www.volcreole.com Le forum de discussion des Dom-Tom ! Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion St Pierre et Miquelon, Mayotte, Polynésie, Wallis et Futuna, ...
Genre: Femme Inscrit le: 03 Nov 2002 Sujets: 172 Messages: 6210 Localisation: là où tu n'es pas
Posté le: 09 Juin 2003 17:13 Sujet du message: le Gwo Ka
Voici un style de musique que j'aime beaucoup.
L'origine du Gwo Ka remonte en Guadeloupe au temps de l'esclavage au début du XVIIIème siècle.
Les recherches musicologiques permettent aujourd'hui de trouver les racines du Gwo Ka dans les percussions et dans les chants des pays de la côte ouest du continent africain (Golfe de Guinée, ancien royaume du Congo...).
A partir des musiques et des danses extrêmement riches et diverses de leur pays d'origine, les esclaves ont élaboré un outil de communication, un art nouveau (au même titre que le créole) : le Gwo Ka.
Ce genre musical se caractérise par une typologie africaine :
- forme répétitive,
- l'improvisation,
- les mouvements physiques de danse liés à la musique,
- les réponses entre un soliste et le choeur,
- la syncope sur les temps faibles.
Les influences (mode de vie et genre musical) du "maître" se sont greffées à cette base (phénomène de créolisation), pour donner les sept rythmes ou danses que nous connaissons : le Lewoz, le Mindé, le Kaladja, le Grage, le Roulé, le Granjanbel (ou Kagenbel) et le Toumblak.
Le Lewoz est un rythme guerrier, il rythmait les attaques de plantations, mais aussi une danse incantatrice.
Le Kaladja symbolise la lutte en amour.
Le Kagenbel est une danse de la coupe de la canne.
Le Toumblak, comme le Kaladja, reprend le thème de l'amour, la danse du ventre, la danse de la fertilité, de la terre.
Le Grage accompagne les travaux de production agricole (ex : le grage manioc, le jardin, la cueillette).
Le Roulé est la "valse créole" pour charmer et singer le blanc.
Le Mindé serait le dernier rythme arrivé au pays avec la venue des congos sous contrat après l'abolition. Il symbolise le carnaval, la fête collective.
-Il y a six rythmes différents dans le Mindé. A ce jour, nous n'en connaissons que trois (le Mindé même, musique à mass à Kongo et un dérivé du Mass à Saint-Jean).
Ce rythme, au dire de Monsieur Henri Delos, se jouait avec des baguettes.
L'origine du mot Ka ou Gwo Ka demeure très ambigüe.
Il viendrait d'un quart de tonneau qui servait au transport de la viande (quart de salaison), ou serait la forme francisée de goka nom troqué du tambour N'goka que l'on retrouve dans le haut Dahomey et en Angola : en créole les Ka.
On retrouve le mot Ka et Gwo Ka avec peu de variantes à la Nouvelle Orléans, en Haïti, à Cuba et aux Iles vierges.
Historiquement lié au système de la plantation, le Gwo Ka était une culture, de même que la manifestation Sware Lewoz, exclusivement rurale. La musique Ka s'est adaptée au milieu et était présente dans tousles actes de la vie quotidienne (comme en Afrique) naissance, mort, gîte, révolte, tâches journalières, romances etc...
http://kdog.free.fr/Ka.htm _________________ Volcréole étant une communauté ouverte, les messages à caractère raciste n'ont pas leur place ici! Merci !
Posté le: 09 Juin 2003 18:43 Sujet du message: le Gwo Ka
THANX Colchique pour les infos!!!!
A present je suis armée en matière de voc' pour déblaterer sur le sujet ! _________________ Si A=B, et que B=C, alors C=A. Alors, si les bananes sont jaunes, et qu'un mur est jaune, est-ce que les bananes sont mûres?
Genre: Femme Inscrit le: 03 Nov 2002 Sujets: 172 Messages: 6210 Localisation: là où tu n'es pas
Posté le: 09 Juin 2003 19:13 Sujet du message: le Gwo Ka
on peut répertorier différents types de chants ou styles gwo ka.
- Les chants du travail
Celà s'appelait Kannida, chant à konwa, chant à labour, introduits pendant la période esclavagiste afin d'accroitre la productivité ("damné la Ri", "saklé té", "chanté la vwa bef", pour silloner un terrain - chanté "siyed long" scieurs de long).
Tous ces chants ont disparus de nos jours, sauf à Marie-Galante où persistent quelques chants.
- Les Lewoz
Moment de rassemblement de la communauté dans un but social, de réflexion, identitaire et économique. Une swaré lewoz était le moment privilégié de communication, d'échange et de détente entre les gens.
A l'origine, le lewoz était organisé par des sociétés secrètes avec une organisation stricte, comme en Afrique de l'ouest, en Haïti ou à Cuba. (En Haïti, cela a donné le vaudou, au Brésil le Coudomblé, à Cuba la santeria et la kumba).
(Typique de la région de Sainte-Rose, Bouillante, Lamentin).
- Le Lewoz au commandement :
Avec un commandeur qui "gérait" les couples de danseurs à la manière du quadrille, système figé, tombé dans l'oubli depuis de longue date.
- Les veillées :
Il n'y a pas d'instrument, mais la musique est rythmée vocalement par des onomatopées appelées boulagel, banjogita, sonora-waka.
Robert Loyson en 1964 a été le premier à avoir chanté des veillées au tambour.
Le rythme unificateur est le "boula noir" ou toumblack. Ce style est présent surtout en Grande terre, dans les Grands Fonds.
- La Bamboula, ou amusement, danse du Dimanche, de fête de commune.
Syle réglementé par les maîtres à l'origine car le gwo ka a subi beaucoup de vicissitudes, de restrictions par crainte d'un langage qu'ils ne maitrisaient pas.
Alors, ils autorisaient les fêtes "gentilles" du dimanche; (c'est probablement ce qui a donné la Biguine ou le quadrille, qui sait?).
De nos jours, il faut souligner l'apport des travaux de Gérard Lokel, au même titre que Guy Konket, Loyson, ou Vélo .
L'esprit d'innovation et d'ouverture qui a tracé de nouvelles voies au gwo ka devrait favoriser le développement de cette musique.
La danse est étroitement liée à la tradition musicale. Musique des tambours et chants pour les danses de léwoz, musiques orchestrées, pour les quadrilles, la mazurka, la valse créole et la biguine. Parmi ces danses, la plus enracinée est celle qui se pratique sur les rythmes du Ka, danses rituelles, de fertilité agraire etc.
Il faut souligner ainsi la naissance de la "brisquante", favorisée par des musiciens comme Vélo.
http://kdog.free.fr/Ka.htm _________________ Volcréole étant une communauté ouverte, les messages à caractère raciste n'ont pas leur place ici! Merci !
Posté le: 10 Juin 2003 15:21 Sujet du message: le Gwo Ka
Ce ke je trouve riche dans le Gwo ka c'est bien qu'elle est une archive importante dans l'Histoire de l'esclave, cette musique transmet toutes les émotions : tant la tristesse, ke l'amusement, la joie, l'amour, etc... _________________ Si A=B, et que B=C, alors C=A. Alors, si les bananes sont jaunes, et qu'un mur est jaune, est-ce que les bananes sont mûres?
Genre: Femme Inscrit le: 03 Nov 2002 Sujets: 172 Messages: 6210 Localisation: là où tu n'es pas
Posté le: 10 Juin 2003 16:04 Sujet du message: le Gwo Ka
Le "gwoka", musique répétitive repose sur de nombreux éléments récurrents que sont surtout la forme du rythme du "boula", les battements de mains et les phrases mélodieuses du chœur (répondè).
Cependant, grâce à l'improvisation et le retour constant à la norme le "gwoka" prend souvent un caractère envoûtant. Récemment encore on pouvait voir des danseurs dans un état second proche de la transe. Les mélodies sont généralement construites sur un mode pentatonique (les spécialistes s'y reconnaîtront), ce qui n'empêche pas certains chanteurs d'utiliser quelque fois d'autres échelles et registres.
L'art de l'improvisation représente un des fondements du gwoka. Chanteurs, danseurs, et tambourinaires ont toute liberté pour s'y livrer à condition toutefois qu'ils respectent le tempo de la musique et ne rompent pas la chaîne harmonique.
1) Les instruments
Le gwoka se joue avec 3 "ka" (ou 2 tout au début) c'est à dire 2 "boula" et 1 "makè" à peu près de la même taille.
Un "ka" se compose de :
- 1 baril appelé "bouko" en créole
- 1 peau de cabri (po a kabrit) mâle pour le "boula" et femelle pour le "makè"
- 2 "sèk" pour maintenir les cordes
- 6 "klé" pour serrer le tout
- "zoban" = corde
On utilise quelque fois des "tibwa" mais la calebasse (gourde vidée de son contenu, séchée et remplie de graine) est plus fréquemment employée. Dans la musique traditionnelle la calebasse ("chacha") joue le rôle d'accompagnement rythmique et résonne comme un bruit de fond. Mais qui sont les acteurs de cette musique ?
2) Les acteurs = musiciens et autres
a) Le public
En "gwoka" il n'y a pas en principe de spectateurs au sens strict du terme. C'est une musique qui exige la participation de la collectivité, du public. Les choristes et les musiciens forment un cercle et laissent un espace destiné aux danseurs. Tous les acteurs sont interdépendants et si l'un n'est pas à la hauteur la musique ne peut se dérouler
b) Le chanteur
Dans le "gwoka", le chanteur tient une place prépondérante et de ce fait doit faire preuve de "lokans". Il est en quelque sorte le chef d'orchestre qui dirige les choristes et les "tanbouyé", n'hésitant pas à les encourager ou à les réprimander s'il n'est pas satisfait de leur prestation. Le texte de ses chansons traite généralement de la vie quotidienne du peuple.
Les premières paroles de son chant qui constitue ce qu'on pourrait appeler avec imprécision "le refrain" seront reprises par les choristes qu'il sollicitera en chantant avant de faire de même pour les tambourinaires ou "tanbouyé".
c) Le chœur / "répondè"
Le chanteur a toujours à ses cotés un petit groupe de gens fidèles, experts comme lui-même et qui sont chargés de lui donner la réplique, donc de répondre le plus juste possible.
d) Les tambourinaires / "tanbouyé"
Les "tanbouyé" sont normalement au nombre de trois (2 "boularien" et 1 "makè") même si aujourd'hui plusieurs groupes en mettent plus. Le chef des "tanbouyé", c'est à dire le "makè" tient le rôle de soliste et frappe sur le tambour au son le plus aigu tout en étant assis sur un petit banc, son instrument placé devant lui. Il semblerait qu'autrefois il se tenait lui aussi à califourchon sur son "ka", et que VELO ait été l'initiateur de la nouvelle formule.
C'est en générale le "makè" qui s'exécute le premier pour lancer le morceau sous l'injonction du chanteur. Les autres tambourinaires produisent un son grave assis à califourchon sur leur instrument. Ils ont la lourde responsabilité, tels des métronomes, de maintenir le rythme de base afin que le soliste puisse s'exprimer. Il arrive souvent que la virtuosité du "makè" touche ceux qui écoutent au point de leur donner des frissons ou de leur mettre les larmes aux yeux, d'autant plus qu'un véritable dialogue s'établit entre le "makè "et le "dansè", évoquant tantôt la complicité, tantôt la lutte.
e) Les danseurs
L'espace danse est libre à toutes et à tous. Le danseur peut tout simplement sortir du public. Mais il doit savoir s'adapter au rythme joué et donner libre court à son imagination pour faire valoir sa faculté d'improviser et la souplesse de son corps tout en marquant la "rèpriz".
C'est en général lui qui mène la danse et lui que le "makè" doit suivre. Il est tour à tour remplacé par un autre danseur si bien qu'on ne s'en lasse jamais.
puisque l on parle de gwo ka, il y aurait pas des tites demonstrations sur paname ?? concert ?? nan ?? oui ??? peut etre ???
OUI OUI OUI
alors des concerts?
où? _________________ Volcréole étant une communauté ouverte, les messages à caractère raciste n'ont pas leur place ici! Merci !
Posté le: 09 Sep 2003 04:44 Sujet du message: le Gwo Ka
Bonjour,
Connaissez vous où on pratique le Gwo ka en région parisienne ?
- Quelque part où l'on peut prendre des cours de danse (comme la salsa actuellement...)
- Quelque part où l'on peut apprendre à jouer de ces 7 fameux rythmes
- Quelque part où l'on peut retouver une petite ambiance un peu léwoz
- Quelque part où finalement on pourrait retrouver ses origines...
Posté le: 09 Sep 2003 06:09 Sujet du message: le Gwo Ka
Je connai une association qui fait des cours de danses traditionnelles antillaises pour jeunes adultes , j ne sais pas si c exactement du Gwo ka mais cest vraiment dynamique et tres jolie à voir (une chose de sur ya deux personnes qui font du djembés avec le groupe de danseurs)
ce sont tous les vendredis soirs (sauf en periode de vacances) de 19h à 21h
Association Culturelle Soleil des Iles
20 rue du 8 Mai 1945 pavillon 7
78260 ACHERES
Tel : 01 39 11 34 44
Posté le: 09 Sep 2003 06:30 Sujet du message: le Gwo Ka
T'as l'assossiation TNT aussi qui joue au Gwo Ka le samedi AP dans un local aux environs de clignancourt...Par contre pas d'adresses sur leurs site...so, renseigne toi ou si qq a plus d'infos, qu'il prenne le relai... _________________ Ne pas cliquer ici!...Gwadayouth.com Tchèk li...Love is underrated!
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum