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lettre d'un pere!

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Discussion générale: lettre d'un pere! La date/heure actuelle est 19 Sep 2019 23:23 
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   Article posté par ppm39 le 25 Septembre 2004 à 13:44  S'abonner au Flux Rss Discussion générale: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

Lettre ouverte

à


Mesdames et Messieurs les Élu –es

et les

Gestionnaires de la République.





À la suite du décès tragique de notre fils Sébastien Jolet, je me permets d’attirer votre attention ; vous, l’Élu e, le Politique, le Gestionnaire de la République sur quelques aspects de la quotidienneté des ultramarins en métropole. Vous n’êtes pas, je sais, insensibles aux difficultés qu’ils rencontrent. Vos interventions le prouvent bien que, dans votre département ou territoire, vous devez faire face aux préoccupations locales d’une certaine acuité (distance et pérennité du développement économique notamment). À ces difficultés existentielles s’ajoutent celles du « Vivre ensemble » dans une république laïque où cohabitent des confessions religieuses multiples, le tout dans un monde en crise sociale sur fond de guerre (de confrontation interpénétrée d’impérialisme et de religiosité).

Sébastien est né en métropole en 1973. Ses parents sont nés et ont grandi dans la Martinique toute fraîchement « départementalisée ». Tous les espoirs étaient permis, mais…

La disparition d’un être cher dans des circonstances hors norme nous questionne sur les forces et les interactivités qui les induisent. C’est une douleur/déchirure telle que parfois la conscience vacille, se déroute voire même se délite dans le no man’s land de la mémoire individuelle. La recherche et l’analyse des causes (gradation) sont autant de repères auxquels on se raccroche et qui sauvent peut-être de l’abandon par la Raison. S’il importe de se résoudre à une disparition, comment accepter les atteintes à l’intégrité physique d’un être humain, ces actes barbares dénués de tout fondement ? Comment « gérer » ces images de souffrances d’un enfant torturé, effroyablement battu, lardé de coups et laissé pour mort, ceci exécuté dans une danse en réunion diabolique et sanguinaire où chaque coup vaut pour extermination, et que l’âge, la situation sociale accroissent le poids de la réprobation ?

Vous comprendrez bien que rien ne peut consoler les parents auxquels l’enfant, le membre de la famille a été sauvagement soustrait. Et dans cette situation, il n’y a ; ni Blanc, ni Noir, ni Jaune, ni Rouge et quelle qu’autre couleur que ce soit ; ni Juif, ni Athée, ni Catholique, ni Musulman, ni Bouddhiste et j’en passe mais des Êtres humains dans leur plénitude. Il faut une véritable surdose d’amour de l’Autre pour dépasser les instincts grégaires de l’homme, et, qui vous évite le rang de ceux-là même que nous combattons. Vous aurez compris que la haine, la vengeance ne sont génératrices d’Humanité.


Des solutions existent, encore faut-il que le courage et la volonté politique ne se dédouanent.

Elles existent ; parce que Notre Histoire est trop riche en évènements et que la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen est inscrite et portée au cœur de nos institutions nationales, européennes pour laisser perdurer des rapports qui ravissent les humains de la vie citoyenne mondiale ; parce que nul ne peut venir à bout de la volonté d’existence, sauf si on y commet des génocides successifs en les faisant sous-traiter par l’élite du pays ciblé. Elle trouvera suffisamment de sicaires et autres mercenaires sanguinaires ainsi qu’aide et assistance nécessaires pour ce faire ; parce que la haine, le mépris, le racisme, les préjugés de couleur, de race sont antinomiques, anti-constitutionnels forcément contraires à la nature même de l’Humanité ; parce que l’accession à la citoyenneté ne doit se résumer à ce macabre monopoly social ou le patronyme, le prénom, la religion, la couleur de la peau, le faciès quoi, synonymes de traque, de bavures même, (et nos compatriotes n’en sont pas exemptés) font loi et que la case prison ne doit être considérée comme un passage obligé à … l’intégration ; parce que les Français, sous le prétexte poli de ne pas avoir la couleur qui sied, ne peuvent vivre : dans un labyrinthe de mépris où les qualificatifs péjoratifs valent pour ceux qui les profèrent, dans un univers de suspicion qui rappelle étrangement les relations Maîtres / Esclaves, dans une opacité citoyenne dont la publicité des faits divers est assurée selon le bénéfice qu’il rapporte aux organisations qui en font leur fond de commerce.

Oui, elles existent parce que l’amnésie est contraire aux fondements de la République, la politique de l’autruche n’éloignant les dangers et encore moins les attentats à la personne humaine.

Face à l’hypermnésie des enfants des descendants d’esclaves et/ou des déportés, car nul ne doit oublier leurs souffrance et sacrifice, face à cette volonté affirmée de ne pas retomber dans la négation de l’être humain, certains opposent l’encadrement des manifestations associatives, des opérations ciblées à leur encontre... Mais, ceux-là qui oppressent ou dénigrent sont, pour partie, les descendants de ceux qui, jadis, « cassaient » du Noir, des Rouges, des Jaunes, des Arabes au nom de l’Empire, de la Royauté, de la République alimentant en cela un triste cercle vicieux.

L’apparition des doctrines raciales.

Les doctrines raciales auraient fait leur apparition dès le XVIème siècle. Selon Hannah Arendt, la pensée raciale prendrait sa source du mélange des « vieux conflits nationaux et de conflits impérialistes nouveaux » qui ont provoqué la Première Guerre mondiale et le racisme, son importance, lors de la réalisation du « nouveau corps politique de la nation » par les « populations européennes » en niant zones géographiques, langues et cultures. Depuis, la pensée raciale « n’a cessé de planer comme une ombre au-dessus du développement du concert des nations européennes, pour devenir finalement l’arme redoutable de la destruction de ces nations. »

Des hommes d’État ont prôné des politiques de développement économique au mépris des Droits de l’Homme reconnus et acquis dès 1789 (abolition du servage). Ils ont même trouvé soutien parmi les religieux. La Convention (février 1794) ratifie l’abolition de l’esclavage acquise en 1793 à Saint-Domingue, (certaines colonies, vendues à l’ennemi anglais jusqu’en 1815, en seront exclues). Napoléon, l’artisan de la remise aux fers de 1802, est contraint d’abolir la traite en 1815 que Louis XVIII confirmera en juillet. Cette mesure ne sera pas appliquée sous la Restauration. Il est vrai que la conférence de Vienne (1815), où le Vatican faisait antichambre pour participer au remodelage du monde, laissait ces mesures à l’initiative (discrétion) des États participants (au 21ème siècle, aidée de l’église orthodoxe grecque, de la Pologne, l’Espagne et du Portugal, elle fait pression pour que soit mentionné, dans le préambule de la Constitution européenne : « les racines chrétiennes de l’Europe »). Le Portugal en profitera pour esclavagiser jusqu’en 1888 au Brésil avec les capitaux privés anglais, (abolition de la traite anglaise, 1807).

L’abolition définitive de la traite et de l’esclavage est proclamée en 1848 après les nombreuses mobilisations : de la Société de la morale chrétienne contre la traite (1821), de la Société française pour l’abolition de l’esclavage (1834), de pétitions : 7 000 signatures en 1844, 11 000 en 1847. Ces actions entraînent la loi Mackau pour « l’adoucissement de l’esclavage » en 1845 et l’année suivante, l’affranchissement des esclaves des domaines royaux par Louis-Philippe.

Chasser le naturel. L’esclavage renaît sous les auspices des conférences de Berlin et Bruxelles (1885 – 1889). L’objectif officiel : le combattre, l’officieux « se tailler » des zones d’influence. Le travail forcé et les villages de liberté alimentent l’odieux trafic tandis que le Code de l’indigénat (1881) comme son prédécesseur, le Code Noir (1685), maintient les indigènes sous le joug de l’indignité.

Roye - 26 août 1792.

Devant l’Assemblée primaire des citoyens, François Noël Babeuf dit Gracchus (1760-1797) réclame l’obligation et la gratuité scolaire en ces termes : « Pour maintenir cette égalité de droits entre les riches et pauvres, il faut donner à chacun d’eux la même éducation, car si, vous laissez l’éducation exclusivement sous la main du riche, il primera toujours sur le pauvre, lui seul pourra occuper les emplois, et les hommes ne seront point égaux en droits. - Les connaissances humaines sont une propriété nationale ; en conséquence, l’État doit une même éducation gratuite à tous ses membres jusqu’au point de les mettre tous à portée de pouvoir remplir les différents emplois du Gouvernement. »

Jules Ferry (1832 -1893).

Il reprend ces idées à son compte et instaure : l’obligation, la laïcité et la gratuité de l’enseignement primaire (1882) sous son ministère de l’Instruction publique (1879-1883). Mais voilà, Ferry est un partisan de la colonisation par la civilisation et rien ne l’arrête quand, pour porter les lumières aux confins du monde, il argue du « droit des races supérieures vis-à-vis des races inférieures » défiant Camille Pelletan de « soutenir jusqu’au bout votre thèse qui repose sur l’égalité, l’indépendance, la liberté des races inférieures » (chambre des députés mars 1884 & juillet 1885), en Asie, on transformera cela en « lignées supérieures et inférieures ». Ainsi la perpétration des crimes et autres animalicides coloniaux y trouvera légitimation. La démesure de la conquête du Tonkin sera son enfer et sa déchéance politique.

Bonaparte, dont le racisme n’a d’égal que la méthode d’extermination, ne supportait pas l’idée que l’on prêchât « la liberté des Noirs ou des Arabes » (expédition d’Égypte, 1798-1799), car si cela l’eût été « nous vous eussions pendu au plus haut d’un mât » en réponse à l’un de ses conseillers. C’est d’ailleurs le sort que réserva Rochambeau, porteur de la liberté républicaine dans les colonies, au général Maurepas, pourtant son ami, qu’il avait attiré dans un piège … amical. C’est vrai le consul avait ordonné : « les Noirs devaient être éliminés ». Et puis, « je suis pour les Blancs parce que je suis blanc. Je n’en ai pas d’autre raison et celle-là est la bonne. Comment a-t-on pu donner la liberté à des Africains, à des hommes qui n’avaient aucune civilisation, qui ne savaient seulement ce qu’était la France ? » pour fustiger les anglophobes, (conseil d’état du 12 mars 1803).

Un nouveau territoire.

Saint Domingue perdue, l’Algérie sera le nouveau territoire de prédation et d’exactions pour « se refaire ». Le maréchal Clauzel, ex adjoint de Leclerc (expédition de Saint Domingue, 1802) et vaincu (par des Noirs ! crime de lèse-dieu mal vécu par les généraux français et que le général Debelle ne pardonnera pas), est un partisan de la colonisation par le peuplement. Voici l’occasion d’une revanche. L’amertume de la défaite l’avait conduit en Alabama où il s’exerça comme planteur esclavagiste de 1816 à 1820. Gouverneur de l’Algérie (1835 -1837), il s’arroge, d’entrée de jeu, de vastes étendues de terre et est l’auteur des premiers massacres de prisonniers et de civils. Le crédo du maréchal Bugeaud (1784-1849) : « enfumez-les comme des renards » fait force de loi. Les militaires exécutent ordres, prisonniers, civils, bétails égorgeant au possible, pillent, razzient au nom de la France avec le silence poli des colons qui, partis dès 1848, ne sont que les « révolutionnaires proscrits, d’anciens des ateliers nationaux et des survivants des Journées de Juin » avec la même sauvagerie de ces peuples antiques dont certains ne veulent y voir qu’une seule face de leur médaille. Les généraux Le Roy de Saint Arnaud, De Montagnac, Lamoricière… recevront honneurs et médailles. Même, le nom de Clauzel sera gravé à l’Arc de triomphe !

Victor Hugo qui soutenait ces conquêtes tout comme il vantait les « soldats de l’Empire » rapporte les confidences du général Le Flô du 16 octobre 1852 : « dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreilles aux femmes et les oreilles avec, ils leurs coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux. » Dans cette atmosphère de sang et de fureur, où l’idée d’humanité ressemble au nuage de Tchernobyl contournant nos frontières, chacun donnait libre court à sa barbarie. Renan dans ses Discours philosophiques (1877) estime que « le but poursuivi par le monde, (…) doit être de (…) créer des dieux, des êtres supérieurs, que le reste des êtres conscients adorera et servira, heureux de les servir… Une autorité pourrait bien avoir un jour à sa disposition l’enfer, non un enfer chimérique, de l’existence duquel on n’a pas de preuve, mais un enfer réel… L’être en possession de la science mettrait une terreur illimitée au service de la vérité… Quiconque y résisterait, c’est-à-dire ne reconnaîtrait pas le règne de la science, l’expierait sur le champ… Toute méconnaissance de sa force [celle de la raison] serait punie de mort immédiate… » Et notre très catholique Renan de réclamer pour la République « un plébiscite de tous les jours ». Joseph Arthur, comte de Gobineau (1816-1882) fut prié de présenter en Allemagne sa thèse de l’Essai sur l’inégalité des races humaines (1853-1855). Les théoriciens allemands en firent un certain usage d’une traçabilité effroyable.
La départementalisation en 1946 (son alter égo : la décolonisation, 1958 à 1962) porteuse d’espérances a laissé un goût étrange. Celui de la découverte que l’Égalité pouvait être agité comme un hochet. Alain Peyrefitte rapporte les propos d’un De Gaulle irrité que l’idée de fusion, de l’intégration qui à abouti au « Vive l’Algérie française » prononcé sur le Forum lors de sa visite, n’est qu’une « élucubration abracadabrante des colons d’Algérie et de quelques colonels acquis à leur cause » faite sur son dos. « C’est bien, poursuit-il, qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et de religion chrétienne. » Le gouverneur de Gueydon déclarait déjà en 1872, qu’accorder la naturalisation automatique aux Algériens c’est risquer de créer « d’un seul coup deux millions de citoyens au milieu desquels la citoyenneté française serait étouffée. Que deviendrait alors le principe de base de notre domination ? ».

Des décennies plus tard, en ce lieu chargé d’histoire qu’est Haïti d’aujourd’hui, lors de la célébration du bicentenaire de la Révolution française (1989), un Haïtien s’est vu répondre, par un membre de la mission française au sujet du remboursement de la dette, que si le travail avait été correctement fait, il n’en serait pas là à en parler, ceci dénotant cela, évidemment. Le paradoxe veut que Bolivar ait d’avantage de crédit en France que Toussaint Louverture qui fut le modèle par excellence pour la libération des peuples de la tyrannie de tout le bassin caraïbe. Car de mémoire d’humain, jamais un peuple d’esclaves n’avait créée de République humaine. L’on retient le négatif parce que Noir mais pas les mensonges et trahisons de Leclerc. On retient mieux Jefferson président mais pas l’utilisation du Noir pour son accession et son maintien à la présidence des U. S. A. et encore moins le refus de voir Cuba libéré par des Noirs, il est vrai que Cuvier et les autres avaient commis l’irréparable : le préjugé scientifique. Or, pour José Martí « L’âme émane pareille et éternelle des corps différents de forme et de couleur. »

Quelques actes de violence en bref et concernant le citoyen sans distinction.

2001 - « Cédric (15 ans), victime innocente de la guerre des bandes » pris par erreur et tué d’une balle dans la tête le 28 février par deux jeunes âgés de 21 ans à Villejuif.
2002 – Septembre, Jean-Marie Ratchel guadeloupéen, vient au secours de son fils assailli, par les gardiens de la paix et les policiers de la BAC en renfort, devant son pavillon à Villepinte (près d’Aulnay). Il est immédiatement frappé, jeté par terre malgré les protestations des voisins atterrés et informant de son état de santé : cancéreux cathéthérisé. Priés de circuler, il subit les violences qui abrègeront sa vie. Depuis on assiste aux tentatives de classement du dossier.
2002 - « Repose en paix mon frère », « On ne t’oublie pas » et la date du 21 décembre 2002 rappèlent le drame d’Aviano 17 ans, battu à mort dans l’allée piétonne de Vauréal. Il a eu le malheur d’être habitant d’une « commune rivale ». Le jeune étudiant sans histoire s’est entendu dire « Tu es de Jouy, il va falloir assumer. » Il ne se relèvera pas d’ « une pluie mortelle de coups », « ce terrible passage à tabac : coups de pieds, coups de poings, coups de bâton ». Laissé pour mort au milieu de l’allée, « l’un des agresseurs lui vole ses chaussures ». Quinze suspects âgés de 23 ou 24 ans, des adultes, seront arrêtés une semaine plus tard.
2003 - « Mis en examen pour « assassinat », il reste libre » contre l’avis du parquet et de la magistrate en charge de l’instruction. Les faits se sont déroulés vers 22 heures dans le petit bistrot de la rue Raymond-Losserand (Paris 14) où Franz Lozon a été exécuté « de cinq balles de calibre 7.65, quatre au thorax et une à la tête » alors qu’il était accoudé au comptoir un 18 octobre.
2004 - « L’interpellation mouvementée des Mureaux : affaire classée ». Pour le procureur de Versailles les lésions relevées « n’ont eu aucun rôle dans le mécanisme du décès » tandis que les médecins laissaient à Jean-Luc Fatol, d’origine réunionnaise « plus de six mois de vie avant cette rencontre » fatale avec la police. « J’ai voulu expliquer aux policiers que mon fils (Thomas 16 ans) n’était pas un délinquant, mais l’un d’eux m’a donné un coup de matraque sur la tête avant de me plaquer au sol et de me mettre les menottes. Je suffoquais. Mon fils leur a dit que j’étais malade, toutefois j’ai été emmené manu militari par la vingtaine de gardiens de la paix présents sur les lieux. » Conclusion, il y a eu « rébellion ».
2004 - Un réunionnais traverse la rue hors les clous, il se fait d’abord insulter, puis gifler et violenter par des policiers. Il en ressort de cette affaire traumatisé et stérile.
2004 - « Un gendarme empêché de porter plainte contre des policiers » est menacé de poursuite pour outrages, par le procureur adjoint Paul Pierson, s’il persiste dans sa démarche. Du statut de victime, il rétrograde à celui de coupable. « Avoir un uniforme ne donne pas tous les droits » martèle le gendarme qui après les claques et l’intervention des policiers de la BAC, le 8 juin dernier, se retrouve les poignet et gorge toujours endoloris avec de nombreuses contusions et une ITT de quatre jours.
2004 - « Ibrahim, 6 ans, tué par une balle perdue et aussitôt oublié » victime du tir d’un voisin policier le 26 juin (Paris 19ème). En nettoyant son arme, le coup est parti, traverse la cloison du HLM et atteint en pleine tête le petit Ibrahim. Son frère de 2 ans a été également touché à la cuisse. Ibrahim meurt le 1er juillet dans l’indifférence générale.
2004 - « Un ado de 15 ans (Mohamed) tué à coups de batte de base-ball » asséné par un homme de 49 ans devant le super marché de la cité Pablo-Picasso (Nanterre), le 16 août. Un coup à la tempe gauche, un coup à la gorge, « le petit était à terre, tout tremblant et complètement choqué » raconte un quadragénaire.

À cela il faut rajouter les attentats antimaghrébins en Corse, les profanations de cimetières juifs et musulmans, les actes racistes, antisémites, les « phinéatiques », les agressions des handicapés, des homosexuels, des SDF, les viols, les reconduites à la frontière, les séparations contestées d’enfants de leurs parents, les « zones d’ombres » des zones d’attente, les arbitraires, les arrestations musclées, les bavures … au milieu d’une certaine indifférence que la presse relate mais … À vrai dire, quand il s’agit des Non-Blancs, elle procède de l’histoire du pays. Il ne peut, pour les Noirs, y avoir de désamour puisqu’il n’y a jamais eu d’amour. Cette distance (encore) remonte du temps des débats coloniaux de la Révolution française. Comment faire passer le message que les colonies sont bonnes pour la France, si ce n’est par ce média dont les planteurs esclavagistes ont de suite repéré l’utilité et l’efficacité surtout ? Si la morale des Plaideurs (Ésope - La Fontaine) met en garde contre les jugements de cour qui, quelque soit votre fortune, vous rendent blancs ou noirs, on peut à l’inverse dire que, comme vous êtes Noirs, vous ne pouvez en sortir blanc. Alors, mieux vaut ne pas en parler !

Cette déferlante de violence renvoie aux temps où l’acharnement exprimait l’angoisse, le ras-le-bol de ces guerres qui n’en finissaient point (le terrorisme a encore de beaux jours) et contre l’étranger. Le traité de Westphalie (fin de la guerre de Trente ans, 1648) est l’occasion de concevoir les règles assurant le respect des combattants. La fondation de la Croix Rouge par Henri Dunant (1863) viendra au secours des blessés et victimes des guerres.

Et pourtant, il y fait bon vivre la banlieue.

Comment « Vivre ensemble » si le respect de l’Égalité n’est pas le fer de lance de toute politique ? Comment concevoir que les banlieues soient les arrière-cours d’une République qui parle d’intégration alors qu’elle produit la pire des gangrènes : le communautarisme. Ce piège sociétal qui fait le jeu des intégristes de tous bords, des politiques répressives et devient une nasse dans laquelle sont piégés des humains dans un consensus national. On ne peut concevoir que la citoyenneté y soit un maquis de classes sociales différenciées, que sous-tend le double langage officiel où, des populations parquées, ces îlotes, sont renvoyées (communautés de peuplement, terrain d’expériences policières et de maintien de l’ordre) à de tragiques confrontations.

Elles (les banlieues) jouissent, bien entendu, d’une publicité discriminante qui fait que les C.V. ont plutôt tendance à passer au broyeur qu’à l’ordinateur, forçant les plus courageux à user de ruses de Sioux pour assurer leurs prérogatives sociales. Parfois, elles flambent sous des impulsions dont les causes relèvent d’avantage de la « voyoucratie » que de problèmes de personnes tant que les codes sont respectés. Mais classées dans une hiérarchie de « zones de non-droit », les chances de sortie seraient assorties à l’application de la discrimination positive. Au pays de l’Égalité, nous ne sommes pas à une trahison près de l’idéal républicain.

Peut-on condamner des espérances humaines dès lors que, dans un monde de bruit et de fureur, la frontière entre humanité et barbarie devient de plus en plus mince ? Les esclaves de Sicile se sont ralliés à Aenius (112 av. J.-C.), ceux de Saint Domingue à Boukmann (1791). Les modernes reviennent aux sources fondamentales pour le malheur de tous. Nous l’avons vu, la Raison (Révolution française) en laissant de côté, pour des raisons diverses, son objectif laïc a fait place au retour du religieux à l’école. Aujourd’hui, le débat est soulevé par le voile, cette affaire ostensible.

Faut-il s’en prendre au Politique, le seul investi des pouvoirs de régulation pour harmoniser la vie commune ? Gardien intraitable de la triade des valeurs républicaines : Liberté, Égalité, Fraternité, sa praxis ne doit, ne peut s’accommoder d’aménagement si ce n’est : la tolérance zéro. Dans cette lutte à mort pour le pouvoir le gagnant est celui qui reste en lice. Alors à coup de slogans et de mises en scène, « le produit » se vend au plus offrant, le summum du déni est atteint, qu’on le veuille ou non, dans cette « « France d’en-haut » et cette « France d’en-bas ».

Dans ce jeu de l’absurde, la République offre malheureusement peu d’espace. En occultant volontairement « la dimension conflictuelle et douloureuse » de son passé colonial elle contribue à jouer des masses populaires par « communautés » interposées. Contre la tyrannie et l’exception, la République a opposé l’égalité et le droit mais par un tour de passe-passe, elle a réalisé un territoire en deux zones distinctes ; l’une souveraine et l’autre coloniale. Si elle fait jouer le principe de l’égalité dans ses territoires où le soleil ne se couche jamais, c’est toujours sous réserve de la légitimité des colons (Békés aux Antilles). L’Algérie n’échappe pas aux pratiques des Assemblées coloniales aux mains des planteurs colons aux Amériques.

1865 – 14 juillet : le senatus consulte précise que « L’indigène musulman est français ; néanmoins il continuera à être régi par la loi musulmane. […] Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français ; dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France ».
1866 – 27 décembre : des conseils municipaux sont créés par décret. Ils sont élus par quatre collèges séparés : français, musulman, juif et étrangers européens ; les Français disposent des 2/3 des sièges ; dans les « communes de plein exercice », les adjoints au maire sont indigènes.
1870 – 24 octobre : les juifs des trois départements obtiennent la nationalité française par le décret Crémieux, les musulmans en sont exclus.
1946 – 5 octobre : l’article 39 de la loi crée des « citoyens de statut français » et des « citoyens autochtones » en deux collèges séparés.
1947 – 27 août : confirmation des deux collèges distincts dans un « groupe de départements » à « organisation particulière » qui peut adopter une « réglementation locale ».

Adolphe Crémieux (1796-1880) est avocat et occupera le ministère de la justice en 1848 et 1870. La Constitution de la IVème République (1946) reconnaissait la qualité de citoyens français à tous les ressortissants outre-mer.

Milscent, colon dissident (1797) confirmait déjà : « qu’on ne s’y trompe pas : nul colon, ou presque nul, non plus que les nobles, ne pourra supporter l’idée de l’égalité, et la réduction des richesses excessives dont il jouissait au préjudice du peuple souverain. […] Ils ne seront jamais révolutionnaires pour les colonies. » Le Club Massiac servait à préserver leurs intérêts sous l’autorité d’un Moreau de Saint Méry, lui-même propriétaire à Saint-Domingue et représenté par le plus réactionnaire des hommes en soutane : l’abbé Maury.

Aujourd’hui.

La situation n’a changé qu’en apparence. Le développement économique de l’outre-mer souffre de ce jacobinisme résistant d’une Vème République à bout de souffle. Brandir les menaces, jouer du répressif, brider le développement géo-environnemental découlent du monopole de l’Exclusif. En ces lieux idylliques, le taux de création d’entreprises est aussi élevé que celui du dépôt de bilan, un paradoxe ! Pas vraiment. Cette situation profite aux entreprises européennes « en difficulté de trésorerie ». Les plans de défiscalisation successifs y remédient admirablement, depuis les Romains, rien n’a vraiment changé sous le soleil. Les problèmes demeurent ; les tarifs aériens, les droits et primes diverses déniées ou escamotées légalement, etc… Aux revendications, la sourde oreille mais, les « gaulois de couleur » n’ont qu’à bien se tenir. De toutes les façons, leur chance (les Antillais) c’est la France disait le général. Sur ce point, certes, il peut ne pas y avoir de contestations alors pourquoi un traitement différentié.

Les citoyens se retrouveront toujours dans un projet sociétal global, s’il prend en compte l’homme dans l’évolution de la structure : l’État. Mais, cette reconnaissance doit s’accompagner de l’obligatoire devoir collectif de mémoire, un véritable trou noir. Le débat politique qui peine à reconnaître la diversalité culturelle joue lui-même sur l’ambiguïté et les silences sont à ce point révélateur. Le décret d’application de la loi de 2001 est une arlésienne de même que celui de février 1794 (seule la Guadeloupe en bénéficia). La Ière République a plié devant le patriotisme du gain des colons : la continuité de l’esclavage oui ; la liberté, non.

La qualité des rapports administrateur/administré est un indicateur de santé d’une société. Marie L. invente une vraie histoire fausse : elle a été agressée par « quatre Maghrébins et deux Noirs », la poussette du bébé a été renversée dans l’indifférence générale. Un engrenage politico-médiatique piège le premier homme de la Nation au dernier coursier. Il est en permanence alimenté par flashes, interventions, débats, communiqués, « coups de gueule » enfin la totale. Horreur ! Elle a menti : c’est une mythomane.

Pas si tant que, quoique. Elle n’a fait que renvoyer à chacun son image réflexe dans une société où la vie d’un être humain semble ne plus rien valoir. Les visions de fin de 19ème siècle, prélude aux horreurs du 20ème , se sont bousculées à la mémoire. Et si elle était de confession juive ? Pendant ce temps, avant et après cela, il y eut des meurtres de citoyen, malheureusement, ceux-là ne rentrent pas dans la norme requise. Triste quand la relation citoyenne est basée sur l’origine ou la couleur, l’exception française, me direz-vous.

Nous voudrions que le « Ne rien laisser passer » policier ne soit le motif de tirer « les autres » comme des lapins disent les jeunes de banlieue. Le flash-ball autorise ces tirs puisque… sans danger nous précise-t-on ! Et puis, de toutes les façons, rapporte un jeune d’Aubervilliers « […] pour eux on reflète la délinquance. » Les violences policières ? « Si les faits sont avérés, les sanctions doivent être exemplaires » déclare le ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin. En 2001, pour 60% des français, il y a trop de personnes d’origine étrangère en France. Ces sondés habitent des communes où vivent le moins d’étranger. 43% se disent « plutôt » ou « un peu » racistes selon le sondage remis à la Commission nationale consultative des droits de l’homme (réalisé du 2 au 14 octobre 2000). Comment peut-on reconnaître une personne d’origine étrangère d’une personne naturalisée ou originaire des régions extra-hexagonales ? Les « visages pâles » sont tout de même culottés.

La situation internationale ne rassure en rien. L’onde de choc du nine one one se propage insidieusement, favorise le nihilisme de certains, infeste les lieux de vie d’idéologies meurtrières et nous prépare à des lendemains au réveil difficile. Des lois, de plus en plus répressives et liberticides, transforment la terre d’asile en terre de non droit, le droit du sol par le droit du sang, l’état de droit subrepticement en état policier, et le « blanchiment » des structures par l’introduction des quotas. À cela, certains y voient la grosseur du Loup (l’Europe selon Godzom) depuis Maastricht.

Reconquérir l’Égalité, une urgence.

Dans la grisaille sociale, les loups (S. Reggiani) attendent le moment du carnage. Il devient alors impérieux de revenir avec fermeté au respect des droits du citoyen (que l’on ne peut assimiler à cette violence répressive, ces propos dont je vous fais grâce de la teneur, ces gifles, ces coups de pieds, ces intentions innommables…), parce que « … quand la distance entre l’appareil juridique et politique d’une part, et la société d’autre part, disparaît, si bien que les critères sociaux prennent force de loi et deviennent des règles politiques et juridiques. Si on laisse établir son propre code, cette apparente largeur d’esprit qui assimile le crime et le vice se révélera toujours plus cruelle et plus inhumaine que les lois, si sévères soient-elles, qui reconnaissent et respectent la responsabilité individuelle de l’homme en ce qui concerne son comportement. » (Hannah Arendt sur le problème juif du 19ème siècle).

La terreur ne résout pas tout, et pour preuve, l’Histoire. Celui qui s’est servi de la guillotine en a péri et ceux qui ont pris pour modèle ce concept fondateur ont perpétré bien des génocides qui ne sont que la continuité de ces barathrons antiques. De quelle civilisation parlons-nous, si entre les Dieux et la Raison il n’y a que le sang et la haine ?

Pour faire une omelette, le cuisinier ne sépare pas le Non-Blanc du Blanc de l’œuf. Il les marie (très bien chez la Mère Poularde au Mt Saint Michel) et chacun l’accommode en y adjoignant les épices de son choix.

L’Égalité n’est pas un rêve énigmatique. Elle est encore moins un vain mot. L’Égalité est un droit et un devoir de tous, pour tous, sans distinction d’aucune sorte. Le Politique, le Gestionnaire que vous êtes ont le devoir de la faire respecter.

J’espère que ces mots jetés pêle-mêle ne vous laissent indifférents. Qu’ils ravivent ce droit inaliénable au respect de chacun, au dialogue, à la réprobation des actes licencieux d’où qu’ils viennent car nul n’est au-dessus de la République.

Les citoyens aimeraient être rassurés. Les familles des victimes aimeraient ne pas subir la double peine : celle du chagrin et du mépris.

Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Élu –es et Gestionnaires de la République, en l’assurance de ma considération distinguée.


L.J

Tags Lettre, D'un, Pere

 
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