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Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
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Accueil » Forum » Littérature - Art - Culture: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?

Auteur: Annonces
Sujet: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?

Auteur: didico
Date: 24 Nov 2005 22:32
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Yéba !

Y a t'il des gens qui s'intéressent à la poésie contemporaine ? (allez, on va dire depuis 1900...mais plus particulièrement la poésie des 30 dernières années)

Qui ont des adresses de sites cool (dans toutes les langues) ?

Qui voudraient partager quelques textes ici ?


Auteur: daddy
Date: 24 Nov 2005 22:43
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
ca comprend aussi le slam ?

http://www.slameur.com/

Auteur: didico
Date: 24 Nov 2005 23:05
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
daddy a écrit:
 
ca comprend aussi le slam ?

http://www.slameur.com/ 
 



Tout ce que tu veux

De Linton Kwesi Johnson à la poésie sms en passant par Frankétienne, les slogans de pub ou e.e. Cummings

Ce serait juste cool que ce ne soit pas de la poésie française

Auteur: didico
Date: 24 Nov 2005 23:41
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Hééééééééé le poète du mois sur le site ressemble à Nelson Monfort

Allez, je vais commencer par & (et) de e.e. Cummings (histoire de faire sérieux)


Citation:
 
le vent est une Dame aux
petits yeux brillants(qui

passe)au crépuscule
et qui-touche-les
collines sans raison

(j'ai parlé avec cette
personne indubitable et verte « Êtes-
Vous le vent? » « Oui » « pourquoi touchez-vous les fleurs
comme si elles étaient nonvivantes,comme

si Elles étaient des idées? » « parce que,monsieur
les choses qui dans mon esprit fleurisent
trébucheront sous un déguisement plus maladroit,se montreront
capablede fragilité et d'indécision

-ne supposez pas ces
sans raison et autrement
roses et montagnes
différentes du je suis qui erre

imminement dans le monde renouvelé »
me dit le)vent étant Une femme en robe
verte,qui;touche:les champs
(au crépuscule)
suppose que
la Vie soit un vieil homme portant des fleurs sur la tête.

la Mort est un jeune homme asis dans un café
souriant,une pièce de monnaie coincée entre
le pouce et l'index

(je te demande « achètera-t-il des fleurs ? »
et « la Mort est jeune
la vie porte un pantalon de velours
la vie titube,la vie a une barbe » je

te demande à toi qui restes silencieuse.-«Vois-tu
la Vie?elle est là et ici,
ou cela, ou ceci
ou rien ou un vieil homme aux 3 tiers
endormi, sur la tête
des fleurs,criant toujours
à personne quelque chose du genre les roses
les bluets
oui,
achètera-t-Il?

Les belles bottes-oh écoute
,pas chères »)

et mon amour répondit lentement Je crois que oui. Mais
Je crois voir quelqu'un d'autre

il y a une dame,qui s'appelle Après
elle est assise à côté de la jeune mort,est svelte;
aime les fleurs.





















je bou

G e rai dans la Rue de son

corpsen t anta ut ourdeMoi le mouvement des
muscles;charmants-coule x p i r n tS
ubiterme
NT pourtoucher
le navirecourbé de

Son-

....(...) ses:mains
joueront sur,moI comme

des accord s morts OU des feui Lles h-étéroclit s-s vol et ant
d'arbres Hideux ou

Peut-être des Mandolines

re garde nt-

des pigeons vol eret


rou(:sont, ÉcLaB,o,UsSéS un in-stant par la lumièreduSoleil
puis)l-
er tous deviennt Noirs en ro-ul-ant

Oh
dessus de

rue

tu viendras,


au crép us cule

b(ientôt&il y a
une l un
)e.
 
 




Ca fait 48h que je suis dessus et j'ai beau le lire, le relire....ça m'échappe totalement mais je trouve ça dément

Auteur: arablack
Date: 25 Nov 2005 00:49
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
tiens, je ne savais pas que je faisais de la poésie contemporaine

Auteur: didico
Date: 29 Nov 2005 19:01
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?


Et moi même ! http://www.volcreole.com/forum/message-374326.html#374326

Bon ben je vais continuer avec les Nouveaux poèmes de Edward Estmin Cummings (je me suis permis des petites modifications à base de scroll pour traduire les spécificités typographiques du poème sur le net parce qu'à part les align/center/right et left c'est pas génial )

so
us les

to
uchers p

très

alpi
ta
nts du brouilla
rd

lente

les quois
se changent
en
quis

ment

les gens
de
viennent
non

Auteur: didico
Date: 29 Nov 2005 19:06
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
puisse mon coeur être toujours ouvert aux petits
oiseaux qui sont le secret de vivre
quoi qu'ils chantent c'est mieux que de savoir
et si les hommes ne les écoutaient pas les hommes seraient vieux

puisse mon esprit flâner affamé
et intrépide et assoiffé et souple
et même si c'est dimanche puissé-je avoir tort
car chaque fois que les hommes ont raison ils ne sont pas jeunes

et puisse moi-même ne rien faire utilement
et aimer moi-même autant que vraiment
il n'y a jamais eu un fou pareil capable de rater
en tirant tout le ciel sur lui avec un sourire

Auteur: didico
Date: 29 Nov 2005 19:10
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
tu devras avant toute chose être heureux et jeune.
Car si tu es jeune,tout ce dont la vie te parera

cela deviendra toi;et si tu es heureux
tout ce qui est vivant deviendra toi.
Les fillegarçons n'ont besoin de rien de plus que ce dont les garçonfilles ont besoin:
je peux l'aimer entièrement elle seule

dont chaqe mystère fait endosser
l'espace à toute chair d'homme;et son esprit prend son élan dans le temps


pour que tu puisses toujours penser,puisse dieu pardonner
et(dans sa pitié)épargner ton véritable amant:
car de cette façon le savoir ment,la tombe fœtale
appelée progrès,et la nonruine morte de la négation.

Je ferais mieux d'apprendre d'un oiseau comment chanter
que d'enseigner à dix mille étoiles comment ne pas danser























Et vrala les Nouveaux poèmes en "3 temps" !

Auteur: Mabé
Date: 29 Nov 2005 21:37
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Du dernier poème
J'ai un doute sur son auteur
A moins
que se soit lui qui ne se doute de rien
Je me souviens,
il le dit souvent assemblage de mots,
qui ne veulent
dire que du vent, mais le vent souffle où il veut;
et tu en entends
le bruit; mais tu ne sais ni d'où il vient,
ni où il va.
Il en est de même
de tout homme qui est né de

l'Esprit.


Auteur: jwana972
Date: 30 Nov 2005 01:09
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Sé pou an pa vin palé kè ou rèstrèn sa a poésie contemporaine? han? he ben an ka vin kan menm!

Alors... la poésie contemporaine? an rahiiiiiiii saaaaaaa!
Twop magi, twop siiiik, sa ka limit aigri mwen! J'ai envie de ponctuer ma lecture des deux premiers poèmes de missié Cummings d'un tchiiiip des plus virulents, parfaitement! ka sa yé? ou est le Beau, le noble là dedans?
Toute cette importance accordée à la graphie, tous ces jeux sur la forme, , censée receler un sens que tu dois lutter pour trouver, si tu y parviens, je trouve ça interessant, certes, (sur le court-terme hein) amusant pour les esprits dérangés mais pour moi, ce n'est pas vraiment de la poésie, vrala. Où alors oui, de la poésie, mais diluée, tu vwaskejveudire?
Il n'est de poésie véritable, à mon sens, que celle du XIX, celle des grands romantiques, où là, tu saisis pleinement le sens de ce que sont l'inspiration, l'émotion, les sentiments, je parle de beaux sentiments: tristesse, mélancolie, ennui, et j'en passe, et au delà de ça, l'écriture, qui confine littéralement au sublime, parfaitement! Tu peux saisir à travers un vers, toute l'étendue d'une âme torturée, sa twooo bèèèèèl! Tu te surprends parfois à suspendre ta lecture pour répéter un vers magnifique, qui n'est pas simplement beau, mais qui surtout te touche, éveille en toi une sensation, te fais réagir! (bon, c'est pas que ça non plus la poésie romantique, mais là, disons kè an ka fè an balayaj rapid oui oui, an ké virééééééé, mouhahahahhaahhaha )
Et l'un des plus grands, des plus doués, le génie en la matière, c'est Alfred de Musset (oui an ké bouffiw lontan épi missié ) sans doute le seul à avoir pu emprisonner une sublime mélancolie dans des mots d'une rare justesse et dont la beauté, unique, t'explose en plein tjè comme un pop corn dans l'huile!
An défan'n sa fèt adan on poésie contemporaine.

Il manque un truc, je trouve, la poésie contemporaine n'éveille rien en moi, elle m'apparait plus comme un jeu que son auteur veut faire partager, ou comme la photo d'une pensée prise à un moment X (tuvwaskejveudire? ) il manque toute cette charge de ressenti, qui sans doute existe, mais que moi, pewsonelman, je n'arrive pas à saisir, à cause d'une écriture qui se veut trop originale, et qui bien souvent, fini par devenir hermétique. c'est dommage.

Bon, je ne parle pas, bien sûr de gens dont le talent n'est pas remettable en cause (je dis comme je veux ) comme St John Perse, par exemple

Je tiens à préciser, que mon esprit n'est pas formaté par l'enseignement que j'ai reçu C'est véritablement une passion, qui m'est venu d'une tout autre façon

Vrala pour commencer!

Donc pour résumer, la poésie contemporaine, sa couchal sa ki pa kontan, di yo vini kaka la (indication scénique: je me tapote l'estomac, enfin, la zone qu'il y a entre ma gorge et mes tétés)

Edit: les deux autres poèmes, ça va, ça se laisse lire, mais, c'est pas encore ça

Edit2: garçonfille, tombe foetale, non ruine, progrès... que des mots laids! Horreur, pffff ça ne s'élève pas tonnerre!!


Auteur: dorlis
Date: 30 Nov 2005 13:56
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
j'ai pas son bouquin sous la main mais voici une petite découverte de cet artiste peintre guade loupéen qui accompagne ses créations avec des poèmes

Mon super pote EDDY FIRMIN dit ANO

c'est rigolo, c'est bien fait à lire donc




autrement

je ne crache pas sur Léonard Cohen ou Eluard

et dans le franchement contemporain

LE SLAM !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Auteur: Anacaona
Date: 30 Nov 2005 14:07
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Dans le même style (poésie & arts plastiques), à voir sur : http://jacbayle.club.fr/livres/Gauguin/Parsemain_John.html

Citation:
 
Atelier(s)



édité par les auteurs (Martinique, 2005)

7ème édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2005) : ouvrage en compétition

Roger Parsemain (texte) et Valérie John (illustrations). - s.l. (Martinique) : les auteurs, 2005. - n.p. : ill. ; 29x21 cm.


EXTRAIT (l'atelier sera livre de sagesse)

le livre ouvert
.......un chant indigo
.......les nasses enfouies sous la paille des remous
.......le tourment des bouées d'aplomb
.......nocturne des fonds

trop de désespoir ne touche pas le pêcheur
il dit l'épine interminable de la mer
tout simplement

hommes de foi inquiète
aimez-vous la fresque sans auteur de sa plainte


 
 

Auteur: dorlis
Date: 30 Nov 2005 14:18
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Anacaona a écrit:
 
Dans le même style (poésie & arts plastiques), à voir sur : http://jacbayle.club.fr/livres/Gauguin/Parsemain_John.html

Citation:
 
Atelier(s)



édité par les auteurs (Martinique, 2005)

7ème édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2005) : ouvrage en compétition

Roger Parsemain (texte) et Valérie John (illustrations). - s.l. (Martinique) : les auteurs, 2005. - n.p. : ill. ; 29x21 cm.


EXTRAIT (l'atelier sera livre de sagesse)

le livre ouvert
.......un chant indigo
.......les nasses enfouies sous la paille des remous
.......le tourment des bouées d'aplomb
.......nocturne des fonds

trop de désespoir ne touche pas le pêcheur
il dit l'épine interminable de la mer
tout simplement

hommes de foi inquiète
aimez-vous la fresque sans auteur de sa plainte


 
 
 
 







en poèsie americaine

je recommande fortement Gil scott heron qui livre une poèsie brute, engagée, brulante

et qui les a souvent mises en musique (ex : The revolution won't be televised) tout comme Léonard Cohen (sauf que faut réussir a ecouter L.Cohen parceque bonjour la dépression)

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 19:28
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
@ Mabé : J'ai kiffé ton poème (à part le début, mais à partir de "je me souviens" j'aime bien )

@ jwana : Lè an ka li sa :
tèbè la a écrit:
 
[...]ou est le Beau, le noble là dedans?[...]dont la beauté, unique, t'explose en plein tjè comme un pop corn dans l'huile! 
 

an pa bouzwen li dot biten anko !
Manzel Jwana nou ja trapé bon bab dènyé fwa la pou sa é ou ka roukomansé ! Sa ké fin an dram zafè la sa ( P.S. : ça y est, j'ai enfin compris les grandes lignes de & (et) de Cummings : méssié près on simèn asi sa )

Donc de ton vomi narcissique romantico-gnangnan réac et conservateur jusqu'à la péremption je ne retiens qu'une chose : Saint-John Perse où je m'incline avec une foooooooooooooooooorce (ou ja sav an enmé poézi a missié )

Pour le restan, plutôt que de t'égosiller à prêcher dans le vide ta tèbètitude t'as qu'à mettre des poèmes en ligne : ça vaut mieux pour nos yeux et nos sens
(P.S. : ou oubliyé dé zot boug aw la : de Vigny (waouw, quel magifique nom ) et Hugo !

@Dorlis et Anacaona : Y a vraiment pas des ti extraits ? 1 seul poko asé !
P.S. : Gill Scott Heron ka fè poézi alo ?
P.S.2 : (by sony hihihihi ) : Dire que j'ai des albums de Cohen mais j'ai jamais fait très attention à ce qu'il disait (loool) même si ça se sent tout de suite que c'est un parolier de talent (ne serait-ce que dans sa diction et son phrasé les mots ont clairement une importance chez lui) ! D'après toi il est meilleur que Dylan ? (je sais , faut pas comparer gnagnagna...mais quand même )


Bon, continuons avec Mina Loy

Écho

La vie est une enquête vagabonde
un cri de défi

qui flagellent le sourd édifice
du mystère sans fin

extraite de la terre
perçant le ciel

elle méprise notre anxieux "Pourquoi"
pour mieux ricocher

comme un écho
seulement un écho

l'écho est pas de réponse

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 20:57
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Allez encore un ti poème de Mina Loy


J'ai presque vu Dieu dans le métro

Dans un état de coma animé
le statut de clochard
cette tête grisonnante écroulée sur le banc du quai
tel l'Empereur du Vide
sur un trône auquel personne ne prétend
se drape d'une auguste distance
à l'image d'une divinité-
fleur excessive
qui s'ouvre immaculée
parmi l'ordure.

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 21:04
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
De Mina Loy toujours

Esthétiques Adverses


De même que les artistes du peuple
inachevés
dont les visages d'enfant
tournaient vers la Beauté
la lumière chétive
de leur reconnaissance immobile

confectionnaient des marguerites avec de la boue
et des objets désirés
avec la matière ténue de leur âme

Jusqu'à ce que le Mensonge Dominant
réclame un plein efer
de travail
pour un ventre à moitié plein

De même la fille-métisse
du Noman's land
extrayait-elle le timide
esprit de la Beauté
des excréments et des médicaments

Tandis qu'Esau de Ridover Square
assimile l'idée savante
que la Beauté n'EST nulle part
sinon posthume à elle-même
dans l'antique

Et contraint
les manifestations communes
de la création
à s'aplatir
devant ses
yeux
en un seul vaste motif

Auteur: Anacaona
Date: 30 Nov 2005 21:21
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
didico a écrit:
 
@Dorlis et Anacaona : Y a vraiment pas des ti extraits ? 1 seul poko asé !  
 

C'est si gentiment demandé...

@ Dorlis : Merci !

Dans un autre sujet aujourd'hui archivé, j'avais proposé celui-ci... poème-résonnance d'un vécu identificateur...

Anacaona a écrit:
 
... poète-novelliste, Roger Parsemain :

La Madone du Sud
(Roger PARSEMAIN)

(De la Calabre à l'Andalousie
Du Sahel au Nordeste
Du François à Sainte Anne
Seuls les Sud ont des madones)

Tous les Sud ont leur Madone
La Reine des carêmes doucement s'amène
En sa chevelure écrin d'herbes sèches
Et de sel
Trop tard il est trop tard
La ferraille s'amoncelle au pied des falaises
C'est le soir d'un pays
C'est le soir de la terre
Et les hommes s'enfoncent dans la nuit
Sans rêve et sans humour
Trop tard il est trop tard pour sauter
Jeune cabri dans les savanes du renouveau à huit heures du matin
Tous les Sud ont leur Madone
La Reine des carêmes doucement s'amène
En sa chevelure écrin d'herbes sèches
Et de sel


http://www.sasi.fr/kapistrel/05poesie/PARSEMAIN/PresentPARSEMAIN.htm 
 

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 21:42
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
@Anacaona : gracias

Ah ben tant que j'y suis autant mettre une compile de mes trois ou quatre pâté en pot à moi ! (j'les aime beaucoup quand même)



Poézi Kréyol



Poésie créole, face à cette saudade furieuse qui te susurre son haineux vacarme, demeure iconoclaste !
Nul courroux d'apparat ne saurait seoir à ta folie !
Poésie créole, ne songe qu'à perdre l'équilibre pour vibrer encore plus juste !
Oh Poésie créole : apophtègme braillé du fond de nos choeurs !

Tu es la seule poésie des formes mornes et des effluves rassises...
Celle qui ne fuit pas la crasse humaine.
Toi seule sais comment la dompter pour en faire le maquillage de nos âmes transfigurées.

Poésie créole : chimen chien vers le Nirvàna !
Nulle autre que toi n'eût pu cadencer ces insignifiantes psalmodies bibliques,
ces compagnes d'ici-d'ailleurs de tant et tant de temps !


Poésie créole: délices de mots-mêlés bata-brenzeng !

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 21:46
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
EXIL EXIL EEXXIILL EXIL EXIL EEEEEEEEEXXXXXIIIIIILLLLLLL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXXIIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL EXIL

EXIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIiIIIIIIIIIIIIL

egzil


.................................................................egggggggggzzzziziiiiziziizizizzizzlzlllllllllllll...............

EGZIL?


egzil ?

egzi?


?





pistes de lecture

Auteur: didico
Date: 30 Nov 2005 21:49
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Et un petit dernier pour la route


Le Beau travesti
( Opérette parfaite pour kanklos et kanklottes : cherche ton/ta partenaire )




Nous, on est espiègle par ici.
A grand renfort de parades littéraires
Et feignant d’éclairer notre beauté obscure d'un style ampoulé, sans jamais en éteindre la noirceur,
On (se)convainc d'admirer
Et la Créolité blafarde, blanchâtre même,
Et la Négritude en trompe-l’œil ! (encore faut-il aimer ses airs de fillette précieuse,
A cette obèse nourrie au sein gorgé de mépris de sa mère-patrie)

Pourtant, il demeure cette beauté fondamentale.
Une beauté qui ne se dit pas.
D'autres bien avant moi l'ont sue.
C'est un truc de vieux
Un truc qu'on sait quand on a troqué son Eternité à crédit pour ne plus vivre ses jours qu'en sursis.
Notre beauté, je la sais mais je ne la dis pas
Car si je la disais je ne la saurais plus.
Tu aspires à la délivrer de son obscurité ?
N'en cherche aucune trace dans l'air que l'on inspire à pleins poumons alors :
A peine recraché, en cadence, ses charmes auraient déjà expiré.
Exhaler de la sorte notre souffle ivre de se sentir un peu moins fétide que les autres dans un râle de rancœur et d'amertume opaques
Ne ferait qu'empester cette brise qui brasse notre haleine de chacal.

Non, notre beau on l'ingère, on le digère mâle, on le dégueule et on le chie sans élégance :
De la me
.rde dans un écrin d'argent !
Le reste n'est que trivial…




Voilà, histoire de démocratiser un peu ce sujet !

ca fait longtemps que j'ai rie écrit tiens ! Et ce sont pas les idées qui me manquent en ce moment !

Auteur: Maureen
Date: 30 Nov 2005 22:05
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
didico a écrit:
 
Allez encore un ti poème de Mina Loy


J'ai presque vu Dieu dans le métro

Dans un état de coma animé
le statut de clochard
cette tête grisonnante écroulée sur le banc du quai
tel l'Empereur du Vide
sur un trône auquel personne ne prétend
se drape d'une auguste distance
à l'image d'une divinité-
fleur excessive
qui s'ouvre immaculée
parmi l'ordure. 
 
j'aime beaucoup celui-là
vraiment je le trouve superbe, et j'aime beaucoup la prestance que l'on donne à l'homme en question, c'est vraiment bien exprimé.
bravo

Auteur: dorlis
Date: 30 Nov 2005 22:12
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
didico a écrit:
 
@Dorlis et Anacaona : Y a vraiment pas des ti extraits ? 1 seul poko asé !
P.S. : Gill Scott Heron ka fè poézi alo ?
 
 


THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED (GIL (avec un seu L Didico ) SCOTT HERON)

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised.

The revolution will not be televised.
The revolution will not be brought to you by Xerox
In 4 parts without commercial interruptions.
The revolution will not show you pictures of Nixon
blowing a bugle and leading a charge by John
Mitchell, General Abrams and Spiro Agnew to eat
hog maws confiscated from a Harlem sanctuary.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be brought to you by the
Schaefer Award Theatre and will not star Natalie
Woods and Steve McQueen or Bullwinkle and Julia.
The revolution will not give your mouth sex appeal.
The revolution will not get rid of the nubs.
The revolution will not make you look five pounds
thinner, because the revolution will not be televised, Brother.

There will be no pictures of you and Willie May
pushing that shopping cart down the block on the dead run,
or trying to slide that color television into a stolen ambulance.
NBC will not be able predict the winner at 8:32
or report from 29 districts.
The revolution will not be televised.

There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of Whitney Young being
run out of Harlem on a rail with a brand new process.
There will be no slow motion or still life of Roy
Wilkens strolling through Watts in a Red, Black and
Green liberation jumpsuit that he had been saving
For just the proper occasion.

Green Acres, The Beverly Hillbillies, and Hooterville
Junction will no longer be so damned relevant, and
women will not care if Dick finally gets down with
Jane on Search for Tomorrow because Black people
will be in the street looking for a brighter day.
The revolution will not be televised.

There will be no highlights on the eleven o'clock
news and no pictures of hairy armed women
liberationists and Jackie Onassis blowing her nose.
The theme song will not be written by Jim Webb,
Francis Scott Key, nor sung by Glen Campbell, Tom
Jones, Johnny Cash, Englebert Humperdink, or the Rare Earth.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be right back after a message
bbout a white tornado, white lightning, or white people.
You will not have to worry about a dove in your
bedroom, a tiger in your tank, or the giant in your toilet bowl.
The revolution will not go better with Coke.
The revolution will not fight the germs that may cause bad breath.
The revolution will put you in the driver's seat.

The revolution will not be televised, will not be televised,
will not be televised, will not be televised.
The revolution will be no re-run brothers;
The revolution will be live.



WHITEY ON THE MOON Poème exceptionnel d'engagement pour l'époque


A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face and arms began to swell.
(and Whitey's on the moon)
I can't pay no doctor bill.
(but Whitey's on the moon)
Ten years from now I'll be payin' still.
(while Whitey's on the moon)
The man jus' upped my rent las' night.
('cause Whitey's on the moon)
No hot water, no toilets, no lights.
(but Whitey's on the moon)
I wonder why he's uppi' me?
('cause Whitey's on the moon?)
I wuz already payin' 'im fifty a week.
(with Whitey on the moon)
Taxes takin' my whole damn check,
Junkies makin' me a nervous wreck,
The price of food is goin' up,
An' as if all that shit wuzn't enough:
A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face an' arm began to swell.
(but Whitey's on the moon)
Was all that money I made las' year
(for Whitey on the moon?)
How come there ain't no money here?
(Hmm! Whitey's on the moon)
Y'know I jus' 'bout had my fill
(of Whitey on the moon)
I think I'll sen' these doctor bills,
Airmail special
(to Whitey on the moon)



la suite arrive ce soir ou demain

Auteur: dorlis
Date: 30 Nov 2005 22:36
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
LEONARD COHEN



MEILLEUR

Plus forte que l'obscurité :
l'obscurité fausse,
celle qui te ment
celle qui te fait caresser
la jeune fille de ton voisin

Plus puissantes que les banques :
les banques illusoires,
et tu y déposes
de l'argent corrompu
en sacrifice légitime

Meilleur que le café
ce café bleui,
celui que tu bois
pour ton dernier bain
et encore, lorsque tu attends
l'anéantissement
- dans tes chaussures

Plus haute que toute poésie,
ma poésie
qui effleure
chaque chose
et si belle, et si noble
et n'est rien de cela, pourtant

Mieux que le hasard
l'accident secret
ce moment dans ma voiture
et l'obscurité du parking
avec une nouvelle amie

Plus dense que l'art
l'art sordide
celui que Hashem ne commettra pas
mais dans le fracas qui s'ensuit
j'entre discrètement au théâtre, à Broadway
et je m'assied sans être vu
quelque part, vers Hadassah


Plus juste que la dignité
la dignité absurde
et ainsi je me tiens debout,
sur le toit du garage
le mieux : laisser tomber
tous les œufs
dans un seul panier

Plus riche que la mémoire,
notre mémoire trompeuse
elle est le suc
du patriotisme
de l'intérêt national
la chute des époux
dans le Grand spectacle triste

Plus forte que l'obscurité :
l'obscurité fausse
et souillée, et si vaste
et profonde
enfin si froide
pénétrée de grottes
de corridors aveugles
où apparaissent
nos parents morts, qui nous font signe
et l'apparat des religions étrangères

Meilleur que l'amour
l'errance
de ce japonais, subtil et calme,
jusqu'à l'insondable érotisme
d'un homme minuscule
avec son sexe immense
plus clair que la pensée,
mollement étendu
sur un cil de vapeur
vivant, menaçant
après la cuisine
le jardinage
le temps de faire grandir les enfants

Mieux que ma mère,
la vôtre
alors que la mienne est morte
définitivement morte

Meilleur que moi,
tu l'es : plus aimable
plus doux, gracieux et léger
ô toi, toi
plus beau
plus fort
et plus solitaire
je veux te découvrir meilleur
et encore meilleur, à chaque instant



http://www.leonardcohensite.com/index2.php

http://www.leonardcohen.com/







"Death Of A Ladies' Man"

Ah the man she wanted all her life was hanging by a thread
"I never even knew how much I wanted you," she said.
His muscles they were numbered and his style was obsolete.
"O baby, I have come too late." She knelt beside his feet.
"I'll never see a face like yours in years of men to come
I'll never see such arms again in wrestling or in love."
And all his virtues burning in the smoky Holocaust
She took unto herself most everything her lover lost
Now the master of this landscape he was standing at the view
with a sparrow of St. Francis that he was preaching to
She beckoned to the sentry of his high religious mood
She said, "I'll make a place between my legs,
I'll show you solitude."

He offered her an orgy in a many mirrored room
He promised her protection for the issue of her womb
She moved her body hard against a sharpened metal spoon
She stopped the bloody rituals of passage to the moon

She took his much admired oriental frame of mind
and the heart-of-darkness alibi his money hides behind
She took his blonde madonna and his monastery wine --
"This mental space is occupied and everything is mine."

He tried to make a final stand beside the railway track
She said, "The art of longing's over and it's never coming back."
She took his tavern parliament, his cap, his cocky dance,
she mocked his female fashions and his working-class moustache.

The last time that I saw him he was trying hard to get
a woman's education but he's not a woman yet
And the last time that I saw her she was living with some boy
who gives her soul an empty room and gives her body joy.

So the great affair is over but whoever would have guessed
it would leave us all so vacant and so deeply unimpressed
It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.

It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.

It's like our visit to the moon or to that other star
I guess you go for nothing if you really want to go that far.

Auteur: didico
Date: 01 Déc 2005 21:16
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
dorlis a écrit:
 
THE REVOLUTION WILL NOT BE TELEVISED (GIL (avec un seu L Didico ) SCOTT HERON)

You will not be able to stay home, brother.
You will not be able to plug in, turn on and cop out.
You will not be able to lose yourself on skag and skip,
Skip out for beer during commercials,
Because the revolution will not be televised.

The revolution will not be televised.
The revolution will not be brought to you by Xerox
In 4 parts without commercial interruptions.
The revolution will not show you pictures of Nixon
blowing a bugle and leading a charge by John
Mitchell, General Abrams and Spiro Agnew to eat
hog maws confiscated from a Harlem sanctuary.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be brought to you by the
Schaefer Award Theatre and will not star Natalie
Woods and Steve McQueen or Bullwinkle and Julia.
The revolution will not give your mouth sex appeal.
The revolution will not get rid of the nubs.
The revolution will not make you look five pounds
thinner, because the revolution will not be televised, Brother.

There will be no pictures of you and Willie May
pushing that shopping cart down the block on the dead run,
or trying to slide that color television into a stolen ambulance.
NBC will not be able predict the winner at 8:32
or report from 29 districts.
The revolution will not be televised.

There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of pigs shooting down
brothers in the instant replay.
There will be no pictures of Whitney Young being
run out of Harlem on a rail with a brand new process.
There will be no slow motion or still life of Roy
Wilkens strolling through Watts in a Red, Black and
Green liberation jumpsuit that he had been saving
For just the proper occasion.

Green Acres, The Beverly Hillbillies, and Hooterville
Junction will no longer be so damned relevant, and
women will not care if Dick finally gets down with
Jane on Search for Tomorrow because Black people
will be in the street looking for a brighter day.
The revolution will not be televised.

There will be no highlights on the eleven o'clock
news and no pictures of hairy armed women
liberationists and Jackie Onassis blowing her nose.
The theme song will not be written by Jim Webb,
Francis Scott Key, nor sung by Glen Campbell, Tom
Jones, Johnny Cash, Englebert Humperdink, or the Rare Earth.
The revolution will not be televised.

The revolution will not be right back after a message
bbout a white tornado, white lightning, or white people.
You will not have to worry about a dove in your
bedroom, a tiger in your tank, or the giant in your toilet bowl.
The revolution will not go better with Coke.
The revolution will not fight the germs that may cause bad breath.
The revolution will put you in the driver's seat.

The revolution will not be televised, will not be televised,
will not be televised, will not be televised.
The revolution will be no re-run brothers;
The revolution will be live. 
 


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Je reconnais là mon grand révolté de gauche favori !
C'est assez rare pour le souligner : j'ai presque tout compris d'un poème en anglais (bon, y a toujours les ti détails qui pénalisent le non-bilingue que je suis et du coup je passe à côté des recoins de finesse propres à la langue qui font la poésie !)

En tout cas dès les premières lignes je me suis rendu compte que ça me disait quelque chose ces mots de Gilles...heuuuu...Gil Scott Heron , et pour cause : après vérification à la sauce google c'est sur l'album like water for chocolate (H.S. : à chaque fois je peux pas m'empêcher de penser que "Like water from chocolate" serait 10000 fois mieux ) de Common, plus précisément sur le morceau The 6th Sense, que j'ai entendu ça en premier !




Dorlis a écrit:
 
WHITEY ON THE MOON Poème exceptionnel d'engagement pour l'époque


A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face and arms began to swell.
(and Whitey's on the moon)
I can't pay no doctor bill.
(but Whitey's on the moon)
Ten years from now I'll be payin' still.
(while Whitey's on the moon)
The man jus' upped my rent las' night.
('cause Whitey's on the moon)
No hot water, no toilets, no lights.
(but Whitey's on the moon)
I wonder why he's uppi' me?
('cause Whitey's on the moon?)
I wuz already payin' 'im fifty a week.
(with Whitey on the moon)
Taxes takin' my whole damn check,
Junkies makin' me a nervous wreck,
The price of food is goin' up,
An' as if all that shit wuzn't enough:
A rat done bit my sister Nell.
(with Whitey on the moon)
Her face an' arm began to swell.
(but Whitey's on the moon)
Was all that money I made las' year
(for Whitey on the moon?)
How come there ain't no money here?
(Hmm! Whitey's on the moon)
Y'know I jus' 'bout had my fill
(of Whitey on the moon)
I think I'll sen' these doctor bills,
Airmail special
(to Whitey on the moon) 
 

Alors là tu vois : direct je suis dépassé par l'anglais sur ce coup là : même si je comprends le fond du truc, j'arrive pas à être enthousiaste

Bon, la suite une autre fois : c'est que ça demande du temps de digérer ces poèmes



Au fait, qui connaît une l'adresse d'une librairie bien fournie en poésie étrangère sur Paris ?
C'est que la Fnac des Halles est un peu limitée à mon goût ; quant à l'Harmattan c'est on ti genre trop bordélique là-bas pour trouver de la poésie

@ Maureen : Pareil que toi (sé pou sa an météy )

@ gran initil la qui se reconnaîtra : Héhé ! Ou té di bèt la mo...

Auteur: arablack
Date: 02 Déc 2005 14:46
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
et ça http://www.oulipo.net/ ?

Auteur: didico
Date: 02 Déc 2005 14:55
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Héééé jwana ! Mi baw : si après ça ou pa enmé Cummings an pé pa fè ayen dot


mon père traversait des sorts d'aimer
des mêmes de suis des avoirs de donner,
chantant chaque matin hors de chaque nuit
mon père traversait des profondeurs de hauteurs

cet où immobile négligent
se changeait dès qu'il le regardait en un ici brillant;
ce si(tellement timide que l'air est ferme)
devant ses yeux bougeait et se tortillait

récemment comme du quoi déterré
flotte le premier qui,son toucher d'avril
poussait des individus dormants pour essaimer leurs destins
réveillait des rêveurs à leurs racines spectrales

et si un pourquoi pleurait totalement
les doigts de mon père portaient son sommeil:
nulle petite voix ne pouvait crier en vain
car il pouvait sentir les montagnes grandir.

Soulevant les vallées de la mer
mon père traversait des chagrins de joie;
louant un front appelé la lune
chantant désir dans commencer

la joie était sa chanson et une joie si pure
qu'un cœur d'étoile par lui pouvait gouverner
et pure si maintenant et maintenant si oui
que les poignets du crépuscule se réjouissaient

aigu comme l'esprit du soleil
inconcevablement aigu se tient
si strictement(au-dessus de lui extrême
si immensément)se tenait le rêve de mon père

sa chair était chair son sang était sang:
chaque homme affamé voulait le nourrir;
chaque estropié eût rampé
sur une montagne juste pour voir son sourire.

Dédaignant le faste de devoir et falloir
mon père traversait des sorts de sentir;
sa colère était aussi droite que la pluie
sa pitié était aussi verte que le grain

les bras septembrants de l'année étalent
moins humblement l'opulence aux ennemis et amis
qu'il aux fous et aux sages
offrait l'incommensurable il est

fièrement et(par la flamme ocobrante
appelées)comme la terre grimpera vers le bas,
si nues pour un travail immortel
ses épaules avançaient contre le ,oir

son chagrin était aussi vrai que le pain:
aucun menteur ne lui tenait tête;
si chaque ami devenait un ennemi
il aurait ri et construit un onde avec de la neige.

mon père traversait des ils de nous,
célébrant chaque nouvelle feuille hors de chaque arbre
(et chaque enfant était sûr que le printemps
dansait quand elle entendait mon père chanter)

alors que les hommes tuent qui ne peuvent partager,
que le sang et ma chair soient fange et boue,
intriguer imagine,passion voulue,
la liberté une drogue qu'on achète et revend

donner voler et cruel gentil,
un coeur avoir peur,douter un esprit,
différer une maladie de même,
conformer le pinacle de suis

bien que tout ce que nous percevions comme brillant fût terne,
amères toutes les absolument choses douces,
fantasque moins et muette mort
tout ce dont nous héritons,que nous léguons

et rien d'aussi moindre que la vérité
-je dis bien que la haine fût ce pourquoi les hommes respiraient-
parce que mon père vivait son âme
l'amour est la totalité et plus que tout






Je reste èstébékwé devant ce poème (surtout que là j'ai vraiment tout compri...enfin je me comprends )


@Ara : Ohlala ! Ka sa yé sa anko ?
Ban préparé on laspirin'...

Auteur: didico
Date: 02 Déc 2005 18:35
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Et à présent quelques poèmes de Augusto de Campos
(jwana972 an sav ou ké adoré yo )

Un premier qui s'appelle hearthead






Un deuxième intitulé psiu!





Et un troisième : código



Et voici la source de ces poèmes : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/poemas.htm
Alors jwana doudou ! Ti raimes ?

Auteur: jwana972
Date: 02 Déc 2005 19:28
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Negress pa ka mo an té ka atan'n san la frédi avan an répon ou!

didico a écrit:
 

Manzel Jwana nou ja trapé bon bab dènyé fwa la pou sa é ou ka roukomansé ! Sa ké fin an dram zafè la sa  
 


J'adooow les bab avec toi

simbot' la a écrit:
 
Donc de ton vomi narcissique romantico-gnangnan réac et conservateur jusqu'à la péremption je ne retiens qu'une chose : Saint-John Perse où je m'incline avec une foooooooooooooooooorce (ou ja sav an enmé poézi a missié )
 
 


tchiiiiiiiiiiiip ou mal tombé, ou za sav an péké ladjéw je vais t'apprendre ce qu'est la poésie moi

voici un ti extrait de la nuit de mai d'Alfie:

[ La Muse ]

Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Ô poète! un b.aiser (tchiip keski faut pas faire tonan!), c'est moi qui te le donne.
L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes:
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

[ Le Poète ]

Ô Muse! spectre insatiable,
Ne m'en demande pas si long.
L'homme n'écrit rien sur le sable
A l'heure où passe l'aquilon.
J'ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau;
Mais j'ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j'en pourrais dire,
Si je l'essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.

Non mé gadé jan sa bèèèèèèl Trop de sublime, mi an émue Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas

Pooooo je vois que j'ai râté des trucs!

Très sincèrement, je crois que Cummings n'est pas perdu Ti poèm la "mon père traversait des sorts d'aimer" ka ban mwen'y bien fok an ké riliy plisiè fwa kan menm mé i mwen plat' kè lé zot la (ceci étant, une bataille, c'est pas la guerre )


Didi qui cherche bon bab' avec moi a écrit:
 
Alors jwana doudou ! Ti raime ?  
 


raaaaaaah espré? naaan j'aime pas! sa ka ban mal zié! Kontinié fè jé épi mwen, an ké trapéw Tchiiip a pa poézi yo ka kryié sa N'empêche, le premier est original, mais ce genre de djindjin la, tchiiiip an pé pa kryié sa poézi!

Edit: ah, en parlant de Saint John Perse, j'ai eu l'occasion aujourd'hui de feuilleter un livre qui se veut très beau, tala:


En fait ce sont de magnifiques vers de notre cher auteur, agrémentés d'illustrations du même acabit que celui qui est sur la peau dudit ouvrage. Sa fan la pèèèn sa lèèd pa méchansté, ça rejoint ce que je te disais sur l'art bref, sa pa ni pon sens, sa aigri mwen, an fouté liv la an plass ay malpwopman, é an foukan bien enragé
Ceci étant, c'est un très beau livre, mais les dessins là, pfff ça enlève de leur noblesse à de si jolis vers

Si tu as l'occasion de regarder ça, jété an zié ou ké ban avis aw (an sav ka ou ké di mwen )

Auteur: didico
Date: 03 Déc 2005 14:27
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
jwana972 a écrit:
 
voici un ti extrait de la nuit de mai d'Alfie:

[ La Muse ]

Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Ô poète! un b.aiser (tchiip keski faut pas faire tonan!), c'est moi qui te le donne.
L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes:
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

[ Le Poète ]

Ô Muse! spectre insatiable,
Ne m'en demande pas si long.
L'homme n'écrit rien sur le sable
A l'heure où passe l'aquilon.
J'ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau;
Mais j'ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j'en pourrais dire,
Si je l'essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.

Non mé gadé jan sa bèèèèèèl Trop de sublime, mi an émue  
 


Ben tu vas peut-être penser que je le fais exprès....auquel cas tu auras tord ...mais j'ai beaucoup de mal avec ce poème là !
Franchement je déteste !
(dayè ou té pé évité kasé ritm' a moun la èvè intèwvansion aw la )

Allez : même joueuse joue encore ! Essaie de me trouver quelque chose de moins grandiloquent avec lequel je puisse entrer en résonance (c'est l'apprenti-phycisien qui parle là )

jwana972 a écrit:
 
Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas  
 

An ka èspéré sa ké pli bad !


jwana972 a écrit:
 
Très sincèrement, je crois que Cummings n'est pas perdu Ti poèm la "mon père traversait des sorts d'aimer" ka ban mwen'y bien fok an ké riliy plisiè fwa kan menm mé i mwen plat' kè lé zot la (ceci étant, une bataille, c'est pas la guerre ) 
 



Aaaaaaaaaaaaaaah tu vois !
Un point pour Cummings !

D'ailleurs j'ai préparé (pour terminer avec lui) une sélection personnelle de poèmes que je trouve magnifiques !


En voici déjà un :

ouvre la tête de cet homme,bébé
& tu y trouveras un cœur
(lézardé)

ouvre ce cœur,mabel
& tu y trouveras un lit
(fait)

ouvre ce lit,sibyl
& tu y trouveras une pu.tain
(mariée)

ouvre la pu.tain,ma mie
& tu y trouveras l'esprit de cet homme
(mort)




Et voici encore un autre :



la vieillesse colle
des affiches
Éloignez-
Vous)&

la jeunesse les
arrache(la
vieillesse
crie Ne

Pas trans)&(gres
la jeunesse rit
(ser
la vieillesse

gronde Inter
dit Stop
Tu Ne dois
pas Ne fais pas

&)la jeunesse
continue toujou
rs
de vieillir










Et enfin pour finir un dernier (qui devrait plaire à Dorlis je crois ):





.......................................................................................................................................................ACTION DE GRÂCES
.................................................................................................................................................................................................(1956)

une monstrueuse horreur engloutit
ce nonmonde moi après toi
tandis que le dieu des pères de nos pères s'incline
devant un quoi qui marche comme un qui

mais la voix-avec-un-sourire de la démocratie
annonce nuit&jour
« vous autres pauvres petits peuples qui voulez être libres
ayez confiance dans les états-unis »

soudain la hongrie se souleva
et elle poussa un cri terrible
« aucune nonvie d'esclave ne me tuera
car je mourrai libre »

elle cria si fort que les thermopyles
l'entendirent et marathon
et toute l'histoire préhumaine
et l'ONU pour finir

« sois tranquille petite hongrie
et fais comme on te l'ordonne
un bon gros nounours est très aigri
nous avons peur qu'on ne nous rende la pareille »

oncle sam hausse ses adorables
épaules roses vous voyez comment
et il tire vivement sur une tétine libérale
et zézaie « z'uis occupé pour le moment »

alors hip-hip-hip pour la démocratie
soyons tous aussi reconnaissants à l'enfer
et enterrons la statue de la liberté
(parce qu'elle commence à sentir)




jwana972 a écrit:
 
Didi qui cherche bon bab' avec moi a écrit:
 
Alors jwana doudou ! Ti raime ?  
 


raaaaaaah espré? naaan j'aime pas! sa ka ban mal zié! Kontinié fè jé épi mwen, an ké trapéw Tchiiip a pa poézi yo ka kryié sa N'empêche, le premier est original, mais ce genre de djindjin la, tchiiiip an pé pa kryié sa poézi!  
 


Pfffffffffffffffffffffffft ! Tèbè !
Ou pé pa di mwen código la mové ? (érèzman an té la pou diw ki jan pou li código : on part du plus gros à gauche vers plus petit à droite avant de repartir toujours plus petit vers la gauche pour finir en tout petit à droite : ès ou vwèy finalman ?)



Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye





é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus


jwana972 a écrit:
 
Edit: ah, en parlant de Saint John Perse, j'ai eu l'occasion aujourd'hui de feuilleter un livre qui se veut très beau, tala:


En fait ce sont de magnifiques vers de notre cher auteur, agrémentés d'illustrations du même acabit que celui qui est sur la peau dudit ouvrage. Sa fan la pèèèn sa lèèd pa méchansté, ça rejoint ce que je te disais sur l'art bref, sa pa ni pon sens, sa aigri mwen, an fouté liv la an plass ay malpwopman, é an foukan bien enragé
Ceci étant, c'est un très beau livre, mais les dessins là, pfff ça enlève de leur noblesse à de si jolis vers

Si tu as l'occasion de regarder ça, jété an zié ou ké ban avis aw (an sav ka ou ké di mwen ) 
 


Okay ! An ké ay gadé sa !

Auteur: jwana972
Date: 03 Déc 2005 18:14
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
didico a écrit:
 
Ben tu vas peut-être penser que je le fais exprès....auquel cas tu auras tord ...mais j'ai beaucoup de mal avec ce poème là !
Franchement je déteste !
(dayè ou té pé évité kasé ritm' a moun la èvè intèwvansion aw la )
 
 


pfff sacré initil, ou pa konèt ayen eskizé pou ritm la, poo an bien kompran'n lisson an


Citation:
 
Allez : même joueuse joue encore ! Essaie de me trouver quelque chose de moins grandiloquent avec lequel je puisse entrer en résonance (c'est l'apprenti-phycisien qui parle là )

jwana972 a écrit:
 
Dans le même style, an ké chèché la mort du loup d'Alfred de Vigny (brrrr a une lettre près, c'était la cata! ) oui oui, ne me remercie pas  
 

An ka èspéré sa ké pli bad !  
 


Heu... moins grandiloquent an kwè nou ké palé di De Vigny an lot' fwa (malgré une dernière strophe d'une beauté époustoufflante an pliss i an jan bien long', nou ké wè sa pli ta héééé sa ka fè mwen sonjé fok an ritrouvé "La fin de satan" de Hugo baw, a pa ti bèl sa bèl, mé bon, ès lespri phisiko-débiélé ou a ké pé sa géré an monument konsa... )

Bon, kisa an ké proposéw jodi a... an ti Henry Bataille an enmen ( ) an pil, en pliss c'est un poème super simple, accoustique quoi (bon, je me comprends ) :

LES SOUVENIRS

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu'elles sont là comme à leur habitude,
Et c'est la chambre bleue, et c'est la chambre rose...
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l'on y continue à vivre en souriant...
J'accueille quand il veut le souvenir qui passe,
Je lui dis: "Mets-toi là... Je reviendrai te voir..."
Je sais toute ma vie qu'il est bien à sa place,
Mais j'oublie quelque fois de revenir le voir,
Ils sont ainsi beaucoup dans la vielle demeure.
Ils se sont résignés à ce qu'on les oublie,
Et si je ne viens pas ce soir ni tout à l'heure,
Ne demandez pas à mon coeur plus qu'à la vie...
Je sais qu'ils dorment là, derrière les cloisons,
Je n'ai plus le besoin d'aller les reconnaître;
De la route je vois leurs petites fenêtres,
Et ce sera jusqu'à ce que nous en mourions.
Pourtant je sens parfois, aux ombres quotidiennes,
Je ne sais quelle angoisse froide, quel frisson,
Et ne comprenant pas d'où ces douleurs proviennent,
Je passe...
..................................................................Or, chaque fois c'est un deuil qui se fait
Un trouble est en secret venu nous avertir
Qu'un souvenir est mort ou qu'il s'en est allé...
On ne distingue pas très bien quel souvenir,
Parce qu'on est si vieux, on ne se souvient guère...
Pourtant, je sens en moi se fermer des paupières.


Latin ou di mwen sé bagay pou vié ko moi ça me parle, tu vois

Bon, un autre chef-d'oeuvre de Mallarmé cette fois, et que j'aime tout particulièrement

LES FENETRES


Las du triste hôpital, et de l'encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyeux du mur vide,
Le moribond sournois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu'un beau rayon clair veut hâler.

Et la bouche, fiévreuse et d'azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis! Encrasse
D'un long b.aiser amer les tièdes carreaux d'or.

Ivre, il vit, oubliant l'horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l'horloge et le lit infligé,
La toux; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l'horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d'or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l'éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir!

Ainsi, pris du dégoût de l'homme a l'âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s'entête à chercher cette ordure
Pour l'offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées
D'où l'on tourne l'épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées
Que dore le matin chaste de l'Infini

Je me mire et me vois ange! Et je meurs, et j'aime
-Que la vitre soit l'art, soit la mysticité -
A renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté!

Mais, hélas! Ici-bas est maître: sa hantise
Vient m'écœurer parfois jusqu'en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l'azur.

Est-il moyen ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plumes
-Au risque de tomber pendant l'éternité?

Magnifique hein? moi j'adore

En ce qui concerne Cummings, j'avoue que la vieillesse colle est superbe, pour le reste... mouais mais c'est déjà pas mal quand meme!

Bon, j'ai enfin compris le Codigo, mèci chè , et j'ai envie de dire.. et après?
didico a écrit:
 
Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye

 
 


Je trouve ça d'une laideur sans nom! parfaitman, sa lèèèèèèèèd

Citation:
 
é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus  
 


mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip )

bref, an pa enmen saaaaaaa!

Autre chose peut-être?

Auteur: didico
Date: 03 Déc 2005 19:09
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
jwana972 a écrit:
 
mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip ) 
 


Oups, juste en passant j'ai oublié de traduire (pou rèstan a sa ou di an ké rouvin on dot fwa )

avec........................................................................................................................................................................ (ils)chante
son...................................................................................................................................................................................................................ront





(ils)compte.....................................................................................................................................ten........................................................................................................................................................................au
ront.............................................................................................................................................................................................................sion...................................................................................................................................................................ssi





....................................................................................................................................................................................................................(ils)tombe..............................................................................................................................sans
............................................................................................................................................................................................................................................................ront........................................................................................................................................................son



Méssié ! Vive le size 1

Auteur: didico
Date: 06 Déc 2005 14:03
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
jwana972 a écrit:
 
Heu... moins grandiloquent an kwè nou ké palé di De Vigny an lot' fwa (malgré une dernière strophe d'une beauté époustoufflante an pliss i an jan bien long', nou ké wè sa pli ta héééé sa ka fè mwen sonjé fok an ritrouvé "La fin de satan" de Hugo baw, a pa ti bèl sa bèl, mé bon, ès lespri phisiko-débiélé ou a ké pé sa géré an monument konsa... ) 
 


PTDRRRRRRRRRRRR

jwana972 a écrit:
 
Bon, kisa an ké proposéw jodi a... an ti Henry Bataille an enmen ( ) an pil, en pliss c'est un poème super simple, accoustique quoi (bon, je me comprends ) :

LES SOUVENIRS

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu'elles sont là comme à leur habitude,
Et c'est la chambre bleue, et c'est la chambre rose...
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l'on y continue à vivre en souriant...
J'accueille quand il veut le souvenir qui passe,
Je lui dis: "Mets-toi là... Je reviendrai te voir..."
Je sais toute ma vie qu'il est bien à sa place,
Mais j'oublie quelque fois de revenir le voir,
Ils sont ainsi beaucoup dans la vielle demeure.
Ils se sont résignés à ce qu'on les oublie,
Et si je ne viens pas ce soir ni tout à l'heure,
Ne demandez pas à mon coeur plus qu'à la vie...
Je sais qu'ils dorment là, derrière les cloisons,
Je n'ai plus le besoin d'aller les reconnaître;
De la route je vois leurs petites fenêtres,
Et ce sera jusqu'à ce que nous en mourions.
Pourtant je sens parfois, aux ombres quotidiennes,
Je ne sais quelle angoisse froide, quel frisson,
Et ne comprenant pas d'où ces douleurs proviennent,
Je passe...
..................................................................Or, chaque fois c'est un deuil qui se fait
Un trouble est en secret venu nous avertir
Qu'un souvenir est mort ou qu'il s'en est allé...
On ne distingue pas très bien quel souvenir,
Parce qu'on est si vieux, on ne se souvient guère...
Pourtant, je sens en moi se fermer des paupières.


Latin ou di mwen sé bagay pou vié ko moi ça me parle, tu vois  
 


Mouais bof ! J'ai lu et je suis pas fan

jwana972 a écrit:
 
Bon, un autre chef-d'oeuvre de Mallarmé cette fois, et que j'aime tout particulièrement

LES FENETRES


Las du triste hôpital, et de l'encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyeux du mur vide,
Le moribond sournois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu'un beau rayon clair veut hâler.

Et la bouche, fiévreuse et d'azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis! Encrasse
D'un long b.aiser amer les tièdes carreaux d'or.

Ivre, il vit, oubliant l'horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l'horloge et le lit infligé,
La toux; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l'horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d'or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l'éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir!

Ainsi, pris du dégoût de l'homme a l'âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s'entête à chercher cette ordure
Pour l'offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées
D'où l'on tourne l'épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées
Que dore le matin chaste de l'Infini

Je me mire et me vois ange! Et je meurs, et j'aime
-Que la vitre soit l'art, soit la mysticité -
A renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté!

Mais, hélas! Ici-bas est maître: sa hantise
Vient m'écœurer parfois jusqu'en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l'azur.

Est-il moyen ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plumes
-Au risque de tomber pendant l'éternité?

Magnifique hein? moi j'adore  
 


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Enfin !
J'ai adoré aussi : an ka twouvé sa magnifik menm

Un pwen pouw twa !



jwana972 a écrit:
 
En ce qui concerne Cummings, j'avoue que la vieillesse colle est superbe, pour le reste... mouais mais c'est déjà pas mal quand meme!

Bon, j'ai enfin compris le Codigo, mèci chè , et j'ai envie de dire.. et après?  
 

Pour Cummings je m'arrêterais là histoire de laisser un peu la place aux autres

Quant à de Campos an pa sèten toujou ni on lèsplikasion é an ké menm rajouté sa pa ni lenpowtans

jwana972 a écrit:
 
didico a écrit:
 
Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye

 
 


Je trouve ça d'une laideur sans nom! parfaitman, sa lèèèèèèèèd  
 


(an dako èvèw )

jwana972 a écrit:
 
Citation:
 
é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus  
 


mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip )

bref, an pa enmen saaaaaaa!  
 



An té sav ou té ké an zafè aw èvè sala ! : i ni plis maji adan'y ki adan on èspèktak a Copperfield


jwana972 a écrit:
 
Autre chose peut-être?  
 


Oui oui !

Je propose 6 extraits de poèmes de Manuel Vázquez Montalbán


Le premier :



Pu.tains enrhumées
sur le port de Patmos
Saint Jean se branle
dans les grottes de Patmos

je suis jaloux des saints
voyant comme l'air se branle




On dot :




La modernité a adossé un squash
au vieux panthéon de Trotski
.............................................................................................................................................................................son abattoir
est devenu un musée au carrefour
..................................................................................................................................................................................Viena Morelos
Coyoacán México Distrito Federal

le dos tourné à l'Histoire
les joueurs de squash luttent
contre l'âge et les excès
de graisse dans le sang et dans les yeux
......................................................................................................................................................................................................................................................d'autrui

la balle oiseau fou dans sa cage
aux parois cruelles n'a pas d'issue
furie de bourreaux qui prétendent
............................................................................................................................................................................vieillir avec dignité

la dignité de Trotski est le fait de l'assassin
un fils de servante passant l'éponge
contre le fils de famille hégélien peintre
qui plus est d'armées rouges

la balle rebondit à en crever
alors le muscle dort l'ambition s'assoupit
les joueurs boivent des ambroisies de coca cola
.....................................................................................................................................................................................................................................................et seven up

non loin
les cendres de Trotski et Natalia Sedova
parmi les myrtes et les fleurs charnelles
d'un jardin aux senteurs insuffisantes
se mêlent dans le double échec de l'amour
...................................................................................................................................................................................................................et de l'Histoire

les joueurs de squash rentrent à la maison
font l'amour et feignent à leurs miroirs
l'espérance d'un pantalon plus étroit
vitrines du Barrio Rosa
....................................................................................................................................unisexe et sans âge











Le rèstan apré !

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 15:38
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Comme promis voici venir quelques autres poèmes de Manuel Vázquez Montalbán





Personne n'a affiché le mot fin
au moment de ce bai.ser
et le jour suivant fut celui de notre trahison
..........................................................................................................................................................................ou de notre rupture
du respect de la morale des souvenirs
tandis qu'à leur guise vieillissaient
.........................................................................................................................................................................................................les hormones
ou que la haine se lassait d'être haine

.........................................................................................................................................................................................................indifférence
la nomment les plus forts
......................................................................................................................................compréhension
la nomment les plus faibles

jeune fille bleue terrible compagne
.........................................................................................................................................................................................................qu'à ma mort
on t'offre mes cendres
..........................................................................................................................................................................on t'offre
on t'offre mes plus sincères condoléances











Allez encore un :


...Si tu te perdais
entre Jupiter et Uranus
tu t'arracherais les yeux pour ne pas voir la peur
de l'univers entier anxieux de ne pas te voir

..........................................................................................................................................................................car si elles te voyaient
les étoiles auraient conscience de la tragédie
elles auraient conscience
............................................................................................................................................elles comprendraient leur logique
aveugle
elles inventeraient l'optique
............................................................................................................................................le poker
..........................................................................................................................................................................l'éthique
........................................................................................................................................................................................................l'esthétique
et l'univers entier irait se faire fou.tre

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 16:02
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Toujours du même auteur


À quoi bon s'attarder
sur l'erreur répétée de l'oubli
ou l'inutile précaution du souvenir

les survivants méritent
.........................................................................................................................................de voguer sur leurs désirs

vaisseaux incertains ton antique naufrage
................................................................................................................................................................................voyeur voyeur qui vois
l'obscène répétition de l'échec




Pour (presque ) finir avec Vázquez Montalbán :


....................................................................................................Heureux Vingt et Unième siècle
où vous serez cinq milliards à poser
pour une vidéo collective
.......................................................................................................................................................................Fin de l'Histoire
mais celui qui tiendra la caméra
vous aura dans sa rétine
...............................................................................................................................................il vous passera la facture
et pas question de payer en collier de laser
ou en pilules de Paradis sans sucre

celui qui aura la Nikon aura votre expression
et avant le coucher du siècle
..........................................................................................................vous aurez besoin de prophètes
de la liberté et de la lutte des classes

enfermez-les dans des asiles sans murs
................................................................................................................................................................................et s'ils s'échappent
qu'ils meurent de froid
..............................abandonnés aux portes des pires galaxies

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 21:25
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Allez ! J'enchaîne sur tout autre chose : 11 poèmes de Yoko Ono
Morceaux choisis :

ŒUVRE ENREGISTREMENT III
Œuvre neige

Enregistrez le son de la neige
qui tombe.
Effectuez cela le soir.
N'écoutez pas la bande.
Découpez-la et faites-en des rubans pour attacher
les cadeaux.
Fabriquez un papier cadeau, si vous le souhaitez, selon
le même procédé avec un disque.




ŒUVRE NEIGE

Pensez que la neige tombe.
Pensez que la neige tombe partout
tout le temps.
Lorsque vous parlez avec quelqu'un, pensez
que la neige tombe entre vous et
sur cette personne.
Cessez de converser lorsque vous pensez que la
personne est recouverte de neige.

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 21:34
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
ŒUVRE CANON

Collez votre nom sur la fenêtre.
Empruntez un canon.
Éloignez-vous et tirez sur
votre nom.

Le nom peut être un nom ou un numéro
trouvé au hasard dans un annuaire
téléphonique.

Si vous ne pouvez disposer d'un canon,
servez-vous de mitrailleuses, de flêches, de pierres,
crachez, urinez, arrosez, ou
toute autre méthode.

Si vous ne disposez de rien, observez
jusqu'à ne plus pouvoir distinguer le nom
au soleil couchant.

Vous pouvez observer au moyen de télescopes.




ŒUVRE QUI DORT I

Notez toutes les choses que vous souhaitez faire.
Demandez à d'autres de les faire et dormez
jusqu'à ce qu'ils aient achevé de les faire.
Dormez aussi longtemps que possible.




TABLEAU À CONSTRUIRE DANS VOTRE TÊTE

Imaginez une fleur faite dans un matériau résistant,
tels l'or, l'argent, l'acier inoxydable,
le laiton, le marbre, le cuivre, etc.
Imaginez cela au point que vous puissiez compter chacun
des millers de pétales de la fleur.
Imaginez que les pétales deviennent
soudain doux comme le coton ou comme la
chair.
En trois heures, percez tous les pétales.
Épargnez-en un et pressez-le dans un livre.
Dans la marge de la page où le
pétale est pressé, notez son origine
et son nom.
Il faut au moins huit heures
pour construire le tableau.

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 21:43
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
ŒUVRE DÉSORDRE

Servez-vous des choses jusqu'à leur dissolution.
Essuyez vos doigts collants après vous en être servi.

Servez-vous des choses jusqu'à leur évaporation.
Buvez de l'eau après vous en être servi.

Servez-vous des choses jusqu'à ce qu'elles deviennent
sèches et dures.
Faites-en une flûte.





ŒUVRE HORLOGE

Choisissez une horloge.
Mettez-la à l'heure.
Vous pouvez remonter l'horloge mais jamais
la remettre à l'heure.
Appelez-la votre horloge de vie.
Vivez en conséquence.



ŒUVRE BOÎTE

Achetez un grand nombre de boîtes à rêve.
Demandez à votre épouse d'en choisir une.
Rêvez ensemble.

Auteur: didico
Date: 08 Déc 2005 21:47
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
ŒUVRE QUI TOMBE

Sortez de vous.
Regardez-vous descendre la rue.
Faites en sorte de trébucher sur une pierre et de tomber.
Regardez.
Regardez les autres en train de regarder.
Observez attentivement votre manière de tomber.
Le temps que cela prend et à quel rythme vous tombez.
Observez comme si vous regardiez un film au ralenti.




ŒUVRE CHIFFRE II

Remplacez les noms du livre par des chiffres
et lisez.
Remplacez les adjectifs du livre par
des chiffres et lisez.
Remplacez tous les mots du livre par
des chiffres et lisez.





ŒUVRE PLACARD II


Placez un souvenir dans une moitié de votre cerveau.
Isolez-le et oubliez-le.
Laissez l'autre moitié du cerveau en rêver.



Voilà

Auteur: Jârvis
Date: 08 Déc 2005 21:55
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Si on était pas dans un sujet sur la poesie j'aurai dit "putein meird !! j'adore ce que fait Yoko Ono !"


Auteur: jwana972
Date: 09 Déc 2005 21:19
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
mi moi

Aloooow, les deux premiers poèmes de Manuel Vázquez Montalbán "me dan arcadas" (je sais plus comment on dit ça en français ) en plus, j'ai été traumatisée par mussieu, durant mes dures années de fac

Par contre, les autres éveillent en moi un interêt suffisamment grand pour que je les relise plusieurs fois, menm si sa pa ka sèvi ayen piskè sa pa ka boulversifié mwen par contre, an ka touvé kè "personne n'a affiché le mot fin" et "si tu te perdais" ka ban mwen'y bien

Ce sont des traductions? si oui, Y'a moyen didi chéwi d'avoir les originaux? t'as dit fèmounchi.é la? jiss pour moi quoi, ça m'interesse


didico ki wouv enfin son zié a écrit:
 
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Enfin !
J'ai adoré aussi : an ka twouvé sa magnifik menm

Un pwen pouw twa !  
 


ah baaaaaan an pa sav poutchi, sa pa ka étonné mwen et pourtant, c'est chié avec beaucoup d'élégance

ben an ké mété dé piti a Mallarmé anko, pass an bien enmen missié

Le sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
À l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angelus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.


Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon b.aiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.


Et je t'envoie si ça t'interesse et que tu en veux plus vers ce site qui est extrêmement bien fait : http://www.mallarme.net/rubrique19.html


Ban, an ka mété an bèl ti poème a Victor Hugo baw, c'est pas un des meilleurs, mais j'aime


Souvenir de la nuit du 4


L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.


Sa bèl hein?

je suis en total HS dans ce topic


Pour ce qui est de Yoko Ono ("Oeuvre placard II" ) ben je trouve ça super interessant, ça me plaît bien, le truc c'est que je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il y a a comprendre, s'il y a quelque chose à comprendre, et en lisant ça, ça me pousse à me demander si je suis vraiment couill.one, et la réponse qui s'impose blo à mon esprit me fait peur...

vrala pour todaay come back soooooon

Auteur: didico
Date: 11 Déc 2005 15:37
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Jârvis a écrit:
 
Si on était pas dans un sujet sur la poesie j'aurai dit "putein meird !! j'adore ce que fait Yoko Ono !"

 
 


So do I

jwana972 a écrit:
 
mi moi

Aloooow, les deux premiers poèmes de Manuel Vázquez Montalbán "me dan arcadas" (je sais plus comment on dit ça en français ) en plus, j'ai été traumatisée par mussieu, durant mes dures années de fac

Par contre, les autres éveillent en moi un interêt suffisamment grand pour que je les relise plusieurs fois, menm si sa pa ka sèvi ayen piskè sa pa ka boulversifié mwen par contre, an ka touvé kè "personne n'a affiché le mot fin" et "si tu te perdais" ka ban mwen'y bien

Ce sont des traductions? si oui, Y'a moyen didi chéwi d'avoir les originaux? t'as dit fèmounchi.é la? jiss pour moi quoi, ça m'interesse  
 


Pooooooo ! Ou pa enmé sa ? Je posterai encore un dernier de missié (peut-être que tu le connais ? C'est celui qui commence par "Définitivement rien n'est resté d'avril...")

Malheureusement j'ai que les traductions françaises faites par Georges Tyras !


jwana972 a écrit:
 
ben an ké mété dé piti a Mallarmé anko, pass an bien enmen missié

Le sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
À l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angelus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai. 
 


J'aime pas !


Citation:
 
Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon b.aiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul. 
 



Hé ben ! Il m'a fallu 8 bonnes lectures au moins pour enfin comprendre ce poème ! (an fin pa kapté sa missié té ka di an lisant à l'envers )

C'est très bien écrit, c'est sûr ! Par contr,e rien, à faire : j'aime pas ! J'"entre pas en résonance avec ce poème : je le lis mais il m'est étranger !

jwana972 a écrit:
 
Et je t'envoie si ça t'interesse et que tu en veux plus vers ce site qui est extrêmement bien fait : http://www.mallarme.net/rubrique19.html 
 


Merci, j'y jetterai un oeil


jwana972 a écrit:
 
Ban, an ka mété an bèl ti poème a Victor Hugo baw, c'est pas un des meilleurs, mais j'aime


Souvenir de la nuit du 4


L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.


Sa bèl hein?  
 



Alors lààààààààààààààààààààààààà ! C'est tout ce que je déteste !
Sérieux je peux pas avec des trucs comme ça

jwana a écrit:
 
je suis en total HS dans ce topic


Pour ce qui est de Yoko Ono ("Oeuvre placard II" ) ben je trouve ça super interessant, ça me plaît bien, le truc c'est que je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il y a a comprendre, s'il y a quelque chose à comprendre, et en lisant ça, ça me pousse à me demander si je suis vraiment couill.one, et la réponse qui s'impose blo à mon esprit me fait peur...

vrala pour todaay come back soooooon  
 




Pa flipé : Yoko Ono on janw ispésial donk bon


Ben en attendant je vais poster quelques poèmes d'Ernst Meister


TOURBILLON

L'essence du monde
s'aspire
elle-même.
Dans le remous
apparaissent pour nous des corps,
flottent
sous nos yeux des images.

Rose, que dit
la vie ?
Qu'elle va
vers ce qui était.
Que dit la mort ?
Rose.
Qu'elle ancre
dans les yeux ses épines,
barques
aspirées par le flot.







L'AUTRE NUIT

Je vois,
quoique endormi;
toi aveugle,
suis-je ton dormeur ?

Nous
ne sommes pas les tranchants
de deux faux en mal d'amour,
les serpents non plus
qui se cherchent en s'étreignant.

Moi, mot ténébreux
et toi,
plus sombre encore,
effarant
celui qui dort.

Auteur: didico
Date: 13 Déc 2005 16:36
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Bon ben j'ai décidé de revenir sur Mina Loy avec deux autres poèmes d'elle :



BRILLANTE CONFUSION DE BRILLANCE

Le soleil au zénith
incendie de son diamant criard
chaque frondaison
avec une telle bravade
que les diverses espèces de feuille
en demeurent anonymes






PLAFOND À L'AUBE

Flottant dans l'ovale d'un oeil qui ne veut pas se fermer

les épaves d'ombres blanchies à la chaux
de l'aube intérieure
filment d'indolents nuages-

un Cinéma-Nirvana
projette
de pâles idéogrammes
et les épitaphes des rêves

sur le pan oblique et blanc

Échos visuels
en rangs blanchis

-c'est l'agitation dispersée,
égarée de la somnolence-

fleur aérienne aride
assoupie dans le pâturage étiolé
de notre réveil

Auteur: didico
Date: 13 Déc 2005 16:51
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Et retour rapide sur Ernst Meister (avant de passer à d'autres poètes)

HIVERNAL II

La neige dans la bouche
purifie
tout mot d'amour.
Les yeux
de la ronce des sables
couvent sous le gel.

Voici,
tel le minerai
bleu
des astres,
sur la langue
un goût-

À peine sensible
de folie.


OMBRE

Toi, mon ombre, toi
rien de moi-même,
connais-tu le gardien
informe, se cachant
dans le rayon de la fontaine ?

Si toi, ombre, tu
cueillais des ombres
de roses, qui
te punirait ?
Celui-là
Dans le rayon de la fontaine ?




ÉTUDES IV

Mais que convient-il
aux morts et
aux vivants
d'entendre, puisque
j'ai fait emplette de l'ombre
d'un ancien luth
à la marchande généreuse
qui vend surtout
ce genre d'ombre ?

Auteur: didico
Date: 13 Déc 2005 17:06
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Et à présent trois poèmes de José Marmol (les trois seuls dont une traduction française a été publiée à ma connaissance)


Quand tu dors
Quand tu meurs


une vieille radio. une lampe à gaz. une tasse
de thé frois. une précieuse éditiondu Tao. une
Bible de Schöekel. des mains de femme
aimée jusqu'à l'impossible. humide manque sur
la superficie osseuse de la table celte. mais il y a à
chaque empan risque de couleurs et de formes.
splendeurs. liquide tombé des jours perdus
à l'heure de l'angélus. il y a une absence grise.
frais vestige de qulques contingences
désirées. ay de la mémoire palpant avec son
odorat de lointaines sensations. le jet de l'eau
sur les pointes des seins et des genoux. sur les
mains des filles et les yeux pris d'
ennui, et tout ce monde des mondes
pour que j'aille solitaire de l'envoûtement de l'aube.
toute cette langue sans mots comme unique
présence de la nuit. comme route du rêve.
comme chemin de la mort qui est le même.



to be continued...

Auteur: jwana972
Date: 14 Déc 2005 01:07
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
didico a écrit:
 
Et retour rapide sur Ernst Meister (avant de passer à d'autres poètes)

HIVERNAL II

La neige dans la bouche
purifie
tout mot d'amour.
Les yeux
de la ronce des sables
couvent sous le gel.

Voici,
tel le minerai
bleu
des astres,
sur la langue
un goût-

À peine sensible
de folie.


OMBRE

Toi, mon ombre, toi
rien de moi-même,
connais-tu le gardien
informe, se cachant
dans le rayon de la fontaine ?

Si toi, ombre, tu
cueillais des ombres
de roses, qui
te punirait ?
Celui-là
Dans le rayon de la fontaine ?




ÉTUDES IV

Mais que convient-il
aux morts et
aux vivants
d'entendre, puisque
j'ai fait emplette de l'ombre
d'un ancien luth
à la marchande généreuse
qui vend surtout
ce genre d'ombre ? 
 


rooooh sa sa bèèèèèl Mina Loy, mouais bof, c'est passable

par contre, an ka espéré lé dé zot la ta Marmol ou ké mété a mèyè kè tala pass i pa an gou mwen meeeeeeenm an ka li sa kon an té ké li botin la, parfaitman

Bon an ka essayé sondé tout' prodiksyion a de Vigny... je désèspère

Edit: bon, ben an ka hésité entre "Les amants de Montmorency" épi "la mort du loup" pass sé dé poèm tala ka fè parti di sa ki pli connu di missié, mé bon, an ja sav ka ou ké di

An nou ay pou "la mort du loup"

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions, sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois ni la plaine
Ne poussaient un soupir dans les airs; seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; bientôt,
Lui que jamais ici l'on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçaient la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions, pas à pas, en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse,
Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa Louve reposait comme celle de marbre
Qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils, qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre; et, comme je le crois,
Sans ses deux Louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

III

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au cœur !
Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »


Aaaaaah seigneur, tant de beauté me tue, oui oui, parfaitement!

i'll be back...

Auteur: didico
Date: 16 Déc 2005 14:32
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Comme promis me revoilà

Alors alors jwana........ben pour "la mort du loup" que dire ? : j'ai trouvé ça hyper coui.llon, mais d'une force
Enfin bref, passons !

Voici donc les 2 autres poèmes de José Marmol (dont le premier est dédicassé à la grande quimboiseuse du MEC ! )

MADAME SOSOSTRIS DE MARMOL

la tante Consuelo. aux mains et au visage
clairvoyants. avec des taches de café qu'elle mettait
l'après-midi dans de petites tasses. tout l'avenir
(aujourd'hui souvenirs) de subtils bourbiers
adolescents. menaçant applaudissement du toit
de zinc. sous l'immense pluie qui noie la
province.
avez-vous pensé aux certitudes des prodiges ?
coïncidences. vous avez dit coïncidences. le
cordon d'or. comme un pendule magique entre
les mains osseuses. présageant le sexe de
crétures toujours sujettes à la chair et à la rumeur.
la tante Consuelo. avec un touché de mystère et
une parole de feu. entourée de jeunes chevelures
et de regards sur l'intrigue. vous avez dit hasard
inébranlable. elle a proféré des imprécations sur les propres
signes zodiacaux. je parvenais sans être vu
à presque tout écouter. sans que je sois suspecté
dans l'épaisseur du bois. jamais je ne pus rire.
comme elles le faisaient entre orgueil et regret.
parce qu'il y avait en ces après-midi d'averse
continue. trop d'invention. trop
de chansons. et de figures bestiales. dromadaires.
chevaux et démons.






Et le dernier de Marmol pour la route :

ANTIÉLÉGIE POUR ANTONIN ARTAUD

......................................Je pourrais aller en enfer, mais un tel Dieu
......................................n'aura jamais mon respect.

...................................................................................................................................................................................................................................................................Milton


à six heures du néant l'aquarium sans vie de la table
se compose de larges veines
de roses bleutées dans la haie

mes samedi tant obliques
dans lesquels le zéro pèse la traversée du temps
et bat avec moindre impunité
le pouls à l'approche de la mort

j'ai laissé peser mes envies d'être
sur les quatre tempes du Bifront
en l'homme auquel je pense
Schiller m'apporte liberté et confort
en l'homme de temps que je suis
enfonce des souris tuées par un heurtoir de peur

il pleut dans la ville
une chaleur de chiens faibles se pressant

ma tête est une sphère
dont le point central est toutes parties
et son bord le temps entier

il y a des fleurs pleurant sèches
en position prénatale sous l'automne

le discontinu entoure mon dessein
le discontinu sans loi de la discontinuité

cellule psychiatrique et camisole de force
veilleront sur Momo
ce morceau fou d'instinct qui n'apprend pas
l'incorrection d'aimer porter l'homme
à l'univers entier

à six heures du matin cela fait des siècles sans le savoir
j'ai écrit que l'aquarium
les choses et l'homme
tout est mort
sur les terres de Dieu
sans oubli possible et sans mémoire


Jwana ou pé pa di mwen ou pa enmé poèm la sa ! Moi je rhaiiiime : qué viva Santo Domingo !

Bientôt viendront les tours de Roberto Juarroz (peut-être mon poète préféré ) et Tadeusz Różewicz

Auteur: didico
Date: 20 Déc 2005 16:38
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
Et c'est reparti pour une sélection de mes 10 poèmes préférés de Tadeusz Różewicz ( qui possède ue écriture remarquablement simple et économe) non stop

Goooooooo !





DÉMONTÉ



Tous ........................................................................................................................................................................................................................ les ...... souvenirs ...... images ...... informations ...... expériences
concepts sentiments qui en moi s'agençaient
ne s'assemblent plus ne forment plus un tout en moi
il arrive encore qu'ils m'atteignent accostent
au rivage de ma mémoire effleurant délicatement ma peau
de leurs griffes émoussées
À quoi bon mentir
je ne constitue plus un tout j'ai été brisé et démonté
qui donc se pencherait sur ces fragments qui daignerait s'y intéresser
je suis moi-même trop occupé pour le faire
qui pourrait se souvenir de la forme de mon être intérieur
dans cette confusion dans l'agitation fiévreuse
de ce couloir où mille portes s'ouvrent et se referment
qui saurait reconstituer une forme
alors qu'elle n'a laissé d'empreinte ni dans la craie blanche
ni dans la houille noire
moi-même pressé de me prononcer là-dessus
je ne peux m'en souvenir

on prétend que je suis vivant








ROSE VERTE



......................................................I

« ...et avec un fil vert elle broda ue rose... »

Les grandes villes
surpeuplées
grossissent
puis se dépeuplent
flux
et reflux
bancs d'humains serrés
en telle promiscuité
qu'on peut avec des bribes de phrases
jetées
çà et là
se faire une idée de leur organisation
imaginer ce qu'il en est de l'intérieur
mais dans un essaim
sans reine
on vit de plus en plus solitaire
la distance qui sépare un homme d'un autre
augmente sous les néons
dans les villes surpeuplées
où l'on va se frottant l'un à l'autre jusqu'au sang
nous restons avec une poignée de proches
mais eux aussi s'en vont
chacun de son côté

ils emportent avec eux
aspirateurs tableaux sans valeur
femmes et enfants
moteurs frigos
une certaine quantité d'informations
des cendres des pseudonymes
quelques reliefs d'esthétique
de foi
une sorte de dieu
une sorte d'amour
d'autres encore
retournent à leurs cavernes
leur butin de viande entre les dents
les plus faibles restent
vissés au zinc ou à la table
les plus faibles encore
cherchent appui dans l'ombre des mots
mais ces mots sont si transparents
qu'on voit à travers eux la mort
rien
nous partons
de mauvaise grâce renfermés
et personne n'avoue qu'il part
mieux vaut ne pas semer le trouble
tous donc vivent éternellement

vou souvient-il
des cœurs que nous avions
aux temps de l'oppression la plus dure
ouverts à la souffrance et à la joie d'autrui
qui s'infiltraient aisément en nous
de toutes parts
votre vie accourait alors vers moi
nous voici maintenant couverts d'armures
et seules les fissures
de nos visages
laissent transparaître






Brrrrrrr ! J'ai eu des frissons en lisant ça dans le métro
to be continued

Auteur: didico
Date: 20 Déc 2005 17:02
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
DEUXIÈME PROPOSITION



L'œuvre
achevée
il faut la briser
et quand elle se ressoude
la briser à nouveau
aux points où elle touche à la réalité
il faut enlever les éléments
fortuits
fruits de l'imagination
les autres il faut les lier
par le silence
ou les laisser déliés
une fois l'œuvre
achevée
il faut retirer les fondations
sur lesquelles elle repose
-les fondations entravent le mouvement-
alors la construction
s'élèvera
et se mettra à voler
l'espace d'un instant
au-dessus de la réalité
qu'elle finira par percuter
collision
qui marquera la naissance
d'une œuvre nouvelle
étrangère à la réalité
qu'elle surprend
fracasse
métamorphose

et qui elle-même subit en retour
une métamorphose





j'adore deuxième proposition







PARMI DE MULTIPLES OCCUPATIONS


Parmi de multiples occupations
d'une extrême urgence
j'ai oublié
qu'il faut aussi
mourir

inconscient que j'étais
j'ai négligé cette tâche
ou je l'accomplissais
superficiellement

dès demain
tout va changer

je vais me mettre à mourir soigneusement
avec optimisme et sagesse
sans perdre de temps




SUR LES VIEILLES FEMMES



J'aime les vieilles femmes
femmes laides
femmes mauvaises

elles sont le sel de la terre

les déchets humains
ne les rebutent pas

elles connaissent le revers
de la médaille
de l'amour
de la foi

elles s'en viennent et s'en vont
les dictateurs font les pitres
les mains tachées
de sang humain

les vieilles femmes se lèvent à l'aube
achètent pain viande fruits
font le ménage et la cuisine
bras croisés dans la rue
elles poireautent sans rien dire

les vieilles femmes
sont immortelles
Hamlet se débat dans les mailles du filet
Faust joue un rôle ignoble et ridicule
Raskolnikov abat sa hache

les vieilles femmes sont
indestructibles
elles sourient avec indulgence

Dieu se meurt
les vieilles femmes se lèvent comme tous les jours
à l'aube elles achètent pain vin poisson
une civilisation se meurt
les vieilles femmes se lèvent à l'aube
ouvrent les fenêtres
jettent les immondices
l'homme se meurt
les vieilles femmes lavent les dépouilles
enterrent les morts
plantent des fleurs
sur les tombes

j'aime les vieilles femmes
femmes laides
femmes mauvaises

elles croient en la vie éternelle
elles sont le sel de la terre
l'écorce de l'arbre
le regard humble de l'animal

elles voient la lâcheté et l'héroïsme
la grandeur et la bassesse
dans leurs justes proportions
proches des exigences
de la vie de tous les jours
leurs fils découvrent l'Amérique
tombent aux Thermopyles
meurent crucifiés
font la conquête du cosmos

les vieilles femmes sortent à l'aube
en ville elles achètent lait pain viande
assaisonnent la soupe
ouvrent grandes les fenêtres

seuls les imbéciles se moquent
des vieilles femmes
femmes laides
femmes mauvaises

car elles sont belles
pleines de bonté
les vieilles femmes
sont l’œuf
le mystère sans mystère
la boule qui roule

les vieilles femmes
sont des momies
de chats sacrés

de minuscules sources
qui se dessèchent
des fruits
à la peau ridée
ou des bouddhas ventrus
ovoïdes

quand elles meurent
de leurs yeux coule
une larme
qui rejoint
sur leurs lèvres un sourire
de jeune fille

Auteur: didico
Date: 20 Déc 2005 17:29
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
***


Je tentais de me rappeler
ce beau
poème
jamais écrit

formé au creux de la nuit
et déjà presque mûr
il avait plongé
fondu dans la lumière du jour
il n'existait plus

ce poème était vraisemblablement
un poème sur lui-même
comme une perle
est la description d'une perle
et un papillon la description d'un papillon

par moments je l'avais sur le bout de la langue
et inquiet j'attendais
sa transmutation
en verbe

ce poème évanescent
dans la lumière du jour
s'était refermé sur lui-même
et parfois seulement
il brille d'un vif éclat

mais je ne cherche pas à le sortir
de ces tréfonds obscurs
pour le déposer sur la rive plate
de la réalité







UN MIROIR


après des années de tumulte
de vaines questions
et réponses
le silence m'enveloppa

le silence est le miroir
de mes poèmes
leurs reflets se taisent

Rembrandt
dans les langes de la vieillesse
la bouche édentée
me mastique
et ricane
du haut des cimaises
du Wallraf Museum

pourquoi n'es-tu pas devenu
muet ou peintre
un Krynicki un Nikifor
les traits rongés par le temps
dessinent
notre visage commun

le visage que je vois maintenant
je l'ai vu au début
mais je ne l'avais pas prévu

le miroir
vif et jeune
le dissimulait en lui

à présent terni
inerte noirci
il agonise
sans renvoyer le moindre reflet
du temps de la lumière
de la respiration (de l'espace)








LES MOTS


les mots sont usés
mâchonnés comme un chewing-gun
par une bouche fraiche et jolie
transformés
en une grosse bulle en ballonnet

affadis par les politiciens
ils servent à rendre les dents
plus blanches à se rincer la cavité
buccale

au temps de mon enfance
on pouvait appliquer un mot sur une blessure
on pouvait l'offrir
à la personne aimée

maintenant affadis
emballés dans du papier journal
les mots continuent à puer à distiller leur venin
à blesser encore
cachés dans les têtes
cachés dans les cœurs
cachés sous les robes
des jeunes femmes
cachés dans les livres sacrés
ils explosent
ils tuent








L'HERBE


Je pousse
entre les pierres des murs
là où
elles sont posées
là où elles sont scellées
là où elles forment des voûtes

là je me glisse
graine aveugle
dispersée par le vent

dans les fêlures du silence
je prolifère patiemment
j'attends que les murs s'écroulent
et retournent à la terre

je recouvrirai alors
les visages et les noms





Et vrala pour Tadeusz Różewicz

Bientôt je vais enchaîner avec (peut-être) mon poète préféré comme je l'ai déjà dit : Roberto Juarroz

Allez un ti extrait de ce que ça donne en avant-première





10

Le suprême égarement
de parler quand tout se tait
ou de se taire quand tout parle
se dissimule dans la manœuvre
de parler pour se taire
ou de se taire pour parler.

La réalité est une toile criblée
de gouttes de paroles et de gouttes de silence.
Et les gouttes se mélangent
dans un délire sans axiomes
au point d'imprégner parfois toute la toile.

Pourra-t-on un jour sécher la toile
pour pouvoir ainsi nous envelopper ?



Jwana c'est à toi à présent

Auteur: jwana972
Date: 22 Déc 2005 01:03
Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
I'm coming, i'm coming, for my head is bending low...

an pa oubliyéw, an ka viniiii

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