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[FEUILLETON] - MAKEDA !
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  Littérature - Art - Culture:   Sujet: [FEUILLETON] - MAKEDA !

Woxinho
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 #16 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 11:36

Oui, telle Makéda l'avait imaginée, telle , blanche, rose et dorée, s’élevait sous le ciel de soie de l'Arabie heureuse, sa nouvelle capitale.

Simplement, elle n’était plus faite de cette matière impondérable qu'est la pensée, mais bien de pierres solides, édifiées l'une sur l'autre par masses considérables, semblant défier les millénaires : grès, granit, basaltes, et même le quartz étincelant, les matières les plus résistantes étaient utilisées.

Trois immenses bâtiments en arc de cercle, entourant de leurs courbes grandioses une sorte de colline artificielle supportant un palais central.

Dans les espaces compris entre chacun de ces édifices s’étendent des jardins.

Enfin, au centre s’élève sur un promontoire le palais qui doit servir de résidence à la reine.

Une triple galerie à colonnades polychromes l'entoure. Son entrée monumentale est de cent coudées de large. Il est bâti sur trois étages, et le toit, plat, est un jardin de fleurs.

Les salles réservées aux soins privées de la reine avaient été aménagées avec un soin tout particulier.

De sa chambre, elle gagnait, dès son lever, une piscine toute en albâtre où coulaient des eaux aromatisées, colorées selon son caprice du jour.

Après que ses caméristes l'avaient séchée, massée, parfumée d'huiles, elle passait dans son salon de toilette, pour y être peinte et coiffée. Elle prenait place, pour cela, nue même de bijoux, au centre d'une table en arc de cercle où se tenaient alignés les objets nécessaires : brosses aux manches d'or ou d'ivoire, miroirs d'argent poli, limes, spatules de sycomore, pots à fards, peignes aux dents de diamants…

Maquillée des orteils jusqu'aux paupières, elle se dirigeait vers son salon d'habillage, où, après que ses femmes l'avaient vêtue, elle pouvait, debout sur deux pierres sculptée à la forme des pieds, se mirer dans un bassin rempli d'eau qui était un cristal.

C'est là qu'elle reçut, un jour, Am-Tât, le célèbre perruquier thébain, et Nahus, le grand couturier de Niniphée, mandés tous deux à Saba tout exprès en prévision d'une fête de nuit que Makéda voulait offrir en l'honneur d'un prince jaune.

Cet asiatique fastueux avait offert à Makéda des présents inouïs. Six grands voiliers bourrés de la cale jusqu'aux ponts avaient à peine suffi à transporter tant de trésors. Et enfin, prosterné au pied du trône, il l'avait suppliée de devenir son épouse :

- Naguère, ô Reine presque céleste, je refusais de régner sur l'Empire du Mystère. C'est que je désirais courir librement le monde à la recherche de la Beauté Parfaite. Voici qu'après des années et des années de courses vaines, je l'ai trouvée en ta personne. Tu es le but suprême que j'ai poursuivi toute ma vie. Si ce but se refuse à moi, je n'aurai plus qu’à mourir, ô Reine presque céleste !

Makéda avait balancé lentement la tête en signe de refus.

Mais, par crainte d'irriter un Empire avec lequel elle ne souhaitait pas entrer en guerre, elle voulait honorer le prince jaune déçu.

Donc, Am-Tât de Thèbes fut reçu au salon des essayages.

Am-Tât ne cella pas à la reine quelle fâcheuse surprise il ressentait à la vue de ses tresses courtes.

Elle n'aimait pas qu'on la reprit sur un tel chapitre :

- Ton métier, Am-Tât, est de composer des perruques, non de discuter de la taille des cheveux. Les raisons de cet usage imposé par moi dépassent ton intelligence. Contente toi donc de répondre à cette question : fais je bien de porter cette perruque dorée ?
- A Thèbes qui lance la mode, les perruques dorées ne se portent plus depuis longtemps, ô Reine ! Les perruques pourpres, bleues, vertes, jaunes, voilà ce qui se fait. C'est la pourpre que je te conseille, dont la hardiesse conviendra au caractère unique de ta beauté.
- Eh bien, prépare moi une perruque pourpre et nous verrons.

Vint le tour de Nahus et de Niniphée.

Le costume qu'il avait composé pour la reine de Saba était un des plus beaux qu'elle eût portés, mais aussi l'un des plus hardiment transparents. N'eût été le grand nombre de pierreries qui l'adornaient, il eût pesé moins lourd dans la paume qu'une plume d'oiseau. Il se composait simplement d'un pantalon épousant étroitement les jambes et d'une tunique très courte, les deux faits de cordelettes de soie tissée en filet, à chaque nœud duquel un diamant jetait ses feux.

Makéda se contemplait dans le bassin miroir, et se plaisait.

- Te voilà d'une beauté plus qu'humaine, déclamait Nahus. Tusembles une goutte de rosée, un charme de Dieu, un crocodile sacré…

Makéda daigna sourire, flattée par ce compliment suprême. Elle fit seulement observer qu'elle trouvait la tunique un peu longue.

Le couturier se dit qu'il ne resterait pas grand chose à couper. Il s'approcha pourtant, pour prendre à même la reine les nouvelles mesures… et aussi pour lui souffler :

- Ô Perle, en passant à Tadjara, j'eus l'honneur d’être reçu par le prince Assadaron.

Makéda ne put retenir un tressaillement .

- Silence, fit elle en colère.

Mais quelques minutes plus tard :

- Dis moi, Nahus, est il vrai que le prince Assadaron aurait jeté les yeux sur la princesse Sémiramis ?
- Rien n'est plus faux, ô Reine ! répondit vivement le couturier. Ceux qui t'ont parlé ainsi déforment à plaisir la vérité.
- Et quelle vérité ?
- Simplement que l'empereur de Babylone voudrait voir son neveu contracter ce mariage. Mais le noble Assadaron s'y refuse farouchement. Il se consume pour toi, ô Perle ! Il ne peut t'oublier… Et, de ce que je te dis, voici la preuve…

Subrepticement, il tirait de son costume un petit coffret d’ébène, qu'il ouvrit, et Makéda vit apparaître un collier de perles d'un ineffable coloris, plus pures, plus grosses encore que ces perles de Zaïlon que Makéda avait fait venir à grands frais des rivages des Indes.

Elle ne put s'empêcher de ressentir, dans une place trouble de son âme, un sentiment de sympathie pour ce couturier qui faisait métier de transmettre des messages amoureux en essayant ses robes sur ses princières clientes.

- Allons, maintenant, laisse moi, Nahus, lui dit elle, et elle lui tendit une bourse pleine d'or.

Nahus se retira avec force révérences, courbé au point que sa barbe touchait son ventre, bousculant caméristes, naines, chattes…

Mais arrivé à la porte :
- J'oubliai de te dire, ô Reine… Le coffret… Il y a un double tirroir…

Quand elle fut retirée dans sa chambre seulement, Makéda ouvrit le second tiroir du coffret d’ébène.

Elle y trouva un parchemin roulé, où elle lut ceci :

« Ô Makéda !
« N'est ce pas qu'elles sont incomparables, les perles que j'ai pêché pour toi ?
« Seule, la perle d'Axoum est plus pure et plus belle.
« Si tu veux savoir en quel lieu liquide on les trouve, ces perles plus précieuses encore que celles des mers de l'Inde, viens à moi, ô Makéda, et je t'y conduirai.
« J'ai fait construire, dans les chantiers de Babylone un bateau tout exprès.
« Amour limité, tel est son nom.
« Limité comme nos (...) par ton cruel serment, ô Makéda !
« Et pourtant, dans le cœur d'Assadaron, l'amour est sans limites et n'aura jamais de fin.
« Fidèle à son serment, il ne connaît point d'autre femme que Makéda.
« Il n'en connaîtra jamais d'autre.
« Mais il exige une fidélité semblable.
« Si Makéda nommait dans son cœur un autre frère, il apparaîtrait soudain, prompt comme la foudre.
« Il tuerait.
« Il massacrerait.
« Il t'enlèverait comme une bannière au galop de son cheval…
« Oh ! viens pêcher la perle avec moi. « Makéda ! »

La reine de Saba relut plusieurs fois l'invitation d'Assadaron. Mais, entre chaque lecture, elle faisait « non, non » de la tête. Et, jusqu'au matin, elle pleura.
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Woxinho
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 #17 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 14:52

Ce fut par une nuit sans lune qu'eut lieu la fête des lumières.

Mais le quadruple palais tout illuminé par les flammes des flambeaux qui se comptaient par centaines de mille, et dont les cuirasses des hommes d'armes alignés au bord des galeries, les fûts luisants des colonnades, les blocs de quartz aux rugosités brillantes, multipliaient les feux à l'infini, s'embrasa si splendidement sous les cieux jaloux, que, jusqu’à l'horizon, un énorme reflet pourpre aux irisations d'or se déploya sur la mer en éventail, comme si un astre était tombé sur le rivage de l'Arabie.

Quant aux astres du ciel, on ne les voyait plus.
Les feuillages des jardins violemment éclairés composaient entre chacune des circonférences comme autant de colliers d’émeraudes. Les buissons de fleurs étaient d'un rose plus ardent qu'en plein jour. Des jets d'eaux fusaient dans le ciel en gerbes qu'on voyaient changer de couleur à mesure qu'elles s’élevaient. Et le miroir des lacs reproduisait tous ces miracles dans le murmure plus doux des rires et des (...) qui s’échangeaient sous le secret des buissons…

Cela, la reine de Saba ne le savait pas…
C’était du haut de ses jardins suspendus qu'elle contemplait la fête, assise immobile sur un trône d'or, face au prince jaune qui ne cessait de la contempler.
Un festin somptueux leur avait été servi ainsi qu'aux dignitaires et aux princesses de la Cour. Les plats les plus rares de Saba s’étaient succédé.

Or, voici que sur la table desservie avec une rapidité magique, des esclaves noirs viennent déposer un plat d'argent long de plusieurs coudées, orné d'immenses bouquets de fleurs. Les musiciens se sont approchés. Tout à coup, les bouquets s'entre ouvrent, et les invités stupéfaits en voient sortir des danseuses qui se mettent à évoluer sur la table, dans un doux bruissement de perles et de pierreries, sous lesquelles elles sont nues.

Et puis, ce sont des danseurs sabéens travestis en bêtes fauves, des nègres tourneurs, des charmeuses de serpents, des fakirs mangeurs de feu, des comédiens égyptiens, des animaux savants…

Hélas ! ni l'adresse des hommes, ni la grâce des ballerines, ni les jeux effrénés des lumières ne purent allumer un seul éclair de plaisir dans les yeux de Makéda. Tant que dura la fête, on ne l'entendit prononcer une seule parole, on ne la vit faire un seul mouvement.

Mais qui eût oser la regarder de tout près, il aurait vu le pouce et l'index de la reine égrainer inlassablement les perles de son nouveau collier ; il aurait vu ses lèvres épeler sans cesse les termes d'un certain message plein de douleur et de passion…

« O Assadaron, songeait elle, parce que tu n'es pas à mon côté, tout est ténèbres autour de moi ! Je suis la femme la plus enviée du monde, et moi j'envie toutes les femmes… Je gouverne sur les terres et sur les mers ; et jusque dessous la terre, où mes mineurs sont descendus si profondément qu'ils peuvent sentir la chaleur des enfers ; jusque dans les airs, où tournent les bras immenses de mes moulins élévateurs… J'ai dompté les hommes, j'ai apprivoisé les fauves, j'ai asservi les éléments. Je possède toutes les espèces de perles, des aromates en quantité telle que je peux parfumer des rivières ; et de l'or en telle abondance que je pourrai en couvrir la terre !
« Et pourtant, la pauvresse des ruelles est plus riche que moi ! Ô dérision ! Ô rage inapaisable ! La seule chose que mon cœur désire, ni mes trésors ni mes territoires ne pourraient me l'acheter ! »

Brusquement, elle fit signe que la fête était finie. ( NDRockso : Sans pitié ! ! ! A l’époque, j'te raconte pas la misère pour trouver un taxi en pleine nuit ! ! !)

Et le peuple se dispersa, les ballerines disparurent, le prince jaune s'en fut, emportant le désespoir dans son âme.

Et tout s’éteignit.
Il n'y avait pas un souffle de brise dans l'air.
La mer proche et ténébreuse était d'un calme tel qu'on ne l'entendait plus.

Alors, au contact, sur sa chair presque nue, de cette fraîcheur exquise, à la vue de ces mondes innombrables suspendus au dessus de sa tête, une détresse qui était la plus grtande de toutes celles qu'elles eût ressenties, s'empara de Makéda.

- Ô Dieu tout puissant ! Aie pitié ! Vois quelle solitude est celle de ta fille ! faillit elle s’écrier.

Elle se contenta d'appeler son géant noir.

- Va me chercher le Liseur des Astres. Vite !

Déjà le noir avait disparu dans la nuit semblable à lui même.

Tsochar l'astrologue était un de ces vieillards auguste à qui le savoir véritable confère la compréhension du cœur et la bonté.

Elle lui dit :

- Tsochar, mes épaules tombent de lassitude, et pourtant que le sommeil me fuira toute la nuit. Enseigne moi à lire dans le ciel. C'est une lecture qui fait dormir, je suppose !

C’était pour dissimuler sa détresse, que Makéda plaisantait de la sorte. Mais sa voix était étrange, et ne donna pas le change au judicieux savant.

- Quel événement nouveau peux tu donc souhaiter que les astres t'annoncent, dit il, à toi qui est la plus comblée des femmes vivantes ? Serait ce, ô Reine, que, pourtant, tu te sens seule et point heureuse en ton cœur ?

Elle était si lasse que , malgré son orgueil, elle laissa échapper un imperceptible soupir.
Tsochar l'entendit :

- Que le serment qui te fut extorqué est cruel, ô Reine ! osa t il.

Elle en détourna la tête.
Il insista :

- Permet à ton humble liseur des astres de te plaindre en lui même… Souvent, je pense à ces choses, pendant mes longues nuits de veille sous le grand Livre des cieux. Est il impossible qu'une solution ne vienne pas mettre fin, quelque jour, à un ordre de choses si contraire à l'ordonnance voulue par Jéhovah ?… Tous les êtres vivants s'appellent et s'attirent, et aussi, les mondes… C'est pourquoi, chaque nuit, je scrute les constellations pour tenter d'arracher au ciel le secret de ton futur… Et voici ce qu'une étoile bleutée m'a dit hier : « Une solution est proche. Elle est entre les mains d'un roi très sage habitant le Nord. » ()

Makéda tressaillit. Elle se rappelait les paroles de son père, le prophète : « Regarde vers le Nord, Makéda, vers le Nord… »

Mais, par orgueil – maintenant qu'elle était moins triste – elle dit :

- Tu me fatigue avec tes prédictions Tsochar ! Retourne à ta tour.

Un long moment encore, elle resta seule.

Maintenant c’était ce vague espoir qu'on venait de glisser en son esprit qui tenait éloigné le sommeil. « Le Nord… Un roi sage habitant le Nord… », se répétait elle.

Elle appela de nouveau le géant.

- Va me chercher Daour, le courrier d Etat. Vite ! S'il dort, éveille le !

Et quand elle eut devant elle, prosterné, Daour le courrier d Etat, elle lui dit :

- Tu as voyagé dans des contrées très diverses, Daour. Tu t'es entretenu avec beaucoup de rois ou de grands personnages, les approchant. Dis moi ? Quel est selon toi le plus sage ?

Daour réfléchit.

- Ce n'est assurément pas le pharaon, car il est tout jeune. Ce n'est pas le roi de Tyr, qui n'est qu'un commerçant. Ce n'est pas le roi d'Edom, car il ne connaît que la ruse, laquelle, à la longue, corrompt l'esprit. ( NDRockso : IRIE) Et le roi d'Egiongabar n'est qu'un sauvage… Il ne reste que Salomon.
- Le roi de Judée ?
- Oui.
- Le connais tu ?
- Non. Jamais tu ne m'envoyas en Judée, ô Reine, tu le sais.
- Et de réputation, le connais tu ?
- Un peu.
- Que dit on de lui ?
- Qu'il règne sur une petite contrée, mais qu'il est grand par sa sagesse. On lui donne divers noms : Roi des Quatre Horizons, Roi des Quatre Vents. Lui même, paraît il, aime à s'entendre nommé : le Roi Doré. Certes, il doit être riche…
- Sa sagesse est renommée, dis tu. Qu'entend on par là ?
- Que Salomon est un grand savant, qu'il a écrit des proverbes et des psaumes, qu'il a fait un Temple dont il a conçu les plans lui même…

Makéda réfléchit profondément. Puis :

- Ecoute moi bien, Daour. Saba est devenu maintenant un port important, attirant de nombreux négociants. Je sais, c'est Lévy qui m'en informa, que plusieurs fois déjà, il en vînt de Jérusalem. Quand il en arrivera de nouveau, observe les, et si tu en découvres un d'importance, au fait des choses de la cour de son roi, amène le moi. Fais tout cela discrètement, je te prie.
- Tu seras obéi, ô Reine, dit Daour qui se retira.

Makéda resta encore un long moment toute seule sur sa terrasse. Une paix singulière descendait dans son âme…
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Sirene.des.salines
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 #18 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 16:25

ça existe dans la collection "profil" ? (version light koi )
Y a moyen d'avoir une quatrième de couverture ? (un resumé koi, je lis rarement un bouquin sans avoir une idée de ske je vais lire ).
C une nouvelle? ou un roman , un vrai ... cad un pavé que tu comptes recopier ??

Et dernière question ... Pourquoi? ... enfin quel est ton point de vue? Qu'est ce qui t'as passionné a ce point ds ce bouquin pour que t'ai envie de le partager? (ptet que ça va me donner envie de lire )

EDIT : Je crois que la quatrième de couv ets dans le premier post /introduction ... tu peux zapper cette question ...
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Woxinho
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 #19 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 16:49

Sirene.des.salines a écrit:
 
ça existe dans la collection "profil" ? (version light koi )  
 


Encore une qui recopiait les fiches de lecture à l'école


Sirene.des.salines a écrit:
 
Y a moyen d'avoir une quatrième de couverture ? (un resumé koi, je lis rarement un bouquin sans avoir une idée de ske je vais lire ).  
 


Bah, l'intro au tout début fait office de... Le livre date d'une époque ou y avait pas trop de quatrième


Sirene.des.salines a écrit:
 
C une nouvelle? ou un roman , un vrai ... cad un pavé que tu comptes recopier ??  
 


C'est un roman historique dirons nous, mais la taille est raisonnable... Disons que ça prend moins de temps à lire qu'à recopier

Sirene.des.salines a écrit:
 
Qu'est ce qui t'as passionné a ce point ds ce bouquin pour que t'ai envie de le partager? (ptet que ça va me donner envie de lire )  
 


Bah en fait, la Reine de Saba est un mythe passionnant. On entend tout et son contraire à son sujet! Ce livre constitue le condensé le plus abouti de tout ce qui touche à la tradition Ethiopienne et tout ce qui résulte de sources historiques précises.

A l'issue du récit, vous en saurez plus sur Ménélik, qui fut à l'origine de la dynastie Salomonide éthiopienne, que la plupart des écrits chrétiens occidentaux zappe plus ou moins volontairement.

Ce texte permet donc de resituer l'histoire de celle qui est l'un des personnages historique le plus important de la chrétienté... Et à la fois l'un des plus craint par l'Eglise apostolique Romaine...

Sirene.des.salines a écrit:
 
EDIT : Je crois que la quatrième de couv ets dans le premier post /introduction ... tu peux zapper cette question ...  
 


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 #20 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 17:09

Woxinho a écrit:
 
A l'issue du récit, vous en saurez plus sur Ménélik, qui fut à l'origine de la dynastie Salomonide éthiopienne, que la plupart des écrits chrétiens occidentaux zappe plus ou moins volontairement. 
 


Ah mais je me souviens de Ménélik...



...

...




Sinon jvoulais te remercier Woxo pour ce travail de titan, j'espere que tu iras au bout. Pour ma pars je copie chaque jour les posts dans word car je n'ai pas le temps de lire au taf. (mais d'ecrire sur le vol )
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Woxinho
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 #21 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 29 Jan 2007 17:12

Oui je continuerai Je sais pas à quel rythme, mais j'irai au bout

Ne voyant pas de réponse je me suis posé la question, mais considérant les presque 400 consultations du thread, je me suis dit que certains suivaient quand même
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Woxinho
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 #22 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 09 Fév 2007 15:07

Les mois qui suivirent, elle les passa dans une impatience que même le travail et le feu des affaires ne parvenaient à calmer.

Le lendemain de la fête de nuit, le prince jaune désespéré s’était ouvert le ventre sur son bateau, ( ) devant une image du chien de l Empire du Mystère, et plusieurs nobles attachés à sa personne s’étaient éventré de même sur son cerceuil.

Makéda avait écouté distraitement ce récit sanglant. C'est que, tout au long du jour, sa pensée s'en allait vers cette contrée du Nord, où vivait le roi sage qui, selon l'astrologue, détenait la solution de son destin.

Enfin, un jour, Daour vînt lui annoncer qu'un négociant Judéen venait d'arriver à Saba, Tamrinn, veillard riche et instruit.

Elle le reçut dans la salle des Audiences, encadrée d'un grand appareil militaire et richement parée, désirant que ce Tamrinn la décrive en termes flatteurs à son roi…

Un peu surpris d'un tel déploiement de faste en son honneur, Tamrinn se confondit en saluts et en prosternations.

Elle su le mettre à son aise :

- Sois le bienvenu à Saba, Tamrinn. Ton expérience des affaires, ton jugement en toutes choses, me furent beaucoup vantés. Mais surtout je sais que tu viens de Jérusalem, ville chère à mon cœur, bien que mes yeux ne l'aient jamais vue. C'est que, lionne de la tribu de Juda, je règne sur un peuple qui est le frère en religion du peuple de Judée… Parle moi donc de ton pays, Tamrinn. Nulle conversation ne saurait être plus agréable.

Emu, flatté, Tamrinn fit de la Judée un tableau enthousiaste et coloré. Il dit la douceur de son ciel, la joliesse de ses coteaux fleuris. Il décrivit le Temple élevé par Salomon. Mais surtout – bien que la reine, en sa malice, se fut gardée de prononcer ce nom – il s’étendit sur les qualités de ce roi si sage.

- Certes, ô Reine des Rois, il mérite d’être nommé le Roi Doré, car il a par ses travaux réussi a amasser des trésors considérables. La richesse de ses costumes confond le regard. Et la splendeur de ses palais, certainement, n'est surpassée dans l'univers que par l’éclat de ta propre demeure. Mais plus encore est justifié ce nom de Salomon ( NDL'AUTEUR : On sait que le mot Salomon signifie : qui aime la paix.) qui est son nom principal, car, prudent entre les prudents, mon roi n'a jamais fait la guerre. C'est par la seule force de la patience et du savoir conjugués qu'il a réussit à rendre puissant le royaume de David. Il vit entouré de poètes et d'architectes. Il compose des cantiques admirables. L’équité de ses jugements est infaillible. Enfin, telle est la pénétration de son intelligence qu'il n'y a pas d’énigme qu'elle ne puisse résoudre.
- Vraiment ? ne put se tenir de se murmurer à ce moment Makéda. Même les énigmes de l’âme humaine ?
- Même celles que tu dis, ô Reine, et certes il n'en est point de plus ténébreuses !

Makéda fut profondément troublée par ce portrait. Assurément, s'il y avait quelque chose de véridique dans la science des astres, c’était Salomon qu'avait désigné l’étoile bleutée…

Elle voulut pourtant mettre à l’épreuve cette sagesse infaillible qu'on lui vantait si fort.
La veille du départ de Tamrinn - qu'elle avait fait venir à maintes reprises au palais durant son séjour à Saba – elle le convoqua une dernière fois pour lui remettre les cadeaux déstinés à son roi.

Il y avait douze sacs contenant chacun cent et vingt talents d'or.
Il y avait douze sacs d'encens rare.
Il y avait douze cruchons de parfums de bois de santal.
Il y avait douze sachets de pierres précieuses.
Il y avait douze bocaux d'or tous remplis de perles.
Et il y eut aussi un gros livre écrit sur des peaux de gazelles finement tressées, où l'histoire des hébreux de Symiène était relatée depuis les origines.

Mais ce n’était point tout.

Ayant prié Tamrinn de s'avancer jusqu'au trône, elle lui montra une exquise figurine de lion taillée dans une pierre de jade, de la grosseur d'un œuf d'autruche, et lui dit :

- Ce petit lion, Tamrinn, contient un rébus gravé sur une plaque d'ivoire. Puisque la perspicacité de ton roi est si grande, il saura en traduire le sens et m'en enverra, je l'espère, la traduction, mais il faudra, en outre, qu'il réussisse à deviner le secret qui permet d'ouvrir le lion sans le briser. Et maintenant, va, cher Tamrinn. Que Dieu t'accompagne dans ton long voyage !

Or, voici les images que la reine de Saba avait fait dessiné sur la plaque d'ivoire enfermée dans les flancs du lion de jade :

(NDRockso : Toujours pas de scanner. Le rébus est constitué de six images.

La première présente, alignés de gauche à droite, un somptueux trône de perles orné d'une étoile à six branche, une fleur d'iris, et une perle dans son huître, sous la mer au milieu des poissons.

Sur la deuxième, deux montagne, parsemées de palmiers et séparées par la mer, sont traversées par une lance, dont le fer pointe une étoile à six branches.

La troisième image est également composée : une rivière de pièces, un saule pleureur dans les branches duquel sont dessinés deux yeux féminins et un cœur sous une pierre.

Sur la quatrième, un arc d’étoiles surplombe une couronne ornée d'une étoile de David. A la droite de cet arc se trouve un imposant rouleau de parchemin.

Cinquième image : une balance et deux navires de flotte naviguants.

Enfin, sur la sixième image, une part de la couronne de David, à droite, pour rejoindre le trône de perle, à gauche.)

Les semaines qui suivirent, Makéda les passa plus impatiemment encore.

Vainement, elle s'en allait galoper à travers champ au dos de son cheval favori « Tempête du Matin », cherchant à rafraîchir, dans le vent de la vitesse, son front brûlant de la fièvre de l'obsession . Comme elle allait plus rapide que l’étincelle, elle avait vite distancé tous ses cavaliers. Mais non pas la triple question qui la poursuivait, lui criant à chaque foulée : « Saura t il ouvrir la boîte ? Lira t il le rébus ? Et s'il le lit ?… »

Un matin qu'elle dansait au milieu de ses paons qui viraient sur eux même charmés par les modulations qui s’échappaient de sa jolie bouche comme d'une flûte vivante, le géant noir vint à elle et lui dit :

- Ô Reine ! Le grand trésorier du roi de Juda vient de débarquer à Saba !… Il se nomme Haïzar… Sa suite est considérable… Il y a déjà, dans la cour des caravanes, un grand nombre de caisses contenants des présents…

La reine s’était immobilisée au milieu de ses écharpes retombées contre son corps.

- Va dire que chacun s'apprête pour une réception solennelle dans la Salle du Matin, ordonna t elle. Qu'on parfume les ruisseaux ! Qu'on fasse jaillir les eaux colorés ! Va vite !

Et elle se hâta elle même vers sa chambre de toilettes pour se parer.

Ce fût vêtue d'un de ses plus somptueux ensembles qu'elle apparaissait, un peu plus tard, dans la Salle du Matin, la plus brillante du Palais. Porphyres, marbres rares, ors, émaux, albâtre, jade… C’était vraiment au cœur éblouissant de l'Aurore qu'on croyait pénétrer. Et quant à la maîtresse du lieu, dans son vêtement ocre et or, perruque pourpre sur la tête, toute bruissante de pierreries, plus étincelante et plus odorante qu'une rose de Perse mouillée de rosée, elle apparaissait comme l'incarnation même de l'Orient, éternel matin du monde !

A la profondeur du salut d'Haïzar, à la lenteur qu'il mit à se relever, montrant une face de vieillard plus pâle et plus tremblante que celle d'un adolescent intimidé, la reine de Saba sentit que l'effet qu'elle entendait produire, elle l'avait bien produit.

Enfin, d'une voix faible, le trésorier de Salomon réussit à prononcer son compliment :

- Le roi de Judée, Salomon LIDJI (NDRockso : LIDJ en amharique est le titre équivalent à ‘infant’ en Espagne ou l'originel ‘Lord’ anglais. L'enfant qui est appelé à régner. L'amharique est une langue sémite, dont on mesure ici la similitude avec l'hébreux contemporain de Salomon…), fils de David, maître du sceau, grand maître des Rites, gardien des Ecritures, serviteur de l'Arche, te salue, ô Reine des Rois, ô impératrice des deux terres, ô Dictatrice des éléments et des flots. Il souhaite que la paix règne avec toi sur tes états. Et il m'a chargé de te présenter ses cadeaux, en faible remerciement des tiens, qui sont sans prix.

Il frappe dans ses mains.
Vingt quatre serviteurs viennent déposer au pied du trône vingt quatre caisses dont Haïzar dit le contenu : laines, gazes, pourpres, brocarts, rosiers rares, amphores d'eau de longue vie…

Ayant tout nommé :

- En outre, le roi Salomon m'a chargé de te restituer un objet qui est ton bien.

Une deuxième fois, Haïzar frappe dans ses mains.
Un très vieil homme s'avance alors. C'est le chef des scribes et des calligraphes de Jérusalem. Il est porteur d'une cassette en bois blanctout sculpté représentant un édifice singulièrement somptueux et fin.

- Ceci est une miniature du Temple de Juda, ô Reine, dit le chef des scribes. L'objet qui t'appartient est à l'intérieur.

Et comme, impatiente, Makéda cherche déjà à entre ouvrir l’étrange boîte :

- Ô Reine, la figurine doit être sciée à la base du Temple.

Makéda donne un ordre. Une scie est apportée. Le Temple n'est plus qu'un couvercle léger qu'on soulève, et Makéda reconnaît son petit lion de jade !

Elle reste un moment sans comprendre, hésitant tout ensemble à hésiter et à craindre : Salomon n'a t il pas su ouvrir la figurine ? Ou la lui renvoie t il parce qu'elle contient… une réponse ?

Le visage impassible – une reine ne doit elle pas en toute circonstance dissimuler ses émois ?- mais toute parcourue de frissons invisibles, elle caresse un moment le petit lion énigmatique…

Haïzar l'observe…

Non, non, ni les yeux ni la bouche de la reine des rois ne trahiront rien de cette tempête intérieure qui l'agite !

Elle fait signe que la cérémonie est terminée, et se retire.
Elle entre dans sa chambre de prières.
Elle ne retient plus, maintenant qu'elle est seule, le souffle accéléré qui bat sous son sein. Elle n'est plus qu'une femme en proie à l'anxiété folle…
Fiévreusement, son index pousse le déclic secret…
Ce rouleau blanc…

Elle déroula le parchemin d'un doigt brusque et lut ceci :

I
Ô Reine du Sud et du matin, saluts et bénédiction !
Ô Perle des Perles, salut et bénédiction !
Ô beauté vivante qui fait pâlir le jour, salut et bénédiction !
Ô Makéda, cause de tant et de tant de soupirs,
Dieu fait bien ce qu'il fait.

II
Jéhovah, pour créer Makéda,
A emprunté le fluide à l'air, l'azur au ciel, la pourpre à la rose,
Il a repris des rayons au soleil et leur duvet impalpable aux colombes,
Aux fleurs leurs parfums,
Il a rassemblé toutes les joies de la terre,
Toutes les beautés de la mer,
Toutes les profondeurs de l'air,
Et il a créé :
MAKEDA.

III
Salut à toi qu'ainsi je vois dans mes nuits sans sommeil,
Enfiévré du désir de te connaître !
Salut, ô Reine des femmes, ô Sidérale !
Mais Salomon, potentat des génies, dans son effort pour te créer imaginairement,
N'a point atteint la perfection de la réalité qu'il brûle d'admirer.
IV
Le ciel ne serait rien, ô Makéda, sans le soleil et les astres.
La terre ne serait sans le feu.
Ainsi ta beauté s’éclaire à la lumière de ton esprit.
Ton énigme m'a dit le raffinement spirituel de ton âme
Et je l'ai comprise ainsi :

Toi, ô Reine de Saba,
Porteuse de la couronne de perles, irisées comme l'eau traversée des rayons du soleil, couronne unique, symbolique de la grandeur dont tu es détentrice,
Toi, pure, inviolée comme la perle encore enclose en sa coquille, au fonds des flots,
Souveraine des deux terres et de la mer qui les divise et les unit,
Toi, comblée de richesses comme un torrent d'or pur,
Tu pleures, sous le cyprès funéraire de ton isolement,
Ton cœur est oppressé par le chagrin,
Comme sous une pierre implacable,
Mais les étoiles, une nuit, t'ont parlé,
Elles t'ont dit la grandeur du règne de Salomon
Et celle de son esprit, accoutumé aux parchemins même les plus abstraits.
Elles t'ont dit, aussi, sa justice, appréciée dans tout l'univers.
Et donc, tu voudrais connaître Salomon, éprouver sa sagacité,
Et tu souhaites qu'il te mande un message.
Et voilà pour l’énigme, ô Makéda !

V
Mais moi, Salomon, je dis :
Ô Perle, viens !
Salomon t'attends au pied du Temple,
Le cœur ravi,
Implorant Jéhovah.
Dieu fait bien ce qu'il fait.
Il protégera ton voyage,
Il facilitera tes pas.
Il raccourcira ton chemin.
Il poussera tes voiliers.
Viens !

VI
Tu es inscrite dans ma destinée
Et il arrivera ce qui arrivera.

VII
Et voilà pour Makéda
Immaculée, inviolée, pure
Fleur entre les fleurs,
Car ainsi pense, dit écrit et scelle :
SALOMON.

Quand la reine de Saba eut achevée la lecture de ce cantique enivrant, elle le lut une deuxième fois, non plus des yeux seulement, mais psalmodiant les mots sur le mode mineur, selon l'usage hébraïque ; et puis de même une troisième fois, et encore une quatrième.
Et des larmes de gratitude tombèrent de ses yeux : « Oh ! comme tu m'as bien comprise ! Comme tu as bien su lire dans mon âme à travers les images de mon énigme ! Oh ! combien admirable est ta sagesse, et déjà, ta réponse, combien apaisante ! »

C’était parce qu'elle se sentait transportée d'espérance qu'elle se parlait ainsi toute seule dans l'ombre, cette reine à l'ordinaire si parfaitement maîtresse d'elle même et de ses pensées.

Fallait il accepter l'invitation de Salomon ?
Devait elle effectuer ce long voyage ?
L'Eternel le voulait il ?

Alors, la reine de Saba se prosterna jusqu’à toucher le sol du front, et s'abîma dans la prière.

Quand elle se releva, elle était toute souriante, et toute fraîche intérieurement. Ce fut d'une main paisible qu'elle enroula le parchemin pour l'enrouler dans sa cachette de jade.

A ce moment, elle eut une surprise qui la rendit encore plus joyeuse : à l'intérieur du lion de jade, tout au fond, il y avait quatre petites plaques d'ivoire finement travaillées et dont chacune était une image.

Salomon, à son tour, envoyait une énigme à Makéda.

Or, voici ce que représentait le rébus de Salomon :

(NDRockso : La première se nomme L EVOLUTION. De la gauche vers la droite, un œuf d'où part une flèche circulaire qui relie l’œuf à un oisillon, une flèche de l'oisillon à un couple d'oiseaux se bécotant, une flèche du couple d'oiseaux un oiseau adulte et sa progéniture sous un palmier, dans les dunes.

La deuxième, LES LOIS DE LA REINE MAKEDA. De la gauche vers la droite, une dague tranche les têtes d'un couple d'oiseaux, puis celles d'un couple d'oiseaux et de sa progéniture, enfin on voit le désert de la première plaquette, vide.

La troisième, LES LOIS DE JEHOVA. Un homme et une femme, le couple et ses enfants, des hommes travaillant dans le désert, qui est empli de tentes.

La quatrième, SALOMON DIT A MAKEDA. Deux mains brisent une flèche, deux oiseaux sont abrités sous une couronne, et une foule danse et joue des instruments dans le désert.)
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 #23 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 22 Fév 2007 18:53

La reine de Saba me manque !


Woxinoho quand t'auras le temps
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 #24 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 26 Fév 2007 11:23

Voilà, voilà ça vient



___________



Ce fut dans un des salons de toilettes que Makéda reçut Haïzar au matin du jour suivant.

Quand il vit la reine de Saba dans l'intimité de sa toilette matinale, à savoir couverte seulement d'une tunique de gaze diaprée qui laissait transparaître son corps, le grand trésorier de Salomon se sentit plus troublé encore qu'au moment où elle lui était apparue, la veille, assise sur son trône étincelant.

Makéda huma avec satisfaction l'arôme de ce silencieux hommage à sa beauté.

- Je t'ai convoqué à l'heure de mon lever, Haïzar, parce qu'entre ton maître et moi même se sont établies des relations qui ne concernent pas nos royaumes. J'accepte l'invitation de me rendre à Jérusalem que Salomon voulut bien me mander par tes soins. Toutes choses seront prêtes pour ce long voyage dans vingt jours, que je te prie de passer à Saba, car il me sera agréable que tu m'accompagnes. Mais, dès aujourd'hui, veuille désigner quatre hommes sûrs de ton escorte qui accompagneront à Jérusalem mon courrier d Etat Daour, à qui je veux confier un message privé, en réponse au rébus de Salomon. Je désire que cela soit fait en grande hâte et secrètement.
- Tu seras obéie sur l'heure, ô Reine, dit Haïzar.

Or, voici ce que, d'un calame trempé dans une encre de sable et d'or, avait écrit Makéda sur le message secret :

« Makéda la perle toute pure, reine des rois, lionne de la tribu de Juda .
« A Salomon Lidji David, roi de Judée, maître du Sceau et des Rites, serviteur de l'Arche.
« Salut et bénédiction.
« Que la paix soit avec toi.
« Oui, vraiment, ô Salomon, Jéhovah incarna en toi la sagesse. Tu as su résoudre mon énigme difficile. Et donc, je viendrai à Jérusalem, ainsi que tu m'y invites. Je partirai dans vingt jours.
« Et voilà pour ton invitation.
« J'ai compris tes rébus, ô Salomon :
« La loi de l’évolution veut que l’œuf devienne colombe, que la colombe s'accouple à un pigeon, et qu'ainsi se crée la famille heureuse.
« Mes lois anéantissent la famille et dépeuplent mon royaume.
« Jéhovah donna l'amour aux humains pour peupler la terre.
« Alors, Salomon le sage parle à Makéda la pure et lui dit :
« Arrête !
« Suspends tes guerres à l'amour !
« Protège plutôt l'amour et rend tes peuples heureux par lui.
« Et voilà pour ton énigme, ô Salomon.
« Elle me dit que, malgré ta sagacité profonde, tu n'as pas encore entièrement pénétrée l’âme endeuillée de Makéda.
« Pourtant, je pars en confiance, car je sais que tu résoudras le problème qui m'habite, vaste comme le cercle des horizons dont tu es le Potentat.
« Sache encore ceci :
« Au moment où Makéda mettra le pied sur la terre de Judée, une étoile nouvelle s'allumera dans le ciel.
« Ainsi pense, dit, écrit et scelle.
« MAKEDA »

Vingt jours durant, tous ceux qui devaient escorter la reine, s'apprêtèrent pour le grand voyage. Et quais du port, galeries et couloirs du palais retentirent de bruits de caisses qu'on cloue, de bruissements d’étoffes et de conciliabules.

Le dix neuvième jour, eut lieu dans l'Adderasch la cérémonie de la nomination du régent à qui Makéda confiait la direction des affaires de l Empire pendant la duréee de son absence.

Quand le prince Yacoub, à qui fut dévolu cet honneur, eut prêté serment, la Reine se mit debout sur le trône et parla ainsi :

- O vous tous, écoutez ce que dit votre reine au moment de partir pour Jérusalem la sainte :
« C'est un voyage religieux qu'entreprend la fille du prophète. La Perle, étant entrée en elle même et ayant longtemps prié, s’étant souvenue du passé de la nation et des traditions ancestrales, la Perle, dis je, a considéré qu'il devait plaire à Jéhovah, qu'elle allât s'instruire, avec plus de profondeurs, des arcanes de notre religion.
« C'est pourquoi elle se rend auprès du roi Salomon, grand maître des rites et détenteur de toute science.
« Puisse Jéhovah bénir ce grand voyage que j'entreprends pour la gloire de son nom ! »

Une grande rumeur laudative accueillit ce discours.

Depuis longtemps les rabbins s'affligeaient de voire l'influence des idolâtres gagner du terrain à Saba, notamment celle des astrologues, tous adonnés à des pratiques impies.

Makéda, pendant toute la durée de cette ovation, regarda le vide devant elle. Un sourire imperceptiblement ironique flottait autour de sa lèvre amère. Elle songeait :

« Ô Assadaron, c'est pour toi que je pars. Si Salomon, en sa ruse qu'on dit si puissante, réussissait à me délier de mon serment… Si je pouvais revenir libre, ô Assadaron, ô toi que mon âme ne peut oublier !… »

Enfin, Egiongabar apparut…

C’était le soir. Un grand concours de peuple s’était formé sur le rivage, attiré par la nouvelle de ce voyage extraordinaire. Depuis le matin, tous ces gens se tenaient là debout, attendant qu'apparût à l'horizon le premier navire.

Et maintenant, à la vue de ces bateaux gigantesques, à la vue de tous ces trésors, de tous ces soldats étincelants, de tous ces personnages chamarrés qu'ils dégorgeaient sur leur terre modeste, ils restaient muets et comme intimidés…

Mais quand apparut, debout à la proue de son navire oiseau, cette petite reine toute en or, si jolie, et qui souriait, un murmure d'amour s’éleva vers le doux azur, et des femmes pleurèrent, en tendant leurs enfants vers la ville du Prophète.
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 #25 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 27 Fév 2007 11:30

Les bruits les plus divers avaient précédés à Jérusalem la reine de Saba.

On vantait la magnificence de sa suite, sa beauté, ses richesses. Mais, dans beaucoup d'esprits encore, la crainte se mêlait à la curiosité ; était ce bien une femme, cette créature mystérieuse qui allait entrer dans la ville sainte ? « C'est la fille de l Esprit du mal », disaient certains… « Elle mange du feu… Elle a les pieds fourchus… les jambes velues… des mains de sept doigts… »

Donc, ce fut dans un silence angoissé que la foule agglomérée aux portes de la ville regarda défiler l'escorte de Makéda.

La garde à cheval venait en tête, amazones et cavaliers vêtus du même uniforme argenté, les premières reconnaissables pourtant aux bracelets nombreux qui teintaient à leurs bras.

Ensuite, tout un régiment d’éléphants tapissés d’étoffes éclatantes ; et, derrière, la longue caravane des chameaux porteurs des caisses contenant les présents.

Puis les fantassins, impassibles comme des automates dans leurs roides uniformes.

C'est alors que parût la reine.

Vingt quatre colosses noirs portaient sa litière, sous un baldaquin en bois de santal incrusté d'or fin et paré de plumages. Elle se tenait étendue à demi sur une couche de coussins de soie et de tapis en peaux de bêtes bigarrées. Mais, au travers des rideaux frangés de perles, on ne distinguait qu'une silhouette bleuâtre et voilée, immobile comme une idole, et dont la petitesse étonnait…

Les porteurs s'arrêtèrent.

C'est que, précédent le cortège des cent et vingt jeunes filles dépêchée par le peuple au devant de l'arrivante, un vieillard, selon l'usage, s'avançait pour offrir à l’étrangère le pain et le vin du bon accueil.

- Mangez et buvez, ô reine du Matin ! dit il. Que Makéda la perle toute pure soit la bienvenue dans Jérusalem.

L'idole, alors, s'anima.

On vit la petite forme voilée s'approcher de l'encadrement de la litière. On vit une main se tendre vers la lumière…

Or elle était chargée de bagues jetant des feux extraordinaires, cette main, mais elle n'avait que cinq doigts comme les mains de toute les femmes ! On la vit relever le voile bleu sombre jusqu’à la bouche. Et cette bouche bu et mangea. Et, ensuite, elle parla et dit des mots très simples :

- C'est avec joie, c'est avec une sainte émotion, que Makéda mange le pain du peuple de Judée et boit de son vin. Elle est heureuse d’être ici reçue comme une sœur. Vous tous qui m'entendez, venez quand vous le désirerez vous asseoir à ma table et vous serez servis. Les malades et les infirmes, je les ferai visiter demain. Et cent mille shekels seront distribués aux pauvres.

Cent mille shekels ! La somme était considérable ! Et de quelle voix si humaine… La fille du diable ? Quels pervers ou quels insensés avaient pu colporter ces bruits absurdes ?

Alors ce fut dans une Jérusalem toute bourdonnante de cris d'enthousiasme et d'amour que Makéda fit son entrée.

Les maisons étaient tapissées d’étoffes et les rues embaumaient. Les hommes agitaient des palmes et les infirmes leurs béquilles, les jeunes filles chantaient des cantiques et les enfants jetaient des fleurs… Ô ville charmante ! Ô l’émouvante accueil ! Oui, ce peuple, comme Makéda l'avait pressenti, ce peuple était bien le frère du sien…

Mais son cœur espérait une joie plus profonde encore.
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 #26 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 26 Mar 2007 16:06

Salomon l'attendait dans la Salle du trône.

Une grande salle vaste et parée comme un temple , où d'innombrables fleurs répandent des parfums mêlés ; où les candélabres à sept branches, posés sur des socles de pierre, diffusent une lumière d'or, à travers des nuages d'encens.

Vingt colonnes soutiennent un plafond en poutres de cèdre polychromes, si élevé qu'on le distingue à peine. Sur le carrelage du sol, d’épais tapis sont étendus. Et, sur les murs, de grands anges sont peints, dont les ailes déployées sont d'or.

Au sommet d'une estrade de six marches, il y a un grand lion sculpté dans l'ivoire aussi, de sorte que les lions sont au nombre de douze. Deux autres lions forment les accoudoirs du trône, surmonté d'un baldaquin de soie azur, au centre duquel brille l’étoile de Jérusalem à six pointes.

Or, à la droite du trône, est un siège inoccupé…

Salomon porte sur les épaules une grande cape écarlate, et, dessous, un manteau tout en or, tandis que la tunique est bleue. Il se tient immobile. De temps à autre pourtant, sa main quitte l'accoudoir en tête de lion pour lisser sa barbe noire, une main fine et potelée où luisent d’énormes bagues. Le visage est très beau, bien qu'un peu gras. Les longs yeux bridés étincellent d'intelligence. Et, au bas du front, il y a la ride verticale que Salomon tient de David son père.

Derrière le roi, ont pris place les ministres, les sacrificateurs et les rabbins, sur une estrade en arc de cercle adossée à la muraille du fond.

Les officiers de la garde se tiennent debout contre les murs latéraux, avec leurs boucliers d'or pur, aux pointes avancées.

Mais voici que le portail monumental s'ouvre, livrant passage au grand chambellan de la reine de Saba.

Il s'avance de cinq pas, s'incline, et s’étant relevé :

- Ô grand roi Salomon, la reine de Symiène et de Saba, du Sud et du Matin, la Perle toute Pure, reine des rois, lionne de la tribu de Juda, maîtresse du jour et de la nuit, donatrice des eaux fertilisantes, dictatrice des éléments et des flots, Makéda, fille d'Anguebo, te salue.

Ayant dit, le grand chambellan s’écarte. Et chacun peut apercevoir celle qui vient d’être nommée.

Elle est vêtue d'une robe d'un bleu sombre comme celui de la mer, semé de broderies vertes et dorées, une robe qui fait d'elle un de ces oiseaux splendides, encore inconnu en Judée, celui dont elle a donné la forme au bateau qui la transporta sur les flots de lamer de Sang : le paon.

Une longue, sombre et luisante tunique qui moule jusqu'en son moindre détail son corps parfait. Ca et là, dans les yeux du mystérieux plumage, étincellent des émeraudes. Cela se prolonge en une traîne épaisse et d'une longueur étonnante, ourlée de perles énormes, tenue en son milieu par deux naines, pour se relever ensuite en une courbe audacieuse et s'achever entre les mains de deux géantes.

Ainsi vêtue, la femme oiseau s'avance d'un pas lent, la tête immobile sous une perruque pourpre surmontée d'une aigrette vermeil, le regard fixe derrière le voile couleur de flots. A ses jambes, enserrées d'un filet de soie aux mailles en étoile, étincellent des rubis, des saphirs. Et, au milieu du silence religieux qui règne dans la salle, on entend bruire doucement les flots de perles qui ruissellent autour de son corps aux teintes dorées.

Mais l'impatience de connaître enfin son visage oppresse tous les cœurs.

Lentement, Salomon a descendu les six marches de l'estrade.
Il vient au devant de Makéda.
Les voici l'un en face de l'autre.
D'un geste adroit, il soulève le voile.

Il se passe alors une chose surprenante : celui dont la sagesse était renommée justement dans tout l'univers demeura, plusieurs minutes durant, privé de l'usage du verbe et du geste.

La voilà donc, celle dont la légende intriguait tous les peuples ! Ô stupeur ! Maintenant que Salomon la voyait de tout près, elle lui paraissait plus mystérieuse encore ! Petitesse dans la majesté, grâce dans la solennité, merveilleux assemblage dans un corps humain des plus divins contrastes ! Cette bouche de rubis… ces longs yeux insondables comme la mer nocturne… Quel était son âge ? Comment définir la teinte de sa chair ? A quelle fleur, à quelle pierre précieuse, à quelle merveille du monde la comparer sans blasphème ?

Ainsi rêvait l Ecclésiaste en contemplant la reine de Saba.

Et il poursuivit en lui même ainsi :

« Moins encore une quelconque d'entre les femmes qui me séduisirent jusqu’à ce jour mériterait de lui être comparée. Ni de la fille du pharaon, ni de la princesse des Abbirs, pas une seule de mes épouses et concubines, dont je ne sais plus le nombre… Et pourtant, j'avais bien cru réunir autour de moi les plus beaux corps et les plus gracieux visages de la terre… Et voici qu'une fille de Jéhovah vient à moi dans sa beauté virginale et tout à coup c'est comme si mes yeux ne s’étaient jamais posés sur le visage d'une femme !… »

Un chuchotement tira Salomon de sa rêverie :

- Songez à votre compliment, ô roi ! lui souffla l'ordonnateur de cérémonies.

Salomon se ressaisit et dit :

- Que la reine de Symiène et de Saba, du Sud et du Matin, que la lionne de la tribu de Juda, soit la bienvenue dans mon royaume. Jérusalem est sa ville, mes sujets sont ses sujets, Salomon est son ami…

Tout en parlant, il passait autour du cou de Makéda un de ses propres colliers. Mais le geste fut plus long que la phrase, les mains royales s’étant attardées à caresser le cou, et les épaules, et les bras.

Makéda ne se départit point de son immobilité solennelle. Mais, un instant, une rougeur colora ses joues délicates. Et par cette pudeur, Salomon fut conquis un peu plus avant.

Il prit la main de la reine, l'aida à gravir les six marches conduisant au trône, et tous deux s'assirent.

Alors, les esclaves porteurs des présents vinrent se prosterner au pied de l'estrade royale, et l'on vit des merveilles de toutes sortes s’étaler sur les tapis :

- Ô reine des rois, ma gratitude est à tes pieds. Tu m'as apporté plus de choses aromatiques, plus de pierres précieuses et plus d'or qu'on en vit jamais dans mon royaume. Merci à toi, ô généreuse, merci à toi ! Avec tes présents, j'ornerai le temple, où ton nom demeurera gravé pour les siècles des siècles…

La voix de l Ecclésiaste se fit solennelle :

- Car les Philistins, dans les temps à venir, détruiront la maison de Dieu. Mais nos descendants la reconstruiront pierre à pierre. Et ceux qui viendront apès la reconstruiront encore. Telle est la prophétie que l Ecclésiaste fait aujourd'hui pour toi, ô reine des rois !
- Et moi, j'inscrirai tes paroles dans mon cœur, répondit elle. Makéda ne sait point lire dans l'avenir. Mais elle se souvient du passé. Tous les jours elle se répète les paroles de son père, le prophète Anguebo : « Travaille, ô ma fille, à réunir les Hébreux séparés. N'avoir plus qu'une seule pensée, n'avoir plus qu'une seule âme. »

Telle est la maxime et l'idée directrice. Et voilà la raison pour laquelle la fille d'Anguebo traversa la mer de Sang.

Elle offrit ensuite un holocauste de cent et soixante agneaux (ce qui lui valut quelque sympathie dans l'esprit des rabbins passablement prévenus contre cette étrangère…). Puis il fut procédé au partage virtuel du pain et du vin.

Et ainsi s'acheva la cérémonie.
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 #27 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 24 Juin 2008 11:07



Juste un ti up pour que je me remette la pression

J'avai presque tout tapé, quand mon vieux pc a rendu les éléctrodes

Du coup le texte est pris en ôtage

Donc faudrait que je m y remette un jour

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 #28 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 24 Juin 2008 12:57

yeah félicitation pour ton courage awa sa téké mwen an téké inki voyé lien a liv' la é di sé moun la adan ki édisyon bay' la sôti

ça me fera de la lecture pour les vacances moi qui avait peur de m'ennuyer à la mort

thank's a lotttttt
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 #29 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: [FEUILLETON] - MAKEDA !   Posté le: 07 Juil 2008 14:26

Woxinho a écrit:
 
Hum, hum...

La loi de l'édition ouvre les droits d'auteur des oeuvres littéraires 60 ans après le décès de l'auteur. Ce qui fait que quiconque peut utiliser les oeuvres en question sans rompre les lois du copyright...

Je souhaite vous faire profiter d'une des plus belles histoires de l'Histoire avec un grand H, celle de la Reine de Saba, Makéda. Je vais dons recopier avec mes petits doigts velus, à un rythme qui dépendra de mes disponibilités, l'ouvrage référence en la matière :

Prince JACOUB, ancien conseiller de l'Empire d'Ethiopie.[cellequiestpure: prince JAKOUB ADOL MAR conseiller de l'impératrice Zaouditou d'Ethiopie descendante de Ménélik I fils de Makéda (reine de SABA) et du roi Salomon]



[align=center][b]M A K E D A


Reine vierge

Roman de la Reine de Saba.



Version française de Gabriel d'AUBAREDE.


(c) 1940 by société d’éditions et de publications.



Entre deux épisodes, vos réactions quelles qu'elles soient sont les bienvenues. Vous verrez qu'il y en a pour tous les goûts : histoire, aventure, zamour à l'eau de rose...

Allez, an nou vréyé sa...







INTRODUCTION



La Reine de Saba ! C'est toute la poésie d'un Orient disparu, que ces simples mots évoquent, avec son opulence, sa volupté, son mystère insondable. Mais qui était au juste cette reine énigmatique ? Naquit elle vraiment en Arabie comme on le croit communément, ou en Ethiopie, comme l'assurent les Abyssins ? Quels furent son caractère, sa politique, ses mœurs ? Le mobile authentique et privé de son voyage au roi Salomon ? Et celui ci fut il vraiment le grand amour de sa vie ? Autant de secrets que le prince Jacoub et M. Gabriel d'Aubarède ont entrepris de révéler au public européen, en écrivant en collaboration Makéda Reine vierge ?

Fils d'une princesse Abyssine, le Prince Jacoub possédait naguère une haute situation à la Cour impériale d'Addis Abeba. Mais c'est aussi un érudit pour qui les mystères du monde oriental antique n'ont pas de secrets. Longtemps attaché comme conseiller à la personne de l'Impératrice Zaouditou, il reçut de celle ci d'expurger des innombrables légendes, cantiques, traditions orales sur la Reine de Saba, qui circulent depuis des siècles en Afrique, pour en tirer une biographie de cette énigmatique souveraine qui s'approche le plus possible de la vérité historique. Quelques années plus tard, le prince remit entre les mains de l'Impératrice un mémoire de plus de deux mille pages, en langue amharique, et copié à la main en dix exemplaires.

Plus tard, émigré en Europe, il songea à faire profiter le public français du fruit de ses travaux. Ce fut l'origine de ses relations avec M. Gabriel d'Aubarède, tout de suite ébloui par la prestigieuse documentation de l'Abyssin.

Le choix du Prince Jacoub n'aurait pu être mieux inspiré, M.d'Aubarède se distingue des romanciers souvent un peu froids de l’équipe littéraire qui atteint aujourd'hui la quarantaine par son extrême sensibilité. Aussi devait il se signaler très vite comme un de ceux qui s'annoncèrent le plus avant dans l'analyse du cœur féminin. Né à Marseille qu'il devait quitter à dix huit ans pour aller faire la guerre – l'autre guerre ! – il débutait dans les lettres en 1925 par un récit poignant, l'ingrat, qui fut très remarqué à la Nouvelle Revue Française. Peu après, la Revue de Paris publiait Agnès, curieuse étude d'une jeune fille lyonnaise. Puis vinrent l'injustice est en moi, le plus humble amour, Amour sans paroles. Enfin il abordait le récit historique avec sa Prisonnière de Madrid, passionnant portrait d'une jeune reine d'Espagne. Dernier succès littéraire avant la grande tourmente ! C'est aux Armées, en effet, qu'artilleur pour la deuxième fois, Gabriel d'Aubarède devait mettre au point Makéda. 
 
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