un coup de main...Ma grand-mère à la maison offrait un ti sèk ou le café en attendant...
Un petit hommage, Expérience 7:sois belle
_________________ »»-(¯`·.·´¯)->☆---Sé kouto sèl ki sav sa ki an kè a jiromon---☆<-(¯`·.·´¯)-««
Genre: Femme Inscrit le: 03 Mai 2008 Sujets: 4 Messages: 328 Localisation: trop loin de toi...
Posté le: 16 Sep 2008 14:32 Sujet du message: Il y a 15 ans... Hugo...
ah Hugo...
je m'en souviens aussi de ce samedi 16 sept où n'en ayant jamais vécu, j'étais super excitée et pas du tout effrayée en l'attendant tout en regardant "Côte Ouest": "han, c'est ça un cyclône? mais y'a pas de quoi en faire tout un foin...".
nous habitions à l'époque au Raizet: grandes baies vitrées barricadées, persiennes colmatées, nous attendions...tellement attendions que mon frère et ma soeur se sont endormis à l'étage tandis que moi, me sentant l'âme d'une héroïne, guettais les 1ers signes en bas, avec les parents!
je me souviens comme toi 6klôn de m'être battue avec mon père pour maintenir ds ses rails une grande baie vitrée qui menaçait de s'envoler! son départ aurait été signe d'une inondation de tt l'appart et la perte de tt ce qu'il contenait. A bien y réfléchir, c'était une hérésie (imaginez un peu qu'elle nous pète au visage!!), mais ça, c'est l'énergie du désespoir!!
plusieurs heures donc, les ongles plantés ds le caoutchou enrobant la vitre...
au final évidemment, peu de dégats comparés à d'autres...
des persiennes de ma chambre, je zieute et vois...plus loin que le pont d'Hibiscus...les portes de Pointe-à-Pitre. je me souviens avoir pleuré à ce moment: les palmiers royaux qui longent l'entrée du futur Jardin d'Essai n'ont plus de tête...
mon père a été l'un des premiers civils à se rendre en canot à Désirade pour apporter les premiers secours après les gendarmes...vision d'horreur et désolation, le "bateau retourné" est vraiment à l'envers, des civils et militaires meurent ds un accident d'hélicoptère...
hasard du calendrier, nous y étions encore ce week-end et Hugo a été évoqué: comme partout ailleurs, on s'en souvient encore...c'était il y a 18 ans... _________________ "Ne laissez pas ce que vous êtes en ce moment faire obstacle à ce que vous pourriez devenir"
H.PALMER
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