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Images et représentations du noir
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  Discussion générale:   Sujet: Images et représentations du noir

Missyna alna
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 #16 Discussion générale:   Sujet du message: Images et représentations du Noir   Posté le: 16 Nov 2017 13:49

Interlude exposition - série d'image de Ruud van Empel (Pays-Bas) intitulée World, Moon, Venus (2005–2008).



Pour aller plus loin:
http://www.ruudvanempel.nl/works/116-world-1.html
http://www.ruudvanempel.nl/works/132-moon-1.html
http://www.ruudvanempel.nl/works/433-Mood-1.html
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Missyna alna
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 #17 Discussion générale:   Sujet du message: Images et représentations du Noir   Posté le: 28 Sep 2018 15:37

2018 - Tribune du Collectif Cases Rebelles contre la diffusion d'images dévalorisante :
Citation:
 

Les corps épuisés du spectacle colonial
Publié en septembre 2018 Catégorie: FEMINISMES, PERSPECTIVES

Les images parues le 21 et 22 septembre 2018 dans Libération1 , pour annoncer en fanfare la sortie du livre Sexe, race et colonies sont immondes. C'est une douleur viscérale que nous avons éprouvée en les découvrant.2
Ça n'a apparemment pas été le cas pour tout le monde. Soit. Sans complexes, le journal a fait sa une du week-end avec une adolescente noire à demi nue, tenue par la main par un colon prédateur blanc qui doit avoir au moins 3 fois son âge, et on pouvait retrouver à l'intérieur trois articles avec des photos du même acabit, voire pires, en demi-page. Les images sont également exposées dans la version en ligne des articles.
Le temps que nous rédigions ce texte, d'autres photographies issues de la prédation sexuelle coloniale s’étalaient dans Mediapart3 (le 22) et Le Monde Afrique4 (le 24). On a aussi découvert un article dans The Conversation (le 19).
Encore une fois, sous prétexte de dénoncer ou d'analyser, les bonnes âmes reconduisent la violence en diffusant massivement des images de femmes non-blanches humiliées, agressées, dont certaines sont encore des enfants sur les clichés en question.5
Comme si la reproduction de ces images avait cessé d’être profondément attentatoire à leur dignité, comme si elles n'affectaient plus leurs descendant.e.s et tout.e.s les héritier.e.s – côté victimes – de cette violence coloniale.



Les vertus pédagogiques de l'abjection
Ces victimes sur les photographies publiées sont nôtres, elles sont de chez nous, de nos terres, de nos familles. Nous ne sommes pas éloigné.e.s, pas détaché.e.s de ces corps. Aujourd'hui encore, nous portons au quotidien le poids de ces hypersexualisations violentes, de ces hyper-accessibilités au corps colonisé.
Faudrait-il cacher la vérité ? nous demande-t-on avec outrage ; et une bonne dose de malhonnêteté ou de bêtise – au choix.

Il est bien entendu évident que cette histoire horrible doit être dite autant que faire se peut. Nombre d'entre nous n'ont attendu ni Libération, ni les explorateur.ice.s universitaires pour le faire.
Mais la diffusion de ces images n'est en aucun cas nécessaire à la production de la vérité. Et ces images n'auront aucun effet miracle chez les négationnistes.

La certitude, c'est l'horreur reconvoquée de manière sensationnaliste, l'exhibition-reconduction de l'humiliation, la mise en lumière voyeuriste du crime, pensée sans les victimes.

Jamais, la nécessité de reconnaissance collective de crimes ne nous empêchera d’être critiques sur les moyens employés pour en parler, les montrer, etc. Nous n'avons absolument aucune reconnaissance envers celles et ceux qui usent de leurs pouvoir pour exhiber au prétexte d'enseigner.
Choquer, appâter, reproduire la violence, c'est tout sauf de la pédagogie. La pédagogie est une entreprise complexe qui doit se penser avec toutes les personnes concernées. Ce n'est pas une petite expédition touristique entre privilégié.e.s et ce n'est pas non plus de l'auto-congratulation dans l'entre-soi.

Le livre à paraître (sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas et Christelle Taraud), dont sont issues les photos, coûtera 65 euros. À ce prix-là, quel est le lectorat visé ? Dans quels salons bourgeois vont de nouveau prendre place ces images odieuses ?

Violence, prescription et droit à l'image
À la question de savoir si ces photos doivent être montrées dans l'absolu, nous répondons clairement :

Ne serait-ce pas d'abord aux personnes figurant sur les photos de répondre?
Les femmes, les enfants humilié.e.s, exhibé.e.s sur ces photos, ou leurs ayants droit, ont-ils donné leur autorisation ?
Est-ce quelqu'un connait même leurs noms ?

Nous refusons catégoriquement l'idée que ces personnes auraient du fait de la barbarie historique coloniale perdu leur droit à l'image, leur droit au respect et à la dignité. Qu'elles seraient condamnées pour l’éternité à être exposées dans les pays barbares qui les ont colonisées. N'ont-elles pas ces personnes le droit à la paix, d’échapper enfin à cette fixation violente?

Et peu nous importe qu'on nous oppose la prescription des faits : les crimes de la colonisation sont imprescriptibles faute d'une réelle et complète politique de Réparations (réparations psychologiques, culturelles, économiques, spirituelles, etc.). La possession et la publication d'images de ces crimes doivent demeurer légalement et moralement problématiques.

Qui possède les droits sur ces images ? Et qui, dans le cadre d'une perspective juste et saine de Réparations, de décolonisation réelle, devrait les posséder ?
Nous estimons que ces images, issues du pillage dévastateur des corps, doivent impérativement être restituées aux communautés qui ont subi ces agressions.

Nous refusons catégoriquement l'alibi historiographique. Qui a besoin de voir des images pour être convaincu.e de la domination sexuelle, d'une agression sexuelle ? De voir des images jouant avec la limite pédopornographique pour condamner ((Bien sûr nous n'avons pas vus toutes les images reproduites dans le livre, mais parmi celle diffusées dans la presse et en ligne, certaines représentent des enfants.)) ?

Et comment ignorer le rapport entre cette facilité d'exhibition des corps et le fait qu'il s'agisse de corps non-blancs?

Comment ignorer que l'exhibition des corps non-blancs dans des situations de souffrance, de dégradation et d'humiliation est d'une récurrence extrême, à en avoir la nausée.

Certains nous opposent que ces images n'humilient que les colons…
Où sont leurs noms alors ? Où sont les noms des sujets blancs sur les photos, celui des photographes, des coupables6 ? Où sont les procès en cours ? Où sont-ils les suprémacistes blancs que ces images empêchent de dormir ?

Et comment la médiation photographique qui fait partie du dispositif de violence pourrait-elle miraculeusement « suspendre » l'effet de dégradation et d'humiliation des victimes ?
Sauf à considérer qu'il y a une date de péremption à la douleur des autres. Sauf à considérer, dans un relativisme dangereux, que la circulation passée de ces images et le temps ont rendu cette violence intéressante, regardable, diffusable.
Sauf à considérer que le ressenti de ces victimes, on s'en fiche et que ce qui est sacré c'est la dénonciation ; la dénonciation au mépris des victimes donc.

Ceux qui nous accusent de puritanisme, de bien-pensance et déplacent de façon malsaine la question sur l'axe du « pour ou contre la pornographie » sont abjects, mais ils témoignent bien de l'ambiguïté intrinsèque inévitable du projet promotionné. Certain.e.s entendent clairement encore tirer du plaisir sexuel, une satisfaction scopique, de ces images du corps d'Autres, réalisées dans un contexte d'occupation coloniale, militarisée, de domination raciale, économique, culturelle, linguistique, d’écrasement des peuples, dans un contexte intégral de déshumanisation. Un tel contexte annule ou brouille toute notion de consentement ! Sans parler des enfants même pas en âge de donner un quelconque consentement !

Derrière la dénonciation prétendument portée par la publication de ces images, c'est en fait l'impunité coloniale et la bonne conscience qui jouent à plein dans la désinvolture et le manque d’égard pour les victimes. Et l'un des non-dits ici c'est qu'il n'y aura jamais de justice réelle, concrète, pour les violences massives que montrent et que sont7 ces photos. Leurs responsables directs n'ont jamais eu à en répondre. Les victimes des photos, elles, ne sont sans doute plus en mesure de porter plainte.
Ces corps-là seraient indignes de justice ?
Tout est prescrit donc, mais ne circulez pas, il y a encore à voir !!!

Alors quoi ?! Ce serait donc ça notre justice : l'exposition ? Pourquoi ressemble-t-elle tant au crime ?
Et comme d'habitude en France ce sont les héritiers et les bénéficiaires de la suprématie blanche qui fixent les modalités de la justice.

Faire avec ces images
Nous ne nous lancerons pas ici dans un long développement sur la croyance délétère en la toute-puissance de l'image.
Nous ne nous étalerons pas sur le livre ici ; nous y reviendrons ultérieurement.

Nombre d'universitaires ont travaillé et travaillent sur ces questions sans éprouver le besoin de montrer.

Mais les médias qui voulaient en parler auraient largement pu faire autrement.
Ces images peuvent être décrites8 et ce serait bien suffisant.
Les victimes peuvent être anonymisées, floutées. Il est possible de masquer les parties génitales. Elles peuvent être dépornographiées, désexualisées.
Mais il est certain que ces choix sont extrêmement moins vendeurs, moins choc, moins attractifs.

Si l'un des articles parus dans Libération mentionne les questions que ce seraient posées les co-directeur.ice.s de l'ouvrage à propos de la diffusion des images – pour des réponses plus que problématiques – le journal ne fait aucunement mention de SON propre choix. Libération a donc décidé de les remettre massivement à disposition dans l'espace public, dans les kiosques, dans les boutiques de presse et sur internet.

En vérité, tout crie ici le désir pour les un.e.s et les autres de réaliser un coup.

Et ce « coup » se mêle au flux constant des multiples attaques racistes, symboliques ou concrètes, en France et partout en Europe qui s'exerce contre nous et les nôtres. Il se mêle au sexisme racialisé qui touche les femmes noires, asiatiques, arabes, berbères, polynésiennes, mélanésiennes, autochtones, latinas, contre toutes les femmes non-blanches. Ce sexisme se manifeste dans l'hypersexualisation, la fétichisation et autres héritages coloniaux longtemps véhiculés par le biais de ces images, entre autres. Il se manifeste dans l'accès à la santé, à l'emploi, les injonctions au silence, etc. Il fait qu'aujourd'hui encore n'importe qui se permet de toucher les cheveux des noir.e.s. Il fait qu'encore aujourd'hui on arrache des voiles, obsession éternelle de la France islamophobe. Il fait qu'encore aujourd'hui nombre de femmes migrantes se retrouvent piégées dans les réseaux de prostitution. Il est aussi dans les violences que subissent les travailleuses du sexe non-blanches de la part d'individus divers et de la police. Cette hypersexualisation s'exerce partout où les corps non-blancs sont vulnérabilisés et condamnés à être accessibles (prison, CRA, foyers…) et s'exerce aussi sur les hommes non-blancs.

On pourrait bien sûr donner de nombreux exemples de la re-traumatisation permanente.

Comment concevoir qu'un livre qui souhaite aborder la nécessaire question de la prédation sexuelle coloniale soit le vecteur d'une remise en circulation massive d'images violentes de prédation sexuelle ?

Montrer la violence n'empêche pas de la reproduire
Celles et ceux qui nous opposent les vertus de la monstration et de l'exhibition à coups d'histoire canonique pour éviter la répétition des crimes du passé doivent absolument nous montrer l'Europe antifasciste née des images des camps de concentration. Est-ce l'Europe de San Calogero, celle de Salvini, Di Maio, Orbán, celle de Chemnitz, celle de Calais où s'illustre depuis des années les gouvernements français et leur police ? Celle de Frontex ? Celle qui a fait de la Méditerranée un cimetière pour des dizaines de milliers de migrant.e.s ?
Ils doivent nous expliquer aussi pourquoi ces images n'ont pas empêché les déferlements de la barbarie française en Indochine, en Algérie ou au Cameroun, etc., ou n'ont pas empêché la France d'exporter, en Argentine, au Chili, aux États-Unis, sa « doctrine de la guerre contre-révolutionnaire » forgée dans la répression du mouvement de libération nationale algérien.
La liste serait interminable.

Et puis, combien d'images faudrait-il voir pour enfin « comprendre » ? 1, 4, 1200 ? Plus ?

Oui le négationnisme français en matière coloniale fait que la médiatisation des crimes sexuels coloniaux est rare. Mais non, cela ne justifiera jamais d'accepter de telles pratiques dégradantes.
Des pratiques qui rapportent d'ailleurs énormément à celles et ceux qui capitalisent sur nos histoires et nos souffrances.
Les journalistes ne peuvent pas se contenter d'essayer de faire leur travail ; ils/elles doivent le faire avec un minimum d’éthique et de réflexion.

Le choix des mots
Il y aurait beaucoup à analyser dans le contenu des articles. On relèvera juste ceci :

La couverture de l’édition papier de Libération annonce « 97 chercheurs dévoilent un pan méconnu de six siècles de domination occidentale » ?
Dans quelle bulle vivent les personnes qui parlent de méconnaissance ? De qui se moquent-ils ?
Nous, descendant.e.s de colonisé.e.s et porteur.se.s de cette histoire, n'avons jamais eu le luxe de « méconnaître » la violence sexuelle coloniale, ses traumas, ses persistances ou ses réminiscences !
Cette violence est dans nombre de nos œuvres qui parlent de l'esclavage dans les Caraïbes ou aux États-Unis.
Oui, elle est dans nos littératures, nos films, nos corps. Mais elle se trouve également dans maintes autres représentations coloniales (dessins publicitaires, peintures, cinéma, etc.) que l'espace occidental nous recrache régulièrement au visage.
Nous n'avons donc pas ce luxe de « méconnaître », et étant donné le nombre d'anciens des guerres coloniales d'Indochine et d'Algérie dans les foyers français, le reste de la population ne devrait pas l'avoir non plus.

Nous n'avons pas ce luxe, et qui peut parler de méconnaissance au regard des euphémisations et des relativisations qui ont accompagné la sortie en 2017 du film Gauguin ?
Peut-on parler de méconnaissance au vu de la continuité documentée du tourisme sexuel en Asie, en Afrique, dans les Caraïbes ? De toutes les violences sexuelles liées à la militarisation comme à Okinawa, en Haïti, à Trinidad, etc. ? Et des témoignages de viols sur des mineur.e.s commis par des soldats français de l'opération Sangaris en Centrafrique en 2013 ? Ou encore des multiples affaires d'abus sexuels impliquant des organisations humanitaires en Haïti, en Afrique ou en Asie ?

Les prédateurs semblent bien le connaître, eux, ce « pan » de la colonisation. Et ils semblent ne pas s'en lasser ces terres (néo)coloniales où le potentiel de consommation des corps vulnérabilisées par la domination impérialiste demeure inépuisable ; un réservoir infini de corps à scruter, palper, violenter, etc.9 , en toute impunité historique.

Méconnu non. Refoulé, caché, nié, occulté, honteux, persistant. La question en réalité n'est pas celle de la méconnaissance mais celle d'une force de répétition et de déni inépuisable.

Et que dire du verbe « dévoiler » employé dans le titre ? Et ces propos cités de Christelle Taraud10 , co-directrice de l'ouvrage promotionné : « on ne peut déconstruire sans dévoiler » ? Pourquoi utiliser ici ce mot compte tenu de la violence qu'il porte dans l'histoire et l'actualité du sexisme racialisé ?

Que dire encore de l'emploi du terme « safari sexuel11 » dans un autre titre ? Le recours à la sémantique de l'animalisation et de la chasse, sous couvert de déconstruction, s'inscrit dans la même tradition coloniale, comme s'il s'agissait d'un jeu, de faire un bon mot, comme si les souffrances coloniales étaient désincarnées.

On terminera sur ces propos de Pascal Blanchard qui déclare que la « nudité fait partie du marketing de l'expédition coloniale ». Mais ne fait-elle pas partie du marketing du livre ? Des publications récentes qui en parlent ?
Et si ce « marketing » est commun, n'est-ce pas parce qu'au final tout cela fait encore et toujours partie de « l'expédition coloniale » ?

Regards blancs et spectacle perpétuel
Malgré le choc, la violence, nous constatons sans surprise les ressources intarissables du racisme français. D'une certaine manière se rejoue perpétuellement le spectacle exotique des corps violentés des colonisé.e.s, des Autres, et la redécouverte faussement naïve du crime colonial et de son ampleur.
La vérité, derrière la diffusion de ces photos, c'est celle du regard blanc qui refuse de ne pas être central dans la narration de la souffrance.
La réalité c'est le désir monstrueux de la suprématie blanche et ses réseaux de diffusion de vouloir être la voix principale, autorisée, organisatrice sur la question de nos souffrances, et d'en être les bénéficiaires, symboliques et réels.

À croire qu'ils/elles ne se lasseront jamais de la philosophie mortifère de la découverte.

En tous cas, nous nous ne demandons rien. Nous combattons pour nos émancipations et continuerons à le faire. Nous critiquons, exposons et nous continuerons à le faire.
Et nous continuerons à refuser les dialogues avec la suprématie blanche qui ne font qu'alimenter la société du spectacle. Nous continuerons à nous organiser et à nous auto-éduquer.

Nous savons parfaitement que très vite des voix non–blanc.he.s autorisé.e.s s’élèveront pour dire comment tout ça ne les a pas choqué.e.s, que ce sont nos objections qui sont choquant.e.s. puritaines ou liberticides ou communautaristes, bref un terme supposément infamant dans cette belle France des Lumières. Nous savons que les non-blanc.he.s qui participent au livre viendront jouer leur partition et nous expliquer comment on devrait le recevoir.
Mais tout ça aussi fait partie du spectacle.


Collectif Cases Rebelles

Signataires :

Nawal Saïd Mohamed – Afroféministe et travailleuse sociale

Lamia Aït Amara – Professeure de français dans l'enseignement supérieur

Maboula Soumahoro – Présidente du Black History Month

Régis Samba-Kounzi – Photographe

Casey – Artiste rap

Jade Almeida – Afroféministe

Franck Freitas-Ékué – Doctorant, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Rose Ndengue – Docteure en histoire

Yves Mintoogue – Doctorant en sciences politiques

Fania Noël – Militante afroféministe et panafricaine

Revue Assiégé.e.s

QTR Queer & Trans Révolutionnaires

MWASI-Collectif afroféministe

Sawtche – Collectif afroféministe

Vies Volées – collectif de familles victimes de crimes policiers

Ramata Dieng – Militante contre les violences policières et famille de victime

Xonanji – llustratrice

Juliette Smeralda – Sociologue, enseignante et chercheure

Binetou Sylla – Productrice de musique

Amzat Boukari-Yabara – Historien et militant panafricain

Paola Bacchetta – Professeure, University of California, Berkeley

SA Smythe – Poète et professeur.e d’études noires, University of California, Los Angeles

Estelle Prudent – Artiste

Noemi Michel – Politologue, enseignante et chercheure


NOTES :

Sonya Faure , « Colonies : les racines d'un racisme nommé désir » ; Maria Malagardis, « Les femmes noires comme incarnation forcée du corps de l'Autre » ; Catherine Calvet et Simon Blin, « Ces images sont la preuve que la colonisation fut un grand safari sexuel ». Ces articles sont parus en version papier et web (mais nous avons avons choisi de ne pas mettre de liens).⤾
Dans certains cas ces images se sont littéralement imposées à nous avec toute leur violence, parce qu'en manchette de journal dans la rue, sur la table de presse en bibliothèque, dans nos fils d'actualité sur les réseaux sociaux, etc.⤾
Joseph Confavreux , « Le sexe des colonies ».⤾
Pascal Blanchard, Christelle Taraud, Dominic Thomas, Gilles Boëtsch et Nicolas Bancel, « Les imaginaires sexuels coloniaux ont façonné les mentalités des sociétés occidentales » (extraits de l'introduction de l'ouvrage).⤾
Il y a également des hommes puisqu'ils étaient aussi victimes de la prédation sexuelle, de l'hypersexualisation, etc. Mais ils sont ultra-minoritaires dans les photos parues dans la presse.⤾
Seul le nom de Jean-Louis Charbans apparait pour une photo prise en 1930.⤾
Ces photos ne font pas que « témoigner » a posteriori, elles font partie du dispositif de violence sexuelle en question.⤾
Paradoxalement, deux articles le font tout en montrant quand même les photos.⤾
Mais n'est-ce que pas ce que le livre vend aussi avec ces 1200 illustrations ? ⤾
Pas la peine de nous opposer le CV ou les travaux de Mme Taraud ; on les connaît.⤾
Le titre reprend des propos de Pascal Blanchard tirés de son interview : « Ces images sont la preuve que la colonisation fut un grand safari sexuel ».⤾
 
 
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 #18 Discussion générale:   Sujet du message: Images et représentations du Noir   Posté le: 19 Nov 2018 14:52

Anthologie :
Noir: Entre peinture et histoire (2018) de Grégoire Fauconnier (Auteur), Naïl Ver-Ndoye (Auteur)


Citation:
 
Cet ouvrage revisite l'histoire de l'art à travers la représentation des Noirs dans la peinture européenne, du XIVe au milieu du XXe s. Il vous raconte les destinées de personnalités noires, réelles ou fantasmées, devenues célèbres ou encore ignorées du grand public. Ces figures souvent en marge de la grande histoire ont pourtant joué un rôle essentiel au fil des siècles. Les 300 oeuvres rassemblées dans cette anthologie en témoignent admirablement. En abordant de la façon la plus rigoureuse et sans détour le thème des Noirs dans l'histoire, elles nous permettent d'envisager les enjeux de la diversité sous un angle nouveau. Ce beau livre d'art et d'histoire s'adresse aux passionnés mais aussi aux profanes, aux curieux, aux rêveurs... À la manière d'un musée imaginaire, plus de 200 artistes s'y croisent à travers le rapprochement de leurs oeuvres respectives. Les styles et les anecdotes se confrontent pour faire sens, toujours à la croisée de l'art et de l'histoire… 
 


Editions Omniscience
www.omniscience.fr
240 pages, 35 euros.

Thèmes :
Allégorie d'un territoire
Religion
Corps
Esclavage
Figures politiques
Domesticité
Talents
Guerre
Scènes de vie
Présence noire

Pour aller plus loin, l'adresse du site de l'éditeur : http://www.omniscience.fr/collections/Hors-collection-4/NOIR--Entre-peinture-et-histoire-79.html

Présentation par les auteurs :
"NOIR - Entre peinture et histoire" sur France 24, 03/10/2018


Citation:
 
Omniscience
Ajoutée le 4 oct. 2018
Le mercredi 3 octobre 2018, Meriem Amellal recevait Naïl Ver-Ndoyer et Grégoire Fauconnier dans le Journal de l'Afrique pour parler de leur dernier ouvrage "NOIR - Entre peinture et histoire" (Omniscience, 2018)
 
 
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 #19 Discussion générale:   Sujet du message: Images et représentations du Noir   Posté le: 04 Avr 2019 16:44

Ile de France - Exposition

Ce week-end c'est le premier dimanche du mois, l'entrée des musées nationaux dont le Musée d'Orsay est gratuite!

Le modèle noir de Géricault à Matisse



Citation:
 
En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains.

L'exposition s'intéresse principalement à la question du modèle, et donc du dialogue entre l'artiste qui peint, sculpte, grave ou photographie et le modèle qui pose. Elle explore notamment la manière dont la représentation des sujets noirs dans les oeuvres majeures de Théodore Géricault, Charles Cordier, Jean-Baptiste Carpeaux, Edouard Manet, Paul Cézanne et Henri Matisse, ainsi que des photographes Nadar et Carjat, évolue.

Pour en savoir plus : https://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/aux-musees/presentation-generale/article/le-modele-noir-47692.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=254&cHash=b8029aa197 
 



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 #20 Discussion générale:   Sujet du message: Images et représentations du Noir   Posté le: 14 Juin 2019 12:34

Ouvrage :

L'art et la race – L'Africain (tout) contre l’œil des Lumières de Anne Lafont (2019 - aux éditions Les Presses du Réel)


Citation:
 
L'historienne de l'art Anne Lafont livre une étude inédite sur les relations étroites et paradoxales de l'art et de la race à l'époque des Lumières. Une nouvelle voix dans les travaux actuels sur les questions de race, d'art, d'images et de colonies.
En se fondant sur un corpus d'œuvres d'art connues et moins connues, l'auteure revisite les Beaux-Arts au XVIIIe siècle sous l'angle de la représentation des Noirs, figures qui, non seulement, articulent savoirs anthropologiques et expériences esthétiques, mais aussi histoire du luxe métropolitain et histoire de l'esclavage colonial. Ce livre est fondé sur une recherche de plus de dix ans sur les formes qu'ont prises les figures de l'Africain et de l'Africaine dans l'art continental et colonial français d'avant l'imaginaire abolitionniste. Il couvre les cultures visuelles et artistiques qui vont de la fin du XVIIe siècle – à l'époque de Coypel, Mignard, Largillière… – quand les colonies antillaises commencèrent à percer dans le champ artistique métropolitain, au premier tiers du XIXe siècle – à l'époque de Girodet, Benoist et Léthière jusqu'à Géricault… – quand l'échec de la première abolition de l'esclavage (1802) durcit l'iconographie partisane, mettant la violence des vies dans les plantations à l'ordre du jour de la création artistique.

« Fruit d'une exigeante recherche de plus de dix ans menée par Anne Lafont, L'art et la race est une réflexion dense et ambitieuse sur les représentations visuelles des Noir.e.s au XVIIIe siècle. Un objet d'étude dont l'approche inédite vient bousculer et stimuler la discipline de l'histoire de l'art en France. »
Diane Turquety, En attendant Nadeau 
 



Publié avec la collaboration de Laurence Bertrand Dorléac – Centre d'Histoire de Sciences Po – et le concours de la Fondation de France.
Paru en février 2019
Edition française
17 x 24 cm (broché)
476 pages (ill. coul.)
32.00 €
ISBN : 978-2-37896-016-2
EAN : 9782378960162
Source : http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=6889

En complément , bibliographie sélectif proposé par la bibliothèque nationale de France (BNF) de 2019 : LA FIGURE DU NOIR DANS L'ART OCCIDENTAL : REPRÉSENTATION, IMAGINAIRE ET RÉAPPROPRIATION
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