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Genre: Homme Inscrit le: 15 Mar 2007 Sujets: 49 Messages: 6649 Localisation: 93 - Seine-St-Denis
Posté le: 28 Avr 2008 14:54 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
il y a une sorte d'hypocrisie dans cet éternel débat
Ils n'ont probablement pas le même poids qu'aux Etats-Unis mais je serais curieux de savoir statistiquement quel impact ont les travailleurs sans papiers dans l'économie française.
Sans compter le fait qu'ils sont une aubaine pour un patron (probablement pas de refus d'heures supplémentaires, pas de grèves et possibilité de payer à bas salaire).
Bizarrement cela ne vient jamais sur le tapis , les politiques nous ressortent toujours le même discours sur le fait que les sans papiers viennent profiter du système social français, alors qu'ils oublient de dire que le système économique libéral profitent bien de cette situation. _________________
Posté le: 28 Avr 2008 15:52 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
caribbean island a écrit:
il y a une sorte d'hypocrisie dans cet éternel débat
Ils n'ont probablement pas le même poids qu'aux Etats-Unis mais je serais curieux de savoir statistiquement quel impact ont les travailleurs sans papiers dans l'économie française.
Sans compter le fait qu'ils sont une aubaine pour un patron (probablement pas de refus d'heures supplémentaires, pas de grèves et possibilité de payer à bas salaire).
Bizarrement cela ne vient jamais sur le tapis , les politiques nous ressortent toujours le même discours sur le fait que les sans papiers viennent profiter du système social français, alors qu'ils oublient de dire que le système économique libéral profitent bien de cette situation.
+10
Attention pa di sa fo, car une fois les sans paps régularisés, les patrons ne pourront plus profiter de leur mains d'oeuvres moins couteuse sur le marché. C'est donc pour cela qu'il faut entretenir une mauvaise image d'eux ... _________________ Di Dance A Get Mad !!
Genre: Homme Inscrit le: 11 Juil 2003 Sujets: 352 Messages: 2600 Localisation: St Lucie/Martinique.
Posté le: 28 Avr 2008 16:12 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
Missfreak a écrit:
dépêche AFP :
Gabon : la police doit "traquer" les "Gaulois en situation irrégulière"
LIBREVILLE (AFP) — Le quotidien gouvernemental L’union affirme vendredi que la police doit "traquer" au "karcher tous les Gaulois en situation irrégulière" au Gabon en application de "la fameuse réciprocité" après l’expulsion récente de France de deux étudiants gabonais.
"Nos braves garçons de la PAF (police de l’air et des frontières) viennent de nous indiquer la voie à suivre avec cette bonne baffe infligée au petit aventurier, en culotte courte, qui a voulu débarquer en clando et qui a été sèchement réexpédié dans sa France natale (...) Voilà au moins de vrais garçons", estime le billet publié quotidiennement à la une du journal, signé Makaya, et censé refléter l’opinion du quidam gabonais.
Un Français venant travailler au Gabon dans le secteur pétrolier a été refoulé mardi soir à l’aéroport Léon Mba de Libreville, faute de visa.
"Il reste maintenant à leurs collègues de la proxi (police de proximité) à lancer enfin le grand assaut de la fameuse réciprocité. J’entends par là que nos flics traquent et fouillent au karcher tous les Gaulois en situation irrégulière ici", ajoute Makaya.
"Leurs expulsions, même par charters entiers si on veut bien et vite faire les choses, donneront un vrai sens à cette réciprocité", conclut le billet.
Libreville avait fait part lundi de sa "stupeur et indignation" à propos des deux étudiants gabonais expulsés en février, estimant que la France avait "violé" de manière "flagrante" les accords entre les deux pays avec des "reconduites abusives".
Les autorités françaises ont justifié ces reconduites par le manque de résultats universitaires des deux étudiants, une jeune femme de 29 ans et un homme de 33 ans.
Le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame avait indiqué mercredi à l’AFP qu’il y avait entre "5 et 10% des quelque 10.000 Français installés au Gabon en situation irrégulière et qu’ils pourraient "être reconduits à la frontière si, au cours d’un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour".
Cela à été dit, juste plus haut
Missfreak a écrit:
Quand un petit état africain décide à son tour d'expulser les clandestins français vers la France
Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13745 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 29 Avr 2008 11:19 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
Missfreak a écrit:
dépêche AFP :
Gabon : la police doit "traquer" les "Gaulois en situation irrégulière"
LIBREVILLE (AFP) — Le quotidien gouvernemental L’union affirme vendredi que la police doit "traquer" au "karcher tous les Gaulois en situation irrégulière" au Gabon en application de "la fameuse réciprocité" après l’expulsion récente de France de deux étudiants gabonais.
"Nos braves garçons de la PAF (police de l’air et des frontières) viennent de nous indiquer la voie à suivre avec cette bonne baffe infligée au petit aventurier, en culotte courte, qui a voulu débarquer en clando et qui a été sèchement réexpédié dans sa France natale (...) Voilà au moins de vrais garçons", estime le billet publié quotidiennement à la une du journal, signé Makaya, et censé refléter l’opinion du quidam gabonais.
Un Français venant travailler au Gabon dans le secteur pétrolier a été refoulé mardi soir à l’aéroport Léon Mba de Libreville, faute de visa.
"Il reste maintenant à leurs collègues de la proxi (police de proximité) à lancer enfin le grand assaut de la fameuse réciprocité. J’entends par là que nos flics traquent et fouillent au karcher tous les Gaulois en situation irrégulière ici", ajoute Makaya.
"Leurs expulsions, même par charters entiers si on veut bien et vite faire les choses, donneront un vrai sens à cette réciprocité", conclut le billet.
Libreville avait fait part lundi de sa "stupeur et indignation" à propos des deux étudiants gabonais expulsés en février, estimant que la France avait "violé" de manière "flagrante" les accords entre les deux pays avec des "reconduites abusives".
Les autorités françaises ont justifié ces reconduites par le manque de résultats universitaires des deux étudiants, une jeune femme de 29 ans et un homme de 33 ans.
Le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame avait indiqué mercredi à l’AFP qu’il y avait entre "5 et 10% des quelque 10.000 Français installés au Gabon en situation irrégulière et qu’ils pourraient "être reconduits à la frontière si, au cours d’un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour".
voilà pourquoi je dis que dès qu'on n'est pas en situation régulière, on a vocation à rentrer chez soi pour se mettre dans la légalité. woulo bravo _________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
Genre: Femme Inscrit le: 07 Avr 2005 Sujets: 42 Messages: 715 Localisation: Pays de la Teranga
Posté le: 29 Avr 2008 14:29 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
Un exemple à méditer ...
Citation:
Pau : Le père expulsé en Azerbaïdjan, la mère en Arménie, les enfants coupés en deux ?
M. Ali Hassanov et son épouse Thermine Martirossian, jeune couple de moins de trente ans, ont cherché en France l’asile qu’aucun pays proche du leur ne leur a offert : Victimes d’un conflit ethnico-religieux (il est azerbaïdjanais, elle est arménienne), ils ont traversé l’Arménie, l’Ukraine, la Russie, cherchant un endroit où élever leur petite famille, leur fille Anna et leur fils Gagik. Comme ils étaient indésirables en ces lieux, ils ont choisi la France qui leur a paru comme un pays accueillant et protecteur. Ce qui était vrai il y a quelques années ne l’était déjà plus lorsqu’ils sont arrivés en février 2005.
La préfecture de Pau connaît bien cette famille : déjà en juin 2006, alors que l’OFPRA et la CRR avaient refusé leur demande d’asile, une demande de régularisation grâce à la fameuse circulaire Sarkozy avait été déposée…et refusée !
Dans le même temps la famille demandait un réexamen de leurs dossiers auprès de ce qui est devenu la commission nationale du droit d’asile.
A ce jour, presque deux ans plus tard, la famille est toujours dans l’attente d’une convocation.
Ce mercredi matin 24 avril, Anna, 8 ans, et Gagik, 5 ans, dormaient paisiblement. À 6h du matin, la police aux frontières est venue les arrêter, avec leurs parents, dans la chambre d’hôtel inconfortable qu’ils se partagent depuis la fin du mois de janvier, date à laquelle ils sont revenus du centre de rétention de Nîmes.
Car il y a à peine trois mois, déjà, le 22 janvier, la préfecture de Pau a voulu faire appliquer l’arrêté de reconduite à la frontière qu’elle avait pris à leur encontre : à 6 heures du matin, la police arrête la famille à son domicile, la place en garde à vue, l’enferme
dans des cellules, l’envoie dans un long voyage à Nîmes (500 km, 5h de route), sans guère d’égard pour Thermine, enceinte de trois mois passés.
Les arrêtés de reconduite à la frontière, confirmés par le tribunal administratif de Pau, prévoient de renvoyer le père en Azerbaïdjan, la mère en Arménie. La destination des enfants sera sans doute jouée sur un coup de dé, sur le tarmac ? A peine quatre jours plus tard, le juge de la détention et des libertés, ayant considéré l’arrestation de la
famille irrégulière et déloyale, les fait libérer !
Les voilà de retour à Pau, indésirables, comme en Azerbaïdjan, comme en Arménie, comme en Ukraine, comme en Russie. Une forte bataille de RESF contre la préfecture leur permet d’obtenir un logement d’urgence.
Deux chambres d’hôtel.
Alors qu’ils se reconstruisaient, que leur angoisse commençait à s’apaiser, aujourd’hui (24 avril), le préfet envoie de nouveau la police : à 6h du matin, l’heure des arrestations des familles endormies. Même triste parcours, le commissariat, la garde à vue, le centre de rétention.
Toulouse cette fois.
Le juge de la détention et des libertés aura-t-il la même position, vis-à-vis de ces étrangers ?
Mais trois mois après le premier internement, le ventre de la maman s’est arrondi, la petite fille attendue grandit, encore protégée pour quelques semaines. La maman est fatiguée, déprimée, son état inquiète tous ceux qui la connaissent. Inquiète et révolte !
Dans quel pays vivons-nous, pour qu’avant même sa naissance, un bébé soit mis en
danger, volontairement, par une politique inhumaine, injustifiable, son frère et sa sœur bousculés comme ils le sont ? Dans quel pays vivons-nous pour que des enfants soient terrorisés, brutalement réveillés à 6 heures du matin ? Dans quel pays vivons-nous, incapable d’accueillir deux jeunes parents qui cherchent asile et protection ?
Téléphone de la préfecture Pyrénées Atlantiques : 05 59 98 24 24
Fax secrétariat du préfet : 05 59 98 26 44, Secrétaire général ( ?) 05
59 98 24 99 ou du bureau des étrangers : 05 59 98 26 42
Adresse électronique du préfet : marc.cabane@pyrenees-atlantiques.pref.gouv.fr
source Réseau Education sans frontières _________________ "Mais de la même façon que des dizaines de partis politiques ne suffisent pas à faire une démocratie, des milliers d'associations et d'ONG ne suffisent pas à faire une société civile" Aminata Traoré
Genre: Homme Inscrit le: 11 Juil 2003 Sujets: 352 Messages: 2600 Localisation: St Lucie/Martinique.
Posté le: 29 Avr 2008 18:20 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
6klôn a écrit:
Missfreak a écrit:
dépêche AFP :
Gabon : la police doit "traquer" les "Gaulois en situation irrégulière"
LIBREVILLE (AFP) — Le quotidien gouvernemental L’union affirme vendredi que la police doit "traquer" au "karcher tous les Gaulois en situation irrégulière" au Gabon en application de "la fameuse réciprocité" après l’expulsion récente de France de deux étudiants gabonais.
"Nos braves garçons de la PAF (police de l’air et des frontières) viennent de nous indiquer la voie à suivre avec cette bonne baffe infligée au petit aventurier, en culotte courte, qui a voulu débarquer en clando et qui a été sèchement réexpédié dans sa France natale (...) Voilà au moins de vrais garçons", estime le billet publié quotidiennement à la une du journal, signé Makaya, et censé refléter l’opinion du quidam gabonais.
Un Français venant travailler au Gabon dans le secteur pétrolier a été refoulé mardi soir à l’aéroport Léon Mba de Libreville, faute de visa.
"Il reste maintenant à leurs collègues de la proxi (police de proximité) à lancer enfin le grand assaut de la fameuse réciprocité. J’entends par là que nos flics traquent et fouillent au karcher tous les Gaulois en situation irrégulière ici", ajoute Makaya.
"Leurs expulsions, même par charters entiers si on veut bien et vite faire les choses, donneront un vrai sens à cette réciprocité", conclut le billet.
Libreville avait fait part lundi de sa "stupeur et indignation" à propos des deux étudiants gabonais expulsés en février, estimant que la France avait "violé" de manière "flagrante" les accords entre les deux pays avec des "reconduites abusives".
Les autorités françaises ont justifié ces reconduites par le manque de résultats universitaires des deux étudiants, une jeune femme de 29 ans et un homme de 33 ans.
Le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame avait indiqué mercredi à l’AFP qu’il y avait entre "5 et 10% des quelque 10.000 Français installés au Gabon en situation irrégulière et qu’ils pourraient "être reconduits à la frontière si, au cours d’un contrôle de police, ils ne justifient pas de carte de séjour".
voilà pourquoi je dis que dès qu'on n'est pas en situation régulière, on a vocation à rentrer chez soi pour se mettre dans la légalité. woulo bravo
Tjrs aucune contradiction avec le combat que je mène avec les sans papier.
Cela étant, je ne fais pas de comparaison avec un sans papier Malien, et un sans papier Français en Afrique
L’Afrique n’a jamais expulser de Français, c’est un première, il a eu un fait qui justifier cela.
Deux étudiants expulsés, mesure de rétorsion contre la France, je crois que c’est le terme
Aujourd’hui on veut expulser les sans papier qui travaillent en France
Mais cela me fait doucement rigoler, et pour cause :
Vous avez tous déjà employé cette phase
Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi.
Mondialisation, délocalisation.
Si l’émigré ne vient pas a nous, avec ou sans papier, se sont nos entreprises par centaines qui vont déjà vers les émigrés.
Méfier vous qu’un jour que votre entreprise, ne franchise pas le pas
Lorsque je cherche à joindre ma on line, il est fort probable que mon appel passe par Tunis, Maroc, Alger, que sais-je encore _________________ Peut-on exister sans les autres ?
Genre: Homme Inscrit le: 03 Mai 2008 Sujets: 2 Messages: 127 Localisation: fwans
Posté le: 03 Mai 2008 01:12 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
Féchié a écrit:
L'expulsion des "sans papiers", est-elle une mesure raciste?
Ne pas expulser les étrangers en situation irrégulière, n'équivaudrait-il pas à laisser penser
Non, ce n'est pas l'expulsion en elle même qui est condamnable, mais plutit la manière par laquelle les sans-papiers se font expulsés. Il faut un minimum de respect pour ces personnes, car même en étant en situation illegale, ils restent avant tout des êtres humains comme tous les autres, Il ne faut donc pas les traiter comme des bêtes, mais plutot avec un certain respect, il faut respecter leur dignité d'Homme.
Genre: Femme Inscrit le: 07 Avr 2005 Sujets: 42 Messages: 715 Localisation: Pays de la Teranga
Posté le: 04 Mai 2008 00:24 Sujet du message: L'expulsion des "sans papiers" en question.
deuxième exemple ou quand la France s'en prend aux couples mixtes
Citation:
Sans-papiers : réouverture de la chasse aux couples
«On est en présence d’une véritable législation de combat contre les couples mixtes» s’indigne Nicolas Ferran, coordinateur du collectif Les Amoureux au ban public. «Le conjoint français est stigmatisé comme un ennemi de l’intérieur, le conjoint étranger est placé dans une situation d’instabilité perpétuelle» qui peut aboutir à l’expulsion, comme cela s’est produit mercredi 30 avril pour Clebert, jeune béninois de 22 ans.
Nicolas Ferran. « Mercredi dernier, Clebert, de nationalité béninoise, a été arraché à sa compagne française, Moussouba, enceinte de 5 mois. Ce jeune homme de 22 ans est entré en France en 2004, pour faire ses études. Il a tout d’abord vécu avec des titres de séjour étudiants, pendant deux ans, qu’il n’a pas renouvelés en septembre 2007. Deux mois plus tard, il demande à la préfecture de l’Hérault de changer de statut en invoquant sa relation familiale avec une française. La préfecture refuse le dossier et lui dit de revenir quand l’enfant sera né. C’est une pratique courante, qui sous-entend logiquement qu’il n’y aura pas de mesures d’éloignement prises à son encontre. Lors d’un déplacement en Charente le 20 avril, Clebert est interpellé à La Rochelle. Placé en garde à vue, il reçoit un arrêté de reconduite à la frontière et est placé au centre de rétention de Toulouse. Après confirmation du Tribunal admninistratif, Clebert est expulsé quelques jours plus tard.
Contactés dimanche par Moussouba, nous sommes arrivés trop tard pour faire un recours devant le Tribunal administratif. Pourtant, le préfet n’a pas examiné tous les éléments du dossier puisque la préfecture de Charente-Maritime n’avait en sa possession qu’un seul élément, les titres de séjours étudiants non renouvelés. Nous avons lutté pour obtenir l’abrogation de l’arrêté de reconduite, ou même sa suspension, afin de permettre à l’Etat d’apprécier la situation avec toutes les pièces en main.
Nous avons la preuve que ce couple est ensemble depuis trois ans. De nombreux éléments montrent l’importance de cette relation pour Moussouba, au RMI et enceinte de 5 mois…La préfecture est restée totalement inflexible, sans jamais répondre à nos appels. Plus de 6700 signatures ont été réunies avec la pétition, plusieurs élus sont montés au créneau pour nous soutenir, rien n’y fait. Nous assistons à une déshumanisation totale dans l’examen des dossiers, sous la pression du chiffre, qui broie les existences.
Cette situation d’urgence n’a rien d’extraordinaire. Si Les Amoureux au ban public devaient réagir à chaque fois que le conjoint d’un couple mixte était placé en centre de rétention, ce serait tous les deux jours ! Nous agissons aussi en faveur des couples qui n’arrivent pas à se réunir en raison du refus de transcription des unions célébrées à l’étranger, contre la multiplication des refus de visas ou titres de séjour, contre les enquêtes de police sur la communauté de vie ne respectant pas les règles élémentaires de déontologie… La chasse au couple est une réalité qui prend toutes ces formes. Lorsque Nicolas Sarkozy revient sur l’immigration «subie», dans sa dernière intervention télévisée, il faut bien sûr comprendre «immigration familiale». Cette dernière ne concerne pas seulement le regroupement familial, c’est-à-dire un étranger qui fait venir sa famille sur le territoire français. Cela s’applique aussi et surtout à un(e) conjoint(e) français(e) qui s’unit à un étranger. C’est d’ailleurs le poste de délivrance de titre de séjour le plus important au sein de l’immigration familiale. Le gouvernement affirme que le durcissement des règles est nécessaire, afin de lutter contre la fraude. Il n’existe tout d’abord aucune étude sérieuse sur le sujet, mais surtout rien ne peut justifier cette présomption de fraude qui pèse en permanence sur ces couples, assortie d’une très forte répression. Cela reviendrait à faire un contrôle fiscal à chaque Français, chaque année, au nom de la lutte contre la fraude aux impôts !
Le conjoint étranger est placé dans une situation d’instabilité perpétuelle. Durant les trois années qui suivent le mariage, il doit renouveler son titre de séjour chaque année, avec souvent une très longue attente avant de le recevoir. J’ai rencontré un couple dans une situation invraisemblable : la préfecture avait mis tellement de temps à lui fournir son titre de séjour qu’elle lui a remis un document périmé ! Ensuite, le conjoint étranger obtient la faculté - ce n’est même plus un droit depuis 2006 ! - de demander la carte de résident (10 ans), mais le préfet peut faire ce qu’il veut. Il conserve un pouvoir discrétionnaire sur la délivrance de ce document. Ainsi, un couple marié depuis plus de trois ans a néanmoins essuyé un refus de la préfecture, que nous avons réussi à faire annuler devant le Tribunal administratif. Ce conjoint marocain suivait un doctorat, enseignait, parlait parfaitement la langue et n’avait jamais eu le moindre problème. Il a pourtant vu sa demande rejetée car il n’était pas assez «intégré professionnellement», selon la préfecture. Les conjoints étrangers sont ainsi maintenus pendant 4-5 ans avec des titres de séjour temporaires, des contrôles de police, des difficultés pour trouver un logement, pour obtenir un prêt à la banque. Et si, au bout de cinq ans, le couple divorce, le conjoint d’origine étrangère peut être expulsé dans son pays. Nous avons aussi fortement réagi quand Elisabeth Guérin, Béninoise mariée à un Français, a été menacée d’expulsion le mois dernier et placée en centre de rétention, lorsque son mari est décédé d’un cancer foudroyant, au motif que la «communauté de vie» était rompue. Elle venait de demander son troisième titre de séjour. Brice Hortefeux a finalement fait marche arrière et déclaré que le préfet d’Indre-et-Loire s’était trompé. C’est faux, il ne s’est pas «trompé» : il applique simplement la loi, qui dispose qu’un décès constitue une rupture de la vie commune entrainant l’expulsion. Je connais ainsi cinq affaires similaires.
Sous couvert de lutte contre les mariages blancs, il s’agit d’une véritable législation de combat contre les couples mixtes. Pourquoi l’Etat français se comporte-t-il ainsi vis-à-vis de l’étranger, mais aussi de ses propres ressortissants ? On ne réprime pas seulement l’étranger, mais aussi le conjoint français, qui est stigmatisé comme un ennemi de l’intérieur.
Le dernier rapport du Comité interministériel de contrôle de l’immigration (décembre 2007) comporte un passage sidérant (p.90) sur les couples mixtes. Il affirme, tout d’abord, qu’il existe beaucoup de titres de séjours délivrés aux conjoints de Français, sous-entendu beaucoup trop ! Il faut donc aller au-delà de la simple lutte contre la fraude, pour faire diminuer ce chiffre. Trois conditions permettraient d’atteindre cet objectif. Il faut tout d’abord renforcer les contrôles. Cela semble pourtant difficile de faire pire ! Deuxième proposition, il faut tenir compte de «l’employabilité» du conjoint. Ainsi, ne pas travailler dans un secteur «sous tension» deviendrait un obstacle à l’obtention du titre de séjour. Enfin, il faut tenir compte des liens du couple avec le pays d’origine du conjoint étranger, dans lequel ils pourraient s’installer si ces attaches sont importantes. Des Français seraient ainsi bannis à travers leur conjoint étranger ! C’est d’ailleurs très sournois : les premiers visés sont bien sûr les Français d’origine étrangère, qui sont le plus à même d’avoir ces « liens », ou tout simplement qui ont plus de chance de rencontrer un conjoint à l’étranger, lors de vacances dans leur pays d’origine par exemple. Le rapport conclut enfin que ces mesures seraient dans «l’intérêt de la France». Les Français qui tombent amoureux d’étrangers ne répondent apparemment pas à cet intérêt ! »
Réalisé par CAMILLE STROMBONI
source blog libé Les amoureux au ban public _________________ "Mais de la même façon que des dizaines de partis politiques ne suffisent pas à faire une démocratie, des milliers d'associations et d'ONG ne suffisent pas à faire une société civile" Aminata Traoré
Hugo Chavez a prévenu que "si des pays européens commencent à appliquer (cette loi) et à envoyer des Colombiens, des Paraguayens, des Boliviens, des Equatoriens, en prison, nous allons établir notre propre liste de sociétés de ce pays qui ont investi au Venezuela" . Quelques compagnies pétrolières européennes comme le français Total sont présents dans ce pays d'Amérique latine.
Hugo Chavez juge "barbare" la nouvelle législation européenne sur l'immigration
Extrait :
Beaucoup parmi nous sont les petits-enfants d'immigrants arrivés d'Europe -d'Espagne, d'Italie, de France, d'Allemagne, de Suisse- etici en Amérique latine ils ont toujours été reçus à bras ouverts", a déclaré le président uruguayen Tabare Vazquez lundi soir. Il a jugé la nouvelle législation européenne "très ingrate" .
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a ainsi estimé le 24 juin que "la peur de voir disparaître le statu quo et l'emploi a conduit à la discrimination et aux préjugés à l'encontre des immigrés" en Europe.
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