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réponse à confiant ..(et à bernabé)!

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ppm39
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 #1 Posté le: 03 Jan 2007 12:13    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

suite à une lettre de r.confiant publié dans le monde, condamnant les attaques dont dieudonné est l'objet, j.dahomey accuse confiant d'ultra-nationaliste et de demaguogue.

A mes détracteurs martiniquais par Jacky Dahomay
30 décembre 2006


Mes chers détracteurs,

Dans une déclaration circulant sur Internet, reprise dans la presse
martiniquaise et intitulée « Les néocolonialistes sévissant en Martinique ne
nous feront pas taire », vous êtes un certain nombre d’intellectuels
martiniquais, si je peux m’exprimer ainsi, dont entre autres Daniel Boukman et
Gerry L’Etang, à faire clairement référence à moi comme à un « mercenaire,
‘intellectuel’ guadeloupéen, coutumier de basses œuvres ». Vous, les signataires
de cet écrit, assurez Raphaël Confiant de votre solidarité à « l’occasion de
cette campagne de diffamation dont il est victime ». Selon vous, ce serait une
machination orchestrée par « des petits blancs des dernières colonies françaises
» assumant une « caldochisation des esprits » et qui se seraient trouvé des «
affidés » comme moi pour réaliser leur basse entreprise. Comme vous allez fort,
les gars !

L’accusation est si grossière et si mensongère (personne en Martinique ni en
Guadeloupe ou ailleurs ne me prend pour un agent d’un quelconque
néocolonialisme) et comme aucun intellectuel martiniquais de renom n’a signé ce
texte, j’aurais pu faire l’économie d’une réponse. Mais si je vous appelle mes
chers détracteurs, c’est que vous me donnez l’occasion d’opérer une mise au
point, notamment à partir de ce qu’il est convenu de nommer désormais «
l’affaire Confiant » laquelle a un sens qui dépasse la simple personne de cet
écrivain martiniquais. A l’évidence, cette « affaire » suscite un certain
malaise chez des intellectuels martiniquais, et plus généralement, dans la
communauté intellectuelle antillaise si je peux utiliser cette dernière
expression, désarmante de nostalgie. C’est cet embarras que je voudrais
interroger ici.

I

J’affirme, en un premier temps, que Raphaël Confiant n’a que ce qu’il mérite.
Cet écrivain jouissant d’une certaine renommée, a l’habitude des propos violents
dirigés contre les uns ou les autres, sans que l’on comprenne à quelle logique
de haine obéit l’intimité de son désir. Mais sa personne ne nous intéresse pas.
Rappelons toutefois ses déclarations publiques violentes contre Serge Bilé qui
ont beaucoup choqué et nombreux sont les Africains qui ont très mal pris la
chose. De plus, au plan strictement moral, comment accepter qu’un universitaire
comme Confiant, dans une logique de pouvoir administratif, puisse tomber dans la
plus grande des bassesses en accusant un de ses pairs de pédophilie ? Serge
Harpin a eu raison de lui intenter un procès qu’il a gagné. Les procédés
immoraux de Confiant ne font honneur ni à la Martinique, ni aux Antilles-Guyane
d’une manière générale et encore moins à notre université. Cela n’enlève
rien, bien sûr, à ses qualités strictement littéraires, mais l’histoire nous a
appris comment des écrivains ou philosophes bien plus célèbres pouvaient sombrer
dans l’horreur. Ce fut le cas pour Céline, antisémite militant, aussi pour
Heidegger et Carl Schmitt, l’un, le plus grand philosophe du XX°siècle, l’autre
théoricien du droit très brillant. Tous deux ont été des nazis convaincus.
Confiant étant un écrivain connu, il était normal que son texte « la faute
pardonnable de Dieudonné », adressé sur Internet à un groupe de personnes, fît
rapidement le tour des Antilles, puis de la France hexagonale et voire de
certaines régions du monde. Internet est devenu, à tort ou à raison, un lieu
d’expression publique et sans doute cela peut-il enrichir la relation mondiale.
Imaginons un instant qu’un Césaire ou qu’un Glissant puisse adresser des propos
similaires, même à un groupe limité des personnes ! Cela eût fait le tour du
monde en moins d’une journée ! Confiant n’est donc victime de qui que ce soit si
ce n’est de lui-même. D’ailleurs, il a eu un droit de réponse dans le journal Le
Monde, mais c’est sa propre réponse qui a contribué à son enfoncement. Dire,
comme il le fait, qu’il ne s’adressait qu’à des Martiniquais, ne peut être une
excuse. Cela nous fait penser au célèbre philosophe allemand Fichte, dont
certains estiment que c’est lui le vrai père plutôt que Herder de
l’ultranationalisme allemand. Dans ses Discours à la nation allemande, il
déclarait : « Je parle à des Allemands, rien qu’à des Allemands ». Ce genre de
propos m’a toujours fait frémir.

Bref ! Bien que n’étant pas martiniquais, lorsque j’eus connaissance du texte de
Confiant, je fus littéralement bouleversé. Je l’adressai tout de suite à Edouard
Glissant qui ne me répondit pas par mail mais j’eus l’occasion d’obtenir sa
réponse de vive voix à Paris. Il ne m’appartient pas bien sûr de communiquer
cette réponse mais disons simplement que nous avons été nombreux à être
consternés par les propos de l’écrivain que vous défendez si malhonnêtement.
D’une part, on ne comprend pas qu’on puisse pardonner à Dieudonné son
rapprochement avec le Front national, parti politique français d’extrême droite,
plein de racistes anti-noirs, anti-arabes et anti-juifs. Dieudonné fait injure à
tous ces jeunes Noirs et beurs des banlieues qui étaient descendus dans les rues
de Paris pour protester contre le score qu’avait fait Le Pen aux dernières
élections présidentielles. Qu’est-ce donc qui a rapproché Dieudonné et Le Pen ?
Une seule chose : tous deux ont été accusés d’antisémitisme ! (c’est étrange
comme l’antisémitisme peut rassembler ceux qui pensent leur appartenance
communautaire sur le mode de l’exclusion !). Chose inacceptable à tous points
de vue. Et voilà qu’un écrivain antillais, censé être un homme de progrès rêvant
d’émancipation pour nos pays, se propose de pardonner à Dieudonné ! Cela est une
première faute. D’autre part, lorsqu’on analyse objectivement le texte de
Confiant, le sens est relativement clair. L’écrivain et universitaire
martiniquais sait très bien qu’aucune loi n’interdit de nommer les Juifs. Ce
n’est donc pas pour cela qu’il ne les nomme pas. Ensuite, il sait très bien
aussi qu’en français, innommable ne signifie pas simplement « ce que l’on ne
peut pas nommer » mais veut dire « vil, dégoûtant ». Mais puisqu’il sait tout
cela, que veut-il exprimer alors ? Il y a quelque chose de génial dans cette
trouvaille : Innommable. Raphaël Confiant n’est pas bon écrivain pour rien. On
peut être génial, même dans le mal. « Innommable », c’est ce que j’ai entendu de
plus violent contre les Juifs ces dernières décennies. Parions que cette
expression connaîtra une certaine postérité chez tous les antisémites présents
ou à venir. Et même moi, qu’on ne peut accuser d’antisémitisme, figurez-vous
qu’Alexandre Adler étant de passage récemment en Guadeloupe, j’ai failli lui
dire : « Dis-moi, Alexandre, toi qui es un Innommable, que penses-tu réellement
de Finkielkraut ? ». Heureusement que j’ai pu clore rapidement ma bouche, comme
me l’avait appris ma grand-mère ! Les antisémites français et Le Pen pourront
désormais désigner en toute impunité les Juifs d’ « innommables » et cela grâce
à qui ? grâce à notre célèbre écrivain antillais dont la faute ici est
impardonnable.
Il m’a semblé alors impératif que la critique de Confiant vienne d’abord des
Antillais et non d’autres intellectuels français, Juifs ou non. Pourquoi ?

II

Il nous faut rompre avec un certain communautarisme antillais qui, dans un
réflexe de protection collective, nous pousse à être tolérants vis-à-vis de nos
propres errements. Ainsi avons-nous tendance à relativiser la xénophobie,
l’homophobie et le racisme lorsqu’ils viennent des Antillais eux-mêmes. Parce
que ce « communautarisme » antillais favorise ce qu’un Edouard Glissant nomme
une « identité close » qui a mon sens peut être un frein redoutable à notre
développement dans ce monde qui va en mondialisations diverses. Dans Esthétique
I, Edouard Glissant écrit : « Nos sociétés colonisées adoptent pourtant sans
aucune révision critique la dimension close de l’identité que les divers
colonisateurs nous ont inculquée. La plupart des anciennes luttes
anticolonialistes dans le monde ont été menées selon ces approches d’une
identité absolue et s’en sont trouvées catastrophiques, et quant à leurs
conséquences, et dans leurs
prolongements, sectarismes, égoïsmes nationaux, non rapport à l’autre ».
Concluons qu’ il faudrait repenser intégralement la revendication identitaire eu
égard à ces quatre siècles d’expérience de la domination tissée de ce côté-ci du
monde par nos sociétés dans la douleur sans doute, mais aussi dans quelques
percées ou traces qui méritent d’être pensées. Et pour moi, le nationalisme,
idéologie politique du lien social inventée en Europe, surtout dans sa version
excessive, est ce qu’il ne faut pas reproduire ici. Etant clair que je ne
confonds pas nation et nationalisme.

Ainsi, la plus grande erreur que l’on pourrait commettre aux Antilles-Guyane
serait d’embrasser la problématique antisémite. Erreur dans laquelle sont tombés
certains groupes noirs-américains, Dieudonné, la Tribu Ka, ainsi que de nombreux
jeunes Noirs, Antillais ou autres, dans les banlieues parisiennes .C’est cette
erreur que les déclarations de Confiant sur les Juifs viennent conforter
dangereusement. La critique justifiée du sionisme peut cacher un certain
antisémitisme se donnant l’apparence d’un anti-impérialisme. Je n’ai pas le
temps d’analyser, dans l’espace restreint de ce texte qui n’est qu’une réponse à
mes chers détracteurs, les raisons profondes de cet antisémitisme. Pour aller
très vite, signalons quatre points qui méritent d’être discutés, bien sûr : 1)
Les Juifs forment la communauté qui a connu exclusion et extermination de façon
la plus constante depuis des millénaires. Est-ce parce que comme le pensaient
les
nationalistes allemands le judaïsme est une religion de la loi et non du
sentiment ? Je ne sais pas. Est-ce parce que leur forme d’identité diasporique
contredit les élaborations identitaires nationalistes forgées en Occident ?
Peut-être. Une chose pourtant est sûre : la formation de l’identité juive,
quelle que soit la variété de ses aspects, a toujours suscité la haine chez ceux
qui sont confrontés à d’autres formes de construction identitaire. 2) Avec la
Shoah, les Juifs ont révélé à l’Occident ce que ce même Occident, malgré les
principes humanistes tant vantés, pouvait commettre, ce qui a conduit quelque
sorte à la notion du crime contre l’humanité. Certains Juifs ayant tendance à
penser le génocide juif comme crime absolu, on peut s’attendre à ce que d’autres
peuples ou d’autres communautés ayant connu des exclusions tout aussi
inhumaines, rentrent en concurrence victimaire avec les Juifs. Ainsi, dans La
discorde, ouvrage
publié en collaboration avec Rony Brauman, Alain Finkielkraut reproche à
Raphaël Confiant d’avoir dit, je cite « En tant qu’Antillais, je me considère
comme une victime absolue ». Rivalité dans l’ « absoluïté » dénoncée par
Glissant ? En tous cas, pour le poète, même si le bateau négrier fut un « absolu
de l’anéantissement » il faut se méfier de toute indentification abusive voire
indécente, avec nos ancêtres qui furent esclaves : « La frontière entre ceux-là
et nous, qui soulevons le souvenir, reste marquée par cet absolu irréparable du
vécu » (Esthétique 1) Je ne sache pas que nous, avec nos belles voitures et nos
salaires de fonctionnaires, ayons le même vécu. 3) Après la création de l’Etat
d’Israël, Etat juif, il faut le préciser, une bonne partie de l’identité juive
s’est transformée en nationalisme, ce qui est à mon sens à l’origine du
sionisme, idéologie politique tout à fait inacceptable même si nous
reconnaissons le droit à l’existence de la nation israélienne. La politique
d’Israël, sous la poussée des ultranationalistes, se fait le fer de lance de
l’impérialisme américain, ce qui est tout aussi inacceptable. Le nationalisme
arabe, tout aussi excessif, produit donc un conflit au Proche Orient dont pour
ma modeste part je ne vois pas d’issue, les logiques étant aussi mortifères de
part et d’autre. 4) Enfin, en France en particulier, la communauté juive a su
développer un communautarisme puissant et efficace qui a entraîné des logiques
communautaristes rivales, noires en particulier, ce qui est le signe d’un déclin
de l’identité politique française même si on peut comprendre le ras le bol des
citoyens français noirs qui sont victimes d’exclusions de toutes sortes.

Tout cela est vite dit, j’en conviens, et il faudrait poursuivre le débat. Mais
j’estime que nous devons avoir comme exigence éthique de critiquer le sionisme
et toutes ses dérives sans que jamais nous ne soyons suspectés d’antisémitisme.
N’en déplaise à André Lucrèce qui dans son texte L’impudeur nous accuse de
critiquer Confiant sans avoir pris le temps de dénoncer Finkielkraut, je le cite
« Qui, parmi les donneurs de leçons de circonstance, a pris sa plume pour
répondre à Finkielkraut ? Qui, parmi les grands névrosés de la morale, a
mobilisé les sommités philosophiques pour rappeler à Finkielkraut quelques
valeurs enseignées par la philosophie ? Qui parmi les Haut comités (…) a élevé
des protestations contre les propos de Finkielkraut ? », n’en déplaise à
l’inénarrable Dédé, j’affirme être le premier, avant Confiant, à l’avoir fait
dans un texte largement diffusé aux Antilles et dans la communauté philosophique
en
France et que Le Monde d’ailleurs avait cité. Dédé Lucrèce le sait. Pourquoi
ment-il alors ? C’est incompréhensible ! Mais en aucun cas ma critique de
Finkeilkraut peut être taxée d’antisémitisme. Remarquons, au passage, que même
si nous ne l’avions pas fait, ce n’est pas parce que Finkielkraut parle de façon
inadmissible des « Antillais en général » que Confiant est autorisé à parler des
« Juifs en général ». En vérité et je l’ai compris, Finkielkraut aime bien se «
chamailler » avec Confiant, car tous deux parlent le même langage. C’est un
adversaire qui lui va si bien ! J’estime que c’est la problématique
Finkielkraut/Confiant qu’il nous faut dépasser si nous voulons aller de l’avant.
C’est une logique de l’enfermement produite par l’Occident. Et si l’un des
nôtres tombe dans un tel travers, il nous appartient à tous de le rappeler à
l’ordre.
III

Mais au-delà de l’affaire Confiant, ce qui me donne le plus à penser dans les
Antilles-Guyane d’aujourd’hui, c’est la difficulté d’établir un débat
intellectuel authentique et public. Je dis bien public car dans des cercles
privés, les discussions ne manquent pas. Je constate cette peur de l’expression
publique de ses opinions aussi bien en Guadeloupe qu’en Martinique. Soyons
francs : de nombreux intellectuels martiniquais n’apprécient pas les pratiques
ni les positions d’un Raphaël Confiant mais ont peur de l’exprimer publiquement
tout comme en Guadeloupe on a peur aussi de faire une critique ouverte d’un
syndicat comme l’UGTG . Pourquoi ? Parce que, de même que l’UGTG se réfère à une
certaine guadeloupéanité et prétend à une légitimité populaire, de même Raphaël
Confiant et son allié Jean Bernabé, en se fondant sur un certain nationalisme,
en prétendant être les dépositaires d’une conscience nationale martiniquaise,
créent le doute et la confusion chez leurs adversaires. Que quelqu’un comme moi
puisse oser critiquer publiquement les propos inadmissibles de Confiant et que,
de plus, cette critique soit publiée dans un quotidien parisien, voilà qui est
jugé comme une trahison à la communauté antillaise. Il est donc facile pour
vous, mes pauvres détracteurs, de me traiter d’agent du néocolonialisme. Vous
savez bien que cela n’aura aucun effet sur moi, mais nombreux sont les
intellectuels antillais qui n’auraient pas aimé être traités de la sorte. La
peur de beaucoup de nos intellectuels est double : d’une part, peur d’être hors
de la communauté, d’autre part, peur de recevoir des critiques acerbes
d’adversaires dont on sait bien qu’ils utiliseront sans vergogne tous les moyens
pour faire taire. Serge Harpin en sait quelque chose ! Pinalie aussi qu’on
traite de façon lâche de « petit blanc » ! L’étroitesse insulaire de nos espaces
communs
respectifs, le fait que tout le monde connaît tout le monde et qu’au fond,
chacun peut avoir quelque chose à se reprocher ne serait-ce que dans sa vie
privée, tout cela rend difficile toute critique positive.

On préfère donc se taire pour avoir la paix. Un tel silence est la honte de
beaucoup d’universitaires antillais. Jean Bernabé (et je lui adresse ici
franchement et publiquement cette critique) sait très bien jouer du pouvoir
universitaire qu’il a su tisser patiemment au cours de ces trente dernière
années. Confiant et lui on su instrumentaliser la pensée d’un Edouard Glissant
pour avoir bien sûr une légitimité et une créativité littéraires (ce qui pour
moi est tout à fait positif) mais en dénaturant la pensée du Maître, en la
réduisant à un nationalisme étroit que je dénonçais déjà en 1989 (voir mon
article Habiter la créolité..), en essentialisant l’identité alors que l’œuvre
de Glissant s’oppose à toute « identité racine », c’est-à-dire quant au fond à
toute identité substantialiste ou essentialiste. Il y a là une dénaturation
platement idéologique de la pensée de Glissant et tout cela dans une médiocre
logique de
pouvoir, universitaire d’abord, politique ensuite. Ce qu’il y a de grand chez
Glissant, comme chez Césaire et chez Fanon, c’est une pensée du monde à partir
de l’expérience antillaise. Jamais leur dénonciation des oppressions subies par
nos peuples ne s’est coupée de ce que j’appelle une exigence d’humanité. Comme
l’écrit Glissant « agis dans ton lieu, pense avec le monde ». Sans doute y
a-t-il des divergences entre Glissant et moi par exemple, sur la nature de cette
exigence d’humanité, Edouard m’ayant toujours reproché mon « universalisme ». Il
y a là matière à un débat constructif. Mais quand je lis Glissant, je le compare
aux grands écrivains de la Renaissance européenne, au XVI° siècle. Il y a en
lui la grandeur d’un Montaigne. Cette époque, en effet, est celle de la première
mondialisation, passage d’une Europe médiévale à une Europe des Temps Modernes.
C’est bien sûr un passage c’est-à-dire une période
intermédiaire entre les temps anciens et l’âge classique du XVII° siècle où la
domination de la Raison (Foucault l’a montré) ira de pair avec d’autres formes
de domination nationales, impériales et planétaires ou autres logiques de
l’enfermement. Les écrivains du XVI° siècle, avant les rationalisations
abusives de l’âge classique, perçoivent encore, dans l’imagination et même dans
l’éloge de la folie, la part obscure et positive de l’homme dans cette période
de rencontre entre des cultures plurielles. Critique juste de la raison même si
je ne partage toutes les critiques de la raison faites par Nietzsche, Heidegger,
Foucault et Deleuze. Nous vivons actuellement une seconde mondialisation plus
totale que la première. Et si, comme toujours, la philosophie vient toujours
trop tard, les tentatives de rationalisation du réel étant encore balbutiantes,
il appartient au poète de dire, au plan esthétique, ce que la raison n’arrive
pas
encore à penser dans cette nouvelle expérience mondiale. C’est là toute la
grandeur de Glissant. Et c’est parce que Chamoiseau est plus proche de Glissant
que de Bernabé ou de Confiant que sa littérature est d’une autre hauteur ou
l’inverse : c’est parce qu’il est un grand romancier qu’il ne peut que se méfier
des simplifications abusives de son ami Confiant.

Mais pardonnez-moi, chers détracteurs, je m’écarte du sujet. C’est la tentation
du grand large ou l’appel des océans qui me saisit. Mais comprenez, qu’en
daignant vous répondre, je puisse avoir besoin d’un peu d’oxygène. Revenons donc
à un terrain plus terre à terre puisque c’est là qu’il m’est donné de partir
pour élever le débat. Je parlais donc du pouvoir universitaire élaboré par
Bernabé. Ce qui distingue les nationalistes guadeloupéens des nationalistes
martiniquais, c’est que les premiers ont cru à l’indépendance, même de façon
mythique et se sont engagés résolument dans des luttes syndicales et politiques
où ils ont échoué car il n’y a plus grand monde à revendiquer l’indépendance
aujourd’hui. Très tôt, des nationalistes martiniquais comme Bernabé ont compris
qu’il fallait faire de l’entrisme dans les institutions, notamment l’université
mais aussi dans des institutions politiques comme les assemblées
départementales ou les mairies. George L. Mosse a montré dans Les racines
intellectuelles du troisième Reich, comment l’idéologie völkisch en Allemagne a
triomphé d’abord dans les institutions, en particulier dans l’enseignement,
avant de se répandre dans le corps social. Les nationalistes guadeloupéens ont
voulu rectifier le tir en faisant alliance avec Lucette Michaux-Chevry mais la
chute de dame Lucette les a littéralement déboussolés. D’où leur haine pour
Victorin Lurel qu’ils passent leur temps à traiter d’élu franco-français,
d’assimilationiste ou de que sais-je encore ? Dans tous les cas, ce que
j’appelle le « néo-nationalisme antillais », nationalisme qui ne veut pas
réellement de l’indépendance, d’autant plus virulent que l’idée même
d’indépendance s’écarte de notre horizon politique (du moins dans les temps
actuels), repose sur une profonde ruse : croire qu’on défend les intérêts
supérieurs de la Guadeloupe
ou de la Martinique, parler d’une souveraineté guadeloupéenne ou martiniquaise
qu’on ne définit jamais, alors que comme dans beaucoup de nationalismes, on
masque ses intérêts de classe et surtout, on dissimule ainsi habilement ses
logiques de pouvoir. De surcroît, comme ce néo-nationalisme ne débouche sur
aucun projet politique sérieux, il devient comme « flottant » et là, il y a un
risque bien réel (on le voit en Guadeloupe) qu’il soit récupéré par des groupes
fascistes exploitant la logique identitaire close du nationalisme pour distiller
la haine xénophobe, contre les Haïtiens notamment. Sans doute les nationalistes
guadeloupéens n’ont-ils pas voulu cette dérive mais le nationalisme comporte
toujours, inconsciemment ou en dernière instance, ce que j’ai appelé une «
dialectique de l’extermination » ce que, dans mon pays, des esprits, trop
simples peut-être, n’ont pas compris.

Cette logique de pouvoir, platement nationaliste, est le sens de la déclaration
de Jean Bernabé sur le « patriotisme universitaire », expression qui n’est qu’un
oxymore en vérité. Car si une université est, quant au fond, au service de la
société, c’est d’une façon différente de l’action politique. L’université, comme
son nom l’indique, est ouverture vers l’universel et c’est dans cette ouverture
qu’elle aide la société à progresser car la politique, en réalité, tend toujours
à une fermeture. Je me demande comment un universitaire, pour justifier les
actes et propos de son ami Confiant, puisse affirmer qu’on ne peut qualifier un
Noir qui maltraiterait un Blanc de « raciste » car dit Bernabé, « cela renverse
les données historiques en faisant de la victime un bourreau ». J’en ai vraiment
marre de ceux de mes compatriotes antillais qui sont toujours victimes mais
jamais coupables, comme si le mal ne les habitait pas eux -aussi,
comme tous les êtres humains. Je condamne sérieusement cette banalisation du
mal qui a cours dans nos pays. Je ne supporte vraiment pas ceux qui passent
leur temps à pleurer sur le passé esclavagiste dans le même temps où, comme en
Guadeloupe, ils tiennent des propos xénophobes, homophobes ou antisémites.
Bernabé appelle les universitaires à se mobiliser contre ceux qui critiquent
Confiant « téméraire défenseur, avec la puissance du verbe qui le caractérise,
du seul pouvoir dont disposent encore les colonisés de ce pays : le pouvoir
inntellectuel ». Sans doute Bernabé fait-il référence à la puissance du verbe
qu’a eu Raphaël Confiant en traitant injustement un universitaire de pédophile
et les Juifs d’ « Innommables » et le « pouvoir universitaire » qu’il revendique
est dirigé contre des enseignants, en majorité d’origine métropolitaine, que
leur honneur et devoir d’universitaires appelait à réagir contre les propos de
Confiant,
leur collègue. Comme les circonstances universitaires font que les
métropolitains sont majoritaires, notamment dans le département d’histoire, ils
ont signé avec des professeurs antillais notamment avec les Guadeloupéens
Frédéric Régent et Jean-Pierre Sainton, une déclaration condamnant Raphaël
Confiant. C’est du pain béni pour Bernabé qui voit là encore une « complot »
mené par des gens pour « satisfaire des fantasmes nostalgiques de ‘reconquista’
au sein même du lieu emblématique qu’est notre université ». Tout le monde
comprend. L’heure est grave ! A travers les critiques adressées à Confiant, il
faut voir un « complot » ourdi encore une fois par les « petits blancs », les
néocolonialistes qui œuvrent en s’aidant d’autres ‘intellectuels ‘ guadeloupéens
pour prendre le pouvoir à l’université. Vraiment, de qui se moque-t-on ?

Nous sommes vraiment tombés très bas. Le pire, c’est que Bernabé peut encore
convaincre certains universitaires martiniquais. En Guadeloupe, nous avons eu la
chance d’expérimenter tous les travers du nationalisme, ce qui nous rend tout de
même plus méfiants vis-à-vis de ce genre de discours. Le terme de « petit blanc
» utilisé par Confiant et Bernabé, ne vise pas du tout de prétendus
néocolonialistes. Mais tout simplement des métropolitains qui nous sont proches.
C’est cette « proximité » qui nous trouble. L’évolution des Antilles dans
l’ensemble français, le développement de la mondialisation –et là encore,
Glissant le montre- rassemblent les cultures même dans la différence. De moins
en moins de choses distinguent un jeune antillais d’un jeune américain ou d’un
jeune parisien. Or, dit Glissant dans Esthétique 1, « les calamités les plus
pernicieuses de la volonté raciste s’exercent d’abord contre les nuances de la
différence plutôt qu’à l’encontre des radicalités de l’altérité, de l’altréité.
Le ghetto nazi est plus résolu en ce sens que les townships de l’apartheid. ».
De moins en moins de choses distinguent au fond un Pinalie des intellectuels
antillais. Pour ma part, j’ai toujours considéré Pinalie comme un martiniquais.
C’est parce que la différence culturelle entre certains métropolitains et nous
est devenue plus trouble, plus « nuancée » pour reprendre l’expression de
Glissant, que leur présence auprès de nous suscite de la haine. Et nous sommes
dans la haine parce que nous sommes incapables de penser une identité ouverte.
Et sans doute avons-nous besoin de la référence au « complot ». Ce faisant, nous
nous interdisons de penser à nouveaux frais l’avenir de nos pays dans ce monde
devenu si riche mais si obscur. Et si les poètes, quand ils sont grands, nous
indiquent quelques traces de pensées, une esthétique, comme Glissant
l’avoue lui-même, ne pouvant tenir lieu de politique, il nous appartient de
créer un espace public de rationalisation de nos pratiques et de nos réflexions.

Si nos sociétés fonctionnent plus sur le mode de la paranoïa que sur celui de la
culpabilité, comme l’ont montré certains psychanalystes, c’est que nous avons un
rapport flou à la loi. En conséquence, nous fréquentons l’espace public et
politique de manière flottante ou détournée et quoi qu’on dise, notre rapport à
la politique demeure assimilationiste même dans nos plus ferventes déclarations
nationalistes. Tel a été le sens de l’investissement des nationalistes dans les
élections du 7 décembre 2003, que j’ai eu l’occasion de dénoncer d’ailleurs.
C’est cette fragilité de notre espace public qui permet de comprendre que nous
possédons beaucoup d’écrivains et de poètes mais très peu de philosophes.
Finalement a surtout régné dans nos espaces publics respectifs ce qu’un Perse
nommait « la sauterelle verte du sophisme » La revendication identitaire a bien
produit positivement une identité culturelle, la fierté d’être
Martiniquais ou Guadeloupéen, mais la transcription politique de cette identité
reste encore balbutiante. Faut-il nécessairement l’indépendance pour cela ?
Peut-on penser d’autres modes d’intégration ou d’appartenance à la république
française. Ces questions restent posées, surtout dans un monde actuel où les
appartenances nationales vacillent. Ce qu’il faut, c’est les vivre positivement
et patiemment comme questions et dans une autre logique que celles des identités
nationalistes fermées. Notre propre histoire réclame cette ouverture. Ce qu’il
faut développer, comme me le dit souvent JP. Sainton, c’est l’accès à une claire
conscience politique de nous-mêmes, que nous passions de peuples-culturels à
peuples-politique. Comme personne parmi nous n’a la réponse, il faut un espace
public politique et non politicien nous permettant de penser notre avenir.
IV

Voilà pourquoi mes chers détracteurs, je réclame le débat entre intellectuels
antillais. Et croyez bien que « je parle dans l’estime ». Si je reprends ici une
expression célèbre de Saint-Jonh Perse, ce n’est pas, ne vous trompez pas, que
j’ai pour vos pratiques une quelconque estime. Elles me sont odieuses car elles
visent à fermer le débat par une accumulation d’arguments ad hominem. L’estime,
c’est lorsque l’on fait le point en mer en relevant des amers. Comme nous ne
savons pas très bien où l’on va, dans cette estime, il nous faut parler et
communiquer. Au-delà de vous, je m’adresse à mes amis martiniquais. J’aurais
préféré que vous soyez mes contradicteurs plutôt que mes détracteurs car je ne
peux penser dans l’absence de dialogue. La philosophie et la politique n’étant
pas une science, nul ne détient la vérité en ce domaine, je peux me tromper et
voilà pourquoi je veux échanger réellement. Mais nos pays n’ont pas une
tradition d’espace public digne de ce nom. L’injure, traditionnellement,
remplace l’argument. Contre Confiant, je crois avoir argumenté, car n’étant ni
écrivain ni universitaire et ne vivant pas en Martinique, je ne nourris nulle
rivalité, nulle haine envers cet écrivain. Et quand je pense à l’inénarrable
Dédé Lucrèce, c’est avec une certaine émotion. Cela me renvoie à quarante ans en
arrière, à Bordeaux, où nous nous retrouvions un certain nombre d’étudiants
antillais, à constituer une timide mais véritable communauté intellectuelle. Il
y avait Georges Mauvois, dit Ti-jo, l’haïtien Bérard Cénatus, le plus brillant
de nous tous, André Pierre-Louis dit « soup » et plus tard, Monchoachi, René
Achéen dit Renato, Serge Harpin, venu plus tard, d’autres que j’oublie mais
aussi celui que j’appelais déjà l’inénarrable Dédé Lucrèrce. Les logiques
politiques de l’époque, notamment celles de l’AGEG on brisé un tel élan.
C’est l’histoire. Un étudiant m’ayant déclaré à l’époque qu’il n’était pas
normal que j’étudie Spinoza alors que les paysans guadeloupéens mourraient de
faim, je rentrai en Guadeloupe militer avec les paysans de l’UTA. Je ne regrette
rien non de rien.

La seule compassion que je peux avoir pour vous –ce qui fait et vous le sentez
bien que je n’ai nulle haine pour vous- est due au fait que tous, surtout les
gens de ma génération, nous partageons la même désillusion, la même
interrogation. Comment se fait-il que nous soyons les seuls pays anciennement
colonisés à n’avoir pas accédé à l’indépendance nationale ? Je reste persuadé
que notre erreur est d’avoir repris des logiques identitaires les plus
pernicieuses, élaborées en Occident, notamment l’ultra-nationalisme, au lieu de
penser une politique de la Relation pour reprendre les termes de Glissant, qui
ne serait pas qu’une poétique. Transformons donc notre expérience, unique dans
le monde, de nos pays antillais pour penser de nouvelles formes d’identité et de
libération. La tâche est lourde.

Quant à moi, je suis prêt à intervenir sur les questions du nationalisme, du
républicanisme, de l’identité culturelle et de l’identité politique. Mon ami
Jean-Pierre Sainton qui ne partage pas du tout les mêmes idées que moi, me
rejoint dans ce souci d’élever le débat entre antillais. En ce qui vous
concerne, chers détracteurs, je ne vous crois pas capables d’élever le débat
sinon vous n’auriez pas écrit le texte que vous avez signé. Au-delà de vous,
c’est à d’autres que je parle. Pardonnez-moi de vous instrumentaliser ainsi en
quelque sorte mais vous l’avez bien cherché.Vous allez continuer, parions-le,
vos basses attaques. Je connais déjà la panoplie de toutes ces attaques
possibles. Je vous conseille vivement, si vous voulez renouveler vos insultes,
de vous référer au journal guadeloupéen Le Motphrasé dirigé par Michel Rovelas.
Là, il y en a de belles ! Vous apprendrez que je suis à la recherche de
médailles (bien qu’ayant
refusé les Palmes académiques et à deux reprises, la Légion d’honneur) que je
suis un pleurnichard et bien d’autres choses qui vous raviront. La palme, pas du
tout académique, revient au dénommé Wonal Selbonne, (dont je refuse d’analyser,
comme pour Confiant, la logique intime du désir), lequel, dans un excellent
article, après avoir fait une brillante distinction épistémologique entre
masturbation et branlette, considère que je pratique l’art de la branlette
intellectuelle. La masturbation en effet, obéit à une logique mécanique du corps
sur l’âme, ce que les cartésiens appelaient les « esprits animaux » alors que la
branlette, c’est beaucoup plus subtil. La chose vous plaira, j’en suis sûr. Très
belle analyse de Wonal, qui reprend un souci très fort au XVII° siècle (pour
toutes les raisons que j’ai mentionnées plus haut en me référant à Foucault)
concernant l’articulation de l’âme et du corps. Pour Descartes, c’était la
glande pinéale le point de connection, pour Malebranche, l’imagination, pour
Freud, bien plus tard le désir inconscient, mais Wonal comprend que moi, qui
suis un grand danseur de tango argentin devant l’Eternel, négocie constamment un
équilibre précaire entre mon âme et mon corps. Lumineux !



Sur ce, chers contradicteurs, je vous quitte. J’ai passé au fond un très bon
moment avec vous, que je fais d’ailleurs partager à d’autres. Mais l’affaire
Confiant, du moins je le souhaite, aura eu le mérite de provoquer un débat
salutaire chez nous tous. Espérons qu’il pourra se poursuivre dans la bonne
humeur.



Bonne année à tous.

Sainte-Anne, Martinique, le 30 décembre 2006



PS. J’ai écrit ce texte lors d’un bref séjour de quatre jours en Martinique. Je
n’ai rencontré aucun intellectuel, je n’étais pas venu pour cela. J’ai été
frappé par le fait que Sainte-Anne, commune dirigée par des indépendantistes,
est très ouverte au tourisme. On s’y sent bien au fond. Très belle commune avec
son cimetière sur le morne, donnant le dos à la baie où mouillent de nombreux
voiliers venus des quatre coins du monde. Deux visions opposées de la quête
d’éternité. Félicitations pour sa municipalité. Je n’ai voulu rencontrer que mes
amis du tango argentin une manière pour moi, tout à fait esthétique, de
participer à la beauté de la totalité du monde.



Jacky Dahomay

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 #2 Posté le: 03 Jan 2007 13:04    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Que d'illustres inconnus, quelle affaire passée inapperçu, mais quel texte !

J'ai été ému par les propos de Jacky Dahomay car je les trouve brillants et incroyablement juste!
Merci de m'avoir donné l'occasion de lire ça!

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 #3 Posté le: 03 Jan 2007 13:48    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Jârvis a écrit:
Que d'illustres inconnus, quelle affaire passée inapperçu, mais quel texte !

J'ai été ému par les propos de Jacky Dahomay car je les trouve brillants et incroyablement juste!
Merci de m'avoir donné l'occasion de lire ça!

Qui est cet homme ?

Je l'ai eu comme prof de philo quand j'étais à Baimbridge...

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 #4 Posté le: 03 Jan 2007 13:52    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Ben t'en a eu de la chance !

ça fait tellement de bien de lire des propos si intelligents d'un antillais sur les antilles !

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 #5 Posté le: 03 Jan 2007 13:59    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Jârvis a écrit:
Ben t'en a eu de la chance !

ça fait tellement de bien de lire des propos si intelligents d'un antillais sur les antilles !

Si on veut...m'enfin on dira que j'étais complètement hermétique à la philo...
Sinon, il est membre du haut conseil à l'Intégration.

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 #6 Posté le: 03 Jan 2007 14:00    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

C'est etrange qu'on parle toujours de communautarisme quand ça concerne les noirs...
Pourtant la communauté la plus communautariste de france est la communauté juive et tout le monde ferme sa bouche.

Le communautarisme juif a bien reussi dans tout les domaines et certains chient dans leur froc quand les noirs veulent s'unir ...

On voit bien que les noirs font peur d'où la rapidité de sarkozy de dissoudre la tribu ka par contre la LDJ et le Betar groupes terroristes interdit aux USA et meme en Israel qui agressent depuis des années peuvent continuer leurs agressions...

Bref continuez à parler de communautarisme noir ou antillais mais dans 50 ans votre situation sera toujours la meme tandis que ceux qui s'entraident seront au sommet.
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Jârvis
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 #7 Posté le: 03 Jan 2007 14:02    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Tu es sur d'avoir tout lu toi ?
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 #8 Posté le: 03 Jan 2007 14:03    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

BRAVO JACKY MAHOME !
CONFIANT m'a déçue ! Je ne pardonne pas le racisme et la connerie.
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 #9 Posté le: 03 Jan 2007 17:46    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Jârvis a écrit:

ça fait tellement de bien de lire des propos si intelligents d'un antillais sur les antilles !


C'est vrai que ça fait du bien de lire ça. On en avait vraiment besoin...

Merci Monsieur Dahomay...

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 #10 Posté le: 03 Jan 2007 18:34    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Tiens ? Pour une fois une lettre ouverte propose une analyse qui soulève de vraies problèmes. Ca faisait longtemps!
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(Quand j'ai dit ça à une intéressée, elle m'a dit que si c'était vrai, il y aurait plus de gars avec une copine sur Terre...)
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 #11 Posté le: 03 Jan 2007 23:07    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Quelque chose me dit que Confiant ne répondra pas, faute d'arguments.

Pas mal d'articles sur "l'affaire Confiant" sont dispos ici si ça vous intéresse : http://www.madinin-art.net/socio_cul/index.html

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 #12 Posté le: 03 Jan 2007 23:29    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

arablack a écrit:
Quelque chose me dit que Confiant ne répondra pas, faute d'arguments.

Pas mal d'articles sur "l'affaire Confiant" sont dispos ici si ça vous intéresse : http://www.madinin-art.net/socio_cul/index.html


Le problème ,c'est qu'après la lecture des différents articles , je ne suis pas sûre que Confiant ressente le besoin d'avoir des arguments satisfaisants pour répondre.

(sauf si on considère que la victimisation ,la théorie du complot et les propos insultants sont des arguments qui le satisfont pleinement).
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 #13 Posté le: 05 Jan 2007 20:19    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

CE SERA DONC MONSIEUR ANDRE LUCRECE QUI APPORTERA UNE REPONSE A MONSIEUR DAHOMAY


La pauvreté d'esprit parfaitement narrable de monsieur Dahomay

Par André LUCRECE

Je tiens d'abord à mettre en garde les lecteurs.Utilisant un subterfuge d'appellation, M.Dahomay semble laisser croire aux lecteurs de sa diatribe parue sur Internet qu'on se connaît au point de s'appeler par des diminutifs. Or je tiens à préciser que je n'ai pour M.Dahomay ni sympathie, ni sentiment d'une quelconque proximité, encore moins de l'estime.

Au contraire, j'ai toujours été frappé, malgré le fatras de mots, de références et de citations dont il travestit chacune de ses interventions, j'ai donc toujours été frappé par la pauvreté d'esprit qui caractérise les quelques unes de ses interventions qu'il m'a été donné d'entendre. Déjà, à Bordeaux, lorsque M.Dahomay fréquentait un petit cercle de réflexion que nous avions, nous étudiants antillais, instauré, certains d'entre nous se demandaient s'il fallait continuer à l'inviter à cause de son indigence de pensée.

Lisant la prose de M.Dahomay, je pense à Césaire - "je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de l'espérance" - et à Senghor qui évoquait la "Nuit qui me délivre des salons des sophismes, des pirouettes, des prétextes".


Sophismes, pirouettes, prétextes, à coup sûr, caractérisent ce qui tient lieu de pensée au point que les sujets traités par M.Dahomay révèlent un niveau intellectuel de l'ordre d'une dissertation à peine moyenne d'un élève de terminale . Avec néanmoins, chez l'élève, la logorrhée en moins.

En réalité, M.Dahomay ne doit son existence qu'à son appartenance au petit troupeau d'admiratifs du parisianisme culturel, de ses salons et de ses admirateurs auprès desquels il joue son rôle : celui du "colonial ami" , pour reprendre l'expression de René Ménil.

Voilà pourquoi, je n'ai accordé aucune importance à la prose de M.Dahomay et à sa pauvre existence, lorsque dans mon texte intitulé L'impudeur, j'ai cru devoir rappeler à l'ordre ceux qui, tout en se parant du boubou de la prédiction morale, lançaient contre un écrivain, de manière passablement irresponsable, des accusations qui pour le moins étaient sans fondements. M.Dahomay semble être d'ailleurs un spécialiste de la chose, puisque sur la question très discutée du rapport de Heidegger au nazisme, il tranche avec le même simplisme de l'inculte qui le caractérise.

Je continuerais volontiers à ignorer la pauvre existence de M.Dahomay, s'il ne sétait permis dans la dite lettre de 9 pages, aussi creuse et anecdotique que son auteur, de me reprocher d'avoir passé sous silence le fait qu'il avait réagi aux propos de Finkielkraut. M.Dahomay, bouffi de prétention, est donc en plus persuadé que je guette les moindre parutions de sa prose. C'est en réalité un ami qui m'a informé de l'existence de la lettre de M.Dahomay à Finkielkraut. Et, pour une fois, j'invite les lecteurs à lire cette lettre gémissante, pleurnicharde et larmoyante, afin qu'ils se fassent une idée du degré d'intériorisation de la servitude chez M.Dahomay qui n'a jamais dépassé le premier mouvement dialectique du Maître et de l'Esclave.

Pour toutes ces raisons, il n'a droit qu'à ma compassion.

André LUCRECE, écrivain

(source bondamanjak)



POUR RAPPEL, VOICI DANS CE LIEN...en première partie, la lettre que M.Confiant avait adressé à M.Finkielkraut

...en seconde partie, la lettre que M.Dahomay avait adressé à M.Finkelkraut


http://www.collectifdom.com/article.php3?id_article=414

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 #14 Posté le: 05 Jan 2007 20:32    Sujet du message: réponse à confiant ..(et à bernabé)! Répondre en citant

Il a l'air un peu aigri le Monsieur... mais à part descendre son ancien copain, je vois pas trop l'interêt de sa bafouille ?
Ca fait un peu tempête dans un verre d'eau cette histoire, vous trouvez pas ?
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