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Posté le: 22 Oct 2005 10:57 Sujet du message: UNESCO : patrimoine Antillais |
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Patrimoine mondial - Des legs antillais pour l'humanité
Des Pitons à l'historique La Havane
Gary Lawrence
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 octobre 2005
Mots clés : Québec (province), Tourisme, patrimoine
Un séjour aux Antilles vous titille, mais le choix d'une destination vous jette dans la consternation? Voici tout plein de bonnes raisons pour vous lancer à l'eau: les sites antillais classés sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Une centaine d'îles, de cayes et de cailloux, 236 500 km2 et 38 millions d'âmes composent les Antilles -- ou Caraïbes insulaires --, enivrant monde en bleu et vert aux effluves capiteux, aux cultures bigarrées et aux humeurs mulâtresses, qui s'étend en arc de cercle du détroit du Yucatán jusqu'au large du Venezuela.
Des transcendants rastas jamaïcains aux charmants Cubains, des épices de la Grenade à la forêt pluviale de la Dominique, des plages anthracite de Sainte-Lucie aux sables crayeux des îles Turks et Caicos, les Antilles forment un véritable mezzé qui nourrit avec abondance l'imaginaire du voyageur.
Mais on ne saurait les limiter aux étendues sablonneuses, aux palmiers inclinés et aux complexes tout inclus parfois remplis de vacanciers tout imbus. Car des 812 «biens» actuellement classés sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, 15 sont situés dans cette région du monde.
Sites sélects
Avec ses à-pics, ses vallées encaissées, ses 50 fumerolles, quantité de sources d'eau chaude, un lac de cratère qui glougloute, cinq volcans répartis sur 7000 hectares et la plus riche diversité biologique des Petites Antilles, le parc national de Morne Trois Pitons, dans l'île de la Dominique, figure parmi les splendeurs naturelles les plus éblouissantes des Antilles.
Un peu plus au sud, au-delà de la Guadeloupe, les deux célèbres Pitons de Sainte-Lucie, fantasmagoriques cônes de lave durcie, ont pour leur part été classés en 2004, autant pour la dantesque silhouette du Gros Piton que pour le champ géothermique attenant, la faune et la flore des lieux ainsi que le récif corallien qui jouxte les pitons.
Allègrement tiraillées pendant des décennies entre les grandes puissances européennes, plusieurs îles des Antilles se sont jadis dotées de fortins, forteresses et autres bastions visant à protéger leurs acquis de leurs ennemis, dont les pirates. C'est ainsi qu'à Porto Rico, la baie de San Juan, point éminemment stratégique de la mer des Caraïbes, s'est bardée d'ouvrages défensifs à faire baver d'envie Vauban, entre le XVe et le XIXe siècle.
Dans un proche registre, la forteresse de Brimstone Hill forme également un exemple particulièrement remarquable et bien conservé de l'architecture militaire caribéenne des XVIIe et XVIIIe siècles. Construite à Saint-Kitts par des esclaves africains après avoir été conçue par les Britanniques, elle forme un éloquent «témoignage de l'expansion coloniale européenne, de la traite des Noirs et de l'émergence de nouvelles sociétés dans les Caraïbes».
Également élevés par des esclaves, mais après qu'ils aient recouvré leur liberté, trois imposants monuments surprennent quiconque se risque à aller en Haïti : les bâtiments des Ramiers, le palais de Sans Souci (une réplique du même palais allemand, à Potsdam) et l'ahurissante citadelle Laferrière, qui trône fièrement au sommet d'une colline de 900 m.
Au tout début...
Bien avant que Toussaint-Louverture donne aux Haïtiens leur pays, Saint-Domingue voyait s'élever la première cathédrale, le premier hôpital, la première douane et la première université d'Amérique. Édifiée dès 1498, la capitale de la République dominicaine fut aménagée «selon un plan en damier qui servit de modèle à presque tous les urbanistes du Nouveau Monde».
De son côté, Willemstad, capitale de Curaçao, en jette particulièrement avec son enfilade de façades tout droit sorties des Pays-Bas, mais servies à la sauce caribéenne. Établie par les Hollandais en 1634 à titre de comptoir commercial, la ville se décline en plusieurs quartiers historiques distincts, dont l'architecture évoque également celle de l'Espagne et du Portugal, pays avec lesquels Willemstad échangeait allègrement.
Mais c'est finalement Cuba qui remporte la palme antillaise du patrimoine mondial de l'UNESCO, avec pas moins de huit sites classés. Le petit dernier, la ville de Cienfuegos, vient tout juste d'être ajoutée à la Liste. Fondée en 1819, alors que Cuba était sous domination espagnole, elle fut d'abord colonisée par des immigrés d'origine française avant de former «un lieu d'échange d'influences basé sur les idées du siècle des Lumières espagnol».
Outre les vestiges des plantations de café de la Sierra Maestra, la vallée fertile de Viñales et les parcs nationaux Alejandro de Humboldt et Desembarco del Granma, l'inventaire patrimonial cubain encensé par l'UNESCO comprend aussi le château de San Pedro de la Roca et son ensemble défensif, à Santiago.
Mais il compte surtout la petite ville de Trinidad, sans doute la plus ravissante et la mieux conservée des cités coloniales cubaines et, bien sûr, le quartier historique de La Havane, rêve éveillé de pierre effritée, et prodigieux témoignage de la splendeur passée de Cuba.
Pour plus de renseignements : http ://whc.unesco.org _________________ "Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente."
(Aimé Césaire) |
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