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Posté le: 13 Oct 2007 17:13 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Anton j’ai l’impression que je t’énerve, mais je t’assure je ne le fais pas exprès … et puis sache que je ne bois pas du rhum pour faire plaisir aux békés, mais parce que le RHUM moi j’aime bien ça !..
Au risque de déplaire encore un peu plus .. désolé d’insister, mais pour moi la notion de génocide, induit celle d’une destruction méthodique et planifiée de tout un groupe ethnique et ceci simplement en raison d’une appartenance de ce groupe à cette ethnie. Les déportations de la traite atlantique ont eu effectivement pour résultats de détruire, j’en conviens, mais c’était pas le but, le but c’était les travaux forcés.. Si on suit ta définition du génocide ce qualificatif peut s’appliquer à bien des cas. Si je considère le groupe humain de tous les condamnés et repris de justice qui ont été déportés dans les bagnes en Guyane ou en Nouvelle Calédonie et bien il s’agit d’un génocide, la justice ne les condamnait pas à mort et pourtant le système pénitentiaire utilisé faisait que plus de 80% n’en sont pas revenus ( pour les peines les plus longues) et les galères c’était bien pire. Mais tout ça c’était il y a qq siècles et ces mœurs barbares tout comme l’esclavage ( quoi que ?..) sont définitivement derrières nous du moins pour ce qui concerne notre pays ou aujourd’hui la peine de mort et abolie et tous les condamnés et détenus dans nos prisons regardent le foot ou le rugby à la télé !
Les millions de morts que tu comptabilises pour l’esclavage sont bien là hélas, génocide ou pas, mais tous ces morts résultent d’un méfait qui a sévit sur plusieurs siècles ; moi je ne peux m’empêcher d’être encore plus horrifié en considérant simplement la somme des victimes de l’holocauste des juifs conjugué aux déportations politiques du goulag et qq autres qui sont quasi contemporaines, là on arrive à des dizaines et des dizaines de millions de morts sur seulement quelques décennies et c’est tout proche de nous ; alors le principe de précaution c’est de ne pas perdre tout ça de vue si l’on veut éviter que ça se reproduise demain.
Concernant l’esclavage je ne dis pas qu’il faut tourner la page loin de là, non bien sûr on n’oublie pas mais ce « génocide » là il est déjà beaucoup plus loin dans le temps et je le répète en France, au moins pour celui là on est à l’abri d’une récidive, alors que pour des attentats antisémites à la bombe je n’en suis pas sûr.
Genre: Homme Inscrit le: 17 Aoû 2007 Sujets: 36 Messages: 1824 Localisation: Balata le Pré z'Abymes
Posté le: 16 Oct 2007 14:06 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Citation:
eh bein chers parents en attendant que nos élus et les personnes qui soutiennent la réhabilitation de l'esclavage au programme scolaire, je vous conseille d'aller de l'avant et de parler a vos enfants, de facon objective, de l'esclavage; car si on attends sur le gouvernement on pt tjrs aller se faire f...
Merci Djanaelle c'est exactement ce que je disais avant que l'autre aliéné ne s'énerve gratuitement et apparamment c'est son passe temps favoris.....
Genre: Femme Inscrit le: 08 Oct 2005 Sujets: 3 Messages: 290 Localisation: 75 - Paris
Posté le: 18 Oct 2007 03:33 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Je confirme ce que dit Anton. C'est simple et chronologique on a pas modifié la défintion de crime contre l"humanité pour l 'esclavage des noirs qui a existé bien avant la seconde guerre mondiale....
Et la notion de crime de l'humanité est instaure à Nuremberg après la seconde guerre mondiale.
Inconsciemment les gens pensent systématiquement à la seconde guerre mondiale lorsqu 'il s'agit du terme génocide.
En gros on fait de l'anachronisme.
L'esclavage est particulier dans parce qu'il continue, tout simplement parce qu 'on n'a jamais dénié en faire un sujet d'études et encore moins légiféré de manière internationale. Ca ne se fait que depuis le XXIe siècle, sauf au Congrès de Vienne en 1814 qui avait interdit au niveau internationnal la traite ( mais pas l'esclavage), la traite ne s'est pas arrêté pour autant.
http://web.amnesty.org/library/index/fraIOR400052000?Open&of=fra-385
Citation:
Quels sont les actes qui constituent des crimes contre l'humanité ?
Le Statut énumère 11 catégories d'actes qui sont susceptibles de constituer des crimes contre l'humanité :
• le meurtre, à savoir l'homicide volontaire ;
• l'extermination, à savoir l'homicide volontaire sur une grande échelle de membres de certains groupes, et notamment le fait de priver intentionnellement des individus de nourriture ou de médicaments pour entraîner la destruction d'une partie de la population ;
• la réduction en esclavage, à savoir le fait d'exercer sur une personne un pouvoir lié au droit de propriété, notamment la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants ;
• la déportation ou le transfert forcé de population, à savoir le fait d'expulser des personnes de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international. La déportation comprend le passage des frontières nationales et le déplacement forcé à l'intérieur des frontières d'un État;
• l'emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
• la torture, à savoir le fait d'infliger intentionnellement une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, à une personne se trouvant sous la garde de l'accusé ou sous son contrôle ;
• le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable. Le viol et les autres formes de violence sexuelle peuvent également constituer d'autres crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, par exemple les actes de torture constituent un crime contre l'humanité ou un crime de guerre ;
• la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d'autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout crime relevant de la compétence de la Cour, à savoir le déni intentionnel et grave de droits fondamentaux en violation du droit international, pour des motifs liés à l'identité du groupe ou de la collectivité qui en fait l'objet, et en corrélation avec un autre acte constituant un crime comme l'humanité, un crime de guerre ou un acte de génocide ;
• la disparition forcée, à savoir l'arrestation, la détention ou l'enlèvement de personnes par un État ou une organisation politique ou avec l'autorisation, l'appui ou l'assentiment de cet État ou de cette organisation, qui refuse ensuite d'admettre que ces personnes sont privées de liberté ou de révéler le sort réservé aux “disparus” dans l'intention de les soustraire à la protection de la loi pendant une période prolongée ;
• le crime d'apartheid, à savoir des actes inhumains commis dans le cadre d'un régime institutionnalisé d'oppression systématique et de domination d'un groupe racial sur tout autre groupe racial et dans l'intention de maintenir ce régime ;
• les autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l'intégrité physique ou à la santé physique ou mentale, à savoir des actes inhumains d'une gravité similaire à celle d'autres crimes contre l'humanité.
Le problème c'est qu'on me réduit le champ crime contre l'humanité à la Shoah par extension. On pense qu 'il faut qu 'il y est génocide pour parler de crime contre l'humanité, c'est un concept erroné.
Je dirais qu 'il y aune méconnaissance de la Shoah et de l 'esclavage. Il faut savoir que le staut que détient la shoah n'est tombé pas du ciel. Il y aeu mainte et mainte fois négationisme et contestation même de l'existence des camps de concentration. C'est une affaire de luttes et surtout de vigilence.
BEBEL-GISLER Dany, Grand’mère, ça commence où la Route de l’esclave ?, Pointe-à-Pitre, Éditions Jasor, 1998.
« L’esclavage expliqué aux enfants, sans détours avec de superbes illustrations. »
Tiré du site du Comité
http://www.comite-memoire-esclavage.fr/article.php?id_article=108
Je vais évoqué une annecdocte, c'est le cas de mon petit frère qui est encore au primaire en Guadeloupe. Sa maitresse sur une initiative privé (avant 2002) fait un court sur l'esclavage, mais illustré. Surtout que c'etait un livre très ancien, pas aux normes. Puisque les professeurs depuis la loi 2001 devait être formé. . Elle avait montré aux élèves les exactions commises envers les esclaves.
C'est ce qui a choqué mon frère, un comble car c'est un sujet que j'affectionne. Mais je faisais confiance aux institutions scolaires.J'ai du lui faire un court accéléré sur l'histoire des noirs. Et je me suis proccurée un livre aux normes " Grand mère ou commence la route de l'esclave?, (fait partie du projet "la route de l'esclave lancé par l'unseco").On présente une idée globale de l'esclavage sans mentir aux enfants, mais c'est succint.
Lorsque certains de mes proches feuilletent les ouvrages traitant de l'esclavage, et les illustrations qui vont avec, ils ont du mal à encaisser a fortiori des enfants.
Mais il y a aune pédagogie à avoir, il y a parfois des profs trop zélé, je dirais complètement inconscient. Quand j 'ai été me plaindre, elle n 'a même pas compris son erreur. Je ne suis pas prof mais je suis quand même lucide. J'adopte mon langage et les données en fonction de la sensibilité de mon interlocuteur, surtout si ce sont des enfants.
Là ou ce retrait, est ambivalent c'est l'intérêt qu 'on porte à l'esclavage on est entrain de tronçonné l'histoire de l'humanité et là c'est inadmissible.
Et depuis qu 'on a essayé de faire passé une loi visant à montrer le rôle positif de la colonisation. Je m'attends au pire en ce qui concerne la république française.
Je pense qu 'il faut être vigilent surtout que les acquis concernant la reconnaissance de l'esclavage sont récénts, il faut veiller à leur pérénité.
Citation:
Concernant l’esclavage je ne dis pas qu’il faut tourner la page loin de là, non bien sûr on n’oublie pas mais ce « génocide » là il est déjà beaucoup plus loin dans le temps et je le répète en France, au moins pour celui là on est à l’abri d’une récidive, alors que pour des attentats antisémites à la bombe je n’en suis pas sûr.
Durhum il faut combler certaine lacune à ce niveau. Il faut éviter de réduire la notion de crime contre l'humanité au terme génocide.
L'esclavage subsite encore en Afrique et également aux caraibes, cf le cas des Haitiens en république dominicaine et dans bien d'autres région du monde, d'où cette légifération nationale et internationale.
http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=22764&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html
Il ne s'agit pas uniquement d'évoquer le passé.
De plus colonisation qui comprend l'esclavage et l'impérialisme a laissé de séquelles morales, économique, politique etc
On est dans l'obligation d'exhumer ce passé, parce que notre présent est conditionné par celui-ci.
Chaque faits historiques à ses particularités la Shoah n'est pas l'esclavage, le bagne non plus.
Les comparer c'est faire de l'interprétation.
Comme ici il s'agit de l'esclavage, pour comprendre comment et pourquoi l'esclavage est reconnue crime contre l'humanité, en france, il faut s 'intéresser à l'histoire française.
Car la France a connu deux abolitions, déja en fonction de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, les archives en témoignent, les conditions inhumaines de la traversée et l'esclavage comme antithèse de la liberté débouchent sur une première abolition en 1794. ( Il y a eu des débats, on en est droit de savoir ce qui s'est passé).
Ca c'est pourtant l'histoire française (hexagone et outre-mer), il y a 3/4 des français qui ne savent rien de cette histoire.
Savoir pourquoi, on le rétablie, parce que la France a boulversé le monde esclavagiste, à une période ou l'esclavage est avant tout considéré comme une source d'enrichissement. Il a fallut regagner le troupeau d'où le rétablissement en 1802, les pressions ne venaient pas uniquement de Joséphine...
Après vient l'impérialisme et on substiue l'esclavage au travail forcé au XXe siècle, malgré la DDHC qui existaient depuis 1789!!!
On dit que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit en ce qui concerne l'histoire des noirs je crois qu 'on a pris un abonnement, des fois faut être relax parce queuuu voilààlol.
Quand par exemple je regarde comment l'une plus grandes universités de France, sur le XIXe siècle on a occulté déliberrement (les zoos humains, les thèses scientifiques sur l'infériorité des indigènes) aucune traces alors que c'est la France elle même qui a produit ces inepties. Perpétuelle mémoire sélective. On ferme les futurs prof d'histoire à moitié
Je ne parle même de la politique de l'assimilation qui instaure offciellement l'oubli de 1848 jusqu'à 2001 (cf loi Taubira),
Lutter contre l'esclavage d'une part et d'autre part son évocation n'ont jamais été une mince affaire.
L'éducation donc l'école contribue à véhiculer la culture d'un pays, d'une nation. Les noirs seraient des citoyens à part , la République est à ce niveau complètement bancale.
Et si on peine à évoquer l'esclavage jusqu'à aujourd'hui, c'est à cause de cette amnésie collective orchestrée par la République française.
Et aujourd'hui on marche à reculons.
Genre: Femme Inscrit le: 03 Mai 2005 Sujets: 20 Messages: 2570 Localisation: London SE1
Posté le: 19 Oct 2007 00:56 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
merci pour toutes ces informations Nubie !!!!!
sinon j'ai une question plutot perso à toi de juger si tu preferes me repondre ou pas ou en mp (ca peut paraitre bete comme question mais bon je pose quand meme ) : c'est ton métier de connaitre l'histoire (voir meme l'histoire tout court, ne connait pas l'étendue de tes connaissances qui visiblement semblent assez large), l'histoire des noirs, de l'esclavage etc es-tu prof ou c'est une passion? comment cela t'es venue ? _________________ A House Divided Against Itself Cannot Stand On the way to become a skinny b@#%$ch 23/09/08 = J0 55kg is the target
L’esclavage à nouveau enseigné à l’école primaire ?
Xavier Darcos est sur le point de présenter ces jours-ci, après concertation avec les syndicats, des "objectifs de simplification" des programmes en primaire, resserrés autour de l'enseignement des disciplines fondamentales. C’est ce qu’ont annoncé ses services le 4 octobre 2007. "Le ministre souhaite des programmes simplifiés qui puissent être utilisés facilement par les enseignants, compris par les parents et qui devront permettre à tous les élèves d'entrer au collège en sachant lire, écrire, compter", a ajouté le ministère.
Au nom de cette simplification des programmes, l’esclavage avait été supprimé des points forts de l’enseignement de l’histoire aux élèves de CM1 par un arrêté ministériel d’avril 2007. Pourtant elle l’était depuis 2002, année de la loi Taubira et ainsi cette loi était vidée de son sens ce qui allait dans le sens de ceux qui aimeraient purement l’abroger.
Il semble que tout comme pour la shoah qui avait été également supprimée en même temps, puis réintroduite, l’enseignement de l’esclavage pourrait reprendre toute sa place comme l’aurait assuré le ministre dans un courrier adressé à Mme Taubira.
PROGRAMME SCOLAIRE : TAUBIRA PAS L'ESCLAVAGE
24-10-2007
Les pouvoirs publics français font machine arrière. Alors qu'elle avait été supprimée, la référence à l'esclavage dans les points forts de la période 1492/1848 sera réintroduite dans les programmes d'histoire du cycle 3 de l'école primaire en France. C'est le ministre de l'éducation Xavier Darcos qui a appris la nouvelle à la députée de Guyane Christiane Taubira dans un courrier. Le ministre précise que cette modification sera validée par le Conseil Supérieur de l'Education lors de sa séance de novembre prochain.
Genre: Femme Inscrit le: 08 Oct 2005 Sujets: 3 Messages: 290 Localisation: 75 - Paris
Posté le: 27 Oct 2007 01:52 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
"Xavier Darkos ministre de l'éducation nationale en réponse à une doléance de Christiane Taubira annonce que l'enseignement de l'esclavage dans les points de la période 1492 à 1848, sera réintroduite dans les programmes d'histoire au primaire du cycle 3 , cette modification sera validée lors de la prochaine séance du conseil supérieur de l'education natioanale en Novembre prochain."
Genre: Homme Inscrit le: 14 Juin 2007 Sujets: 13 Messages: 234 Localisation: 10 - Aube
Posté le: 29 Oct 2007 13:41 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Anton a écrit:
D'autre part, lors du FESTIVAL VARIATIONS CARAIBES, j'ai rencontré l'historien François DURPAIRE a qui j'ai posé quelques questions.
J'ai alerté la Députée Christiane TAUBIRA également présente, qui n'était pas au courant et qui va demander des informations.
APPRENONS ENFIN A FAIRE MASSE [/b][/size]
Comme quoi ça a servi à quelque chose de réagir et d'alerter nos députés. Si on écoutait certaines personnes résignées...
Posté le: 04 Nov 2007 03:02 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Anton a écrit:
J'ai alerté la Députée Christiane TAUBIRA également présente, qui n'était pas au courant et qui va demander des informations.[/size]
APPRENONS ENFIN A FAIRE MASSE [/b][/size]
Anton,
toi qui es si bien placé auprès de C. Taubira, n'oublie pas de lui préciser ce qui suit ; merci :
L'esclavage en terre d'Islam : Un tabou bien gardé
de Malek Chebel (Auteur)
Esclaves noirs en terre d'islam
Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n'en a pas été de même du trafic d'esclaves noirs en provenance du continent africain.
La traite arabe commence en 652, vingt ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd impose aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. Elle ne va cesser dès lors de s'amplifier. Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d'individus le nombre d'Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle.
Le trafic suit d'abord les routes transsahariennes. Des caravanes vendent, à Tombouctou par exemple, des chevaux, du sel et des produits manufacturés. Elles en repartent l'année suivante avec de l'or, de l'ivoire, de l'ébène et ... des esclaves pour gagner le Maroc, l'Algérie, l'Égypte et, au-delà, le Moyen-Orient. Au XIXe siècle se développe aussi la traite maritime entre le port de Zanzibar (aujourd'hui en Tanzanie) et les côtes de la mer Rouge et du Golfe persique.
Le sort de ces esclaves, razziés par les chefs noirs à la solde des marchands arabes, est dramatique. Après l'éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons sont systématiquement castrés avant leur mise sur le marché, au prix d'une mortalité effrayante, ce qui fait dire à l'anthropologue et économiste Tidiane N'Diyae : «Le douloureux chapitre de la déportation des Africains en terre d'Islam est comparable à un génocide. Cette déportation ne s'est pas seulement limitée à la privation de liberté et au travail forcé. Elle fut aussi - et dans une large mesure- une véritable entreprise programmée de ce que l'on pourrait qualifier d' "extinction ethnique par castration"»
«Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d'esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d'esclaves», écrit en résumé l'économiste Paul Bairoch.
Posté le: 04 Nov 2007 04:01 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Présentation de l'auteur
Dans l'esprit de beaucoup, l'esclavage est une affaire de mauvais Blancs.
Posant sur ces postulats un regard neuf, Malek Chebel fait le voyage au pays des esclaves, tant en Afrique orientale que dans les pays du Sahel, du Maghreb et du Golfe, au Proche-Orient et en Asie.
Il en tire un constat terrible : l'esclavage est en réalité la pratique la mieux partagée de la planète, un phénomène quasi universel. Ce phénomène demeure encore vivace .
L'islam couvre-t-il les esclavagistes ? Les encourage-t-il ? Qui s'en soucie dès lors que le tabou occulte ces questions qui dérangent ? Pour décrypter les nouvelles formes que prend la servitude dans le monde arabo-musulman, l'auteur reconstitue avec minutie le développement d'une culture esclavagiste qui s'est greffée sur l'islam.
Posté le: 04 Nov 2007 04:29 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Je me suis toujours demandé pourquoi on devait différencier les origines des esclavagistes par les grands termes culturels et de civilisation : europe, islam...
Un esclavagiste est un esclavagiste, qu'il soit chrétien ou musulman. Et que l'esclavagisme musulman ait commencé "plus tôt" que l'esclavagisme occidental, cela en fait il un crime "plus grave" ? alors que l'esclavagisme est - par essence - un crime contre l'humanité : il suffit qu'un seul être humain réduise un autre en esclavage, ici ou là, il y a 1000 ans, aujourd'hui ou dans 1000 ans, pour que NOUS considérions cela, nous tous d'aujourd'hui comme un crime.
Doit on condamner tous les musulmans et tous les chrétiens ? Et combien d'entre eux sont aussi noirs de peau que celles et ceux qui ont été razziés, et mis en esclavage ?
Il y a une sorte de recherche d'excuse à placer le fait de l'esclavage dans ces grands termes civisationnels, comme si cette dimension de civilisation rendait la chose trop vaste pour que chacun en soi finalement absout.
Des hommes, pour leur profit matériel, que cela soit au son des cloches des églises ou de l'appel des muezzins, ont asservis d'autres hommes. Point barre. Il faut seulement se rendre compte que ce profit matériel est toujours et toujours dirigé dans une même logique raciste, et l'enseignement évidemment "utopique" ou seulement révolutionnaire est de déculturaliser ce fait, selon ces grands clichés "occident contre islam". Dans cette compétition, les perdants seront toujours les victimes.
galak, sans dieu _________________ quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ?
Posté le: 04 Nov 2007 09:56 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
Je vais encore me faire l'avocat du diable..
Ces questions il faudrait pouvoir les poser à Madame Taubira car dans sa fameuse loi il semble qu'il y ait beaucoup de cette partialité dont tu parles.
Au fait si je me mets à la place de l'enseignant que dois je dire:
La traite atlantique a été un crime contre l'humanité oui, et quid des autres traites même motif même punition ou bien je fais comme la loi et je n'en parle pas.
On parle bien dans ce sujet de l'enseignement de l'histoire de l'esclavage et pas seulement de l'histoire de France ?.. La définition d'un crime contre l'humanité ne peut tout de même être sirconscrite au découpage d'un programme tout de même ?..Pourtant il me semble bien que c'est ce qui se passe?..
Posté le: 04 Nov 2007 23:00 Sujet du message: Enseignement de l'esclavage : Nouvelle polémique.
durhum a écrit:
Je vais encore me faire l'avocat du diable..
chacun défends ses idéaux !
durhum a écrit:
Ces questions il faudrait pouvoir les poser à Madame Taubira car dans sa fameuse loi il semble qu'il y ait beaucoup de cette partialité dont tu parles.
Au fait si je me mets à la place de l'enseignant que dois je dire:
La traite atlantique a été un crime contre l'humanité oui, et quid des autres traites même motif même punition ou bien je fais comme la loi et je n'en parle pas.
et c'est reparti...
Si un crime contre l'humanité en vaut un autre, pourquoi ne protestes tu donc pas sur le fait que l'on ait mis justement tant de décennies pour reconnaître la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité, alors que le crime contre l'humanité est entré dans le droit français le 26 décembre 1964, reprenant les textes de 1945-1946 (tribunal de Nuremberg et Nations-Unies) : "assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile […], ou bien les persécutions pour des motifs raciaux ou religieux […]".
Tu critiques Taubira de n'avoir pas assez fait (de ne pas avoir fait inscrire la traite "orientale"), mais tu ne la félicites pas d'avoir fait faire un pas notable dans la mise en accord entre un texte fondamental et la recherche de son application !!
Oui, il a fallu 36 années pour passer d'un texte de principe à un texte explicite. Pour ce qui est de la France (puisqu'il s'agit d'une loi française, la loi de 2001), il faut croire que la France est - a priori - peu concernée par la traite orientale. Mme Taubira ne sort pas cette loi d'un chapeau pour faire joujou : c'est une loi dont la portée concerne la France, oui la France, rien que la France, et entièrement la France !
Charité bien ordonnée commence par soi-même, et bien justice bien ordonnée également !
durhum a écrit:
On parle bien dans ce sujet de l'enseignement de l'histoire de l'esclavage et pas seulement de l'histoire de France ?.. La définition d'un crime contre l'humanité ne peut tout de même être sirconscrite au découpage d'un programme tout de même ?..Pourtant il me semble bien que c'est ce qui se passe?..
En histoire, on enseigne des faits du passé, pas des positions de principes intemporelles (puisque imprescriptibles) : le crime de l'humanité peut être enseigné en philosophie je pense.
Pour le cas français, il me parait évident, et un minimum, que l'on connaisse au mieux ce que nos prédécesseurs ont pu faire de bien et de mal, selon nos critères sur ces valeurs.
galak, pragmatique _________________ quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ?
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