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Gurde Siège service Genre: Homme Inscrit le: 18 Juil 2003 Sujets: 42 Messages: 987 Localisation: 971 - Abymes
Posté le: 20 Nov 2007 02:33 Sujet du message: La Grève
Citation: Des "otages" "empêchés" d’aller travailler
Ou comment les mots se trompent de guerre
jeudi 15 novembre 2007.
Il faut, décidément, faire attention aux mots. On entend beaucoup ces
jours-ci les usagers se plaindre que les grévistes les « empêchent »
d’aller travailler. Or, au sens strict, ils ne les empêchent pas. Ils
cessent de les y aider. C’est quand même très différent : les
grévistes suspendent le service qu’habituellement ils rendent contre
salaire, et renoncent à leur paie pour la durée où ils cessent de
« servir ». Ils exercent ce faisant leur droit de grève, strictement
incontestable.
Que la grève constitue une nuisance est tout aussi incontestable,
c’est même de là qu’elle tire son pouvoir relativement persuasif. Mais
si elle est constitutionnellement garantie, c’est bien qu’elle est
légitime dans son principe : elle est reconnue comme un instrument
légal dans la négociation du rapport de force entre les employeurs et
les employés. On observera au passage que la constitution prévoit donc
bien que les relations entre ceux-ci et ceux-là sont susceptibles de
prendre la forme de rapports de force, et qu’en somme les luttes
sociales font partie du programme légitime de la société.
A ce titre, le terme d’« otage » dont les « usagers-vus-par-les-médias »
à moins que ce ne soient les « médias-vus-par-les-usagers »
nous abreuvent est parfaitement inacceptable, et même obscène.
Obscène évidemment pour les otages, les vrais, ici et là en quelques
coins de la terre. Inacceptable ensuite parce qu’il porte une représentation
du corps social trompeuse et délétère. Dans corps social il y a corps :
nous en sommes tous les membres, il n’y a pas de partie neutre,
qui se trouverait prise au piège, « à son corps défendant »,
d’une problématique ne la concernant pas.
Chacun est agent du devenir collectif, et nous sommes tous partie
prenante de la lutte sociale qui se joue ici.
On me répondra que c’est parce que nous sommes tous responsables du
devenir collectif que les bénéficiaires de régimes spéciaux doivent
contribuer à l’effort commun pour rendre possible le financement futur
des retraites. Problème moral, plus qu’économique, puisque les
personnes concernées représentent une part dérisoire du corps social,
et que s’agissant d’économie(s), le gouvernement eût pu s’aviser d’en
faire autrement qu’en tapant sur les petites retraites, en s’abstenant
par exemple d’offrir l’équivalent de 90 fois la somme qu’il espère
tirer de cette réforme, sous la forme de cadeaux fiscaux dont personne
n’a réussi à prouver l’intérêt sur le plan collectif.
Problème moral décidément, car si l’on veut vraiment tendre vers
l’équité dans le système des retraites, il faut évidemment prendre en
compte non seulement la pénibilité, mais l’espérance de vie moyenne
propre à chaque corps de métier dans le calcul des pensions : seul
moyen de rendre une politique de financement des retraites acceptable,
parce que cohérente.
Car la politique aussi fait corps, c’est un système symbolique
complexe dont on attend au minimum de la cohérence. De la part d’un
gouvernement de droite qui pratique une politique clientéliste et
réserve à son sommet les privilèges les plus indécents (je songe
notamment aux Centquarantepourcent, appelons-les comme ça puisque
personne ne sait exactement de quoi il retourne), cette réforme-là est
inacceptable. On ne demande pas un tel effort à ceux d’en bas quand on
a fait tant de largesses à ceux d’en haut. C’est plus qu’un problème
de communication. C’est un problème moral.
J’avoue ne pas connaître assez les métiers concernés (tellement divers !)
pour être absolument certaine que ces régimes spéciaux ne sont pas
la juste compensation d’efforts particuliers déjà consentis. Et j’ose
dire que ce n’est pas le cœur de la question. Le cœur de la question
bat dans ce fameux corps social envisagé comme un tout,
dont le « corporatisme », tant décrié et bien mal compris, n’est que la
métonymie.
Je m’explique : quand un corps de métier se bat pour que ses membres
bénéficient d’une situation décente, c’est AUSSI à la décence des
situations de travail en général qu’il œuvre. Sans doute les
motivations des grévistes sont-elles pour partie (la majeure ? Et
alors ?) personnelles. Mais DANS LES FAITS, leurs conquêtes
construisent et consolident les droits des travailleurs en général.
Notamment pour cette raison simple et évidente que lorsqu’ils
échouent, le démantèlement de leur statut sert toujours d’exemple et
de justification au démantèlement du statut voisin – comme le montre
très exactement toute l’histoire de la réforme des retraites. TOUS les
travailleurs ont donc intérêt à ce que CERTAINS travailleurs
parviennent à défendre la décence de leurs conditions de travail : la
lutte sociale ne s’arrête pas ce soir, les victoires des uns sont
susceptibles de servir d’exemple, de modèle et de justification aux
luttes – et aux victoires – des autres.
Qu’elles le deviennent en effet dépend de nous : tous les
travailleurs, y compris ceux du privé, ont le droit de se syndiquer,
de faire grève, de lutter pour la dignité de leurs conditions de
travail et de vie. Ces droits n’existent réellement que si on les
exerce ; cet exercice est une lutte, et la lutte, ça coûte. Ça coûte
en énergie, morale et physique, et ça coûte de l’argent. C’est un
risque, toujours : le risque de perdre. Je sais de quoi je parle. Il y
faut de l’audace, du courage, de la détermination, et un certain sens
du collectif. Toutes qualités dont je n’entends pas beaucoup parler, à
propos des grévistes actuellement engagés dans la lutte.
Alors quand bien même je devrais être la seule à le faire, dans ce
concert de plaintes d’« otages » « empêchés » d’aller travailler, je
leur dis : chapeau, les grévistes, et merci. Merci pour nous tous.
Judith Bernard
_________________"Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
http://ledossier.over-blog.fr/
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Dragonball Charter Genre: Homme Inscrit le: 21 Oct 2004 Sujets: 180 Messages: 2788 Localisation: 75 - Paris
Posté le: 20 Nov 2007 02:37 Sujet du message: La Grève
Heu, mais vous le faite exprès ou quoi ?
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Gurde Siège service Genre: Homme Inscrit le: 18 Juil 2003 Sujets: 42 Messages: 987 Localisation: 971 - Abymes
Posté le: 20 Nov 2007 02:38 Sujet du message: La Grève
Dragonball a écrit: Heu, mais vous le faite exprès ou quoi ?
quoi y a déjà un topic de créer ? _________________"Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui." - Martin Luther King
http://ledossier.over-blog.fr/
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Dragonball Charter Genre: Homme Inscrit le: 21 Oct 2004 Sujets: 180 Messages: 2788 Localisation: 75 - Paris
Posté le: 20 Nov 2007 02:40 Sujet du message: La Grève
Oh, doit au moins y en avoir 3 !
bon, en même temps, il y en a dont le titre n'est pas très explicite, comme "Hey fonctionnaire !" par exemple !
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colchique Modératrice Genre: Femme Inscrit le: 03 Nov 2002 Sujets: 172 Messages: 6250 Localisation: là où tu n'es pas
Posté le: 20 Nov 2007 03:31 Sujet du message: La Grève
oui ici
http://www.volcreole.com/forum/sujet-34200.html _________________ Volcréole étant une communauté ouverte, les messages à caractère raciste n'ont pas leur place ici! Merci !
Cherche pas, t'as tort!
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