Accueil www.volcreole.com
Le site de référence des Dom-Tom !


 :: Connexion :: S'enregistrer :: Profil :: Messages privés :: Membres :: Album Photos :: Forum :: Chat :: Rechercher :: FAQ :: Annuaires :: Agenda :: Vidéos  :: 


L'argent
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante

Répondre au sujet    Accueil » Forum » Discussion générale: L'argent S'abonner au Flux Rss Discussion générale Partager ce sujet sur Facebook Partager ce sujet sur Twitter Partager ce sujet sur Myspace Partager ce sujet sur Del.icio.us Partager ce sujet sur Digg Partager ce sujet sur Google bookmarks Partager ce sujet sur Netvibes Partager ce sujet sur Viadeo Partager ce sujet sur Linkedin Partager ce sujet par email 
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  A la une :: Imprimer ce sujet 
Auteur Message
Annonces
  Discussion générale:   Sujet: L'argent

Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #46 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 13 Jan 2008 03:04

La nouvelle pyramide

Un nouveau système de classes se met en place à travers le monde. On peut le résumer comme pour l'ancien régime à trois classes. Les plus fortunés qui sont le vrai cerveau de la planète, ce sont eux bercés par les philosophies libérales qui poussent à la création d'organisation comme l'OMC, le FMI, ... Vous avez ensuite la seconde classe, celle des exécutants, ceux qui sont riches mais n'ont pas cette liberté de décision. Ils sont bien payés pour appliquer les règles impulsés par le sommet, on les retrouve dans les lobbys, dans les organisations économiques, politiques, ...
Puis vous avez la dernière classe : "le bétail humain", vous, nous... Nous ne servons qu'à produire, et à consommer. De nos efforts naissent des fortunes collossales. Cependant cette dernière classe bien que la plus importante ne décide rien. Elle définit sa liberté politique par le droit de vote, sa liberté financière par le droit de travailler, et de consommer. Manipulés, nous végètons. Notre fonction : Travailler plus pour consommer plus.

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #47 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Jan 2008 09:00

L'Empire Américain
par Alain Joxe


L'avènement d'un « nouvel ordre mondial » fait s'est par la violence avec la « Guerre du Golfe ». L'Empire américain est au moins tout autant militaire qu’économique. Peut-on imaginer une résistance européenne à la logique mondiale de l'Empire qui s'affirmerait comme cohabitation fraternelle, victoire des peuples sur l'aristocratie mondiale émergente ?

Parler de l'empire américain aujourd'hui parait une banalité, étant donné que nous avons déjà derrière nous dix années de « leadership unique » des Etats-Unis sur le monde, ce que Dante nommait la Monarchie et qu'il appelait de ses voeux pourvu que le clergé ne s'en mêle point. Pourtant la définition théorique de ce nouveau système nous manque encore. Est-il pacifique et « triomphant » ? s'agit-il au contraire d'une crise sans issue du système de l’économie libérale de marché qui nous promet la guerre de tous contre tous ?

L'ouverture de la Guerre du Golfe

L'idée d'un « nouvel ordre mondial » avait été avancée par Bush dans un discours célèbre, peu avant le déchaînement de la guerre du Golfe, à un moment où on pouvait encore croire que la guerre n'aurait pas lieu : l'embargo allait faire céder Saddam Hussein, ouvrant ainsi sur une ère policée par la menace économique, une sorte de pacifisme accompagnait cette projection de force suspendue. Voila, pensèrent certains, le nouvel ordre mondial : la puissance économique se fait pouvoir politique et l'empire américain est l'empire de la rationnalité financière.
Cet avènement non-violent était peu probable pour plusieurs raisons dont l'une était le facteur politique et psychologique du nationalisme arabe, représenté par l'irrédentisme de Saddam Hussein, et qui lui interdisait de tenir compte du rapport des forces. Mais la raison principale et pratique fut que l'affaissement déjà visible de l'URSS allait laisser sans aucun usage (sans aucune valeur d'usage) l’énorme appareil militaire accumulé dans la guerre froide au moment même où il devenait le symbole et le symptôme de la supériorité américaine sur l'URSS et donc sur le monde. Il fallait rentabiliser l'objet. Bien sûr, on pouvait considérer à juste titre que l'effondrement des Soviétiques était dû à leur incapacité de gérer l’économie industrielle moderne dans le sens d'une croissance de la production et de la consommation, sur un mode compétitif avec le monde occidental. L'URSS s'effondrait économiquement et politiquement. Mais pour que le modèle libéral triomphe il fallait aussi que le concept d'Etat-Nation Tyrannique gestionnaire de la croissance fut battu militairement. L'URSS étant battue économiquement, L'Irak fut le prototype choisi pour être battu militairement.
C’était nécessaire pour le maintien du leadership militaire américain dans la phase de transition. L'ensemble du dispositif qui avait été conçu pour repousser et faire perdre la face à l'immense URSS se tourna donc contre le petit Irak et son dictateur. Sans aucun danger de riposte nucléaire, mais avec la mission d’écraser en lui le « proliférateur », on put assommer le pays sous les salves de bombes ordinaires ou guidées avec précision qui avaient été élaborées pour menacer les Russes d'une phase néo-classique d'escalade en Europe centrale. Ensuite, pendant les dix années suivantes on sut maintenir avec l'embargo l'image première d'un Monarque économique du nouvel ordre mondial.
Le Japon en 1945 avait sans doute été, lui déjà, victime du fait que l'utilisation réelle urgente de l'arsenal le plus moderne devait avoir lieu du point de vue américain, avant la défaite classique de l'Empereur et la paix conclue. Cet usage réel fonda ensuite pour plusieurs générations la vraisemblance du recours dissuasif à l'arme nucléaire.
Il n'est pas nécessaire d'imaginer un complot sinistre mais on a des traces d'une auto-manipulation américaine qui rendait inévitable le passage à l'acte de guerre contre l'Irak et qui rendait impraticable la pression de l'embargo prolongé. Kissinger l'expliqua très bien lors de sa déposition devant le Congrès le 28 novembre 1990. La décision majeure dit-il n'a pas été l'ordre de passer « de 200 000 hommes à 400 000 » hommes que le Président Bush avait affiché (trompeusement) le 8 novembre : « le Rubicon a été franchi dès le 19 août, dit-il, quand nous avons décidé de déployer 250 000 hommes » ; en effet au dessus de 200 000 hommes les Etats-Unis ne pouvaient plus maintenir la rotation des troupes plus de quelques mois, sans dégarnir l'Europe. Ils auraient donc été obligés de diminuer les troupes déployées au Moyen-orient avant d'avoir rien obtenu, et la pression de l'embargo se serait d'elle même effondrée.
Si ces détails méritent d’être rappelés c'est pour souligner que la cérémonie d'ouverture de l'Empire unique est bien une action de guerre. Ayant compris à divers indices, (dont l'attitude de Primakov jouant plutôt les bons offices), que l'URSS n'avait plus le pouvoir de se manifester comme puissance, les Etats-Unis ont voulu exhiber dans la crise non seulement le fait qu'ils étaient la seule puissance nucléaire, mais aussi qu'ils étaient une réelle et redoutable puissance « classique », dans le nouveau monde d'où l'escalade nucléaire avait été balayée soudain par l’évanouissement de la bipolarité au magasin des anciens accessoires.

L'Empire américain, un empire économique ou militaire ?





Ce rappel historique nous permet de dire, ou en tout cas nous oblige à examiner l'hypothèse que, depuis la guerre du Golfe, l'empire américain sur le monde est au moins autant militaire qu’économique. Cette assertion semble presque une tautologie si l'on admet que l'idée d'empire, en latin comme en Français, depuis l'antiquité, signifie pouvoir exceptionnel d'un commandant en chef de l'armée (imperator). C'est un pouvoir exceptionnel de commandement qui (en temps de guerre) exige légitimement du libre citoyen l'obéissance immédiate sous peine de mort. Ce pouvoir s'exerce au dedans sur les citoyens mobilisés dans les légions et naturellement se reporte sur l'ennemi grâce à la parfaite obéissance des soldats, exerçant dans le combat contre l'ennemi la menace de mort et la mise à mort. L'imperium devient permanent paradoxalement quand l’état romain ferme les porte du temple de Janus, ce qui signifie la fin des guerres extérieures et le maintien d'un commandement militaire permanent interne de la société. Mais il est vrai qu'un jeu de mot transhistorique ne suffit pas à traiter le problème. Pour plusieurs raisons, il peut sembler excessif de considérer l'empire américain comme un véritable « empire » c'est à dires un système essentiellement militaire.
On peut dresser ici la liste des objections les plus courantes contre cette définition militaire de l'Empire :
1. L'Amérique est une démocratie et pas du tout une dictature militaire, elle est une société orgueilleuse surtout de sa supériorité économique et technologique et si elle est le centre d'un système de leadership c'est avant tout du fait de la supériorité économique de ses firmes nationales et surtout transnationales.
2. Une définition militaire de l'empire américain est indéfendable empiriquement si on admet que la logique (ou l’éthique) de l'empire, c'est la conquête et le maintien militaire des conquêtes et que, en dehors d'une période d’« impérialisme » limité, avant la guerre de 1914, et même dans le cas de l'Allemagne et du Japon, obligés à une reddition sans conditions, (et de la Corée et du Vietnam, qui furent autant conquis que perdus et constituent des échecs relatifs), les Américains refusent toujours de prendre possession des états qu'ils soumettent et occupent, et évitent en tout cas de les annexer formellement, de les conquérir au sens traditionnel.
3. L'objection théorique, c'est donc que les Etats-Unis ayant renoncé statutairement à toute conquête refusent totalement la charge de Protecteur, c'est à dire de Souverain du Monde, au sens que donne Hobbes à ce mot dans le Leviathan. La défaite du Vietnam les ayant encore renforcés dans le rejet de toute occupation permanente, ils n'allaient certes pas vouloir assumer ce rôle car précisément l’économisme néo-libéral interdit la prise en charge des sociétés soumises et refuse la responsabilité de les mener au progrès en les intégrant dans le noyau dominant. On a même pu le vérifier lors de la guerre du Golfe. Le Général Schwartzkopf qui aurait volontiers poussé jusqu’à Bagdad, et qui a osé le dire un peu trop librement, a dû se rétracter publiquement en avril 1991, dans un style digne du stalinisme, pour ne pas subir de sanctions graves. Ne pas conquérir les pays soumis militairement fait partie en effet du crédo américain ; l'organisation de l'occupation militaire comporte un double risque de péché politique : celui du militarisme et celui du dirigisme économique. Une intervention militaire doit toujours être transitoire et restaurer seulement l’économie de marché et la démocratie. Si possible sans débarquer les troupes, ou en obtenant la reddition préalable par téléphone comme à Haïti.

Sans doute, tout historien de l'Empire Romain considèrera de façon dubitative ces barrières idéologiques républicaines dressées contre tout glissement vers l'Empire conquérant. Assassin de César, Brutus fut d'emblée un has been. Rome aussi avait conquis la Grèce pour y « proclamer les libertés des Grecs » ; elle s'est emparée de l'Egypte en y laissant règner la Ptolémaïde Cléopâtre, puis en admettant que, en Egypte, l'empereur est seulement Pharaon et qu'elle ne touche pas au système de production spécial qui s'y reproduit depuis des milliers d'années. Sous Ponce Pilate, la monarchie juive hellénisée d'Hérode et le Grand Prêtre sont parfaitement en place, le Romain joue le rôle des ambassadeurs américains dans les républiques centre-américaines, sans plus, etc. Les peuples et royaumes, soumis à Rome, sont des Alliés du peuple romain et les annexions viendront plus tard. Mais l'empire libéral d'Auguste tient bien par ses légions et l'organisation autour des légions de légions auxiliaires et de corps alliés et même barbares.
En fait l'Empire américain fut d'abord l'OTAN, et ce fut bien une alliance, inégalitaire, mais tout de même une alliance entre états souverains, qui s'unissaient pour faire face à un ennemi commun considéré comme barbare. L'essence de l'alliance américaine serait la défense du système capitaliste démocratique de libre marché contre le système communiste non démocratique et dirigiste. L'organisation militaire est celle d'une alliance militaire non celle d'un empire.

L'Empire militaire de l'après guerre froide

Mais c'est précisément ce qui change sous nos yeux. Si bien qu'on peut aujourd'hui réviser cette évaluation par des propositions inverses :

1. Le pouvoir américain est sans doute vainqueur économique de la Russie il n'a pas battu militairement la Russie ; mais il a remporté une victoire politique sur un système économique essentiellement « militarisé » et c'est aussi par la militarisation d'une partie non négligeable de son économie, l’économie de commande d'armement, le « capitalisme pentagonal » que cette victoire aux points a été remportée sous Reagan. Comme il arrive dans les conflits majeurs, l'ennemi a influencé son vainqueur. Cette influence néfaste de la confrontation soviéto-américaine a été répertoriée dès la fin de la guerre froide par les idéologues anti-militaristes démocrates ou républicains, prônant le retour à la vraie tradition américaine : il fallait impérativement maîtriser la prééminence de l'Exécutif, le rôle extravagant qu'avait acquis la fonction présidentielle, le Président en tant que Commandant en Chef qui glissait vers la fonction d'Empereur nucléaire. Cette usurpation s'expliquait surtout par les contraintes techniques objectives de la stratégie nucléaire qui attribuait au commandant en chef le droit de déclencher la fin du monde dans l'instant de la décision sans délai et sans vote dont il avait reçu responsabilité. Une fois disparus la bipolarité et l'ennemi nucléaire soviétique, le Président, pensait par exemple le sénateur démocrate de New York Moynihan, devait rentrer dans le rang. Se faire plus modeste. Mais les anti-exécutif, majoritairement Républicains d'ailleurs, ont échoué : Clinton comme président est aussi important et même plus que Bush. C’était compter sans l'Empire système qui devenait Empire unique et réclamait un empereur visible pour des raisons non nucléaires.


2. Le leadership américain a cessé dès la guerre du Golfe d’être une alliance contre un autre empire. Le phénomène qui suit la guerre du Golfe c'est en effet que le système américain ne parvient pas à vouloir se débarasser de l'OTAN, malgré la disparition de l'ennemi, ni du leadership militaire de l'occident, et travaille au contraire à reconditionner soigneusement les moyens, l'organisation, le rôle et les missions, les principes de base de l'Alliance Atlantique et de ses forces militaires. Ils parviennent à l'englober dans une structure en cercles concentriques, comportant quatre statuts en couronne : les Alliés de l'OTAN, les « Partenaires » du Partnership for Peace où sont désormais tous les anciens états communistes et les « Pactés » des Pactes Fondateurs OTAN-Russie et OTAN-Ukraine. Au delà il n'y a que des amis plus ou moins associés à différents types d'entrainements, de missions et d'armements, et qui s’étendent virtuellement au monde entier.
Restent désormais hors de l'Empire, dans le rôle des Barbares « extérieurs », mais bien à l’étroit, quelques « états voyous », rétro-communistes, terroristes, les réseaux mafieux ou narco-traficants qui s'appuient sur des Iles de la Tortue dont la liste concerne plutôt des confettis que des espaces extérieurs menaçants, et qui sont voués à s'autodétruire par quelques manipulations.
Mais surtout, deux espaces conservent un statut incertain. La Russie et la Chine, surtout la Chine. Ce ne sont pas des ennemis mais on leur a trouvé un nom générique, qui ne s'applique pas nécessairement ni uniquement à eux, mais peuvent éventuellement s'appliquer à des alliés, celui de « rivaux de rang égal » (peer competitors). Ce terme est directement issu du vocabulaire élaboré autour du concept de « Révolution dans les affaires militaires » (RMA : Revolution in Military Affairs) une mutation techno-scientifique (l'irruption hégémonique de l’électronique d'observation, de ciblage, de guidage et de traitement de l'information) capable de bouleverser complètement les principes de la supériorité militaire. Un peer competitor est un rival possible dans le domaine de la Révolution dans les affaires militaires. (S'il est capable de viser l’égalité ou la supériorité militaire par l’électronique d'observation et de ciblage, il est d'ailleurs aussi un rival dans l’électronique de production et de commercialisation).
En somme, au moment même où disparait l'ennemi, l'alliance se fait triple carcasse militarisée de l'empire unique et lieu par excellence d'une supériorité techno-économique américaine qui interdit qu'on se défasse d'une définition militaire de la supériorité et donc de l'Empire au sens romain. L'Empire américain par sa culture de l'observation et de la décision d'intervention en temps réel est complètement et profondément un empire militaire, expéditionaire et opérationnel. CQFD.
Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #48 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Jan 2008 09:03

La fin de cette vidéo est intéressante :



Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #49 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Jan 2008 23:37

L'Empire de la honte
de Jean Ziegler

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #50 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Jan 2008 23:40

La fin de l'empire est proche

Après l'empire ? Nous y sommes !
Par Edouard Husson, historien.

Nous vivons un moment historique. L'empire américain est en train de s'écrouler. Il n'aura guère survécu que vingt ans à son grand rival de la guerre froide, l'empire soviétique. Tous les vrais libéraux devraient se réjouir car l'empire américain est en train de vaciller sous nos yeux pour les mêmes raisons que l'empire soviétique il y a vingt ans : le déclin des capacités productrices du pays ; un budget militaire qui devient impossible à soutenir ; le refus de plus en plus évident du reste du monde de financer les déficits américains.

Un keynésien nommé Reagan

Depuis vingt ans, nous avons bien voulu être victimes d'une illusion d'optique. Nous avons cru que les Etats-Unis avaient gagné la Guerre froide et l'Union Soviétique l'avait perdue. C'est ce que les dirigeants américains eux-mêmes proclamaient et faisaient répéter. La gauche elle-même s'est laissée prendre au piège intellectuel du reaganisme, soit qu'elle se mît à croire à la reaganomics soit qu'elle dénonçât un « néolibéralisme » qui n'existait que dans les têtes. Reagan n'a rien fait d'autre que de relancer l'économie américaine grâce à des dépenses gigantesques dans le secteur de la défense. Et, pour rendre acceptable sa politique, il a sabré les dépenses publiques dans d'autres secteurs, en particulier dans le domaine social. Au nom de la « guerre des étoiles », Reagan fut le plus grand keynésien de l'histoire, avant d'être détrôné par George W. Bush, qui aura présidé à un « XXIè siècle américain » de sept ans.

Le roi dollar est nu

En fait, ni Reagan ni Bush n'auraient gagné leur pari sur la relance de l'économie américaine par le déficit sans un autre facteur déterminant : le rôle du dollar comme monnaie mondiale ; la disposition du reste du monde à réinvestir ses dollars, faute de meilleure perspective, dans l'économie américaine. Depuis une quarantaine d'année, depuis que le général de Gaulle avait identifié (voir sa conférence de presse du 4 février 1965), sans être écouté, le mécanisme de l'endettement potentiellement illimité de l'économie américaine, les Etats-Unis ont vécu, de plus en plus au crédit du reste du monde. Continuant à vivre dans le confort intellectuel du manichéisme de la Guerre froide, les acteurs de l'économie mondiale se sont persuadés qu'il valait la peine de financer le pays « défenseur du monde libre ». Ils y ont trouvé leur profit, aussi : d'abord grâce à des taux d'intérêts très rémunérateurs dans les années 1980 ; ensuite, grâce à l'apprenti-sorcier Greenspan qui, à chaque menace de récession, ouvrait grandes les vannes du crédit : nous avons eu droit au boom puis au krach de la « nouvelle économie » puis à celui de l'immobilier américain.

L'alibi du terrorisme

Près de trois siècles après sa mort, John Law semblait avoir soudain raison contre ses détracteurs. Peu importait l'immoralité du système, peu importait la dévaluation constante du papier-monnaie roi, qui conduisait à toujours plus d'inégalités. Les possédants, les rentiers, les capitaines d'un néo-capitalisme prédateur et de plus en plus financiarisé ont tendu à accaparer toujours plus d'un capital monétaire dont la dévaluation réelle était provisoirement compensée par sa production apparemment illimitée – à condition qu'elle fût réservée au plus petit nombre possible.

C'est ce système qui est en train de s'effondrer. Les gigantesques investissements américains dans le secteur de la défense apparaissent singulièrement inadaptés aux conflits du présent : que peut l'immense arsenal américain contre les guerilleros afghans ou irakiens ? Or si le prestige militaire américain s'effondre, c'est tout le crédit que l'on fait à la puissance américaine qui est ébranlé. Le déclin (relatif) de l'économie américaine – obligée d'importer deux milliards de dollars par jour pour compenser son endettement global – apparaît en pleine lumière. Ajoutons que la « guerre contre le terrorisme » a beau faire appel aux vieux réflexes manichéens de la Guerre froide, elle apparaît de plus en plus pour ce qu'elle est : une tentative désespérée de contrôler, malgré le déclin de la puissance, l'approvisionnement pétrolier mondial. Mais les pays producteurs acceptent de moins en moins d'être payés avec un dollar qui vaut toujours moins (c'était déjà la vraie cause du choc pétrolier de 1973). Et surtout, pourquoi entraver, par des guerres aussi inutiles que meurtrières, l'accès libre de tous à ce qui reste la principale ressource énergétique de l'économie mondiale ? Les pays du Golfe, la Russie et l'Asie sont d'accord pour organiser leurs échanges économiques et commerciaux sans les Etats-Unis, si cela est nécessaire. La croissance de l'Asie offre des possibilités de croissance désormais plus intéressantes, quoi qu'il arrive, que une économie américaine de plus en plus désindustrialisée.

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #51 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Fév 2008 00:35

Mal au Travail


Jean-Michel Carré met en lumière les modifications profondes qui sont intervenues dans le milieu du travail et leurs conséquences souvent désastreuses à tous les niveaux de la hiérarchie. Des salariés de plus en plus nombreux ressentent un profond mal-être qu'ils ne parviennent pas à définir précisément. Beaucoup traversent des phases dépressives, aboutissant parfois à des suicides. Stress, harcèlement, violence, dépression reviennent de plus en plus fréquemment lorsqu'il est question du travail. Mais, au-delà des chiffres indiquant une augmentation des troubles directement liés au travail, Jean-Michel Carré tente de comprendre ce qui est réellement en jeu dans la vie professionnelle.

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #52 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Fév 2008 00:36

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #53 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Fév 2008 00:38

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #54 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Fév 2008 00:39

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #55 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Fév 2008 00:40

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #56 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 08 Fév 2008 09:26

La crise financière est grave




Quand le capitalisme perd la tête de Joseph E. Stiglitz (prix nobel d'économie)

Au cours des folles années 1990, la croissance atteignit des taux qu'on n'avait jamais vus en une génération. Experts et journalistes proclamèrent l'avènement d'une "nouvelle économie" : les récessions appartenaient à un passé révolu, la mondialisation allait apporter la prospérité à toute la planète. Puis,à la fin de la décennie, ce que l'on avait pris pour l'aube d'une ère nouvelle se mit à ressembler de plus en plus à l'une de ces brèves poussées d'activité, ou d'hyperactivité, inévitablement suivies par une chute brutale, qui caractérisent le capitalisme depuis deux cents ans. A ceci près que, cette fois, la bulle avait été plus grosse, tant dans l'économie qu'à la Bourse, et que ses conséquences l'étaient aussi : puisque l'ère nouvelle n'avait pas été un phénomène uniquement américain mais planétaire, la récession qui la suivait touchait non seulement les Etats-Unis mais aussi bien d'autres régions du monde.
Ce n'est pas ainsi que les choses étaient censées se passer. Avec la fin de la guerre froide, les Etats-Unis étaient devenus la seule superpuissance et l'économie de marché avait vaincu le socialisme. Le monde n'était plus divisé sur des bases idéologiques. C'était, sinon la fin de l'histoire du moins le début d'une nouvelle époque. Chacun en était bien persuadé. Et, pendant quelques années, on put en avoir l'impression.
Le capitalisme avait triomphé du communisme, mais il y avait plus. Sa version américaine, fondée sur l'individualisme pur et dur, l'avait apparemment emporté sur d'autres conceptions plus édulcorées, moins tranchées, de ce système économique. Dans les sommets internationaux - ceux du G7, par exemple, qui réunissaient les dirigeants des pays avancés -, nous nous vantions de nos succès, et prêchions la bonne parole aux ministres de l'Economie des autres Etats, qui parfois nous regardaient avec envie : il leur suffisait de nous imiter, et eux aussi jouiraient d'une prospérité comme la nôtre ! Nous disions aux Asiatiques d'oublier le modèle qui leur réussissait si bien depuis vingt ans, et qui comportait la sécurité de l'emploi à vie. Ce système avait créé de nouvelles méthodes de production que nous avions reprises, comme le juste-à-temps, mais désormais il vacillait. Quant à la Suède et aux autres adeptes de l'Etat social, eux aussi paraissaient abandonner leur méthode : ils réduisaient les prestations, baissaient les taux d'imposition. Partout, le mot d'ordre était : moins d'état. Et nous proclamions le triomphe de la mondialisation. Avec elle, le capitalisme à l'américaine allait s'étendre au monde entier.
Chacun bénéficier de ce nouvel ordre mondial, de cette economia americana où tout était sans précédent : les flux de capitaux du monde développé vers le monde en développement (ils ont sextuplé en six ans), les échanges commerciaux (ils ont augmenté de plus 90% au cours de la décennie), la croissance. On espérait bien que ce commerce, ces capitaux allaient créer des emplois et stimuler le développement.

Au coeur du capitalisme américain moderne, il y avait ce qu'on avait baptisé la "nouvelle économie", symbolisé par ces sociétés point-com qui révolutionnaient la façon dont l'Amérique et le monde faisaient des affaires. Le rythme du progrès technologique lui-même en était modifié, et le taux de croissance de la productivité, propulsé à des niveaux jamais atteints depuis un quart de siècle oudavantage.[...]

C'est à l'étranger, en Asie, que ce sont apparus les premiers signaux d'alarme - les crises coréenne, indonésienne et thaïlandaise en 1997. Puis il y eut la russe en 1998, et la brésilienne en 1999. Mais c'est aux Etats-Unis, à Seattle, en décembre 1999, que la protestation contre la mondialisation a éclaté dans toute sa force. La mondialisation profitait à tous, améliorait la vie de tous ? Il est clair que beaucoup de gens ne s'en étaient pas aperçus ![...]

Le nouveau millénaire n'avait que quatre mois quand on vit apparaitre le premier symptôme d'un dysfonctionnement aux Etats-Unis mêmes : l'effondrement des actions technologiques. Le millénaire s'était ouvert tout autrement : la Bourse, thermomètre ultime de l'économie, battait alors tous ses records; l'indice composite du NASDAQ, qui regroupe la plupart des valeurs technologiques, avait grimpé de 500 en avril 1991 à 1000 en juillet 1995, et franchi le cap des 2000 en juillet 1998 pour plafonner à 5 132 en mars 2000 ! Le boom de la Bourse renforçait la confiance des consommateurs. Elle aussi avait atteint de nouveaux sommets et stimulait puissamment l'investissement, en particulier dans deux secteurs en plein essor : les télécommunications et les technologies de pointe.
On se doutait peu que ces chiffres étaient trop beaux pour être vrais. Les années suivantes le confirmèrent : la Bourse battit de nouveaux recors - à la baisse. En deux an, sur la valeur des seules entreprises cotées aux Etats-unis, 8500 milliars de dollards s'évaporèrent : plus que le revenu annuel de n'importe quel pays, les Etats-UNis eux-mêmes exceptés. Une compagnie AOL-Time Warner, passa par pertes et profits 100 milliard de dollars. Sans parler de pouvoir les perdre en continuant à exister !
Après l'éclatement de la bulle des actions technologiques, la dynamique de l'économie réelle ne tarda pas à s'inverser, et les Etats-Unis connurent leur première récession depuis dix ans. On vit bien que la nouvelle économie n'avait pas mis fin au cycle des affaires. Si l'expansion avait été plus magnifique que la plupart de celles de l'après-guerre, la récession fut plus terrible.[...]
Dans la nouvelle année du nouveau millénaire, d'autres record ont été battus. Mais, pour ceux-là, il n'y a pas de quoi pavoiser. Enron a été la plus grande faillite de tous les temps - jusqu'à celle de WorldCom en juillet 2002. Les cours de la Bourse sont tombés plus bas et plus vite qu'ils ne l'avaient fait depuis longtemps : le Standart & Poor's 500, qui constitue leur meilleure mesure générale, a connu sa pire année depuis un quart de siècle. Tout au long des années 1990, les Américains, confiants, avaient placé leur épargne dans les titres des entreprises; et coici qu'avec leur dévalorisation de 8500 milliards de dollards à la Bourse un tier de la valeur des comptes de retraite individuel des Etats-Unis, IRA et 401(k), s'était volatilisée aussi. Malgrès la flambée des prix de l'immobilier - boom précaire, qui n'est pas nécessairement de bon augure pour l'avenir -, le troisième trimestre 2002, à lui seul, a vu plus de 1600 milliards de dollars disparaître des bilans financiers des ménages. Des gens qui ont travillé toute leur vie se sont réveillés, un matin en découvrant que les calculs qu'ils avaient faits pour leur retraite ne tenaient plus.
[...]
Avant que l'économie américaine parvienne à se relever de la récession, le pays a été secoué par les pires scandales qu'il ait jamais connus depuis plus de soixante-dix ans. Ils ont abattu des firmes puissantes, comme Enron et Arthur Andersen, et touché la quasi-totalité des grandes institutions financières. Il est apparu peu à peu que ces problèmes ne se limitaient pas aux télécommunications, ni à la technologie de pointe; ils se manifestaient aussi dans la santé, et même dans un secteur apparemment aussi terne que les produits d'épicerie.....
Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #57 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 08 Fév 2008 09:33

ÉTATS-UNIS, la richesse à crédit

Le pays le plus riche du monde est aussi le plus endetté. Ce documentaire d'arte nous en apprend plus sur l'économie américaine.

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #58 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 08 Fév 2008 09:41

Etats-unis, la richesse à crédit - partie 2

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #59 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 08 Fév 2008 09:42

ÉTATS-UNIS, la richesse à crédit - Partie 3

Revenir en haut
      
Gurde
Siège service Siège service



Genre: Homme
Inscrit le: 18 Juil 2003
Sujets: 42
Messages: 988
Localisation: 971 - Abymes
 #60 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 08 Fév 2008 09:43

ÉTATS-UNIS, la richesse à crédit - Partie 4

Revenir en haut
      
Montrer les messages depuis:   
Répondre au sujet    Accueil » Forum » Discussion générale: L'argent Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5  Suivante
Page 4 sur 5
    
 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

Tags
Copyright Volcreole © 2001-2019
Syndication (RSS 2.0)  Suivez-nous sur Facebook  Suivez-nous sur Twitter  Suivez-nous sur Google+

Charte | Contacts | Favoris | Accueil | Rechercher | Pseudos | Album Photos | Groupes | FAQ | Forum | Sujets | Sélection | Actualités | Partenaires | Bannières | Videos Tags | Annuaires | Agenda | Newbuzz.fr | Loto | Vidéos | Archives