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Les békés : que pensez vous de leur réussite ?

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kabouka
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  Posté le: 02 Jan 2007 18:57    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Salut,

Comme promis, je lance sur mon vol LE sujet du 2007 : QUE PENSEZ VOUS DU POUVOIR ECONOMIQUE DES BEKES ?

Alors pour donner du sens au débat essayer :
-de vous placer en dehors du contexte émotionel , ça a déjà été traité par tous les médias, les associations en 1998 lors du 150 ième anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Ce n'est pas la peine de recommancer une nième fois. (Et puis ça ne va pas arranger votre santé! du moins je crois !)
-si vous vous référer à l'histoire pour parler d'une famille, vérifier vos sources avant de publier, ça peut donner lieu à des débats sans fin (sans intérets, inutiles).
-d'étayer votre argumentation par des faits avérés, ou des chiffres (par exemple on sait que les békés ne représent plus que 25 % du pouvoir économique à la Martinique).
-de respecter l'opinion de l'autre et les rêgles du forum.
Essayer d'être objectif autant que faire ce peu .... faites de votre mieux !

Attention au décolage ! Attachez vos ceintures, éteignez vos téléphones portables et vos ordinateurs, relevez la tablette de votre siège ...
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ericlimo
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  Posté le: 02 Jan 2007 21:39    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Kabouka, autant certains mots reviennent sans cesse dans les débats, autant quand il s'agit de faire de ces mots des sujets à part entière, tu te trouves face au grand vide, ou alors on t'accuse de je ne sais quoi.

Les békés, je ne connaissais que ce qu'il y avait d'écrit dessus, à savoir que les békés d'aujourd'hui étaient les descendants des colons d'autrefois. Maintenant, après 6 ans passés ici, je m'aperçois qu'ils ont la main mise sur l'économie et oeuvrent dans la plupart des secteurs.

D'ailleurs, j'aimerai bien savoir combien d'entreprises sont directement ou indirectement gérées par eux et le nombre de personnes qu'ils emploient. on ne peut pas nier leur capacité de développement.

Ce qui est amusant, c'est de voir les relations avec les élus locaux (maires, conseil régional...). D'un côté tu as le pouvoir économique et de l'autre le pouvoir politique, et comme l'un ne peut marcher sans l'autre, c'est plutôt drole comme contexte.

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belboug
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  Posté le: 02 Jan 2007 21:45    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

ericlimo a écrit:
Kabouka, autant certains mots reviennent sans cesse dans les débats, autant quand il s'agit de faire de ces mots des sujets à part entière, tu te trouves face au grand vide


peut-être parce que beaucoup ont longuement exposé leurs sentiment dans le sujet "les antillais qui réussissent

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Il ne suffit pas de vouloir la vérité, il faut savoir où la chercher...Et la vérité n'est pas facile à trouver parcequ'elle sait où se cacher.
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ericlimo
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  Posté le: 02 Jan 2007 22:14    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

belboug a écrit:
ericlimo a écrit:
Kabouka, autant certains mots reviennent sans cesse dans les débats, autant quand il s'agit de faire de ces mots des sujets à part entière, tu te trouves face au grand vide


peut-être parce que beaucoup ont longuement exposé leurs sentiment dans le sujet "les antillais qui réussissent


Beaucoup, hum, il faut peut-être relativiser.

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Dragonball
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  Posté le: 02 Jan 2007 22:31    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Le problème, c'est surtout que j'ai l'impréssion que beaucoup, quelque soit leur opinion, on été incapable, ou n'on tout simplement pas voulu, répondreà une question simple qui sous tendait pourtant tout le débat sur l'autre topic :

Un antillais noir peut il se reconnaitre, être fier et heureux de la réussite d'un béké (Ou d'un blanc, ou même d'un chinois puisqu'on a parlé d'Ho Hio Hien), au même titre qu'il pourrait l'être d'un autre antillais noir ?

Voilà, c'est pourtant simple comme question. Pourtant, vu ce sujet, Kabouka ne l'a visiblement pas bien comprise.

Je n'aime pas les békés, je l'ai déjà assez répété (et argumenté comme celà). La réussite d'un métropolitain, comme celle d'un antillais d'origne chinoise aux antilles, ne me dérange par contre pas du tout. (Même si les métropolitains ont parfois des attitudes de colons, ils sont loin d'être aussi imprégnié par de racisme et de culture ségrégationiste comme c'est le cas pour les Békés).
Aux antillais de se doter des moyens de faire de même.

Mais en tant qu'Antillais, et qu'antillais noir (Faudrait peut être pas oublié que nous sommes encore majoritaire dans notre pays hein !), lorsque je vois un sujet sur la réussite des antillais, ce que j'attends en priorité, c'est qu'on me parle des noirs, pas des blancs, ni des asiatiques.
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Anksu-Amon
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  Posté le: 02 Jan 2007 22:41    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Bin en fait pour ma part, mais je crois que je me suis relativement répandue sur le forum pour me répéter.
Je ne vais pas dire que ce sont les békés qui portent tout le malheur du monde, je reconnais les limites et les conséquences d'un système qui leur a bénéficier et qu'ils maintiennent dans un état de fonctionnement qui leur est favorable.

C'est valable pour ce groupe (dominant economiquement parlant - surtout en martinique, pour les autres iles je ne sais pas trop comment cela fonctionne dans les details) au même titre que pour tout groupe dominant (ou en tout cas détenant un pouvoir susceptible de ).

Ce n'est donc pas une question de couleur, mais de role qui ensuite se fixe sur des details extérieurs faciles pour les raccourcis (békés ici, noir et arabes ailleurs, chinois etc )

A mon sens comme je l'ai déjà dit ailleurs si les choses veulent changer vive la coaction mais ca c'est po encore gagner

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Grand sorcier
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  Posté le: 02 Jan 2007 22:49    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Un fait avéré et indiscutable : les békés ne veulent pas se melanger avec les Noirs. C'est leur choix mais du coup cela fait que je me méfie d'eux et ne les aimes pas trop. Sans pour autant les detester (faut pas exagérer non plus).

Un autre fait avéré : ils controlent tous les secteurs de l'économie Antillaise. Du coup ils ont les relations qu'il faut et s'ils veulent t'empécher d'obtenir un terrain, une licence, un permis de construire, un pret bancaire, ils n'ont qu'à aller voir le banquier, le notaire, le propriétaire terrien, le maire, le fournisseur, pour leur dire de ne pas signer de contrat avec toi ou alors ils surencherissent et du coup tu te fais coiffé au poteau par eux. Alors du coup il faudrait faire les choses en sous-marin, en absolue discrétion pour pouvoir être tranquille. Mais bon avec Internet ces vieux procédés marchent moins bien.

Donc Internet peut devenir une voie de salut pour les business men Antillais. En tout cas pour fabriquer une première caste de Noirs pionniers dans les affaires. Ensuite après grâce à cette force capitalistique, une autre caste pourrait avoir les appuis pour prendre des part de marché dans le commerce traditionnel et l'industrie traditionnelle.

Un autre fait avéré : on prete des crédits aux Antillais pour acheter des mercedes et des écrans plats. Par contre on ne leur prete pas d'argent pour acheter un camion, monter une entreprises... Or les béké eux ne subissent pas ce genre de discriminations.

Ensuite, les békés verraient-ils d'un bon oeil le fait que des magasins tenus par des Antaillais voient le jour ? Ce serait autant de part de marché en moins pour eux. Veulent-ils conserver le statut quo qui leur assure la pitence sans effort grâce à leur quasi monopole sur l'alimentaire, les transports, l'énergie, la production insdutrielle.

Il semble que l'emancipation économique des Négro-antillais serait préjudiciable à la fortune des békés. De plus nous sommes sur ces micro-archipel, avec des micro-marché, à des milliers des kilomètres des grans centres de décisions, alors il n'y a pas beaucoup de place pour tout le monde. On risque de se tirer dans les pattes.

Mais peut être qui si tout est bouché aux Antilles, les Négro-antillais pourraient prendre des part de marché ailleurs. Ainsi ils n'auraient pas de conflit d'intéret avec les békés et en plus sur des terres en friche, il n'y aurait personne pour venir leur dicter leur loi.

Plus généralement, être dans les affaires c'est être maitre de son destin. C'est être actif dans la construction de son destin. C'est n'avoir personne au-dessus de soi sauf Dieu. Donc c'est la manière la plus digne de vivre. Car sinon après c'est dépendre d'un patron. Donc lui rendre des compte, arriver à l'heure et lui afficher le plus beau sourrire.

Etre business man c'est construire son avenir, c'est voir devant soi, c'est pendre des décisions, c'est passer à l'action. Et puis c'est le meilleur moyen de devenir riche. Car quand on est employé, c'est le parton qui ramassent les bénéfices en tant qu'actionnaire majoritaire. Les employés peuvent obtenir des primes exceptionnelles mais c'est pas eux qui découpent le gateau et partagent les parts. Le patron c'est lui qui découpent les parts...
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Dragonball
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  Posté le: 02 Jan 2007 22:56    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Anksu-Amon a écrit:

Ce n'est donc pas une question de couleur, mais de role qui ensuite se fixe sur des details extérieurs faciles pour les raccourcis (békés ici, noir et arabes ailleurs, chinois etc )

Bah bien sur !

Sûr que si ça avait été un Hayot ou un De reynal qui avait été choisit en lieu et palce d'Audrey Pulvar ou Harry Roselmack pour présenter le 20H, les antillais auraient été tout aussi heureux et fier de cet évenement !
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Anksu-Amon
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  Posté le: 02 Jan 2007 23:40    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Dragonball a écrit:
Anksu-Amon a écrit:

Ce n'est donc pas une question de couleur, mais de role qui ensuite se fixe sur des details extérieurs faciles pour les raccourcis (békés ici, noir et arabes ailleurs, chinois etc )

Bah bien sur !

Sûr que si ça avait été un Hayot ou un De reynal qui avait été choisit en lieu et palce d'Audrey Pulvar ou Harry Roselmack pour présenter le 20H, les antillais auraient été tout aussi heureux et fier de cet évenement !


Dis si au lieu de monter sur tes grands chevaux, tu prenais le temps de lire tous les mots et dans cet ordrece serait bien .

J'ai parlé de role pour exprimer ce qui se passe dans le comportement des "békés" qui defendent leur monopole bec et ongles.

Et toi tu me parles d'autres choses

Mais pour répondre à ta remarque, pour peu que la répartition soit en miroir inversée, de meme que le role, sois sure que la reaction le serait egalement.

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Dragonball
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  Posté le: 03 Jan 2007 01:13    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Anksu-Amon a écrit:

Mais pour répondre à ta remarque, pour peu que la répartition soit en miroir inversée, de meme que le role, sois sure que la reaction le serait egalement.

Sauf que dans ceux cas, ce serait beaucoup plus légitime.
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kabouka
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  Posté le: 03 Jan 2007 04:31    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

ericlimo a écrit:
Kabouka, autant certains mots reviennent sans cesse dans les débats, autant quand il s'agit de faire de ces mots des sujets à part entière, tu te trouves face au grand vide, ou alors on t'accuse de je ne sais quoi.

Les békés, je ne connaissais que ce qu'il y avait d'écrit dessus, à savoir que les békés d'aujourd'hui étaient les descendants des colons d'autrefois. Maintenant, après 6 ans passés ici, je m'aperçois qu'ils ont la main mise sur l'économie et oeuvrent dans la plupart des secteurs.

D'ailleurs, j'aimerai bien savoir combien d'entreprises sont directement ou indirectement gérées par eux et le nombre de personnes qu'ils emploient. on ne peut pas nier leur capacité de développement.

Ce qui est amusant, c'est de voir les relations avec les élus locaux (maires, conseil régional...). D'un côté tu as le pouvoir économique et de l'autre le pouvoir politique, et comme l'un ne peut marcher sans l'autre, c'est plutôt drole comme contexte.



J'ai confiance la discussion va démarrer d'ici peu j'en suis convaincu ...
Comme tu le dis cette situation des békés est très très particulière aux Antilles. Tu as du t'en rendre compte c'est une véritable caste qui vit repliée sur elle même, et ne se consacrant ... apparament ... actuellement ... qu'à une seule chose : le business ! Ce n'est pas tout à fait exact . Ils ont beaucoup plus d'influence sur la chose politique qu'on peut le croire.
Là je n'ai pas le temps je ne peux pas m'étaler, j'y reviendrai dans les jours à venir.
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kabouka
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  Posté le: 03 Jan 2007 05:31    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Grand sorcier a écrit:
Un fait avéré et indiscutable : les békés ne veulent pas se melanger avec les Noirs. C'est leur choix mais du coup cela fait que je me méfie d'eux et ne les aimes pas trop. Sans pour autant les detester (faut pas exagérer non plus).

Un autre fait avéré : ils controlent tous les secteurs de l'économie Antillaise. Du coup ils ont les relations qu'il faut et s'ils veulent t'empécher d'obtenir un terrain, une licence, un permis de construire, un pret bancaire, ils n'ont qu'à aller voir le banquier, le notaire, le propriétaire terrien, le maire, le fournisseur, pour leur dire de ne pas signer de contrat avec toi ou alors ils surencherissent et du coup tu te fais coiffé au poteau par eux. Alors du coup il faudrait faire les choses en sous-marin, en absolue discrétion pour pouvoir être tranquille. Mais bon avec Internet ces vieux procédés marchent moins bien.

Donc Internet peut devenir une voie de salut pour les business men Antillais. En tout cas pour fabriquer une première caste de Noirs pionniers dans les affaires. Ensuite après grâce à cette force capitalistique, une autre caste pourrait avoir les appuis pour prendre des part de marché dans le commerce traditionnel et l'industrie traditionnelle.

Un autre fait avéré : on prete des crédits aux Antillais pour acheter des mercedes et des écrans plats. Par contre on ne leur prete pas d'argent pour acheter un camion, monter une entreprises... Or les béké eux ne subissent pas ce genre de discriminations.

Ensuite, les békés verraient-ils d'un bon oeil le fait que des magasins tenus par des Antaillais voient le jour ? Ce serait autant de part de marché en moins pour eux. Veulent-ils conserver le statut quo qui leur assure la pitence sans effort grâce à leur quasi monopole sur l'alimentaire, les transports, l'énergie, la production insdutrielle.

Il semble que l'emancipation économique des Négro-antillais serait préjudiciable à la fortune des békés. De plus nous sommes sur ces micro-archipel, avec des micro-marché, à des milliers des kilomètres des grans centres de décisions, alors il n'y a pas beaucoup de place pour tout le monde. On risque de se tirer dans les pattes.

Mais peut être qui si tout est bouché aux Antilles, les Négro-antillais pourraient prendre des part de marché ailleurs. Ainsi ils n'auraient pas de conflit d'intéret avec les békés et en plus sur des terres en friche, il n'y aurait personne pour venir leur dicter leur loi.

Plus généralement, être dans les affaires c'est être maitre de son destin. C'est être actif dans la construction de son destin. C'est n'avoir personne au-dessus de soi sauf Dieu. Donc c'est la manière la plus digne de vivre. Car sinon après c'est dépendre d'un patron. Donc lui rendre des compte, arriver à l'heure et lui afficher le plus beau sourrire.

Etre business man c'est construire son avenir, c'est voir devant soi, c'est pendre des décisions, c'est passer à l'action. Et puis c'est le meilleur moyen de devenir riche. Car quand on est employé, c'est le parton qui ramassent les bénéfices en tant qu'actionnaire majoritaire. Les employés peuvent obtenir des primes exceptionnelles mais c'est pas eux qui découpent le gateau et partagent les parts. Le patron c'est lui qui découpent les parts...



Je corrige le premier fait avéré: les hommes békés ne se ... marient pas (non pas "ne se mélangent pas" comme tu le dis) avec les femmes noires. Mais ils ne se privent pas quand il faut les passer à la casserole ... no comment ! Une femme béké qui fait un enfant avec un homme africain-antillais (ou négro-antillais comme tu dis), est tout de suite exclue de la communauté béké. J'en connais une qui habite dans un HLM pas loin de chez moi.

Pour le deuxième fait avéré: ils ne contrôlent plus "directement" tous les secteurs, (Les Lancry des afro-antillais martiniquais possèdent le Carrefour Place d'Armes , l'hyper marché Long Pré entre autres à la Martinique, il y a les Ho HIO HEN et beaucoup d'autres), en revanche les békés essaient d'être présents partout, et sont par ailleurs très agressifs économiquement (pour ne pas dire plus, ce qu'ils cherchent c'est que ton entreprise disparaisse) et surtout ont beaucoup d'influence comme tu dis sur les décideurs financiers et politiques ... et exercent un loobying constant et bien structuré.
Pour leur échapper, il faut être très discret au début ou faire comme certains localiser son siège social en Guadeloupe, en France ou ailleurs, et ensuite installer sur le terrain il faut se battre avec eux, mais il y a d'autres commmunautés tout aussi aggressive...parfois plus.


Sagissant des prêts, selon moi la tendance est entrain de "se normaliser", on peut aujourd'hui trouver des fonds pour démarrer une activité - pas forcement qu'à la Martinique, mais il faut être crédible.
Cela dit nos compatriotes consomment à un rythme ... effréné; les banques, mais également les groupes de distribution en profitent un maximum. Du reste notre économie est basée sur cette consommation; tu prends un secteur comme l'automobile (tu l'as évoqué), c'est une véritable filière économique. Avec les pièces détachés, les concessionnaires, les garages, le carburant, les assurances ce sont des centaines de millions d'Euros qui circulent dans cette filière. Mais la concurence y est tout aussi impitoyable !

ça me semble difficile de parler de création d'une caste d'hommes d'affaire noirs comme tu sembles l'appeller de tes voeux. (Même les békés ne constituent pas une caste d'hommes d'affaires, entre eux la concurrence est impitoyable. Il y a les grandes familles, les grands groupes mais il y a aussi tous les autres qui ont des petites ou moyennes structures).

Enfin je te dirai que le marché antillais et guyanais est petit mais très très riche, et porteur, il y a énormemment d'opportinité d'affaires, en particulier dans la distribution (mais il faut investir dans la qualité si ce n'est le luxe), donc entièrement d'accord avec toi pour dire que les "jeunes" antillais doivent se lancer dans les affaires chez eux de préférence.
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Anksu-Amon
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  Posté le: 03 Jan 2007 09:37    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

Dragonball a écrit:
Anksu-Amon a écrit:

Mais pour répondre à ta remarque, pour peu que la répartition soit en miroir inversée, de meme que le role, sois sure que la reaction le serait egalement.

Sauf que dans ceux cas, ce serait beaucoup plus légitime.


Ou as tu vu que ca ne l'etait pas ? encore que j'y mettes des guillemets

Les relations, les roles s'inscrivent dans un contexte historico-socio-culturelle dont la couleur (noire, blanc, etc) n'est que l'arbre qui cache la foret.

D'ou ma phrase selon laquelle, c'est le role qui determine la relation.

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Féchié
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  Posté le: 21 Mai 2007 16:26    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

LES BEKES, PUISSANCE ÉCONOMIQUE : MYTHE OU RÉALITÉ ?



Business News, le magazine de l’actualité économique des régions Guadeloupe, Guyane, Martinique et Caraïbe, dans son numéro 19 du mois de Mars 2007, présente un dossier intéressant sur les Békés martiniquais. Le titre de ce dossier, que nous avons repris en exergue, donnera, j’en suis convaincu, l’eau à la bouche de ceux qui sont intéressés par tout ce qui concerne nos départements d’Amérique, dans lesquels l’influence économique des Békés est prépondérante.

Plusieurs articles permettent la confrontation des opinions, sur cette question, de diverses personnalités des mondes économique, politique, social et médiatique. Nous avons particulièrement été accrochés par l’interview du professeur d’histoire, Camille Chauvet, directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Naïf », qui est d’origine africaine et indépendantiste, comme beaucoup de personnes en Martinique.

Je me permettrai, naturellement, quelques commentaires personnels et le récit d’une anecdote vécue qui éclairera ce sujet de façon plus intime.

Naturellement, je ne vais citer que des extraits essentiels de l’article, vous laissant le plaisir de le découvrir dans son intégralité en achetant le magazine.



……….

CC : … Cela veut dire que vous avez un groupe social, les Békés, que l'on appelle encore communément les "Blancs créoles" qui contrôle l'économie du pays.
C'est d'abord une puissance économique "historique". Les Békés tirent cette "puissance économique" d'une série de monopoles dans certains secteurs économiques, à une certaine époque historique, monopoles qui ne pouvaient être obtenus que par eux. Ce sont les Békés qui pouvaient donner des cautions suffisantes aux investisseurs français pour obtenir ces avantages économiques liés à l'exercice du commerce d'importation par exemple ou l'industrialisation de la production de sucre.

BN : Il y a donc un lien direct avec l'histoire ?

CC : Bien sûr il existe un lien direct avec l'histoire. Comment positionner les Békés ? Il faut bien comprendre qu'ils font partie intégrante de cette société martiniquaise, et qu'ils sont un pôle à la fois isolé et fonctionnellement intégré dans cette société. Au milieu des années 60, les Békés sont 2300 individus répartis dans 150 familles patronymiques dont 16 seulement rassemblent 50% de l'effectif de la population béké. Cela veut dire que l'on a là un groupe qui est homogène, même dans son étroitesse, et qui maintient et protège un lien social très fort. Cela explique en partie cette position hégémonique sur le monde économique. Le lien avec l'histoire est permanent. Au lendemain de l'abolition de l'esclavage, ça peut choquer certains que l'on remonte jusque là, mais les Békés se sont enrichis - je les appelle d'ailleurs les héritiers du crime - grâce aux indemnisations obtenues. Cela a servi à relancer l'économie du pays. On ne va pas refaire l'histoire de la société esclavagiste, mais il faut bien comprendre qu'au lendemain de l'abolition, les Békés ont mis un dispositif bancaire, le Crédit Foncier Colonial qui permet aux "blancs créoles" d'imposer leur pouvoir économique. Avec l'argent du Crédit Foncier Colonial, ils vont mettre en place les usines centrales et les féodalités du sucre qui vont durer jusqu'au milieu du 20e siècle. Au lendemain des événements de décembre 59, il va se produire une redistribution brutale de la carte économique entière du pays. Mais les Békés sont toujours dominants car ils contrôlent le foncier. On va entrer dans l'ère de la société de consommation et se retrouver avec les réseaux de la grande distribution.

BN : Est-ce que l'on est aujourd'hui encore dans une réalité de domination économique ou est-ce que cette domination a pris un sérieux coup de vieux ?

CC : Non, la réalité de la domination n'a pas pris un coup de vieux. Simplement, la domination s'est réorganisée. Moi je crois que le monde béké a bien compris qu'il ne peut plus continuer à dominer ce pays et à garder le monopole de certaines rentes de situation, notamment la consommation, s'il n'ouvre pas l'espace économique au capital français. D'ailleurs, le capital français s'est déjà installé.
On a vu parallèlement émerger quelques capitaux non-békés, notamment dans la grande distribution. On peut les citer, le groupe HO HIO HEN, le groupe PARFAIT, le groupe LANCRY, le groupe ANNETTE. Mais ils se sont développés essentiellement dans la grande distribution alimentaire et non-alimentaire. Aujourd'hui, il y a une espèce de recomposition de cette espace économique mais le contrôle des blancs créoles est toujours là. Il est vrai que vous entendez des discours, notamment ceux de Roger de Jaham qui disent que les Békés ne contrôlent plus l'économie. Ce n'est pas vrai. Il suffit de regarder les chiffres. Vu le faible nombre de Békés, même s'ils ne contrôlent aujourd'hui que 30% de l'économie du pays, c'est de fait une situation de vraie puissance économique. Qu'est-ce que nous reprochons aux Békés ? Ils n'ont pas joué leur rôle de bourgeoisie nationale comme dans la plupart des pays latino-américains. Les Békés sont la puissance économique du pays, heureusement, mais ils ne remplissent ni leur fonction économique, ni leur rôle historique.
Je suis très content, je préfère que les Békés soient les dépositaires de la puissance économique ici plutôt que les Français. Les Békés, pour moi sont des Martiniquais. Je préfère que Bernard Hayot possède le monopole, même si je condamne cette situation monopolistique. Je préfère 50 Bernard Hayot à un seul Dupont.

BN : Quel regard portez-vous sur l'évolution dans le temps des composantes de cette fameuse puissance économique ?

CC : A mon avis aujourd'hui, qu'est ce qui se passe ? Vous remarquerez que les Békés font faillite mais derrière il y a une recomposition des groupes békés. Pourquoi ? Cette recomposition est utile car ils veulent résister à la montée des autres groupes martiniquais, les groupes non-békés, et les groupes européens.
Aujourd'hui, ils sont en face de grands groupes européens, pas seulement français mais européen. Mais aujourd'hui ils n'ont plus de banque à eux. Quand le Crédit Foncier Colonial a disparu, les Békés ont compris très tôt avant les autres composantes de la société martiniquaise, qu'il fallait une banque de développement. Ils ont fabriqué, ont construit cette banque de développement, le Crédit Martiniquais qui leur a servi de base de développement. Aujourd'hui, ils se sont bien rendu compte qu'ils n'ont plus cette banque à leur disposition. Ils sont aujourd'hui dans le registre de la re-capitalisation, de l'autofinancement et de l'ouverture de leur capital. Je crois qu'aujourd'hui on est véritablement en phase de recomposition et cette recomposition est très importante pour l'avenir économique de la Martinique.

BN : Que pensez-vous de l'opinion largement répandue selon laquelle cette puissance économique békée serait un facteur de blocage de la société martiniquaise ?



CC : C'est un blocage évident à mon sens parce que, comme je l'ai déjà dit, les Békés ne remplissent pas leur rôle historique. Les Békés font partie de la bourgeoisie nationale martiniquaise. Ils devraient remplir le rôle des bourgeoisies comprador d'Amérique Latine.
Cette bourgeoisie commerçante, ces entrepreneurs qui ont conduit leurs pays à l'indépendance. A compter du moment où le Béké ne comprend pas qu'il faut qu'il contribue à l'autonomie politique du pays par l'autonomie économique, c'est un facteur de blocage.

……….

BN : Et la réflexion politique ?

CC : Tout. Je vous explique. Quand vous avez Monsieur Bernard Hayot sur ces questions, vous n'arrivez pas à avoir de réponse. Dans le contexte du 22 mai, il a accepté de faire une interview au Naïf mais sur l'essentiel des questions, M. Bernard Hayot ne répond pas. C'est quelqu'un, de très, très intelligent.
Monsieur Hayot a très bien compris qu'il ne faut pas parler politique parce que s'il parle politique, il sait très bien qu'il ne puisse pas avoir un autre discours que celui de ses ancêtres ceux du Gaoulé du Diamant de 1717 qui s'étaient rebellés contre des fonctionnaires français. Il ne peut être que dans cette lignée. Sinon, il tient le silence et le silence c'est le blocage.

BN : Ça veut dire que, intrinsèquement les Békés sont indépendantistes ?

CC : Pour moi, ils sont indépendantistes mais ils finiront par le dire. Il faut que le Béké dise qu'il est indépendantiste si on veut que ce pays avance. On ne peut rien faire sans cette composante et ils le savent. Rien ne peut avancer en Martinique sans les Békés parce que les Békés, pour moi, je le répète, sont des martiniquais avant tout. Vous avez des discours obsolètes de gens qui disent que ce ne sont pas des martiniquais, c'est une plaisanterie. Les Békés autant que nous sont des martiniquais. Mais c'est un groupe social qui ne remplit pas sa fonction historique dans le pays.

BN : Concrètement ce serait quoi cette fonction historique ?

CC : Ils auraient dû mener ce pays à l'indépendance bien avant la catastrophe de Saint-Pierre. Parce que la catastrophe de Saint-Pierre a bloqué l'évolution du monde béké. Je crois que la catastrophe de Saint-Pierre a des répercussions économiques et sociologiques extrêmement importantes sur le monde d'aujourd'hui. L'autre étape, cela a été le choix de la Départementalisation. Je ne peux pas demander à Césaire d'avoir fait un autre choix. On ne refait pas l'histoire. Comme dit Marx, l'histoire se fait dans des conditions que les hommes ne déterminent pas. C'était ce qu'il croyait être bon pour la Martinique et que le peuple martiniquais croyait être bon pour lui, ils se sont engouffrés dedans. Mais aujourd'hui ce qui est bon pour ce pays c'est dans un premier temps d'avoir une souveraineté, une autonomie politique pas seulement une autonomie économique comme le veut Monsieur Sarkozy qui sera probablement à mon avis élu président dans les mois qui viennent. Quand il parle de l'autonomie économique, il pense aux Békés et au libéral-fascisme européen. Il faut faire attention à cela parce qu'on va partir sur un registre de violence.
Parce que, comme je le répète assez souvent, ça va confirmer que le peuple martiniquais aujourd'hui est en état de légitime défense et doit se défendre avec tous les moyens dont il dispose, les armes miraculeuses de Césaire c'est-à-dire la politique, mais aussi d'autres armes, peut-être.

BN : Parlons de l'avenir. Si on reprend cette puissance économique béké effective ou supposée, comment la voyez-vous évoluer ? Comment vous voyez l'avenir de ces groupes békés ?

CC : Beaucoup de groupes békés ont disparu en nombre même si le poids économique des Békés reste très important. Ils emploient combien d'employé en Martinique ? Quel est le capital qu'ils possèdent ?

Quels sont les secteurs qu'ils contrôlent ? Aujourd'hui vous prenez le port et l'aéroport. Pourquoi on n'a pas donné le port et l'aéroport au Conseil Régional. Parce que les Békés sont montés à Paris pour leur dire de ne pas confier ça à Alfred Marie-Jeanne. Pourquoi ? Parce que le port et l'aéroport c'est l'économie du pays et l'économie du pays est contrôlée par les Békés. Et pour que ça fonctionne bien ils sont prêts à faire toutes les concessions du monde aux dockers. Mais ce qui pose problème, c'est que l'effort d'investissement des Békés ne s'exerce pas sur le pays où ils prennent leur capital. Il y a un détournement du capital martiniquais par ces groupes békés, par certains groupes français, et maintenant certains groupes européens.
C'est ça le problème de fond de ce pays. Si personne ne veut le poser c'est leur problème. A un moment ou à un autre, il faudra faire le bilan. Le bilan de ces locomotives économico-historiques.

BN : Selon vous les Békés sont amenés à durer ou sont-ils menacés par les grands groupes, les multinationales françaises ?

CC : Je crois qu'il faut nous les non-békés que nous protégions nos Békés. Les Békés c'est nous. Je préfère, comme je vous le disais, 50 Bernard Hayot avec moi dans mon pays qu'un seul Dupont. Nous sommes martiniquais nous devons vivre ensemble. On vit ensemble, on gagne ensemble, on meurt ensemble avec les Békés. Ça c'est clair ça aujourd'hui.

BN : Il faut simplement réorienter le jeu et redéfinir les règles ?

CC : Il faut réorienter le jeu avec les puissances politiques qui doivent leur faire comprendre quel est le rôle, quelle est la mission qu'ils doivent remplir dans ce pays. Ils sont prêts à l'accepter s'il y a une puissance politique que le leur dit. Je ne vois pas pourquoi Monsieur de Lucy ne pourrait pas être dans un conseil municipal avec moi. Mais je ne veux pas de français avec moi. Je crois que c'est ça l'enjeu aujourd'hui. Ca va aller très vite parce que la MARTINIQUE est en train de se caldochiser. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un contexte de mondialisation. Il faut réagir. Quand vous avez un jeune comme le petit Mouriesse, je suis fier de lui comme je suis fier de mes békés. On a besoin de centaines de Alick Mouriesse. Je suis fier de ce garçon parce qu'il est martiniquais. Nous avons des intelligences ici, il faut les valoriser. Il nous faut construire notre pays et les Békés ne font rien pour nous aider dans cette construction alors qu'ils en sont un élément. C'est une construction la MARTINIQUE, c'est une pierre, une autre pierre, une autre pierre pour construire ce pays et le ciment c'est notre cohésion nationale, notre appartenance à ce même pays, c'est ça le ciment. La brique béké à côté de la brique de non-béké aux côtés des autres briques. Les Français qui viennent ici et qui décident de s'installer ce sont des martiniquais. Nous sommes une société en formation.

BN : Est-ce qu'il y a un désir de vivre ensemble ?

CC : Ce désir de vivre ensemble, oui il est là même si ce n'est pas facile. Vous imaginez qu'il y a des gens qui estiment qu'il ne faut pas que les Békés viennent à la manifestation du 22 mai. Ces comportements sont des comportements de gauche réactionnaire, c'est une gauche nationaliste réactionnaire quand on dit qu'on ne veut pas voir les Békés au 22 mai. On veut continuer à fabriquer les Békés comme ennemis. Moi je ne veux pas les fabriquer comme ennemis.
Un moment, j'ai pensé qu'il fallait éliminer les Békés, mais j'ai dit non. C'est une composante du pays. Donc je le répète, on vit ensemble, on gagne ensemble, on meurt ensemble. Je crois que c'est ce qu'il faut retenir de cette société.

BN : Camille Chauvet, nous vous remercions.

Propos recueillis par Eddie Marajo





Je crois que l’ami Camille (ami des Békés) se berce d’illusions. Si les bourgeoisies d’affaire, de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud, ont été les moteurs principaux des indépendances de leurs pays, ce fut toujours pour des motifs économiques dont ils étaient les principaux bénéficiaires. Les Békés martiniquais ont compris, depuis longtemps, que l’évolution démocratique de la France et l’intégration des colonies d’Amérique dans une départementalisation de plus en plus réelle, leur étaient favorables en raison de leur position sociale sur place, mais aussi grâce au puissant lobbying qu’ils ont toujours exercé et qu’ils exercent toujours sur les gouvernants de la Métropole. Mais ils ont compris, aussi, que l’argent qu’ils engrangent de façon indirecte, dans leurs différentes activités commerciales, sort tout droit des poches des contribuables français. L’économie des DOM, nous avons eu l’occasion de le démontrer dans plusieurs numéro du Petit Journal, étant bâtie essentiellement sur les apports de l’État en direct ou au niveau des collectivités locales. Il y a longtemps qu’ils savent (et ils sont bien placés pour cela, possédant 70 % des terres de Martinique et toutes les plantations d’une certaine importance) que les seuls produits exportables des deux Antilles françaises (je mettrais la Guyane à part dans son devenir), les produits agricoles, ne peuvent représenter, au mieux, que quelques pour cent des P.I.B locaux. Et que ce pourcentage ne va aller qu’en diminuant, parallèlement à la diminution annoncée des subventions européennes. Il faut savoir, qu’en 2006, pour la première fois dans l’histoire de cette culture, les ouvriers agricoles du secteur de la banane (clef : plantation « Grand Café », en Guadeloupe) ont connu de nombreux mois mois de chômage technique. On continue à cueillir les bananes, mais on ne cultive plus leurs champs.

Pour les Békés, l’obtention de l’indépendance de la Martinique et de la Guadeloupe serait équivalente à un suicide économique !

Une fois de plus, nous constatons que les indépendantistes font totalement l’impasse sur les réalités économiques de leurs pays. Il faut dire que lorsque l’on sait que l’un de leurs modèles est Haïti, il ne faut s’étonner de rien !



De curieux rapports existent toujours, en Martinique, entre les Békés et leurs anciens esclaves. Il faut se souvenir que si la Révolution française a pratiquement héraldiqué la classe locale des Békés en Guadeloupe, ce ne fut pas le cas en Martinique où ceux-ci se placèrent fort opportunément sous la protection des Anglais, le temps que la bourrasque révolutionnaire passe. Ce qui valut, à leurs esclaves, de ne profiter que de la seconde abolition de l’esclavage et à leur île de conserver une bourgeoisie fortunée, qui colonisa, plus tard, l’économie guadeloupéenne privée de cette classe sociale, à l’exception de quelques familles de Blancs-Pays, arrivés bien après 1948 et qui ont connu, parfois, de brillantes réussites sociales.



Récemment de passage à Saint-Pierre, mon cousin Jean-Louis et moi, nous nous étonnions du fait qu’une carrière avait été ouverte au vent de la ville, apportant son lot de pollution de poussière calcaire. Nos amis afro-martiniquais locaux reconnurent que le Béké qui avait ouvert ce chantier, l’avait fait au mépris des autorisations officielles et des règles écologiques et que les nuisances n’étaient pas négligeables sur l’environnement.

Comme Jean-Louis s’exclamait : « Pourquoi le laissez-vous faire ? », ils répondirent timidement : « Euh… C’est un Béké… Et il va créer quelques emplois dont nous avons bien besoin… »

Le respect avec lequel ces braves gens prononcent le terme de « Béké », semble indiquer que lien maître-esclave n’est pas complètement rompu dans l’île des Fleurs.

Cela me fait d’ailleurs penser à la relation très particulière qu’il y avait entre les Pieds-Noirs et les Algériens, une sorte d’attraction-répulsion. Comme l’a affirmé, haut et fort, Camille Chauvet, les Martiniquais acceptent en général, de la part de leurs anciens maîtres, un paternalisme qu’ils ne tolèreraient absolument pas venant d’un Métropolitain.



Attention ! Touristes venant en Guadeloupe, n’oubliez pas que c’est encore pire avec la population locale, qui a été libérée deux fois et qui a connu son heure de gloire pendant la période révolutionnaire, au cours de laquelle sa flotte corsaire a vaincu la flotte américaine et tenu en respect la flotte anglaise. Ce peuple est le plus gentil qui soit et le plus serviable, mais uniquement avec les personnes qui lui manifeste un respect appuyé. La familiarité appuyée qu'a toujours employée, dans ses rapports avec les populations locales, les anciens coloniaux, n'est plus de mise aujourd'hui. Le tutoiement se mérite.



On ne dira jamais assez combien cette « aventure révolutionnaire », que connut la Guadeloupe, allait changer les rapports entre les Guadeloupéens entre eux et leurs mentalités intimes, en particulier leur rapport au travail. Ils ont été libérés deux fois en moins d’un siècle et ces opérations furent aussi mal organisées l’une que l’autre, contrairement à ce que se produisit à la Réunion au moment de l’abolition finale. On ne passe pas sans séquelles d’une situation d’esclave à celle d’homme libre, sans un apprentissage des réalités de la nouvelle Société libérale. Les nombreuses libérations de peuples opprimés, à travers le monde, mais surtout en Afrique, nous le montrent encore aujourd’hui.

Il ne faut pas oublier que si de la main d’œuvre a été recrutée en Inde, c’est parce que les Africains ne voulaient plus travailler dans les plantations. C’est-à-dire qu’ils ne voulaient plus travailler du tout, le travail servile, qu’ils avaient connu, étant, dans leurs esprits, assimilé à l’esclavage.

Ces hommes étaient passés directement d’une civilisation de chasse et de cueillette, à l’enfer agricole des plantations (où l’espérance de survie maximum d’un ouvrier n’était que de 10 à 15 ans), alors qu’en Europe, les paysans connaissaient les rudes difficultés du travail de la terre depuis des millénaires et, d’ailleurs, un servage parfois aussi contraignant que l’esclavage.



Le paradoxe guadeloupéen, c’est que le peuple, dans son immense majorité, perçoit de façon intuitive et pragmatique que son sort est définitivement lié à la France et à l’Europe (voir les résultats du dernier référendum, qui offrait une ouverture vers l’indépendance ou du moins vers une autonomie plus grande), mais que sa fierté, bien compréhensible, l’amène à considérer avec indulgence la poignée de troublions qui se bat pour l’indépendance du pays. Au fur et à mesure que l’économie du pays passe aux mains des « étrangers », le rêve impossible de l’indépendance prend de plus en plus de corps dans leurs esprits, mais ils ont la sagesse de comprendre qu’il ne s’agit que d’un rêve.



Les gouvernants, à Paris, négligent trop souvent la fierté des peuples d’outremer. L’épisode le plus récent est la disparition d’un ministère affecté à l’outremer, qui est cruellement ressentie par tous les D.O.M. Une fois de plus, on a négligé de faire un travail de préparation pédagogique préalable, pour expliquer qu’un ministre de l’Intérieur, qui a en charge les D.O.M, a beaucoup plus de poids dans le gouvernement qu’un « petit » ministre affecté uniquement à cette mission. Peut-être est-il encore temps pour le faire !


Paul MOMBELLI

Source: Paul MOMBELLI : Petit Journal de Montmain, numéro 419
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  Posté le: 21 Mai 2007 18:56    Sujet du message: Les békés : que pensez vous de leur réussite ? Répondre en citant

OU EN EST LA PUISSANCE ECONOMIQUE DES BEKES ?

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