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Dictature chiraquienne France
jeudi 30 mars 2006
DE L'ENRICHISSEMENT PERSONNEL DES POLITIQUES À LA PAUPÉRISATION DU PAYS
Par Michel de Poncins : Nous avons souvent indiqué que dans le cadre de l'exception française l'enrichissement des politiques et, parmi eux, entre autres, des ministres, repose non seulement sur des salaires fastueux mais également principalement sur un grand nombre d'avantages indirects. Parmi ces avantages indirects, se trouve la certitude d'être reclassé en cas d'accident de parcours - certitude dont la valeur est immense.
L'excellent journal Le Cri du contribuable nous offre la liste impressionnante de reclassements récents de ministres ayant perdu leur portefeuille. Accrochons nos ceintures et lisons bravement.
De ministres et de secrétaires...
L'ancien ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, et l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Luc Ferry, ont été nommés au Conseil économique et social. Ce fut au titre de « personnalités qualifiées » appelées encore dans la courtoisie républicaine « P.Q. » : chacun a les gloires qu'il peut.
Dominique Versini, ancien secrétaire d'État à la Lutte contre la précarité et l'exclusion et, par ailleurs, conseiller régional d'Île-de-France, ainsi que Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères, ont été nommés membres du Conseil d'État, ceci au titre du « tour extérieur ». Remarquons au passage, cette combine inimitable de la nomination au titre du « tour extérieur » qui favorise tout autant le donateur que le bénéficiaire.
Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de la Fonction publique, privé de tout mandat, a été nommé médiateur de la république. Xavier Darcos, ancien ministre délégué à l'Enseignement scolaire puis ministre délégué à la Coopération, a été nommé ambassadeur représentant permanent de la France auprès de l'OCDE. Marie-Thérèse Boisseau, ancienne secrétaire d'État aux Personnes handicapées, a été propulsée à la vice-présidence du Haut Conseil de la population et de la famille ainsi qu'à la terrifiante HALDE. Elle est par ailleurs conseillère régionale de Bretagne.
Mais il y a des créations de postes purement artificiels qui sont autant de « machins » inutiles et ruineux. Nicole Ameline, ancien ministre de la Parité, s'est trouvée propulsée au Quai d'Orsay avec le titre d'ambassadrice chargée des questions sociales et de la parité dans les relations internationales ! Laurent Hénard, ancien secrétaire d'État à l'Insertion des jeunes, a été nommé président de l'Agence nationale des services à la personne, créée de toutes pièces pour lui par Jean-Louis Borloo. François d'Aubert, ancien ministre délégué à la Recherche, a été nommé Haut représentant de la France dans le cadre du projet ITER de réacteur thermonucléaire international qui doit être implanté à Cadarache.
Nicolas Forissier a été nommé délégué interministériel aux industries alimentaires et à l'agro industrie, poste créé uniquement pour le satisfaire lui-même. Luc Ferry, déjà nommé, n'était sans doute pas content puisqu'il est devenu président du Conseil d'analyse de la société, organisme dont, évidemment, personne n'a besoin.
Mais il y a aussi des « missions » - terme commode pour masquer des emplois fictifs. Renaud Muselier, ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères, a reçu une mission concernant les Français à l'étranger, sans autre précision ( !). Nicole Guedj avait été une sorte de ministre préposée aux Malheurs publics ; n'ayant plus de poste, elle doit conduire une réflexion sur « le développement d'outils innovants favorisant la coordination et l'efficacité de l'action humanitaire »( !).
Retombées négatives
Après avoir lu cette liste due au Cri du contribuable, plusieurs réflexions s'imposent.
Remarquez, d'abord, les « Hauts Conseils » et les « Hauts représentants » : c'est à la fois comique et tragique, car il n'y a jamais de « Bas Conseil ». Notons aussi les postes, les missions et d'autres faveurs qui sont créées artificiellement de toutes pièces pour satisfaire les uns et les autres avec, à chaque fois, des budgets très importants.
Enfin, il faut se souvenir des titres dont étaient affublés beaucoup de ces ministres pendant leurs fonctions ; ils montrent bien que leur action n'a jamais pu être bénéfique mais au contraire qu'elle a été nocive, car elle a freiné la création de richesses par les privés. Les millions qu'ils reçoivent en se reclassant récompensent des actions négatives antérieures.
Cet avantage incroyable d'être reclassé, parfois pour la vie, n'est, en fait, qu'une partie de l'enrichissement indirect que se procurent les ministres. Et il en résulte que le total de l'enrichissement personnel d'un ministre et même d'un « petit » ministre est absolument massif. Et ce total multiplié par le nombre de ministres aboutit à une somme absolument gigantesque qui pèse sur l'économie tout entière.
Mais bien entendu l'analyse objective ne doit pas s'arrêter aux seuls ministres. Elle doit apprécier l'enrichissement personnel des présidents de la république, des premiers ministres, des leaders syndicaux, élus de toutes sortes, des hauts fonctionnaires, des présidents de sociétés d'économie mixte : finalement on arrive à la population de ceux que je dénomme les « Hifis » pour l'enrichissement desquels tout le système socialiste travaille en permanence.
Il est facile de montrer que cette situation extravagante est à la racine de la paupérisation de la France et de l'écroulement dans tous les domaines : santé, éducation, retraites, désordre dans les banlieues, chômage, fuite à l'étranger… La diminution progressive et régulière du niveau de vie des Français a sa correspondance exacte dans l'enrichissement personnel des Hifis.
Le pouvoir prélève actuellement grosso modo, sous forme d'impôts et charges, 55% de la richesse nationale pour son usage et, par voie de conséquence, pour l'enrichissement des Hifis.
J'ai montré dans le livre Et si la France se mettait à rêver (Odilon-Média) que si la France se libérait du socialisme, la charge publique reviendrait à environ 20% de la richesse nationale, avec à la clé une progression inimaginable aujourd'hui de la richesse personnelle et collective !
La marge de manoeuvre que donnerait la « Libération » est littéralement sans limite.
Où vont vos impôts ? Enquête sur le reclassement des anciens ministres
(15 mars 2006)
Tous les Français ne sont pas égaux devant le chômage. Qu’ils soient compétents ou non les anciens ministres sont assurés d’être reclassés à l’issu de leur participation au gouvernement. Nous avons enquêté sur le devenir des membres des équipes Raffarin.
On connaissait les filières classiques de reclassement des hommes et femmes politiques battus aux élections ou écartés du gouvernement: retour dans son corps d’origine pour les fonctionnaires, nomination au Conseil d’État au tour extérieur ou au Conseil économique et social, direction d’entreprises publiques… Voici désormais venu le temps des officines créées sur mesure et des missions aux intérêts obscurs destinées à permettre à certains anciens ministres et secrétaires d’État de préparer sereinement leur retour au Parlement. Nombre de membres des gouvernements Raffarin successifs entre 2002 et 2005 ont allégrement profité de ces avantages.
Conseil économique et social
Revenons tout de même d’abord sur les grands classiques de la reconversion politique. A commencer par le Conseil économique et social. Une bonne place: les conseillers économiques et sociaux sont nommés pour cinq ans avec un confortable traitement de 2800 euros par mois (il augmente en cas de second mandat). Début 2004, Jacques Chirac a ainsi nommé au palais de l’avenue d’Iéna, sur son contingent de « personnalités qualifiées » l’ancien ministre de la Culture (2002-2004) Jean-Jacques Aillagon, et l’ancien ministre de l’Éducation nationale (durant la même période), Luc Ferry. François Mitterrand, on s’en souvient, n’avait pas hésité à y nommer le populiste Pierre Poujade ou le royaliste
Bertrand Renouvin. Aillagon et Ferry, quand ils y siègent, peuvent y croiser le moins reluisant Fodé Sylla, ancien président de SOS-Racisme, mis en cause dans une récente affaire de trafic de drogue (il a obtenu un non-lieu pour erreur de procédure). Jean-Jacques Aillagon a, par ailleurs, obtenu dès novembre 2004 la présidence de la chaîne de télévision TV5 Monde.
Conseil d’État
Voici ensuite le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative de l’État, logée au Palais Royal. Concédons que son rôle est plus réel que celui du Conseil économique et social. La majorité de ses membres a intégré ce corps à la sortie de l’ENA. Mais le président de la République peut nommer des membres « au tour extérieur ». Avec à la clef un salaire mensuel minimum de 4 300 euros. C’est de cette aubaine qu’ont profité Dominique Versini, ancien secrétaire d’État à la Lutte contre la précarité et l’exclusion (2002-2004) et par ailleurs conseiller régional d’Ile-de-France (environ 2500 euros par mois), et Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères (2004-2005).
Sièges vacants
Certains ministres ont pu récupérer un poste vacant dans la haute administration. Ainsi, Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique entre 2002 et 2004, privé de tout mandat, a été nommé médiateur de la République. De même, Xavier Darcos, ministre délégué à l’Enseignement scolaire, puis ministre délégué à la Coopération, est devenu dès juin dernier ambassadeur, représentant permanent de la France auprès de l’OCDE. Il a par ailleurs été élu conseiller régional d’Aquitaine en 2004. Marie-Thérèse Boisseau, ancienne secrétaire d’État aux Personnes handicapées (2002-2004), s’est (presque) logiquement retrouvée propulsée à la vice-présidence du Haut Conseil de la population et de la famille ainsi qu’à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Elle est par ailleurs conseillère régionale de Bretagne.
Création de postes
Pour ceux qui ne trouvaient chaussure à leur pied parmi les postes vacants ou les sinécures disponibles, il a bien fallu créer des postes, voire des « machins » où ils pourraient attendre les prochaines échéances électorales. Nicole Ameline, ancien ministre de la Parité (2002-2005), ne disposant plus d’aucun mandat électif, s’est retrouvée, il y a quelques mois, bombardée au Quai d’Orsay, comme ambassadrice chargée des questions sociales et de la parité dans les relations internationales, titre ronflant mais peu explicite.
Le benjamin du gouvernement Raffarin, Laurent Hénart, éphémère secrétaire d’État à l’Insertion des jeunes (2004-2005), a été nommé, en octobre 2005, président de l’Agence nationale des services à la personne, créé par Jean-Louis Borloo pour soi-disant coordonner le développement des services de proximité. Un sympathique cadeau quand on sait qu’Hénart a par ailleurs récupéré, à la faveur d’une élection partielle, son siège de député de Meurthe-et-Moselle, et qu’il s’attaque d’autre part aux entrepreneurs en réclamant au gouvernement Villepin un renforcement de l’inspection du travail. François d’Aubert, ancien ministre délégué à la Recherche (2002-2004), a été nommé en novembre 2005 haut représentant de la France dans le cadre du projet Iter de réacteur thermonucléaire international qui doit être implanté à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Il a conservé son poste de maire de Laval. Secrétaire d’État à l’Agriculture durant le dernier gouvernement Raffarin (2004-2005), Nicolas Forissier ne disposait plus que de son siège de maire de La Châtre (Indre). Il a obtenu en novembre dernier la création d’un poste de délégué interministériel aux industries alimentaires et à l’agro-industrie à son profit. Luc Ferry, déjà cité, est devenu président du Conseil d’analyse de la société, doté d’un budget annuel de 150000 euros.
Quant à Francis Mer, ministre de l’Économie et des Finances de 2002 à 2004, Jacques Chirac lui avait confié à l’issue de ses fonctions ministérielles les rênes de la Fondation pour l’innovation politique, dont il a quitté la présidence l’an dernier. Il est administrateur de Rhodia, d’Alstom et de Framatome.
« Missions »
Enfin pour les plus difficiles à recaser, il y a les diverses et peu précises « missions », qui peuvent bien entendu se cumuler avec d’autres fonctions. Renaud Muselier, secrétaire d’État aux Affaires étrangères (2002-2005), s’est vu confier, toujours par le chef de l’État une mission des plus floue sur les Français à l’étranger. Il est par ailleurs toujours médecin, premier adjoint au maire de Marseille et conseiller régional de Provence-Alpes-Côte-D’azur. Secrétaire d’État aux Programmes immobiliers de la justice puis aux Droits des victimes (2004-2005), l’avocate Nicole Guedj a été missionnée, une fois de plus par Jacques Chirac, pour conduire une réflexion sur « le développement d’outils innovants favorisant la coordination et l’efficacité de l’action humanitaire » (sic). Ayant regagné son corps d’origine, l’inspection des Finances, après les déboires dus à son appartement de fonction, Hervé Gaymard s’est néanmoins vu chargé en décembre dernier, d’une mission de réflexion sur la présence de la France dans les pays émergents.
En plus de sa nomination, déjà évoquée, au Conseil d’État, Michel Barnier s’est vu, pour sa part, confier par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, un rapport sur « l’amélioration des moyens européens de gestion des crises civiles dans les pays tiers.»
Voilà au moins une bonne nouvelle: le chômage touche peu nos hommes politiques! L’innovation n’est pas un vain mot pour nos dirigeants lorsqu’il s’agit de préparer ou d’assurer son avenir. On a souvent dit que l’une des premières qualités de Jacques Chirac était de ne pas oublier ses amis: notre enquête le prouve.
Qu’il nous soit néanmoins permis de penser que le fait de pouvoir vivre de la politique, c’est-à dire des impôts des contribuables, sans même désormais avoir à être élu, en dit long sur l’état de décomposition de nos institutions.
Quelle que soit l’efficacité ou l’irresponsabilité de certains, tout le monde ou presque est logé à la même enseigne : être recasé n’est plus une chance mais bien un droit acquis pour nos anciens ministres.
Atricle extrait du Cri du Contribuable 10, en vente chez votre marchand de journaux
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