www.volcreole.com Le forum de discussion des Dom-Tom ! Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion St Pierre et Miquelon, Mayotte, Polynésie, Wallis et Futuna, ...
Genre: Femme Inscrit le: 03 Mai 2005 Sujets: 20 Messages: 2529 Localisation: London SE1
Posté le: 06 Juil 2007 21:57 Sujet du message: L'argent
Gurde a écrit:
Merveilleux il y a donc une classe sociale qui est vitale pour la survie du monde, et une autre classe totalement manipulable, et jetable.
oui Gurde c'est malheureux a dire peut etre mais c'est comme ça c'est la vie ; mais manipulable n'est pas le mot juste (c'est péjoratif) faudrait dire il y a des ouvriers : qui n'ont pas forcément envie d'etre des chefs ou des patrons c'est tout et c'est leur droit .... .... il y a les Meneurs et les Suiveurs
Gurde a écrit:
Après ce qu'il faut réellement comprendre c'est que nous sommes devenus des soldats de la guerre économique. On se bat pour la croissance, on doit avant tout rendre l'essor à notre économie.
ouais et c'est l'évolution qui fait ça ... ... plus l'etre humain voit qu'il peut croire plus il va avoir envie de croire
Gurde a écrit:
On peut donc se poser la question à quoi sert une démocratie de l'égalité des droits ou l'égalité sociale n'existe pas ? Où est ton profit, ton humanité, tes droits quand tu n'es qu'un objet manipulable par les "patrons"
je pense qu'il est obligé qu'il y est un patron car tout le monde ne peut pas etre patron si tu vois ce que je veux dire tout le monde ne pt pas etre son propre patron, malheureusement ... ...
Gurde a écrit:
On joue à un jeu où il y a beaucoup de perdants, et dire c'est la vie, c'est faux... Car aujourd'hui, par exemple, tu as la possibilité de nourir 12 milliards de personnes. Mais on préfère vivre dans le gaspillage, et la surconsommation, pour laisser plus de 1 milliard de personnes souffrir de malnutrition. Et quand je dis souffrir, je veux dire mourir...
en fait ce sont les dirigeants des pays riches qui gèrent mal l'argent qui ne veulent pas aider les pays pauvres, c carrément dégueulasse de faire ça mais moi je crois que les méchants ne gagnent jamais tot ou tard ça changera ... ... (Time Will Tell, Bob Marley)
Gurde a écrit:
On s'est construit un modèle où il faut une famille, donc un travail pour la nourrir. Et même si on a pas de famille, se nourrir soi-même. Bien des questions sont soulevés mais une fois sortie du modèle dans lequel on vit depuis des siècles, on peut commencer à imaginer un monde autrement.
ca fait partie de la vie non? de travailler pour soi (pour son dévelopment personnel) et aussi pr nourrir soi et sa famille , non ?
imaginer un monde comme quoi ? c'est quoi ton idée? quel serait ta vision de ce nouveau monde ?
un monde style LOST
Gurde a écrit:
Bref moi je sais ce qui m'attend dans ma vie, et je suis loin d'être heureux de voir que je vais être utilisé, réutilisé, essoré, repassé, sans aucune issue. L'impression qu'on m'a jeté sur terre pour les travaux forcés. Si en plus il y avait derrière toute cette sueur une vraie volonté d'avancer, mais bien souvent on va t'user, t'épuiser, t'(...), et tu n'as pas l'impression de vivre. Question que je mets en relation direct avec mon histoire, et l'esclavage. On me dit à l'école que le travail c'est la liberté, quand on prend le temps de la réflexion, on a pas l'impression. Je ne dis pas qu'il ne faut plus travailler pourtant, juste qu'on oriente notre énergie, notre dynamisme vers quelque chose qui n'a aucun but.
pourquoi es-tu si négatif il faut positiver ti mal? l'avenir est devant toi pourquoi tu penses salariés, employées, exploiter ... faut penser futur patron ... ... et ce ne sont pas tous les patrons qui exploitent, certains sont justes et humains, et tolérants envers leurs employés
certes le travail est une forme d'"Esclavage" en soit (meme si le mot eslavage est assez fort) mais c'est le travail (manuel ou intellectuel) qui te permet de t'instruire, de te cultiver, d'apprendre ce qu'est la vie, ai-je en partie raison ?
Posté le: 07 Juil 2007 00:23 Sujet du message: L'argent
Tu as une vision des choses assez naïves, mais t'as dit que j'étais marrant donc je vais pas être méchant
Citation:
oui Gurde c'est malheureux a dire peut etre mais c'est comme ça c'est la vie ; mais manipulable n'est pas le mot juste (c'est péjoratif) faudrait dire il y a des ouvriers : qui n'ont pas forcément envie d'etre des chefs ou des patrons c'est tout et c'est leur droit .... .... il y a les Meneurs et les Suiveurs
Tu exprimes une pensée purement libérale, si les gens sont ouvriers c'est qu'ils ont la volonté pleine et entière de devenir des ouvriers. Dans la réalité ce n'est pas ça qui se passe... Tu prends par exemple une boucherie aux USA, le travail là-bas est pénible, mal payé, et dangereux. De nombreux américains s'en désintéressent donc pour des métiers orientés plus vers les secteurs tertiaires. C'est donc les immigrés d'amérique du Sud en grande majorité qui remplissent les usines à viande.
Leur objectif est bien entendu d'avoir une qualité de vie digne d'un patron MAIS ils sont immigrés, desfois clandestins, ils ne sont pas diplômés, ou leurs diplômes ne sont pas reconnus.
Tu as donc un ouvrier qui dans cette situation aimerait vivre mieux, il a d'ailleurs tout quitté pour ça. MAIS il ne le peut pas. Il le veut mais ne peut
Autre exemple la discrimination des minorités en France Youssouf habite à Sarcelles, il vient d'avoir son master Science-eco à la faculté de Villetaneuse mais est obligé de travailler dans un Mac Do car cela fait cinq ans qu'il cherche du boulot... Lui, il ne veut même pas devenir patron mais juste travailler Il veut mais il ne peut pas
Citation:
ouais et c'est l'évolution qui fait ça ... ... plus l'etre humain voit qu'il peut croire plus il va avoir envie de croire
Ou plus un mensonge est gros, plus il faut le répéter souvent
Citation:
je pense qu'il est obligé qu'il y est un patron car tout le monde ne peut pas etre patron si tu vois ce que je veux dire tout le monde ne pt pas etre son propre patron, malheureusement ... ...
C'est pourtant ce vers quoi tant la pensée, et ta pensée libérale. Nous sommes nos propres petits patrons, de notre propre petite entreprise, c'est-à-dire nous-mêmes. MAIS ce qui est très drôle, c'est qu'on est devenu chacun des petits patrons mais le jour du licenciement tu ne partiras pas avec un golden parachute... La plupart du temps on te pousse à la faute, on te vire, et on te sucre tes indemnités. Les techniques pour économiser des sous sur le dos des salariés en entreprise n'est pas une paranoïa que je développe, je vais te chercher des textes, voire des vidéos là-dessus...
Citation:
en fait ce sont les dirigeants des pays riches qui gèrent mal l'argent qui ne veulent pas aider les pays pauvres, c carrément dégueulasse de faire ça mais moi je crois que les méchants ne gagnent jamais tot ou tard ça changera ... ... (Time Will Tell, Bob Marley)
Partiellement vrai, nos dirigeants sont bien souvent des marionettes, prends l'exemple de Bush, ils sont les premiers acteur de la manipulation de masse. Pourquoi font-ils ça ? Parce qu'ils sont achetés, corrompus, qu'ils ont besoin de l'argent des grands groupes pour survivre dans la jungle politique. Avec plusieurs dizaines de millions d'euros dépensés au cours de la campagne de 2007, en France. Sans l'appui de grands patrons derrière, Sarkozy n'aurait pas pu être élu. Et un politicien qui n'est pas élu, et un politicien raté, demande à Kouchner......
Citation:
ca fait partie de la vie non? de travailler pour soi (pour son dévelopment personnel) et aussi pr nourrir soi et sa famille , non ?
imaginer un monde comme quoi ? c'est quoi ton idée? quel serait ta vision de ce nouveau monde ?
un monde style LOST
Gandhi, ou Martin Luther King parlaient de monde de la décroissance... Imagine un monde où on stabiliserait la population mondiale, ou on arrêterait note course à la production. Pour revenir à un équilibre entre notre environnement, et nous-mêmes. On ne s'acheterait plus des BMW juste pour frimer, voire de kawazaky Z750 Mais on aurait de quoi vivre mieux les uns avec les autres. Et plus les uns sur le dos des autres. Rappel : En 2002, 20% de la population mondiale accapare 80% des richesses, possède plus de 80% des voitures en circulation et consomme 60% de l'énergie, tandis que le milliard d'habitants les plus pauvres se partagent 1% du revenu mondial.
Citation:
pourquoi es-tu si négatif il faut positiver ti mal? l'avenir est devant toi pourquoi tu penses salariés, employées, exploiter ... faut penser futur patron ... ... et ce ne sont pas tous les patrons qui exploitent, certains sont justes et humains, et tolérants envers leurs employés
certes le travail est une forme d'"Esclavage" en soit (meme si le mot eslavage est assez fort) mais c'est le travail (manuel ou intellectuel) qui te permet de t'instruire, de te cultiver, d'apprendre ce qu'est la vie, ai-je en partie raison ?
T'es naïve, mais t'as l'air sympa
Donc j'ai déjà perdu mes illusions, je sais que je ne gagnerai pas au loto, je sais que je ne serai pas une star de cinéma, je sais que je ne gagnerai pas des milliards en créant l'invention de l'année, je sais que je ne créerai pas une entreprise autre que "Chez Jéjé"
Je sais de quel milieu je viens, quels sont les diplômes que je possède, et où me mènera la vie que l'on a déjà tracé pour moi au sein de la société...
Quand tu vois qu'un gars comme Sarkozy, fils de noble hongrois est capable de se plaindre sur son intégration au sein de la politique française... Tu crois vraiment que moi Jérémy, petit métis franco guadeloupéen va devenir rockfeller. Je peux au mieux me prendre une maison à crédit sur trente ans
ou une kawa Z750N, avec deux pots modifiés voire quatre coincés sous le carénage arrière, ***bave*** _________________ "Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
Genre: Femme Inscrit le: 03 Mai 2005 Sujets: 20 Messages: 2529 Localisation: London SE1
Posté le: 07 Juil 2007 00:41 Sujet du message: L'argent
Gurde a écrit:
Tu as une vision des choses assez naïves, mais t'as dit que j'étais marrant donc je vais pas être méchant
naive moi ?? !!! j vais me facher ! ce n'est pas de la naïveté c'est juste un manque de connaissance ou d'information sur le sujet bon. et je ne maitrise pas le sujet comme toi visiblement bref ... ... je vais lire ton post là car toi tu écris beaucoup ... à demain _________________ A House Divided Against Itself Cannot Stand Donc Soyons Un Peuple Uni
Genre: Homme Inscrit le: 15 Mar 2007 Sujets: 46 Messages: 6185 Localisation: 93 - Seine-St-Denis
Posté le: 07 Juil 2007 01:19 Sujet du message: L'argent
Gurde a écrit:
Merveilleux il y a donc une classe sociale qui est vitale pour la survie du monde, et une autre classe totalement manipulable, et jetable.
gurde tu te rends compte que tu changes souvent d'avis en peu de temps j'ai l'impression que tu te cherches encore politiquement aurais tu dit ceci lorsque tu soutenais sarkosy
sinon je suis assez d'accord avec toi _________________
Posté le: 07 Juil 2007 03:23 Sujet du message: L'argent
Tu sais je viens d'une famille socialiste, toujours eu des amis à tendances alter-mondialistes, et je suis profondement sûr que le droit social est aussi important que le droit naturel des hommes.
Après tu peux croire que j'ai voté pour Sarkozy, mais je crois pas que dans la réalité je l'aurai fait... Par contre j'adore me (...) de la gueule des Sarkozystes
Y en a un dans mon quartier, il trouve qu'il y a trop d'haïtiens, je lui demande comment il fait pour faire la différence entre un Guadeloupéen, et un haïtien ? A l'odeur, ça sent pas pareil ? Y en a qui roule en 4x4, qui pollue la clim à fond, et l'autre qui sue à pieds ?
Il veut se présenter à la mairie en plus, il me dit qu'il va prendre tout l'argent qu'il peut une fois élu
pfffff, à part la moquerie je voie pas trop quoi faire contre des individus aussi (...)... _________________ "Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
Genre: Femme Inscrit le: 03 Mai 2005 Sujets: 20 Messages: 2529 Localisation: London SE1
Posté le: 07 Juil 2007 10:46 Sujet du message: L'argent
Gurde a écrit:
Tu as donc un ouvrier qui dans cette situation aimerait vivre mieux, il a d'ailleurs tout quitté pour ça. MAIS il ne le peut pas. Il le veut mais ne peut
Autre exemple la discrimination des minorités en France Youssouf habite à Sarcelles, il vient d'avoir son master Science-eco à la faculté de Villetaneuse mais est obligé de travailler dans un Mac Do car cela fait cinq ans qu'il cherche du boulot... Lui, il ne veut même pas devenir patron mais juste travailler Il veut mais il ne peut pas
oui je sais c'est un grand n'importe quoi !!!
Il y a pleins d'exemple du style qu'il faut combattre!
ça me rappelle reportage que j'avais vu il y a assez longtemps sur un medecin d'origine magrehbines qui exercait depuis pas mal d'années en France et qui était payé moins bien que ces autres collègues blanc de peau juste par rapport a ces origines, meme ces collègues blancs dénoncaient ça c'est pour te dire ... ... quel systeme pourri
Pleins d'autres exemples aussi sur tous ces diplomés qui viennent des pays du magreb et d'afrique continental et qui doivent repasser une année d'étude parce que leur diplome n'est pas reconnu par la France, sans compter les batons qu'ont leur met constamment dans les roues comme je dis pas flippé ce qui ne te tue pas te rend plus fort bein le systeme je l'(...) bien profond
Gurde a écrit:
Gandhi, ou Martin Luther King parlaient de monde de la décroissance... Imagine un monde où on stabiliserait la population mondiale, ou on arrêterait note course à la production. Pour revenir à un équilibre entre notre environnement, et nous-mêmes. On ne s'acheterait plus des BMW juste pour frimer, voire de kawazaky Z750 Mais on aurait de quoi vivre mieux les uns avec les autres. Et plus les uns sur le dos des autres. Rappel : En 2002, 20% de la population mondiale accapare 80% des richesses, possède plus de 80% des voitures en circulation et consomme 60% de l'énergie, tandis que le milliard d'habitants les plus pauvres se partagent 1% du revenu mondial.
c'est carrément inadmissible tout cette argent gaspillé; tu sais il y a pleins de gens avec pas mal de sous en UK mais put(..) qu'est ce qu'il s sont cons et manipulable pr la majorité; il y a un boom incroyable et un engoument pour les produits 100% naturels et bio; voici le shéma certe caricatural de ce genre d'individu : alors il achete des produits ecovert (car c dit naturel et friendly pr l'environement), il achete que des produits marqués Fair Trade dessus (a traduire: commerce équitable), etc.. ils boivent du café bio (soit disant) par contre tu vas chez eux tous les jrs leurs gamins prenent un bain dans leur immense baignoire (= gaspillage d'eau), les lumieres st tout le temps allumé (= oui biensur il ft sauver la planete!! pff commence par écomiser l'energie et après on en reparle) enfin voila pour la petite histoire mais bon c'est gens ils se sont juste laissé enbobiné par le systeme de consommation dans lequel on vit ... ... on ne pt pas leur envouloir on pt juste essayer de leur ouvrir les yeux (s'ils veulent bien)
moi ça me fait super délirer quand j'entends des gens dire la France aux Français (sous-entendu les Français blanc de peau) car qui peut dire aujourd'hui quand tu prends les transports, les origines des gens ? combien connaissent leur origine et ne savent meme pas qu'il pourait avoir du sang noir, indien, arabes, asiatiques ????
Quand je vois des gens comme Oprah Winfrey, la 1ere femme (de surcroit ) afro-americaine, l'une des célébrités les plus puissantes au monde (Source: Forbes) ça me donne la force de croire en un avenir meilleur pour toutes les "minorités visibles" (meme si jai horreur de cette expression a 2 balles )
# Sur transnationale.org, vous pouvez: _ trouver le plus récent propriétaire de votre marque préférée, afficher son logo et ses photos,
# _ chercher où sont fabriqués les produits que vous achetez,
# _ découvrir qui dirige l'entreprise, combien il gagne chaque année, voir à quoi il ressemble,
# _ lister les entreprises implantées dans un pays donné.
# Si vous vous abonnez à transnationale.org, vous pourrez également: _ connaître la taille de l'entreprise, ses profits annuels,
# _ découvrir son attitude envers ses employés et l'environnement,
# et beaucoup plus, lisez ci-dessous...
Investisseurs, assureurs et consultants, vous devez connaître les résultats, actionnaires et réseaux des dirigeants des entreprises mais aussi vous préoccuper des risques sociétaux qu'elles encourent (plainte en nom collectif, enquête des autorités financières ou de la concurrence, implantation dans des pays "à risque");
Chercheurs, journalistes ou syndicalistes, vous devez connaître en profondeur les entreprises de votre secteur d'étude ou d'activité;
Acheteurs publics, vous devez connaître les candidats répondant à vos appels d'offres (la concurrence s'exerce-t-elle réellement? Les candidats n'appartiennent-ils pas à un seul groupe?);
Professeurs et administrateurs des collèges, lycées et universités, dotez vos élèves et étudiants d'un outil unique d'analyse des entreprises et des marques.
6272 profils d'entreprises en accès libre, 4000 consultables à l'unité, ou par abonnement annuel. Un tarif réduit est proposé aux particuliers.
Pourquoi avons-nous créé transnationale.org?
"L'exploitation du pauvre peut être supprimée, non en faisant disparaître les quelques millionnaires, mais en faisant disparaître l'ignorance du pauvre et en lui enseignant à ne pas collaborer avec ceux qui l'exploitent. Cela convertira ces exploiteurs également."
Mohandas K. Gandhi, Haryan, 28 juillet 1940.
Qui utilise transnationale.org?
Nos concitoyens à juste raison réclament à la fois transparence et éthique aux élus ; alors que nous devons faire face à des décisions souvent graves en terme d'emplois, de formation, de préservation des ressources et prévention des risques, il nous est nécessaire d'avoir une information aussi complète qu'impartiale sur les entreprises, leurs sous-traitants impliqués, demandeurs de subventions publiques. De nos décisions éminemment politiques découle le « comment vivre ensemble sur un territoire donné maintenant et dans le futur » (C'est du développement durable dont il est ici question) En ce qui nous concerne, élus Verts du Conseil Régional Rhône-Alpes, nous avons trouvé sur le site de « Transnationale et compagnie », tous les éléments pour justifier une autre idée de l'utilisation de l'argent public (dans le domaine économique) ! Serons nous suivis par nos partenaires de la Gauche ?! Nous l'espérons, tout comme nous espérons qu'un jour nos députés auront le même courage que le Sénat américain qui a décidé de plus attribuer d'aides à certaines entreprises qui placent leur bénéfices dans des paradis financiers... Cela s'appelle du courage politique !
Notation « éthique » des entreprises
Ces évaluations prennent en compte toutes les données du groupe (maison-mère et filiales détenues à plus de 50%)
Social: impact social de l'entreprise.
Travail:
Nombre de violations des conventions fondamentales du travail: travail des enfants, travail forcé, discrimination sexuelle ou raciale, interdiction de la liberté d'association et de former un syndicat, non-respect du salaire mimimum vital et du nombre d'heures maximum dans l'industrie.
Pratique discutable: les chaussures de sport de la marque New Balance sont actuellement fabriquées en Chine par des ouvriers travaillant de 14 à 16 heures par jour, six à sept jours par semaine pour un salaire de 0,3 euro de l'heure. New Balance appartient à une seule personne: Jim Davis vivant aux Etats-Unis avec une fortune dépassant 1,6 milliard de dollars.
Pratique acceptable: Respecter les conventions fondamentales du travail: 1 pour un plafond du temps de travail, 29 et 105 contre le travail forcé, 87 et 98 pour la libre association en syndicat, 100 contre la discrimination et 111 pour l'égalité des rémunérations, 138 et 182 contre le travail d'enfants, 131 pour le respect du salaire minimum; et le code du travail où l'entreprise et ses sous-traitants sont installés. Produire pour le marché local, celà réduit également le coût environnemental du transport international.
Homme:
Nombre de violations des conventions des droits de l'Homme: déplacement forcé de population, financement des groupes paramilitaires, destruction de villages, assassinat d'opposants et toute complicité de ces crimes (blanchiment de l'argent sale).
Pratique discutable: les employés d'une filiale de Coca Cola en Colombie accusent la direction d'avoir embauché des paramilitaires pour assassiner leur représentant syndical. Leur plainte a été jugée recevable par un juge des Etats-unis, le procès est en cours.
Pratique acceptable: Respecter le Pacte relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU et la Déclaration universelle des Droits de l'Homme du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme. Pour les entreprises financières, juridiques et de conseil, ne pas participer au blanchiment de l'argent d'origine criminelle.
Emploi1998+:
Pourcentage des effectifs supprimés par l'entreprise et ses filiales depuis 1998, suite aux embauches, restructurations ou délocalisations.
Pratique discutable: entre 1998 et 2003, Boeing a supprimé un tiers de ses effectifs, 71 000 sur 231 000, engrangeant pendant cette période près de 10 milliards de dollars de profit net.
Pratique acceptable: Préférer l'emploi à durée indéterminée et la production locale à la recherche d'une forte rentabilité à court terme.
Finance: impact financier de l'entreprise
BN1998+:
Bénéfices cumulés depuis 1998, en milliards d'euros (à comparer avec Emploi1998+). Logique financière, économique ou sociétale?
Pratique acceptable: Préférer l'investissement, notamment dans la réduction de l'impact sociétal de l'activité à des dividendes ou des programmes rachat d'actions élevés. Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que la libre concurrence empêche l'émergence de situations d'oligopoles et de rente.
Ventes:
Ventes annuelles en milliards d'euros.
Pratique discutable: quelques entreprises géantes dominent le monde... Les ventes annuelles de Wal-Mart, contrôlé par une famille du Kansas aux Etats-Unis, atteignent déjà le budget annuel de la France, un pays de 60 millions d'habitants (environ 300 milliards d'euros).
Pratique acceptable: Scinder le conglomérat en entreprises autonomes. Les pouvoirs publics doivent limiter la puissance économique des entreprises pour éviter que leur influence ne nuise à l'intérêt général.
Direction:
Comparaison entre le salaire du dirigeant (PDG, président du CA ou directeur financier) et celui des employés payés au salaire minimum en vigueur. (6 US$ / heure aux Etats-Unis).
Pratique discutable: le PDG d'une grande entreprise gagne en un jour ce que gagne un employé en un an... Les indemnités de départ de certains PDG atteignent même parfois plusieurs centaines de millions d'euros.
Pratique acceptable: Au début du XXe siècle, le banquier américain John P. Morgan estimait qu'un PDG ne devait pas percevoir plus de vingt fois la moyenne des rémunérations de ses salariés... Le montant des "jetons de présence" aux conseils d'administration, actuellement de 40000 euros pour un conseil d'une demi-journée, doivent aussi être réduits. Les PDG ne doivent pas cumuler l'intéressement sous forme de stocks-options et la sécurité sous forme de parachute doré.
Paradis:
Nombre de paradis financiers dans lesquels l'entreprise est établie: paradis fiscaux (pas d'impôts sur les bénéfices, taxe professionnelle, TVA, de droits de succession etc.), bancaires (secret des comptes bancaires), et juridiques (possibilité de créer des sociétés-écran). L'entreprise crée des filiales dans ces pays pour réduire ses impôts et éviter sa responsabilité pénale et civile, elle ne peut être poursuivie par les victimes de son activité (ex. Metaleurop, pétrolier Prestige, blanchiment de l'argent du crime organisé etc.)
Pratique discutable: Avis aux contribuables ! Grâce à une société-écran en Irlande, Microsoft économise chaque année 500 millions d'euros d'impôt européen. Enron a fait faillite et licencié 40000 employés après avoir caché 70 milliards de dollars de dettes dans ses 690 filiales aux Iles Caïmans, un paradis fiscal dans les Antilles.
Pratique acceptable: Pas d'"optimisation fiscale", payer l'impôt sur l'activité dans le pays où elle est réellement exercée.
Délinquance:
Nombre d'actes de délinquance financière: manipulations comptables et faux bilans pour gonfler les bénéfices, tromper les actionnaires et échapper à l’impôt, d’ententes avec les concurrents pour se partager les marchés et vendre plus cher, de délits d’initiés, audits et analyses financières complaisants pour soutenir le cours de l’action en bourse, de surfacturations, fraudes et autre délinquance financière.
Pratiques discutables: Enron, Parmalat, Worldcom, Crédit Lyonnais etc.
Pratique acceptable: Respecter la législation financière, communiquer avec sincérité sur les comptes et prévisions de l'entreprise.
Environnement: impact sur l'environnement
Pollution:
Nombre de pollutions notables: naufrage de pétrolier, explosion d'une raffinerie, fuite ou décharge sauvage de produits dangereux, utilisation sans formation appropriée de pesticides toxiques, amiante, contamination alimentaire par des organismes génétiquement modifiés ou des bactéries (listeria, salmonelle), effets secondaires de médicaments connus et cachés etc.
Pratiques discutables: Pétrolier Prestige, Metaleurop, Union Carbide à Bhopal, Noroxo, les OGM de Monsanto, l'uranium d'EDF etc.
Pratique acceptable: Respecter la législation sur la protection de l'environnement, connaître l'impact de l'activité et du cycle de vie des produits sur l'environnement, privilégier la réduction de cet impact à un bénéfice net élevé.
Vie publique: impact de l'entreprise sur la vie quotidienne de la population
Influence:
Nombre d'actes de corruption directe ou indirecte: influence occulte de l'entreprise sur la création de lois et règlements nationaux et internationaux: nombre de lobbies actifs, de corruption de fonctionnaires ou d'hommes politiques pour gagner un avantage indu, un contrat ou une loi favorable.
Pratiques discutables: les contrats en Irak obtenus par Halliburton, récemment dirigé par l'actuel vice-président des Etats-unis Richard Cheney, qui lui ont permis de doubler ses ventes entre 2002 et 2004...
Pratique acceptable: Publier et diffuser toutes les demandes aux pouvoirs publics, ne pas rémunérer ou influencer secrètement les responsables politiques et fonctionnaires.
Image:
Nombre de pratiques douteuses: partenariat discutable, publicité mensongère, désinformation, invasion publicitaire, espionnage, négligence sur les données personnelles, biopiraterie, appropriation des connaissances publiques par des brevets.
Pratiques discutables: partenariat entre une entreprise aux pratiques particulièrement polluantes avec une association de protection de l'environnement, embauche d'agence de relations publiques pour masquer la réalité des pratiques de l'entreprise, enregistrement et perte de milliers de numeros de cartes bancaires de clients, diffusion sur internet de données personnelles de clients ou d'employés (numero de sécurité sociale, habitudes de consommation, ...) etc.
Pratique acceptable: Ne pas cacher l'impact sociétal de l'activité par des campagnes de relations publiques, ne pas financer les associations, payer l'impôt dû pour permettre aux pouvoirs publics de résoudre les problèmes sociétaux, ne pas faire de publicité ciblant les enfants de moins de 6 ans, ne pas tenter de s'approprier le savoir commun.
_________________ "Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
Posté le: 08 Juil 2007 20:34 Sujet du message: L'argent
"Vivre simplement, pour que simplement, d’autres puissent vivre." - Mahatmat Gandhi _________________ "Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
Posté le: 09 Juil 2007 17:08 Sujet du message: L'argent
Citation:
La pénurie et l'abondance Changer son regard sur l'économie
Autrefois, on produisait des biens utiles aux consommateurs : économie de pénurie inflationniste. Aujourd’hui, on crée de faux besoins pour vendre des produits inutiles ou excédentaires : économie d’abondance déflationniste. On produit à tout va, quitte à subventionner.
Lorsque Denis Papin découvrit les propriétés dynamiques de la vapeur d’eau, l’humanité se trouva engagée dans une aventure dont les conséquences bio-sociales ne tarderaient pas à s’affirmer : la productivité de son travail s’en trouva multipliée, faiblement d’abord, puis à une cadence accélérée. Il devait s’ensuivre ce qui s’est produit : à un régime de pénurie se substitua un régime d’abondance.
Nous sommes restés si bien adaptés au régime économique et social de la pénurie, qu’impuissants aujourd’hui encore à nous accommoder de l’abondance, nous recréons artificiellement la pénurie lorsqu’elle menace de nous faire défaut. Ce régime biologique de la pénurie est la chose la plus « naturelle » qui soit au monde. C’est le régime de la « loi d’airain », qui élimine les faibles. Malthus et Darwin ont observé et décrit ses déterminismes : « La nature produisant plus de bouches que d’aliments », affirme Malthus, « la faim est, et restera, le régulateur naturel de la démographie. La faim sera, pour jamais, le mal souverain des humains ».
« Pardon ! rétorque Darwin, c’est au contraire leur bien. La loi d’airain assure la survie des plus forts. C’est ainsi, par sélection naturelle, que l'Evolution progresse... ».
Rien n’a jamais été plus simple que le régime de la pénurie : nul n’y peut consommer qu’au détriment des autres.
Quand règne cette loi, quiconque fait un repas, réduit d’autant la part de quelqu’un. Le rôle des économistes et des chefs d’entreprises est clair : il s’agit d’obtenir le plus de production au moindre coût. Certes, il y faut du doigté : « Prenez garde, disait Ricardo aux patrons, les morts ne produisent rien. Donnez à vos ouvriers juste assez pour que votre main-d'œuvre reste bon marché... ».
Sans doute vous, lecteurs, n’appréciez-vous pas les vues de Ricardo, car depuis cent cinquante ans, certaines choses ont affiné notre sensibilité. Mais, à l’époque où il donnait ces conseils aux patrons, ils étaient les moins mauvais possibles. Qu’on se représente la sorte de nécessité qui pèse sur les collectivités soumises à la loi d’airain. Pour n’avoir pas à tuer, à mettre à mort les excédents de population, il fallait bien en charger la nature, et cela veut dire encourager la misère sous toutes ses formes. Pour que vivent quelques-uns, il fallait que des milliers crèvent de faim, de froid, de privations.
Les mentalités ayant évolué, l'avènement de la mécanisation a permis néanmoins aux ouvriers et employés d'acquérir le pouvoir d'achat leur permettant, pour ceux qui avaient du travail, de sortir leurs familles de la misère.
Deux périodes
Nous pouvons résumer deux périodes de l'évolution de l'environnement économique :
Une longue période de pénurie jusqu'en 1960 : la demande est supérieure à l'offre manifestée. On encourage la production qui génère le pouvoir d'achat. Il s’agit de produire plus et il faut « produire PUIS vendre ». La capacité de production est optimisée, les stocks et les délais sont importants. Les prix ont une tendance à la hausse.
Après une période de transition, c’est, depuis 1980 le début de l'ère d'abondance dans tous les pays industrialisés. L’offre est supérieure à la demande manifestée ou potentielle. Le marketing et la publicité sont dominant pour susciter une demande non manifestée, la production est instable, le process de fabrication est prioritaire. Il faut « vendre PUIS produire ». Les prix ont une tendance à la baisse, mais la conséquence est une diminution du pouvoir d'achat.
Depuis quelques décennies la production mécanisée a explosé. D’une société de pénurie, nous sommes passés à une société d’abondance : celle où les biens de consommation existent en quantités suffisantes pour satisfaire aux besoins de tous. Mais il ne suffit pas que les biens abondent ou surabondent. Il faut, en plus, que les consommateurs les achètent, qu’ils disposent d’un pouvoir d’achat (1).
Sous un régime de pénurie, le pouvoir d’achat dépend de la production et il est suscité par elle.
Sous un régime d’abondance, la production dépend du pouvoir d’achat et elle est suscitée par lui. Le pouvoir d’achat conditionne la prospérité.
La pénurie : une vieille croyance
L'idée de la pénurie nous a été transmise par nos parents et elle est en nous. La classe gouvernante (au sens large) maintient subtilement cette idée. Il y a « esclavage symbolique » dans la pauvreté (rapport du Programme des Nations unies pour le développement - PNUD : « 25 % des Américains sont en-dessous du seuil de la pauvreté... »). Où est-elle cette pauvreté… dans le manque de « biens » ?
De nos jours, la production dépend si bien du pouvoir d’achat qu’on doit la freiner et même la détruire lorsqu’il fait défaut (destruction de produits agricoles, mises en jachères...).
Toute la pensée actuelle, que ce soit celle des économistes, du politique ou celle du « commun des mortels », reste bloquée aux idées et aux outils intellectuels de la période de pénurie. Et nous n'adapterons nos outils économiques que lorsque nous-mêmes rentrerons dans « la conviction de l'abondance » (2).
La course insensée à la productivité
Aujourd'hui, c’est le pouvoir d’achat qui détermine la production. Il faut avoir vendu pour investir afin de produire encore, ou bien, il faut réunir des capitaux provenant eux-mêmes de ventes, ou bien encore, il faut freiner ou détruire la production quand le pouvoir d’achat manque. La productivité, imposée par une concurrence sauvage, rogne à la fois le pouvoir d’achat des salariés, par baisse des salaires et celui des patrons, par baisse des marges. Le goulet d'étranglement est maintenant la capacité d’achat des clients. La baisse du pouvoir d’achat global entraîne la baisse de la production qui entraîne le chômage, qui aggrave la mévente, etc.
C’est ainsi que s’expliquent l’existence et la croissance du chômage dans nos sociétés très industrialisées :
Le libre échange et l’ultra-libéralisme est la dernière « évolution » qui se soit produite. Elle est, dans ses conséquences, de même nature que la révolution industrielle qui s’est produite avec l’arrivée de la machine. Mais aujourd’hui, ce n’est plus seulement cette dernière qui concurrence l’homme et le remplace, c’est aussi la main d’œuvre du tiers monde exploitée par le plus pur esclavagisme ancestral et qui condamne à l’exclusion notre main d’œuvre occidentale.
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Pour deux raisons essentielles qui s’ajoutent et se combinent, l’une en ce qui concerne les entreprises et l’autre en ce qui concerne l'Etat :
Au niveau des entreprises : la survie par une productivité effrénée. Nous sommes en période d’abondance, donc de « marché acheteur » et, pour survivre, les entreprises sont obligées de se faire une concurrence sauvage, sans merci, en baissant continuellement leurs prix.
Sur quoi peuvent-elles jouer ? Exclusivement sur une recherche incessante de productivité qui, dans ce cas, nous venons de le voir, est mortelle pour tous, producteurs comme consommateurs, car elle oblige à diminuer les salaires, donc le pouvoir d’achat. L’autorégulation du marché ne pouvant plus fonctionner, on pense immédiatement à la mise en place de compensations et c’est là qu’intervient la seconde raison, au niveau de l’Etat.
Au niveau de l’Etat : le dogme du libre-échange. Alors que des compensations auraient dû être mises en place, on assiste à une poussée sans précédent d’un ultra-libéralisme imposant l’ouverture des frontières et la suppression de toute protection sur une majorité de produits finis, particulièrement ceux qui nécessitent beaucoup de main d’œuvre, ou sur les matières premières importées dont le « marché » est pipé par les ententes, les pays producteurs n’ayant d’autre solution que de vendre à des prix ridicules pour survivre.
Sur le plan intérieur, des nations, on privatise et on « dérégule ». Sur le plan du commerce international on fait du libre échange un « dogme universel » alors qu’il s’agit d’une politique meurtrière aussi bien pour nous dans la destruction de pans entiers de notre industrie, que pour les pays qui sont obligés pour payer leurs dettes d’appauvrir leurs populations.
Protectionniste dedans, libéral dehors.
Ce que nous appelons « libre échange » et « libéralisme » ne le sont que dans les mots : il s'agirait plutôt d'une politique, soutenue par les pays occidentaux via l'Organisation Mondiale du Commerce, prônant « le protectionnisme pour nous, le libre-échange pour vous » . Par exemple : alors que la moyenne des droits de douanes fixés par les pays industrialisés pour les articles manufacturiers en provenance du Sud est quatre fois plus élevée que pour les mêmes articles émanant du Nord et alors que les pays industrialisés protègent et subventionnent leur agriculture, les pays du Sud se voient refuser de telles mesures. Au point que la principale demande (rejetée) des pays du Sud lors de la dernière réunion de l'OMC à Cancun en septembre portait sur la suppression des subventions sur les produits agricoles des pays occidentaux.
Rappelons également que les crédits alloués depuis 30 ans aux pays pauvres (environ 2500 milliards de dollars) l'ont été en grande partie en monnaie créée « ex nihilo » par le système bancaire, mais que les intérêts de la dette ainsi créée se doivent d'être remboursés en matières premières ou par la vente de leur production en « biens réels », comme le coton par exemple, alors que le transfert en productions vivrières locales permettraient à leurs populations de simplement vivre.
Si vous me permettez quelques chiffres : en Haïti, un producteur produit du riz en repiquant à la main. Il repique 0,5 hectares par actif. Il ne peut pas en repiquer plus à la main. Les rendements, s’il ne met pas d’engrais, sont d’une tonne à l’hectare. Cela veut dire que un Haïtien produit 500 kilos de riz par actif et par an. Aux Etats-Unis, juste à côté, en Floride, un agriculteur maîtrise 100 hectares ; il peut avoir 5 tonnes à l’hectare, ce qui fait 500 tonnes de riz par actif et par an. Le rapport est de 1 à 1 000 !
Et pour que le paysan haïtien puisse vendre son riz et vivre un petit peu, il est obligé d’accepter le même prix que le riz en provenance des Etats-Unis : il est obligé d’accepter une rémunération donc 1 000 fois moindre que celle de son concurrent ! Et on peut faire la même analyse concernant le paysan thaïlandais, ou le paysan andin qui a bien du mal à vendre son blé à Lima
Il ne reste aucune alternative à ces petits paysans qui ne peuvent pas être compétitifs! Prôner le libre-échange, c’est dire à des pays du Tiers-Monde comme le font les apôtres du libre échange : acceptez l’importation de nos produits, librement, et spécialisez-vous selon les « avantages comparatifs ». Et quand leur seul avantage comparatif c’est d’aller vendre leur force de travail chez nous on leur dit « pas de çà » , et quand les paysans péruviens migrent vers la forêt amazonienne pour planter la coca dans l’écosystème amazonien qui présente de très réels avantages comparatifs ou de ceux du nord de la Thaïlande qui produiront de l’opium : on dit « pas de çà non plus ».
Adam Smith n’a jamais voulu cela
Toutes ces mesures vont bien au-delà de ce que préconisaient les pères du libéralisme économique, et Adam Smith en particulier, qui, moins dogmatiques et moins doctrinaires que nos technocrates d’aujourd’hui, recommandaient des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.
La force de l’ultra-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle. Il s’appuie sur :
une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,
une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),
une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays
nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »).
Vers un libéralisme totalitaire
Dans ce système imposé, alors que tous les biens nécessaires peuvent être produits, plus de 30 millions de pauvres en Europe n’y ont pas accès. La cause principale en est la règle de création monétaire qui gère nos économies et, comme l’a si bien démontré l’économiste allemande Margrit Kennedy (3), le poids des intérêts cumulés qui amputent en moyenne le pouvoir d’achat de 40 %… Mais ceci est une autre histoire qui nécessiterait un autre développement.
Cette « évolution » ultra-libérale n’est pas inéluctable. Dans un concept d'abondance, l'activité de l'homme doit être tournée vers le développement de l'être et non la production, et il faudra bien, d’abord dans nos sociétés puis dans le reste du monde au fur et à mesure de la mécanisation, dissocier le pouvoir d'achat du travail.
André-Jacques Holbecq
Notes :
1 - Dans nos sociétés, depuis le début de la période 1980, ce ne sont plus les capacités de production (en « biens réels ») qui font défaut - en effet, car on trouve tout dans les magasins, en abondance - mais les moyens de paiement qui eux sont « symboliques ». Il n'en était pas de même avant 1960 pour ceux qui s'en souviennent.
2. Le débat n'est pas ici sur les « risques liés à l'abondance ». Les problèmes des conséquences écologiques induits par une surabondance (et donc une sur-consommation) sont en eux même certainement les plus graves auxquels notre civilisation va avoir à faire face lorsque quelques milliards d'habitants supplémentaires accèderont à la société de "sur-consommation".
3. Libérer l'argent de l'inflation, Ed Vivez Soleil, 1996
Posté le: 09 Juil 2007 17:59 Sujet du message: L'argent
Citation:
L'île des naufragés
de André-Jacques Holbecq
Sauvés du naufrage
Une explosion a détruit leur bateau. Cinq ont fini par se trouver réunis sur cette épave. Tout à coup, un cri a retenti : "Terre! Terre là-bas, voyez ! Justement dans la direction où nous poussent les vagues !"
Et à mesure que se dessine, en effet, la ligne d'un rivage, les figures s'épanouissent.
Ils sont cinq:
François, charpentier
Paul, cultivateur
Jacques, spécialisé dans l'élevage des animaux
Henri, agronome horticulteur
Thomas, le prospecteur minéralogiste
Une île providentielle
Remettre les pieds sur une terre ferme, c'est pour nos hommes un retour à la vie.
Une fois séchés, réchauffés, leur premier empressement est de faire connaissance avec cette île où ils sont jetés loin de la civilisation. Cette île qu'ils baptisent L'Ile des Naufragés.
Une rapide tournée comble leurs espoirs. L'île n'est pas un désert aride. Ils sont bien les seuls hommes à l'habiter actuellement. Mais d'autres ont dû y vivre avant eux, s'il faut en juger par les restes de troupeaux demi-sauvages qu'ils ont rencontrés ici et là. Jacques, l'éleveur, affirme qu'il pourra les améliorer et en tirer un bon rendement.
Quant au sol de l'île, Paul le trouve en grande partie fort propice à la culture. Henri y a découvert des arbres fruitiers, dont il espère pouvoir tirer grand profit.
François y a remarqué surtout les belles étendues forestières, riches en bois de toutes sortes : ce sera un jeu d'abattre des arbres et de construire des abris pour la petite colonie.
Quant à Thomas, le prospecteur, il a noté plusieurs signes indiquant un sous-sol richement minéralisé. Malgré l'absence d'outils perfectionnés, Thomas se croit assez d'initiative et de débrouillardise pour transformer le minerai en métaux utiles.
Chacun va donc pouvoir se livrer à ses occupations favorites pour le bien de tous.
Les véritables richesses
Et voilà nos hommes à l'ouvrage.
Les maisons et des meubles sortent du travail du charpentier. Les premiers temps, on s'est contenté de nourriture primitive. Mais bientôt les champs produisent et le laboureur a des récoltes.
A mesure que les saisons succèdent aux saisons, le patrimoine de l'Ile s'enrichit. Il s'enrichit, non pas d'or ou de papier gravé, mais des véritables richesses : des choses qui nourrissent, qui habillent, qui logent, qui répondent à des besoins.
La vie n'est pas toujours aussi douce qu'ils souhaiteraient. Il leur manque bien des choses auxquelles ils étaient habitués dans la civilisation. Mais leur sort pourrait être beaucoup plus triste.
D'ailleurs, ils ont déjà connu des temps de crise. Au moins, dans l'Ile des Naufragés, personne ne les condamne à voir pourrir sous leurs yeux des choses dont ils ont besoin. Puis les taxes sont inconnues. Si le travail est dur parfois, au moins on a le droit de jouir des fruits du travail.
Somme toute, on exploite l'île, espérant qu'un jour on pourra retrouver les parents et les amis, avec deux grands biens conservés : la vie et la santé.
Un inconvénient majeur
Nos hommes se réunissent souvent pour causer de leurs affaires.
Dans le système économique très simplifié qu'ils pratiquent, une chose les géne de plus en plus : ils n'ont aucune espèce de monnaie. Le troc, l'échange direct de produits contre produits, a ses inconvénients. Les produits à échanger ne sont pas toujours en face l'un de l'autre en même temps. Ainsi, du bois livré au cultivateur en hiver ne pourra être remboursé en légumes que dans six mois.
Parfois aussi, c'est un gros article livré d'un coup par un des hommes, et il voudrait en retour différentes petites choses produites par plusieurs des autres hommes, à des époques différentes.
Tout cela complique les affaires. S'il y avait de l'argent dans la circulation, chacun vendrait ses produits aux autres pour de l'argent. Avec l'argent reçu, il achèterait aux autres les choses qu'il veut, quand il les veut et dès qu'elles sont là.
Tous s'entendent pour reconnaître la commodité que serait un système d'argent. Mais aucun d'eux ne sait comment en établir un. Ils ont appris à produire la vraie richesse, les choses. Mais ils ne savent pas faire les signes, l'argent.
Ils ignorent comment l'argent commence, et comment le faire commencer quand il n'y en a pas et qu'on décide ensemble d'en avoir... Bien des hommes instruits seraient sans doute aussi embarrassés ; tous nos gouvernements l'ont bien été pendant la période 1929 - 1939. Seul, l'argent manquait aux pays, et les gouvernements restaient paralysés devant ce problème.
Arrivée d'un réfugié
Un soir que nos hommes, assis sur le rivage, ressassent ce problème pour la centième fois, ils voient soudain approcher une chaloupe avironnée par un seul homme.
On s'empresse d'aider le nouveau naufragé. On lui offre les premiers soins et on cause...
On apprend qu'il est échappé lui aussi à un naufrage et seul survivant. Son nom : Martin Golden. Heureux d'avoir un compagnon de plus, nos cinq hommes l'accueillent avec chaleur et lui font visiter la colonie.
- Quoique perdus loin du reste du monde, lui disent-ils, nous ne sommes pas trop à plaindre. La terre rend bien ; la forêt aussi. Une seule chose nous manque : nous n'avons pas de monnaie pour faciliter les échanges de nos produits.
- Bénissez le hasard qui m'amène ici ! répond Martin. L'argent n'a pas de mystère pour moi. Je suis un banquier, et je puis vous installer en peu de temps un système monétaire qui vous donnera satisfaction.
Un banquier !... Un banquier !... Un ange venu tout droit du ciel n'aurait pas inspiré plus de révérence. N'est-on pas habitué, en pays civilisé, à s'incliner devant les banquiers, qui contrôlent les pulsations de la finance ?
Le dieu de la civilisation
- Monsieur Martin, puisque vous êtes banquier, vous ne travaillerez pas dans l'île. Vous allez seulement vous occuper de notre argent.
- Je m'en acquitterai avec la satisfaction, comme tout banquier, de forger la prospérité commune.
- Monsieur Martin, on vous bâtira une demeure digne de vous. En attendant, peut-on vous installer dans l'édifice qui sert à nos réunions publiques ?
- Très bien, mes amis. Mais commençons par décharger les effets de la chaloupe que j'ai pu sauver dans le naufrage : une petite presse, du papier et accessoires, et surtout un petit baril que vous traiterez avec grand soin.
On décharge le tout. Le petit baril intrigue la curiosité de nos braves gens.
- Ce baril, déclare Martin, c'est un trésor sans pareil. Il est plein d'or !
Plein d'or ! Cinq âmes faillirent s'échapper de cinq corps. Le dieu de la civilisation entré dans l'Ile des Naufragés. Le dieu jaune, toujours caché, mais puissant, terrible, dont la présence, l'absence ou les moindres caprices peuvent décider de la vie des nations !
- De l'or ! Monsieur Martin, vrai grand banquier ! Recevez nos hommages et nos serments de fidélité.
- De l'or pour tout un continent, mes amis, répondit Monsieur Martin. Mais ce n'est pas de l'or qui va circuler. Il faut cacher l'or : l'or est l'âme de tout argent sain. L'âme doit rester invisible. Je vous expliquerai tout cela en vous passant de l'argent.
Un enterrement sans témoin
Avant de se séparer pour la nuit, Martin leur pose une dernière question :
- Combien vous faudrait-il d'argent dans l'île pour commencer, pour que les échanges marchent bien ?
On se regarde. On consulte humblement Martin lui-même. Avec les suggestions du bienveillant banquier, on convient que 200 $ pour chacun paraissent suffisants pour commencer. Rendez-vous fixé pour le lendemain soir.
Martin, lui, ne perd pas de temps. Il oublie sa fatigue pour ne penser qu'à son avenir de banquier. A la faveur du petit jour, il creuse un trou, y roule son baril, le couvre de terre, le dissimule sous des touffes d'herbe soigneusement placées, y transplante même un petit arbuste pour cacher toute trace.
Puis, il met en oeuvre sa petite presse, pour imprimer mille billets d'un dollar. En voyant les billets sortir, tout neufs, de sa presse, il songe en lui même : "Comme ils sont faciles à faire, ces billets ! Ils tirent leur valeur des produits qu'ils vont servir à acheter. Sans produits, les billets ne vaudraient rien. Mes cinq naïfs de clients ne pensent pas à cela. Ils croient que c'est l'or qui garanti