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Journée nationale pour les victimes de l'agent orange
"Les victimes de l'agent orange reçoivent le soutien de la nation", titre Voice of Vietnam dans son édition en ligne du 10 août. Le Vietnam Fatherland Front, parti au pouvoir, a décrété officiellement la date du 10 août journée commémorative en hommage aux personnes touchées par l'agent orange, l'une des armes chimiques utilisées pendant la guerre du Vietnam (1961-1975) et appelé ainsi parce que l'armée américaine l'avait stocké dans des tonneaux marqués d'orange. "A cette occasion, de nombreuses manifestations ont été organisées dans l'ensemble du pays", rapporte Viêt Nam News, une agence de presse vietnamienne.
Quarante-trois ans plus tôt, le 10 août 1961, les troupes américaines se lançaient dans des opérations de guerre chimique dont l'objectif était de priver les guérillas vietnamiennes de leurs sources de nourriture et de se prévenir de leurs attaques. Ces épandages de poisons, pour la plupart des herbicides, ont perduré jusqu'en 1971, année où ils ont cessé sous la pression des protestations de la communauté internationale et des manifestations dans le monde entier et en particulier aux Etats Unis.
Aujourd'hui, "le gouvernement vietnamien estime qu'environ 4,8 millions d'habitants sont atteints de troubles causés par l'agent orange", souligne Voice of Vietnam. Interrogée par Le Courrier du Vietnam, quotidien national de langue française, Lê Thi Nhâm Tuyêt, directrice du Centre de recherche du genre, de la famille et de l'environnement dans le développement, estime que "les dommages économiques et psychologiques sont incommensurables" et que "les séquelles de l'agent orange se prolongeront encore sur plusieurs générations".
www.courrierinternational.com _________________ "Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente."
Des photos pour soutenir les victimes de l'agent orange
Hanoi, 12 août (AVI) - Philip Jones Griffiths, un photographe américain en poste au Vietnam par le passé, est en train de réaliser un reportage-photos sur les victimes vietnamiennes de l'agent orange, un moyen pour lui de les soutenir dans leur procès contre les entreprises américaines productrices des substances chimiques.
Griffiths nourrit aussi l'ambition de tourner un film sur ces victimes pour convaincre le gouvernement américain de prendre ses responsabilités face à ses actions passées.
Il a par ailleurs publié deux albums de photos, "Vietnam Inc" et "Agent orange, dommages collatéraux au Vietnam". Le photographe américain a aussi coopéré avec la chaîne anglaise BBC pour le tournage d'un film sur la piste Ho Chi Minh, diffusé à l'antenne en 1990. Il a également collaboré avec le programme des Nations-Unies pour le Développement, afin de présenter la vie des habitants de la province de Tra Vinh (Sud), et de trouver des aides au développement pour cette localité.
"Agent orange, dommages collatéraux au Vietnam", son deuxième album paru en novembre 2003, réunit une centaine de photos. Parmi elles, des mères vietnamiennes qui souffrent en silence, à côté de leurs enfants malformés à cause de l'agent orange. Les légendes des photos précisent les lieux où les parents de ces enfants ont cantonné ou combattu. Nombre de ses photos sont paru sur les tracts soutenant le procès intenté par des victimes de l'agent orange contre les entreprises américaines productrices de la dioxine.
Philip Jones Griffiths est arrivé pour la première fois au Sud Vietnam en 1966 et y est resté pendant deux ans avant de revenir en 1970. Son premier album de photos sur le pays, "Vietnam Inc", publié en 1971, est devenu dès les premiers jours de sa publication la meilleure vente à cette époque. Il a ébranlé l'administration de Sai Gon (pro-américaine). Pour cette raison, Philip Jones Griffiths a été expulsé du Sud Vietnam en 1971. Début 2002, "Vietnam Inc" a été réédité aux Etats-Unis avec les avant-propos du politicien de renom Noam Chomsky. - AVI
46,000,000 litres largués, 20,000 villages aspergés. Une forêt après "traitement" :
5,000,000 personnes touchées directement ou indirectement dont beaucoup d'enfants :
Si on parle aujourd’hui des géants américains Monsanto et Dow Chemical, l’un à cause des organismes génétiquement modifiés (OGM) et l’autre à cause des aveugles victimes de l’usine de Bhopal, en Inde, c’est parce qu’ils ont été hier les pourvoyeurs des produits chimiques qui ont empoisonné le Vietnam. Six autres sociétés US se sont jointes à eux : Uniroyal, Hercules, Diamond, Shamrock, Thompson Chemical et TH Agriculture & Nutrition.
Monsanto, créé en 1901 pour produire du chimique, a très vite tendu à accroître ses profits en flirtant avec la dangerosité pour les hommes et l’environnement. Cette entreprise deviendra ainsi l’une des plus recherchées par la justice.
Années vingt : production du premier édulcorant de synthèse, la saccharine ; l’effet cancérigène sur le cerveau est identifié dans les années quatre-vingt.
Années trente : devient premier producteur des PCB ; dans les années soixante - soixante-dix, des études démontrent que les PCB sont responsables de cancers, de troubles immunitaires du développement et de la reproduction. Ils sont interdits de fabrication en 1976.
Années quatre-vingt : le quartier Est de Saint Louis, ville-siège de Monsanto, est classé au 3e rang de la mortalité infantile des USA.
1995 : l’inventaire officiel des pollutions toxiques de l’Agence américaine de protection de l’environnement place Monsanto en 5e position.
1997 : la multinationale se reconvertit dans la production d’OGM, se séparant de ses sulfureuses affaires chimiques regroupées dans Solutia. Mais là aussi elle sera obligée de renoncer à la commercialisation de ses semences stériles, "Dye Terminator", sous la pression internationale.
1998 : la firme est condamnée à payer une amende pour publicité mensongère à propos du Round-up, un herbicide très puissant vendu comme biodégradable et non polluant. Probablement en reconnaissance d’un savoir-faire certain, le président Bush a nommé Linda Fisher, directrice générale de Monsanto, à la tête de l’Agence de protection de l’environnement aux USA.
Pour en revenir au Vietnam, la firme, dans les années quarante, produit en masse l’herbicide 2,4,5-T comportant la si tristement célèbre dioxine. Avec Dow Chemical et les six autres sociétés, elle signe un juteux contrat avec le Pentagone de 57,7 millions de dollars pour la fourniture des produits chimiques.
Le coût de la seule opération "Ranch Hand" - Ouvrier agricole - se monta à 12,5 millions de dollars pour 66, grimpa à 15,2 millions de dollars en 67 et s’envola jusqu’à 43,4 millions de dollars en 68. Pour quel chiffre d’affaire total et quel volume de profits ? À partir de 1979, les Vétérans américains de la guerre du Vietnam commencèrent à déposer des plaintes en justice, notamment contre les huit sociétés qui approvisionnaient l’armée US en produits chimiques.
Le 7 mai 1984, la cour fédérale de Brooklyn, New York, annonça un règlement à l’amiable : les huit sociétés en question, ayant certainement quelque chose à se faire pardonner, acceptaient de payer 180 millions de dollars, Monsanto en réglant 45,5 %. Ainsi est créé le Fonds de compensation des anciens combattants reconnus souffrir des effets de l’Agent Orange.
De 1984 à 1988, les intérêts accumulés portèrent ce fonds à 240 millions de dollars. En 1996, sur 68 000 demandes d’aide, environ 40 000 reçurent des subventions. La plus petite s’éleva à 246 dollars et la plus importante à 12 800 dollars, pour une personne ou une famille. Selon le plan, la compensation par Monsanto, Dow Chemical and Co devait durer jusqu’en 1994.
Mais un "coup de théâtre", à la fin des années quatre-vingt, allait créer un élan dans la recherche des effets nocifs, criminels, de l’Agent Orange. En effet, le capitaine Elmo Zumwalt, qui combattit au Vietnam à la fin des années soixante, eut un fils qui accusa bientôt un retard mental. Le capitaine lui-même développa deux formes de cancer et mourut en 88.
Sur son lit d’hôpital, Elmo Zumwalt eut malheureusement tout le loisir de discuter des effets de l’Agent Orange avec son père, l’amiral Zumwalt, en charge des forces navales américaines sur les champs de bataille du Sud Vietnam de 1968 à 1971. Tragédie de l’histoire, l’amiral fut celui qui décida de vaporiser l’Agent Orange le long des canaux et fossés pour prétendument protéger les bateaux patrouilleurs américains - du genre de celui utilisé dans Apocalypse Now. C’est justement un tel patrouiller qu’Elmo, son fils, commandait.
En 1987, l’amiral obtient la réouverture des dossiers des précédentes recherches, oblige le Congrès à débattre des effets de l’Agent Orange et, dans son audition devant cette instance, témoigne que, selon sa propre enquête, jusqu’à 28 maladies différentes étaient liées aux contacts avec l’Agent Orange et la dioxine.
Le Congrès vota l’Acte PL 102-4, signé le 6 février 1991, transférant à l’Académie nationale des sciences la charge des recherches. Celle-ci chargea l’Institut national de la santé d’établir la première liste de maladies, notamment plusieurs sortes de cancers. Ce protocole fut publié en 1994. Pour la première fois, les États-Unis reconnaissaient l’Agent Orange comme cause de certaines maladies.
En 1996, cette liste fut élargie. Mais dès 1991, le gouvernement US avait commencé à indemniser les victimes américaines. Si le handicap était certifié à 10 %, l’allocation était de 89 dollars par mois. Si la perte était de 100 %, l’allocation atteignait 1 823 dollars. Deux poids deux mesures : pas un seul cent n’a, à ce jour, été versé par le gouvernement US et les entreprises incriminées à un seul vétéran vietnamien ni à aucun habitant de ce pays.
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1998 : la firme est condamnée à payer une amende pour publicité mensongère à propos du Round-up, un herbicide très puissant vendu comme biodégradable et non polluant. Probablement en reconnaissance d’un savoir-faire certain, le président Bush a nommé Linda Fisher, directrice générale de Monsanto, à la tête de l’Agence de protection de l’environnement aux USA.
mon dieu² _________________ "Sachant que tu n'es pas noir, qui es-tu ?"
est ce qu'a votre avis, ce genre de pratique perdure?
nos petits enfants ne risquent-ils pas de nous traiter de lache et de bon a rien pour avoir laissé faire? _________________ l'arme la plus puissante que detient l'oppresseur, c'est l'esprit de l'opprimé.. steeve biko
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