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Genre: Femme Inscrit le: 25 Sep 2002 Sujets: 113 Messages: 7698 Localisation: da hataz basement aka the nice part of hell
Posté le: 07 Jan 2005 16:35 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
on dirait que jarvis nous a oubliés...
allez c'est parti !
Après le concours photo,voici le concours d'écriture,sauf que là,aucun materiel n'est necessaire,
alors personne n'a d'excuses pour ne pas participer!
pas besoin de créer un chef d'oeuvre,pas besoin d'écrire 5 pages,ça pourra être tout aussi bien une nouvelle qu'un poème,une maxime,un Haiku ...
Comptage des points ouverts de mercredi minuit à vendredi minuit,postage des nouveaux textes de vendredi à mercredi minuit et annonce du nouveau thème dès que possible.
Tout ça aux heures de métropole
Pour la deuxième tentative,vous pouvez poster dès maintenant vos production
le thème de la semaine est:
nouvelle(s) résolution(s)
Les commentaires et les votes se font dans ce sujet : [concours] d'écriture
Genre: Femme Inscrit le: 25 Sep 2002 Sujets: 113 Messages: 7698 Localisation: da hataz basement aka the nice part of hell
Posté le: 07 Jan 2005 17:03 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
oulà, je suis où moi ? il fait peut-être jour... j'ai pas encore ouvert les yeux. je pars à la découverte de mon environnement du bout des doigts.
je suis couchée.
sur du carrelage.
je suis encore habillée.
j'ai le visage moite, j'ai beaucoup transpiré on dirait.
je décroise les jambes... ouh ! ça fait mal ! mon dos n'a pas supporté que je m'endorme à même le sol...
j'entrouvre les paupières, un fin filet de lumière m'agresse la rétine.
je referme les yeux.
je respire profondément.
inspire.
expire.
ok, on repart à la découverte de ce qui m'entoure.
un bras ?
un torse ?
pas de seins. c'est un homme.
poilu.
avec plein de cheveux.
et il n'a pas de chemise.
oh seigneur, qui celà peut-il bien être ?
sylvain ?
nah... sylvain est beaucoup plus gras.
p.utain de m.erde ! c'est le stagiaire ! oh non ! je ne sais même pas comment il s'appelle ! attends... deux secondes... comment il s'appelle le stagiaire ? souviens-toi ! allez ! souviens-toi ! la directrice l'appelle "heps ! le petit !" et la secrétaire l'appelle "mon chou..." ça ne m'aide pas ! zut zut zut ! c'est moi qui ai fait son entretien d'embauche en plus ! mais j'étais tellement sûre qu'il ne serait pas pris !
ouais, j'avais flashé sur un certain calixte. prénom et CV à c.hier mais un petit cul de dingue ! je m'imaginais déjà en train de crier "oh calixte !" assise sur la photocopieuse pendant l'entretien...
mais euh... le stagiaire là, il ressemble à un maori et il s'appelle.......... petit chou... non ! il s'appelle................................. DAVID ! oui ! c'est ça ! david !
donc, je suis couchée sur le carrelage, et david est à côté de moi et n'a pas de chemise.
petite vérification : oui, moi j'ai toujours mes sous vêtements du haut et du bas.
je ne me souviens de rien...
enfin si, je me souviens qu'on faisait la fête dans le pavillon de vacances de la directrice pour le jour de l'an et que presque toute la boîte était là.
je me souviens avoir beaucoup bu. c'est trop bon le moelleux ! mais qu'est-ce que ça monte vite à la tête le vin blanc !
j'ai du abuser.
bon, allez, un effort : j'ouvre les yeux.
seigneur ! que j'ai mal à la tête !
c'est bien david qui est près de moi. il dort en suçant son pouce. n'importe quoi !
il a roulé sa chemise pour s'en faire un oreiller. mais je suis où là ? il y a une lucarne, une machine à laver et un congélateur. on dirait que je suis dans une cave.
je vais devoir le réveiller pour qu'il m'explique ce qui se passe.
oh mon dieu ! je suis couverte de vomi ! c'est dégueulasse ! ugh !
"david ? hum hum... daaaaviiiiid ? réveille-toi ! c'est le maaaaaatin ?"
"hein ? quoi ? qui ? oooooh ! ma tête..."
"tu sais ce qu'on fout ici ?"
"oui, tu nous y a enfermé et tu as jeté la clé par la lucarne, là..."
"hein ?"
"ben ouais, toi, quand t'es bourrée, tu fais des trucs bizarres..."
"et on est là depuis longtemps ?"
"je ne saurai pas te dire. j'étais pas vraiment à jeun moi-même."
"et sinon, j'ai fait des trucs bizarres... euh... avec toi ?"
"pas avant que je m'endorme, non... déjà que j'ai du mal avec les gens bourrés, tu vois, il se trouve qu'en plus je suis homo, tu vois..."
"ah... euh... ouais... hihi..."
p.utain, je suis gênée...
"mais si tu es homo, pourquoi tu m'as suivie ici ?"
"tu ne m'en as pas laissé le choix ! tu m'as carrément kidnappé ! excuse-moi mais moi je ne voulais pas!"
"ok... et on fait comment pour sortir ?"
"très bonne question ! on hurle peut-être ?"
"ah ouais mais attends si on nous trouve là comme ça c'est la super honte sur moi !"
"t'inquiète, vu le show que tu nous a fait avant de m'enfermer ici, c'est déjà tellement la honte sur toi que ça, ça les fera rire..."
oh my god... qu'est-ce que j'ai encore foutu moi ? faut vraiment que j'arrête de boire ! _________________
Genre: Femme Inscrit le: 29 Juin 2003 Sujets: 11 Messages: 333 Localisation: Paris
Posté le: 07 Jan 2005 17:46 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
"Je peux le faire, je suis capable de le faire. Je peux le faire, je suis capable de le faire."
J'ai toujours trouvé ça idiot, ce concept de bonnes résolutions. Franchement! Ce n'est pas stupide ça? Se forcer à décider de changer une mauvaise habitude sous prétexte qu'on est le premier de l'an! Personne n'est parfait! On est comme on est un point c'est tout! je ne suis pas parfaite et alors? ça vous dérange? ça vous pose un problème? passez votre chemin dans ce cas! Après tout, je ne vous ai rien demandé, je ne cherche pas à me faire des amis, j'ai bien assez à supporter de ma pénible personne! Voilà! C'est comme ça et pas autrement!
Ce discours soi-disant agressif, ça fait des années que je le tiens sans me soucier de ce que le reste de la Terre pourrait en penser. je suis remplie de défauts et je ne prends pas de bonnes résolutions. Je ne change pas!
Tous les ans à cette période de l'année, c'est l'air contrarié, les sourcils froncés que j'avance dans la ville. Tous ces gens avec leurs sourires béats, encore emprunts de l'image de la futilité et superficiel reçu en cadeau pour Noël. Noël! C'est un autre débat, mieux vaut ne pas s'engager sur cette voie plus écoeurante encore!
Comme tous les ans à cette période de l'année donc, je foule le béton, le visage plus gris encore que le temps et je feinds d'ignorer toutes ces figures enjouées. Cette année, bizarrement, ça ne me fais pas le même effet. Enfin si! Je suis toujours aussi en colère mais transpercée violemment par un éclair de lucidité. jalousie! Je suis jalouse, je meurs de jalousie! Tous ces gens qui semblent heureux! Le sont-ils aussi parce qu'ils ont l'espoir que cette année sera meilleure que le précédente?
De mon côté, pas de soucis, elle sera meilleure! Comment ne le serait-elle pas? 2004 ne m'a apporté que des malheurs! Moi qui n'est jamais vécu que de la scène, cette maudite année m'a arrachée mon statut d'intermittente pour me changer en aide-coiffeuse à Château d'eau! Cette maléfique année m'a fait découvrir pour la première fois ce sentiment que je croyais inventé pour les contes de fées (comment ça s'appelle déjà? ah oui! l'amou... pardon, je n'arrive plus à le dire) dans le but de me montrer ce que c'est que d'avoir le coeur brisé. Si on ajoute à ça, les choristes fantômes de mon groupe et les préoccupations pécunières, on peut dire que 2004 avait une mission à remplir contre moi et qu'elle a bien gagné!
Pas soucis non pas de soucis: j'en suis certaine 2005 sera meilleure! Comment ne le serait-elle pas? Alors, je prends une décision: (ne riez pas, ne vous moquez pas!) JE DECIDE MOI AUSSI DE PRENDRE UNE BONNE RESOLUTION!
Sur le chemin du salon, je me répète inlassablement "je peux le faire, je suis capable de le faire. Je peux le faire, je suis capable de le faire"
La matinée se passe sans heurt, pas de crise, je maitrise tout. C'est le premier lundi après les fêtes, il y a peu de clientes. Je shampooine à peine trois têtes mais en début de soirée, tout redevient normal, les clientes affluent. Avec des demandes toutes plus extravagantes les unes que les autres: unetelle tissage blond, l'autre défrisage-couleur-permanente, l'autre perruque frisée rouge... Je prends de grandes respirations en pensant à ma résolution et je fais le job! Je balaie les cheveux, je prépare le fil pour les tissages, je donne les mêches. Mon coeur bat fort, quel idée stupide cette résolution! Comment pourrai-je tenir le coup face à toutes ces femmes qui se bousillent les cheveux sous prétexte que c'est à la mode, c'est plus joli, ou je ne sais quoi!?!
-Adélise! A quoi tu penses?
-A rien pourquoi?
-Tu ne vois pas que la dame t'attends pour son shampooing?
-Si, si, j'arrive!
Pouah! dégoûtant! Celle-là, ça doit faire au moins trois mois que ses cheveux n'ont pas sentis le contact de l'eau avec la vilaine perruque rassie qu'on vient de lui enlever! Je prends mon courage à deux mains et je commence à lui laver les cheveux. Au bout d'un moment, je sens que la tentation est trop forte. Après tout, elle ne les mérite pas ses cheveux vu les misères qu'elle leur fait! Et puis une mêche! Rien qu'une mêche! C'est une punition bien légère par rapport au crime!
Je ne sais pas ce qui m'a pris, d'habitude, je fais plus attention. Un rapide coup d'oeil circulaire pour voir si la voie et libre et wap! La coupable se voit infliger une discrète punition capillaire! Cette fois-ci, ça doit être le fait de ne pas l'avoir fait de toute la matinée, je me suis un peu laissée aller...
-Ah! Regardez-ça! Je vous l'avais dit! ça fait des mois que je vous dit qu'elle fait ça!
La voix de Fanta s'est élevée, sonore et accusatrice. Tous les regards sont sur moi à présent ou plutôt sur mes mains. Ma paire de ciseaux fétiches dans la droite, une bonne mêche de cheveux dans la gauche.
-Mes cheveux! Mes cheveux!
Pourquoi elle crie cette folle? ça se voit bien qu'elle n'en prend pas soin de ses cheveux, en plus ils sont moches à force d'étouffer sous des perruques toute l'année!
-Sors d'ici! Sors d'ici espèce de folle!!!!
A peine le temps d'attraper mon manteau et me voilà dehors! Juste le temps d'entendre Fanta s'exclamer:
-C'était ça ma bonne résolution cette année: j'avais décidé de vous prouver quelle était pas nette celle-là! _________________ Bwabwa Mizik
www.myspace.com/bwabwa
Genre: Femme Inscrit le: 13 Mar 2003 Sujets: 8 Messages: 1031 Localisation: kè en mwen en gwada!!
Posté le: 07 Jan 2005 18:38 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
Tu m’as dépouillée et je ne peux même plus acheter ma voiture! se plait-elle à pleurnicher dès que je tente de réinstaurer le dialogue. Quand je pense que ma fille m’en veut encore pour avoir pris de l’argent sur son compte en vue de m’offrir mon "stupide" stage selon elle...
Mais bon, avoir procuration sur un compte bancaire ce n’est pas pour les chiens d’une et de deux, les enfants sont ingrats, c’est bien connu. J’ai dépensé plus de 1500€ pour suivre le stage intensif du célèbre docteur Bonapéti pour mieux comprendre les principes du régime hypocalorique qu’il préconisait. Certes, je ne l’ai finalement pas commencé mais qu’est ce que j’ai rigolé en écoutant les expériences des stagiaires ! Et puis entre nous, l’essentiel est de participer non ? Et ne venez surtout pas me dire que j’exagère car j’en connais peu qui accepteraient de supprimer de leur vie toutes sortes de boissons gazeuses hein ! Parce que plus elles sont colorées, plus elles sont sucrées et donc plus elles me procurent du bien être. Et du bien-être j’en ai besoin, voyez-vous, car depuis que Ewnèsto m’a quittée, je nage en pleine incompréhension. Il était jaloux comme pas deux et dès que je dansais collé-serré avec d’autres beaux jeunes hommes en soirée il pétait un câble. Tu pourrais au moins respecter ma présence!, hurlait-il au retour, dans la voiture. Pire ! Il n’acceptait pas mes aventures extraconjugales ! Non mais je rêve ! Vous comprenez bien qu’une femme aussi généreuse que moi ne pouvait se permettre de refuser toute proposition. Avec du recul, (parce que moi au moins je sais me remettre en question), je pense qu’il n’était pas bon pour moi. Il me semble évident qu’on n’avait pas la même notion du partage. Quant à mes collègues de bureau n’en parlons pas ! Ils ne comprennent pas mon besoin d’écouter (encore pour mon bien-être) la radio à tue-tête pour augmenter mon taux de productivité. Ils ne partagent pas ma vision généreuse des choses! Cette émission radio est pourtant tellement intéressante car elle traite de la reproduction des limaces. Et Dieu seul sait à quel point ces bébêtes sont importantes pour la survie de notre écosystème. Mais l’écologie, personne ne s’y intéresse, à part moi bien sûr…
Enfin bref, tout ça pour dire que je ne me fais pas d’illusion : ce monde est infesté d’égoïstes et 2005 n’y changera rien. Ils auront beau crier leurs nouvelles résolutions sur les toits mais cette poudre aux yeux n’empêchera pas la femme et mère de famille rationnelle que je suis de voir la réalité en face. J’espère que les mauvais se remettront en question une bonne fois pour toute en cette nouvelle année et que les bons (comme moi pour ne citer que moi) continueront à semer la générosité autour d’eux. Parce que, voyez-vous, les altruistes comme moi ne courent plus les rues.
Genre: Femme Inscrit le: 18 Mai 2002 Sujets: 48 Messages: 10205 Localisation: .... là où me pousse le vent ......
Posté le: 07 Jan 2005 19:18 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
Qu'est ce que j'étais encore allé promettre?? une liste de résolutions!! Seigneur... je n'en avais jamais faites auparavant, et je ne m'imaginais pas le faire un jour, mais quand elle m'avait demandé de le faire, je n'ai pas pu lui dire non... d'ailleurs, je n'ai jamais su lui dire non..
et voilà 2 semaines que je planchais dessus, à chercher des idées originales tout en restant dans une optique de résolutions sincères, mais sans tomber dans le flanflan...
Je voulais mettre sur papier des choses qui lui parlent, qui ne la laissent pas indifférente...
Je l'avais invitée comme ça, de façon anodine à venir prendre le thé avec moi pour la Nouvelle Année, une invitation qui ne lui avait pas semblé étrange, moi qui ne buvais jamais de thé avant qu'elle ne m'y ait initié, et il était convenu d'en profiter pour échanger nos "copies"...
Il était déjà 22h57, dans quelques heures nous allions changer d'années, et je n'avais toujours rien écrit: biensur, j'avais pensé à quelques banalités à me faire moi même bailler à me décrocher la machoire, mais je ne voulais pas que ça soit l'image qu'elle se fasse de moi, quelqu'un de banal, de tout juste passable!
Je voulais qu'elle me voit enfin tel que j'étais, tel que je l'aimais..
Ma lampe de bureau éclairait de sa lumière palichonne ma feuille désespéremment vierge...
Soudain l'inspiration me vint... je notai une ligne au centre de la feuille, ligne pour laquelle je m'appliquai comme je ne l'avais jamais encore fait, même pas pour nos fameuses pages d'écritures du primaire... ma main en tremblait tellement cette ligne me semblait intense, je voulais y mettre tout mon être, il faudrait qu'en tenant cette simple feuille, qu'elle ressente toute l'émotion que j'avais eu à l'écrire, cette unique résolution pour cette nouvelle année, celle qui lui dévoilerait que j'étais enfin prêt à rassembler tout mon courage pour lui avouer à quel point je l'aimais depuis toutes ces années...
En mettant le point final à MA résolution, je levai le nez: le réveil indiquait 2h24... je venais de passer le Réveillon seul avec ma feuille, mais c'était sans doute le réveillon le plus fort en sensations qu'il m'ait été donné de passer... J'allai me coucher heureux, j'allais rêver d'elle, de sa grace naturelle, de son sourire, de sa façon détachée de traiter les choses...
Le lendemain, une fois le ménage fait, je relus ma résolution: elle me semblait parfaite, je ne pouvais pas en dire plus: tout était là!... c'était la seule chose que je voulais m'engager à faire des 365 jours qui allaient suivre et de tous les jours que le Monde me donnerait à vivre par la suite!
Après l'avoir pliée soigneusement et mise dans une enveloppe cachetée aux tons bordeaux, je l'enroulai dans une ficelle ocre et la posai au centre de ma table basse....
Tout le reste de ma journée s'attacha à faire du moment de l'échange de nos résolutions un moment unique, qu'il reste gravé en nous deux, comme un des ces instants qu'on pourrait qualifier d' "instant magique", qui semblent durer une éternité, et sont toujours pourtant trop courts... le service à thé chinois aux tons assortis à l'enveloppe, la natte sur la table basse en osier, l'assiette en porcelaine dans laquelle j'allais disposer ses petits gateaux à thé préférés... tout devait y concourir! Des années et des années après, je voudrais qu'elle y repense avec bonheur, le souvenir de chacun de ces détails concourant à l'harmonie du moment, élargissant encore un peu plus son sourire....
L'heure approchait, elle serait en retard...comme toujours. Mais je ne lui en voudrais pas... comme chaque fois... Elle me raconterait sa soirée de réveillon, comment les gens étaient drolement habillés, rirait de son rire cristallin avant de se blottir contre moi et de me demander enfin ce que j'avais fait de ma soirée!
Depuis des années, nous passions tout notre temps ensemble, nous les "Meilleurs Amis du monde", j'en étais au stade où je connaissais toutes ses réactions d'avance et je pensais ne trop m'avancer en disant qu'elle était également capable d'anticiper la plupart des miennes, sauf peut être celle là: je ne pouvais pas continuer plus longtemps à cacher ce que je ressentais....
Quand j'entendis retentir la sonnette, je repassai machinalement devant le miroir pour avoir un dernier avis sur ma tenue: ma chemise col mao se fondait à merveille dans l'atmosphère zen que j'avais voulu donner pour cette occasion à mon intérieur.... un dernier coup d'oeil en arrière... l'enveloppe, toujours posée au centre de la table basse.... je repartis la chercher et la glissai dans la poche de mon pantalon,.. comme ça....
J'entrouvris la porte... elle était là, toujours aussi belle, rayonnante même!
Un homme se tenait debout derrière elle....
"Salut toi!! Bonne Annnéééééééééééééééééééééééééééééééééée" hurla-t-elle en me sautant au cou!!!
"Alors!!??!! , je pensais qu'on t'aurais vu hier soir?!! Chez Jojo, c'était fantastique, t'aurais du venir!! j'ai passé un réveillon formidable: d'ailleurs, je voudrais te présenter Néo, on a fait connaissance hier soir, je me suis permis de l'inviter à venir prendre le thé avec nous, je voulais absolument vous présenter!" et elle lui attrapa la main en lui adressant un sourire radieux... ce sourire qui jusque là était comme un soleil dans ma vie les jours de grisailles, et bien, ce soleil me brulait actuellement les chairs de façon cruelle...
Son intérêt pour ce Noé..Néo... d'ailleurs a -t-on idée d'avoir un nom aussi ridicule?!! son intérêt était visible, et il était clair qu'elle me demanderait tout à l'heure dans la cuisine, plus ou moins discrètement, ce que je pensais de sa nouvelle conquête....
Le son de sa voix me ramena à eux: "alors et ces résolutions, elle est où ta liste??" : elle brandissait la sienne: une page de bloc-note, pleine de griffonnages désordonnés...
Ma main se crispa dans ma poche, avant de sortir d'un ton mal assuré: "heu, en fait ma puce, je n'ai pas pu le faire, je suis désolé, je sais je sais, j'avais promis, mais je n'ai vraiment pas eu le temps... et puis de toute façon, les résolutions, c'est fait pour ne pas être tenu, n'est ce pas?! " et un rire nerveux s'échappa malgré moi de ma gorge...
me tournant vers Néo, "sinon Néé-O, t'aimes le Earl Grey, le thé vert, ou tu veux quelque chose de plus fort pour commencer l'année! an nou pran on ti sec!!!"
Ooh ouiii, un sec Néo! d'ailleurs, même si tu n'en prenais pas, moi il me faudrait en prendre un! j'en avais tellement besoin....
En fait, tout bien réfléchi, ma résolution pour cette année, serait de l'oublier.... _________________ Poster une image?!
Posté le: 07 Jan 2005 21:23 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
« -Ce sera tout mesdames ? demande le serveur.
- On va prendre une carafe d’eau s’il vous plaît », répond Gina.
- Très bien, je vous apporte ça tout de suite, dit le serveur avant de s’éloigner.
Gina est mal à l’aise. Elle fuit mon regard et fait mine de chercher quelque chose dans son sac.
- Mais qu’est-ce que tu cherches Gina ? Tu me stresses !
J’ai presque crié. Le couple de la table à côté me regarde, surpris. Je vocifère:
- Qu’est-ce que vous regardez, vous ? Vous n’avez rien d’autre à faire que d’épier les autres ?
Gina intervient :
- Bon, ça suffit Mylène, ressaisis-toi ! », lance Gina.
Je baisse les yeux, confuse.
- Comprends-moi Gina, ça fait une semaine que je ne dors plus, je me ronge les ongles, je ne mange pas, je ne bois pas, je suis un vrai zombie. Je me comporte comme une mauvaise mère. C’est la nounou de Maité qui s’en est occupé cette semaine, je ne l’ai presque pas vue…
Je fonds en larmes.
- Elle n’a que 2 mois, elle n’a pas demandé à venir au monde ! Il faut que tu sois forte Mylène car le pire reste à venir…, lâche Gina, visiblement émue.
Je tremble. Le verdit va tomber…
- Je t’écoute. Je suis prête. Au point où j’en suis, je n’ai pas le choix., réponds-je, la gorge nouée.
- Didier a une liaison Mylène…
Je la regarde bouche bée. Elle n’a fait que me confirmer ce que je soupçonnais depuis plusieurs mois. Mais c’est toujours dur de se l’entendre dire.
- Tu en sûre ? C’est bien lui que tu as vu Gina ? Tu les a vus où ? Que font-ils ? Où mangent-ils ? C’est qui cette femme ??????? »
Là, j’ai hurlé. Le couple d’à côté n’ose pas me regarder mais de toutes façons, ça ne me fait plus rien…
Gina est détective privée. Et ma meilleure amie. Au début, elle ne voulait pas suivre mon mari à la trace car ça la gênait de connaître aussi bien sa cliente. En l’occurrence moi. Son amie d’enfance. Ma vie était en train de défiler tout d’un coup. Etudes à Fouillole. Rencontre avec Didier. Premier rendez-vous galant. Présentation aux parents. Fiançailles. Mariage. Premier achat commun : une belle villa surplombant la baie de Deshaies. Premier bébé, Maité. Maité… En pensant à elle, les larmes coulent de plus belle. Comment a-t-il pu me faire ça ? A moi ? La femme de sa vie… Il disait que j’étais son bébé…
- Alors, nous avons un colombo de poulet pour madame…
C’était le serveur. Je ne l’avais même pas vu arriver, perdue que j’étais dans mes pensées. Je n’avais même plus faim. J'avais les yeux rouges. Après avoir disposé nos assiettes sur la table, il s’éloigna en me souriant avec compassion.
Gina me regarde et reprend :
- Et dire que c’est moi qui t’ai présenté cette ordure ! Je suis désolée…
- Non, ne dis pas ça, tu ne pouvais pas savoir… »
Je regarde à travers la vitre les couples enlacés sur la Place de la Victoire. Je me revois avec Didier en train de déguster un sorbet au coco, blottie dans ses bras… C’était de l’histoire ancienne maintenant. Didier a une liaison… Cette phrase avait fait voler en éclat mon semblant de bonheur. J’avais envie de me suicider… J’avais dû penser à haute voix car Gina me dit pour me secouer :
- Tu dois te battre pour ton bébé. Maité a besoin de toi. Fanm fô Mylène ! L’homme blessé n’est pas mort, songé sa ! »
Maité. Mon bébé. Ma raison d’être.
- Gina, personne ne se mettra entre ma fille et moi. Je te le promets… Pas même Didier. »
En rentrant à la maison ce soir-là, je courus dans la chambre de Maité. Elle était avec sa nounou. Cette dernière ne tarda pas à partir. Je pris Maité dans mes bras et la serrai fort contre moi. Elle n’avait que 2 mois mais je lui parlai comme si elle était en âge de comprendre :
« Mama, tu sais que maman t’aime très fort ? Sache-le ma chérie, je ne t’abandonnerai jamais ! Je ne laisserai personne te faire de mal, tu m’entends ? On va partir toutes les deux, loin de ce monstre qui ne prend même plus notre hauteur ! Un jour, il prendra conscience qu’il nous a perdues à tout jamais ! On a passé le 31 décembre toutes les deux ! Comment n’ai-je pas pu voir qu’il était avec sa maîtresse ? Soit-disant il devait prendre un pot chez Gilles ! Il n’est même pas rentré ! Maité chérie, on ira passer la nuit chez Gina et la semaine prochaine, je commencerai à chercher un appart. C’est une nouvelle vie qui commence ma puce. »
Maité se mit à pleurer. Pas de tristesse bien sûr…. Elle était bien trop jeune pour comprendre mon désarroi… Elle avait sûrement faim.
Je griffonai sur un post-it la phrase fétiche de Gina, en me mouchant : « L’homme blessé n’est pas mort. »
Je le déposai sur la table de la cuisine. L’émotion m’envahit lorsque je refermai la porte derrère moi. Mais au fond de moi, je savais que j’avais pris une bonne résolution.
Posté le: 08 Jan 2005 01:35 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
Je viens de pondre un méga délire et je me sens bizarre après une première lecture. J'ai écouté mon inspiration...
Madeleine
Derrière la vitre de la chambre capitonnée, Madeleine subissait, impuissante et vidée, le triste spectacle que lui offrait sa fille, retenue, comme un vulgaire animal par une camisole de force.
Elle n’était pas folle ! Maya ne pouvait être folle : il n’y avait jamais eu aucun cas de folie dans la famille et elle considérait avoir fait correctement son travail de mère malgré la triste absence de Thierry.
Jamais elle n’aurait pensé qu’elle, Madeleine, grand genre de bata zindienne devant l’Eternel, si fière de sa réussite sociale, sans l’aide d’aucun bâton d’urine de tous ces coqs à belle pose qui lui tournaient autour depuis que ses formes pulpeuses et voluptueuses avaient rendu fou Thierry, son professeur de philosophie, jusqu’à ce que celui-ci charroie son corps sur le pont de la Gabarre et offre son cadavre d’homme en limbé coucounèse à la Rivière salée.
Madeleine, en effet était ce que l’on pouvait appeler une femme sublime, non seulement du point de vue de sa beauté physique, mais aussi grâce à son charme mystérieux et insaisissable.
Il y eut, à ses dix-sept ans, une sorte de miracle de la nature : au moment où ses seins pointaient, raides, la toute première fois, quand elle s’offrit passionnellement à Thierry, elle réalisa l’infini pouvoir qu’elle pouvait avoir sur les hommes et les autres femmes. Elle possédait, depuis toujours, au fond d’elle, une force vitale, une envie débordante de tout connaître, qui lui procurait un charme froid, mais singulier et envoûtant. Chose surprenante chez une aussi jeune femme. Voir Thierry, grand philosophe, perdre la raison pour ses charmes tant voluptueux qu’intellectuels, lui fit prendre conscience de cette force, de ce pouvoir qu’elle allait enfin se mettre à exercer afin de réussir sa vie.
Madeleine, petit bout de femme de dix-sept ans, à l’ego surdimensionné, ne manquait pas d’ambition. Elle désirait, tout simplement, diriger d’une main de fer la Guadeloupe et asseoir son autorité sur tous les hommes qu’elle rencontrerait.
Elle n’avait que trop pleuré, durant son enfance, lorsqu’elle voyait son géniteur – car il n’était ni plus ni moins pour elle, saoul comme un cochon qu’il était, frapper Irène, sa mère.
-"Maman, disait-elle alors, pourquoi te frappe-t-il autant ? Laisse-le tomber, je n’ai pas besoin de lui pour vivre. Je partirai travailler, avec toi, chez le Syrien de la rue Frébault et, tu verras, à nous deux, on aura la belle vie."
Triste, le regard hagard, flegmatique et, cachant à peine sa honte, Irène répondait ainsi à Madeleine :
-« Pitit’ a Manman…Maman pa jan ni chanss adan pitin a la vi a sa ! An ja sèvi assé chien a Blanc an kann’ la. Syrien la, kont a li, ka doué mwen sink mwa travay ! an vé pa ou konnèt menm vi la sa ! Alors, pitit a Manman, promet' mwen ou pé ké jan fè menm bétise ki mwen ! Jodi jou, si an ka sipoté kou.niamanman a Hubert la sa, sé pou an pé baw on édikassion valab ! an vlé ou fè gran lécol pou Manman, menm si ja mo, maché né ay an lè. Pitit an mwen, lè an té kay acouché dew, an révé ou ké on mèt a fanm, on pil fè…ou ké on gran Madanm pou la Gwad’loup…Alo, tou sa an ka sipoté a prézen, sé pou vou… »
Jamais elle n’avait oublié les larmes salées de Man Irène, qu’elle avait goûtées lorsque, dans un élan de désespoir, elle lui avait embrassé les yeux, comme si celle-ci allait mourir.
Madeleine avait donc grandi avec une résolution fixe, un principe immuable : ne jamais faire confiance à un homme, quoiqu’il advienne. Elle ne voulait pas faire revivre à sa fille toutes les souffrances qu’elle avait endurées à cause de Hubert, ce mal kabrit’ qui ne pensait qu’à lessiver le corps souffrant de Man Irène, et ce, jusqu’à son dernier souffle…le bougre s’était éteint en plein travail…
Ironie du sort, ce serait grâce à celui qu’elle avait tant détesté, qu’elle allait pouvoir, quelques années plus tard, honorer la parole donnée à sa mère et la résolution qu’elle avait prise. En effet, Hubert lui avait légué une somme qui lui a permis d’aller à l’école, un luxe pour une fille de la campagne, à cette époque. Elle passa son certificat d’études et monta ensuite à Pointe-à-Pitre, au lycée. C’est là qu’elle allait rencontrer Thierry.
Un jeune professeur qui venait d’être agrégé…
Leur liaison commença un an après le baccalauréat de Madeleine…juste avant que celle-ci ne décide de suivre des études de sciences politiques à la grande Sorbonne de Paris.
Non pas qu’elle eût une quelconque passion pour l’homme; du moins, c'est ce qu'elle se disait. Non, elle était plus pragmatique que cela : elle voyait en lui, un homme intelligent, qui pourrait transmettre ce caractère à l’enfant qu’elle voulait avoir toute seule, plus tard, lorsqu’elle reviendrait en Guadeloupe, après ses études. Lorsqu’elle reviendrait afin de mener une vie de grand genre de fanm.
Elle passa donc dix longues années à Paris, fréquentant l’élite intellectuelle antillaise alors sur place, participait aux débats qui animaient et secouaient alors toute une génération qui découvrait la négritude.
Cependant, elle se garda bien d’ouvrir son cœur, à un quelconque homme. Ils étaient tous pareils…tous des Hubert en puissance…tous des chiens lâches qui ne pensaient qu’à vous labourer votre corps de femme devant être, selon eux, soumis à leurs désirs bestiaux !
Un cœur sec et froid dans une si jolie chaire…un vrai gâchi, disaient les hommes. Une chance qu’une femme se prenne ainsi en main, selon les vieilles de sa campagne natale.
De retour en Guadeloupe, une position de premier adjoint au maire de Pointe-à-Pitre, une maison haute et basse à la rue Schoelcher, il ne lui manquait plus qu’un enfant pour que sa vie soit une réussite totale. C’est dans cette optique qu’elle repris sa liaison avec Thierry qui, depuis, s’était marié à une belle chabine. Une fois enceinte, Madeleine donna son « biyé pa la peine » à un Thierry qui, drogué au fruit de la passion qu’elle était, commençait à perdre la raison.
-"Yo di mwen profésè filozofi a la Pwent la ka kouri fou an tout’ la ri ! racontaient les vieilles pointoises."
Nôtre fière Madeleine, dix-sept ans, éleva seule Maya, tout en lui cachant l’existence de ce père suicidé par passion.
Un avenir tout aussi prometteur que celui de sa mère lui était, semble-t-il, destiné…Jusqu’au jour où, la CPE de Baimbridge appela Madeleine pour lui dire que sa fille avait été transférée à St-Claude, suite à une crise d’automutilation en plein interclasse !
Elle était donc là, devant le triste spectacle de sa fille.
-« Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, anxieuse et tremblante au psychiatre.
-Il semblerait que votre fille soit enceinte, Madame…et ce n’est pas tout. Nous avons retrouvé, dans son cartable, son journal intime où elle raconte comment elle a découvert que Thierry junior, son petit ami, serait, semble-t-il son demi frère. Elle parle aussi d’une certaine Man Yvonne…la connaissez vous ? »
Madeleine fondit en larmes. Man Yvonne était la grand-mère paternelle de Maya…mais aussi sa marraine. Elle lui avait juré de ne jamais lui révéler la vérité ! Madeleine lui avait bien précisé qu’elle ne voulait pas que Thierry soit mentionné ! Elle avait autrefois promis à Man Irène de ne pas commettre la même erreur qu’elle en donnant sa vie à un homme.
Que faire ? Elle se sentait, plus que jamais, coupable du malheur de sa fille. Elle eût envie de mourir…Son cœur ne battait plus, mais ralentissait son rythme, à chaque souffle…
Que faire ?
Qu’en aurait-il été si, durant sa jeunesse, elle n’avait pas pris pour résolution de bannir les hommes et le semblant d’amour de sa vie ?
Cette vie, dont elle était si fière…là voilà qui s’envolait avec ce déshoneur…il ne lui restait plus qu’une seule chose à faire : partir sur les traces de Thierry pour le retrouver.
-« Même au paradis, Thierry, me pardonneras-tu de ma cruauté envers toi ? Je t’ai aimé, très fort, mais mes principes bidons m’empêchaient de te le dire. »
Deux jours plus tard, les gardes côtes retrouvèrent le corps d’une femme, sans vie, au niveau de l’Ilet Fajou.
Madeleine avait rejoint Thierry avec comme nouvelle résolution, l’amour, en espérant qu’un après la mort lui donnerait une seconde chance... _________________ >>COCONUT-NEWS<<
Posté le: 08 Jan 2005 06:10 Sujet du message: [concours d'écriture #2] nouvelle(s) résolution(s)
Le pare brise explosa dans un fracas de verre brisé. A peine le temps de se rendre compte d’une blessure au visage que la chaleur envahit l’habitacle de la voiture. Une odeur d’essence se répendit. Il fait noir.
Panique ! Feu, explosion, mort. Des images vues au cinéma de corps carbonisés et de personnes à désincarcérer lui passèrent devant les yeux. Mon Dieu, mourir si jeune…
Pourtant sa résolution du Nouvel An aurait du empêcher ça...
Tout ce qui avait été gâché à cause de ses travers traversa son esprit : plus d’amis, plus d’amour, perdu la confiance des autres. Même sa propre mère s’était détournée de cette vie dissolue à laquelle elle ne comprenait rien. Tout ce qui lui restait était superficiel.
Sa position dans le monde lui était restée pendant un temps… mais elle aussi, elle avait disparue. La poudre jetée aux yeux des inconnus et ignorants de son attitude n’avait plus d’effet.
Il ne restait plus que la voiture… maintenant elle était foutue.
Il ne restait plus qu’un souffle de vie … maintenant il s’atténuait progressivement
« Courage… et la vie après la mort ? Peut-être un dernier espoir en la réincarnation. Peut-être une ultime chance de se racheter dans une vie future.
Tchip ! A quoi penses-tu en ce moment? Tu vas mourir… Comme un chien abandonné au bord de la route au départ des vacances. La comme ça.
Personne ne viendra à ton enterrement.
Personne ne fera l’éloge de ta vie.
Personne ne pleurera sur ton sort.
Personne ne regrettera ton départ.
A savoir si ils sauront que tu n’es plus.
Plus personne ne prend de tes nouvelles depuis bien longtemps.
Tous des salauds !
Apres tout ce que j’ai fait pour eux.
Apres tous les bénéfices qu’ils ont tirés de moi.
Aucune reconnaissance ….
Mais pourquoi se révolter. Tu vas mourir ! Quel est l’intérêt de se poser la question maintenant ?
C’était plus tôt qu’il fallait y songer.
C’était plus tôt qu’il fallait chercher à réparer les choses.
C’était plus tôt qu’il fallait prendre cette bonne résolution.
Pourtant, il y avait d’autres vices qui n’avaient pas de place dans sa vie :
- l’abus d’alcool ? Oublié après avoir vu son ami tué sur l’autoroute après une soirée bien arrosée
- le sexe ? Partager les fluides corporels n’avait jamais été son fort.
- les jeux d’argent ? L’argent n’était pas une obsession. Gagner non plus.
- les drogues ? Jamais réussi a comprendre se besoin de s’évader dans des paradis artificiels alors que la vie était tellement plus passionnante.
LA VIE… SA vie … Sa mort …
Peut-on rater sa vie et sa mort ?
Peut-on rater sa vie et réussir sa mort ?
Peut-on réussir sa vie et rater sa mort ?
Peut-on réussir sa vie et sa mort ?
Re-Tchip ! A quoi penses-tu encore en ce moment ? Tu vas mourir… Le liquide rouge et poisseux se répandait sur ses vêtements. Mais pourquoi n’ai-je pas fait de dons de sang quand j’étais encore florissant de santé ? Tiens ! Il y a un courant d’air, peut être une sortie en quelque part. C’est donc comme cela qu’on pense avant de mourir. On pense comme d’habitude. Les pensées se suivent, déclanchées par les petits évènements qui nous entourent.
Tchip ! Tchip ! Tchip ! A quoi penses-tu là encore en ce moment ? Tu vas mourir … Essaie de faire quelque chose de mémorable. Ecrire des excuses ? A qui ? Qui les trouvera ? Qui les portera ? Bientôt tout va brûler … Est ce qu’on saura qui je suis ? Dans ce pays étranger… Vont-ils garder une empreinte dentaire ? de l’ADN ? si jamais quelqu’un fait des recherches sur moi. Balivernes ! ce ‘quelqu’un’ n’existe pas. Et puis, j’ai tout bien dissimulé. D’ailleurs, il n’y a personne au monde qui m’arrive à la cheville pour ça. Cacher, mentir, se ré-inventer à chaque fois, s’adapter, plaire, séduire, se couler dans un moule, créer un nouveau passé, une enfance, adopter de nouveaux loisirs, même un nouveau métier. Mais qui suis-je? Apres avoir endossé tous ces costumes, pris toutes ces identités, qui suis-je réellement ? Qu’est ce que j’aime ? Qu’est ce que je n’apprécie pas ?
Tchiiiiiiiiiiiiiiip ! A quoi penses-tu la, laaaaaaaaaaa maintenant, en ce moment ? Ce n’est pas le moment. Cherche un moyen de te sortir de là. Tant qu’il y a de la vie, y’a de l’espoir ! Tu parles, celui qui a dit ça ne s’est certainement jamais trouvé au bord du précipice. Encore un de ces grands penseurs dont il faut connaître les préceptes pour briller en société, auprès de ces bonnes gens dits intellectuels, gens de pouvoir, gens d’influence, gens faisant autorité, gens célèbres, gens-qui-decident-de-l’avenir-du-monde, gens enviés, gens riches ...
Mais quelle était donc l’origine de mon obsession ?
Obsession pour la réussite… tel était mon travers. Il m’a fallut du temps pour réaliser que c’était un travers. Je me rassurais en disant que l’ambition était naturelle… sauf que moi, j’ai été jusqu’ à tuer pour réussir… Et ça a été le début de la fuite en avant. Ca avait été tellement facile de fuir la première fois qu’après chaque échec, je recommençais. Je fuyais, je me ré-inventais. Jusqu’a ce soir. J’ai raté la pizza, donc je me barre. Est ce la peur de l’affrontement, des reproches, des remontrances ? Voir dans les yeux de l’autre la déception à peine dissimulée ? Et voila, je vais mourir tout simplement parce que j’ai raté une pizza ! Pourtant la bonne résolution du Nouvel An était de ne plus en faire… pas avant d’avoir racheté un nouveau four qui ne soit pas percé dans le fond. Surtout après le fiasco du réveillon. Heureusement que je n’étais pas au fourneaux car je n’aurais pas fini la soirée. La route m’aurait accueillie bien plus tôt… et je ne serais pas dans cette voiture … qui brûle … qui sent l’essence … Finalement, j’aurais du les rater le soir du réveillon, les pizzas et m’en aller dare dare.
Je n’en peux plus de penser. Je vais mourir. A quoi est ce qu’on doit penser avant de mourir ? Dois-je prier pour le salut de mon âme ? Dois-je insulter les dieux du ciel et des enfers ? Ou on contraire, ne pas y penser ? Ca aurait été chouette de mourir sur le coup… ça aurait été réglé maintenant … je ne serais pas en train de remarquer que l’assurance de la voiture va expirer dans 1 mois… FUTILITE, ALORS QUE JE VAIS MOURIR ! Si jeune, j’aurais voulu encore profiter de la vie à faire ??? A quoi faire ? Des choses utiles … C’est pour ça que tous ces gens qui échappent à la mort sont si dynamiques et énergiques. Ils ont compris qu’il ne faut faire que des choses utiles et plaisantes, comme si on mourrait dans la seconde qui suit.
C’est donc ce à quoi on pense avant de mourir, on prend de bonnes résolutions et on ne peut les garder que parce qu’on a frôlé la mort:
- si je m’en sors, je ne ferais que des choses utiles de ma vie
- si je m’en sors, j’écrirai un livre pour que les gens ne pensent qu’à faire des choses utiles dans la vie, je ferais aussi des conférences, des passages télé pour leur apprendre comment c’est précieux la vie !
- si je m’en sors, j’oublierai le superficiel
- si je m’en sors, je saurais faire la différence entre ce qui est important et le reste
- si je m’en sors, je ne ferais plus de pizza. J’irais les prendre à la pizzeria.
Bon, maintenant que j’ai trouve à quoi pensent les gens avant de mourir, qu’est ce qu’il me reste à faire ? Est ce que ça me donne un passe-droit qui dit que je vais m’en sortir ?
…
Même si je m’en sors, je continuerai à faire des pizzas… Mes résolutions, c’est moi qui décide si je veux les suivre ou pas
…
On ne va pas me trouver au fond de cette grotte… Pitié, faites que quelque chose se passe … » _________________
"La vie est un mystere qu'il faut vivre et non pas un probleme a resoudre" Gandhi