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Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13745 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 12 Sep 2005 15:51 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
Voici l'histoire des premiers habitants de la Caraibe, nos ancêtres...
les Taïnos
Le premier voyage de Christophe Colomb l'emmène à la découverte des Antilles .Après trente-trois jours de voyage il arriva dans une île des Bahamas, mais il croit se trouver quelque part non loin du Japon.
Taïnos accueillant Christophe Colomb dans le Nouveau Monde
Crédit image: History of Cuba.com
Il tente alors de communiquer avec les habitants de cette île mais en vain. Ces indigènes dont la langue était apparentée à l'Arawak répétaient souvent le mot "Taïno" ce nom leur est donc resté. Mais qui étaient vraiment ces taïnos ?
La traduction littérale rendue par Taïno signifiait : "bon" ; "noble". Ces indigènes sont en fait de lointains descendants de la civilisation Saladoïde ou Arawak qui, suite à de nombreuses évolutions et de nombreux voyages arrivèrent dans les grandes Antilles. Leur territoire s'étendait donc des Bahamas jusqu'à Porto Rico en passant par Haïti / Saint Domingue, Cuba et la Jamaïque. Dans un espace géographique aussi vaste, la culture Taïno présentait des différences locales et spécifiques sur un fond culturel commun.
La culture Taïno était aussi caractérisée par les pierres à trois pointes. Il s'agit là d'une réelle spécificité puisqu'elles ne sont présentes que chez eux et leurs Saladoïdes.
Le principal mythe lié à ces pierres est celui de l'origine des humains.Selon le Frère Ramon Pané, un des missionnaires de Christophe Colmb, l'histoire de l'humanité selon les taïnos se passe dans les grottes d'une montagne où un homme fut changé en pierre, quelques autres transformés en arbres pruniers et où des femmes disparurent.
A la fin du récit, les hommes retrouvèrent les femmes grâce à un héros transformé en oiseau pivert.
Ces pierres à trois pointes symboliseraient donc la montagne dans laquelle se trouvaient la grotte primordiale, le bec de l'oiseau pivert, les yeux de l'homme transformé en statue de pierre et les feuilles des arbres pruniers.
Les taïnos croyaient aussi que ces pierres à trois pointes enterrées dans les jardins de vivres faisaient pousser les plantes, qu'accrochées à des bâtons et utilisées pour bêcher la terre, elles lui apporteraient une certaine fertilité, que si les femmes enceintes les conservaient elles faciliteraient leur accouchement.
Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13745 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 12 Sep 2005 16:10 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
L'organisation de la vie
L'île principale Haïti / Saint-Dominigue ("Quizqueya" en Taïno et baptisée Hispaniola par Colomb), était divisée en plusieurs royaumes les "Cacicats".
le cacique Caonabo, mari de la célèbre Anacaona
Crédit image: Kwabs.com
A la tête d'un cacicat, le cacique, qui détenait le pouvoir pouvait être aussi bien une femme qu'un homme mais bien que ce pouvoir soit mixte, il était tout de même plus fréquent de rencontrer un homme occupant cette fonction qu'une femme.
Le cacique et sa famille directe composaient la classe des nobles. Ce sont eux qui connaissaient les chants sacrés, qui récitaient les épopées et qui assistaient autour du cacique au traditionnel jeu de balle, le "batey". (Ce jeu rituel consistait à s'affronter sur une place rectangulaire située au centre du village et à attraper une balle grâce à une ceinture de pierre. Les adversaires ne devaient se toucher que les coudes.)
Au niveau inférieur des nobles se trouvaient les gens du commun ou "naborias". Ceux-ci étaient plus particulièrement chargés des travaux dans les jardins, de la chasse, de la pêche et des activités domestiques. _________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13745 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 12 Sep 2005 16:40 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
La religion
La société Taïno était régie par la référence permanente aux mythes qui expliquaient l'univers, l'origine des humains etc…
C'est pourquoi, à l'arrivée des espagnols, ces taïnos ont cherché à savoir d'où venaient ces étrangers curieux et amicaux qui offraient des cadeaux jamais vus comme par exemple des perles de verre. Ils savaient que ces espagnols ne venaient d'aucunes îles des alentours puisqu'à force de les parcourir avec leurs pirogues sans voiles, ils les connaissaient toutes.
Les problèmes de communication causèrent un malentendu qui poussa les taïnos à prendre les espagnols pour des revenants sortis de "coaïbai" le pays des morts.
Un chroniqueur explique ainsi la mésaventure survenue à un espagnol que les taïnos ont noyé pour savoir s'il était vraiment immortel : "ils le veillèrent pendant trois jours et lorsqu'il se mit à sentir ils comprirent qu'il était réellement mort.
En plus, plusieurs mythes racontaient l'origine de la mort. Le plus connu rapportait que le premier mort se nommait "Maquetaurie Guayaba", il a donc créé la mort et, à cette époque, les femmes étaient des grenouilles et les hommes, des chauves souris mangeuses de fruits.
Guabancex : Maîtresse des vents, aidée par deux Cimi serviteurs dont l'un Guatauua est chargé de faire savoir aux autres Cimi de la région qu'ils doivent faire beaucoup de vent et de pluie.
Selon Ramon Pane, les Taïnos expliqueraient l'origine des Hommes par un mythe fondateur: Ils seraient sortis d'une grotte appelée Cacibagiaga.
Mais un autre mythe fait état du départ des femmes de cette même grotte entraînées par le séducteur Guagugiona et abandonnées sur l'île Matinino. Les hommes de Aiti furent alors contraints de capturer des êtres ni hommes ni femmes, en attendant que l'oiseau Inriri fut chargé avec son bec de leur fournir un sexe.
Source: Obydol-Faleyras.com _________________ A pa pas i rèd fo'w di mwen sa pa posib
Genre: Homme Inscrit le: 27 Juin 2002 Sujets: 235 Messages: 13745 Localisation: United States of Gwada
Posté le: 20 Sep 2005 13:25 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
Cacique Anacaona
Femme aux multiples talents et qui, par les avatars fourbes d'une Histoire, s'est vu faire le sort injuste d'une renommée de samba irrémédiablement muette de ses areytos. A quoi, se demandeton admiratif, tient-elle cette gloire pour ainsi dire unique dans la galerie réchappée taïno? Au prestige d'un rôle, d'autant plus brillant à nos yeux qu'il ne laisse, en dépit d'exemples illustres, d'être intimement associé à un monde ordinairement donné pour l'apanage des hommes? C'est sans doute vrai. Mais, que de toutes ces femmes signalées à la même époque à la tête de caciquats (une princesse du nom d'Hyguanama, en Hyguey, par exemple), ne subsistent guère que de vagues noms, aujourd'hui muets et oublieux, nous contraint, tant soit peu, à faire cas également de ces facteurs de nature intrinsèque, pour ainsi dire, lesquels, pour avoir frappé d'admiration ceux qui ont eu le privilège de l'approcher se verront d'un écho sûr et durable dans les rares travaux sur sa vie. Elle est, en effet, tour à tour dépeinte par Oviedo, Herrera, le Père Merino, Moreau de Saint-Méry comme une femme de «grand esprit», «remarquable», «l'indienne la plus belle et du plus remarquable talent»,«douée d'un génie supérieur à son sexe et même à celui des peuples de l'île de Saint-Domingue». Et si l'on considère qu'à l'arrivée des Espagnols dans l'île, elle devait être, vu l'âge déjà très avancé de son aîné Behéchio, et le fait également d'une fille déjà dans le plein épanouissement de l'adolescence, loin de toute première jeunesse, l'on aura alors la juste mesure de qualités, dont on conviendra qu'elles ont dû être pour le moins considérables.
Née à Yaguana (actuel Léogane), capitale florissante du Xaragua, le royaume le plus prospère et le plus peuplé de l'île, Fleur d'or, l'heure venue, fut donnée en mariage à Caonabo, l'intraitable cacique de cette Maguana limitrophe où on ne retrouve pourtant que peu de traces d'un séjour d'elle. «Elle paraît avoir habité seulement par courts intervalles près de son royal époux. Par contre la Reine est signalée presque toujours présente aux côtés de son vieux frère, l'assistant dans la direction du royaume du Xaragua et exerçant déjà une autorité qui se manifeste par exemple dans sa pression pour obtenir de son frère l'adhésion du Xaragua à la révolte générale contre Guacanacaric le cacique du Marien qui avait imprudemment ouvert ses frontières au conquérant espagnol.» Quand on sait l'impuissance de l'intimidant Caonabo à obtenir cette même faveur d'un Béhéchio prédisposé, par les moyens du Xaragua à être d'un poids des plus enviable sur l'échiquier de l'île, on ne peut que s'incliner de la voir parvenir, en effet, «en y employant toutes les ressources de son adresse ingénieuse de femme, et de femme supérieure, à lui (Béhéchio) monter l'imagination et à souffler dans son cœur la haine et l'exaspération».
Hôtesse remarquable, elle aura en 1496 les soins de la réception enchantée de l'Adelantade Don Barthélémy, frère de Christophe Colomb. Mettant alors à profit les ressources d'un peuple reconnu des cinq caciquats comme le plus riche de traditions, et de sociabilité, «Anacaona prenait l'initiative de tout. Elle se multipliait; elle présidait aux réjouissances avec une vigilance et une bonne grâce accomplies et donnait toute espèce d'ordres. Béhéchio semblait lui avoir laissé le soin de régner à sa place». Déjà, peut-être, elle s'exerçait à la succession qu'elle assumera à la mort de son frère qui ne laissait pas d'enfant de ses trente-deux épouses.
Bien que n'ait été retrouvée aucune trace de ses areytos, sa célébrité de samba ne laissera de défier le temps. «De tous les sambas qui berçaient le peuple heureux de l'île en ces temps paradisiaques, le nom et la gloire d'Anacaona continueront de défier les temps. La petite reine du Xaragua demeurera le symbole de la poésie taïno. Sa rayonnante figure et l'histoire passionnante de sa vie tracent un sillon lumineux dans les brumes du passé pré-colombien» qui doit à cette «très noble personne et grande dame», comme l'appelait Las Casas, évèque contemporain de C. Colomb, «des ballades et des ballets, des poésies parlées et chantées, enrichies de pas chorégraphiques rehaussés d'une pantomime savante. Le crédit littéraire d'Anacaona rendait nationaux les areytos de son invention et tous les souverains de l'île se trouvaient tributaires de sa choréraphie. Reine de la langue, du cérémonial, des jeux et des plaisirs, elle avait fait adopter l'étiquette de sa Cour, mis à la mode ses parures, ses meubles, ses fleurs préférées.»
Le Xaragua, resté seul insoumis à l'arrivée d'Ovando en Ayiti en 1502, celui-ci, pour s'emparer du dernier bastion indien, eut recours à l'une des plus ignobles ruses connues de l'Histoire. S'était-il laissé conter le faste de la réception de l'Adelante? Toujours est-il qu'ayant annoncé sa visite au Xaragua, la Reine pour faire honneur à son illustre hôte, sortit une fois de plus ce cérémonial d'apparât si vanté, mobilisant pour un accueil qu'elle voulut des plus fastueux, tout ce que comptait de sujets son royaume, faisant ainsi douloureusement les frais odieux de ce génocide tristement célèbre d'Alcantara dont ne furent épargnés ni femmes, ni enfants, ni vieillards.
Fleur d'or fut-elle victime de ce que certains historiens considèrent comme une fascination des Espagnols, (sentiment qui ne devait pas être non plus étranger à l'envahisseur : on verra l'officier espagnol rebelle Fernand de Guevara, par exemple, payer de sa vie son idylle avec sa fille Higuenamoto)? Pouvait-elle, un instant, imaginer cet océan qui séparait le rêve indien de l'insatiable voracité espagnole? La Samba, la Reine, verra son caciquat, sa patrie, réduit en cendres et elle, capturée traitreusement, enchaînée et livrée à toutes sortes d'outrages, sera traînée à Santo-Domingo où, accusée de conspiration, elle sera jugée, condamnée et pendue en 1503
Posté le: 16 Nov 2006 01:47 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
La question précédente restant sans réponse je reformule ma demande :
Quelle langue parlait donc "Nos ancêtres les Taïnos", "lointains descendants de la civilisation Saladoïde ou Arawak qui, suite à de nombreuses évolutions et de nombreux voyages arrivèrent dans les grandes Antilles" comme écrit plus haut ?
http://www.mona.uwi.edu/dllp/jlu/ciel/pages/intro.htm ???
Genre: Homme Inscrit le: 16 Fév 2002 Sujets: 107 Messages: 10628 Localisation: fort de france
Posté le: 17 Nov 2006 01:22 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
c'est une bonne question... on en a pas vraiment parlé.
Mais parlaient ils une langue ou plutot un dialecte ? _________________ Si l'image que renvoie le miroir ne te plait pas, change l'image plutot que le miroir, car il pourrait bien refleter encore et toujours la meme chose...
(...)C'était en fait les Tainos (dont les ancêtres les plus célèbres étaient les Arawaks) qui habitaient les grandes Antilles et les Kalinas ou Caraïbes insulaires occupant des Petites Antilles.
les Taïnos, descendants des Arawaks occupent les Grandes Antilles tandis que les Kalinas occupent les Petites Antilles;
on note au passage que les Kalinas sont identifiés aux "Caraïbes insulaires" à rapprocher aux "Caraïbes historiques" évoqués par moreau dans le sujet dédiés aux Karibs.
On note également ceci :
Citation:
Ils mirent entre 10000 et 20000 ans pour arriver à l'endroit où on les a découvert puisqu'en partant de l'Asie, ils durent traverser le détroit de Béring ainsi que l'Amérique du Nord. Ils arrivèrent ensuite en Amérique centrale où certains descendirent vers l'Amérique du Sud en s'établissant dans la forêt Amazonienne profonde et d'autres remontèrent vers les Antilles.
Les hommes et les femmes ne parlaient pas tout à fait la même langue .En fait, cette différence vient des divisions internes de la société .
Lors de leurs nombreux contacts , pendant les guerres ou les échanges avec les groupes kalinas du continent ( l'Amérique du Sud), le vocabulaire des hommes a incorporé des mots caribes, créant un langage mixte, à la fois un moyen de communication et une façon de marquer le prestige des mâles .
Genre: Homme Inscrit le: 16 Fév 2002 Sujets: 107 Messages: 10628 Localisation: fort de france
Posté le: 18 Nov 2006 03:01 Sujet du message: Nos ancêtres les Taïnos
SBHSXM a écrit:
(...)
Citation:
Les hommes et les femmes ne parlaient pas tout à fait la même langue .En fait, cette différence vient des divisions internes de la société .
Lors de leurs nombreux contacts , pendant les guerres ou les échanges avec les groupes kalinas du continent ( l'Amérique du Sud), le vocabulaire des hommes a incorporé des mots caribes, créant un langage mixte, à la fois un moyen de communication et une façon de marquer le prestige des mâles .
sous-entendu que c'est le vocabulaire des hommes Arawaks qui aurait incorporé des mots caribes...!?
(...)
Ce n'est pas inconcevable...
Les langues d'opprimés gardent souvent des séquelles de celles de leurs colonisateurs...
Un observateur a peut etre visité les tainos quand ils etaient dejà agréssés mais pas encore en voie d'extinction.
Ce qui peut être différent du fait qu'au final, la situation la plus souvent décrite est la subsistance d'un langage arawak parlé par des femmes au sein de communautés caraibes.
non ? _________________ Si l'image que renvoie le miroir ne te plait pas, change l'image plutot que le miroir, car il pourrait bien refleter encore et toujours la meme chose...
Les Noirs s'approprièrent la langue que parlaient les Indiens caraïbes des îles, avec ses caractéristiques particulières dont la plus étonnante consistait à distinguer au niveau lexical un parler des hommes et un parler des femmes, sur une base grammaticalement commune. Les études linguistiques qui seront faites ultérieurement de cette langue — études menées à partir des écrits du Père Raymond Breton qui vécut avec les Caraïbes de la Dominique au XVIIe — montrent que l'existence de ces doubles usages répond à une capacité à l'emprunt très forte, puisque les hommes intégrèrent dans la langue commune (une langue de la famille Arawak) des formes provenant d'une langue caribe
il y a quand meme un trou historique... aucune étude n'ayant pu etre faite à partir des ethnies arawacks .
là il est fait état des caraibes noirs (mélange d'arawaks, d'africains, de marrons) qui auraient fait evoluer leur langue en utilisant celle des caraibes rouges et donc encore posterieurement aux ethnies arawacks pure souche.
L'etude luinguistique est réalisée (d'après ce que je comprend) chez les caraibes rouges (qui sont sensés etre de vrai caraibes, si j'ai bien suivi).
OR,
celia a écrit:
Les études linguistiques (..) menées à partir des écrits du Père Raymond Breton qui vécut avec les Caraïbes de la Dominique au XVIIe — montrent (..)que les hommes intégrèrent dans la langue commune (une langue de la famille Arawak) des formes provenant d'une langue caribe.
la question est qui sont "les hommes" ?
les arawacks, les caraibes noirs, les rouges ?
en procédant par deduction je dirais les caraibes noirs mais ca me renforce dans l idée que l'on manque de repères sur les etnies arawacks lorsqu'elles etaient encore intactes _________________ Si l'image que renvoie le miroir ne te plait pas, change l'image plutot que le miroir, car il pourrait bien refleter encore et toujours la meme chose...
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