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Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?


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  Littérature - Art - Culture:   Sujet: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?

RockSoGad
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 #1 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 15 Aoû 2009 22:50

Marcus Mosiah Garvey
1887 – 1940


« J'ai lu Hegel, Karl Marx, Engels, Lénine et Mazzini. Leurs écrits ont largement influencé ma pratique et ma pensée révolutionnaires ; Marx et Lénine m'ont particulièrement impressionné, car j’étai convaincu que leur philosophie était à même de résoudre bien des problèmes. Mais je crois que, de toute la littérature que j'ai étudiée, le livre qui a plus que tout contribué à enflammer mon enthousiasme, est le ‘Philosophy and opinions of Marcus Garvey’ » Kwame NKRUMAH


Marcus Garvey était déiste, ethno-différencialiste et ségrégationniste. Il pensait que D.ieu ayant créé tous les hommes égaux et leur ayant conférer le statut de « seigneurs de la Création », aucune race ne devait se sentir inférieure à une autre, et aucune classe ne pouvait se justifier. Beaucoup ont retenu uniquement le côté ségrégationniste de sa pensée pour prouver qu'il était raciste, encore plus nombreux sont ceux qui occultent ses positions en faveur d'une société sans classes. Cela permet à certains de se revendiquer ses héritiers en focalisant uniquement sur le côté ethnique de son combat, à d'autres de l'accuser de fascisme en arguant son alliance avec les capitalistes Noirs. Je vais ici tenter de démontrer que Garvey n’était pas raciste, et qu'en plus il a agit toute sa vie pour la lute des classes, prônant le repli communautaire des Noirs uniquement en réaction à la domination des classes Blanches. Selon lui, la race Noire devait retrouver sa fierté en se hissant au niveau des autres races, par la création de compagnies autonomes, visant à l'institution d'un gouvernement Noir qui libèrerait l'Afrique et imposerait le respect aux autres peuples. Une fois cette égalité acquise, Garvey prônait la « main chaleureuse tendue entre les peuples », enfin débarrassés des préjugés raciaux, et affirmait qu'une nouvelle civilisation pourrait naitre, issue de la destruction du système de classes.

La ségrégation n’était donc pas un but, mais un moyen. Et tant que ce moyen n’était pas rempli, il était bien sûr son objectif prioritaire. Mais un homme qui avait pour obsession la lutte et l’éducation des classes opprimées, qui fût rejeté de toutes les élites de son pays et harcelé par la justice ne peut, selon moi, aucunement être taxé de fascisme.

Marcus Garvey nait dans une famille de paysans pauvres de onze enfants. La société Jamaïquaine, à l'image des autres sociétés Antillaises, est structurée autour de l'exploitation des masses Noires par les colons Blancs. Le système capitaliste post esclavagiste est le fruit d'une hiérarchisation, où les plus hautes fonctions et les moyens de production sont détenus exclusivement par des Blancs et des Mulâtres. Le père de Garvey préfère occuper un poste de juge de paix (village lawyer) peu lucratif à sa condition de paysan dont le travail était trop pénible et irrégulier. Sa mère vend des gâteaux et des pâtisseries pour augmenter le revenu familial. Malgré les moqueries incessantes liées à son physique (on le surnomme « ugly mug » dès la primaire), Marcus se plaît à l’école, et obtient les diplômes de la « Church of england High school »). Il doit pourtant interrompre ses études à l’âge de quatorze ans faute d'argent, et entre comme apprenti chez son parrain imprimeur. Il garde néanmoins un goût indéfectible pour le savoir et la culture.
Un événement apparemment anodin le marque alors profondément, et forge les bases de son engagement et idéologie futures. Marcus a l'habitude de jouer avec les enfants Blancs de son quartier, et est très proche d'une fillette qui fût envoyée en Ecosse pour poursuivre ses études. Affecté par la séparation, il fût d'autant plus traumatisé par l'interdiction catégorique que le parents de cette dernière lui imposèrent d’écrire et de rester en contact avec Marcus, car c’était un « nègre ». « C'est ainsi que, pour la première fois de ma vie, je compris qu'il existait des ségrégations dans l'humanité et qu'il y avait plusieurs races, chacune ayant une place bien précise dans la société… Après cette première leçon, il ne me vint plus jamais à l'idée de jouer avec des filles Blanches, même si elles se trouvaient être mes plus proches voisines. Garvey quitte St Ann's Bay deux ans plus tard pour la capitale, où il gravit les échelons de l'imprimerie qui l'emploie et devient responsable de « plusieurs hommes en âge d’être mon grand père »
1907. Kingston est ravagé par un tremblement de terres suivit d'incendies. Pénurie, hausse des prix, pouvoir d'achat des travailleurs en berne. Le syndicat des imprimeries se met en grève, et demande une hausse des salaires. Garvey prend le parti des ouvriers, et occupe une place prépondérante dans la lutte. Il n'es néanmoins ni à l'origine du mouvement, ni élu à la tête de celui ci comme certains l'ont ensuite affirmés. Néanmoins, lorsque la grève fût brisée et les ouvriers contraints à capituler, il paya son engagement en étant licencié, ainsi que la plupart des grévistes. Le trésorier du syndicat disparut avec la caisse. Cette expérience nourrit son mépris des organisations syndicales, et finit de le convaincre que la délivrance de l'Homme Noir ne connaitrait aucune contribution du mouvement syndical. Il crée alors son premier journal, « the watchman », et milite au sein de l'organisation politique « National Club ». C'est là qu'il rencontre le juriste Robert Love, qui consacre l'essentiel de son temps et de son argent à la cause des classes défavorisées. Impressionné par son érudition, son engagement et son désintéressement, Garvey se laisse convaincre par lui de la nécessité de voyager pour parfaire son champ de vision des classes opprimées. Commence alors son odyssée en Amérique Centrale.

Au Costa Rica, il est géreur dans une bananeraie. Dégouté de constater le sort réservé aux ouvriers Noirs, il démissionne et donne des conférences où il enseigne la fierté d’être Noir et exhorte les travailleurs à lutter pour améliorer leur condition. Les classes dirigeantes, irritées par son militantisme, entament une campagne diffamatoire visant à le discréditer. Ses propos sont déformés, et sa tentative de riposte par la création d'un nouveau journal échoue. Il rejoint alors le Panama, où il constate des conditions de travail encore pire pour les Noirs , dont nombre de Jamaïquains expatriés. Il continue d’étudier matériellement le sort des travailleurs Noirs en Equateur, au Nicaragua, en Colombie, au Honduras et au Vénézuela.. Mais ses discours trouvent peu d’écho parmi son auditoire, qu'il sent pourtant frémissant.

1911. Retour en Jamaïque, où il reçoit un accueil triomphal. Encouragé par l’évolution des masses populaires de son pays en son absence, il sait désormais avec certitude que les Nègres doivent faire « quelque chose ». Mais quoi ?

1912. Voyage en Angleterre. Rencontre avec l'autonomiste Egyptien Duce Mohammed Ali. Les deux hommes se lient d'amitié, et Garvey se prend d'une passion pour l'histoire de l'Egypte, de l'Afrique et de l'exploitation et des pillages coloniaux. Il lit « Up from slavery » de Booker T. Washington, et prend conscience qu'il peut devenir un leader pour le peuple Noir. « Je me demandai : où est le gouvernement de l'Homme Noir ? Où se trouvent son roi et son royaume ? Où sont donc son Président, son pays, ses ambassadeurs, son armée, sa flotte, ses grands brasseurs d'affaires ? Comme je ne les trouvais pas, je décidai que j'allai contribuer à les créer. Et c'est alors que je vis devant moi le nouveau monde de l'Homme Noir, pas un monde de péones, de serfs, de chiens ou d'esclaves, mais une nation d'hommes résolus à marquer la civilisation de leur empreinte et à faire briller sur la race humaine une nouvelle lueur. Je ne pouvais plus rester à Londres » Le garveyisme est né.

1914. Nouveau retour en Jamaïque. Création de la « Universal Negro Improvement Association » (association universelle pour l'amélioration des conditions des Noirs) ayant pour objectif de « rassembler tous les Noirs du monde, au sein d'une grande entité, et de créer une nation et un gouvernement qui leur seraient propres » Le slogan est « One G.od ! One aim ! One destiny » (un seul D.ieu ! un seul but ! un seul destin !) Parmi les propositions concrètes de l'association, on trouve la création de collèges classiques et techniques pour les Noirs de la Jamaïque. Le projet est soutenu par le peuple, par les personnalités locales et même par l'Evêque catholique, mais violemment critiqués par la classe dirigeante. Garvey dénonce alors la trahison des « nègres à blanc » de la Jamaïque, attirés par les avantages matériels procurés par la soumission, et s'engage « à préserver l'intégrité et la dignité de millions de Noirs, au prix de ma souffrance. » Le peuple réalise alors que Garvey a changé depuis son retour en Angleterre, il a abandonné son arrogance et son air dinfaillibilité, tout en étant plus sûr de lui. Ses conférences rassemblent de plus en plus de monde, et sa propagande commence enfin à prendre. La seconde guerre mondiale éclate, et le scandale de la discrimination des Antillais dans l'armée britannique apporte de plus un souffle inespéré. « C'est grâce à ce scandale, et à d'autre affaires du même ordre, que quelques uns de ces entêtés ont commencé à voir la raison profonde de mon action ; mais ils continuaient à refuser de se reconnaître comme nègres. » Il entre en contât avec Booker T Washington, qui lui appote soutient moral et financier. A sa mort, Garvey décide de rejoindre les Etats Unis.

Il visita 38 états, et vit partout la même situation. Il implanta l'UNIA à New York et connut tout de suite un vif succès. En 1919, plus de trente sections existaient au pays du KKK et de la discrimination raciale. Il crée alors le journal « Negro World », à large diffusion, qui fût interdit dans les états coloniaux pour sa haute teneur subversive. Au Dahomey, on encourrait une peine de prison à vie pour sa simple détention. Les gouvernements coloniaux ont vite compris la dimension révolutionnaire de Garvey.
J'ai été volontairement long sur la description de la période qui vit naître son engagement et les conditions du succès, car pour moi c'est essentielle à la dénonciation de ce qu'on lui reproche dans ce qui s'en suivit : le capitalisme Noir n'avait pas pour but le profit en soi, mais la mise à niveau intellectuel et financier d'un peuple qui pourrait ensuite entamer un travail révolutionnaire en Afrique, censé rependre sur le monde des idées de justice et d’égalité favorisant la fin de système de classes dans son ensemble. S'il en avait été autrement, l'impérialisme colonialiste l'aurait récupéré en lui faisant miroiter des avantages à tirer de l'influence qu'il avait acquit sur les masses populaires Noires à travers la planète. Bien au contraire, il fût persécuté, dénigré et calomnié de manière systématique. En effet, à la création de la Black Star Line, compagnie maritime chargée d'acquérir des navires en vu du rapatriement des Noirs diasporiques qui le désiraient (contrairement à l'idée que certains ont pu se faire, il n'a jamais assimilé à des traitres ceux qui voulaient rester dans leurs pays respectifs, conscient d'une nécessité d'enracinement locaux de la lutte, à l'image « des Irlandais et des Juifs »), on l'accusa d’être un (...) et un charlatan. La compagnie coula suite à une mauvaise gestion (bateaux achetés trop chers et mal entretenus), mais ne l'enrichit jamais personnellement. La Negro Factories Corporation est une preuve supplémentaire de la nécessité de conserver des industries gérées par des Noirs partout dans le monde, loin d'une lubie de rapatriement de tous les Noirs du monde en Afrique. Et la manière dont ces industries devaient être gérées ressemble plus à du collectivisme qu’à une forme d'exploitation de l'homme par l'homme. Il fallait néanmoins être concurrentiel dans un environnement hostile, mais assimiler ce capitalisme Noir a du fascisme ne me semble pas pertinent. (Oh ça va, 5 pages word que je m'attache à présenter les faits sans y apporter mon point de vue par soucis d'objectivité, faut bien que je me lâche un peu ^^)

1920. Convention de l'UNA. L'objectif est de rassembler au librty halls de NY un maximum de Noirs venus du monde entier. Succès faramineux, Garvey à l'apogée de ses talents d'orateurs profèrent le fameux « Nous sommes les descendants d'un peuple qui a souffert ; nous sommes les descendants d'un peuple résolut à ne plus souffrir… Nous allons mobiliser les 400 millions de Noirs de la planète et planter sur le sol d'Afrique la bannière de la liberté… Si l'Europe est aux Européens, alors l'Afrique doit être à tous les Noirs du Monde… » Création de la déclaration des droits de l'Homme Noir en 54 articles, et du drapeau de l'UNIA, Rouge-Noir-Vert (le sang versé, la fierté de la race, la promesse d'une vie meilleure en Afrique). Le garveysime est codifié.

1923. Le procès. Les ennemis de Garvey sont déchainés, surtout après que l'un deux reçu par la poste un colis contenant une main coupée, bien que sa responsabilité ne fût jamais établie. Devant la multitude de mensonges et d'attaques, c'est e moment ou Garvey se laisse aller à une faiblesse fatale : il incluse les injures à ses discours politiques, se qui crédite l'idée de fanfaron que ses adversaires ont toujours cherché en vain de lui affubler. (cette dimension agressive est la seule retenue comme exemple par KS aujourd'hui, alors qu'elle est loin d’être représentative de son œuvre et des conditions du succès de son engagement, bien au contraire). « requin de l'immobilier », « blanchisseur de peau », « défriseur de cheveux », « tas de politicards véreux » sont devenus ses armes réthoriques favorites en réponses aux attaques honteuses dont il est l'objet.A l'ouverture du procès pour (...) suite à la faillite de la BLS, Garvey commet une erreur supplémentaire, dont il ne se relèvera pas, en répudiant son avocat. Il affirme être à même de se défendre seul, et dénonce la partialité potentielle du juge en tant qu'ancien membre de la NAACP, organisation de défense Noire supposée rivale à l'UNIA. Ce procès fût une parodie de justice, mais je n'entrerai pas dans les détails comme auparavant. Sur le fonds, rien ne pût être prouvé ou retenu d'autre qu'il ne s'est pas enrichit. Sur la forme, son arrogance et sa défense maladroite suffirent à le condamner. Pourtant il mit à mal tous les témoins censé démontrer l'intention de frauder et la non viabilité de la BLS, mais de manière si véhémente qu'on ne retint que la forme. Même le juge lui conseilla fortement à plusieurs reprises de reprendre son avocat, tellement chacune de ses interventions l'enfonçait.
Après quatre semaines d'audience, qui ne permirent pas de faire la lumière sur l'affaire, Garvey proféra une plaidoirie qui firent couler les larmes au public : Je comparais devant vous et devant cette honorable cour, je ne regrette rien de ce que j'ai fait pour l'UNIA, pour la race Noire, car je l'ai fait avec tout mon cœur… Ce n'est pas l'argent qui nous motivait, mais le bien de notre race, maintenant et pour les générations à venir… Je respecte toutes les races : je pense que les Irlandais doivent être libres… Je pense que les Juifs doivent être libres ; et les Egyptiens… et les Indiens, et les Polonais… Je crois aussi que l'Homme Noir doit être libre… Si vous dites que je suis coupable, j'irai devant mon D.ieu te que je suis au fond de moi, la conscience tranquille et l'esprit serein, car je sais que je n'ai fait de tort à personne, pas même à un enfant de ma raceou à un membre de ma famille… Je ne vous demande pas de pitié…. Je ne vous demande pas de sympathie. Je demande justice, à partir des dépositions faîtes devant cette Cour ».
Le délibéré dura près de dix heures et ne permit pas aux jurés de se mettre d'accord. Le juge leur demanda alors de retourner dans la salle d'audience, et leur dit : « Certains hommes croient que se cramponner à la première opinion est une preuve de force de caractère et de justesse de jugement. » Il ajouta que s'ils « récusaient l'un des chefs d'inculpation ou contredisaient la mise en accusation de l'un des prévenus, le gouvernement en serait pour ses frais, le public aurait perdu son temps, tout serait à reccomencer, et la Cour, les jurés, les témoins et les accusés en pâtiraient ». Les jurés se retirèrent à nouveau, et ne mirent plus que trente minutes à délibérer. Trois minutes de coup de pression du juge auront anéantis quatre semaines d'audience, et Garvey fût reconnut coupable d'avoir continué à vendre des actions de la BLS alors qu'ils savaient l'entreprise en faillite. Ses opposants utilisèrent ce verdict pour articuler leur argumentaire de l’(...) charlatan exploitant du peuple Noir crédule.
1924. Garvey persiste, achète un nouveau bateau qu'il nomme le Booker T, et entame les plans de colonisation. Mais le procès et le déchainement autour du verdict laisse des traces.
1925. Investissement du président du Libéria, qui, conseillé par Web Dubois, condamne fermement les velléités de l'UNIA. Pourtant, Garvey est encore en procédure d'appel, durant laquelle le Evening Times, tenu par des Blancs et donc peu suspects d'accointances avec l'UNIA, émet des doutes : « garvey a proposé la création d'une république libre sur la terre qui doit appartenir aux Nègres, et être gouvernée par eux : l'Afrique. Un jour son idéal sera reconnu, et il deviendra réalité. Un jour, l'Afrique Nègre sera libre, elle ne era plus partagée par la France et la Grande Bretagne. Les problèmes ont commencés pour Garvey lorsqu'il s'est mis à marcher sur les pieds de ces deux nations. Elles virent en lui un dangereux agitateur qui causerait des troubles et amènerait son peuple à penser à lui même »
1927. Après tous les recours d'appels usés, Garvey est emprisonné. Il ressort en Décembre et revient en Jamaïque. Le drapeau Rouge-Noir-Vert flotte sur toutes les revendications de masses populaires. Le daily gleaner et les classes dirigeantes s'appuient sur les accusations mensongères du procès pour dénoncer « le niveau de dégénérescence que connaît actuellement notre peuple » Là, il entame une nouvelle phase de son militantisme, où il apparaît clairement que sa volonté est bien l'union du peuple dans une optique vraiment pas du tout fasciste, que je qualifierai même d'antifa dans sa dimension unificatrice et révolutionnaire. Pourtant, la tentation est grande de succomber au cultre de la personnalité, car c'est à son retour qu'on commence à l'appeler Black Moses, en référence à son deuxième prénom et à sa qualité de leader. « Durant mon séjour à la Jamaïque, je ne ferai absolument rien qui puisse créer des divisions entre les gens vivant dans ce pays. Ce que je souhaite, c'est de voir la prospérité, mais, par D.ieu !, non pas seulement pour quelques uns. Comment peut on jouir de son bonheur, tandis que son frère doit se débattre dans la poussière, la saleté et la maladie ?.. Mon souhait le plus cher est de voir toute l'Humanité heureuse, les Blancs, les Jaunes, les Noirs, car je sais que D.ieu a créé ce monde merveilleux pour toute la race humaine ».
1928. Nouveaux voyages en Amérique Centrale et aux Caraïbes. Cette fois il diffuse largement son idéologie, convaincu qu'il « apprendra au Nègre à reconnaître sa propre beauté »
1929. Garvey fonde le People's Political Party. (Parti Politique du Peuple) En voici le manifeste :
1 – Obtenir une représentation au Parlement Impérial afin d'exiger un peu plus d'autonomie pour la Jamaïque.
2 – Protéger la main d'oruvre du pays.
3 – Garantir un revenu minimal aux ouvriers et travailleurs de la Jamaïque.
4 – Etendre et aménager les zones rurales et urbaines, en diminuant les contraintes et servitudes imposées par la propriété privée.
5 – Engager une réforme foncière, et étendre les systèmes d'adduction d'eau à l'ensemble des pays, afin de servir les besoins domestiques, l'irriguation et les industries.
6 – Rendre obligatoire l'amélioration des conditions dans les villes, où de larges profits sont accumulés par les trusts, cartels et corporations et autres compagnies.
7 – Adopter une loi destinée à promouvoir les industries locales.
8 – créer une Université de la Jamaïque et une Ecole Polytechnique.
9 – Ouvrir un Opéra National.
10 – Promulguer une loi pour l'emprisonnement de tous les juges ayant, par le passé, agi de façon non conforme à la justice britannique et à la Constitution.
11 – Créer, par décret, une Direction de l'Assistance Légale, dont la fonction serait de fournir des conseils et d'assurer la protection de ceux qui ne peuvent se garantir une bonne défense dans les tribunaux.
12 – Promulguer une loi punissant d'emprisonnement toute personne qui, au cours d'une élection, userait de violence ou de quelque autre moyen de pression pour influencer le vote d'autrui contre son gré et contre ses convictions.
13 – Accorder aux agglomérations de Montego Bay et Port Antonio le statut de villes.
14 – Transformer le champ de courses de Kingston en un parc semblable au « Hyde Park » de Londres.

L'UNIA n’était pas une organisation politique, mais culturelle et économique. Le PPP était un parti politique. Alors je veux bien que ceux qui se revendiquent de la postérité politique de Garvey en créant des partis ségrégationnistes m'expliquent où est le ségrégationnisme dans l'action politique locale de Garvey. Et je veux bien que ceux qui l'accusent de fascisme m'expliquent en quoi ces positions sont liberticides, réactionnaires, élitistes, ou potentiellement opprimantes pour les masses populaires. En 1929, cette politique est éminemment progressiste, et il distingue clairement son engagement universel en faveur de la rédemption du peuple Noir, et ce qu'il envisage politiquement pour la Jamaïque, alors Etat Colonialiste dépendant de l'Empire Britannique.
Il écopa d'ailleurs de trois mois de prison ferme et de 100 livres d'amende pour l'article 10. Elu au Conseil Municipal de Kingston, son incarcération lui fit manquer trois séances, ce qui permit de rendre son siège vacant. Il s'en plaint dans son nouveau journal « The black man » Il écopa de six mois supplémentaires pour son article. Un allié de l'impérialisme aurait il été traité ainsi ? Un fasciste cherchant à diviser le peuple en méprisant le masses auraient il dit durant cette période : « J'aime tous les Jamaïquains, Blancs ou Noirs, et tous ceux qui ont fait de ce pays leur terre d'adoption. Mais il n'y a aucune raison pour que les pauvres vivent dans la misère que nous connaissons ici… Les privilégiés doivent renoncer à leurs attitudes égoïstes. Ils ne pensent qu’à préserver les intérêts de leur petit clan, qui sont à l'origine des conditions de vie misérables des masses. Un pays ne peut être vraiment prospère tant que les petites gens, qui constituent la grande majorité de la population, restent obligées, négligés et malheureux. » « Mes adversaires disent que je suis contre les Blancs et les Mulâtres. Ce n'est pas vrai. Je suis contre le système de classes qui, ici, maintient les pauvres sous domination ; quant aux pauvres ils sont presque tous des Noirs. Il es donc bien naturel que leurs intérêts me soient plus proches et plus chers »
Je pense avoir établit de manière clair que Garvey n’était pas fasciste, il était très maladroit politiquement, contradictoire sur certains points, mais répondait à une attente populaire de l’époque, et est l'expression des masses Antillaises de l’époque. Son idéologie ségrégationniste n'est plus du tout adaptée à la réalité contemporaine, l’était d'ailleurs très peu à son époque si on la considère avec une grille de lecture des valeurs contemporaines, mais correspondait à une réaction face à l'hostilité ambiante. Mais son image de petit bourgeois raciste arrogant au service du capitalisme impérialiste, annihilant la lute des masses contre l'impérialisme américain me semble donc tout aussi infondé et insensé que de vouloir en faire un chantre du choc des civilisations. Son but à toujours été d’établir une société humaine juste et égalitaire, où tous les peuples égaux pourraient se réconcilier et s'unir pour abolir les classes. Un genre de Egalité & Réconciliation qui aurait eu vraiment du sens quoi (moi un provocateur ? meuh naaaaaaan ^^)
Je conclurais par un ensemble de citation qui vont dans ce sens, et vous remercie de l'attention que vous avez porté à ce post fleuve (nourrit quasi exclusivement par les ouvrages « Marcus Garvey, un homme est sa pensée », d'Adolph EDWARDS, et « Philosophie & Reflexions de Marcus Garvey », textes réunits par Amy J GARVEY et traduits par Hélène LEE) permettant d'ouvrir le débat sur des bases historiques, et non fantasmées. Pour moi, Garvey était bien un révolutionnaire conscient de l'impact de la propagande et de l’éducation sur les mouvements de masses, seuls à son idée capables de changer le monde… ça me semble plus proche des valeurs défendus par l'AA que ce que l'on pourrait croire, mais je suis prêt à considérer tout contre argumentaire avec attention et objectivité.

« Le hasard n'a jamais jusqu’à ce jour satisfait les aspirations d'un peuple souffrant. Les opprimés qui ont vu la lumière et brisé leurs chaines n'ont eu qu'un seul recours : agir et ne compter que sur eux mêmes, avec une claire vision de soi et de l'avenir. »
« Si les buts que vous cherchez à atteindre ne concernent que vous, ils ne vous mèneront pas plus loin que vous même ; mais les buts que vous visez pour le bien commun vous mèneront bien au delà, et jusque dans l’éternité »
« Le réajustement politique du monde signifie que ceux qui ne sont pas suffisamment préparés, suffisamment capables, seront à la merci des classes organisées pendant deux ou trois siècles encore »
« La seule protection contre l'injustice des hommes est le pouvoir. Qu'il soit physique, financier ou scientifique »
« Ce sont les masses qui font les nations et les races. Si les masses sont illettrées, c'est d »après elles que jugeront ceux qui mettent en question l'existence même de la race »
« Le monde entier marche au bluff. Aucun peuple, aucune race, aucun individu n'a le droit divin de profiter des autres. Pourquoi laissez les autres vous bluffer ? »
« Je ne fais pas parti de ces chrétiens qui croient que la Bible résoudra tous les problèmes de l'Humanité. La Bible a son utilité ; c'et une bonne chose, mais nous sommes des hommes. Nous sommes des créatures de d.ieu. Nous avons pêché contre lui, et par conséquent ce n'est pas un simple livre qui nous fera nous tenir à notre place. L'homme d'aujourd'hui s'est avili au point qu'on ne peut plus espérer le convertir avec les seules vérités morales, éthiques ou physiques ; il faut recourir à des moyens plus efficaces : aux instruments de destruction. »
« Pour l’âme contente, la richesse est le marche pied vers la perfection ; pour l'avare, c'est la dernière rue avant l'enfer. Je préfèrerais être honnêtement riche que misérablement pauvre. »
« Même en passant au crible l'histoire des cinq derniers siècles, vous ne trouverez pas un sul cas où la race Noire se soit conduite en race haineuse. Même soumis aux pires sévices, le Noir a fait preuve d'amour. Sous l'esclavage, il a aimé son maître, il a défendu sa maison même quand celui ci l'exploitait par tous les moyens. Nous ne sommes pas une race haineuse, nous avons mis notre amour au service de l'Humanité. »
« Ce n'est pas la perpétuation du crime par la vengeance et les représailles qui sauvera l'Humanité . »

« L'Europe d'aujourd'hui fait banqueroute, et toutes les nations qui la composent, s'efforcent de trouver de nouveaux débouchés d'exploitation ; cette exploitation qui leur apportera les ressources, les revenus et le pouvoir nécessaires à leur bien être et à l'assainissement de leur budget. »
« Nous vivons une époque d'initiative et d'acharnement où les hommes ne voient pas leurs prochains dans un esprit de sympathie, mais exigent de chacun qu'il s'affronte au monde, et se plie à la loi de l'offre et de la demande qui régit l'emploi. »
« Si le Noir ne prend pas arde, il boira tous les poisons de la civilisation moderne, et il en mourra. »
« Un homme qui a faim n'a de respect ni pour la loi, ni pour l'autorité, ni pour la vie humaine. »
« La pauvreté n'est pas une vertu, c'est un crime. »
« L'homme est l'individu capable de façonner son propre caractère, de maîtriser sa propre volonté, de conduire sa propre vie et de choisir ses propres buts. Quand D.ieu insuffla dans les narines de l'homme le souffle de vie, lui conféra une âme vivante et l'autorité de « Seigneur de la Création », son intention n’était pas qu'il s'abaisse à devenir un péon, un serf ou un esclave, mais qu'il reste éternellement homme, dans la pleine possession de ses sens, et sa vraie connaissance de lui même.
Or, l'homme a bien changé depuis la Création ! Aujourd'hui, nous le trouvons divisé en classes distinctes, le pitoyable imbécile, l'esclave dépendant, le serviteur et le maître. D .ieu n'a jamais créé ces classes. Il a créé l'HOMME ; Mais l'individu a tellement régressé qu'il est presque impossible aujourd'hui de trouver un homme authentique.
Au sein de la race Noire, les hommes authentiques dignes des visées du Créateur, sont particulièrement peu nombreux. Cette absence de fierté humaine a tenu notre race immobile durant des siècles, si bien que nous nous trouvons aujourd'hui au bas de la grande échelle humaine.
Ayant achevé sa création, et donné à l'homme la terre en partage, le Créateur abandonna toute autorité à celui dont il avait fait le seigneur du monde, excepté l'autorité spirituelle. C'est le Créateur lui même qui donna à l'homme la haute main sur toutes les affaires humaines, la société humaine, le bonheur humain ; de ce fait, l'homme devint le maître de sa destinée et l'architecte de son sort.
Nous constatons qu’à l’épreuve du temps, un seul type d'hommes a été capable de tirer parti des dispositions divines. Nous trouvons ce type d'hommes occupés à bâtir des nations, des gouvernements et des empires, ainsi que les grands systèmes du commerce, de l'industrie et de l’éducation. Ces hommes, conscients du pouvoir qui leur était donné, en ont tiré un profit maximum pour eux et les leurs. Pendant ce temps, 400 millions de Noirs, qui se réclament pourtant de la même paternité divine et de la même fraternité humaine, ce sont laissés aller si complètement, qu'ils ne sont plus aujourd'hui que les sers et les esclaves de ceux qui, ayant gardé une pleine conscience d'eux mêmes, ont pris les commandes de ce monde, que le Créateur avait donné en partage à tous les hommes.
Mon désir est de bien faire comprendre aux 400 millions d'hommes de ma race que nos échecs passés, présents et futurs viennent tous d'une seule et même cause : nous n'avons pas su connaître nous mêmes, et prendre conscience de la vraie vocation de l'homme dans le monde. »
« Ma conviction est que l'homme Blanc doit rester Blanc, l'homme Jaune doit rester Jaune, l'homme Noir doit rester Noir dans le grand panorama des races, jusqu'au jour où chaque race, de sa propre initiative, sera parvenue à s’élever au rang qui revient à l'homme, et à s'imposer au respect de tous. Alors, chacun pourra tendre à l'autre une main de bienvenue, sans préjugé contre lui sous prétexte d'une condition inférieure ou malheureuse. L'homme Blanc d'Amérique n'est pas prêt à assimilerle Noir (sauf cas isolés) car, ce faisant, il a l'impression de commettre un suicide racial, et cela, il n'est pas prêt à l'accepter. Il tolère, il est vrai, un système d'assimilation telle qu'on la pratique, puisqu'il reporte ses préjugés sur ses propres rejetons, quand ceux ci sont le produit du mélange Noir et Blanc ; pour l'homme Blanc, la question raciale est éternelle.
Tant que la race Noire occupera une place inférieure parmi les races et les nations du monde, xelle ci feront preuve de racisme à son égard, et maintiendront le système de supériorité, qui les avantage. Mais quand le Noir, de sa propre initiative, se haussera de sa condition inférieure au plus haut archétype humain, il pourra enfin cesser de mendier et de supplier, et exiger une place qu'aucun individu, peuple ou nation ne pourra lui refuser. »
« L ‘environnement dans lequel nous vivons aujourd'hui présente plus de dangers que celui où on vécu les peuples des siècles passés. L'environnement auquel nous devons faire face est celui d'une civilisation qui entre en compétition avec elle même dans un processus d'auto desruction ; une civilisation qui ne peut subsister, car elle n'a aucun fondement spirituel ; une civilisation vicieuse, frelatée, malhonnête, immorale, impie et corrompue.
Un faible pourcentage de la population mondiale semble heureux et satisfait de cette civilisation élaborée par l'homme, tandis que la grande majoritéde la race humaine exprime son mécontentement et son désaccord avec la civilisation d'aujourd'hui, dans son organisation sociale. Ces masses sont déterminées à anéantir les systèmes qui permettent à une telle société de fonctionner, à une telle civilisation de subsister.
Tous les indices montrent que la chute est proche, et cette chute entrainera l'anéantissement total de la civilisation que nous connaissons. Dans cette civilisation, le Noir est appelé à jouer son rôle. Il est appelé à élaborer les idéaux de sa race, fondés sur la liberté, l'indépendance humaine et la vraie démocratie. »
« Si les hommes d’état actuels s'imaginent qu'il peut y avoir la paix tant que l’équité et la justice ne sont pas assurées à l'Humanité entière, ils sont en train de commettre la plus grossière erreur du siècle. Une tentative quelconque de désarmement, quand une moitié du monde opprime l'autre, n'est qu'une farce, car les opprimés auront tôt fait d'obliger les oppresseurs à rendre leurs armes . »
« Une classe fait de l'opposition et combat l'autre, qui elle même s'acharne à priver la première du minimum vital, de ce qui est indispensable à la vie et au bien être. La classe qui dominait autrefois et domine, aujourd'hui encore, les gouvernements, a toujours abusé de la patience des masses. D'où les désordres sociaux, les guerres civiles, qui finissent par entrainer la chute des nations et des empires. Je ne prétend prophétiser l'anéantissement d'aucune nation ou d'aucun empire existants : ce sont les nations et les empires eux mêmes qui courent à leur ruine.
D'Europe, nous parviennent les nouvelles de troubles graves dans l'industrie ; des travailleurs s'unissent et marchent contre les représentants des gouvernements en demandant de meilleures conditions de vie et l'allègement de leur peine. Les représentants des gouvernements, au lieu de chercher à calmer et à satisfaire ces gens qui souffrent et demandent assistance à la nation ou à l'empire, adoptent une politique intransigeante et s'arment pour les poursuivre et les persécuter. Qu'arrive-t-il ? Les mécontents, rejetés par la loi et par le système, s'en retournent vers leurs compagnons de souffrance et répandent à travers la nation ou l'empire un esprit de rébellion, qui finira par exploser en guerre civile ; le désordre social, à son tour, amènera la chute de la nation ou de l'empire.
Les gens en place, élus pourtant par les masses, oublient quand ils arrivent au pouvoir, qu'ils ont des obligations envers ceux qui les y ont mis, et s'arrogent égoïstement toutes les richesses du pays ; ils en excluent les déshérités, ils en excluent ceux qui les ont placés à ces postes de confiance. D'où le monopole industriel, commercial et économique, qui centralise le pouvoir dans les mains d'un petit nombre d’élus. Ce petit nombre pratique une administration égoïste, et rend l'existence des masses chaque jour plus précaire. Cela engendre un esprit de révolte chez le peuple, et celui ci, cherchant à corriger ce qui ne va pas, renverse les gouvernements dans son élan de colère. »
« Pour moi, l'homme n'a d'autre maître que D.ieu »
« Si le rêve de la paix universelle doit un jour se réaliser, il faut d'abord que soit tenue une grande conférence inter-raciale ; que le Juif rencontre le non Juif, que l'Anglo-Saxon rencontre le teuton ; que la grande famille Caucasienne rencontre la famille Mongole, et que l'une et l'autre rencontrent les Noirs, et règlent sur place toutes les questions qui nous divisent depuis des siècles et nous diviseront jusqu'au dernier jour, si nous ne faisons pas quelque chose pour permettre une meilleure compréhension inter-raciale.
Tant que les Blancs exploiteront les Jaunes, tant que les Blancs exploiteront les Noirs et les Bruns, tant que les Jaunes exploiteront les Bruns et les Noirs, tout ce à nous pouvons nous attendre, c'est à une succession de guerres et de rumeurs de guerres. Tant que les Anglo Saxons exploiteront les Indiens, tant que les Français exploiteront la race Noire, tant que les Russes massacreront les Juifs, les causes de guerre seront innombrables, et l'homme continuera à se battre et à tuer ses frères.
Il fût un temps où le grand Napoléon était le maître ; il fût un temps où régnaient les tsars ; mais à présent, c'est l'aigle allemand qui sème la terreur. Aujourd'hui, l'Angleterre me semble être au zénith de la constellation européenne. Mais demain ? Dans un siècle, l'Afrique, toujours au bord de la crise, aura recréé les conditions de l'Europe du passé. Ne voyez vous pas que nous allons tout droit vers des abîmes de destruction ? Pensez vous sincèrement être en train de poser les bases de la paix ? Le monde peut se moquer de nous, il peut nous tourner en dérision, mais il a déjà eu bien des surprises, et il en aura encore. On se moquait de idées de Tolstoï ; le tsar lui même s'opposait à toute libéralisation de la Russie, aujourd'hui, ce sont Lénine et Trotsky qui dirigent le pays. La propagande libérale faisait rire les Bourbons : la monarchie française n'est plus ; aujourd'hui les Français sont fiers de la nouvelle démocratie de leur pays. Alors, laissons rire les autres quand nous réclamons une Afrique libre et indépendante. Demain, qui sait, l'Afrique sera peut être la plus grande république du monde ? »


____

J'ai fait ce post pour un autre forum, mais constatant l'absence de topic sur Garvey sur le Vol, j'ai décidé de le dupliquer ici. En fait, ma motivation initiale était de démontrer que des gars comme Stllio Capochichi ont beau se revendiquer Garveyiste, ils selectionnent souvent partiellement les éléments qui permettent de justifier leur idéologie raciste et ségrégationniste. Je ne suis pas Garveyiste, mais ai toujours été impressionné par l'engagement de cet homme et me refuse de voir en lui un faciste Noir. Garvey était bel et bien révolutionaire
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galak
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 #2 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 15 Aoû 2009 23:57

Dans un autre style, y'a du ppm la dedans...

A part cela, qu'est ce que "D.ieu" ? "dépointyeux" ?

galak, agnostique, ethno-jemenfoustiste et individualo-décloisonniste
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RockSoGad
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 #3 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 17 Aoû 2009 22:31

1. Même si je sais ce que ça vaut dans ta bouche, j'arrive à prendre ta remarque ni comme une vanne, ni comme une insulte Je regrette même que Ppm ai disparut au profit d'un posteur utilisatn son compte pour venir de temps en temps uniquement vanter les mérites du zouk et du rhum pas très révolutionnaire tout ça

2. Je te répondrai bien, si je n'avai le sentiment que tu te moques de la réponse

3. Je suis pas Garveyiste, considère qu'être Garveyiste aujourd'hui est un acte de facisme, et voulai juste apporter un oeil historique à une problématique sous jacente à certaines positions rencontrées sur le vol.

Cela dit, pour paraphraser PPM pour de bon, "si rien ne te retiens sur mes sujets, pourquoi ne pas passer ton chemin?"
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 #4 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 18 Aoû 2009 02:19

Rockso, Le fait d'écrire de longs pavés informes rebute le lecteur qui pourrait être intéressé par ton propos.

Le confort de lecture est réduit sur un ordinateur: il est plus difficile et moins engageant de lire de longs textes non-aérés sur un écran.

Par exemple, tu ne verras jamais de texte aussi long en un seul bloc sur un site commercial: ils optimisent l'ergonomie pour améliorer l'efficacité et l'impact de leur message.

même si tu honnis le capitalisme, tu devrais t'inspirer de certaines de ses méthodes

Personnellement, j'ai cliqué sur le sujet mais en découvrant le pavé , j'ai laissé tombé.

En gros, fais attention à la forme, si tu veux qu'on fasse attention au fond.
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RockSoGad
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 #5 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 18 Aoû 2009 15:30

T'as 20 fois raison



__________



PRESENTE :



Marcus Mosiah Garvey
1887 – 1940


« J'ai lu Hegel, Karl Marx, Engels, Lénine et Mazzini. Leurs écrits ont largement influencé ma pratique et ma pensée révolutionnaires ; Marx et Lénine m'ont particulièrement impressionné, car j'étai convaincu que leur philosophie était à même de résoudre bien des problèmes. Mais je crois que, de toute la littérature que j'ai étudiée, le livre qui a plus que tout contribué à enflammer mon enthousiasme, est le ‘Philosophy and opinions of Marcus Garvey’ » Kwame NKRUMAH


Marcus Garvey était déiste, ethno-différencialiste et ségrégationniste. Il pensait que D.ieu ayant créé tous les hommes égaux et leur ayant conférer le statut de « seigneurs de la Création », aucune race ne devait se sentir inférieure à une autre, et aucune classe ne pouvait se justifier. Beaucoup ont retenu uniquement le côté ségrégationniste de sa pensée pour prouver qu'il était raciste, encore plus nombreux sont ceux qui occultent ses positions en faveur d'une société sans classes.

Cela permet à certains de se revendiquer ses héritiers en focalisant uniquement sur le côté ethnique de son combat, à d'autres de l'accuser de fascisme en arguant son alliance avec les capitalistes Noirs.

Je vais ici tenter de démontrer que Garvey n'était pas raciste, et qu'en plus il a agit toute sa vie pour la lute des classes,
prônant le repli communautaire des Noirs uniquement en réaction à la domination des classes Blanches.

Selon lui, la race Noire devait retrouver sa fierté en se hissant au niveau des autres races, par la création de compagnies autonomes, visant à l'institution d'un gouvernement Noir qui libèrerait l'Afrique et imposerait le respect aux autres peuples. Une fois cette égalité acquise, Garvey prônait la « main chaleureuse tendue entre les peuples », enfin débarrassés des préjugés raciaux, et affirmait qu'une nouvelle civilisation pourrait naitre, issue de la destruction du système de classes.

La ségrégation n'était donc pas un but, mais un moyen. Et tant que ce moyen n'était pas rempli, il était bien sûr son objectif prioritaire. Mais un homme qui avait pour obsession la lutte et l'éducation des classes opprimées, qui fût rejeté de toutes les élites de son pays et harcelé par la justice ne peut, selon moi, aucunement être taxé de fascisme.




Chronologie

1er épisode : la naissance d'une conscience



Marcus Garvey nait dans une famille de paysans pauvres de onze enfants. La société Jamaïquaine, à l'image des autres sociétés Antillaises, est structurée autour de l'exploitation des masses Noires par les colons Blancs. Le système capitaliste post esclavagiste est le fruit d'une hiérarchisation, où les plus hautes fonctions et les moyens de production sont détenus exclusivement par des Blancs et des Mulâtres.

Le père de Garvey préfère occuper un poste de juge de paix (village lawyer) peu lucratif à sa condition de paysan dont le travail était trop pénible et irrégulier. Sa mère vend des gâteaux et des pâtisseries pour augmenter le revenu familial. Malgré les moqueries incessantes liées à son physique (on le surnomme « ugly mug » dès la primaire), Marcus se plaît à l'école, et obtient les diplômes de la « Church of england High school »). Il doit pourtant interrompre ses études à l'âge de quatorze ans faute d'argent, et entre comme apprenti chez son parrain imprimeur. Il garde néanmoins un goût indéfectible pour le savoir et la culture.

Un événement apparemment anodin le marque alors profondément, et forge les bases de son engagement et idéologie futures. Marcus a l'habitude de jouer avec les enfants Blancs de son quartier, et est très proche d'une fillette qui fût envoyée en Ecosse pour poursuivre ses études. Affecté par la séparation, il fût d'autant plus traumatisé par l'interdiction catégorique que le parents de cette dernière lui imposèrent d'écrire et de rester en contact avec Marcus, car c'était un « nègre ».

« C'est ainsi que, pour la première fois de ma vie, je compris qu'il existait des ségrégations dans l'humanité et qu'il y avait plusieurs races, chacune ayant une place bien précise dans la société… Après cette première leçon, il ne me vint plus jamais à l'idée de jouer avec des filles Blanches, même si elles se trouvaient être mes plus proches voisines.»


Garvey quitte St Ann's Bay deux ans plus tard pour la capitale, où il gravit les échelons de l'imprimerie qui l'emploie et devient responsable de « plusieurs hommes en âge d'être mon grand père »

STOP PROMO ! : Pour parfaire votre connaissance du monde des DOM -TOM, cliquez ici : http://www.volcreole.com ... Une équipe dynamique vous accueille à toute heure du jour et de la nuit pour vous faire partager sa connaissance et son amour des DOM TOM. Musique, histoire, actualités, débats d'idées... A chaque île sa particularité, ses représentants et sa contribution à la culture Créole... Ceci est un communiqué du Ministère de l'Identité Nationale et de la désintégration culturelle




1907. Kingston est ravagé par un tremblement de terres suivit d'incendies. Pénurie, hausse des prix, pouvoir d'achat des travailleurs en berne. Le syndicat des imprimeries se met en grève, et demande une hausse des salaires. Garvey prend le parti des ouvriers, et occupe une place prépondérante dans la lutte. Il n'est néanmoins ni à l'origine du mouvement, ni élu à la tête de celui ci comme certains l'ont ensuite affirmés. Pourtant, lorsque la grève fût brisée et les ouvriers contraints à capituler, il paya son engagement en étant licencié, ainsi que la plupart des grévistes. Le trésorier du syndicat disparut avec la caisse. Cette expérience nourrit son mépris des organisations syndicales, et finit de le convaincre que la délivrance de l'Homme Noir ne connaitrait aucune contribution du mouvement syndical.

Il crée alors son premier journal, « the watchman », et milite au sein de l'organisation politique « National Club ». C'est là qu'il rencontre le juriste Robert Love, qui consacre l'essentiel de son temps et de son argent à la cause des classes défavorisées. Impressionné par son érudition, son engagement et son désintéressement, Garvey se laisse convaincre par lui de la nécessité de voyager pour parfaire son champ de vision des classes opprimées. Commence alors son odyssée en Amérique Centrale.

Au Costa Rica, il est géreur dans une bananeraie. Dégouté de constater le sort réservé aux ouvriers Noirs, il démissionne et donne des conférences où il enseigne la fierté d'être Noir et exhorte les travailleurs à lutter pour améliorer leur condition. Les classes dirigeantes, irritées par son militantisme, entament une campagne diffamatoire visant à le discréditer. Ses propos sont déformés, et sa tentative de riposte par la création d'un nouveau journal échoue. Il rejoint alors le Panama, où il constate des conditions de travail encore pire pour les Noirs , dont nombre de Jamaïquains expatriés. Il continue d'étudier matériellement le sort des travailleurs Noirs en Equateur, au Nicaragua, en Colombie, au Honduras et au Vénézuela.. Mais ses discours trouvent peu d'écho parmi son auditoire, qu'il sent pourtant frémissant.

1911. Retour en Jamaïque, où il reçoit un accueil triomphal. Encouragé par l'évolution des masses populaires de son pays en son absence, il sait désormais avec certitude que les Nègres doivent faire « quelque chose ». Mais quoi ?

1912. Voyage en Angleterre. Rencontre avec l'autonomiste Egyptien Duce Mohammed Ali. Les deux hommes se lient d'amitié, et Garvey se prend d'une passion pour l'histoire de l'Egypte, de l'Afrique et de l'exploitation et des pillages coloniaux. Il lit « Up from slavery » de Booker T. Washington, et prend conscience qu'il peut devenir un leader pour le peuple Noir.

« Je me demandai : où est le gouvernement de l'Homme Noir ? Où se trouvent son roi et son royaume ? Où sont donc son Président, son pays, ses ambassadeurs, son armée, sa flotte, ses grands brasseurs d'affaires ? Comme je ne les trouvais pas, je décidai que j'allai contribuer à les créer. Et c'est alors que je vis devant moi le nouveau monde de l'Homme Noir, pas un monde de péones, de serfs, de chiens ou d'esclaves, mais une nation d'hommes résolus à marquer la civilisation de leur empreinte et à faire briller sur la race humaine une nouvelle lueur. Je ne pouvais plus rester à Londres »

Le garveyisme est né.


Chronologie

2ème épisode : la naissance d'une action militante





1914. Nouveau retour en Jamaïque. Création de la « Universal Negro Improvement Association » (association universelle pour l'amélioration des conditions des Noirs) ayant pour objectif de « rassembler tous les Noirs du monde, au sein d'une grande entité, et de créer une nation et un gouvernement qui leur seraient propres » Le slogan est « One G.od ! One aim ! One destiny » (un seul D.ieu ! un seul but ! un seul destin !)

Parmi les propositions concrètes de l'association, on trouve la création de collèges classiques et techniques pour les Noirs de la Jamaïque. Le projet est soutenu par le peuple, par les personnalités locales et même par l'Evêque catholique, mais violemment critiqués par la classe dirigeante.

Garvey dénonce alors la trahison des « nègres à blanc » de la Jamaïque, attirés par les avantages matériels procurés par la soumission, et s'engage « à préserver l'intégrité et la dignité de millions de Noirs, au prix de ma souffrance. » Le peuple réalise alors que Garvey a changé depuis son retour en Angleterre, il a abandonné son arrogance et son air d'infaillibilité, tout en étant plus sûr de lui.

Ses conférences rassemblent de plus en plus de monde, et sa propagande commence enfin à prendre. La seconde guerre mondiale éclate, et le scandale de la discrimination des Antillais dans l'armée britannique apporte de plus un souffle inespéré.

« C'est grâce à ce scandale, et à d'autre affaires du même ordre, que quelques uns de ces entêtés ont commencé à voir la raison profonde de mon action ; mais ils continuaient à refuser de se reconnaître comme nègres. »

Il entre en contact avec Booker T Washington, qui lui apporte soutient moral et financier. A sa mort, Garvey décide de rejoindre les Etats Unis.





Pour continuer à profiter gratuitement de ce programme, merci de soutenir nos sponsors :

http://actionantifasciste.fr/documents/index.html
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http://www.subsociety.org/anarchisme_aujourdhui.htm
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http://www.lutte-ouvriere.org/
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Il visita 38 états, et vit partout la même situation. Il implanta l'UNIA à New York et connut tout de suite un vif succès. En 1919, plus de trente sections existaient au pays du KKK et de la discrimination raciale. Il crée alors le journal « Negro World », à large diffusion, qui fût interdit dans les états coloniaux pour sa haute teneur subversive. Au Dahomey, on encourrait une peine de prison à vie pour sa simple détention. Les gouvernements coloniaux ont vite compris la dimension révolutionnaire de Garvey.


J'ai été volontairement long sur la description de la période qui vit naître son engagement et les conditions du succès, car pour moi c'est essentielle à la dénonciation de ce qu'on lui reproche dans ce qui s'en suivit : le capitalisme Noir n'avait pas pour but le profit en soi, mais la mise à niveau intellectuel et financier d'un peuple qui pourrait ensuite entamer un travail révolutionnaire en Afrique, censé répandre sur le monde des idées de justice et d'égalité favorisant la fin de système de classes dans son ensemble.

S'il en avait été autrement, l'impérialisme colonialiste l'aurait récupéré en lui faisant miroiter des avantages à tirer de l'influence qu'il avait acquit sur les masses populaires Noires à travers la planète.

Bien au contraire, il fût persécuté, dénigré et calomnié de manière systématique. En effet, à la création de la Black Star Line, compagnie maritime chargée d'acquérir des navires en vu du rapatriement des Noirs diasporiques qui le désiraient (contrairement à l'idée que certains ont pu se faire, il n'a jamais assimilé à des traitres ceux qui voulaient rester dans leurs pays respectifs, conscient d'une nécessité d'enracinement locaux de la lutte, à l'image « des Irlandais et des Juifs »), on l'accusa d'être un e.scroc et un charlatan.

La compagnie coula suite à une mauvaise gestion (bateaux achetés trop chers et mal entretenus), mais ne l'enrichit jamais personnellement. La Negro Factories Corporation est une preuve supplémentaire de la nécessité de conserver des industries gérées par des Noirs partout dans le monde, loin d'une lubie de rapatriement de tous les Noirs du monde en Afrique. Et la manière dont ces industries devaient être gérées ressemble plus à du collectivisme qu'à une forme d'exploitation de l'homme par l'homme. Il fallait néanmoins être concurrentiel dans un environnement hostile, mais assimiler ce capitalisme Noir a du fascisme ne me semble pas pertinent.

1920. Convention de l'UNA. L'objectif est de rassembler au librty halls de NY un maximum de Noirs venus du monde entier. Succès faramineux, Garvey à l'apogée de ses talents d'orateurs profèrent le fameux « Nous sommes les descendants d'un peuple qui a souffert ; nous sommes les descendants d'un peuple résolut à ne plus souffrir… Nous allons mobiliser les 400 millions de Noirs de la planète et planter sur le sol d'Afrique la bannière de la liberté… Si l'Europe est aux Européens, alors l'Afrique doit être à tous les Noirs du Monde… » Création de la déclaration des droits de l'Homme Noir en 54 articles, et du drapeau de l'UNIA, Rouge-Noir-Vert (le sang versé, la fierté de la race, la promesse d'une vie meilleure en Afrique). Le garveysime est codifié.

1923. Le procès. Les ennemis de Garvey sont déchainés, surtout après que l'un deux reçu par la poste un colis contenant une main coupée, bien que sa responsabilité ne fût jamais établie. Devant la multitude de mensonges et d'attaques, c'est e moment ou Garvey se laisse aller à une faiblesse fatale : il incluse les injures à ses discours politiques, se qui crédite l'idée de fanfaron que ses adversaires ont toujours cherché en vain de lui affubler. (cette dimension agressive est la seule retenue comme exemple par KS aujourd'hui, alors qu'elle est loin d'être représentative de son œuvre et des conditions du succès de son engagement, bien au contraire). « requin de l'immobilier », « blanchisseur de peau », « défriseur de cheveux », « tas de politicards véreux » sont devenus ses armes réthoriques favorites en réponses aux attaques honteuses dont il est l'objet.

A l'ouverture du procès pour e.scroquerie suite à la faillite de la BLS, Garvey commet une erreur supplémentaire, dont il ne se relèvera pas, en répudiant son avocat. Il affirme être à même de se défendre seul, et dénonce la partialité potentielle du juge en tant qu'ancien membre de la NAACP, organisation de défense Noire supposée rivale à l'UNIA.

Ce procès fût une parodie de justice, mais je n'entrerai pas dans les détails comme auparavant. Sur le fonds, rien ne pût être prouvé ou retenu d'autre qu'il ne s'est pas enrichit. Sur la forme, son arrogance et sa défense maladroite suffirent à le condamner. Pourtant il mit à mal tous les témoins censé démontrer l'intention de frauder et la non viabilité de la BLS, mais de manière si véhémente qu'on ne retint que la forme. Même le juge lui conseilla fortement à plusieurs reprises de reprendre son avocat, tellement chacune de ses interventions l'enfonçait.

Après quatre semaines d'audiences, qui ne permirent pas de faire la lumière sur l'affaire, Garvey proféra une plaidoirie qui firent couler les larmes au public :

Je comparais devant vous et devant cette honorable cour, je ne regrette rien de ce que j'ai fait pour l'UNIA, pour la race Noire, car je l'ai fait avec tout mon cœur… Ce n'est pas l'argent qui nous motivait, mais le bien de notre race, maintenant et pour les générations à venir… Je respecte toutes les races : je pense que les Irlandais doivent être libres… Je pense que les Juifs doivent être libres ; et les Egyptiens… et les Indiens, et les Polonais… Je crois aussi que l'Homme Noir doit être libre… Si vous dites que je suis coupable, j'irai devant mon D.ieu te que je suis au fond de moi, la conscience tranquille et l'esprit serein, car je sais que je n'ai fait de tort à personne, pas même à un enfant de ma raceou à un membre de ma famille… Je ne vous demande pas de pitié…. Je ne vous demande pas de sympathie. Je demande justice, à partir des dépositions faîtes devant cette Cour ».

Le délibéré dura près de dix heures et ne permit pas aux jurés de se mettre d'accord. Le juge leur demanda alors de retourner dans la salle d'audience, et leur dit : « Certains hommes croient que se cramponner à la première opinion est une preuve de force de caractère et de justesse de jugement. » Il ajouta que s'ils « récusaient l'un des chefs d'inculpation ou contredisaient la mise en accusation de l'un des prévenus, le gouvernement en serait pour ses frais, le public aurait perdu son temps, tout serait à reccomencer, et la Cour, les jurés, les témoins et les accusés en pâtiraient ».

Les jurés se retirèrent à nouveau, et ne mirent plus que trente minutes à délibérer. Trois minutes de coup de pression du juge auront anéantis quatre semaines d'audience, et Garvey fût reconnut coupable d'avoir continué à vendre des actions de la BLS alors qu'ils savaient l'entreprise en faillite. Ses opposants utilisèrent ce verdict pour articuler leur argumentaire de l'es.croc charlatan exploitant du peuple Noir crédule.

1924. Garvey persiste, achète un nouveau bateau qu'il nomme le Booker T, et entame les plans de colonisation. Mais le procès et le déchainement autour du verdict laisse des traces.


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1925. Investissement du président du Libéria, qui, conseillé par Web Dubois, condamne fermement les velléités de l'UNIA. Pourtant, Garvey est encore en procédure d'appel, durant laquelle le Evening Times, tenu par des Blancs et donc peu suspects d'accointances avec l'UNIA, émet des doutes :
Citation:
 

« Garvey a proposé la création d'une république libre sur la terre qui doit appartenir aux Nègres, et être gouvernée par eux : l'Afrique. Un jour son idéal sera reconnu, et il deviendra réalité. Un jour, l'Afrique Nègre sera libre, elle ne era plus partagée par la France et la Grande Bretagne. Les problèmes ont commencés pour Garvey lorsqu'il s'est mis à marcher sur les pieds de ces deux nations. Elles virent en lui un dangereux agitateur qui causerait des troubles et amènerait son peuple à penser à lui même » 
 




Chronologie

3ème épisode : l'engagement politique




1927. Après tous les recours d'appels usés, Garvey est emprisonné. Il ressort en Décembre et revient en Jamaïque. Le drapeau Rouge-Noir-Vert flotte sur toutes les revendications de masses populaires. Le daily gleaner et les classes dirigeantes s'appuient sur les accusations mensongères du procès pour dénoncer « le niveau de dégénérescence que connaît actuellement notre peuple »

Là, il entame une nouvelle phase de son militantisme, où il apparaît clairement que sa volonté est bien l'union du peuple dans une optique vraiment pas du tout fasciste, que je qualifierai même d'antifa dans sa dimension unificatrice et révolutionnaire. Pourtant, la tentation est grande de succomber au cultre de la personnalité, car c'est à son retour qu'on commence à l'appeler Black Moses, en référence à son deuxième prénom et à sa qualité de leader.

« Durant mon séjour à la Jamaïque, je ne ferai absolument rien qui puisse créer des divisions entre les gens vivant dans ce pays. Ce que je souhaite, c'est de voir la prospérité, mais, par D.ieu !, non pas seulement pour quelques uns. Comment peut on jouir de son bonheur, tandis que son frère doit se débattre dans la poussière, la saleté et la maladie ?.. Mon souhait le plus cher est de voir toute l'Humanité heureuse, les Blancs, les Jaunes, les Noirs, car je sais que D.ieu a créé ce monde merveilleux pour toute la race humaine ».



1928. Nouveaux voyages en Amérique Centrale et aux Caraïbes. Cette fois il diffuse largement son idéologie, convaincu qu'il « apprendra au Nègre à reconnaître sa propre beauté »

1929. Garvey fonde le People's Political Party. (Parti Politique du Peuple) En voici le manifeste :
Citation:
 
1 – Obtenir une représentation au Parlement Impérial afin d'exiger un peu plus d'autonomie pour la Jamaïque.
2 – Protéger la main d'oruvre du pays.
3 – Garantir un revenu minimal aux ouvriers et travailleurs de la Jamaïque.
4 – Etendre et aménager les zones rurales et urbaines, en diminuant les contraintes et servitudes imposées par la propriété privée.
5 – Engager une réforme foncière, et étendre les systèmes d'adduction d'eau à l'ensemble des pays, afin de servir les besoins domestiques, l'irriguation et les industries.
6 – Rendre obligatoire l'amélioration des conditions dans les villes, où de larges profits sont accumulés par les trusts, cartels et corporations et autres compagnies.
7 – Adopter une loi destinée à promouvoir les industries locales.
8 – créer une Université de la Jamaïque et une Ecole Polytechnique.
9 – Ouvrir un Opéra National.
10 – Promulguer une loi pour l'emprisonnement de tous les juges ayant, par le passé, agi de façon non conforme à la justice britannique et à la Constitution.
11 – Créer, par décret, une Direction de l'Assistance Légale, dont la fonction serait de fournir des conseils et d'assurer la protection de ceux qui ne peuvent se garantir une bonne défense dans les tribunaux.
12 – Promulguer une loi punissant d'emprisonnement toute personne qui, au cours d'une élection, userait de violence ou de quelque autre moyen de pression pour influencer le vote d'autrui contre son gré et contre ses convictions.
13 – Accorder aux agglomérations de Montego Bay et Port Antonio le statut de villes.
14 – Transformer le champ de courses de Kingston en un parc semblable au « Hyde Park » de Londres. 
 



L'avis de l'auteur



L'UNIA n'était pas une organisation politique, mais culturelle et économique. Le PPP était un parti politique. Alors je veux bien que ceux qui se revendiquent de la postérité politique de Garvey en créant des partis ségrégationnistes m'expliquent où est le ségrégationnisme dans l'action politique locale de Garvey. Et je veux bien que ceux qui l'accusent de fascisme m'expliquent en quoi ces positions sont liberticides, réactionnaires, élitistes, ou potentiellement opprimantes pour les masses populaires. En 1929, cette politique est éminemment progressiste, et il distingue clairement son engagement universel en faveur de la rédemption du peuple Noir, et ce qu'il envisage politiquement pour la Jamaïque, alors Etat Colonialiste dépendant de l'Empire Britannique.

Il écopa d'ailleurs de trois mois de prison ferme et de 100 livres d'amende pour l'article 10. Elu au Conseil Municipal de Kingston, son incarcération lui fit manquer trois séances, ce qui permit de rendre son siège vacant. Il s'en plaint dans son nouveau journal « The black man » Il écopa de six mois supplémentaires pour son article. Un allié de l'impérialisme aurait il été traité ainsi ? Un fasciste cherchant à diviser le peuple en méprisant le masses auraient il dit durant cette période : « J'aime tous les Jamaïquains, Blancs ou Noirs, et tous ceux qui ont fait de ce pays leur terre d'adoption. Mais il n'y a aucune raison pour que les pauvres vivent dans la misère que nous connaissons ici… Les privilégiés doivent renoncer à leurs attitudes égoïstes. Ils ne pensent qu'à préserver les intérêts de leur petit clan, qui sont à l'origine des conditions de vie misérables des masses. Un pays ne peut être vraiment prospère tant que les petites gens, qui constituent la grande majorité de la population, restent obligées, négligés et malheureux. » « Mes adversaires disent que je suis contre les Blancs et les Mulâtres. Ce n'est pas vrai. Je suis contre le système de classes qui, ici, maintient les pauvres sous domination ; quant aux pauvres ils sont presque tous des Noirs. Il es donc bien naturel que leurs intérêts me soient plus proches et plus chers »

Je pense avoir établit de manière claire que Garvey n'était pas fasciste, il était très maladroit politiquement, contradictoire sur certains points, mais répondait à une attente populaire de l'époque, et est l'expression des masses Antillaises de l'époque. Son idéologie ségrégationniste n'est plus du tout adaptée à la réalité contemporaine, l'était d'ailleurs très peu à son époque si on la considère avec une grille de lecture des valeurs contemporaines, mais correspondait à une réaction face à l'hostilité ambiante. Mais son image de petit bourgeois raciste arrogant au service du capitalisme impérialiste, annihilant la lute des masses contre l'impérialisme américain me semble donc tout aussi infondé et insensé que de vouloir en faire un chantre du choc des civilisations. Son but à toujours été d'établir une société humaine juste et égalitaire, où tous les peuples égaux pourraient se réconcilier et s'unir pour abolir les classes. Un genre de Egalité & Réconciliation qui aurait eu vraiment du sens quoi

Je conclurais par un ensemble de citation qui vont dans ce sens, et vous remercie de l'attention que vous avez porté à ce post fleuve (nourrit quasi exclusivement par les ouvrages « Marcus Garvey, un homme est sa pensée », d'Adolph EDWARDS, et « Philosophie & Reflexions de Marcus Garvey », textes réunits par Amy J GARVEY et traduits par Hélène LEE) permettant d'ouvrir le débat sur des bases historiques, et non fantasmées. Pour moi, Garvey était bien un révolutionnaire conscient de l'impact de la propagande et de l'éducation sur les mouvements de masses, seuls à son idée capables de changer le monde… ça me semble plus proche des valeurs défendus par l'antifascisme que ce que l'on pourrait croire, mais je suis prêt à considérer tout contre argumentaire avec attention et objectivité.





Citations.



« Le hasard n'a jamais jusqu'à ce jour satisfait les aspirations d'un peuple souffrant. Les opprimés qui ont vu la lumière et brisé leurs chaines n'ont eu qu'un seul recours : agir et ne compter que sur eux mêmes, avec une claire vision de soi et de l'avenir. »


« Si les buts que vous cherchez à atteindre ne concernent que vous, ils ne vous mèneront pas plus loin que vous même ; mais les buts que vous visez pour le bien commun vous mèneront bien au delà, et jusque dans l'éternité »



« Le réajustement politique du monde signifie que ceux qui ne sont pas suffisamment préparés, suffisamment capables, seront à la merci des classes organisées pendant deux ou trois siècles encore »


« La seule protection contre l'injustice des hommes est le pouvoir. Qu'il soit physique, financier ou scientifique »



« Ce sont les masses qui font les nations et les races. Si les masses sont illettrées, c'est d »après elles que jugeront ceux qui mettent en question l'existence même de la race »


« Le monde entier marche au bluff. Aucun peuple, aucune race, aucun individu n'a le droit divin de profiter des autres. Pourquoi laissez les autres vous bluffer ? »




« Je ne fais pas parti de ces chrétiens qui croient que la Bible résoudra tous les problèmes de l'Humanité. La Bible a son utilité ; c'et une bonne chose, mais nous sommes des hommes. Nous sommes des créatures de d.ieu. Nous avons pêché contre lui, et par conséquent ce n'est pas un simple livre qui nous fera nous tenir à notre place. L'homme d'aujourd'hui s'est avili au point qu'on ne peut plus espérer le convertir avec les seules vérités morales, éthiques ou physiques ; il faut recourir à des moyens plus efficaces : aux instruments de destruction. »
« Pour l'âme contente, la richesse est le marche pied vers la perfection ; pour l'avare, c'est la dernière rue avant l'enfer. Je préfèrerais être honnêtement riche que misérablement pauvre. »



« Même en passant au crible l'histoire des cinq derniers siècles, vous ne trouverez pas un sul cas où la race Noire se soit conduite en race haineuse. Même soumis aux pires sévices, le Noir a fait preuve d'amour. Sous l'esclavage, il a aimé son maître, il a défendu sa maison même quand celui ci l'exploitait par tous les moyens. Nous ne sommes pas une race haineuse, nous avons mis notre amour au service de l'Humanité. »



« Ce n'est pas la perpétuation du crime par la vengeance et les représailles qui sauvera l'Humanité . »



« L'Europe d'aujourd'hui fait banqueroute, et toutes les nations qui la composent, s'efforcent de trouver de nouveaux débouchés d'exploitation ; cette exploitation qui leur apportera les ressources, les revenus et le pouvoir nécessaires à leur bien être et à l'assainissement de leur budget. »



« Nous vivons une époque d'initiative et d'acharnement où les hommes ne voient pas leurs prochains dans un esprit de sympathie, mais exigent de chacun qu'il s'affronte au monde, et se plie à la loi de l'offre et de la demande qui régit l'emploi. »



« Si le Noir ne prend pas garde, il boira tous les poisons de la civilisation moderne, et il en mourra. »



« Un homme qui a faim n'a de respect ni pour la loi, ni pour l'autorité, ni pour la vie humaine. »



« La pauvreté n'est pas une vertu, c'est un crime. »




« L'homme est l'individu capable de façonner son propre caractère, de maîtriser sa propre volonté, de conduire sa propre vie et de choisir ses propres buts. Quand D.ieu insuffla dans les narines de l'homme le souffle de vie, lui conféra une âme vivante et l'autorité de « Seigneur de la Création », son intention n'était pas qu'il s'abaisse à devenir un péon, un serf ou un esclave, mais qu'il reste éternellement homme, dans la pleine possession de ses sens, et sa vraie connaissance de lui même.
Or, l'homme a bien changé depuis la Création ! Aujourd'hui, nous le trouvons divisé en classes distinctes, le pitoyable imbécile, l'esclave dépendant, le serviteur et le maître. D .ieu n'a jamais créé ces classes. Il a créé l'HOMME ; Mais l'individu a tellement régressé qu'il est presque impossible aujourd'hui de trouver un homme authentique.
Au sein de la race Noire, les hommes authentiques dignes des visées du Créateur, sont particulièrement peu nombreux. Cette absence de fierté humaine a tenu notre race immobile durant des siècles, si bien que nous nous trouvons aujourd'hui au bas de la grande échelle humaine.
Ayant achevé sa création, et donné à l'homme la terre en partage, le Créateur abandonna toute autorité à celui dont il avait fait le seigneur du monde, excepté l'autorité spirituelle. C'est le Créateur lui même qui donna à l'homme la haute main sur toutes les affaires humaines, la société humaine, le bonheur humain ; de ce fait, l'homme devint le maître de sa destinée et l'architecte de son sort.
Nous constatons qu'à l'épreuve du temps, un seul type d'hommes a été capable de tirer parti des dispositions divines. Nous trouvons ce type d'hommes occupés à bâtir des nations, des gouvernements et des empires, ainsi que les grands systèmes du commerce, de l'industrie et de l'éducation. Ces hommes, conscients du pouvoir qui leur était donné, en ont tiré un profit maximum pour eux et les leurs. Pendant ce temps, 400 millions de Noirs, qui se réclament pourtant de la même paternité divine et de la même fraternité humaine, ce sont laissés aller si complètement, qu'ils ne sont plus aujourd'hui que les sers et les esclaves de ceux qui, ayant gardé une pleine conscience d'eux mêmes, ont pris les commandes de ce monde, que le Créateur avait donné en partage à tous les hommes.
Mon désir est de bien faire comprendre aux 400 millions d'hommes de ma race que nos échecs passés, présents et futurs viennent tous d'une seule et même cause : nous n'avons pas su connaître nous mêmes, et prendre conscience de la vraie vocation de l'homme dans le monde. »




« Ma conviction est que l'homme Blanc doit rester Blanc, l'homme Jaune doit rester Jaune, l'homme Noir doit rester Noir dans le grand panorama des races, jusqu'au jour où chaque race, de sa propre initiative, sera parvenue à s'élever au rang qui revient à l'homme, et à s'imposer au respect de tous. Alors, chacun pourra tendre à l'autre une main de bienvenue, sans préjugé contre lui sous prétexte d'une condition inférieure ou malheureuse. L'homme Blanc d'Amérique n'est pas prêt à assimilerle Noir (sauf cas isolés) car, ce faisant, il a l'impression de commettre un suicide racial, et cela, il n'est pas prêt à l'accepter. Il tolère, il est vrai, un système d'assimilation telle qu'on la pratique, puisqu'il reporte ses préjugés sur ses propres rejetons, quand ceux ci sont le produit du mélange Noir et Blanc ; pour l'homme Blanc, la question raciale est éternelle.
Tant que la race Noire occupera une place inférieure parmi les races et les nations du monde, xelle ci feront preuve de racisme à son égard, et maintiendront le système de supériorité, qui les avantage. Mais quand le Noir, de sa propre initiative, se haussera de sa condition inférieure au plus haut archétype humain, il pourra enfin cesser de mendier et de supplier, et exiger une place qu'aucun individu, peuple ou nation ne pourra lui refuser. »
« L ‘environnement dans lequel nous vivons aujourd'hui présente plus de dangers que celui où on vécu les peuples des siècles passés. L'environnement auquel nous devons faire face est celui d'une civilisation qui entre en compétition avec elle même dans un processus d'auto destruction ; une civilisation qui ne peut subsister, car elle n'a aucun fondement spirituel ; une civilisation vicieuse, frelatée, malhonnête, immorale, impie et corrompue.
Un faible pourcentage de la population mondiale semble heureux et satisfait de cette civilisation élaborée par l'homme, tandis que la grande majoritéde la race humaine exprime son mécontentement et son désaccord avec la civilisation d'aujourd'hui, dans son organisation sociale. Ces masses sont déterminées à anéantir les systèmes qui permettent à une telle société de fonctionner, à une telle civilisation de subsister.
Tous les indices montrent que la chute est proche, et cette chute entrainera l'anéantissement total de la civilisation que nous connaissons. Dans cette civilisation, le Noir est appelé à jouer son rôle. Il est appelé à élaborer les idéaux de sa race, fondés sur la liberté, l'indépendance humaine et la vraie démocratie. »



« Si les hommes d'état actuels s'imaginent qu'il peut y avoir la paix tant que l'équité et la justice ne sont pas assurées à l'Humanité entière, ils sont en train de commettre la plus grossière erreur du siècle. Une tentative quelconque de désarmement, quand une moitié du monde opprime l'autre, n'est qu'une farce, car les opprimés auront tôt fait d'obliger les oppresseurs à rendre leurs armes . »
« Une classe fait de l'opposition et combat l'autre, qui elle même s'acharne à priver la première du minimum vital, de ce qui est indispensable à la vie et au bien être. La classe qui dominait autrefois et domine, aujourd'hui encore, les gouvernements, a toujours abusé de la patience des masses. D'où les désordres sociaux, les guerres civiles, qui finissent par entrainer la chute des nations et des empires. Je ne prétend prophétiser l'anéantissement d'aucune nation ou d'aucun empire existants : ce sont les nations et les empires eux mêmes qui courent à leur ruine.
D'Europe, nous parviennent les nouvelles de troubles graves dans l'industrie ; des travailleurs s'unissent et marchent contre les représentants des gouvernements en demandant de meilleures conditions de vie et l'allègement de leur peine. Les représentants des gouvernements, au lieu de chercher à calmer et à satisfaire ces gens qui souffrent et demandent assistance à la nation ou à l'empire, adoptent une politique intransigeante et s'arment pour les poursuivre et les persécuter. Qu'arrive-t-il ? Les mécontents, rejetés par la loi et par le système, s'en retournent vers leurs compagnons de souffrance et répandent à travers la nation ou l'empire un esprit de rébellion, qui finira par exploser en guerre civile ; le désordre social, à son tour, amènera la chute de la nation ou de l'empire.
Les gens en place, élus pourtant par les masses, oublient quand ils arrivent au pouvoir, qu'ils ont des obligations envers ceux qui les y ont mis, et s'arrogent égoïstement toutes les richesses du pays ; ils en excluent les déshérités, ils en excluent ceux qui les ont placés à ces postes de confiance. D'où le monopole industriel, commercial et économique, qui centralise le pouvoir dans les mains d'un petit nombre d'élus. Ce petit nombre pratique une administration égoïste, et rend l'existence des masses chaque jour plus précaire. Cela engendre un esprit de révolte chez le peuple, et celui ci, cherchant à corriger ce qui ne va pas, renverse les gouvernements dans son élan de colère. »



[« Pour moi, l'homme n'a d'autre maître que D.ieu »



« Si le rêve de la paix universelle doit un jour se réaliser, il faut d'abord que soit tenue une grande conférence inter-raciale ; que le Juif rencontre le non Juif, que l'Anglo-Saxon rencontre le teuton ; que la grande famille Caucasienne rencontre la famille Mongole, et que l'une et l'autre rencontrent les Noirs, et règlent sur place toutes les questions qui nous divisent depuis des siècles et nous diviseront jusqu'au dernier jour, si nous ne faisons pas quelque chose pour permettre une meilleure compréhension inter-raciale.
Tant que les Blancs exploiteront les Jaunes, tant que les Blancs exploiteront les Noirs et les Bruns, tant que les Jaunes exploiteront les Bruns et les Noirs, tout ce à nous pouvons nous attendre, c'est à une succession de guerres et de rumeurs de guerres. Tant que les Anglo Saxons exploiteront les Indiens, tant que les Français exploiteront la race Noire, tant que les Russes massacreront les Juifs, les causes de guerre seront innombrables, et l'homme continuera à se battre et à tuer ses frères.
Il fût un temps où le grand Napoléon était le maître ; il fût un temps où régnaient les tsars ; mais à présent, c'est l'aigle allemand qui sème la terreur. Aujourd'hui, l'Angleterre me semble être au zénith de la constellation européenne. Mais demain ? Dans un siècle, l'Afrique, toujours au bord de la crise, aura recréé les conditions de l'Europe du passé. Ne voyez vous pas que nous allons tout droit vers des abîmes de destruction ? Pensez vous sincèrement être en train de poser les bases de la paix ? Le monde peut se moquer de nous, il peut nous tourner en dérision, mais il a déjà eu bien des surprises, et il en aura encore. On se moquait de idées de Tolstoï ; le tsar lui même s'opposait à toute libéralisation de la Russie, aujourd'hui, ce sont Lénine et Trotsky qui dirigent le pays. La propagande libérale faisait rire les Bourbons : la monarchie française n'est plus ; aujourd'hui les Français sont fiers de la nouvelle démocratie de leur pays. Alors, laissons rire les autres quand nous réclamons une Afrique libre et indépendante. Demain, qui sait, l'Afrique sera peut être la plus grande république du monde ? »





Ce programme vous a été présenté par :






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ppm39
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 #6 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Marcus Garvey, fasciste ou révolutionnaire?   Posté le: 18 Aoû 2009 20:39

je crois, aussi, que la deuxième formule est meilleure.



ppm39, qui, apparemment, a marqué bien des esprits.
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