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Tour de la Martinique des communes - 12 : Fort-de-France


 
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sanahell
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  Posté le: 24 Mar 2008 15:09    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Tour des communes de la Martinique – 12





Fort-de –France









Il y a tant a dire sur Fort- de –France, chef-lieu de la Martinique …

Si mon coup de cœur familial va au Macouba, j’ai grandi à Fort-de-France.

Fort-de-France,… Fort- Royal.

Comme moi si vous avez des choses à dire sur Fort-de-France, alimentez ce post.













J’ai déniché un dossier sur le site de la mairie de Fort-de-France, je vous en ai fait un petit copier/coller (bien corrigé :roll : c’est fou quand même !). Il est long mais fort intéressant. Prenez le temps de le lire afin d’y ajouter votre grain de sel. ;)



http://www.mairie-fort-de-france.fr


FORT-DE-FRANCE, VILLE DE DEFIS, VILLE CAPITALE

Fort-de-France dans l’histoire de la Martinique



Certaines villes, Capitales, par leurs atouts naturels, s’imposent à leur espace et aux sociétés qui les conçoivent et les développent.

Fort-de -France doit son existence et son développement à la volonté et à la ténacité des hommes qui ont su relever bien des défis avant d’affirmer, de manière incontestable au XXe siècle, sa place comme Ville – Capitale.

Si les Arawaks et les Caraïbes ont privilégié la côte au vent, la côte orientale de l’île, c’est aux premières heures de la colonisation, la façade Nord-Ouest de la Martinique qui a attiré les colons. Un premier établissement se forme à Saint – Pierre.

«Nous, Pierre Belain, écuyer, sieur d’Esnambuc, capitaine entretenu et gouverneur pour le roi en l’isle de Saint-Christophe, des Indes Occidentales, ce jour d’hury, 15°de Septembre 1635, je suis arrivé en l’isle de Martinique par la grâce de Dieu…… ».

Le Père du Tertre, un des premiers chroniqueurs, raconte :

Monsieur D’Esnambuc estant parti de l’Isle de Saint Christophe, au commencement du mois de juillet de l’an 1635, descendit à la Martinique cinq ou six jours après. Il fit promptement bâtir un fort sur le bord de la Mer, qu’il munit de canons, et de tout ce qui estoit nécessaire pour le bien deffendre. Le Fort fut nommé le Fort Saint Pierre …

Avec ces mots consignés dans l’acte de prise de possession de la Martinique, d’Esnambuc au nom du roi de France pour la Compagnie des Isles de l’Amérique, marque le début de la colonisation de la Martinique par les Français. Les hommes de d’Esnambuc érigent un fort à l’angle formé par le rivage et la rivière Roxelane, c’est le fort Saint-Pierre.

La progression des colons dirigés à partir de 1637 par Jacques Du Parquet leur permet de disposer dans la partie occidentale de l’île et face aux Caraïbes d’un territoire allant du Macouba à la Baie du Marin.

Les colons s’intéressent dès lors au littoral qui fait face « à l’entrée de la plus grande baie de l’isle ». La construction d’un fort bâti en palissades y débute, c’est le premier fort Royal.

Le contexte d’affrontements de la deuxième moitié du XVIIe siècle, avec les Caraïbes mais surtout avec les autres puissances coloniales -anglaise et hollandaise- en concurrence dans la région, renouvelle l’intérêt des maîtres de la colonie sur la partie centrale de l’île, dénommée « Cul de Sac Royal ».

Le site près duquel le fort de Du Parquet est érigé est, contrairement à celui du Fort Saint-Pierre, marécageux et insalubre. Mais dans le cadre de la défense de l’île, la baie présente de gros avantages, le mouillage y est excellent et protégé.

Lorsqu’en 1672, commence la guerre entre la France et la Hollande, Monsieur de Baas, administrateur de l’île insiste sur la nécessité de placer sur les points dominants de la Martinique, des postes d’observation afin de prévenir l’arrivée des navires ennemis. Dans cette configuration, la poursuite des travaux de la citadelle du Fort Royal sur la pointe avancée de la Baie s’impose. L’année suivante, après maintes tergiversations, la décision est prise d’édifier une ville à proximité du fort.

Un plan est établi, les colons peuvent obtenir de la Compagnie des Indes Occidentales des concessions dans l’espace à bâtir de la ville, Fort-Royal. Les travaux du fort se déroulent sur plusieurs années, il en est encore fait état en 1680.

Mais déjà en 1674, le Fort-Royal fait face à l’assaut des troupes hollandaises menées par l’amiral Ruyter. Celui-ci échoue dans son entreprise de conquête de l’île. Les colons ont résisté tant sur mer, en coulant des navires marchands à l’entrée du Carénage et les bateaux s’y trouvaient, que sur terre, en tirant depuis le fort en direction de marins qui avaient débarqué de la Baie des Flamands.

Le site doté de son fort, a donc des atouts et présente de bonnes capacités de défense. Une ville peut s’y développer en toute sécurité, mais la zone est marécageuse et insalubre. Défi fondamental et premier, tenant à la Nature.



Pour parer aux attaques fréquentes de l’ennemi, notamment Hollandais, en 1672, Louis XIV ordonne la construction d’un Fort sur la pointe du cul de sac, « sur cette langue de terre qui s’avance dans la baie du Fort Royal », dira Sydney Daney qui en profite pour dire les avantages d’une Ville sur l’autre :

Le Fort Royal était une forteresse où l’on pouvait se défendre contre une attaque, et le Carénage, un bassin où les navires étaient en sûreté, tandis que le Fort et la ville de Saint-Pierre étaient exposés de tous les côtés.

Ce n’est pourtant que l’année suivante, en 1673, après maintes tergiversations, que la décision est prise d’édifier une ville aux alentours. Un plan est établi, les colons peuvent obtenir de la Compagnie des Indes Occidentales des concessions dans l’espace à bâtir la ville, sous le nom de Fort – Royal.

La décision de créer une ville à proximité du Fort-Royal ne fait pourtant pas l’unanimité. Des voix s’élèvent pour s’opposer au développement d’une ville sur un terrain dont on dénonce le caractère marécageux, dont l’air est malsain, générant le « mauvais air »,la « malaria » . Les opposants privilégient Saint - Pierre où le terrain ne présente aucun de ces inconvénients.

En 1692 cependant, le gouverneur et lieutenant général des colonies françaises d’Amérique, Comte de Blénac, décide de faire du Cul de Sac Royal le chef-lieu de la colonie, scellant ainsi le destin de la ville.

Quelques années plus tard, en 1700, le Marquis d’Ablimont lieutenant-général des îles françaises d’Amérique rappelle en ces termes les raisons à l’origine de l’établissement de la ville du Fort-Royal.

Première raison : le port ou le Cul de Sac du Fort-Royal et ses rades sont les seules de l’île où les vaisseaux tant du roy que des marchands puissent être dans la plus grande sûreté tant contre les ouragans que les ennemis en temps de guerre.

Deuxième raison : le Fort-Royal est sans contestation et sera toujours la place la plus forte, la mieux située et la plus sûre qui puisse être bâtie dans l’île……

Troisième raison : le Fort-Royal étant la place la plus forte de l’île, le siège de la garnison et son port, les seuls où les vaisseaux du roy puissent être en sûreté, il est nécessaire que tous les magasins du roy y soient rassemblés tant en temps de guerre qu’en temps de paix…….

Quatrième raison : A l’égard de l’hôpital des troupes, il est aisé de juger de la nécessité qu’il y a qu’il soit au Fort-Royal où est le fort de la garnison, tous les autres lieux n’étant que des détachements. Le Fort-Royal étant le lieu où viennent mouiller tous les vaisseaux du roy dont les équipages doivent être mis à l’hôpital lorsqu’ils en ont besoin aussi bien que ceux des marchands……

Cinquième raison : Le quartier Fort-Royal qui fait partie des quatre dont l’île est coupée est le plus fort de tous, soit en nombre d’habitants, de sucreries et de bestiaux ; et par conséquent celui où se fera toujours le plus fort commerce et chargement de sucre.



Théodore Baude, martiniquais qui s’est appliqué à conter le nom des rues de Fort-de-France, le présente comme « le fondateur de la Ville » , dont « les restes ont été déposés dans l’église qu’il a bâtie » , notre cathédrale actuelle.

Il est temps de signaler l’origine du petit drapeau bleu aux quatre serpents que l’on voit, parfois, au fronton d’édifices publics du chef-lieu. Il a été créé par une ordonnance du 4 août1766, et ainsi défini :

Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux dépendant du gouvernement de la Martinique et de Sainte Lucie, feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre : dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte Lucie. ( mince j’attendais de savoir pourquoi )

Tout au long du XVIIIe siècle, Fort – Royal se développe. La ville qui va adopter le nom de Fort –de – France sous la IIe République, doit faire face aux problèmes liés à la nature marécageuse de son sol. Le chef-lieu de la colonie est installé dans une véritable cuvette où affluent les eaux pluviales, les eaux de mer lors des fortes houles, et les eaux de la rivière Levassor, qui bien souvent sort de son lit en période d’hivernage. Il faut assécher.

Des axes de drainage sont créés, et en 1763 débutent les travaux de construction d’un canal d’enceinte qui fait communiquer la rivière avec le port et qui va recevoir les eaux des mornes qui cernent une partie de Fort-de-France. Ce canal d’enceinte fait ( ? ) six pieds d’eau, et c’est à partir de 1766 qu’il est utilisé. Des chaloupes y circulent et trois ponts permettent de le franchir : le pont d’Ennery au Carénage, le pont Fénelon ou pont Cartouche et le pont Blondel ou pont de l’Hôpital près de la Rivière Levassor.

Le canal du carénage à la rivière de l’Hôpital doit permettre d’écouler les eaux stagnantes des terrains, de les assécher afin d’y faciliter l’installation des hommes. Cette réalisation qui assèche les marais, favorise l’essor de la Ville.

En 1891 encore, un ancien vice-recteur de la Martinique, Louis Garaud, s’autorisera à écrire les inconvénients majeurs de ce sol meuble de Fort-de-France :

… Il ne faut pas songer à établir les fondations solides d’un édifice sur le premier emplacement venu. C’est souvent en vain que l’on cherche, à quinze mètres de profondeur, à travers le sable, une roche sur laquelle on puisse appuyer des pilotis. Quand on a essayé de faire grand et d’employer dans les constructions la fonte et les pierres de taille, on n’a pas tardé à voir le sol s’affaisser, les fondations fléchir et les murs se lézarder …

C’est donc dire si assécher le sol de la ville a été une préoccupation majeure. A cet effet, des axes de drainage sont crées ; et, en 1763, débutent des travaux de construction d’un canal d’enceinte qui fait communiquer la rivière Levassor avec le Port, au droit de la Ravine Bouillé. Ce canal est creusé par une levée de terre, ce qui lui conférera le nom aussi, de « Canal de la Levée » . Il a vocation à recevoir les eaux des mornes qui cernent le site, et à assécher le site en contrebas. Notons qu’il est suffisamment large pour qu’y circulent, sur toute sa longueur, des canots à rames.

Au XIXe siècle, Fort-de-France poursuit son développement, les foyalais sont de plus en plus nombreux dans le Centre mais aussi dans les quartiers environnants qui commencent à se développer après 1848 et tout le long de la seconde moitié du siècle. La population du chef-lieu passe de 9 200 habitants à 16 056 habitants en 1894.

Le canal d’enceinte pose à cette population des problèmes de salubrité de plus en plus importants. Le curage d’une partie du canal est ordonné, et vers 1857-1858 il est comblé et une route, la Levée est créée elle marque la limité nord entre le centre-ville et le quartier des Terres-Sainville aussi appelé le « quartier des misérables » .




Fort-de-France








Fort-de-France ville militaire et administrative ne peut rivaliser avec Saint-Pierre, plus peuplée, ville de commerce et de négoce. Mais dans le seconde moitié de siècle elle se positionne dans le vie économique de l’île avec de nouvelles activités portuaires notamment.
Le 6 Mai 1868, le bassin des Radoub de Fort-de-France est inauguré, les travaux de construction ont duré près de dix ans. Toutefois, elle doit faire face aux aléas ( de quoi ? :- ? ).

C’est alors, hélas, que Fort- de -France doit faire face à des fléaux qui la mutilent : le 11 Janvier 1839, elle est dévastée par un tremblement de terre ; ce qui peut avoir incité à adopter un mode de construction générateur d’autres fléaux ; Louis Garaud observe :
Il y a cinquante ans environ, en 1839, un tremblement de terre avait renversé Fort-de-France. Pour éviter de semblables catastrophes on crut nécessaire de rebâtir une cité reposant légèrement sur le sol et entièrement construite en bois. Hélas ! le sort de cesvilles est de devenir tôt ou tard la proie du feu.


De fait, le 22 juin 1890, la quasi-totalité du Centre de cette Ville qui compte alors, 16.000 habitants, est détruite par un incendie facilité par les matériaux de construction des maisons :

« Ce dimanche 22 Juin 1890, Fort-de-France s’éveille avec les premiers rayons d’un chaud soleil. Le carême se termine il a été marqué cette année par une forte sécheresse qui a vidé les bassins et asséché les rivières.

En plein centre ville, au 79 rue Blénac, sur un terrain appelé cour Sully s’élèvent deux corps de logis se composant de trois chambres au 1er Etage et trois chambres au rez-de-chaussée. Chacune des douze ( :- ?) chambres mesuraient 3, 30m de largeur sur 4,33m de longueur étaient occupées par divers locataires. C’est au bout de la cour à droite au 1er Etage qu’habite Hercule Adeline Marguerite, 55 ans. (Elle) vit là en compagnie de son fils Léopold et de son petit neveu Omer. Dans cette petite chambre va se déclarer vers 8h30 du matin l’incendie qui durant toute une journée et toute une nuit va ravager Fort-de-France.
Adeline, marchande de farine et de fruits, laisse ce jour sa chambre après avoir mis au feu des bananes et de la viande salée pour le repas. En jouant avec deux petits camarades dans la chambre, Omer le petit neveu de 5 ans renverse le réchaud embrasé.


Les murs en maçonnerie de la nouvelle ville ne s’élevaient pas au dessus du rez-de-chaussée, et sur eux s’étageaient les maisons construites en bois dans toute leur hauteur …
Les flammes sautaient de maison en maison, de rue en rue, de quartier en quartier, dans tous les sens, avec une vitesse qui pouvait déconcerter et annihiler les bonnes volontés….







Incendie Fort-de-France 1890









Ce fut aggravé par un cyclone, le 18 août 1891, qui fit près de 400 morts !

Jamais désastre semblable à celui du 18 août n’a, de mémoire d’homme, jeté sur un pays la dévastation et la mort d’une main aussi brutale… De loin, Fort-de-France me sembla avoir aussi terriblement souffert. En effet, le grand marché couvert, la cathédrale et le grand dortoir de l’hôpital militaire s’étaient effondrés. Les constructions neuves étaient éventrées, penchées ou renversées. Les maisons n’avaient plus de toitures. Les hauts palmistes qui entouraient la statue de l’impératrice Joséphine étaient décapités, la tête pendante le long de leur tronc. Les arbres séculaires de la grande Savane, qui formaient des allées si ombreuses, en grande partie abattus, avaient écrasé dans leur chute les casesque les pauvres gens y avaient construites depuis l’incendie. C’était un indescriptible pêlemêle de débris de toute sorte au milieu desquels des malheureux cherchaient la place de leurs demeures….







Cyclone Fort-de-France - 1891











L’Edilité doit relever un défi nouveau, et de taille : rien de moins que de reconstruire la Ville. Pourtant, la vie se reprend à foisonner, l’activité redémarre. Une nouvelle fois, les hommes réinvestissent la ville.


Fort heureusement, dans la seconde moitié du XIXe siècle, Fort-de-France se repositionne dans la vie économique, du fait, notamment, de nouvelles activités portuaires.
Décidément, le port de Fort-de-France a joué un rôle important, voire déterminant dans le choix qui fut fait de la ville en tant que chef-lieu. Les auteurs d’un petit opuscule par la colonie à l’Exposition Universelle de 1900 s’enorgueillissent :


Le port de Fort-de-France est l’un des plus vastes et des plus sûrs des Antilles. On y distingue le carénage où les navires se trouvent sous la protection du fort Saint-Louis et la rade des Flamands.

Il a rendu des services en 1778-1783, pendant les guerres d’Amérique, et en 1862-1867, pendant la guerre du Mexique. Plus récemment, il a servi de point de ralliement aux débris de la flotte espagnole après la guerre de Cuba.



Et voici que la Martinique entre dans le XXe siècle, par la catastrophe du 8 mai 1902, qui est l’anéantissement de Saint- Pierre par la Montagne Pelée. Cela aura, jusqu’à aujourd’hui, des conséquences énormes sur la vie économique et culturelle de l’île. Fort-de-France, qui, de fait, est le centre principal d’accueil des sinistrés du Nord, et qui, parallèlement, hérite de l’activité commerciale et du négoce de Saint-Pierre, doit relever ce défi inattendu : assumer d’être l’unique grande Ville de l’île.

Seul grand centre urbain, Fort-de-France s’étend, gagne les hauteurs, créent des quartiers nouveaux à desservir et à aménager.
Cette situation que nul n’avait envisagé pousse à hâter la réalisation d’un vieux projet de l’Edilité foyalaise : le quartier des Terres- Sainville est acheté par la Ville, assaini, loti. Le maire, Victor SEVERE, en fait une « Cité ouvrière » . Il écrira que c’était « son rêve entêté dont la pensée l’a soutenu à travers toutes les vicissitudes de la vie politique » . Un Cahier des charges est voté par le Conseil municipal, en sa séance du 13 mai 1925, lequel entres autres stipulations prévoit que « le prix de la concession sera payable en vingt ans par fraction semestrielle et sans intérêts »



Quartier des Terres-Sainville






Le mouvement d’extension de la Ville dans l’espace s’accompagne d’un accroissement démographique important, à moins que ce ne soit l’accroissement démographique qui explique le mouvement d’extension de la Ville. De 16 050 habitants au recensement de 1894, le dernier avant la catastrophe, Fort- de- France passe, à 52 051 en 1936, et à 66 006, en 1946. Le flux le plus dense semble avoir été apporté par la descente vers le chef -lieu des ouvriers agricoles et industriels, en conséquence de la déconfiture de l’économie cannière, à partir de 1960 environ. En 2003, Fort – de – France compte 94 059 habitants, soit un peu plus de 40 % de la population totale de l’île.


Le flux le plus dense donc semble avoir été apporté par la descente vers le chef-lieu des ouvriers agricoles et industriels, en conséquence de la déconfiture de l’économie cannière. A mesure que, en dix ans, de 1963 à 1973, les cannes manipulées passaient de 1 111 653 tonnes à 305 269, les travailleurs agricoles perdaient tout à la fois leur embauche, le lopin de terre et le logement qui, jusque là, durant l’inter récolte, leur étaient garantis par l’Usine ou la distillerie. Il ne leur reste plus qu’à aller tenter leur chance au chef-lieu.


Cet accroissement a été fortement accompagné par l’accueil que réserva aux nouveaux venus la municipalité d’Aimé CESAIRE, deuxième des deux seuls maires que connut l’agglomération pour tout le XXe siècle. Ainsi se créent des quartiers nouveaux : Trénelle, Grosse Roche, Citron, Berge de Briand, Fonds Populaire, Texaco, Canal Alaric, Volga-Plage … : est relevé le défi de l’accueil des « émigrés de l’intérieur ».





Le site inhospitalier, cerné de marécages, menaçant de la malaria, dévasté par des fléaux aussi divers que tremblement de terre, incendie, cyclone, est, désormais la ville la plus importante et la plus peuplée de la Martinique. Ville-Capitale, Fort-de-France polarise l’espace martiniquais, et doit répondre aux exigences tant des administrés résidents que des milliers de citoyens qui, quotidiennement, travaillent en son centre, ou le traversent. C’est désormais un centre commercial, portuaire, et administratif. Et l’ultime défi n’est autre que l’organisation de cette mégapole, et sa mise aux normes de la modernité. Nouveau défi pour le Conseil Municipal élu en ce début de siècle, en mars 2001, et pour son maire nouveau, Serge LETCHIMY. Lucide, le chef de l’Edilité est conscient de l’ouvrage à abattre. Il écrit :


Aux problèmes classiques de toutes grandes capitales, s’ajoutent pour cette ville tropicale des besoins importants en matière d’équipements urbains, primaires et d’habitat, le sous-développement économique marquant et durable de l’île venant compliquer les perspectives en matière de politique urbaine. Malgré tout, le cap est fixé :
+ résoudre le problème de l’habitat insalubre ;
+ persévérer dans l’effort d’équipement et de viabilisation ;
+ reconquérir le vieux centre et accentuer son développement ;
+ faire de la capitale une plate-forme de l’économie urbaine ;
+ poursuivre les efforts en matière d’insertion des jeunes et des populations défavorisées.





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sanahell
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  Posté le: 24 Mar 2008 22:13    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Fort - de- France en images


Ca c'est fort-de-France !!



Le Centre ville




http://www.martinique-photos.com/martinique-fort-de-france-16.htm






http://www.tresor-martinique.com












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  Posté le: 24 Mar 2008 22:41    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

pourquoi y a pas une photo du kfc
c'est devenu un incontournable lieu touristique


















c'est pas ou la sortie

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bientot les vacances
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sanahell
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  Posté le: 24 Mar 2008 23:45    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Tu vois une enseigne KFC sur les photos ?

Et puis et alors ? Ce sont des photos du centre ville tel qu'il est .

Tu pourrais alimenter le post à bon escient tu connais bien Fort-de -France n'est-ce-pas ?
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sanahell
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  Posté le: 26 Mar 2008 09:51    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant



La mairie de Fort-de-France aurait dû en 2006 ressembler à ça ( d'après le site de la mairie ) :






A-t-elle déjà changé de robe ?
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sanahell
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  Posté le: 26 Mar 2008 11:55    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Les Terres Sainville





Rue des Terres Sainville d'où l'on voit un autre quartier de Fort-de-France à flanc de morne , Trenelle.




Pourquoi ce nom ?

Autrefois un terrain marécageux , et recouvert de roseaux , au début de la colonisation, il est la propriété de Mme de Gourselas, puis de ses héritiers . Une sucreire y est construite .
Vers 1808, M. Sainville l'achète ( d'où le nom ) et le laisse quelques années plus tard à l'abandon .




Le quartier des misérables

Ces terres servent alors de refuge aux pauvres et aux vagabons, qui y dressent des masures . D'où le nom donné à ce lieu: quartier des misérables .

C'est dans cette cuvette où les eaux stagnent que se loge la population ouvrière de Fort-de-France, la ville devenant trop petite pour une population sans cese croissante .

Les sinistrés de l'incendie de 1890 et de l'éruption de la montagne Pelée s'intallent sur des terrains vagues.

Durant près d'un siècle , ce quartier garde une physionomie misérable? En 1925, la municipalité de le Fort-de-france achète le terrain apres une procédure d'expropriation et commence l'assainissement et la construstion d'un lotissement . Les marais sont comblés, des rues tracées, des canalisations d'eau et l'électricité inctallées. Une pace publique , une église et quelques équipements de proximités achèvent la construction du quartier et prolongent ainsi la ville.






Qu'y voit -on ? ...


L'église !! L'incontournable , car elle est bien logée sur la place en face de l'école et du collège .



En 1908 , l'abbée Fauchard , curé de Fort-de-France y fait construire une chapelle en planche, dédiée à St Antoine, afin que les habitants aient un lieu de culte . Ce n'est qu'après la Première guerre mondiale, après divers agrandissements, et grâce à un don du conseil général, du conseil municipal, et de quelques fidèles, qu'une église est construite derrière la chapelle.




La place qui fait face à l'église est le QG de la communauté haitienne de Fort-de- France






Des cases urbaines en bois construites selon le modèle des cases de la commune du Carbet ( ce modèle a été en effet apporté par les réfugiés de l'éruption de 1902 --- oui tout est lié messieurs , dames ) . Murs en bois sur solage , toit en pente en tuile conserve la fraîcheur et l'écoulement des eaux de pluie et persiennes de bois favorisent l'aération.



En régle générale , ces maisons présentaient une petite cour arrière .

Une autre ...




enfin je voulais vour montrer celle-ci ...



C'est un type sur plusieurs niveaux qu"on retrouve beaucoup dans ce quartier et qui témoigne de l'époque de la réhabilitation et de l' urbanisation du quartier . Elle est bâtie sur le modèle des maisons urbaines de la fin du XIXe siècle. Notons les détails des décorations en relief , en forme de losange , et le solage en maçonnerie. Elle comporte un étage et des combles , un balcon en fer forgé , signe d'aisance.


Beaucoup de maisons des types ci-dessus son abandonées. Elle sont des bijoux d'histoire et de culture pour la Martinique. Sans compter le mobilier et les objets que très souvent on y trouve , s'il ne sont pas abîmés.

Le quartier est en constante réhabilitation mais on peut toujours y voir ces anciennes maisons.







Terres sainville : ZUS

J'ai trouvé sur le quartier des Terres Sainville cette approche peu réjouissante, mais qui mérite de s'y arrèter . Elle place ce quartier dans la catégorie des Zones Urbaines Sensibles ( ZUS) ( voici le lien http://sig.ville.gouv.fr/symfony/detail/codezone/0220930 ) Et compare le taux de chômage , de familles monoparentales, de personnes diplômées, d'étrangers et de personnes de moins de 25 ans avec les mêmes taux pour tout Fort-de France. Le résulat ( année 1999 ) est plutôt alarmant.




Des volcréoliens qui s'y interessent :

Les Terres sainville à Fort-de-France


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Sites et documents utilisés , pour les infos, les textes, les photos et images:

Le partrimoine des communes de la Martinique - FLOHIC editions
http://www.pyepimanla.com
http://pagesperso-orange.fr/jm.sutour/



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La suite au prochain numéro .
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belboug
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  Posté le: 28 Mar 2008 16:41    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

ma tite commune chewi ....merci sanahell

pourquoi ya pas les autres quartiers ? balata et son église , didier et sa source , morne calebasse , godissard , etc.....



AN ka profité avan i ritounin ...an chapé

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Albert972
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  Posté le: 28 Mar 2008 16:48    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

sanahell a écrit:


La mairie de Fort-de-France aurait dû en 2006 ressembler à ça ( d'après le site de la mairie ) :






A-t-elle déjà changé de robe ?


On lui a déjà changé sa robe depuis la fin de l'année dernière, cependant ils ne l'ont pas encore maquillé.

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sanahell
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  Posté le: 28 Mar 2008 20:08    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

@ Albert merci pour le renseignement.

@ belboug chapé chapéw oben vini ban an koudmen !

Terres- Sainvilles d'abord c'est là que j'ai grandis .
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belboug
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  Posté le: 29 Mar 2008 14:07    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Voici le nom des quartiers de Fort-de-france :


CENTRE VILLE

TERRES SAINVILLE

CALVAIRE – CROZANVILLE – PAVE – DESAIX

HAUT DU PORT – MORNE PICHEVIN – BON AIR

DESCLIEUX – RAVINE BOUILLE – LA FOLIE

MORNE VANNIER – SAINTE THERESE

MORNE CALEBASSE – RENEVILLE – TOQUADE

EAUX DECOUPEES – T.S.F – CANAL ALARIC

VOLGA – POINTE DES CARRIERES

VOLGA SUD

TIVOLI – POST COLON

BALATA – RAVINE BLANCHE – COLSON

MORNE VENTE – MORNE COCO

DIDIER – DESROCHERS – VIEUX MOULIN

CLUNY- DIDIER – FOND LADA

ERMITAGE

TEXACO – POINTE LA VIERGE

BELLEVUE

RIVE DROITE – COUR CAMPECHE

CLAIRIERE – SAINTE CATHERINE

DILLON – POINTE DES GRIVES

DILLON SUD - DALLAS

DILLON NORD

CHATEAUBOEUF – MORNE MORISSOT

ZAC CHATEAUBOEUF – BOIS BOYER

LA MEYNARD – JAMBETTE

LA MEYNARD – MOUTTE

MOUTTE – LA FERME

QUARTIER POPULO – FANTAISIE

CORIDON

CORIDON – REDOUTE

TRENELLE

GROSSE ROCHE – CITRON

BERGE DE BRIAND – LA CARRIERE

DE BRIAND – FLOREAL

DE BRIAND – GODISSARD

LANGELLIER – RAVINE VILAINE

RAVINE VILAINE – PLATEAU TIBERGE


Raconter l'histoire de tous ces quartiers demanderait un topic à lui tout seul

Toufefois je ferai des recherches sur quelques uns ... si certains parmis vous ont grandis ou connaissent l'histoire des quartiers cités .. .. ils sont les bienvenues

voici donc une page qui nous raconte le passé de certains d'entres eux ... très interressant

http://www.fortdefrance.fr/attachment/doc_attachment_get.asp?param=1301&aFile=A224CF28-1D24-446C-97B7-EF3FD19C28F/Historique%20des%20quartiers%20.doc


je tenterai aussi de poster quelques photos récentes ou d'époques de ces divers quartiers

je commence d'ailleurs par LE QUARTIER SAINTE-THERESE dans les années 50

http://www.potomitan.info/ki_nov/images/crabot9.jpg

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Eddy P
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  Posté le: 29 Mar 2008 14:17    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

toute ces photos font me rappelle qu'il faut que je retourne à la martinique... car j'y suis allé, très jeune... et y suis resté que deux jours... en plus mon épouse y a de la famille...
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belboug
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  Posté le: 29 Mar 2008 14:21    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Eddy P a écrit:
toute ces photos font me rappelle qu'il faut que je retourne à la martinique... car j'y suis allé, très jeune... et y suis resté que deux jours... en plus mon épouse y a de la famille...


SACRILEGE !!!! tu ne te rappelles plus de ton île..soeur et tu l'as plus visitée depuis des ..décennies ????!!!! EDDY je ne peu le croire

vite du rhum-camphré! .. je me sens mal! ...

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  Posté le: 29 Mar 2008 14:41    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

promis pendant mon prochain séjour en martinique (en mai)
je ferai la touriste
je prendrai une photo de mon ancien lycée (depuis l'avion) BELLEVUE
de mon quartier encore et toujours bellevue
je prendrai une photo du musée le plus visité de la martinique mdr (celui du colonel sanders )
je vais regarder si les travaux de la savane et de la mairie on avancé depuis janvier
sans oublier le futur centre commercial

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  Posté le: 29 Mar 2008 16:35    Sujet du message: Tour de la Martinique des Communes - 12 : Fort-de-France Répondre en citant

Belboug très interessant ton lien concernant l'histoire des noms des quartiers de Fort-de-France.
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