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des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter


 
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Koutcha
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 #1 Posté le: 17 Fév 2005 10:48    Sujet du message: des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter Répondre en citant

des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter
LE MONDE | 16.02.05 | 14h39
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Né à Port of Spain, sur l'île de la Trinité, ce genre mêlant musique, danse et pamphlet politique paraît aujourd'hui négligé. Mais le sens de la fête dont il est issu a du succès hors de sa terre d'origine, et de goguenards résistants pourraient marcher sur les traces du Buena Vista Social Club cubain
Port of Spain de notre envoyé spécial

"Keeping Calypso Alive !" Garder le calypso vivant. La devise est inscrite au sommet d'un mur de Port of Spain, capitale de Trinité-et-Tobago, sur lequel sont peints les visages de stars défuntes ou vivantes du calypso. Car cette musique, à cheval entre la politique, la danse et le carnaval, est née, au XIXe siècle, dans cette île des Caraïbes, dans cette ville où les immeubles modernes côtoient d'élégantes maisons victoriennes en bois.

Le public occidental a découvert le genre en 1956 avec un album entré dans la légende, le premier à avoir été vendu à plus de 1 million d'exemplaires aux Etats-Unis : c'était Calypso, d'Harry Belafonte, le lieutenant amoureux de la Carmen Jones noire dans le film d'Otto Preminger, en 1954.

Belafonte n'avait a priori rien à voir avec cette musique populaire au rythme chaloupé et aux paroles malicieuses. Ce militant politique, interprète de sucreries balancées telles que Matilda ou Banana Boat Song, est né à Harlem, d'une mère jamaïcaine et d'un père martiniquais. Les quatre albums de calypso qu'il enregistre dans les années 1950 insinueront les charmes caribéens dans les cœurs occidentaux. Et puis les déchaînements carnavalesques des steel bands - de grands orchestres de tambours faits à partir de fûts métalliques - induiront le sens de la fête dans un genre dont le génie fut d'abord politique.

Et pourtant, aujourd'hui, le calypso est si maltraité chez lui qu'il pourrait mourir, hormis pendant le carnaval. Il est boudé par la jeunesse trinidadienne, dont les goûts se tournent vers les Etats-Unis. Il intéresse peu le gouvernement de Basdeo Panday, du Congrès national unifié (UNC), parti politique issu de la communauté indienne, l'une des deux dominantes avec celle d'origine africaine, représentée par le Mouvement national populaire (PNM). Même si le calypso raconte l'histoire des îles sœurs.

Négligé chez lui, le calypso va-t-il s'imposer hors ses frontières ? En effet, un album et un film documentaire réalisés par Pascale Obolo doivent sortir en France sous le titre de Calypso@Dirty Jim's.

Le calypso garde quelques bastions à Trinité-et-Tobago, cette ancienne colonie britannique, indépendante depuis 1962, éclatée en deux îles situées au bout de l'arc caribéen, à quelques kilomètres des côtes du Venezuela. Il rayonne à Mardi gras, joué par les steel bands. Il est aussi à la base de chansons célébrissismes, telle que Rum and Coca-Cola, dont les paroles rappellent son ancrage politique : "Rum et Coca-Cola, en travaillant pour le dollar américain."

Le calypso le moins édulcoré se joue dans le quartier de Barataria, où se trouve le 3rd Avenue Recreation Club, un bar de dimensions modestes. Des troubadours à la rime agile entretiennent cette musique en dehors du carnaval. Rhums et bières défilent dans une ambiance bonhomme.

COMBATS DE BATONS

De vieux renards à l'œil canaille distribuent à l'assistance le miel et le piment du calypso, version unplugged, sans sono. Ces résistants goguenards constituent le dernier carré de grands calypsoniens. Ce sont eux que l'on retrouve sur le projet Calypso@Dirty Jim's. Ce titre évoque un ancêtre des bars à calypso, le Dirty Jim's Swizzle Club, ouvert après-guerre par un soldat américain dans une ancienne fabrique de rhum ; c'était le premier établissement fréquenté à la fois par les Noirs et les Blancs.

Ces gloires du calypso rêvent de bâtir une version trinidadienne du Buena Vista Social Club. Mais, contrairement à Cuba, Trinidad, grâce à ses ressources pétrolières et gazières, n'a pas nécessairement besoin d'exporter sa musique pour se fortifier.

Gordon Roeler, professeur à l'université des West Indies, auteur d'ouvrages de référence, reçoit sur sa terrasse, encerclée de plantes et de fleurs où s'égaillent des colibris. Il évoque les combats de bâtons, très répandus jusqu'au début du XXe siècle. "Ces combats étaient accompagnés de battements de tambours, de chants, de litanies sous forme d'appel et de réponse. Ces musiques ont formé la base du calypso, notamment du calypso de type "road march" joué au carnaval."

On trouve ici le ferment politique du calypso. Appâtés par la Cédule de colonisation, un décret pris en 1783 par les Espagnols, alors maîtres du pays, les planteurs des Antilles françaises s'installent à Trinité, bénéficiant de terres d'une surface proportionnelle au nombre d'esclaves qu'ils amenaient avec eux. Aux tambours s'ajoute la poésie du menuet français. "Ils ont totalement modifié la structure rythmique d'origine, et le bèlè est devenu l'une des racines du calypso narratif", explique Gordon Roeler.

"Les calypsoniens utilisent les mots comme des armes, ce sont des guerriers", ajoute Lord Superior, l'un de ces as du calypso réunis dans Calypso@Dirty Jim's. Leurs sobriquets en attestent : Mighty Terror, Lord Superior, Mighty Bomber, Attila The Hun, The Roaring Lion (le Lion rugissant). Lors des compétitions, chaque rival terminait son improvisation en lançant, comme un couperet : "Sans humanité", signifiant "Je t'ai eu, tu es mort."

Les calypsoniens sont avant tout des maîtres de la rime qui racontent les expériences de la journée, commentent des faits politiques et sociaux, les rencontres amoureuses aussi. Au 3rd Avenue Recreation Club, Lord Superior, Mighty Bomber et Relator se livrent au jeu favori des calypsoniens, l'"Ex-Tempo", un terme issu de l'anglais to extemporize,signifiant "improviser". Cette pratique remonterait à l'origine du calypso, pratiquée dans les tents, des tentes soutenues avec des bambous, situées dans les arrière-cours des maisons.

"LES INFOS DU PAYS"

La tradition de l'"Ex-Tempo" perdure à l'époque du carnaval. Les chanteurs s'y affrontent sur une scène. On tire au sort, dans un chapeau, le thème à développer. Suit une joute verbale accompagnée par un orchestre. Les sujets sont nombreux. "Le calypso, raconte Relator, est une base de données sous-utilisée des infos du pays. En fait, le rôle du calypsonien consiste à la fois à divertir et à faire réfléchir." Ce que ne contredira pas la pétulante Calypso Rose, installée, comme Mighty Sparrow, aux Etats-Unis, et qui interprète Rum and Coca-Cola dans Calypso@Dirty Jim's.

Lord Superior, chemise blanche et feutre noir, raconte : il avait 17 ans en 1955, lorsqu'il a vu pour la première fois Mighty Sparrow, le "Calypso Monarch", roi du calypso aujourd'hui installé aux Etats-Unis. Toujours sous le choc, cinquante ans plus tard, il reprend pour Calypso@Dirty Jim's l'un des tubes de son maître, Jean & Dinah, un calypso célébrant le départ des soldats américains après la fermeture des bases militaires en 1941.

Mighty Bomber, costume et cravate impeccables, se souvient d'avoir gagné, toujours en 1941, sa première compétition de calypso. Il vit aujourd'hui à Laventille, un quartier planté au-dessus de Port of Spain, réputé peu sûr, avec ses "bad boys" aux aguets quand une voiture vient s'y garer. A ses côtés, Relator, cabotin beau parleur, né en 1948, chante Radio Station, l'un de ses anciens titres dans lequel il pointe la négligence grave de Radio Trinidad, qui "oublie" de programmer la musique du pays.

Patrick Labesse


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A entendre, à voir, à lire


LE PROJET CALYPSO@DIRTY JIM'S

Un CD et un DVD :

Sur le CD, quatorze classiques du calypso sont interprétés par Bomber, Relator, Mighty Sparrow, Lord Superior, Mighty Terror, Calypso Rose, accompagnés par l'orchestre de Syl Dopson, joueur de cuatro (guitare à quatre cordes).

Le CD est vendu avec un DVD bonus contenant des extraits du film documentaire Calypso@Dirty Jim's, disponible en DVD à partir du 5 avril. Ce documentaire musical sur le calypso, réalisé par Pascale Obolo, a été tourné en marge du carnaval de Port of Spain. On y trouve des images d'archives, scènes de rue, témoignages et entretiens dont ceux des artistes ayant participé à l'album.

Ce film doit être diffusé le 16 février à 20 h 45 sur la chaîne câblée Planète. CD et DVD sont disponibles chez Virgin/EMI.

Un concert :

La troupe de calypsoniens de Calypso@Dirty Jim's doit se produire à Paris, le 13 avril, au Cirque d'Hiver, 110, rue Amelot, Paris-11e ; tél : 01-47-00-28-81.

POUR DÉCOUVRIR LE CALYPSO

Disques :

- La compilation Socattack regroupe quelques-unes des vedettes actuelles de la soca (genre dérivé du calypso) à Trinité, dont Shurwayne Winchester, Destra et Scrunter. 1 CD Virgin/Emi.

- Roaring Loud, Standing Proud, de Roaring Lion. Roaring Lion a été, avec Lord Pretender et Lord Kitchener (tous trois sont disparus), un des pionniers du calypso. Né en 1908, il est l'auteur d'un ouvrage (Calypso from France to Trinidad) dans lequel il développe une théorie selon laquelle le calypso viendrait de France et de la tradition des trouvères du Moyen Age. Il est l'auteur du titre, très machiste, Ugly Woman, interprété par Bomber dans Calypso@Dirty Jim's. 1 CD Import.

- Vigilance, de Mighty Sparrow : cette compilation regroupe quelques-uns des titres les plus "engagés" du musicien, tels que Isolate Racist South Africa, Trini-Political Change (One Love One Heart, Time to Stop Racism) et Democracy in Haiti.

- 1 CD Import : Day-O (North Star), d'Harry Belafonte. Une sélection de succès. 1 CD Import.

Livres (en anglais)

- Kaiso - A Short History of Trinidad Calypso, de Raymond Quevedo, St Augustine, University of the West Indies, 1983, 205 p. Raymond Quevedo (1892-1962) est plus connu sous le nom d'Attila The Hun, une grande figure du calypso. Elu au conseil législatif en 1951, il mit fin à la censure frappant le calypso à partir des années 1930.

- Calypso and Society in Pre-independence Trinidad, de Gordon Rohler, Port of Spain, Lexicon, 1990, 613 p.Un ouvrage très érudit écrit par un universitaire enseignant la littérature caribéenne à l'université des West Indies à Trinité.

Sites Internet

www.lameca.org : dossier "Le Calypso et les steels bands", sur le site de La Médiathèque caraïbe Bettino Lara (Lameca) de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), une approche passionnante, réalisée par Aurélie Helmlinger.



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"Rum and Coca-Cola", volée et restituée


Rum and Coca-Colaest un des titres les plus fameux du calypso. Son destin est chaotique : en septembre 1943, l'animateur Morey Amsterdam, venu à Trinité-et-Tobago divertir les troupes sur la base américaine de Chaguaramas, entend par hasard le chanteur Lord Invader interpréter cette chanson. Il la retranscrit sur un carnet et, de retour aux Etats-Unis, la dépose sous son nom, dans une version édulcorée. Celle d'origine pouvait fâcher, Lord Invader évoquant une prostitution déguisée de mères et de leurs filles avec les soldats américains. Morey Amsterdam a vendu la chanson aux Andrew Sisters qui, en 1944, en font un tube. Après une bataille juridique de plusieurs années devant les tribunaux américains, Lord Invader a obtenu reconnaissance de ses droits.

Cette histoire ne figure pas sur le site officiel des Andrew Sisters (www.cmgww.com/music/andrews/). Dans le projet Calypso@Dirty Jim's, Calypso Rose interprète un mix des deux versions.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.02.05
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maly971
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 #2 Posté le: 18 Fév 2005 11:17    Sujet du message: des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter Répondre en citant

La meilleure façon de s'exporter c'est qu'un artiste bien connu fasse un tube ac un groupe calypso et c'est bon la France adan!!!
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 #3 Posté le: 18 Fév 2005 13:30    Sujet du message: des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter Répondre en citant

Les Baha Men sont devenu célèbre grace à leur tube "who let the dogs out" .Mais c'est la reprise d'une chanson d'un certain Anselm Douglas de Trinidad & Tobago. Les Trinidadiens sont fachés car ce n'est pas un groupe de chez eux mais des Bahamas qui a fait le tube.
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 #4 Posté le: 18 Fév 2005 14:10    Sujet du message: des Caraïbes, le calypso rêve de s'exporter Répondre en citant

moi ça me ferait ch... que la prochaine musique à la mode soit le calypso... déjà qu'à trinidad c'est du hyper commercial (enfin, surtout la soca du carnaval........) si il faut qu'ils créent des morceaux juste pour s'exporter, sérieux, ça me ferait de la peine !

calypso : prochain sur la liste de la musique kleenex ?

sérieux, c'est trop triste !

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