Citation: La communication abracadabrantesque de Nicolas Sarkozy
La synchronisation médiatique et tous azimuts, sur la nomination d'un « premier » préfet noir sous l’égide du président Sarkozy, a fait gicler le sang des administrés des autres préfets noirs de France, en poste. Ils ont subitement cru, heureusement, un seul instant, que, ceux qu'ils croyaient être des noirs, étaient en fait des…Antillais. Pas blancs et/ou béké. Pas noirs. Pas métis. Pas indiens. Mais quoi donc ? Antillais. Peuplade ex nihilo, probablement, sortie de nulle part donc.
Comme un seul homme, du Figaro au Journal du dimanche, en passant par Le Monde ou Le Parisien, et tant d'autres, ces canards ont fait l’éloge de ce préfet noir-là. Une grande première disaient-ils SANS VERGOGNE. Là, le chef de l'Etat, avait réussi un passement de jambes ronaldonesque, puis, reprenant un centre venu de l'aile gauche, offrait un but d'anthologie à la France : Pierre N'Gahane, à l'aide d'une « backline » (retourné(e) acrobatique) comme on disait en ancien français. Ce goal, semblable à celui que son compatriote, Patrick Mboma, avait mis au pauvre Letizy, lors d'un match amical entre le Cameroun, champion olympique, et la France, au Stade de France. Nous étions le 4 octobre 2000...
Pour Nicolas Sarkozy, Pierre N'Gahane (photo ci-dessus), français d'origine camerounaise, est, il me semble, son Obama à lui. Le buzz a pris une telle dimension qu'on oublia que des préfets noirs avaient déjà été nommés auparavant. Jacques Chirac, l'ancien président de la République notamment, avait avalisé la nomination de la préfète du Lot, Marcelle Pierrot, sans tambour ni trompette. Il n’était d'ailleurs pas le premier. Acte qui entrait dans l'ordre des choses, donc. En revanche, le pataquès sarkozyste est plutôt surprenant.
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