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Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain
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  Discussion générale:   Sujet: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain

Sap
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 #301 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 09 Mai 2005 17:15

Un extrait du chat de Taubira sur le site du Monde:

Citation:
 
Princehall : Comment pacifier les relations Africains/Antillais par rapport à l'esclavage ?

Christiane Taubira : Les ingrédients de paix sont contenus dans l'Histoire. Seuls ceux qui ont une vision partielle, inexacte et sans doute idéologique de l'histoire peuvent s'amuser à inventer ou conforter des conflits entre Antillais et Africains. D'abord, parce que cela n'a pas de sens de dire qu'à l'égard des puissances européennes, on ne reconnaît pas d'hérédité dans la culpabilité des familles ou des personnes, et en même temps reprocher aux Africains d'aujourd'hui quelques méfaits ou collaborations effectués par le passé. Il y a eu, sur le continent africain, de très belles résistances dans des villages, des soulèvements de solidarité dans les villages traversés par les esclaves enchaînés conduits par leurs esclavagistes, et aujourd'hui, nous avons des luttes communes à mener pour un monde plus juste. Les Antillais ne peuvent arracher leur part d'origine africaine, les Africains ne peuvent se passer de ce que les peuples nouveaux des Amériques et des Caraïbes apportent au monde et à l'Afrique.
 
 
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nefer
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 #302 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 09 Mai 2005 21:06

Sap a écrit:
 
Un extrait du chat de Taubira sur le site du Monde:

Les Antillais ne peuvent arracher leur part d'origine africaine, les Africains ne peuvent se passer de ce que les peuples nouveaux des Amériques et des Caraïbes apportent au monde et à l'Afrique.
 
 
[/quote]


C'est notamment à partir de ce constat que se forgera une communauté noire forte, diverse mais unie et respectée en France.

Big up pour la grande dame. ça nous change de la sauvageone beyala
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arablack
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 #303 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 13 Mai 2005 14:31

Sujet modéré. Certains derniers messages ont été supprimés. Merci de tenir un dialogue cordial.
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dorlis
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 #304 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 13 Mai 2005 14:35

arablack a écrit:
 
Sujet modéré. Certains derniers messages ont été supprimés. Merci de tenir un dialogue cordial. 
 



pourquoi ???

si après on retrouve des posts geignards dans les coups de gueule avec les mêmes

ca permet d'avoir le sourire


EDIT : question qui ne concerne pas spécifiquement ce post
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kass33
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 #305 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 16 Mai 2005 18:05

Je ne sais pas qui a dit "mes parents sont africains, donc je suis ce que mes parents sont donc je suis africaine".
Je suis né en guadeloupe, mes parents aussi, mais ils ne sont pas 100% africains, 100% européens, ni 100% indiens, ni 100% amérinidiens, donc je suis quoi.
J'ai un nom italien qui ne provient pas de l'esclavage, mais de mon arrière grand-père, je suis plutot typée indienne (au point que l'on se moquait des "mes prétendues fesses plates d'indienne"). j'ai niée pendant très longtemps les origines autres qu'africaines. Petite c'était honteux pour moi qu'on sache que j'avais de l'indien (j'ai eu droit aux moqueries du genre zindiens à poux, zindiens à fesses plates).
Pourquoi devrais me je revendiquer d'une seule origine, alors qu'elles sont multiples. Mon grand-père maternel est indien à 100% (né en guadeloupe de deux parents nés en Inde).Donc lui j'en fait quoi par exemple, je le renie parce qu'il n'a pas de noir (nègre vu qu'il y a des indiens noirs).Ma grands mère paternelle a du nègre, de l'amérindien et du blanc, donc je zappe le blanc et l'amérindien. Ma grand-mère maternelle a du blanc majoritairement du nègre et de l'amérindien , donc je zappe aussi le blanc et l'amérindien. Mon grand père paternel a un père moitié italien, moitié (nègre blanc non situés ) et une mère moitié bretonne moitié (nègre blanc non situés).
Donc si je suis africaine, je ne suis alors pas ce que mes parents sont.
j'ai des frères et soeurs, et on est pas tout du même type, on a pas les mêmes ressentis de nos origines, une de me soeurs se sent très poche du cameroun, vu qu'elle y a vécu 2 ans, mon frère se sent proche musicalement de la culture noire du sud des état unis (le blues c'est ce qu'il aime) et ma petite soeur a vécu les 2/3 de sa vie hors des antilles, encore plsu de mal à se situer.
Moi je me sens plus proche maintenant de la culture indienne, peut être parce que je l'ai renié alors que j'y étais plus baignée petite, mais à d'autres moments c'était de la culture africaine, j'ai posé le pied sur le sol africain quand j'ai été au Cameroun, et je l'ai ressenti comme un retour au pays. Mais quand j'ai été en Bretagne pour la première fois, j'ai aussi été émue de parcourir un village d'où venait un de mes ancêtres,
J'ai pas demandée à avoir ces origines différentes, mais je les ai et je dois faire avec. .
Comme je dis souvent je suis une enfant du monde.
kass
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robè
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 #306 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 16 Mai 2005 18:33

rien ne vaut le vécu pour exprimer des choses que d'autres ne veulent pas comprendre!!
peut être que certains veulent absolument être ce qu'il pense que l'on veut qu'il soit.
en fait ils n'existent plus qu'à travers le regard de l'autre, je dirai même qu'ainsi il n'existe pas;
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jyuti
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 #307 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 16 Mai 2005 21:11

robè a écrit:
 
rien ne vaut le vécu pour exprimer des choses que d'autres ne veulent pas comprendre!!
peut être que certains veulent absolument être ce qu'il pense que l'on veut qu'il soit.
en fait ils n'existent plus qu'à travers le regard de l'autre, je dirai même qu'ainsi il n'existe pas; 
 


tu continues toujours ta masturbation ...mon vieux bouc égaré
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The ark
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 #308 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 17 Mai 2005 11:32

titanpèt a écrit:
 
Danny972 a écrit:
 

Les brésiliens sont un exemple parfaits du métissage dans le monde et pourtant je doute fort qu'ils s'interrogent sur l'origine de la couleur de leur peau... ils sont brésiliens et c'est tout et leur histoire c'est le Brésil.
 
 
idée reçue.... c'est l'un des pays les plus métissés, mais où le métissage pose le plus de problèmes 
 



Si tu vas la bas remarque bien ke les riches sont les memes qu'aux antilles ,les pauvres aussi
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Sap
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 #309 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 17 Mai 2005 11:43

The ark a écrit:
 

Si tu vas la bas remarque bien ke les riches sont les memes qu'aux antilles ,les pauvres aussi 
 

Et oui. C'est pour cela que ceux qui pronent le métissage comme remède au racisme me font bien rire.
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robè
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 #310 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 17 Mai 2005 14:39

il ne faut pas mélanger ......les choses!!
1.le métissage est un fait, sur lequel on ne peut pas porter de jugement sauf à proner une pureté raciale et mettre en place des lois racistes pour l'empêcher
2. le métissage produit des hommes pas des monstres, donc comme tous les hommes leur comportement sera HUMAIN donc empreint d'inhumanité
3.Il y a (...) intellectuelle que de présenter le (1) comme un discours de prosélytisme du métissage
4. cette (...) intellectuelle est une façon de masquer son racisme
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dorlis
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 #311 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 17 Mai 2005 14:45

il est toujours pas mort ce sujet...........
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Lil'Shit
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 #312 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 15 Juin 2005 15:11

nefer a écrit:
 

C'est notamment à partir de ce constat que se forgera une communauté noire forte, diverse mais unie et respectée en France. 
 
existe-t-il selon toi un peuple noir ?
Citation:
 
Big up pour la grande dame. ça nous change de la sauvageone beyala 
 
que reproches-tu à Beyala et pourquoi la traites-tu de "sauvageonne" ?
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Missyna alna
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 #313 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 25 Avr 2014 10:42

Pour bien brasser tout cela , à l'échelle du continent l'emploi du mot afropéen semble se généraliser.

Une interview de l'auteur Léonora Miano qui apporte un certain éclairage sur cette notion :

Citation:
 
Léonora Miano : « Il faut formuler le concept d'afropéanisme »
Actualité - 06/11/2013 par Camille Thomine (2117 mots)

Archives. Léonora Miano a évoqué, de façon métaphorique, les errements de l'Afrique à travers les errances d'une petite fille Contours du jour qui vient, éd. Plon, imaginé la réconciliation des Africains avec eux-mêmes dans Les Aubes écarlates (éd. Plon), les a enjoints, dans tous ses textes, à se débarrasser du ressentiment destructeur et du regard auto-dépréciatif qu'ils ont hérité de la colonisation.

Léonora Miano, 37 ans, compte parmi ces romanciers dont les histoires s’échafaudent sur le socle d'une pensée construite. Après avoir pensé l'Afrique depuis la France, elle s'intéresse à la France des Africains et Caribéens transplantés, tous ceux que l'on englobe, faute de mieux, dans l'expression «communauté noire», et auxquels la romancière oppose le terme d'Afropéens. Dans Tels des astres éteints éd. Plon, elle s'intéressait aux complexes spécifiques que pouvaient nourrir les hommes Afropéens. Dans Blues pour Élise, ouvrage d'apparence plus léger, elle raconte, en de multiples récits, la vie de Parisiennes afropéennes, «libres, indépendantes, belles chacune à leur façon», et néanmoins entravées par les filets de l'histoire. L’écrivain nous reçoit dans un café de Bastille. Elle qui montre par l’écriture comment les sujets politiques viennent influer sur les aspects les plus triviaux de l'existence arbore un de ces éclatants colliers DiviNéa, ceux-là même que portent les héroïnes de son dernier roman, Blues pour Élise, symboles de l'assemblage des mondes et de la complétude à laquelle elles aspirent.

Le Blues pour Élise se présente comme une suite de nouvelles. Pourquoi l'avez-vous intitulé roman ?

Parce que pour moi, c'est un roman éclaté. Au départ, mon projet était d'écrire quelque chose qui puisse servir de matrice à une série télévisée. Je souhaitais qu'il n'y ait pas de personnage principal, qu'ils puissent tous être centraux, que chaque lecteur puisse indifféremment s'attacher à l'un ou à l'autre. Je songeais en particulier à la sitcom américaine Soulfood qui met en scène trois sœurs dans leur vie professionnelle et familiale. Dans le Blues pour Élise, ce ne sont pas des sœurs mais des amies. Et évidemment, lorsqu'on commence à évoquer la situation des populations noires en France, certaines questions ne peuvent pas être éludées. Comme la conception de la femme noire, traditionnellement perçue comme une reine, une mère, une Déesse puissante qui pardonne tout. Or, peut-être que certaines femmes – comme Akasha dans la première nouvelle du Blues – en ont assez de porter le monde sur leurs épaules.

À leur propos, vous utilisez le terme « Afropéen »… Appelez-vous de vos vœux l'apparition d'une conscience afropéenne ?

Le terme « afropéen » cherche à décrire ces personnes d'ascendance subsaharienne ou caribéenne et de culture européenne : des individus qui mangent certes des plantains frits mais dont les particularismes ne sont pas tellement différents de ceux qu'on peut trouver dans les régions de France. Bien sûr, ces particularités peuvent être ressenties de façon plus forte que chez les Basques ou les Bretons, parce que les gens ont surinvesti la couleur de la peau, lui donnent une valeur exagérée. Il suffit de songer au terme de « métissage » : le fait que son usage soit à la mode signifie bien que nous voyons le monde à travers un prisme racialisé. Il faut formuler le concept d'afropéanisme pour qu'il existe, que l'on comprenne que les Noirs que l'on croise dans la rue ne sont pas forcément des immigrés. Que certains se fichent de l'Afrique, et c'est d'ailleurs leur droit. Je suis moi-même la mère d'une jeune Afropéenne de quinze ans : elle adore la cuisine camerounaise, mais pour le reste…Je nous trouve de réelles différences culturelles ! C'est très difficile de lui faire écouter du jazz, par exemple. Pour l'instant elle veut écouter Muse et Led zeppelin, lire Les Hauts de hurlevent. Elle est le produit de son environnement. Si j'ai écrit Blues pour Élise, c'est aussi parce que je voudrais qu'un jour, quand elle aura envie de lire autre chose que la chick litt habituelle, elle puisse trouver dans le paysage de la production littéraire française des personnages qui lui ressemblent.

Comme votre Soulfood équatoriale inventait des nouvelles à partir de plats traditionnels africains, les chapitres de Blues pour Élise portent des noms de chansons. D'où vous est venue l'idée de cette structure musicale ?

J’écris en musique. Dans la solitude mais pas dans le silence. Pour moi, littérature et musique sont souterrainement liées et cela m'est assez habituel et naturel d'emprunter des formes et des références à l'univers musical. Récemment, je me suis mise à la basse. J'arrive à jouer « Blue Monk » de Thelonious Monk et je suis très fière de moi. Si je persévère, cette activité musicale va nourrir mon écriture. Je continue également le chant : au printemps, j'enregistrai un répertoire concentré sur le traitement de la traite négrière d'un point de vue strictement émotionnel. Cela s'appellera « Sankofa Cry », comme le sous-titre des Aubes écarlates Plon, 2009.

Le ton du Blues pour Élise est plus léger que celui de vos précédents romans, l’écriture plus accessible… Visez-vous un plus large public ?

Je ne suis pas sûre que cela fonctionne car je n'aborde pas des thématiques très fédératrices. De plus, le lecteur français est habitué à ce que la production des auteurs noirs se cantonne à des espaces lointains, africains ou antillais. Quand vous choisissez Paris pour théâtre de votre histoire, vous êtes aussitôt moins légitime, ou alors il faudra parler d'allocations familiales, de chômage etc. Les afro-américains ont dépassé cela depuis longtemps, mais en France, peu de textes parlent de Noirs amoureux, par exemple, comme si cela ne leur arrivait jamais ! Il existe peu de romans où ils soient d'abord des individus avant d'apparaître comme des Noirs. Dans Blues Pour Élise, je voulais nommer le territoire, raconter nos vies telles qu'elles sont, chroniquer notre époque. J'habite Paris depuis longtemps comme beaucoup de mes amies ; nous sommes toutes un peu « bourgeoises bohèmes » et comme les Bigger than Life, héroïnes de Blues pour Élise, nous portons des sarouels So&So et des bijoux DiviNéa. Paris est la ville où je me suis réalisée. Pour l'instant, je ne me vois pas vivre ailleurs.

L'ultime nouvelle du Blues, « Newbian luv », présente les réactions divergentes des personnages, après l'investiture de Barack Obama. Comment avez-vous personnellement vécu cette victoire ?

Je suis allée à Harlem pour l'investiture et cela m'émeut toujours d'y penser. J'imagine que cette victoire a été un soulagement pour certains Blancs qui en ont assez de cet héritage de puissance et de domination. Mais au-delà de la figure présidentielle, c'est l'individu qui m'intéresse. D'autant que c'est paradoxalement en Europe qu'il existe le plus d'homologues véritables de Barack Obama, des hommes issus d'un père subsaharien immigré et d'une mère occidentale. J'ai beaucoup aimé son livre Les rêves de mon père : c'est très intéressant quant à la manière dont on se construit quand on a reçu des héritages culturels différents et vécu dans des milieux sociaux divers. Pour moi, Barack a choisi de vivre dans un certain environnement, d'adopter certains codes, il a choisi d’être noir. Mais au début, ce n'était pas acquis : sans ascendants esclaves, il n’était pas considéré par les afro-américains comme un real brother. Il a fallu l'intervention de bien des personnalités pour convaincre ceux qui ne se reconnaissaient pas en lui de choisir son camp.

Justement, dans votre roman, vous abordez les différences entre Subsahariens et Caribéens et les haines qui peuvent naître entre eux. Au fond, vous montrez qu'il n'existe pas de communauté noire…

Oui, il n'y a pas de communauté noire. La France et l'Angleterre ont cette particularité d'avoir possédé des espaces dans les Caraïbes, avec leur autonomie, leur culture et leurs langues. Or un Caribéen ne se sent pas noir de la même façon qu'un Subsaharien. Et puis il y a ce contentieux de la traite négrière, dont on parle si peu sur le Continent, sinon pour accuser l'Occident. Il existe un ressentiment de la part des Antillais : ils se sentent comme ceux qui ont été livrés par leurs frères. Mais les monarques du Dahomey trouvaient positif de vendre leurs captifs car auparavant, ils les tuaient ; et aujourd'hui encore, au Bénin, certains jugent que ce changement de politique a représenté un progrès. Cela crée des colères extrêmement virulentes. De même, les Antillais, très catholiques, se sont habituées à une image de l'Afrique à laquelle ils ne voulaient pas être liés : celle d'un Continent païen, sauvage, voire sale. À l'inverse, du côté Africain, l'Antillais est celui qui n'a ni racines ni généalogie et qui, par conséquent, n'est pas respectable.
Lorsqu'on crée des personnages, il faut être capable de pénétrer ce type de mécanismes mentaux. Mais j'estime que les Afropéens devraient se reconnaître comme tels, arrêter de refuser leur ancrage dans l'Europe. Je ne comprends pas que certains français d'origine africaine se définissent encore comme Algériens ou Sénégalais. Je trouve cela absurde, un peu puéril et contreproductif. Accepter son appartenance à la France est considéré par certains comme une trahison, or c'est une condition nécessaire pour parvenir à se réaliser et pour que vos revendications – si vous en avez – soient légitimes. Et cela ne vous interdit pas de chérir la culture de vos parents, d'enrichir la culture française de ce qu'ils vous ont légué.

Dans le texte « Radiée de la douceur », vous racontez un débat capillaire, dans un salon de coiffure, qui tourne au débat identitaire. Cherchez-vous à montrer comment les enjeux politiques viennent se glisser jusque dans les cheveux ?

Oui. Certaines ont décidé que la coiffure n'était pas juste une coiffure, qu'elle racontait des histoires. De nombreux sites Internet, très influencés par la tendance afro-américaine du « retour au naturel » prônent le port du cheveu crépu. Le Big Chop qui consiste en un rasage intégral de la chevelure défrisée pour en retrouver la texture originelle prend alors une tournure presque spirituelle. Mais au fond, cette démarche est surtout la marque d'intellectuelles politisées ou d'artistes. Les autres ont juste envie de se trouver jolies. D'ailleurs ce discours sur le retour au naturel ne prend pas du tout en Afrique : je suis allée à Bamako récemment et toutes les femmes portaient des perruques. Ce genre de débat témoigne bien de la crispation des gens sur leur propre histoire. Au fond, on cultive des caractères qui, au départ, étaient perçus comme stigmatisants, en prétendant que chaque acte posé est une affirmation.

Votre roman est également truffé de passages érotiques et réalistes : les scènes que vous décrivez sont crédibles. Une façon de vous opposer aux fantasmes racistes qui attribuent aux populations noires une sexualité débridée ?

Je n'y ai même pas pensé. En fait, j'ai essayé de décrire les choses telles qu'elles se pratiquent, sans vulgarité. J'ai juste pensé aux histoires ordinaires, que j'ai pu entendre autour de moi. C'est cela l'idée du Blues pour Élise, une idée que je compte poursuivre dans les saisons suivantes de ces « Séquences afropéennes », puisque comme dans une série, il y aura plusieurs saisons. J'ai envie qu'on suive le quotidien des personnages dans la durée, dans leur environnement sociaux, leur vie parisienne. Supposons qu'ils aient vécu l'année 2010 en France, ils pourraient avoir participé aux manifs, avoir des opinions sur les Roms…

Il y a une indéniable cohérence entre vos travaux. Certains thèmes reviennent de façon régulière sous votre plume la situation des Afropéens en France, la quête identitaire…

Oui, mais je ne supporte pas l'idée qu'on veuille me cantonner à un espace. Ce serait presque absurde. Quand on se penche sur la production des auteurs africains lus en France, on se rend compte que la plupart d'entre eux situent l'action de leurs romans en Afrique. Bien sûr il y a des exceptions : l’écrivain togolais Samy Tchak, par exemple, dont tous les romans se situent en Amérique latine. Mais la plupart du temps, ce sont des auteurs que le public ne connaît pas. Pour ma part, j'ai une espèce de projet global en tête. Surtout, j'ai des obsessions qui se glissent dans tous mes textes. Je me suis aperçue que chacun de mes livres évoquait – ne serait-ce qu'en une phrase – la traite négrière. Je suis convaincue qu'il faut un propos sur le sujet. On reproche souvent à la France de ne pas vouloir se souvenir, pourtant il y a des musées qui se consacrent à rappeler la traite négrière : le mémorial à l'abolition de l'esclavage de Nantes ou le musée du Château des Ducs de Bretagne… J'aimerais voir la même chose un jour au Cameroun !

Enfin, je pense que l'on écrit beaucoup autour de ses secrets. Mais il ne faut pas révéler trop vite la fêlure, même s'il faudra la dévoiler un jour, pour permettre aux autres de nous comprendre mieux.



Entretien réalisé en 2010.

Propos recueillis par Camille Thomine

 
 



Pour aller plus loin :
Site de l'auteur http://www.leonoramiano.com/?page=blues-pour-elise

Site anglophone : http://afropeanodyssey.wordpress.com/ et page facebook associée : https://www.facebook.com/afropeans
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Missyna alna
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 #314 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 25 Avr 2014 20:52

Initialement posté dans le sujet THEATRE D'OUTRE MER, toujours sur les Afropéens:

Missyna alna a écrit:
 
En complément , concernant l'oeuvre Afropéene d'Eva Doumbia, rencontre avec l'équipe :

Escape to Paris (part 1): les Afropéennes



Citation:
 
Publiée le 12 nov. 2012

As you can guess, 'les Afropéennes' means 'the Afropeans'. It is the title of a play in France that has been adapted from two texts of Leonora Miano, a French Cameroonian-born author, 'Blues pour Elise' and 'Femme in a city'. Her texts are biting but so necessary in era where minorities, specially Black community still seen as different whereas they have been around for a very long time.
The film tackles issues such as race, gender, sexuality, injustice, stereotypes, cultural heritage and alienation.


Stay tuned!
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filmed and edited by Cynthia Butare
 
 
 
 
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 #315 Discussion générale:   Sujet du message: Afro-français,Franco-africain,Black de France, Negropolitain   Posté le: 03 Juin 2014 22:49

Autre site , toujours en anglais , sur les Afropéens : http://afroeurope.blogspot.fr/

Sujet connexe sur le forum : L'INTEGRATION DES NOIRS EN OCCIDENT.
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