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Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 234 Messages: 13634 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 01 Mai 2008 12:26 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Chauvel a écrit:
L’association Bitasyon-Lyannaj-Kréyol
Les associations AIA, APCAC, Dyre-Muyk, Dialogue de Femme,Vie et Solidarité, en collaboration avec la ville de Villiers-le-Bel rendent :
Hommage à Monsieur Aimé Césaire
Le 30 Avril 2008 à 19h
Salle Marcel Pagnol, Rue Gounod, 95400 Villiers-le-Bel
Avec la participation exclusive de Joby Bernabé, Max Cilla et Dédé Saint-Prix
Un grand Humaniste nous a quitté, nous avons le devoir de le garder vivant à travers l’héritage “<b>Respé Pou Gran Nonm la</b>”
Accès totalement gratuit y compris la réception.
Contact : 06 80 73 67 26
_________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
Genre: Homme Inscrit le: 11 Juil 2003 Sujets: 336 Messages: 2401 Localisation: St Lucie/Martinique.
Posté le: 01 Mai 2008 19:54 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.
J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.
Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »
Merci Monsieur _________________ Peut-on exister sans les autres ?
Genre: Homme Inscrit le: 28 Jan 2006 Sujets: 36 Messages: 1194 Localisation: 78 - Yvelines
Posté le: 01 Mai 2008 21:33 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Sam46 a écrit:
« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.
J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.
Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »
Merci Monsieur
Que fais tu concrètement de l'oeuvre de Césaire dans ta vie ?
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Posté le: 01 Mai 2008 22:09 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Saimen a écrit:
Sam46 a écrit:
« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.
J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.
Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »
Merci Monsieur
Que fais tu concrètement de l'oeuvre de Césaire dans ta vie ?
Ho, c’est une longue histoire mes blessures de « guerre » se comptent par dizaines.
Je reste tjs sur la défensif contre l’oppresseur, de toute sorte. _________________ Peut-on exister sans les autres ?
Posté le: 01 Mai 2008 23:16 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Sam46 a écrit:
« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.
J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.
Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »
Merci Monsieur
Intéressant... Il me tarde de recevoir mes livres pour mieux comprendre la pensée césairienne...
Genre: Homme Inscrit le: 11 Juil 2003 Sujets: 336 Messages: 2401 Localisation: St Lucie/Martinique.
Posté le: 03 Mai 2008 23:02 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Si, dans les épopées grecques, la mort est noire, dès le Cahier, Césaire nous donne une leçon dans l’action de renversement des couleurs en décrivant la mort de Toussaint-Louverture au Fort-de Joux :
« La neige est un geôlier blanc qui monte la garde devant une prison
Ce qui est a moi
C’est un homme seul emprisonné de blanc
C’est un homme seul qui défie les cris blancs de la mort blanche
C’est un homme qui fascine l’épervier blanc de la mord blanche
C’est un homme seul dans la mer inféconde de sable blanc
La mort galope dans la prison comme un cheval blanc
La mort expire dans une blanche mare de silence. »
CESAIRE _________________ Peut-on exister sans les autres ?
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Posté le: 07 Mai 2008 21:05 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Culture : Le Sénégal va organiser une journée nationale d’hommage à Césaire
Le Sénégal va organiser une journée nationale d’hommage au poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, décédé le 17 avril à Fort-de-France, a annoncé vendredi le gouvernement de ce pays dans un communiqué.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade « a instruit le Premier ministre (Cheikh Hadjibou Soumaré) de coordonner l’organisation d’une journée nationale d’hommage » à M. Césaire, dont il a évoqué la disparition lors du Conseil des ministres, selon ce communiqué. Aucune indication n’a cependant été fournie sur le programme et la date de cette manifestation. Dans une déclaration peu après l’annonce du décès de M. Césaire, le président Wade avait estimé à Dakar qu’il s’agissait d’une « catastrophe, non seulement pour la Martinique, les Caraïbes, la France mais particulièrement pour l’Afrique et le monde noir ». « C’est par Césaire que nous avions été conscients du colonialisme, nous le récitions par cœur », avait-il affirmé.
Décédé à l’âge de 94 ans, Aimé Césaire a été inhumé le 20 avril à Fort-de-France en Martinique après des obsèques nationales. Il avait forgé dans les années 1930, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de « négritude » et avait influencé plusieurs générations d’écrivains et d’intellectuels dans le monde.
Une soirée en hommage à Aimé Césaire s’est déroulée vendredi dans la capitale sénégalaise à l’initiative de l’ambassade de France à Dakar. Cette soirée, durant laquelle la mémoire et l’oeuvre de Césaire ont été célébrées a rassemblé l’ambassadeur français et écrivain Jean-Christophe Rufin, le poète sénégalais Amadou Lamine Sall, « fils spirituel » de M. Senghor, ainsi que plusieurs personnalités de la scène culturelle sénégalaise.
Source RFO _________________ Peut-on exister sans les autres ?
Extrait de Cahier d’un retour au pays natal – Poème
Aimé Césaire
Et le temps passait vite, très vite.
Passés Août où les manguiers pavoisent de toutes leurs lunules, septembre l’accoucheur de cyclones, octobre le flambeur de cannes, novembre qui ronronne aux distilleries, c’était Noël qui commençait.
Il s’était annoncé d’abord Noël par un picotement de désirs, une soif de tendresses neuves, un bourgeonnement de rêves imprécis, puis il s’était envolé tout à coup dans le froufrou violet de ses grandes ailes de joie, et alors c’était parmi le bourg sa vertigineuse retombée qui éclatait la vie des cases comme une grenade trop mûre.
Noël n’était pas comme toutes les fêtes. Il n’aimait pas à courir les rues, à danser sur les places publiques, à s’installer sur les chevaux de bois, à profiter de la cohue pour pincer les femmes, à lancer des feux d’artifice au front des tamariniers. Il avait l’agoraphobie, Noël. Ce qu’il lui fallait c’était toute une journée d’affairement, d’apprêts, de cuisinages, de nettoyages, d’inquiétudes,
de-peur-que-ça-ne-suffise-pas
de-peur-que-ça-ne-manque,
de-peur-qu’on-ne-s’embète,
puis le soir une petite église pas intimidante , qui se laissât emplir bienveillamment par les rires, les chuchotis, les confidences, les déclarations amoureuses, les médisances et la cacophonie gutturale d’un chantre bien d’attaque et aussi de gais copains et de franches luronnes et des cases aux entrailles riches en succulences, et pas regardantes, et l’on s’y parque une vingtaine, et la rue est déserte, et le bourg n’est plus qu’un bouquet de chants, et l’on est bien à l’intérieur, et l’on mange du bon, et l’on en boit du réjouissant, il y a du boudin, celui étroit de deux doigts qui s’enroule en volubile, celui large et trapu, le bénin à goût de serpolet, le violent à incandescence pimentée, et du café brûlant et de l’anis sucré et du punch au lait, et le soleil liquide des rhums, et toutes sortes de bonnes choses qui vous imposent autoritairement les muqueuses ou vous les distillent en ravissement, ou vous les tissent en fragrances, et l’on rit, et l’on chante, et les refrains fusent à perte de vue comme les cocotiers :
ALLELUIA
KYRIE ELEISON … LEISON … LEISON,
CHRISTE ELEISON… LEISON… LEISON.
Et ce ne sont pas seulement les bouches qui chantent, mais les mains, mais les pieds, et la créature toute entière qui se liquéfie en sons, voix et rythme.
Arrivée au sommet de son ascension, la joie crève comme un nuage. Les chants ne s’arrêtent pas, mais ils roulent maintenant inquiets et lourds par les vallées de la peur, les tunnels de l’angoisse et les feux de l’enfer.
Et chacun se met à tirer par la queue le diable le plus proche, jusqu’à ce que la peur s’abolisse insensiblement dans les fines sablures du rêve, et l’on vit comme dans un rêve véritablement, et l’on boit et l’on crie et l’on chante comme dans un rêve, et l’on somnole aussi comme dans un rêve avec les paupières en pétales de rose, et le jour vient velouté comme une sapotille, et l’odeur du purin des cacaoyers, et les dindons qui égrènent leurs pustules rouges au soleil, et l’obsession des cloches, et la pluie,
Les cloches… la pluie…
Qui tintent, tintent, tintent…
_________________
"La vie est un mystere qu'il faut vivre et non pas un probleme a resoudre" Gandhi
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Posté le: 11 Mai 2008 12:41 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
A. CESAIRE VU PAR "LE CANARD ENCHAINE"
HYPOCRISIE DE LA FRANCE LORS DU DÉCES D’AIMÉ CÉSAIRE
dimanche 11 mai 2008
Ave Césaire !
Il aurait sûrement bien ri , Aimé Césaire, lui qui cultivait en privé, une ironie aussi courtoise que cruelle, en voyant tous ces politiques, tous ces journalistes, se précipiter à Fort-de-France pour célébrer son embaumement.
Oubliée, la polémique sur les bienfaits de la colonisation où s’illustrèrent Nicolas Sarkozy et les députés UMP. Oubliées, ces années où le maire de Fort-de-France se heurtait à l’hostilité des préfets envoyés aux Antilles par le Général et « son » Jacques Foccart pour l’abattre. Oublié, ce président, Valérie Giscard d’Estaing qui se refusa à venir le saluer dans sa mairie. Oubliés, ces hémicycles désertés où le député de la Martinique, communiste puis apparenté socialiste après sa rupture avec le parti de Maurice Thorez en 1956, défendait l’égalité sociale Hexagone-départements d’outre-mer face à l’intransigeance des gouvernements gaulliste, pompidolien, giscardien et chiraquien.Oubliée, cette radio-télévision d’Etat où pendant près de vingt ans prononcer son nom était pratiquement interdit. Oublié, le créateur de la revue « Tropiques » qui en 1942, dénonçait cette Eglise catholique plus empressée à bénir le « Travail, Famille, Patrie » du Maréchal que « l’ami des Noirs », l’abbé Grégoire.
Faut-il rappeler qu’il y a onze ans à peine son « Discours sur le colonialisme », déjà censuré lors de sa publication sous la IVè République, fut retiré du programme national des classes TerminalesUne décision prise par un ministre de l’Education nommé François Bayrou. Le même Bayrou qui, sans doute en guise de rédemption, est allé se recueillir, dimanche dernier, devant le cercueil d’Aimé Césaire, au stade Pierre-Aliker.
Car il a fallu attendre l’élection de son ami François Mitterrand pour que l’autonomie, réclamée depuis les années les années 60 par le PPM (Parti populaire martiniquais), soit enfin partiellement accordée aux départements d’outre-mer malgré les manœuvres du Conseil Constitutionnel, présidé par le chiraquien Roger Frey. Comme il a fallu attendre 1986 pour que les citoyens des départements d’outre-mer bénéficient des mêmes avantages sociaux que les métropolitains.
Quant à l’œuvre poétique et théâtrale d’Aimé Césaire, aujourd’hui tant célébrée, elle a été longtemps négligée. La Comédie-Française n’a inscrit à son répertoire sa « Tragédie du roi Christophe » qu’en 1991. Pour le 78è anniversaire de Césaire ! Son « Cahier d’un retour au pays natal », poème manifeste de la négritude, édité en 1939, n’a été publié en poche que près de trente ans plus tard ! Et les premiers centres césairiennes ont été créés en Afrique, au Canada, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Mais pas dans les universités françaises.
Rebelle à toute vanité, Aimé Césaire n’en avait cure. Lors de l’un de ces derniers entretiens télévisés, alors qu’il était interrogé sur les critiques qu’il avait suscitées tant à droite qu’à l’extrême gauche, il avait répondu avec son sourire malicieux : « Le nègre les emmerde ».
Une belle épitaphe !
Nicolas Brimo, « Le Canard enchaîné » N° 4565 du 23 avril 2008 _________________ Peut-on exister sans les autres ?
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Posté le: 23 Mai 2008 14:52 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Extrait du Journal officiel de la République Française, Annales de l’Assemblée nationale, le 15 mars 1950, p. 2078 :
"Aimé Césaire : [. . .] En vérité, alors que, dans nos territoires, la misère, l’oppression, l’ignorance, la discrimination raciale sont de règle, alors que, de plus en plus, au mépris de la Constitution, vous vous ingéniez à faire de l’Union française non pas une union, mais une prison de peuples . . . (Exclamations à gauche, au centre et à droite. Applaudissements à l’extrême gauche. )
Paul Caron : Vous êtes bien content qu’il y ait l’Union française
Marcel Poimboeuf ; Que seriez-vous sans la France Aimé Césaire : Un homme à qui on n’aurait pas essayé de prendre sa liberté. Paul Theetten : C’est ridicule
Paul Caron : Vous êtes un insulteur de la patrie. (À droite.) Quelle ingratitude
Maurice Bayrou : Vous avez été bien heureux qu’on vous apprenne à lire
Aimé Césaire ; Ce n’est pas vous, monsieur Bayrou, qui m’avez appris à lire. Si j’ai appris à lire, c’est grâce aux sacrifices de milliers et de milliers de Martiniquais qui ont saigné leurs veines pour que leurs fils aient de l’instruction et pour qu’ils puissent les défendre un jour.
[Applaudissements à l’extrême gauche]."
Source : Montray Kreyol _________________ Peut-on exister sans les autres ?
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Posté le: 31 Mai 2008 19:32 Sujet du message: Aimé Césaire (1913-2008)
Un tapuscrit original d'Aimé Césaire retrouvé
Extrait :
Alors qu'on n'espérait plus retrouver le tapuscrit original, qui n'aurait pas survécu à la Seconde Guerre mondiale, la bibliothèque du Palais Bourbon où Césaire a eu ses habitudes détenait l'exemplaire que David Alliot a découvert.
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