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Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas


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  Coup de gueule:   Sujet: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas

garimo
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 #1 Coup de gueule:   Sujet du message: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas   Posté le: 27 Aoû 2009 16:57

Autant nous approuvons à deux mains sa position de Refus catégorique sur les probables augmentations du prix de l'essence" décidé "par madame la secrétaire d'Etat et mis en application par le préfet de notre pays Guadeloupe,nous ne pouvons ,ni nous ne devons le suivre sur le terrain de notre mémoire locale,régionale,continentale.
Pour bien présenter notre position nous rappellons la biographie de cet homme d'église éprit de "bons sentiments ",car il n'a jamais laissé son encomienda à ses chers aimés Tainos ,donc à l'égard de nos Parents Amérindiens,puis présenter l'analyse de son ouvrage .
Ensuite,nous allons dire ce qui nous semble plus urgent à faire avec notre argent de contribuable(impôts directs,impôts indirects ,taxes divers...loto pmu casino du gosier...) pour renforcer nos liens culturels avec les faits historiques qui malheureusement nombreux délaissés par les Clercs e notre pays.

I) La biographie de Bartolomé de Las Casas

Bartolomé de Las Casas (Séville, 1474 –Madrid, 1566), mort à quatre vingt dix ans un exploit pour l'époque où nos parents mourraient en moyenne à vingt cinq ans, est un prêtre dominicain espagnol, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques des colons espagnols et avoir défendu les droits des Indigènes en Amérique.

Jeunesse et origines familiales [modifier]
Né en 1474, Bartolomé de las Casas est le fils de Pedro de las Casas, modeste marchand qui appartenait semble-t-il à une lignée de juifs convertis. A neuf ans, il voit le retour de Christophe Colomb à Séville après son premier voyage. Son père et son oncle ont participé au deuxième voyage de Colomb qui part de Cadix, le 25 septembre 1493. Bartolomé de las Casas a gardé une relation intime avec les fils de Colomb. Au retour de son père, il côtoie un esclave indigène et, en 1502, il part pour le nouveau monde avec le nouveau gouverneur.
Le propriétaire et colon devenu prêtre [modifier]
En 1503,il y devient propriétaire d'une encomienda5voir sa définition en annexe), c'est-à-dire un titre de propriété attribué à un Espagnol sur des terres indigènes avec les habitants qui y sont rattachés pour exploiter ces terres. Elle se situe à Concepción de La Vega sur l'île d'Hispaniola aujourdhui Haiti et Saint Domingue, et rapporte 100 000 castellanos1 par an. Mais cette situation personnellement favorable est loin d'être générale. Sur les 2 500 Espagnols, « plus de mille moururent et les autres étaient dans de grandes angoisses » écrit-il. Il se tourne vers la religion, en entrant dans l'Ordre des Prêcheurs (dominicains) et se fait ordonner prêtre en 1512. Il retourne en Amérique et devient de ce fait le premier officiant du Nouveau Monde.
Il entend Antonio Montesinos qui dénonce les injustices dont il a été témoin en annonçant « la voix qui crie dans le désert de cette île, c'est moi, et je vous dis que vous êtes tous en état de pêché mortel à cause de votre cruauté envers une race innocente »[réf. nécessaire]. Il paraît évident que ce discours a marqué Las Casas même s'il n'a pas immédiatement mené ce dernier à la lutte pour laquelle il est si connu.
L'aumonier des conquistadores choqué par la condition indigène [modifier]
Appelé par Diego Velasquez, lieutenant de Diego Colón, Las Casas part pour Cuba en 1512 et devient aumônier des Conquistadores. Il tente de limiter les massacres. Il faut croire que son service est apprécié puisqu'il reçoit par « répartimiento » (partage des terres conquises) une nouvelle encomienda avec les indigènes qui y sont rattachés. En 1513, malgré une évangélisation et des baptêmes massifs, il ne peut empêcher le massacre de Caonao qu'il désapprouve en accord avec les dominicains mais ne l'empêche pas de profiter de son encomienda et de ses terres aurifères. En 1513 le Pape attribue aux espagnols des droits et des normes sur la découverte, c'est le « Requerimiento ». Les indiens doivent reconnaître l’Église. S'ils refusent on peut leur imposer par « le fer et le feu ». Las Casas s'y oppose.
En 1514, alors qu'il prépare sa messe, Las Casas lit « Celui qui offre un sacrifice tiré de la substance du pauvre agît comme s'il sacrifiait un fils en présence de son père ». Il prend alors conscience de la condition indigène et décide de partir pour la métropole avec Antonio de Montesinos, c'est sa « Première Conversion ».
Le défenseur des indigènes [modifier]
Bartolomé de Las Casas s'engage alors dans une lutte de cinquante ans durant laquelle il fera plus de quatorze voyages entre les deux continents, voyages qui pouvaient durer entre soixante et quatre vingt dix jours dans des conditions souvent éprouvantes.
Ses nouvelles convictions l'ont rapproché des dominicains du nouveau monde. Mais le combat s'annonce difficile, il faut sauvegarder à la fois les intérêts de la couronne et la vie des indigènes. Selon Las Casas, Indiens et colons sont liés. En effet les Espagnols ont besoin de main d’œuvre pour s'enrichir et ils doivent en prendre soin pour qu'ils travaillent plus. Or la population baisse à vue d’œil, il y avait 1.100.000 Indiens en 1492 et il en reste 16.000 en 1516 selon l'homme d’église. Il cherche donc à s'adresser au roi Ferdinand II d'Aragon mais celui-ci meurt en 1516. Il se voit alors opposé au régent qui ne s'intéresse pas à ce combat. Il va alors voir le Cardinal Cisneros, ancien confesseur d'Isabelle la Catholique qui le soutient, ainsi qu'Adrien, le précepteur de Charles Quint, et futur Pape Adrien VI.
Il rédige un plan de réformes intitulé le « Mémoire des quatorze remèdes » où il prône :
• la fin des encomiendas,
• la réglementation du travail,
• la fin des travaux forcés,
• l'envoi de fermiers espagnols avec leurs familles pour exploiter en commun des terres avec les Indigènes,
• la destitution des administrateurs en place,
• de combiner évangélisation et colonisation,
• de prendre des Noirs comme esclaves pour compenser la mortalité des indigènes (prise de conscience tardive de son erreur, 9 000 Noirs amenés en 10 ans).
En 1516 il est nommé « procureur et protecteur universel de tous les Indiens des Indes » et est mis à la tête d'une commission d'enquête aux Indes avec des Ermites de Saint Jérôme, un ordre influent d'Espagne qui se laisse influencer par les colons et qui rejettent Las Casas l'accusant de ne pas voir l'intérêt économique de la politique actuelle dans les Indes. En 1517 il rentre en Espagne pour se justifier.
De 1517 à 1519 il est à la cour chargé de « remédier aux maux des Indiens ». En 1519 Charles Quint devient empereur. Las Casas s'oppose alors à l’évêque Queredo sur le sort des indigènes et sort vainqueur du débat devant l'Empereur.
Il prend conscience que les îles sont perdues, tous les indigènes qui y vivaient sont soit morts, soit des esclaves. Mais il ne veut pas que ce phénomène se reproduise sur les terres en découverte et demande un secteur de conquête et de conversion pacifique avec des Dominicains et des Franciscains. Au Conseil des Indes, l'institution créée en Espagne pour rédiger les lois propres aux Indes et contrôler les colonies, Las Casas obtient du roi le pouvoir d'exercer les pressions nécessaires pour obtenir cette terre de paix.
Après l'échec de Cermana, l'entrée dans les ordres Dominicains [modifier]
En 1520, à force de pressions, il obtient par des capitulations de la couronne, 200 lieues autour de Cermana et promet de pacifier 10 000 Indigènes en 10 ans et de verser un tribut à la couronne au bout de 3 ans. Il part l'année même avec cinquante compagnons et soixante dix paysans. Mais il ne peut joindre son territoire, perd ses paysans qui deviennent des chasseurs d'esclaves et doit faire des concessions par besoin d'argent. De plus, avant son arrivée les conquistadores ont fait de nombreux massacres, ce qui rend toute évangélisation impossible et, alors qu'il retourne vers Hispanola ou Saint Domingue, une révolte indigène massacre les frères franciscains.
Cet échec le perturbe. Il s'enferme alors chez les frères prêcheurs qui orientent sa mission vers un but plus spirituel que colonial. Il devient Dominicain en 1522 et se fait appeler Fray Las Casas. C'est sa « Seconde Conversion ».
Il s'enferme alors au monastère dans un silence de neuf ans. L'ordre des Dominicains est une confrérie qu'il connaît et qui l'apprécie. Il y fait vœu de chasteté, d'obéissance, de pauvreté et y suit une formation juridique, théologique et biblique. En 1527, il est chargé de l'implantation d'un nouveau monastère au nord de l’île. Il y consigne le souvenir des drames qu'il a vécus et de ceux qui sont parvenus jusqu’à lui.
Le prédicateur de la liberté des Indiens [modifier]
Il rédige alors « De Unico Modo » qui signifie « de l'unique façon d'attirer tout le genre humain à la véritable religion » qu'il enrichit en 1537 de la bulle du pape Paul III « Sublimis Deus » qui proclame l'humanité des Indiens et leur aptitude à recevoir la foi chrétienne : « Considérant que les Indiens, étant de véritables hommes sont aptes à recevoir la foi chrétienne, mais encore, d'après ce que nous savons le désirent fortement... nous décidons et déclarons, nonobstant toute opinion contraire, que les dits Indiens... ne pourront être en aucune façon privés de leur liberté ni de la possession de leurs biens... et qu'ils devront être appelés à la foi de Jésus-Christ par la prédication de la parole divine et par l'exemple d'une vie vertueuse et sainte. »
Il s'appuie sur les évangiles, « Rien n'est bon que ce qui est libre... que personne ne contraigne les infidèles à croire », et fait cinq propositions :
• le prédicateur doit apparaître comme une personne qui ne veut pas asservir ses auditeurs,
• il ne doit avoir aucune intention de posséder des richesses,
• il doit être doux, affable, pacifique, bienveillant, écouter avec respect et plaisir la doctrine,
• sa vie et son comportement doivent être en accord avec ce qu'il enseigne,
• les auditeurs voyant l'action du maître glorifieront le Père du Ciel,
• il attaque les conquistadores et les faux évangélisateurs en s'appuyant sur les témoignages de conquistadores ou autres colons et prêtres.
Le 20 janvier 1531 Las Casas écrit une lettre au Conseil des Indes 4 car, devant l'extension du mouvement colonial et des nouvelles conquêtes tel que le Guatemala, le Mexique, le Chili, le Pérou qui s'accompagne du développement de l'encomienda, il voit un monde plus vaste pour les prédicateurs, mais un monde condamné à mort. C'est une lettre passionnée, dure et violente pour marquer la métropole. Il veut évangéliser quand il dit « la foi pourrait sans grands efforts être exaltée et diffusée parmi ces peuples païens ». Il s'appuie sur le testament d'Isabelle la Catholique en 1503 qui oblige l’évangélisation dans le respect des personnes. Il utilise un ton de réquisitoire en disant que si le Conseil était sur place il agirait différemment et que des hommes de confiance sont nécessaires sur place tout en demandant pourquoi les envoyés de la sainte Espagne font tant preuve de violence. Si Las Casas n'y refuse toujours pas le principe de colonisation, il veut pacifier le continent par des protecteurs, les « Caballeros ». Pour lui, il y aura reconnaissance du roi quand il y aura reconnaissance de Dieu et qu'ainsi les indigènes paieront avec plaisir un impôt d'une valeur d'un joyau.
Le retour à l'action [modifier]
De 1534 à 1536, Las Casas entreprend un voyage au Pérou. Parti de Panama, les mauvaises conditions de navigation l'obligent à changer de cap et à se refugier au Nicaragua. 5
De 1536 à 1540. Las Casas arrive au Nicaragua avec deux disciples nommés Angulo et Ladrada et assiste à Granada au départ des esclaves pour les mines du Pérou. Ils meurent en masse sur les routes. Las Casas ne le supporte pas et, alors qu'il prépare une prédiction sur l’évangélisation pacifique, le gouverneur prépare une attaque contre les tribus insoumises et lui propose de s'y joindre comme aumônier. Las Casas manifeste et s'insurge contre une telle proposition et menace d'excommunier tous ceux qui s'engageraient dans une telle lutte. Au bout de dix mois la situation est intolérable et il doit partir.
Ils vont à Santiago au Guatemala où ils ont l'appui de l’évêque Maroqquin qui a appris le Quechua. En 1537, en métropole , les colons sont mis en cause par toute l’église à la suite de la promulgation de la bulle Sublimis Deus qui reconnaît l'humanité des Indiens. D'ailleurs, l'année précédente, la réapparition en Floride du trésorier de Narvaez et de trois de ses commandants après neuf ans de disparition grâce aux indigènes appuie les thèses des indigènistes.
Devant cette levée de boucliers les colons défient Las Casas d’évangéliser la « Terre de Guerre », un territoire non conquis. Le prêtre obtient alors du gouverneur cinq ans sans conquêtes dans ce territoire, seuls les religieux y sont autorisés. En deux ans seulement quatre caciques (des chefs de tributs) sont baptisés aux abords de la zone.
Las Casas fait modifier la législation impériale [modifier]
Mais en mars 1540 il retourne en Espagne.
Son but est de recruter de nouveaux missionnaires. Il part avec plusieurs lettres de recommandation. Il se fera remplacer dans cette tâche par Louis Cancer. À son arrivée en Espagne, Charles Quint est en Flandres, et en attendant son retour, Las Casas étudie à Salamanque notamment. Il y rencontre le père Francisco de Vitoria (1480-1546) un universitaire de Salamanque, créateur du droit international moderne. Il commente Saint Thomas d'Aquin et aboutit à des idées proches de celles de Las Casas sur l’évangélisation des Indes en opposition à l'impérialisme. Il définit la guerre juste et annonce qu'elle doit être déclarée par l'autorité légitime, son objectif est de rétablir la paix. Elle doit être conduite avec des intentions droites et doit viser la réparation d'injustices graves. Il n'y a donc pas de guerre juste aux Amériques.
C'est à cette époque qu'il écrit la « Brevissima » ou « très brève relation de la destruction des Indes » où il explique que les indiens sont bons, gentils, ouverts. Ce sont des brebis dont l’Église et l'Empereur sont les pâtres et les conquistadores des loups. Il retranscrit des témoignages, par régions conquises, avec l'Hispañola, Cuba, la Terre Ferme, la Nouvelle-Espagne et ainsi de suite, pour toutes les provinces des colonies espagnoles. Il y présente les cruautés dont sont victimes les indigènes et les structures qui les exploitent. C'est sa publication, dix ans plus tard, qui sera en partie à l'origine de la légende noire. Les ennemis de l'Espagne y ont vu un moyen d'attaquer l'Espagne sur ses comportements vis-à-vis des indigènes. En effet, la France ou l'Angleterre ont pu nourrir leur haine de l'Espagne en argumentant principalement sur les exagérations de Las Casas ce qui porta un certain discrédit sur le protecteur des indigènes.
Le « huitième remède » est un autre écrit de l’époque où Las Casas attendait le retour de l'Empereur. Il y explique au roi qu'il a été trompé par les encomenderos, qu'il ne protège pas les Indiens comme le recommande la mission qui lui a été donné par le Pape et ce malgré lui. Il pousse son argumentation, « même si Votre Majesté devait perdre sa domination royale sur ces peuples et renoncer à leur conversion, cela vaudrait mieux pour Elle que la situation actuelle où les Indiens sont voués à une destruction complète, car la loi chrétienne défend absolument de faire le mal pour que le bien s'ensuive ».
Fin 1541, l'Empereur est de retour. Le 26 janvier 1542 Las Casas est introduit auprès de Charles Quint. L'Empereur est indigné par le résumé de la « Brevissima » et réforme le Conseil des Indes. Treize hommes en commission sont chargés d'une nouvelle législation. La première session est présidée par l'Empereur et Las Casas. En novembre 1542 sont rédigés les « lois Nouvelles » qui se composent de quarante articles qui peuvent se diviser en quatre dispositions principales : elles proclament :
• la liberté naturelle des Indiens et oblige la remise en liberté des esclaves ;
• la liberté du travail, limitent les charges et interdisent les pêcheries de perles ;
• la liberté de résidence et la libre propriété des biens, punissant ceux qui seront violents ou agressifs envers les Indiens ;
• elles abolissent le système des encomiendas.
L'echec de l'application des lois au Chiapas [modifier]
La nouvelle de la parution de ces lois provoque au Nouveau Monde des révoltes. Las Casas est fustigé. Une guerre civile éclate au Pérou, des Espagnols rentrent sur le vieux continent, des Noirs, oubliés par ses lois se révoltent. C'est l'anarchie dans les vice-royaumes. En 1546, les lois sont abrogées, l'encomienda est juste interdite aux curés.
Le prince Philippe chargé de la régence du royaume est entouré d'opposants à Las Casas. Pour qu'il soit moins dangereux ou inquiétant pour les richesses des colonies on lui propose un évêché à Cuzco, le plus riche. Il refuse pour cette raison car c'est en opposition avec ses prêches. On lui propose alors, au sud du Mexique, un nouvel évêché au Chiapas dont la capitale est Ciudad Real. Le climat y est dur, la population y est pauvre mais les plantations prospèrent. Il accepte ce poste pour l'application de « ses » lois nouvelles.
Il rêve d'une république chrétienne par la fondation de monastères et s'entoure de trente-quatre religieux, dominicains et franciscains. La nomination a lieu le 19 décembre 1543 et est consacrée le 21 mars 1544. Le voyage se fait en convoi mais il doit attendre quatre mois avant le départ.
Le 11 Juillet 1544 il s'embarque. Son bateau, le San Salvador, est mal arrimé et mal piloté. À son arrivée au Mexique, il est très mal accueilli et doit se réfugier chez les Franciscains où il apprend la suspension des lois nouvelles. Il prend la route pour le Chiapas. Un navire fait naufrage et neuf missionnaires meurent. Son voyage annonce les difficultés de sa tâche. Il arrive le 12 mars 1545, le dimanche de la Passion. Il demande la libération de tous les esclaves, en vain. Il désigne un seul confesseur, le Doyen Perera et menace d'excommunier les colons ce qui les effraie. Mais le doyen absout les colons et se fait excommunier par Las Casas. Les colons, fous de rage, envahissent l’évêché et l’évêque manque de mourir. Il est obligé de fuir en « terre de guerre » qui a été convertie et qui est devenue la vraie paix ou « Vera Paz ». L'hostilité dont il est victime au Nouveau Monde l'oblige à retourner en Espagne en 1547 après avoir appris le revirement de l'Empereur sur les lois nouvelles.
Les lois nouvelles ne sont pas totalement un échec, les tribus des indigènes restent réglementées, et l'encomienda tend à disparaître.
L'homme de la Controverse de Valladolid [modifier]
En 1547, Las Casas rentre définitivement en Espagne, à l’âge de 63 ans. Il ne rentre pas pour sa retraite mais pour continuer le combat depuis le Vieux Continent. Il continue sa lutte pour une conquête pacifique par l’évangile avec comme modèle la « Vera Paz ». Il s'installe au couvent dominicain de Valladolid où il mène une vie de recueillement, de silence, de travail et de prières. Il reste cependant proche de la cour, non loin des maîtres de théologie, des docteurs de Salamanque et de Vittoria, mort en 1546.
Vers 1547, Comme suite à la célèbre controverse avec Sepulveda au sujet de la légitimité des guerres de conquête, Bartolomé de las Casas présente ses "Trente propositions trés juridiques".
En 1550, il demande à être déchargé de ses obligations épiscopales et se rend à Séville afin de s'occuper de l'envoi de religieux dominicains. Il est d'abord chargé de recruter des missionnaires franciscains, dominicains ou augustins ce qui lui permet de circuler à travers les différents couvents. Mais cette tâche ne lui suffit pas, il pense que pour que sa doctrine soit efficace, il lui faut l'enseigner lui-même. Il fait alors publier son « Manuel du confesseur » et pour que ses missionnaires ne soient pas corrompus au Nouveau Monde, il continue de leur envoyer ses écrits. Mais, malgré tout, il perd de l'influence sur la cour. Le régent, le Prince Philippe, sous l'influence de son précepteur l'impérialiste Sepulveda, se désintéresse de la cause indienne au profit de celle des colons et des fonds substantiels qu'ils rapportent des Indes.
En 1547, les « Trente propositions juridiques » sont un traité de droit chrétien adressé au Conseil des Indes, où il annonce que les guerres au nouveau monde ont été injustes et qu'il faut libérer les esclaves. Il se justifie par le traité de Tordesillas de 1493 où l'autorité du roi se fait par l'accord des Caciques. Le sujet sera abordé à nouveau en 1553 dans le « Tratado Comprobatorio » ou « traité prouvant l'empire souverain que les rois de Castille possèdent sur les Indes ».
Sépulveda est un chanoine de Cordoue, traducteur d'Aristote. Il a longtemps séjourné à Rome où il s'est fait de nombreux amis. Il se fait avocat des conquistadores dans « Démocrates Alter » : « des justes causes de la guerre ». Selon lui, la guerre est juste lorsqu'elle est ordonnée par l'autorité légitime, faite pour une juste cause et inspirée par une intention pure. Les indigènes sont des idolâtres qui commettent les pires crimes, ils sont de nature inférieure et donc appelés à être soumis à des hommes plus évolués, les Espagnols. « C'est un devoir de libérer les innocents. » Cet ouvrage reçoit l'approbation de l'archevêque de Séville, président du Conseil des Indes, et est bien reçu à la cour, mais il se voit refuser « l'imprimatur » par les universités notamment Salamanque. Las Casas y répond immédiatement en déclarant que la guerre est injuste à partir du moment où elle est l'instrument d'oppression.
L'historien de la découverte des Amériques [modifier]
En 1553, il quitte Séville où il préparait ses missionnaires, et s'en retourne à Valladolid où il se lance dans la rédaction de « l'histoire des Indes » et « l'histoire apologétique ». Il veut y rétablir la vérité sur la conquête des Indes, « la colonisation des Indes dont l'unique objet était la conversion des infidèles, a totalement sacrifié cette fin spirituelle aux moyens temporels ». Il consulte les archives depuis Christophe Colomb et lui reproche, tout comme à lui-même, l'esclavage des indiens aussi bien que des noirs. Son ouvrage va de la découverte en 1492 jusqu’à sa conversion dominicaine en 1522. Il y cumule de nombreux détails sur la conquête et s'appuie sur des chiffres probablement exagérés. Selon lui, il y avait trois millions et demi d'habitants sur l’île Hispañola en 1492. Il l'achève en 1559 et interdit sa publication avant 1600. Probablement par peur de la censure suite aux conséquences de la « Brevissima ».
• "Et mon intention est qu'elle ne sorte sous aucun prétexte du Collège, excepté pour être imprimée, quand Dieu le jugera bon, et que les originaux demeureront à tout jamais au collège." (BAE, t, CX,p. 540).
Elle restera en fait "interdite" de publication jusqu'au XIXe siècle. Mais en réalité le manuscrit de l'ouvrage majeur de Las Casas n'est pas resté enfermé au Collége San Grégorio. A l'encontre de la volonté de Las Casas, l'ouvrage fut remis en 1571 au Conseil des Indes. Le président de cet organisme, Juan de Ovando, à confié le manuscrit de las Casas au chroniqueur et Grand Cosmographe Juan Lopez de Velasco qui le conservera jusqu'en 1597. A cette date l'ouvrage fut remis au secrétaire Juan de Ibarra. Le manuscrit fut ensuite remis au Grand Chroniqueur Antonio de Herrera, récemment nommé à cette charge, dans le but d'écrire l'Histoire des Indes sur Ordre de sa Majesté et du Conseil ds Indes. Herrera à utilisé le manuscrit de Las Casas pour écrire une grande partie son ouvrage. Il donne l'impression d'avoir participé à certains événements alors que le spectateur en fut Las Casas. Herrera a plagié le manuscrit de façon si désinvolte que certains auteurs ont établi une liste des chapitres recopiés. On trouve une liste des passages concernés dans l'édition des travaux de Herrera publiée par l'Académie d"Histoire de Madrid en 1934. L'histoire des Indes sera publiée pour la première fois, en castillan, à Madrid, en 1875-1876, à l'initiative Feliciano Ramirez de Arellano, marquis La Fuensanta del Valle. Et pour la première fois en Français en 2002, à Paris.
Son autre ouvrage, L'Histoire apologétique a pour thèse ces quelques lignes : « ces peuples des Indes égalent et même surpassent beaucoup de nations du monde, réputées policées et raisonnables : ils ne sont inférieurs à aucun ». Il défend donc la cause des Indiens en leur attribuant des vertus que l'on ne trouve pas ailleurs, peut-être même pas dans l'Espagne catholique. Divisée en 237 chapitres, elle traite de sujets divers, et d'une histoire morale de l'humanité. Elle restera interdite, elle aussi, jusqu'au XIXe siècle.
Le critique inlassable des excès des colons [modifier]
A partir de 1562, alors que Philippe II fait de Madrid sa capitale, Las Casas ne sort plus guère de son couvent. Il prend de plus en plus au sérieux son rôle de protecteur des Indiens et devient de moins en moins conciliant à l'égard des colons. Cependant il reçoit de nombreux courriers et appels de Nouvelle-Espagne, preuve que son combat n'est pas vain. Par exemple, un certain Zorita, ancien officier de justice au Nouveau Monde lui écrit: « Pourquoi les Aztèques sont-ils des barbares ? Si ce sont eux qui me parlent et que je ne comprends pas, je serai pour eux un barbare. »
Malgré ces preuves d'appui, le combat de l'ancien évêque du Chiapas n'est pas fini. Le franciscain Motolinia, de son vrai nom Toribio de Benavente, se vantait en 1532 de deux cent mille baptêmes et estime qu'entre 1524 et 1540 neuf millions d’âmes avaient été sauvées. C'est un des douze premiers missionnaires du Mexique. Il se considère comme choisi par Dieu pour instaurer la paix, pour redonner au catholicisme une nouvelle vigueur face à la religion réformée qui fait des ravages en Europe. Selon Motolinia, « mieux vaut un bien accompli de force qu'un mal perpétré librement. » Il s'oppose par là-même à la doctrine d’évangélisation pacifique de Las Casas.
De plus, le dominicain apprend à regret que les colons du Pérou offrent de l'argent au Prince Philippe pour obtenir la perpétuité des encomiendas. Le Prince va succéder à son père en 1556. Son confesseur, Bartolomé Carranza ami de Las Casas le tient au courant de toutes les affaires. Par son intermédiaire, il fait parvenir au Prince une « Grande Lettre » où il expose les devoirs du Prince, dictés par Dieu, vis-à vis-des Indes. Il y condamne aussi, une fois de plus, l'esclavage et la condition des indigènes. Philippe II, en arrivant au pouvoir, inaugure une nouvelle politique indienne. Le Conseil des Indes est chargé d'accorder les licences d'imprimer et il suspend l'interdiction des conquêtes nouvelles. Comme Las Casas est moins écouté qu'autrefois, il s'efforce d'agir sur les consciences du Nouveau Monde par l'envoi de missionnaires rattachés à sa cause. C'est désormais un des rares moyens qu'il ait pour continuer son combat. Le Conseil des Indes le considère d'ailleurs comme dangereux à cause justement de l'influence qu'il a sur le monde religieux.
Il continue à critiquer l'actualité du Nouveau Monde tels que les pillages des sanctuaires Aztèques et Incas par les conquistadores et l'exploitation abusive des mines et de la main-d’œuvre indigène. Il demande « la mainmise des Espagnols sur ces empires est-elle légale ? » et il rajoute « aucun roi, aucun seigneur, aucun village, aucun particulier de ce monde des Indes, depuis le premier jour de sa découverte jusqu’à aujourd'hui 30 avril 1562 n'a reconnu de façon libre et légitime nos illustres rois... toutes les décisions de ceux ci sont invalides. » Il argumente ainsi l'illégitimité des vols dont sont victimes les peuples du nouveau monde. Ce traité intitulé « de thesauris » aboutira à ce que Philippe II retire tous ses fonctionnaires d'outre-mer.
En 1563 se profile son dernier combat. Un frère prêcheur du Pérou nommé De la Vega présente au conseil un mémorial nommé « Douze doutes », où il présente douze cas de conscience sur le comportement des conquistadores au Pérou. Il obtient des mesures de protection qui le laisse sceptique et confie son écrit à différents théologiens dont Las Casas. En janvier 1564 l’évêque rédige sa réponse. C'est une sorte de testament doctrinal où il reprend un à un les douze cas de conscience. Il précise les obligations de restituer, de réparer, et permet aux descendants d'Atahualpa de faire de justes guerres contre les Espagnols et affirme que le roi catholique doit réintégrer l'Inca dans ses fonctions. Il lui proposera de recevoir un enseignement de la foi chrétienne qu'il sera libre ou non de recevoir. S'il l'accepte, il pourra obtenir la reconnaissance de Philippe II comme monarque et protecteur. Il sera aussi libre d'accepter le pardon des injustices dont ont été victimes ses fidèles. Il joint à ce texte une supplique pour Philippe II réclamant une réunion de théologiens pour statuer définitivement sur le cas des Indes, ce qui n'a apparemment pas ému le roi
Depuis 1560 Las Casas a quitté Valladolid pour suivre la cour à Madrid. Il s'installe au couvent de Notre-Dame d'Atocha où il rédige les Douze doutes, mais aussi un testament, le 17 mars 1564 en présence d'un notaire. Il y résume avec force un combat qui dure depuis plus de cinquante ans et reprend les grands thèmes de sa lutte.
Jusqu’à sa mort en 1566, à 92 ans, Las Casas apparaît comme le médiateur privilégié de tous ceux qui, aux Indes, cherchent à modifier le statut de l'Indien et à arrêter l'extermination. Les attaques dont il fut victime, suite à la Légende Noire et à son influence sur la création des lois nouvelles, ne l'ont pas empêché de mener une lutte presque sainte et, selon lui, dictée par Dieu. Il reste un des hommes les plus controversés de son temps, mais aussi un des plus reconnus du nôtre.
-II) Analyse de son ouvrage:

CONTEXTE HISTORIQUE
En 1492, les Espagnols posent le pied pour la première fois sur un nouveau continent, que Christophe
Colomb croyait être les Indes Orientales, contrée tant convoitée pour ses richesses et épiées. La
Couronne d'Espagne a besoin de conquérir de nouveaux territoires. Au lieu de découvrir les fameuses
Indes d'Orient vantées par Colomb quelques années plus tôt, elle prend possession des terres qu'elle
nommera la Nouvelle Espagne, les Amériques autrement dit, dont les autochtones, les Indiens,
découvrent à mesure que les colons arrivent, que cette arrivée va bouleverser leur vie. Pillages,
commerce d'esclaves, massacres et humiliations cruelles, profanations et mise à sac de la culture
indienne. les Espagnols et les Portugais ne comprennent pas les Indiens, à plus forte raison que la
Nouvelle Espagne ne comble pas les espérances financières de la Couronne.
En effet, dès 1493, Christophe Colomb, alors Vice-roi des Indes défend dans sa correspondance avec
Isabelle de Castille, la valeur marchande des Indiens, main-d'oeuvre qu'il expédie par bateau en
Espagne, en compensation de maigres richesses découvertes dans les Antilles. La découverte avait en
effet coûté très cher aux Rois catholiques, et les Indiens assimilés à une richesse apparaissent pour le
Génois comme une solution rentable.
CONTEXTE RELIGIEUX
L'Eglise ne comprend pas tout à fait ces nouvelles peuplades dont nombre de représentants sont
amenés en Espagne, où ils sont considérés comme des animaux de foire, des sauvages par les uns, et
jugés dignes d'une entière humanité, fascinants même, par les autres. Bref, les Indiens intriguent. Nous
avons parlé d'humanité ; c'est justement la question que la Monarchie apostolique se pose : les Indiens
sont-ils des hommes comme les autres peuples ? Sont-ils les descendants d'Adam et Eve, ceux des
tribus perdues d'Israël, ou bien une race inférieure qu'il faut asservir ? Comment faut-il conquérir le
nouveau continent ?
La théologie scholastique, dans les universités de Salamanque et Alcalà en particulier, réfléchit sur la
notion de société, sur les droits des païens. Vitoria (1543-15??), docteur dominicain à Salamanque,
professe en 1532 des leçons sur les Indiens et le droit de la guerre.
L'aventure de Cortez commence en 1519. Depuis la décennie précédente, les missions ont beaucoup
d'importance. Les premiers franciscains arrivent au Mexique en 1523. Il se répète alors ce qui s'était
passé dans les Caraïbes en 1492-1500. C'est l'occasion de la rencontre entre la réflexion thomiste et la
présence de gens sur le terrain, qui font vite connaître leur mécontentement.
Pour la Somme Théologique, une société est un donné de la nature; toutes les sociétés sont d'égale
dignité : une société de païens n'est pas moins légitime qu'une société chrétienne. Une souveraineté
païenne est donc possible, y compris sur des chrétiens. II est dès lors difficile de considérer comme
sainte une guerre faite à des infidèles; même quand ils persécutent des chrétiens, cela n'autorise pas à
les convertir de force. Au début du XVIe siècle, cette idée est appliquée aux Indiens, qui sont chez eux.
On n'a pas le droit de les convertir de force, la propagation de la foi doit se faire de manière
évangélique.
Le cardinal Cajetan (Tan'as de Vio), général des Dominicains, s'intéresse aux missions vers le nouveau
monde. Commentant la Somme Théologique à propos de la notion de rapine, il s'intéresse à la conquête
militaire d'un territoire occupé par des infidèles. Le Christ envoyait des prédicateurs et non des guerriers,
c'est donc un péché de répandre la foi chrétienne par la guerre. En 1532, Vitoria fait une application
explicite de la leçon thomiste à la situation dans le nouveau monde. Ceux qui y vont n'ont pas un titre de
propriété mais un devoir de mission.
DATE
La controverse de Valladolid s'est déroulée en deux séances d'un mois chacune, d'août à septembre
1550 et de mi-avril à mi-mai 1551. Six mois séparent donc les discussions II faut dire que la controverse
éprouve "physiquement" les participants.
LIEU
Ce que l'on nomme " controverse de Valladolid " est le débat demandé par Charles Quint au collège
Saint-Grégoire de Valladolid.
2
PERSONNAGES
Le choix des protagonistes qui se réunissent à Valladolid en juillet 1550 se révèle particulièrement
important pour statuer sur le cas indien. Charles Quint souhaite établir le meilleur constat possible et
réunit pour ce faire, deux spécialistes du problème indien, qu'il va décider d'opposer dans cette
controverse : le frère dominicain Bartolomé de Las Casas et le Dr Ginès de Sépulveda.
Charles Quint a choisi Las Casas car il reste le protecteur officiel de la cause indienne, malgré leur
probable différend depuis les Lois nouvelles de 1542 - Las Casas ayant amené le Roi à casser le
système des encomiendas, lui valant un esclandre général de ses titulaires. L'Empereur avait dénoncé
ces lois à grand peine, mais il décide pourtant de passer outre cet épisode difficile. Face au dominicain,
il convoque Sépulveda, prêtre, éminent théologien et humaniste. Ce personnage est l'opposé de Las
Casas : il est l'un des confesseurs du Roi, ayant justifié par le passé les conquêtes en Méditerranée et
en Allemagne, et à présent il revendique la juste cause espagnole dans le Nouveau Monde
(Démocrates premier et second consacrés au bien-fondé de la conquête américaine).
Ces deux autorités vont entrer en lice pour s'opposer sur la conquête des Indes au libre jugement d'un
collège de théologiens prestigieux, de juristes et administrateurs, réunis pour l'occasion. Ce jury est
représentatif de toutes les instances espagnoles qui sont à cette époque concernés par la conquête
américaine. On notera donc la présence de quinze juges : sept membres du Conseil des Indes, deux
membres du Conseil Royal Suprême, un membre du Conseil des grands ordres chevaleresques, trois
théologiens dominicains, un théologien franciscain et un évêque. Il faut noter la présence de théologiens
et dominicains de renom, émanant de la grande école de Salamanque, première université espagnole
de l'époque, des spécialistes des Indes, ainsi que deux inquisiteurs du Conseil Royal Suprême.
La présence des trois dominicains est importante pour Las Casas car deux d'entre eux, Melchor Cano et
Bartolomé Carranza de Miranda, sont acquis à la cause indienne et rejettent le concept de "juste
conquête " défendu par Sépulveda. Ils faisaient partie, avec Las Casas en tête, de ceux qui souhaitaient
censurer les écrits de Sépulveda, notamment son Démocrates second au moment où celui-ci réclamait
l'imprimatur. Le troisième dominicain Domingo de Soto, est plus neutre : il s'oppose à las Casas en ce
sens qu'il tient à rester éloigné de la polémique et des controverses d'Amérique. Objectif et réservé, il ira
même jusqu'à sanctionner les emportements de son frère d'habit, le taxant " d'en dire plus que
nécessaire ".
Le moine franciscain présent à la controverse est Bernadino de Arévalo. A l'instar de ses frères
dominicains, il s'est rendu dans les Indes et il y a même occupé un rôle majeur dans l'administration et
le suivi de la mission franciscaine sur place. Expert juriste et théologien reconnu, son intervention au
cours de la deuxième partie de la controverse (mi-avril, mi-mai 1551), permettra de clarifier le débat, au
détriment semble-t-il, de Las Casas. Il est en effet acquis à la cause de Sépulveda.
La controverse de Valladolid n'a pas seulement consisté en une réunion de quatre juges religieux (cinq
si l'on compte l'évêque, présent par intermittences et silencieux la plupart du temps), mais également à
la présence d'administrateurs et juristes, à commencer par le Conseil des Indes : ils représentent le
gouvernement espagnol en Amérique et ils sont sept à avoir été convoqué. Il convient de noter la
présence de deux juges laïcs, Gutierre Velasquez de Lugo et le Dr Gregorio Lopez. Ils connaissent bien
la situation espagnole en Amérique et ont de solides convictions à ce sujet. Ils savent également les
abus commis en Nouvelle Espagne, mais n'adhèrent pas pour autant systématiquement aux théories
lascasiennes. Leurs positions semblent refléter celle du Conseil des Indes au moment de la controverse,
ce qui n'est pas pour avantager Las Casas en définitive.
Avec le Conseil des Indes, le Conseil des Ordres chevaleresques et le Conseil Royal Suprême, c'est
l'ensemble des instances d'administration de l'Etat espagnol qui sont présentes à Valladolid. Fernand
Manrique, comte d'Osorno, représente le Conseil des Ordres en sa qualité de président. Pour la
Suprema, il faut retenir la présence de Francisco Tello de Sandoval, ancien inquisiteur de Tolède. Son
rapport sur le ressentiment des colons espagnols, consécutivement à la promulgation des Lois
nouvelles en 1542, ont amené Charles Quint à dénoncer ces textes.
A noter que l'Inquisition espagnole, moins virulente qu'en France à la même époque, a joué un rôle
efficace et déterminant dans l'évangélisation de la Nouvelle Espagne. En sa qualité d'inquisiteur et
d'envoyé spécial du Roi, Tello de Sandoval est une personnalité importante pour la controverse, qui
s'oppose à las Casas, l'instigateur de la fin des encomiendas, dans les premiers textes des Lois
nouvelles.
3
Ainsi, le choix des participants fait par Charles Quint, montre à quel point le monarque a souhaité
l'objectivité du débat, parce que deux théories complètement opposées sur la question indienne sont
représentées, celle de las Casas et de Sépulveda. Mais au-delà de la confrontation des deux hommes,
on assiste à une répartition équilibrée des opinions chez les participants, pour une plus grande
implication et un constat espéré plus objectif sur la conquête.
Bartholomé de Las Casas
Son père et son oncle accompagnaient Colomb en 1493. Né en 1484, il part en 1502 à Saint
Domingue avec son père et y reçoit des terres. Il est ordonné prêtre.
En 1511, il entend prêcher Antonio Martesinos, un père dominicain, prenant à partie les
auditeurs. Les années 1510 sont celles où l'on a des doutes sur la réalisation des objectifs
primitifs. Les lois de Burgos (1512-1513) sont le premier cadre légal de protection des
populations indigènes.
Bartholomé de las Casas se fait prédicateur, regagne l'Espagne et y rencontre Cisneros. Il
souhaite apporter aux îles ce que l'Espagne a de meilleur. II s'agit pour lui d'établir une colonie
chrétienne agricole, pour aboutir à une fusion entre les Castillans et les Indiens, sous la houlette
du clergé. Cisneros lui adresse des instructions, et Las Casas retourne aux îles en 1521. Il pense
aller sur la côte Pacifique. En 1523, il entre chez les Dominicains, et commence à voyager sur le
continent américain. Il veut mettre fin aux conquêtes armées destinées à trouver des métaux
précieux, et au système de possession foncière des Indiens.
Jinez de Sépulveda
Brillant théologien et humaniste reconnu, Sépulveda est chapelain et chroniqueur-confesseur de
Charles Quint depuis 1536. C'est un des plus grands hellénistes connu pour ses traductions des
oeuvres d'Aristote et sa maîtrise du grec. Ayant une grand influence il combat la Réforme de
Luther, la pensée d'Erasme, la controverse de Valladolid sera pour lui le moyen d'une meilleure
compréhension des théories lascasiennes.
Il a publié de nombreux ouvrages et nous pouvons retenir, dans le cadre de la controverse son
livre intitulé Démocrates premier, ou de la compatibilité entre la discipline et la religion chrétienne
en 1535, qui consiste en une exhortation à la guerre contre les turcs. C'est un traité de la "juste
guerre" conférant aux campagnes impériales la légitimité de conquête en Europe et en
Méditerranée.
Suite aux Lois nouvelles de 1542, Sépulveda écrit un second traité, dans la même veine que
Democrates premier, ciblé sur les "justes guerres d'Amérique" et l'attitude que doit adopter
l'Espagne face aux "païens indiens ". Ce livre sera longtemps en attente d'une licence de
publication, et c'est sur la base de ce traité que Sépulveda fondera son argumentation à
Valladolid.
Il faut savoir que le Democrates second du théologien est resté non publié pendant plusieurs
années car Sépulveda a du faire face a deux types de censures. La première, imposée par
l'époque, parce que les tensions provoquées par la situation espagnole en Amérique, ne
permettaient pas selon les autorités royales, la publication d'un tel ouvrage. Pourtant après en
avoir appelé à l'intervention de Charles Quint pour que l'ouvrage soit réétudié par la commission,
le livre allait paraître C'était sans compter avec une seconde censure, provoquée par las Casas.
Opposé en tout à Sépulveda, il fit pression sur les dominicains des universités d'Alcala et de
Salamanque pour obtenir la prohibition théologique de Democrates second. Cette dictature
morale de las Casas n'a pas été tolérée par le Roi, qui a donc décidé d'accorder une chance au
théologien de pouvoir défendre ses opinions devant son censeur.
OBJECTIFS DU DEBAT
Ce que l'on nomme " controverse de Valladolid " est le débat demandé par Charles Quint, qui réunissait
théologiens, juristes et administrateurs du royaume, afin qu'il se "traite et parle de la manière dont
devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu'elles se fassent
avec justice et en sécurité de conscience."
La Couronne mène des campagnes de sensibilisation des pouvoirs menées en Espagne en faveur des
Indiens, ainsi que limiter le pouvoir des patrons d'encomiendas. Ce sont des contingents d'Indiens
4
placés sous la juridiction d'un colon blanc à qui ils sont «recommandés» en vue de l'évangélisation et
qui comporte des servitudes (tribut, travail...). sont à l'origine des lois interdisant la vente des terres
indiennes aux colons blancs et aussi des reducciones.
Les «réductions» étaient un système alternatif à celui des encomiendas, et visaient à reconstituer des
communautés indiennes agraires et à les doter de terres et d'une gestion autonome.
Le but était à la fois économique (en faire des unités d'exploitation de type européen) et spirituel
(évangéliser). Les réductions furent confiées à des missionnaires ou à des corregidores d'indiens, mais
elles furent surtout représentatives des zones de missions.
Entre 1550 et 1580, l'ancien régime du travail gratuit et illimité des Indiens fut remplacé par un système
de travail obligatoire et rétribué; cependant cela ne représenta qu'un piètre progrès par rapport aux
premières encomiendas. Les abus, les illégalités et les extorsions furent monnaie courante.
L'esclavage continue aussi d'exister jusqu'en 1542, date à laquelle on le supprime sans restrictions pour
les Indiens. On continue cependant de la pratiquer clandestinement (en particulier au Chili), et ce n'est
qu'à partir du XVIIe siècle qu'il disparaît. Il est alors remplacé par l'esclavage des noirs. Il ne faut pas
oublier que l'esclavage continue d'exister en Espagne même : à la fin du XVIe siècle, il y a entre 50 000
et 80 000 esclaves en Espagne, dont plus de 60 % en Andalousie.
Ils sont baptisés dès leur arrivée dans la péninsule, mais ne deviennent pas libres pour autant. Cela se
fait soit par affranchissement (le plus souvent par testament), soit par rachat de l'esclave par lui-même.
Environ 40 % des esclaves travaillent au service d'artisans.
La période de la Renaissance est loin d'être pacifiée. On assiste à des phénomènes d'angoisse, de
crainte. Dans ce contexte apparaissent les terres nouvelles de l'Amérique. Pour las Casas, les Indes
sont l'Enfer, et les diables sont les Espagnols. Il publie en 1552 Très brève relation de da destruction
des Indes : cet ouvrage relève de la littérature apocalyptique; Dieu ne laissera pas impunies les
cruautés des Espagnols dans le Nouveau Monde. L'idée d'un nouveau monde est aussi celle d'un
nouveau départ.
LES REPERCUSSIONS
Le vaincu Bartolomé de Las Casas voit ses thèses désavouées et se lance dans une course à la
dénonciation systématique. Avec le déroulement des débats, il avait peu à peu dévoilé ses motivations
et consécutivement a la controverse, il décide de publier des traités, sans avoir reçu l'autorisation royale
de la commission de censeurs, dont il sait qu'il n'aurait pas obtenu leur aval. Ainsi paraissent huit de ses
Traités entre 1552 et 1553, qui ne recevront jamais licence d'être imprimé. Autre fait qu'il convient de
noter : proche de la mort. Las Casas écrit au pape Pie V en 1566, pour lui demander de dénoncer les
missions épiscopales octroyées par lui en Nouvelle Espagne. Cette incitation à la révolte n'a eu aucun
effet sur la présence ecclésiastique espagnole au Nouveau Monde. Le dominicain mourra peu de temps
après, avec le Roi, les Conseils et nombre de frères d'habit contre lui.
La défaite de Las Casas étant clairement établie, la colonisation reprend, soit pour les raisons
développées par Sépulveda, soit dans le but de contrer les conflits déclenchés par l'investigation
espagnole sur les terres américaines. Plusieurs tribus, à l'image de la tribu des Araucans au Chili en
1554 se révoltent et s'opposent à la conquête. Au Pérou et au Mexique, les évêques cautionnent les
combats. Rien ne change les "conquêtes-découvertes" définies dans les Lois nouvelles de 1542 ni leur
suspension depuis 1550, mais des cédules planifient les avancées espagnoles dans les terres
américaines. Seul changement notoire : les pillages, cruautés et mises à mort inutiles sont proscrites
définitivement, la guerre devant s'effectuer selon un "motif juste", ainsi que l'avait recommandé
Sépulveda. De même, l'influence du théologien sur la réglementation en vigueur dans les nouveaux
territoires est marquée : les Indiens qui entravent l'expansion de la doctrine catholique de quelque
manière que ce soit sont mis à mort. cette résolution à laquelle Las Casas était farouchement opposé
parce qu'incompatible avec la foi chrétienne, semble pourtant peu refléter les décisions prises à
Valladolid.
Dans les années 1570, l'Espagne apparaît comme le champion du catholicisme. Reprendre les
arguments de Las Casas est alors très utile à la légende noire anti-espagnole, née en Italie du temps
des guerres italiennes dans la première moitié du XVI° siècle. La critique est particulièrement virulente à
Venise, sauf à l'époque de Lépante, l'Espagne est en effet présente à Milan, dans les États du pape et
sur les côtes du royaume de Naples).
5
Avec l'irruption du calvinisme se développe l'idée que l'Espagne est un pays tyrannique, avec comme
preuve le fait que les Espagnols ont exterminé les Indiens. Cette idée apparaît dans la presse de Venise
puis de Genève, et un ouvrage de Las Casas parait à Francfort, illustré par des planches. Chaque fois
qu'une puissance est hostile à l'Espagne, elle réédite Las Casas.
L'épisode de Vallodolid pose également la question du droit d'un peuple à prendre possession des
territoires d'autrui, au nom de la ferveur chrétienne, précepte reflétant une conception médiévale de la
religion qui reste encore d'actualité.
La controverse de Valladolid, " le premier procès des Droits de l'Homme " ? A n'en pas douter, car il
s'agit bien du droit de l'homme à l'existence, à la reconnaissance de sa condition.

Encomienda
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercherL'encomienda était un système appliqué par les Espagnols lors de la conquête du Nouveau Monde, et appliqué dans tout l'empire colonial espagnol à des fins économiques et d'évangélisation. C'était le regroupement sur un territoire de centaines d'Indiens que l'on obligeait à travailler sans rétribution dans des mines et des champs : il s'agissait d'un « pseudo-servage » [1]. Ils étaient sous les ordres de l'Encomendero, un Espagnol à qui la Couronne d'Espagne avait confié une terre dont il pouvait jouir mais qui ne lui appartenait pas.

Les Indiens, dans la mesure du possible, cherchèrent à fuir les mines et les champs car leurs conditions de travail étaient très difficiles et ils subissaient de mauvais traitements. Ceux-ci firent l'objet de critiques au sein même de la population des colons. La Controverse de Valladolid engagée par le dominicain Bartolomé de Las Casas en fournit l'illustration au milieu du XVIe siècle.

Dès les premiers temps de la colonisation de Saint-Domingue, les Espagnols transposèrent un système médiéval, l'encomienda (mot qui signifie « commandement »). Des indigènes étaient répartis dans les propriétés d'un colon selon les principes du servage.

La recherche de l'or réclamait une importante main d'œuvre pour l'orpaillage. À partir de 1495, le fait d'imposer un tribut en métal précieux aux Arawaks donna une base juridique aux exigences de la colonisation. Les indigènes n'ayant pas d'or durent pratiquer l'orpaillage et l'encomienda apparut comme un moyen de les y contraindre.

Les premières répartitions eurent lieu en l'absence de Christophe Colomb, qui en accepta le principe en 1498. La Couronne ratifia l'état de fait en 1503 : les colons imposèrent leur choix ; les premiers bénéficiaires réduisirent les indiens non pas à l'esclavage, sort réservé aux noirs, mais au travail forcé.

Le phénomène se généralisa au XVIIe siècle et détourna à son profit une bonne partie de la population qui se consacrait à la polyculture. Les cultures, surtout de manioc, se répartissaient sur de petits champs autour des villages et exigeaient des soins constants. Les Espagnols n'appréciaient pas le manioc et décidèrent donc d'importer d'Europe des produits alimentaires (vin, blé, animaux). De plus, il acclimatèrent sur le sol de Saint-Domingue du bétail, notamment des ovins, qui proliféra et dévasta la polyculture locale. On assista donc à un déclin des cultures vivrières. Une chute brutale de la population des Arawaks s'ensuivit.
III) Notre position:
Nous pensons avec les 280000 euros le livre ,certes pour un Homme individuellement estimable,mais qui n'a pu empêcher trois désastres:
-Le vol des terres et des métaux précieux(185000or,et 16 millions de kilos argent et l'"extermination" de nos Parents Amérindiens.
-La déportation et le vol de milliards d'heures de travail de nos Parents Africains.
-La non reconnaissance véritable de ces crimes,ce qui perpétue notre marginilisation au sein de cette grande famille humaine et notre dépendance totale vis à vis des descendants de ces bourreaux!
Mobilisé la région pour instruire ce dossier sur les dégats commis par l'Europe et exiger des réparations.
Normal après 1945 l'Allemagne a bien payer matériellement ses fautes à 'Angleterre l'URSS,les USA ,la FRANCE ...
Cela signifie que nous ne devons pas payer une oeuvre qui indirectement légitime un fait qui blesse notre dignité.
Par contre avec ces 280000 euros ,on peut aller chercher en Bretagne et en Corse les Ossuaires de nos milliers de Parents CRUFICIEES par le bourreau Napoléon Bonaparte et faire en sorte de collecter tous les NOMS.
On peut aussi honnorer les crucifiés des camps NAZIS,oubliés par les décideurs de cette génération et demander des compte à 'Allemagne de MERKEL.
Si c'est à son honneur d'écrire ses condoléances pour son collègue de la Région Alsace ,il est aussi urgent qu'il fustige par écrit l'agression commise par le Préfet Paul Gilot de Langlade à l'égard de notre communauté par l'intermédiaire de deux compatriotes qui ne faisaient que leur travail.
On lui dit quand c'est aux USA ,les cassette vidéos sont d'abord diffusées en boucle sur tous les supports d'images,après on publie des articles ,on fait des débats,étrangement en France,pas de vidéo qui relate l'agression à Orly ,seul ce préfet passe à la télévision pour mentir....
Il se doit en tant que Président de notre Région Guadeloupe d'intervenir aussi à la télévision et de donner son point de vue sur cet acte caractérisé de fait raciste.........!
Avec ces 280000 euros,commémorer chaque année ces faits héroiques à la Dominique,à Antigue,à Montserrat ces pages glorieusement accomplies par nos Parents entre 1940-1945.
Inviter le frère de Tony Bloncourt,Gérald Bloncourt à venir nous parler de sa grande famille.
Comment peut-on oublier Samson Cyprien mort en déportation pour que nous puissions aujourd'hui vivre plutôt assez bien que mal?
Comment peut'il oublié au camp de Struthof Natzweiler en Alsace ,de nombreux Antillais ont vécu l'enfer de la supplice nazie,a -t- il fait le neccessaire avec son défunt collègue défunt ire pour que leur mémoire soit laver et perpétueret que la question de Réparation sous une forme ou une autre soit posée?
Comment aussi peut-on oublier le POINTOIS GEORGES NAUDAR emprisonné dès 1941 à la prison de Fresne MEMBRE FONDATEUR d'un réseau F2 de renseignement pour le compte des Anglais et des Américains dirigé par des Officiers POLONAIS inventeus de la machine ENIGMA à déchiffrer les codes nazis .GEORGE NAUDAR FUT DEPORTE AVEC 120 de ses camarades à MAUTHAUSEN en AUTRICHE.Il sortit VIVANT DE CET ENFER AVEC SON CAMARADE ITALIEN.
COMMENT PEUT IL OUBLIER UN POINTOIS COMPAGNON DE LA LIBERATION?
La liste serait trop longue,voilà ce qui me semble prioritaire à faire avec ces 280000 euros.Redonnez vie à NOUS MEMES!

QUI DIRA ET PEUT OSER DIRE Non à ce beau geste?
Acquerrir un exemplaire par photocopie de ce livre est amplement suffisant.
Si l'irréparable a été fait ,alors notre Président se mettra à dos les MILLIONS DE TAINOS ET D'AFRICAINS massacrés par ce système capitaliste esclavagiste et bien sur leurs filles et fils d'aujoud'hui!
Je crois à la force de ceux qui sont PARTIS,Nous simples mortels ne soyons pas des fossoyeurs de notre Avenir et à celui de nos Enfants en accomplissant des gestes inconsidérés,cet achat en est UN,il HUMILIE ,UN PAYS, UNE REGION, DEUX CONTINENTS! Balises :


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 #2 Coup de gueule:   Sujet du message: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas   Posté le: 27 Aoû 2009 20:27

J'approuve et pourtant au début j'étais assez hostile au Mémorial Act. Ce tableau fait partie des oeuvres, du décor du futur musée. Depuis les évènements du début d'année et le fait que j'ai eu des échos sur la conception de ce futur mémorial (sans haine, ni réquisitoire), j'ai changé d'avis. Le nombrilisme et le repli sur soi n'ont jamais été une preuve d'intelligence. Pour un enseignant je trouve cela fort de café.

Oui il y a eu des héros locaux, oui il y a eu aussi des gens qui se sont battues à l'extérieur. Nous devons aussi le reconnaître. Tu oublies de dire une chose, c'est que ce sont les domaines (service d'Etat) qui fixeront le prix d'acquisition (là au moins si les chiffres devaient s'envoler je comprendrai les réactions).

C'est ce que j'approuve, c'est parler de cette histoire et la remettre en perspective (parler des autres traites africaines, arabes, américaines) etc...

Il serait bien que l'on traite des autres composantes de l'île de l'époque.

Entre la situation actuelle et ses effets pervers et mettre une fois pour toute les pieds dans le plat, il n'y a pas photos. Je suis très très loin d'être un fan de la star autoproclamée.
Je n'invoque pas le passé ou ses conséquences mêmes actuelles pour pleurnicher sur mes difficultés.
On retrouve les mêmes arguments hostiles à la Réunion avec le projet de maison des civilisations.
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 #3 Coup de gueule:   Sujet du message: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas   Posté le: 28 Aoû 2009 01:38

Franchement, je suis perplexe quant-à la pertinence des arguments présentés.

D'un côté, il y a Fray Batholomeo de las Casas, qui vivait au 15°/16° siècle. L'article cité comme émanant de Wikipedia, semble lui reprocher d'avoir vécu 90 ans. Or, voici ce que j'ai trouvé sur Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolom%C3%A9_de_Las_Casas. J'ai peut-être mal lu, mais je ne vois pas cette allusion à sa longévité dans sa biographie. Il me semble que le minimum d'honnêteté intellectuelle, quand on rajoute une appréciation personnelle à une citation, est de le signaler, en mettant cette réflexion "entre crochets" et en ajoutant une mention genre "NDR" (note du rédacteur). Je suis désolé si ça peut paraitre exagérément formaliste, mais c'est l'usage quand on s'approprie les propos d'une tierce personne, et qu'on souhaite donner son opinion sans déformer le propos original. Pour mémoire, je me permets de rappeler que juste à la suite, si je peux dire, Monsieur Bernard le Bovier de Fontenelle, a lui vécu cent ans (1657/1757), et un siècle avant, René d'Anjou, par exemple, a vécu plus de 70 ans. Les exceptions ne sont certes pas la règle, mais tirer argument de ce genre de données pour laisser sous-entendre, en fonction de la suite du propos, que cette logique de longévité relèverait de l'exploitation de peuples amérindiens est plus que spécieuse: ce n'est pas un argument, c'est de la propagande.

En second lieu, je rappellerai que l'action de las Casas a justement abouti, grâce à la fameuse "Controverse de Vaïlladolid", au fait que les "indigènes" étaient bien des "êtres humains", et donc aux yeux de la religion Catholique et Romaine de l'époque (on était en pleine résurgence de l'inquisition, il faudrait tout de même s'en souvenir et que ce sont les "Rois très Catholiques", à savoir Ferdinand et Isabelle, qui en sont, avec la "Reconquista, les inventeurs et les moteurs, face à l'apogée de la civilisation scientifique et philosophique de l'Islam. Il ne faudrait tout de même pas oublier non plus qu'à cette époque, il n'existait que deux "facultés" en France: Paris et Montpellier. Et que le "cursus" d'un étudiant de l'époque - vous pouvez relire Rabelais, ce n'est pas que des histoire de c-ul et de soulerie, son Abbaye de Thélème- débutait en Italie (Sienne, Padoue et Florence) de poursuivait, en ordre croissant de notoriété, par Montpellier, et s'achevait en Espagne, avec Cordoba et Granada, avec les plus grands penseurs de l'époque, en médecine, astronomie, mathématiques, architecture... Si les rois "très Catholiques" ont impulsé la période des "grandes découvertes" géographiques, ils ont également initié uns grande période (une seconde... l'Inquisition ayant été la première 300ans, à la louche, plus tôt) d'obscurantisme intellectuel, scientifique et moral. L'Or est devenu le nouveau Dieu, sous couvert, comme d'habitude, de civilisation et de religion.) Dans ce contexte, qui n'a strictement rien à voir avec les théories eugénistes et racistes nazies, l'action de las Casas a été une action rebelle et humaniste, à son époque, avec les idées de base de son époque, et les moyens de son époque.

Le parallèle qui est fait avec le nazisme est hors de propos, et encore une fois spécieux. C'est comme si on veut comparer les performances d'un athlète d'il y a cinquante ans, avec les méthodes d'entraînement de l'époque, les techniques et matériels de l'époque, avec les performances des athlètes d'aujourd'hui. Ça n'a aucun sens.

Ce n'est pas las Casa qui a qui a aboli l'esclavage. mais il a été le premier à poser les idées de cette abolition.

Le réquisitoire qui est fait dans ce sujet à son encontre me révolte. C'est comme reprocher à Newton de ne pas avoir été Einstein, et de ne pas avoir compris, à partir de ses lois de la gravitation, celles de la relativité générale! Ou de reprocher à Attila de ne pas avoir utilisé les chars d'assaut au lieu de ses chevaux!!!!

Pour en revenir au sujet même, à savoir l'acquisition éventuelle des manuscrits de las Casa par la Guadeloupe, en revanche, je suis d'accord. Si ces manuscrits originaux devaient se retrouver dans un patrimoine Antillais, ils seraient plus à sa place à Santo Domingo. C'est un avis personnel.

Quant au reste...

Heu.... Wolfy... Dans un autre sujet il était question qu'on aille discuter maquillage et chiffons ailleurs... ça tient toujours?
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galak
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 #4 Coup de gueule:   Sujet du message: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas   Posté le: 28 Aoû 2009 08:40

J'aurais souhaité quand même la source d'info qui concerne le souhait d'acquisition par la Région : je ne retrouve sur le net que l'info provenant de France-Antilles à propos d'une interview de Lurel, parlant d'un "des trois exemplaires originaux de Las Casas"... désolé je n'ai pas l'abonnement FA, je ne vois pas la suite... Bref : quel livre ?
Ensuite, je rejoins Sam971, les arguments contre Las Casas ne sont pas convaincants. Si c'est le prix à payer, alors pas besoin de critiquer Las Casas, sa vie, son oeuvre, mais le décalage entre l'acquisition d'un ouvrage aussi intéressant ou inintéressant soit il et d'autres besoins peut être plus "urgent"... mais avec l'urgence, la culture n'existe pas.
La Région Guadeloupe pourrait plutôt mettre un exemplaire de "Très Brève relation de la destruction des Indes" de Las Casas dans la table de nuit de chaque hotel guadeloupéen ou de chaque bungalow, pour "l'édification des masses" de touristes, qui - quelque part - profitent de cette destruction : on parle français en Guadeloupe et non Caraïbe à Karukera... On mange du steack-frite et non de l'Arawak rôti (bon, ok, là c'est cliché).
Dans certains pays, on se tape la bible dans toutes les chambres d'hôtel... en Guadeloupe, il pourrait y avoir ce rappel que certains paradis terrestres sont d'abord des lambeaux de la réalité terrestre.
Sur Amazon, le livre "Très brève relation de la destruction des Indes" est à 2,37€ (143 pages quand même !), ou même, la Région pourrait l'éditer. Avec un budget de 280000€, cela fait environ 118000 livres, plus qu'il n'en faut pour en distribuer partout... Après on peut discuter : plutôt ce livre ou un autre ?
Cela me fait penser à une chose : où est passée l'originale de la lettre de Delgrès ? A t'elle disparue ?

galak, en la casa
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Afro Mafios
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 #5 Coup de gueule:   Sujet du message: Nous disons Non au Président Lurel pour l' achat du livre de Las Casas   Posté le: 28 Aoû 2009 18:09

J'ai pas compris la question...

Las Casas est une figure de l'histoire des antilles. Ses descriptions du monde colonial des premiers temps sont des sources précieuses pour les historiens, même s'il faut les prendre avec des pincettes (pas toujours très objectif).

C'est un prêtre célèbre pour avoir agit énergiquement contre l'esclavage des amérindiens dans les mines d'or d'Hispagnola (et les autres).
Mais quand on y réfléchit bien, il n'a pas rouspété quand on a fait venir les africains

Personne n'est parfait, ceci dit, ses mémoires, ou sa biographie, bref, un bouquin sur lui, le faire venir en Guadeloupe, je vois pas le rapport. C'est un espagnol, il a pas sa place dans une région qui n'a jamais vraiment été espagnole...
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