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Vu dans la presse nationale...

 Accueil » Forum » Actualités de Volcréole » Rubrique Actualités: Vu dans la presse nationale... La date/heure actuelle est 22 Mai 2019 15:23 
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   Article posté par Eddy P le 28 Octobre 2005 à 14:14  S'abonner au Flux Rss Actualités: Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Myspace Partager cet article sur Del.icio.us Partager cet article sur Google bookmarks Partager cet article sur Netvibes Partager cet article sur Viadeo Partager cet article sur Linkedin    

l'article est paru dans Libération du 27 octobre 2005... qu'en pensez-vous ?

Travailler comme un nègre
Caroline Oudin-Bastide démontre l'évolution des sociétés esclavagistes.
par Jean-Yves GRENIER


L'esclavage, longtemps délaissé par les historiens, fait l'objet depuis une dizaine d'années d'un regain d'intérêt. La plupart des études se focalisent sur les aspects politiques et idéologiques. Ce n'est pas le cas du livre de Caroline Oudin-Bastide, qui s'intéresse, à partir du cas des Antilles françaises aux XVIIIe et XIXe siècles, à la question du travail et à la façon dont le rapport au travail a fait évoluer des sociétés esclavagistes souvent perçues comme figées.
La première caractéristique est la disparition progressive du travailleur blanc de la scène coloniale. Le cas des domestiques est exemplaire, les Blancs refusant cette fonction dès lors que des esclaves commencent à la remplir. La même chose s'observe dans l'agriculture : les petits Blancs préfèrent acheter quelques esclaves, malgré leur coût élevé, plutôt que de risquer d'être assimilés à une race inférieure. Cette dévalorisation du travail agricole, fortement associé à l'esclavage, est telle que même les «libres de couleurs» (esclaves affranchis) le refusent, préférant survivre en ville. Le paradoxe est que les colons n'ont pas hésité à en tirer un argument justifiant à l'esclavage, expliquant la réticence des Blancs face au travail par la dureté d'un climat mieux supporté par les Noirs. Il s'ensuit un recul continu de la population blanche, une petite minorité de gros planteurs devant faire face, non sans angoisse, à une multitude croissante d'esclaves.
La condition des esclaves est très variée. La vie des «nègres des bourgs» est parfois très dure. Ainsi les boulangers au service de leur maître sont souvent mieux nourris, mais leurs conditions de travail sont très éprouvantes. Il en va tout autrement de l'esclave loué. Selon une pratique que connaissait déjà l'Antiquité, l'esclave peut en effet être loué ou, mieux encore, travailler à son propre compte moyennant le paiement d'une redevance, ce qui lui donne une relative indépendance, voire la possibilité de se racheter à son maître. La situation des «nègres des campagnes» est plus dramatique. Caroline Oudin-Bastide insiste sur l'usage crucial de la violence pour les soumettre et les discipliner, une violence d'autant plus mal contrôlée par l'administration qu'elle est privatisée. Cette brutalité ordinaire ne conduit cependant pas les maîtres à considérer les Africains comme une population indifférenciée. Ils distinguent au contraire les ethnies selon leurs capacités techniques et surtout leur adaptation à l'état servile. Dans sa hiérarchie raciale, le colon place ainsi au sommet le «nègre créole», prédisposé selon lui par naissance à l'esclavage.
Pour comprendre le rapport qu'entretient l'esclave avec son activité, la question centrale est la distinction entre le travail et l'oeuvre : l'esclave étant contraint au travail, il n'est pas impliqué dans la réalisation de l'oeuvre. Les conséquences en sont nombreuses, comme le manque de soin apporté par les Noirs à leurs cases, «l'irresponsabilité technique» si souvent dénoncée par les colons, ou le faible intérêt des esclaves pour l'artisanat ou la fabrication d'objets d'art pourtant si développés en Afrique. Dans ce cadre, l'instauration d'un «samedi-nègre» prend une importance particulière. Coutumière au XVIIIe siècle, généralisée au XIXe siècle, la concession d'un samedi à l'esclave agricole pour cultiver un lopin de terre lui a permis une petite autonomie. Eviter au colon d'avoir à l'entretenir explique la rapide expansion de cet usage. Cette concession est diversement appréciée. Certains y voient un abus provoqué par l'avarice du maître et une cause majeure du marronnage (désertion des esclaves) ; d'autres au contraire la perçoivent comme un moyen pour favoriser chez le Noir l'idée de prévoyance et de propriété. Le paradoxe est que cette pratique que l'on retrouve dans beaucoup de sociétés serviles mais qui favorise à terme l'émancipation des esclaves soit défendue à la fois par les colons et par les abolitionnistes.
Le débat sur la suppression de l'esclavage s'intensifie à partir des années 1770. Si l'enjeu principal est bien sûr la question morale, Caroline Oudin-Bastide montre bien la place qu'y tient la représentation du travail. Aux colons qui dénoncent la paresse naturelle des Noirs, les abolitionnistes opposent l'idée que le travail libre et ses vertus aideront à la moralisation des esclaves, tout comme l'apprentissage de ces autres valeurs de la bourgeoisie européenne que sont la famille et la religion. Car si le Blanc doit désormais considérer le Noir comme son égal, tous s'accordent pour penser qu'il n'a pas fini de l'éduquer. La liberté a parfois ses limites.

Caroline Oudin-Bastide
«Travail, capitalisme et société esclavagiste»
(Guadeloupe, Martinique, XVIIe-XIXe siècles)
La Découverte, 348 pp., 28 €.



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