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Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
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  Littérature - Art - Culture:   Sujet: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?

didico
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 #16 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 21:04

De Mina Loy toujours

Esthétiques Adverses


De même que les artistes du peuple
inachevés
dont les visages d'enfant
tournaient vers la Beauté
la lumière chétive
de leur reconnaissance immobile

confectionnaient des marguerites avec de la boue
et des objets désirés
avec la matière ténue de leur âme

Jusqu'à ce que le Mensonge Dominant
réclame un plein efer
de travail
pour un ventre à moitié plein

De même la fille-métisse
du Noman's land
extrayait-elle le timide
esprit de la Beauté
des excréments et des médicaments

Tandis qu'Esau de Ridover Square
assimile l'idée savante
que la Beauté n'EST nulle part
sinon posthume à elle-même
dans l'antique

Et contraint
les manifestations communes
de la création
à s'aplatir
devant ses
yeux
en un seul vaste motif
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Anacaona
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 #17 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 21:21

didico a écrit:
 
@Dorlis et Anacaona : Y a vraiment pas des ti extraits ? 1 seul poko asé !  
 

C'est si gentiment demandé...

@ Dorlis : Merci !

Dans un autre sujet aujourd'hui archivé, j'avais proposé celui-ci... poème-résonnance d'un vécu identificateur...

Anacaona a écrit:
 
... poète-novelliste, Roger Parsemain :

La Madone du Sud
(Roger PARSEMAIN)

(De la Calabre à l'Andalousie
Du Sahel au Nordeste
Du François à Sainte Anne
Seuls les Sud ont des madones)

Tous les Sud ont leur Madone
La Reine des carêmes doucement s'amène
En sa chevelure écrin d'herbes sèches
Et de sel
Trop tard il est trop tard
La ferraille s'amoncelle au pied des falaises
C'est le soir d'un pays
C'est le soir de la terre
Et les hommes s'enfoncent dans la nuit
Sans rêve et sans humour
Trop tard il est trop tard pour sauter
Jeune cabri dans les savanes du renouveau à huit heures du matin
Tous les Sud ont leur Madone
La Reine des carêmes doucement s'amène
En sa chevelure écrin d'herbes sèches
Et de sel


http://www.sasi.fr/kapistrel/05poesie/PARSEMAIN/PresentPARSEMAIN.htm 
 
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didico
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 #18 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 21:42

@Anacaona : gracias

Ah ben tant que j'y suis autant mettre une compile de mes trois ou quatre pâté en pot à moi ! (j'les aime beaucoup quand même)



Poézi Kréyol



Poésie créole, face à cette saudade furieuse qui te susurre son haineux vacarme, demeure iconoclaste !
Nul courroux d'apparat ne saurait seoir à ta folie !
Poésie créole, ne songe qu'à perdre l'équilibre pour vibrer encore plus juste !
Oh Poésie créole : apophtègme braillé du fond de nos choeurs !

Tu es la seule poésie des formes mornes et des effluves rassises...
Celle qui ne fuit pas la crasse humaine.
Toi seule sais comment la dompter pour en faire le maquillage de nos âmes transfigurées.

Poésie créole : chimen chien vers le Nirvàna !
Nulle autre que toi n'eût pu cadencer ces insignifiantes psalmodies bibliques,
ces compagnes d'ici-d'ailleurs de tant et tant de temps !


Poésie créole: délices de mots-mêlés bata-brenzeng !
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didico
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 #19 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 21:46

EXIL EXIL EEXXIILL EXIL EXIL EEEEEEEEEXXXXXIIIIIILLLLLLL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXXIIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL

EXIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIiIIIIIIIIIIIIL

egzil


.................................................................egggggggggzzzziziiiiziziizizizzizzlzlllllllllllll...............

EGZIL?


egzil ?

egzi?


?





pistes de lecture
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didico
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 #20 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 21:49

Et un petit dernier pour la route


Le Beau travesti
( Opérette parfaite pour kanklos et kanklottes : cherche ton/ta partenaire )




Nous, on est espiègle par ici.
A grand renfort de parades littéraires
Et feignant d’éclairer notre beauté obscure d'un style ampoulé, sans jamais en éteindre la noirceur,
On (se)convainc d'admirer
Et la Créolité blafarde, blanchâtre même,
Et la Négritude en trompe-l’œil ! (encore faut-il aimer ses airs de fillette précieuse,
A cette obèse nourrie au sein gorgé de mépris de sa mère-patrie)

Pourtant, il demeure cette beauté fondamentale.
Une beauté qui ne se dit pas.
D'autres bien avant moi l'ont sue.
C'est un truc de vieux
Un truc qu'on sait quand on a troqué son Eternité à crédit pour ne plus vivre ses jours qu'en sursis.
Notre beauté, je la sais mais je ne la dis pas
Car si je la disais je ne la saurais plus.
Tu aspires à la délivrer de son obscurité ?
N'en cherche aucune trace dans l'air que l'on inspire à pleins poumons alors :
A peine recraché, en cadence, ses charmes auraient déjà expiré.
Exhaler de la sorte notre souffle ivre de se sentir un peu moins fétide que les autres dans un râle de rancœur et d'amertume opaques
Ne ferait qu'empester cette brise qui brasse notre haleine de chacal.

Non, notre beau on l'ingère, on le digère mâle, on le dégueule et on le chie sans élégance :
De la me
.rde dans un écrin d'argent !
Le reste n'est que trivial…




Voilà, histoire de démocratiser un peu ce sujet !

ca fait longtemps que j'ai rie écrit tiens ! Et ce sont pas les idées qui me manquent en ce moment !
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Maureen
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 #21 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 22:05

didico a écrit:
 
Allez encore un ti poème de Mina Loy


J'ai presque vu Dieu dans le métro

Dans un état de coma animé
le statut de clochard
cette tête grisonnante écroulée sur le banc du quai
tel l'Empereur du Vide
sur un trône auquel personne ne prétend
se drape d'une auguste distance
à l'image d'une divinité-
fleur excessive
qui s'ouvre immaculée
parmi l'ordure. 
 
j'aime beaucoup celui-là
vraiment je le trouve superbe, et j'aime beaucoup la prestance que l'on donne à l'homme en question, c'est vraiment bien exprimé.
bravo
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dorlis
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 #22 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 22:12

didico a écrit:
 
@Dorlis et Anacaona : Y a vraiment pas des ti extraits ? 1 seul poko asé !
P.S. : Gill Scott Heron ka fè poézi alo ?
 
 


THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED (GIL (avec un seu L Didico ) SCOTT HERON)

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised.

The revolution will not be televised.
The revolution will not be brought to you by Xerox
In 4 parts without commercial interruptions.
The revolution will not show you pictures of Nixon
blowing a bugle and leading a charge by John
Mitchell, General Abrams and Spiro Agnew to eat
hog maws confiscated from a Harlem sanctuary.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be brought to you by the
Schaefer Award Theatre and will not star Natalie
Woods and Steve McQueen or Bullwinkle and Julia.
The revolution will not give your mouth sex appeal.
The revolution will not get rid of the nubs.
The revolution will not make you look five pounds
thinner, because the revolution will not be televised, Brother.

There will be no pictures of you and Willie May
pushing that shopping cart down the block on the dead run,
or trying to slide that color television into a stolen ambulance.
NBC will not be able predict the winner at 8:32
or report from 29 districts.
The revolution will not be televised.

There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of Whitney Young being
run out of Harlem on a rail with a brand new process.
There will be no slow motion or still life of Roy
Wilkens strolling through Watts in a Red, Black and
Green liberation jumpsuit that he had been saving
For just the proper occasion.

Green Acres, The Beverly Hillbillies, and Hooterville
Junction will no longer be so damned relevant, and
women will not care if Dick finally gets down with
Jane on Search for Tomorrow because Black people
will be in the street looking for a brighter day.
The revolution will not be televised.

There will be no highlights on the eleven o'clock
news and no pictures of hairy armed women
liberationists and Jackie Onassis blowing her nose.
The theme song will not be written by Jim Webb,
Francis Scott Key, nor sung by Glen Campbell, Tom
Jones, Johnny Cash, Englebert Humperdink, or the Rare Earth.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be right back after a message
bbout a white tornado, white lightning, or white people.
You will not have to worry about a dove in your
bedroom, a tiger in your tank, or the giant in your toilet bowl.
The revolution will not go better with Coke.
The revolution will not fight the germs that may cause bad breath.
The revolution will put you in the driver's seat.

The revolution will not be televised, will not be televised,
will not be televised, will not be televised.
The revolution will be no re-run brothers;
The revolution will be live.



WHITEY ON THE MOON Poème exceptionnel d'engagement pour l'époque


A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face and arms began to swell.
(and Whitey's on the moon)
I can't pay no doctor bill.
(but Whitey's on the moon)
Ten years from now I'll be payin' still.
(while Whitey's on the moon)
The man jus' upped my rent las' night.
('cause Whitey's on the moon)
No hot water, no toilets, no lights.
(but Whitey's on the moon)
I wonder why he's uppi' me?
('cause Whitey's on the moon?)
I wuz already payin' 'im fifty a week.
(with Whitey on the moon)
Taxes takin' my whole damn check,
Junkies makin' me a nervous wreck,
The price of food is goin' up,
An' as if all that shit wuzn't enough:
A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face an' arm began to swell.
(but Whitey's on the moon)
Was all that money I made las' year
(for Whitey on the moon?)
How come there ain't no money here?
(Hmm! Whitey's on the moon)
Y'know I jus' 'bout had my fill
(of Whitey on the moon)
I think I'll sen' these doctor bills,
Airmail special
(to Whitey on the moon)



la suite arrive ce soir ou demain
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dorlis
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 #23 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 30 Nov 2005 22:36

LEONARD COHEN



MEILLEUR

Plus forte que l'obscurité :
l'obscurité fausse,
celle qui te ment
celle qui te fait caresser
la jeune fille de ton voisin

Plus puissantes que les banques :
les banques illusoires,
et tu y déposes
de l'argent corrompu
en sacrifice légitime

Meilleur que le café
ce café bleui,
celui que tu bois
pour ton dernier bain
et encore, lorsque tu attends
l'anéantissement
- dans tes chaussures

Plus haute que toute poésie,
ma poésie
qui effleure
chaque chose
et si belle, et si noble
et n'est rien de cela, pourtant

Mieux que le hasard
l'accident secret
ce moment dans ma voiture
et l'obscurité du parking
avec une nouvelle amie

Plus dense que l'art
l'art sordide
celui que Hashem ne commettra pas
mais dans le fracas qui s'ensuit
j'entre discrètement au théâtre, à Broadway
et je m'assied sans être vu
quelque part, vers Hadassah


Plus juste que la dignité
la dignité absurde
et ainsi je me tiens debout,
sur le toit du garage
le mieux : laisser tomber
tous les œufs
dans un seul panier

Plus riche que la mémoire,
notre mémoire trompeuse
elle est le suc
du patriotisme
de l'intérêt national
la chute des époux
dans le Grand spectacle triste

Plus forte que l'obscurité :
l'obscurité fausse
et souillée, et si vaste
et profonde
enfin si froide
pénétrée de grottes
de corridors aveugles
où apparaissent
nos parents morts, qui nous font signe
et l'apparat des religions étrangères

Meilleur que l'amour
l'errance
de ce japonais, subtil et calme,
jusqu'à l'insondable érotisme
d'un homme minuscule
avec son sexe immense
plus clair que la pensée,
mollement étendu
sur un cil de vapeur
vivant, menaçant
après la cuisine
le jardinage
le temps de faire grandir les enfants

Mieux que ma mère,
la vôtre
alors que la mienne est morte
définitivement morte

Meilleur que moi,
tu l'es : plus aimable
plus doux, gracieux et léger
ô toi, toi
plus beau
plus fort
et plus solitaire
je veux te découvrir meilleur
et encore meilleur, à chaque instant



http://www.leonardcohensite.com/index2.php

http://www.leonardcohen.com/







"Death Of A Ladies' Man"

Ah the man she wanted all her life was hanging by a thread
"I never even knew how much I wanted you," she said.
His muscles they were numbered and his style was obsolete.
"O baby, I have come too late." She knelt beside his feet.
"I'll never see a face like yours in years of men to come
I'll never see such arms again in wrestling or in love."
And all his virtues burning in the smoky Holocaust
She took unto herself most everything her lover lost
Now the master of this landscape he was standing at the view
with a sparrow of St. Francis that he was preaching to
She beckoned to the sentry of his high religious mood
She said, "I'll make a place between my legs,
I'll show you solitude."

He offered her an orgy in a many mirrored room
He promised her protection for the issue of her womb
She moved her body hard against a sharpened metal spoon
She stopped the bloody rituals of passage to the moon

She took his much admired oriental frame of mind
and the heart-of-darkness alibi his money hides behind
She took his blonde madonna and his monastery wine --
"This mental space is occupied and everything is mine."

He tried to make a final stand beside the railway track
She said, "The art of longing's over and it's never coming back."
She took his tavern parliament, his cap, his cocky dance,
she mocked his female fashions and his working-class moustache.

The last time that I saw him he was trying hard to get
a woman's education but he's not a woman yet
And the last time that I saw her she was living with some boy
who gives her soul an empty room and gives her body joy.

So the great affair is over but whoever would have guessed
it would leave us all so vacant and so deeply unimpressed
It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.

It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.

It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.
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didico
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 #24 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 01 Déc 2005 21:16

dorlis a écrit:
 
THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED (GIL (avec un seu L Didico ) SCOTT HERON)

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised.

The revolution will not be televised.
The revolution will not be brought to you by Xerox
In 4 parts without commercial interruptions.
The revolution will not show you pictures of Nixon
blowing a bugle and leading a charge by John
Mitchell, General Abrams and Spiro Agnew to eat
hog maws confiscated from a Harlem sanctuary.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be brought to you by the
Schaefer Award Theatre and will not star Natalie
Woods and Steve McQueen or Bullwinkle and Julia.
The revolution will not give your mouth sex appeal.
The revolution will not get rid of the nubs.
The revolution will not make you look five pounds
thinner, because the revolution will not be televised, Brother.

There will be no pictures of you and Willie May
pushing that shopping cart down the block on the dead run,
or trying to slide that color television into a stolen ambulance.
NBC will not be able predict the winner at 8:32
or report from 29 districts.
The revolution will not be televised.

There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of Whitney Young being
run out of Harlem on a rail with a brand new process.
There will be no slow motion or still life of Roy
Wilkens strolling through Watts in a Red, Black and
Green liberation jumpsuit that he had been saving
For just the proper occasion.

Green Acres, The Beverly Hillbillies, and Hooterville
Junction will no longer be so damned relevant, and
women will not care if Dick finally gets down with
Jane on Search for Tomorrow because Black people
will be in the street looking for a brighter day.
The revolution will not be televised.

There will be no highlights on the eleven o'clock
news and no pictures of hairy armed women
liberationists and Jackie Onassis blowing her nose.
The theme song will not be written by Jim Webb,
Francis Scott Key, nor sung by Glen Campbell, Tom
Jones, Johnny Cash, Englebert Humperdink, or the Rare Earth.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be right back after a message
bbout a white tornado, white lightning, or white people.
You will not have to worry about a dove in your
bedroom, a tiger in your tank, or the giant in your toilet bowl.
The revolution will not go better with Coke.
The revolution will not fight the germs that may cause bad breath.
The revolution will put you in the driver's seat.

The revolution will not be televised, will not be televised,
will not be televised, will not be televised.
The revolution will be no re-run brothers;
The revolution will be live. 
 


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Je reconnais là mon grand révolté de gauche favori !
C'est assez rare pour le souligner : j'ai presque tout compris d'un poème en anglais (bon, y a toujours les ti détails qui pénalisent le non-bilingue que je suis et du coup je passe à côté des recoins de finesse propres à la langue qui font la poésie !)

En tout cas dès les premières lignes je me suis rendu compte que ça me disait quelque chose ces mots de Gilles...heuuuu...Gil Scott Heron , et pour cause : après vérification à la sauce google c'est sur l'album like water for chocolate (H.S. : à chaque fois je peux pas m'empêcher de penser que "Like water from chocolate" serait 10000 fois mieux ) de Common, plus précisément sur le morceau The 6th Sense, que j'ai entendu ça en premier !




Dorlis a écrit:
 
WHITEY ON THE MOON Poème exceptionnel d'engagement pour l'époque


A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face and arms began to swell.
(and Whitey's on the moon)
I can't pay no doctor bill.
(but Whitey's on the moon)
Ten years from now I'll be payin' still.
(while Whitey's on the moon)
The man jus' upped my rent las' night.
('cause Whitey's on the moon)
No hot water, no toilets, no lights.
(but Whitey's on the moon)
I wonder why he's uppi' me?
('cause Whitey's on the moon?)
I wuz already payin' 'im fifty a week.
(with Whitey on the moon)
Taxes takin' my whole damn check,
Junkies makin' me a nervous wreck,
The price of food is goin' up,
An' as if all that shit wuzn't enough:
A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face an' arm began to swell.
(but Whitey's on the moon)
Was all that money I made las' year
(for Whitey on the moon?)
How come there ain't no money here?
(Hmm! Whitey's on the moon)
Y'know I jus' 'bout had my fill
(of Whitey on the moon)
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(to Whitey on the moon) 
 

Alors là tu vois : direct je suis dépassé par l'anglais sur ce coup là : même si je comprends le fond du truc, j'arrive pas à être enthousiaste

Bon, la suite une autre fois : c'est que ça demande du temps de digérer ces poèmes



Au fait, qui connaît une l'adresse d'une librairie bien fournie en poésie étrangère sur Paris ?
C'est que la Fnac des Halles est un peu limitée à mon goût ; quant à l'Harmattan c'est on ti genre trop bordélique là-bas pour trouver de la poésie

@ Maureen : Pareil que toi (sé pou sa an météy )

@ gran initil la qui se reconnaîtra : Héhé ! Ou té di bèt la mo...
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 #25 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 02 Déc 2005 14:46

et ça http://www.oulipo.net/ ?
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 #26 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 02 Déc 2005 14:55

Héééé jwana ! Mi baw : si après ça ou pa enmé Cummings an pé pa fè ayen dot


mon père traversait des sorts d'aimer
des mêmes de suis des avoirs de donner,
chantant chaque matin hors de chaque nuit
mon père traversait des profondeurs de hauteurs

cet où immobile négligent
se changeait dès qu'il le regardait en un ici brillant;
ce si(tellement timide que l'air est ferme)
devant ses yeux bougeait et se tortillait

récemment comme du quoi déterré
flotte le premier qui,son toucher d'avril
poussait des individus dormants pour essaimer leurs destins
réveillait des rêveurs à leurs racines spectrales

et si un pourquoi pleurait totalement
les doigts de mon père portaient son sommeil:
nulle petite voix ne pouvait crier en vain
car il pouvait sentir les montagnes grandir.

Soulevant les vallées de la mer
mon père traversait des chagrins de joie;
louant un front appelé la lune
chantant désir dans commencer

la joie était sa chanson et une joie si pure
qu'un cœur d'étoile par lui pouvait gouverner
et pure si maintenant et maintenant si oui
que les poignets du crépuscule se réjouissaient

aigu comme l'esprit du soleil
inconcevablement aigu se tient
si strictement(au-dessus de lui extrême
si immensément)se tenait le rêve de mon père

sa chair était chair son sang était sang:
chaque homme affamé voulait le nourrir;
chaque estropié eût rampé
sur une montagne juste pour voir son sourire.

Dédaignant le faste de devoir et falloir
mon père traversait des sorts de sentir;
sa colère était aussi droite que la pluie
sa pitié était aussi verte que le grain

les bras septembrants de l'année étalent
moins humblement l'opulence aux ennemis et amis
qu'il aux fous et aux sages
offrait l'incommensurable il est

fièrement et(par la flamme ocobrante
appelées)comme la terre grimpera vers le bas,
si nues pour un travail immortel
ses épaules avançaient contre le ,oir

son chagrin était aussi vrai que le pain:
aucun menteur ne lui tenait tête;
si chaque ami devenait un ennemi
il aurait ri et construit un onde avec de la neige.

mon père traversait des ils de nous,
célébrant chaque nouvelle feuille hors de chaque arbre
(et chaque enfant était sûr que le printemps
dansait quand elle entendait mon père chanter)

alors que les hommes tuent qui ne peuvent partager,
que le sang et ma chair soient fange et boue,
intriguer imagine,passion voulue,
la liberté une drogue qu'on achète et revend

donner voler et cruel gentil,
un coeur avoir peur,douter un esprit,
différer une maladie de même,
conformer le pinacle de suis

bien que tout ce que nous percevions comme brillant fût terne,
amères toutes les absolument choses douces,
fantasque moins et muette mort
tout ce dont nous héritons,que nous léguons

et rien d'aussi moindre que la vérité
-je dis bien que la haine fût ce pourquoi les hommes respiraient-
parce que mon père vivait son âme
l'amour est la totalité et plus que tout






Je reste èstébékwé devant ce poème (surtout que là j'ai vraiment tout compri...enfin je me comprends )


@Ara : Ohlala ! Ka sa yé sa anko ?
Ban préparé on laspirin'...
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 #27 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 02 Déc 2005 18:35

Et à présent quelques poèmes de Augusto de Campos
(jwana972 an sav ou ké adoré yo )

Un premier qui s'appelle hearthead






Un deuxième intitulé psiu!





Et un troisième : código



Et voici la source de ces poèmes : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/poemas.htm
Alors jwana doudou ! Ti raimes ?
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jwana972
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 #28 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 02 Déc 2005 19:28

Negress pa ka mo an té ka atan'n san la frédi avan an répon ou!

didico a écrit:
 

Manzel Jwana nou ja trapé bon bab dènyé fwa la pou sa é ou ka roukomansé ! Sa ké fin an dram zafè la sa  
 


J'adooow les bab avec toi

simbot' la a écrit:
 
Donc de ton vomi narcissique romantico-gnangnan réac et conservateur jusqu'à la péremption je ne retiens qu'une chose : Saint-John Perse où je m'incline avec une foooooooooooooooooorce (ou ja sav an enmé poézi a missié )
 
 


tchiiiiiiiiiiiip ou mal tombé, ou za sav an péké ladjéw je vais t'apprendre ce qu'est la poésie moi

voici un ti extrait de la nuit de mai d'Alfie:

[ La Muse ]

Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Ô poète! un b.aiser (tchiip keski faut pas faire tonan!), c'est moi qui te le donne.
L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes:
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

[ Le Poète ]

Ô Muse! spectre insatiable,
Ne m'en demande pas si long.
L'homme n'écrit rien sur le sable
A l'heure où passe l'aquilon.
J'ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau;
Mais j'ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j'en pourrais dire,
Si je l'essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.

Non mé gadé jan sa bèèèèèèl Trop de sublime, mi an émue Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas

Pooooo je vois que j'ai râté des trucs!

Très sincèrement, je crois que Cummings n'est pas perdu Ti poèm la "mon père traversait des sorts d'aimer" ka ban mwen'y bien fok an ké riliy plisiè fwa kan menm mé i mwen plat' kè lé zot la (ceci étant, une bataille, c'est pas la guerre )


Didi qui cherche bon bab' avec moi a écrit:
 
Alors jwana doudou ! Ti raime ?  
 


raaaaaaah espré? naaan j'aime pas! sa ka ban mal zié! Kontinié fè jé épi mwen, an ké trapéw Tchiiip a pa poézi yo ka kryié sa N'empêche, le premier est original, mais ce genre de djindjin la, tchiiiip an pé pa kryié sa poézi!

Edit: ah, en parlant de Saint John Perse, j'ai eu l'occasion aujourd'hui de feuilleter un livre qui se veut très beau, tala:


En fait ce sont de magnifiques vers de notre cher auteur, agrémentés d'illustrations du même acabit que celui qui est sur la peau dudit ouvrage. Sa fan la pèèèn sa lèèd pa méchansté, ça rejoint ce que je te disais sur l'art bref, sa pa ni pon sens, sa aigri mwen, an fouté liv la an plass ay malpwopman, é an foukan bien enragé
Ceci étant, c'est un très beau livre, mais les dessins là, pfff ça enlève de leur noblesse à de si jolis vers

Si tu as l'occasion de regarder ça, jété an zié ou ké ban avis aw (an sav ka ou ké di mwen )
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didico
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 #29 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 03 Déc 2005 14:27

jwana972 a écrit:
 
voici un ti extrait de la nuit de mai d'Alfie:

[ La Muse ]

Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Ô poète! un b.aiser (tchiip keski faut pas faire tonan!), c'est moi qui te le donne.
L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes:
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

[ Le Poète ]

Ô Muse! spectre insatiable,
Ne m'en demande pas si long.
L'homme n'écrit rien sur le sable
A l'heure où passe l'aquilon.
J'ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau;
Mais j'ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j'en pourrais dire,
Si je l'essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.

Non mé gadé jan sa bèèèèèèl Trop de sublime, mi an émue  
 


Ben tu vas peut-être penser que je le fais exprès....auquel cas tu auras tord ...mais j'ai beaucoup de mal avec ce poème là !
Franchement je déteste !
(dayè ou té pé évité kasé ritm' a moun la èvè intèwvansion aw la )

Allez : même joueuse joue encore ! Essaie de me trouver quelque chose de moins grandiloquent avec lequel je puisse entrer en résonance (c'est l'apprenti-phycisien qui parle là )

jwana972 a écrit:
 
Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas  
 

An ka èspéré sa ké pli bad !


jwana972 a écrit:
 
Très sincèrement, je crois que Cummings n'est pas perdu Ti poèm la "mon père traversait des sorts d'aimer" ka ban mwen'y bien fok an ké riliy plisiè fwa kan menm mé i mwen plat' kè lé zot la (ceci étant, une bataille, c'est pas la guerre ) 
 



Aaaaaaaaaaaaaaah tu vois !
Un point pour Cummings !

D'ailleurs j'ai préparé (pour terminer avec lui) une sélection personnelle de poèmes que je trouve magnifiques !


En voici déjà un :

ouvre la tête de cet homme,bébé
& tu y trouveras un cœur
(lézardé)

ouvre ce cœur,mabel
& tu y trouveras un lit
(fait)

ouvre ce lit,sibyl
& tu y trouveras une pu.tain
(mariée)

ouvre la pu.tain,ma mie
& tu y trouveras l'esprit de cet homme
(mort)




Et voici encore un autre :



la vieillesse colle
des affiches
Éloignez-
Vous)&

la jeunesse les
arrache(la
vieillesse
crie Ne

Pas trans)&(gres
la jeunesse rit
(ser
la vieillesse

gronde Inter
dit Stop
Tu Ne dois
pas Ne fais pas

&)la jeunesse
continue toujou
rs
de vieillir










Et enfin pour finir un dernier (qui devrait plaire à Dorlis je crois ):





.......................................................................................................................................................ACTION DE GRÂCES
.................................................................................................................................................................................................(1956)

une monstrueuse horreur engloutit
ce nonmonde moi après toi
tandis que le dieu des pères de nos pères s'incline
devant un quoi qui marche comme un qui

mais la voix-avec-un-sourire de la démocratie
annonce nuit&jour
« vous autres pauvres petits peuples qui voulez être libres
ayez confiance dans les états-unis »

soudain la hongrie se souleva
et elle poussa un cri terrible
« aucune nonvie d'esclave ne me tuera
car je mourrai libre »

elle cria si fort que les thermopyles
l'entendirent et marathon
et toute l'histoire préhumaine
et l'ONU pour finir

« sois tranquille petite hongrie
et fais comme on te l'ordonne
un bon gros nounours est très aigri
nous avons peur qu'on ne nous rende la pareille »

oncle sam hausse ses adorables
épaules roses vous voyez comment
et il tire vivement sur une tétine libérale
et zézaie « z'uis occupé pour le moment »

alors hip-hip-hip pour la démocratie
soyons tous aussi reconnaissants à l'enfer
et enterrons la statue de la liberté
(parce qu'elle commence à sentir)




jwana972 a écrit:
 
Didi qui cherche bon bab' avec moi a écrit:
 
Alors jwana doudou ! Ti raime ?  
 


raaaaaaah espré? naaan j'aime pas! sa ka ban mal zié! Kontinié fè jé épi mwen, an ké trapéw Tchiiip a pa poézi yo ka kryié sa N'empêche, le premier est original, mais ce genre de djindjin la, tchiiiip an pé pa kryié sa poézi!  
 


Pfffffffffffffffffffffffft ! Tèbè !
Ou pé pa di mwen código la mové ? (érèzman an té la pou diw ki jan pou li código : on part du plus gros à gauche vers plus petit à droite avant de repartir toujours plus petit vers la gauche pour finir en tout petit à droite : ès ou vwèy finalman ?)



Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye





é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus


jwana972 a écrit:
 
Edit: ah, en parlant de Saint John Perse, j'ai eu l'occasion aujourd'hui de feuilleter un livre qui se veut très beau, tala:


En fait ce sont de magnifiques vers de notre cher auteur, agrémentés d'illustrations du même acabit que celui qui est sur la peau dudit ouvrage. Sa fan la pèèèn sa lèèd pa méchansté, ça rejoint ce que je te disais sur l'art bref, sa pa ni pon sens, sa aigri mwen, an fouté liv la an plass ay malpwopman, é an foukan bien enragé
Ceci étant, c'est un très beau livre, mais les dessins là, pfff ça enlève de leur noblesse à de si jolis vers

Si tu as l'occasion de regarder ça, jété an zié ou ké ban avis aw (an sav ka ou ké di mwen ) 
 


Okay ! An ké ay gadé sa !
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jwana972
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 #30 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 03 Déc 2005 18:14

didico a écrit:
 
Ben tu vas peut-être penser que je le fais exprès....auquel cas tu auras tord ...mais j'ai beaucoup de mal avec ce poème là !
Franchement je déteste !
(dayè ou té pé évité kasé ritm' a moun la èvè intèwvansion aw la )
 
 


pfff sacré initil, ou pa konèt ayen eskizé pou ritm la, poo an bien kompran'n lisson an


Citation:
 
Allez : même joueuse joue encore ! Essaie de me trouver quelque chose de moins grandiloquent avec lequel je puisse entrer en résonance (c'est l'apprenti-phycisien qui parle là )

jwana972 a écrit:
 
Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas  
 

An ka èspéré sa ké pli bad !  
 


Heu... moins grandiloquent an kwè nou ké palé di De Vigny an lot' fwa (malgré une dernière strophe d'une beauté époustoufflante an pliss i an jan bien long', nou ké wè sa pli ta héééé sa ka fè mwen sonjé fok an ritrouvé "La fin de satan" de Hugo baw, a pa ti bèl sa bèl, mé bon, ès lespri phisiko-débiélé ou a ké pé sa géré an monument konsa... )

Bon, kisa an ké proposéw jodi a... an ti Henry Bataille an enmen ( ) an pil, en pliss c'est un poème super simple, accoustique quoi (bon, je me comprends ) :

LES SOUVENIRS

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu'elles sont là comme à leur habitude,
Et c'est la chambre bleue, et c'est la chambre rose...
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l'on y continue à vivre en souriant...
J'accueille quand il veut le souvenir qui passe,
Je lui dis: "Mets-toi là... Je reviendrai te voir..."
Je sais toute ma vie qu'il est bien à sa place,
Mais j'oublie quelque fois de revenir le voir,
Ils sont ainsi beaucoup dans la vielle demeure.
Ils se sont résignés à ce qu'on les oublie,
Et si je ne viens pas ce soir ni tout à l'heure,
Ne demandez pas à mon coeur plus qu'à la vie...
Je sais qu'ils dorment là, derrière les cloisons,
Je n'ai plus le besoin d'aller les reconnaître;
De la route je vois leurs petites fenêtres,
Et ce sera jusqu'à ce que nous en mourions.
Pourtant je sens parfois, aux ombres quotidiennes,
Je ne sais quelle angoisse froide, quel frisson,
Et ne comprenant pas d'où ces douleurs proviennent,
Je passe...
..................................................................Or, chaque fois c'est un deuil qui se fait
Un trouble est en secret venu nous avertir
Qu'un souvenir est mort ou qu'il s'en est allé...
On ne distingue pas très bien quel souvenir,
Parce qu'on est si vieux, on ne se souvient guère...
Pourtant, je sens en moi se fermer des paupières.


Latin ou di mwen sé bagay pou vié ko moi ça me parle, tu vois

Bon, un autre chef-d'oeuvre de Mallarmé cette fois, et que j'aime tout particulièrement

LES FENETRES


Las du triste hôpital, et de l'encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyeux du mur vide,
Le moribond sournois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu'un beau rayon clair veut hâler.

Et la bouche, fiévreuse et d'azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis! Encrasse
D'un long b.aiser amer les tièdes carreaux d'or.

Ivre, il vit, oubliant l'horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l'horloge et le lit infligé,
La toux; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l'horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d'or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l'éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir!

Ainsi, pris du dégoût de l'homme a l'âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s'entête à chercher cette ordure
Pour l'offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées
D'où l'on tourne l'épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées
Que dore le matin chaste de l'Infini

Je me mire et me vois ange! Et je meurs, et j'aime
-Que la vitre soit l'art, soit la mysticité -
A renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté!

Mais, hélas! Ici-bas est maître: sa hantise
Vient m'écœurer parfois jusqu'en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l'azur.

Est-il moyen ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plumes
-Au risque de tomber pendant l'éternité?

Magnifique hein? moi j'adore

En ce qui concerne Cummings, j'avoue que la vieillesse colle est superbe, pour le reste... mouais mais c'est déjà pas mal quand meme!

Bon, j'ai enfin compris le Codigo, mèci chè , et j'ai envie de dire.. et après?
didico a écrit:
 
Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye

 
 


Je trouve ça d'une laideur sans nom! parfaitman, sa lèèèèèèèèd

Citation:
 
é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus  
 


mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip )

bref, an pa enmen saaaaaaa!

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