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Genre: Homme Inscrit le: 28 Fév 2004 Sujets: 148 Messages: 13657 Localisation: Sur la route ...
Posté le: 29 Jan 2005 00:36 Sujet du message: [Concours d'écriture n° 5] FRATERNITE
Après le concours photo,voici le concours d'écriture,sauf que là,aucun materiel n'est necessaire,
alors personne n'a d'excuses pour ne pas participer!
pas besoin de créer un chef d'oeuvre,pas besoin d'écrire 5 pages,ça pourra être tout aussi bien une nouvelle qu'un poème,une maxime,un Haiku ...
Comptage des points ouverts de mercredi minuit à vendredi minuit,postage des nouveaux textes jusqu'à mercredi minuit et annonce du nouveau thème dès que possible.
Tout ça aux heures de métropole
Pour la cinquième semaine,vous pouvez poster dès maintenant vos production
le thème de la semaine est:
Fraternité
Les commentaires et les votes se font dans ce sujet : [concours d'écriture] commentaires
à partir de cette page
Genre: Femme Inscrit le: 25 Sep 2002 Sujets: 113 Messages: 7698 Localisation: da hataz basement aka the nice part of hell
Posté le: 31 Jan 2005 14:38 Sujet du message: [Concours d'écriture n° 5] FRATERNITE
"ne vous en faites pas madame, lui disait le docteur, son état s'est stabilisé. il ne reste plus qu'à attendre qu'il se réveille."
"mon dieu, mon dieu, se disait-elle en serrant les doigts de son mari dans sa main de toutes ses forces, ne me prenez pas mon petit garçon..."
son mari n'avait pas dit un mot depuis que son fils avait été emmené dans l'ambulance suite à une énième rechute. il lui fallait un nouveau coeur mais les donneurs ne se bousculaient pas au portillon. de plus, ce concept qui voulait qu'il doive attendre la mort de l'enfant d'un autre pour que le sien puisse avoir une chance de survivre lui donnait des hauts-le-coeur. il ne s'imaginait pas que c'était pensable de se réjouir de la mort d'un autre enfant, pourtant, tous les jours il espérait qu'un accident qui causerait la désolation d'une autre famille puisse être une lueur d'espoir pour la sienne. en attendant, son fils était allongé dans un lit d'hopital avec des fils et des tubes qui lui rentraient et lui sortaient du corps et c'était plutôt lui qui semblait à l'article de la mort.
ils avaient eu ensemble deux fils. mika et benito. benito venait de finir de brillantes études et avait décidé de revenir travailler dans sa ville natale, auprès de ses parents et de son petit frère. il venait de s'acheter une petite 307 noire qu'il conduisait très prudemment, ce qui ravissait sa mère, et sortait avec une fille prénomée manuela. ils étaient à la recherche d'un appartement et pensaient à avoir un enfant.
mika, lui, était au lycée. il n'avait pas souvent essuyé les bancs de sa classe cette année à cause de sa maladie mais le retour de son frère lui avait donné un second souffle de vie et un court instant on avait pensé que la prochaine rechute se ferait attendre.
mika et benito s'aimaient tendrement et mika ne supportait pas d'être séparé de son frère quand il était petit. il lui en a longtemps voulu d'être parti faire ses études si loin mais il n'a pas pu rester fâché très longtemps. ils grillaient leurs forfaits de portables pour rester en contact tous les deux et avaient cette complicité qu'ont souvent les frères entre eux, ils parlaient en langage codé qu'eux seuls comprenaient et étaient toujours de mèche pour faire les 400 coups.
ils ne se ressemblaient pas. benito était grand et athlétique, mika petit et rachitique. ils n'avaient pas du tout les mêmes goûts, pourtant, ils s'entendaient à merveille. ils faisaient la joie de leurs parents.
quand la maladie de mika s'est déclarée, benito s'est senti investi d'une responsabilité. il lui a cherché les meilleurs médecins et les meilleurs traitements et n'a jamais hésité à quitter un cours pour courir à son chevet.
ce soir-là où mika a été emmené à l'hopital, benito a passé la nuit à ses cotés et a ensuite enchaîné sa journée de travail comme si de rien n'était. il lui avait promis de revenir le soir-même une fois qu'il aurait terminé. mais il était en retard et ça inquiétait sa mère. elle se décida au bout d'un moment à l'appeler :
-ben chéri doudou, où es-tu ?
-je suis sur la route, j'arrive.
-tu es sur la route et tu réponds à ton portable ? je t'ai déjà dit que je ne veux pas que tu téléphones au volant ! c'est dangereux ! tu auras un accident !
-mais non maman, t'inquiète, j'ai mon oreillette ! c'est comme si tu étais assise à côté de moi !
-oui mais je ne suis pas assise à côté de toi ! ton cerveau doit faire tout un travail de visualisation qui te distrait de ta conduite !
-eh ben maman ne me retiens pas plus longtemps au téléphone ! je t'ai dit que j'arrive !
elle le faisait rigoler à le traiter ainsi comme un petit garçon alors que ça faisait 6 ans qu'il vivait seul et se gérait très bien sans son aide.
une demi-heure plus tard, benito était bien à l'hopital mais sa mère ne le savait pas encore. un médecin est venu la voir et lui a dit "madame, nous avons peut-être trouvé un donneur compatible. accident de la route il y a un quart d'heure."
elle sauta de joie et voyant la mine dépitée du médecin s'arrêta net et lui demanda "que se passe-t-il docteur ?"
il sortit un mouchoir de sa poche et lui dit "c'est votre autre fils, madame." _________________
« (…) et assurément, les chevaux et leurs cavaliers tomberont, chacun par l’épée de son frère » Agée 2 :22
Uttus et Tutsies, du Rwanda, du Burundi
Serbes et Croates, Athéniens, Spartiates…
Prises d’une frénésie meurtrière de nombreuses fratries
Sous la haine éclatent, le Malin prend acte.
Des confréries bien pensantes favorisent leur agonie
L’ONU aime les prétextes qui confèrent son hégémonie
Les images indécentes de l’horreur d’un tsunami
Alimentent en nos êtres l’idée d’humanité unie.
Fraternité factice, tant pullulent les milices
Mais nulle part la justice, et partout la police
Charge sans pitié les étudiants, les ouvriers
Qui réclament des comptes sur l’état de leur société.
Que la nation, des Lumières, de la Révolution
S'abstienne plus souvent de donner des leçons
Car devant l’affront d’un second tour bidon
Nous feignons, d’oublier Maurice Papon.
« Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi, car un seul est votre enseignant, tandis que vous êtes tous frères. » Matthieu 23 :8 _________________
Mino est seul dans sa cellule, il observe les ombres sur le plafond,formées par les barres à la fenètre,il en déduit la position de la lune ,ce qui confirme qu'on est au mois de mars,ou du moins fin février.Depuis le temps qu'il est ici,il a appris les cycles de la lune,tout comme il connait par coeur les ronflements de son compagnon de cellule.
ça ne fait pourtant pas longtemps qu'il a un voisin, depuis quelques mois les gardiens ont estimé que son état le permettait.
Tpoutes ces décisions venues de'en haut-de dehors, Mino s'en foutait,il savait très bien,lui, qu'il n'avait rien à faire là!
Tout ça était le fruit d'une monumentale erreur judiciaire voilà tout !
Le malheur de sa vie a été d'avoir un frère.
Pas un frère normal, comme tout les frères,non, son frère à lui était un criminel.
Il l'avait découvert bien a ses dépends le jour ou la police est venu l'arréter en plein milieu de la nuit,l'accusant d'un cambriolage qu'il était incapable d'avoir seulement imaginé.ça ne pouvais être que son frère Anthony qui avait commis ça !
Lui qui n'était jamais à la maison,celui de la famille qui avait "mal tourné",le sauvage ...
"ce n'est qu'un malentendu" avait pensé Mino;"maman leur expliquera que moi j'étais à la maison,il lui demanderont pour Tony,ça sera dur mais elle sera obligée de leur dire que ça fait des semaines qu'on a plus de nouvelles de lui".
Pauvre Tony,il fallait bien qu'il fasse une connerie un jour où l'autre ! ça avait toujours été l'exact inverse de Mino: il était fort,musclé,c'était le maitre de la cour de récré à l'école.
Plus tard c'est lui qui avait les plus belles filles du lycée,et il avait ce surnom de "langue d'or",qui ne faisait pas seulement référence à ses qualités oratoires et à son verbe extrèmement developpé ...
Tony n'était pas provocateur,il agissait discrètement et après coup,mais il arrivait toujous à ses fins.
Tony était trop intelligent pour tomber dans la toxicomanie,mais il en maitrisait le trafic et savait faire sa place dans les combines,malgré son visage innocent.
Tout cela,les policiers finiraient par le savoir avait pensé Mino,ils me libèreront et on pourra se consacrer à aider Tony pen lui trouvant une planque avait-il pensé.
Tony complétait parfaitement Mino,on peut dire qu'il vivait à travers lui et il lui vouait confiance et admiration.Même s'il ne se parlaient jamais,Mino se sentait toujours en communication avec son frère,pas besoin de mots,ni de gest entre frères,c'etait de l'ordre de la télépathie.
Lespoliciers ne sont jamais venu s'excuser;il n'a jamais été innocenté : à sa grande surprise,quand la police est arrivé,sa mère n'a pas dit un mot sur Tony,elle s'est simplement mise à pleurer en disant "mon pauvre Mino,ne lui faites pas de mal"
Et puis elle a laissé partir son fils,les menottes aux poignets,sans oser lui lacher un regard.
Depuis des mois qu'il était enfermé là pour un crime qu'il n'avait pas commis,Mino ressentait l'atroce souffrance que lui provoquait son incomprehension ; ses pensées se resummaient à un seul mot : Pourquoi ?
pourquoi sa mère avait-elle laissé faire ?
Pourquoi avait-elle choisi de le sacrifier lui,pour sauver l'autre?
la réponse parraissait pourtant évidente:Mino n'avait rien pour lui dans la vie,c'était un raté et sans son frère,il ne vivait plus.D'ailleurs,il préferait savoir son frère en bonne santé et libre,quitte à croupir dans cette cellule pour le restant de ses jours ... c'est comme ça dans la vie,il y a les grands faits pour briller,et les faibles pour les servir.
Ainsi Minoi s'était résolu à cette injustice et attendais patiemment un signe quelquonque de son frère Anthony.Jusqu'au jour où le voisin de chambre de Mino fut nretrouvé mort étouffé par un oreiller.
Immédiatement Mino fut arrété et placé en garde à vue dans un centre spécialisé pour les cas dangereux.Mino était le seul à savoir que cette nuit là,ils étaient trois dans la chambre,il y avait son frère.Il l'avait réveillé dans son sommeil mais Mino préférait observer celui qu'il attendait depuis si longtemps, sans dire un mot. Il avait vu son frère appuyer le coussin sur le tète de Marcel, mais il n'a pas bronché,il ignorait les desseins de son frère mais il avait certainement de bonnes raisons d'agir.
Une fois de plus Mino s'est laissé emmenner par la police, tout en se sachant innocent. Une fois de plus,il espérait une hypothétique intervention de sa mère mais il ne se faisait plus d'illusion ,elle le détestait et l'avait abandonné.
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Brigitte Longret, la mère du criminel, comme toute les semaines se rendit à l'hopital où se trouvait son fils. Mais aujourd'hui elle n'ira pas le voir comme d'habitude,il ne pourra pas l'ignorer comme il le fait à chaque fois, en brisant le coeur de sa mère qui se rassure en se rappellant qu'il est malade. Le médecin chef lui annonce que son fils a tué son voisin de chambre pendant la nuit,dans une crise de schizophrénie.
Brigitte avait le regard vide, tout en restant digne,elle parla pour elle-même: le dédoublement de la personnalité l'aura poussé jusque là...
Elle était accablée mais mème pas surprise,quioi qu'elle dise maintenant serait stupide,mais on est pas préparé à des situations pareilles.
J"'aurai du tout de suite réagir quand à 7 ans il a commencé à me parler d'Antony son ami imaginaire" continua-t-elle
"comment ne pas penser que c'est de ma faute ?"
Une larme perla le long de sa joue,il fallait se reconstruire maintenant. _________________ "Sachant que tu n'es pas noir, qui es-tu ?"
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