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le BUMIDOM
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  Au coeur des Dom-Tom:   Sujet: le BUMIDOM

6klôn
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 #1 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 13:41

Connaissez vous le BUMIDOM?

Il est temps de révéler la vérité à la jeune génération qui ignore tout (ou tant de choses à propos) de cet organisme.

Citation:
 
Durant 19 ans (1962-1981), une Société d'Etat, le BUMIDOM (BUreau pour
le développement des MIgrations intéressant les Départements d'Outre-Mer)
a organisé l'émigration vers la métropole de plusieurs milliers de guadelou-
péens, de martiniquais, de réunionnais et de guyanais. (Mwen ka pati pa Bibi-
dòm).
Les deux raisons qui ont motivés cette politique de migration organisée sont
les suivantes :
- une démographie galopante qui pesait sur le marché de l'emploi
- une situation économique catastrophique qui entraînait un accroissement
considérable du chômage et une dégradation du pouvoir d'achat.
En plus de ces deux raisons officielles, il existe au moins deux raisons offi-
cieuses :
- la France avait un manque crucial de main d'oeuvre dans certaines branches
délaissées par les métropolitains.
- prévenir une explosion sociale

Le Bumidom a été sévèrement critiqué. Le principal reproche qui lui a été
fait est d'avoir organisé une véritable déportation, un génocide par substi-
tution.
Le côté positif est d'avoir fourni un travail à des personnes qui en étaient
dépourvues.
 
 


Source: Guadeloupe Initiatives
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6klôn
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 #2 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 13:49

Dès la fin des années 40, la situation démographique des DOM préoccupe
les autorités. La solution envisagée : proposer aux familles de quitter leurs
îles.
La première expérience eut lieu en 1952 à la Réunion : l'implantation de pe-
tits propriétaires fonciers à Madagascar.

Dans deux rapports (1954-1957, 1958-1961), La Commission Centrale du
Plan des Départements d'Outre-Mer évoque les problèmes posés par leur
surpeuplement et préconise une politique de migration dirigée à la fois vers
les pays voisins (Madagascar, Amérique centrale et du Sud) et vers la métro-
pole dont la conduite serait confiée à un organisme qualifié.

En 1959, le ministre délégué à l'Outre-Mer souligne la nécessité de mesures
d'ensemble permettant l'amélioration de la situation économique et sociale
des départements américains et de la Réunion et avait demandé l'adoption
d'un programme de migration.

En septembre 1961, un comité interministériel adopte le principe d'une poli-
tique de migration placée sous le signe de la promotion sociale.

Par instruction du 21 octobre 1961, le ministre d'Etat chargé des DOM fixe
les directives générales d'un programme permettant de transférer hors de
leur département d'origine, une large partie des excédents de population
chaque année :
- appel aux seuls volontaires
- promotion sociale
- double dispersion en métropole vers les métiers et les régions.
- caractère progressif du mouvement aboutissant à ce que la réussite des
premiers appelle de nouvelles candidatures.

Après 19 années d'activité, par arrêté du 12 février 1982, le Bumidom prend
le nom d'Agence Nationale pour l'insertion et la promotion des Travailleurs
d'outre-mer (A.N.T.).
Selon le 1er rapport d'activité (1982), l'A.N.T. a une approche profondé-
ment différente des problèmes de la migration : l'importance du nombre des
originaires d'Outre-mer justifie la création d'un organisme d'insertion so-
ciale et de promotion professionnelle, dégagée de toute fonction d'organisa-
tion du phénomène migratoire.
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arablack
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 #3 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 13:56

l'ANT existe toujours ?
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 #4 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 14:03

Eh oui, malheureusement, et j'ai l'occasion de voir de jeunes Gwada venir acheter des billets pour les iles voisines.

Alors, je vais essayer de recentrer historiquement la création du BUMIDOM. Ca permettra à beaucoup d'Antillo-Guyanais et Réunionais de la deuxième ou de la troisième génération de savoir ce qu'il fo..ent en fwans.

Citation:
 
C'est du début des années soixante que datent les arrivées et les installations en grand nombre des Antillais en France, parallèlement à celles des travailleurs étrangers. À la vérité, dans les esprits, les choses avaient pris corps dans la décennie précédente avec le départ des premières élites antillaises de la fonction publique. Pour ceux-là, “aller en France” avec la perspective d'une carrière métropolitaine était incontestablement synonyme de promotion, et leur itinéraire façonnera durablement le mythe de la France dans l'imaginaire antillais.
C'est l’époque où, aux Antilles, chaque départ, chaque arrivée est occasion de liesse. La foule se presse des amis, des parents et des badauds sur les quais de la “Compagnie”. Et l'on se hèle, s'appelle et s'interpelle. “Un tel ka pati !” “Un tel viré !” (“Un tel s'en va !” “Un tel est revenu !”). Point besoin de préciser où il va, ni d'où il vient. Le “transatlantique” est là, majestueux, qui berce de nouvelles illusions ces “vieilles colonies” que les années cinquante finissantes engagent dans une mutation radicale. Un univers disparaît sans nostalgie ou presque, tant est vif le mythe de la réussite et du progrès dans et par la France.
L’économie de plantation se meurt. Déjà, les subventions de la France ouvrent aux békés la voie royale de leurs nouveaux profits dans l'import-export. L’“habitation” se “libère” de ces femmes et de ces hommes si longtemps soumis à la violence de son organisation. Poussés à l'exode, ils s'entassent dans les alentours de la ville – l'accélération de ces migrations rurales sera plus rapide et plus vive en Martinique – sans y trouver les moyens de participer à ce qui bientôt s’érigera en dogme social : la consommation. L’époque est donc grosse de révoltes (1959 en Martinique, 1967 en Guadeloupe), qui ont pour acteurs ces déracinés de la plantation. Ce sont eux qu'il convient d’éloigner en priorité des îles pour y préserver la paix civile et assurer leur mutation économique. La gestion politique de l’émigration antillaise trouve là son origine (1).


Source: adri.fr 
 


Ca vout dit quelque chose: "Adieu foulard, adieu madras, adieu grain d'or, adieu collier chou" ?
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 #5 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 14:38

Maintenant passons aux chiffres. Combien d'originaires des DOM se sont laissés embarquer dans cette galère BUMIDOM à destination de la métropole, sans même savoir à quoi ça ressemblait?

C'est horrible ! Une vraie déportation

Citation:
 
Les choses, dès lors, s'accélèrent, et l’État se charge lui-même d'en institutionnaliser le mouvement. Il crée en 1961 le Bumidom (Bureau pour les migrations intéressant les Départements d'outre-mer), chargé officiellement d'organiser cette émigration. Résultat : le nombre des immigrants antillais qui s'installent durablement dans l'Hexagone va être multiplié par quinze en moins de cinquante ans. En regard de l'histoire du peuplement des départements d'origine, la dynamique est impressionnante : un Antillais sur quatre né aux Antilles a, aujourd'hui, établi sa résidence en métropole. En 1999, leur effectif (212 000) équivaut, à peu de choses près, à la population totale de Martinique (239 000) ou de Guadeloupe (229 000)… en 1954. La ponction apparaît plus remarquable encore quand on sait qu'elle a privilégié à l’époque les jeunes en âge d’être actifs. Sur dix Antillais qui ont quitté leur département d'origine pour s'installer en France, sept avaient en 1990 moins de 40 ans, et près des deux tiers de 15 à 39 ans. Près de la moitié des Antillais âgés de 30 à 40 ans étaient à cette date durablement installés en métropole.
Sans indiquer les liens étroits qui unissent la migration de travail des natifs des Dom et celle des étrangers, on ne peut comprendre la place respective qu'occupent les uns et les autres, les contradictions qui les opposent et les perspectives qui s'offrent à eux. Ainsi, seule l'affectation sélective des étrangers sur les postes non qualifiés de l'industrie, durant les années soixante et soixante-dix, permet d'expliquer (et donc de comprendre) le “privilège” de l'emploi à cette époque d'une majorité d'actifs antillais dans le secteur public et assimilé. Les mêmes inter-relations sont à l’œuvre aujourd'hui sur le marché du travail, mais leurs conséquences sont toutes autres..


Source adri.fr 
 


Voici les données de la 1ère année d'émigration en 1962.

Citation:
 
En 1962, 1004 migrants domiens (dont 367 guadeloupéens) arrivèrent en métropole par l'intermédiaire du Bumidom. Ils étaient répartis de la façon suivante :

- formation FPA
- CEMJ Nantes
- Formation privée
- Formation pendant le service militaire
- Organisme privé de formation



Migration féminine

emploi................................... %

aides-soignantes................... 57, 4
auxiliaires de puériculture...... 11, 5
monitrices de jeunesse........... 7, 8
monitrices de l'enfance........... 7, 1
sténo-dactylographes............. 5, 8
gens de maison...................... 4, 6





Migration masculine

emploi.................................. %

bâtiment............................ 38, 2
formation préparatoire........ 16,4
plomberie............................ 8, 4
métaux............................... 6,7
soudage.............................. 4, 1
chaudronnerie..................... 2, 9




Répartition géographique

Lieu................................ Femmes.......Hommes

Région parisienne............ 58, 6 %........ 11, 89 %
Sud................................ 26, 6 %........ 29, 18 %
Ouest............................. 10, 8 %......... 20, 90 %
Est.................................... - ............... 18,19 %
Centre.............................. - ............... 13, 54 %
Nord................................. - ................ 6, 30 %

58,6 % des femmes se trouvaient en région parisienne. Cela est dû principalement au fait que de nombreuses stagiaires aides-soignantes étaient engagées par l'Assistance Publique de la Seine.

Source: Guadeloupe Initiatives 
 


Ceci ne se limite pas aux Antilles. A la Réunion, ce sont des enfants qu'on prend et qu'on "amène" dans la Creuse.

Citation:
 
pendant qu'on envoie en métropole les fonctionnaires aux idées indésirables grâce à la fameuse ordonnance du 15 octobre 1960 (cf. encadré sur Michel Debré), on organise aussi les départs massifs de futurs chômeurs-potentiels, des jeunes désoeuvrés représentant une véritable menace pour le pouvoir néo-colonial en place. De 1961 à 1974, prés de 30 000 jeunes quittent la Réunion pour la France métropolitaine. Entre 70% et 95 % d'entre eux sont pris en charge par le BUMIDOM, (cf tableau). Leur avenir : être embauché dans une grande usine ou dans des organismes publics (hôpitaux, etc). Et ce, le plus souvent pour toute la vie, reconversion professionnelle et billet-retour n'étant pas fournis.

Source: Le temps béni du BUMIDOM 
 
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 #6 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 15:11

Bon, j'entends certains d'entre vous dire "Bon, ben, quoi? Il est où le problème?"

Analysons en profondeur ce qui s'est passé. Certains extraits sont des avis personnels, il y a des articles parus dans la presse, et parfois des analyses de la situation, comme celui ci:

Citation:
 
A partir de 1962, des milliers de guadeloupéens prirent le chemin de la métropole. Cette migration a été organisée pour régler nos problèmes de surpeuplement et de crise économique qui en découle.

Quelle générosité !

Dans ce cas, pourquoi les moyens humains, matériels, financiers (en 1962, 3 250 000 F ont été investis par le FIDOM dans le programme de migration) n'ont-ils pas été consacrés à la restructuration de l’économie guadeloupéenne (et des DOM en général) ?

En effet, les usines fermaient les unes après les autres, l’économie restait concentrée sur la canne et la banane. La restructuration aurait pu prendre la forme de la diversification par exemple :

- la création d'une véritable filière pêche alors que jusqu’à aujourd'hui la pêche est restée traditionnelle.
- développer le secteur de l’élevage, le bois etc


D'autre part comment expliquer la situation catastrophique de l’économie domienne, départements français depuis 1946, alors que la France était en pleine période de prospérité économique (les trente glorieuses) ?

Les causes non-dites de la politique de migration tiennent au contexte politique.


Quel était-il au début des années 60 ?

mouvement de décolonisation notamment en Afrique
guerre d'Algérie
révolution cubaine
naissance d'un mouvement luttant pour l'indépendance de la Guadeloupe avec l'AGEG (Association Générale des Etudiants Guadeloupéens) en métropole et le GONG (Groupe d'Organisation Nationale de la Guadeloupe) en Guadeloupe.

On doit aussi poser la question de la responsabilité des Antillais de métropole qui non seulement n'ont pas informé (peut-être par honte) leurs compatriotes des conditions difficiles de la vie à Paris mais ont édulcoré la réalité faisant miroiter une vie meilleure qu'aux Antilles.

A-t-on pensé aux conséquences de cette migration massive sur l'avenir de la Guadeloupe ? Comment un pays peut-il se construire alors que chaque année (2 552 personnes en 1971, 2 512 en 1972, 2 550 en 1973 etc) il est vidé de ses forces vives, de sa jeunesse ?

Le principal problème rencontré par les Antillais en métropole était celui du logement. Le Bumidom s'est peu préoccupé des conditions de logement des personnes qu'il faisait venir en métropole. D'ailleurs, pour se protéger, le Bumidom exigeait que le migrant ait un logement en vue, que ce soit par l'employeur, par un organisme ou par un proche. Le Bumidom devait mettre à la disposition du candidat migrant des documents (ou les faire lire par ses employés) expliquant que la recherche de logement incombait à ce dernier.

Les témoignages lus sur les discriminations dont les Antillais étaient victimes dans la recherche de leur logement, sur les conditions de vie dans les petits studios (il pouvait y avoir jusqu’à 6 personnes dans un logement de 25 m2, donc pas d'intimité ), sur leur concentration dans des zones bien précises arrachent le cœur. Les bas salaires (le cas de la grande majorité des migrants) rendant difficile l'accession à la propriété.

Les autres problèmes étaient plutôt d'ordre psychologiques : racisme, famille éclatée, nostalgie, retour (même pour des vacances) difficile à cause de la faiblesse des ressources, mutation longue à arriver par manque de postes etc.

On ne peut terminer sans mentionner le formidable mouvement de solidarité qui a existé notamment par l'intermédiaire des associations.


Source: Guadeloupe Initiatives 
 


Ouf! Ce poste à rallonge mérite une petite pause. Une page musicale pour reprendre son souffle: le groupe SUPER COMBO !

Citation:
 
"Mwen té konprann la vi Pari, sété Pigal, sété Bawbès...,
men, lè mwen rivé a Pari...,
Mwen dòmi déwò, Mwen dòmi déwò,Mwen dòmi an dalo,
Mwen dòmi déwòòò, Mwen dòmi an tou a métro,
wo-y, ka fè fwèt, fwèt kon adan frijidè,
mwen pa menm tin on vyé pilovè,
mwen vini isi vwè mizè..."
 
 




Oooops. Je vais traduire pour les non créolophones:

"Je croyais que la vie à Paris, c'était Pigalle, c'était Barbès ...
Mais quand je suis arrivé à Paris....
J'ai dormi dehors, j'ai dormi dehors, j'ai dormi dans la misère
J'ai dormi dehors, j'ai dormi dans une station de métro
Aie! Aie! Il fait froid, froid comme dans un réfrigérateur
Je n'ai même pas un vieux sweat shirt
Je suis venu ici voir de la misère..."



Voici un coup de pied dans la mare paru sur www.jenndoubout.org . C'est long, prenez donc un moment pour lire ce que dit cet intervenant....

Citation:
 
Les BUMIDOM, Service Militaire Adapté et autres ont fourni main d'œuvre peu qualifiée à la France, ont sucé nos îles d'une force jamais estimée. Et les racines étaient profondes et bien sûr les résultats sont beaucoup plus grands que ceux escomptés.

Le Bumidom II n'est pas organe d'Etat mais sans doute intention politique non avouée.

Ce projet politique ( démographique ou même social diront d'autres ), à son stade premier, s'est armé d'arguments de promotion sociale et de libération d'un chômage qui battait et bat encore nos îles encore françaises. On aurait pu y voir une hypocrisie dissimulée - et plus souvent que rarement, on l'a vu à raison. Mais cette deuxième étape est plus vicieuse car ni l'ANT [1], ni SudPTT [2], ni la FADOM [3], ni la FORMADOM [4], ni le CASODOM [5], ni l'APCROM [6], ni l'ARICOM [7] ne se sont doutés d'une telle réussite dans le travail mené par la France. Ainsi, l'ANT a senti venir du gouvernement Balladur comme une envie de "suppression de toute structure ou organisme ayant trait à la spécificité domienne". Car l'affaire marche comme sur des roulettes et les budgets en ont pris un grand coup passant de près de 100 MF en 1990 à 50 MF en 1997 . D'ailleurs, les objectifs clairement énoncés dans les statuts de l'ANT comme de SudPTT sont bien sûr de « faciliter l'insertion en métropole … » mais aussi de « rendre possible la réinstallation dans le département d'origine ». On se doute bien que ce ne sont des arguments de façade.

Plus besoin d'aguicher pour venir goûter aux joies de la bicyclette des Postes et de l'amarille des costumes. Plus besoin d'organismes d'encadrement, d'insertion, de promotion, d'action sociale ( Pourquoi s'entourer de structures autant inutiles qu'inefficaces ? ) car la deuxième étape était déjà en marche. Plus besoin de payer le billet aller, de chercher un emploi, les Antillais-Guyanais-Réunionnais ( à y voir une espèce comme celle des pigeons-migrateurs-à-col-kako ) le feront tous seuls car ils ont compris que l'avenir passe par la France ( pas par le Tout-Monde mais par la France !). Enjamber les 7200 kilomètres ne sont plus en fait qu'une vulgaire correspondance du métro parisien à prendre à Nation, place des Antilles ...

Avec la France, on a l'avantage d'une certaine amitié, d'une certaine partie de culture commune ? Les Français sont, il faut en convenir, les plus larges d'esprit des colonisateurs. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la France est le meilleur des colonisateurs [8]

… l'Emigré récent qui a l'occasion de revenir en Martinique n'a qu'une attitude possible : la louange immodérée des conditions dans lesquelles il vit en France, … Ce n'est plus là une expérience du détour, c'est un véritable contournement du réel, par persévérance dans les pratiques d'idéalisation de l'Ailleurs auxquelles on a conformé le Martiniquais dès sa naissance [9]

Le Bumidom II était écrit dans nos cabèches comme quand Delgrès voyait, dans sa Déclaration la libération des esclaves mais sous l'option de Manman Lafwans. La réussite de l'ultrapériphériquien passait et continue à passer ( et c'est cela le postulat du Bumidom II ) par cet exil au départ étudiant, ou pour formation professionnelle mais toujours à l'origine provisoire.

Le Bumidom II n'est ni Noir ni Blanc mais se situe certainement entre l'illusion libératrice de l'exil en France et les richesses sans commune mesure qu'apporte cet exil.

Ce serait de grande malhonnêteté de réfuter notre appartenance au Monde, de défendre une conception martiniquo-martiniquaise de la Martinique et de prôner l'immobilisme. Ce serait malhonnêteté mais également être aveugle et insensible aux réalités de tout un chacun de refuser ce droit et même ce devoir de découverte et de liberté, connaître notre Entour pour mieux se vivre et le vivre. Nouyòk, Saragòs, Madrid, Lavyè Pilòt, Lonnd, Mèlbourn, Tokyo, Monréyal, sé ba nou tou.

Il s'agirait plutôt :

de faire lumière ici sur cette trop grande facilité à éluder la complexité des problèmes qui se posent en Martinique, Guadeloupe et en Guyane en faisant unilatéralement nôtres les réalités des ailleurs.

de désenkayer, détjouker et vréyé alé cette idéalisation ( intrinsèque mais fortement inculquée « dès notre naissance ») de l'exil en France, « mère-patrie et Olympe de la prise de conscience du Monde ». Les universités de la Caraïbe ( University of the West Indies ), du Canada, d'Espagne et d'ailleurs nous ouvrent leurs portes. Ne nous empêtrons dans une vision unique qui passerait de façon verticale et unilatérale par Manman Lafwans. Lueur d'espoir ( ?) en ces temps nouveaux pour nous jeunes Antillais, on ne cesse de citer les camarades, ami(e)s et connaissances qui s'enrichissent en Australie, en Chine, en Suède, etc …

de continuer à vivre la Caraïbe et pas seulement l'Europe, au delà des réprimandes de Chirac. De ne plus rêver de coopération régionale mais de la mettre en pratique ( force à toi Alfrèd L. ) dans nos entreprises ( actuelles ou futures ), dans nos arts , dans notre manjé. De vivre Nouyòk, Sidné, Tonbouktou et d'en tirer des enseignements à notre mesure et vréyé Matinik douvan ki yo lé ki yo pa lé.


Source: Jenndoubout.org 
 


Et à la Réunion, c'est pire comme je vous l'ai dit plus tôt, ce sont des enfants qui ont été arrachés à leur ile, et parqués dans des établissements ignobles, avec des conditions sanitaires épouvantables qui feraient fuire les Bengali les plus démunis. L'affaire avait été soulevée par le Nouvel Observateur, relayé par M6, mais la poule a été tuée dans l'oeuf...

Voici un extrait de l'article en question

Citation:
 
Terrain de chasse favori des services de la Ddass du département de l'océan Indien: l'indigence et l'ignorance. On ratisse les quartiers déshérités. Une fois l'enfant sous contrôle dans un foyer, on fait pression sur les parents pour qu'ils l'autorisent à partir en métropole. Promesses d'un bel avenir, d’études poussées, de métiers valorisants, médecin, architecte, avocat. Et, bien entendu, de retour en famille tous les ans pour les grandes vacances.

«Mon père m'a parlé d'une chance qui ferait de moi un être à part», se souvient José Cotché, retraité à la Réunion après vingt-six années sous les drapeaux. Il avait 11ans en 1966 à Sainte-Marie quand sa mère est morte, laissant son père, homme à la vie mouvementée, en charge d'une nombreuse progéniture. «Ma mère me voyait déjà poser pour la photo de l’école avec une petite cravate, comme dans les magazines, et revenir à la Réunion en aviateur», dit Jean-Philippe. «La mienne disait: "Mon petit bonhomme va devenir un grand bonhomme. On fera de lui un monsieur", raconte Jean-Pierre. On a abusé de sa précarité et de sa crédulité. Elle ne pouvait pas se douter de ce qui allait suivre.» Illettrés pour la plupart, sous pression de la toute-puissante administration, savent-ils vraiment ce qu'ils font, ces parents qui apposent une croix ou un pouce trempé dans l'encrier au bas des documents? Inutile de leur forcer la main, puisque c'est «dans l'intérêt de l'enfant».

Le plan est conçu par les hautes instances de l'Etat. Maître à penser: Michel Debré, élu en 1963 député de la Réunion, où il est parachuté sur ordre du Général, et où il règnera jusqu'en 1974. Son obsession: la démographie affolante de l’île. Que faire quand «les morts ne remplacent plus les vivants» comme autrefois, lorsque sévissaient choléra et malaria, guerres mondiales et grippe espagnole? Simple. Y a-t-il surnatalité dans l’île et dénatalité en métropole? Graine de chômeurs là-bas et manque de jeunes bras ici? On fera d'une pierre deux coups. La politique de migration massive du Bumidom se chargera de niveler le trop-plein et de colmater les vides. Six à huit mille départs d'adultes, chaque année durant une décennie, à qui on promettra monts et merveilles et qui déchanteront, une fois franchi l'océan.

Une centaine d'enfants dans le lot qu'on enverra 10000 kilomètres plus loin repeupler la Creuse. Mais aussi le Gers, l'Aveyron, le Tarn, la Lozère, le Cantal et autres départements en voie de dépeuplement. Entre 1963 et 1973, selon les statistiques de la Ddass du département d'outre-mer, 1136 «pupilles» réunionnais feront le grand voyage. Les plus jeunes ont 6mois, les plus âgés 18ans. Des fonctionnaires zélés s'emploient à appliquer de façon expéditive et semi-clandestine, dans le «fait noir» comme on dit en créole, le froid calcul de «Papa Debré». «Un trafic d'enfants déguisé», affirme Jean-Philippe. Jean-Roland Barthes, à la tête de la Ddass Réunion, est muté en 1965 dans la Creuse pour activer l'opération. Il crée, au tout nouveau foyer de l'enfance de Guéret, un poste pour sa compagne, Jacqueline Payet, une assistante sociale réunionnaise qu'il épouse en métropole.
Le pont aérien d'enfants est inauguré. «On avait tous le même costume bleu, la même valise avec le même contenu, se souvient José. Dans l'avion, à part les membres de l’équipage et des prétendues familles, qui n’étaient autres que des assistantes sociales, il n'y avait que des enfants.» A l'arrivée, après cinq jours de vol et de longues escales, la plupart prennent le train pour le foyer de Guéret, qui sert de centre de tri. Le choc est rude. Arrivés le soir, les petits créoles se retrouvent le lendemain, non pas sur les bancs de l’école, mais placés dans les fermes isolées du plateau de Millevaches. La morsure du froid est cruelle pour ces enfants des tropiques. Compte tenu de l'inversion des saisons, l'hiver, ils passent de +35 °C à -10 °C.

«Ça m'a fusillé, raconte Jean-Pierre. Je dormais dans les granges, sur la paille. Je cassais la glace dans l'abreuvoir pour me débarbouiller. Quand je coupais les choux ou les ronces, mes doigts étaient raides. Une fois on m'a emmené à l'hôpital, les mains et les pieds gelés. Chez le quatrième agriculteur où on m'a placé, je pouvais enfin me réchauffer les mains sur une ampoule électrique.» Et José: «Pas de chaussettes dans mes sabots pour marcher dans la neige. Une simple chemise et des culottes courtes.» La rudesse du climat du Massif central va de pair avec celle de bon nombre de familles d'accueil.

«Des nègres, ils n'en avaient jamais vu en vrai, dit Jean-Jacques. Les gosses du coin venaient nous toucher la peau pour voir si ça déteignait.» «Jamais de baignoire, jamais de serviette pour moi, des fois que ça tacherait», se rappelle Jean-Charles Serdagne, 13ans en 1966, et aujourd'hui chauffeur routier à Limoges. «Quand on vit dans un monde métissé, aucun terme n'est péjoratif, note Michel. A la Réunion, on pouvait dire: "Tiens, le chinois! Oh té, le cafre (africain), le malabar (indien)!" Il n'y avait aucun problème.» Dans la Creuse, ils comprennent vite le sens de «noiraud», «négro», «petit singe», «cocotier», «chocolat», «Blanche-Neige». «A Hell-Bourg, j'aurais voulu être un petit "cafre". Avec leurs cheveux enroulés, ils craignaient moins les coups, se souvient Jean-Philippe. A Guéret, je voulais être un petit Blanc. Mais pour eux, mon créole c’était du petit nègre.» «Je n'ai jamais aimé mon regard noir, avoue Marie-Thérèse, née de mère «cafrine » et de père «malabar». Encore aujourd'hui, je fais un gros blocage avec les Réunionnais. Mes amis me le reprochent: "Tu renies tes racines."»

Les familles d'accueil, qui touchent une subvention de la Ddass pour recevoir ces petits «orphelins» dont les parents attendent en vain le retour, trouvent normal de leur faire garder les moutons, nettoyer la porcherie, nourrir les bêtes, soulever le foin, couper le bois, manier la faux, la serpe et le râteau, et ce, sans un sou d'argent de poche. Tandis que leurs propres enfants vont à l’école en ville, ils exploitent à la ferme une main-d’œuvre gratuite et corvéable à merci. Déracinés, largués, sans soutiens ni repères, les petits exilés dépérissent. «Arrachez un bananier à la Réunion et essayez de le faire pousser dans la Creuse!», s'insurge Jean-Philippe.

Loin de leurs familles, de leur langue, de leur nourriture, de leur soleil, certains perdent la boule. Ils parlent aux arbres en créole, aux moutons, aux photos dans les cimetières. Ou bien ils s'enfuient dans les bois jusqu’à ce que la faim les ramène, ou les gendarmes. L'exil forcé fait des ravages. Séjours en hôpital psychiatrique, tentatives de suicide. Jean-Pierre essaie de se pendre à une branche avec une chaîne de vache, puis de s'ouvrir les veines. Il est sauvé in extremis. D'autres ne se rateront pas.


Source: Nouvel Observateur 
 
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 #7 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 15:35

Voici donc les données du problème. Le BUMIDOM a vidé les iles et la Guyane de leur jeunesse, à coup de subventions et d'aides.

Un véritable génocide par substitution, puisque de nombreux européens se sont installés dans les DOM au moment même où les Antillais partaient vers la mèwpatri.

C'est scandaleux, et personne n'en parle. Même ici en Gwada, ceci est passé sous silence, comme si la honte nous rongeait.

Savoir ce qu'est le BUMIDOM, c'est comprendre pourquoi des villes de Région Parisienne sont des cités dortoir pour Antillais (Garges, Sarcelle, Saint Denis, etc..) et de nombreux antillais nés en fwans (vous, vos parents) sont les descendants de déportés par le BUMIDOM.

Qu'en pensez vous? Quelle est votre réaction à chaud? Saviez vous quand, comment et pourquoi il y avait eu émigration de masse aux années 60-70?

Pour ceux qui sont directement originaires des Antilles-Guyane-Réunion, aviez vous entendu parler de cet organisme avant votre départ? Etes vous parti en fwans par le BUMIDOM? l'ANT?

J'attends vos commentaires et témoignages.
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 #8 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:14

Salut 6klon
J'avoue que je ne sait quoi dire ...
... si ce n'est de te remercier de nous communiquer ces infos ...
... et aussi que cela montre que tres souvent rien est fait au hasard comme on voudrait bien le croire dans les relations France <-> Antilles Francaises : tactique, strategie, ... pour servir l'interet d'une seule des parties.
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 #9 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:32

Citation:
 
Connaissez vous le BUMIDOM? 
 


J'en est souvent entendu parler qd j'était plus jeune mais ce n'est que bien plus tard que j'ai su ce que c'était, et encore pas en détail. c'est très intéressant ton sujet 6klon.

'tient ya des gens qui vivent danss la misère la-bas! et si on s'en servait pour faire le salle bouleau, et puis si ils sont dans la misère ici aussi c'est pas grave ça revient au même .... '

Lorgi, fils de facteur , air bumidom 1973-74.
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 #10 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:34

6klôn a écrit:
 
Voici donc les données du problème. Le BUMIDOM a vidé les iles et la Guyane de leur jeunesse, à coup de subventions et d'aides.

Un véritable génocide par substitution, puisque de nombreux européens se sont installés dans les DOM au moment même où les Antillais partaient vers la mèwpatri.

C'est scandaleux, et personne n'en parle. Même ici en Gwada, ceci est passé sous silence, comme si la honte nous rongeait.

Savoir ce qu'est le BUMIDOM, c'est comprendre pourquoi des villes de Région Parisienne sont des cités dortoir pour Antillais (Garges, Sarcelle, Saint Denis, etc..) et de nombreux antillais nés en fwans (vous, vos parents) sont les descendants de déportés par le BUMIDOM.

Qu'en pensez vous? Quelle est votre réaction à chaud? Saviez vous quand, comment et pourquoi il y avait eu émigration de masse aux années 60-70?

Pour ceux qui sont directement originaires des Antilles-Guyane-Réunion, aviez vous entendu parler de cet organisme avant votre départ? Etes vous parti en fwans par le BUMIDOM? l'ANT?

J'attends vos commentaires et témoignages. 
 


Décidement, toi et moi on devrait s'entendre, j'aime ton état d'esprit
Tu présentes des choses concrètes qui soulèvent des points jusque là occultés volontairement (?) ou pas
Je connais l'ANT et je confirme qu'elle continue à financer "l'expatriation" des domiens par des formations payées et des billets d'avions
Il y a des antennes bien sûr dans chaque DOM mais aussi à Paris et dans les grandes villes de province (Marseille Bordeaux)
C'est vrai qu'il y a eu sublimation de la France dans les DOM afin de la rendre la plus attirante possible pour nos compatriotes
Ainsi naquit cet exode, cette déportation moderne qui sous couvert de propositions alléchantes fut en fait une véritable ponction des forces vives des DOM.
Je pense que cet ponction continue même aujourd'hui
Tous ceux qui vivent en France voient comme il est tellement plus facile de partir des DOM que d'y revenir (contexte économique défavorable, prix exhorbitants des billets d'avion etc); emerge alors une nouvelle génération de domiens totalement coupés de leur culture et de leur pays d'origine.
Sans adherer à la théorie du grand complot, je pense que tout ceci est du voulu par les pouvoirs publics afin de maintenir de façon perpetuelle les DOM dans leur marasme actuel
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 #11 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:38

Merci fredo.

Moi ce n'est que tout récemment que j'ai appris les tenants et aboutissants de cete histoire. J'avais entendu parler très vaguement du BUMIDOM, mais surtout de l'ANT.

Ce que je ne comprenais pas, c'est pourquoi ma famille (oncles et tantes) étaient partis en fwans aussi massivement (seuls mon père et une tante sont restés en Gwada sur 9 enfants).

Ca explique également les congés administratifs, les congés bonifiés, le nombre d'Antillais aux PTT, dans les hôpitaux, à la RATP, etc...
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 #12 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:47

L'integration massive des domiens dans la fonction publique que ce soit en France (hopitaux, ville de Paris, France Telecom, PTT etc) où aux DOM n'est pas due au hasard
Toujours dans un souci de maitrîse totale des populations, le fonctionnariat dans les DOM a été exagérément développé
En effet, comment cracher sur la main qui vous nourrit?
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 #13 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 16:48

Citation:
 
Pour ceux-là, “aller en France” avec la perspective d'une carrière métropolitaine était incontestablement synonyme de promotion, et leur itinéraire façonnera durablement le mythe de la France dans l'imaginaire antillais.  
 


C'est exactement ce que me décrit mon pere ! Après le service militaire on lui disait (on=famille, amis...) de partir en France pour être fonctionnaire, qu'il aurait la belle vie etc.

Ouragan a écrit:
 
Ca explique également les congés administratifs, les congés bonifiés, le nombre d'Antillais aux PTT, dans les hôpitaux, à la RATP, etc... 
 


C'est clair que dans l'administration les antillais sont massifs!
Je me pose deux questions :
- Comment avait lieu le recrutement dans les administrations ?? Est ce que l'on privilégiait ces gens fraichement débarqués ???
- Pourquoi l'état a choisi de les faire venir en France au risque de gonfler ses propres chiffres du chômage ???


Ouragan a écrit:
 
Savoir ce qu'est le BUMIDOM, c'est comprendre pourquoi des villes de Région Parisienne sont des cités dortoir pour Antillais (Garges, Sarcelle, Saint Denis, etc..) et de nombreux antillais nés en fwans (vous, vos parents) sont les descendants de déportés par le BUMIDOM. 
 


Tous ces "dortoirs" ont été construits en général au moment de la révolution industrielle, pour faire face à l'arrivée massive de la main d'oeuvre.

Tu parles de "cités dortoirs pour Antillais", or, ce sont surtout des cités dortoirs pour étrangers (arabes, africains)... Dois je penser qu'à ce moment là mon pere était considéré comme un étranger qui venait chercher du travail dans l'El Dorado français ??? C'est une bien triste conclusion...
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 #14 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 17:08

Bon, je vais jeter un pavé dans la mare et me faire l'avocat du diable:

Citation:
 
Les BUMIDOM, Service Militaire Adapté et autres ont fourni main d'œuvre peu qualifiée à la France....... 
 

Si cette jeunesse était restée au pays, elle aurait fait quoi ?

6klôn a écrit:
 
Un véritable génocide par substitution, puisque de nombreux européens se sont installés dans les DOM au moment même où les Antillais partaient vers la mèwpatri. 
 


Par substitution dis tu. Cela veut dire que les métros qui venaient ici occupaient des postes que les jeunes antillais occupaient ou auraient pu occuper? Sachant que la majorité des "arrivants" étaient des cadres, j'en doute fort...
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 #15 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: le BUMIDOM   Posté le: 08 Sep 2003 17:24

Cela explique la présence massive d'Antillais en France. Bon, c'est vrai qu'en partant, les gens ont trouvé du boulot mais 6klôn a dit quelque chose de très juste: pourquoi n'avoir caarément pas créé des emplois similaires aux Antilles? ça aurait évité aux gens de partir. Pour la Réunion, j'ai vu un reportage dans 7 à 8 ( TF1) sur ça: un gars qui avait été arraché à sa famille très jeune pour servir de main d'oeuvre en Métropole...
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