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Créole Haïtien
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  Langue locale:   Sujet: Créole Haïtien

Missyna alna
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 #211 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 01 Sep 2010 21:23

Petit guide médical tout public en créole : http://www.hesperian.info/assets/Where_There_is_no_Doctor_Creole.pdf (532 pages )


Where There Is No Doctor
Yon liv pou tout zon andeyo kote ki pa gen lopital, kinik osinon dispansè manuel ; 532 pages [créole]
Aut. David Werner
Ed. Hesperian - Berkeley
Date: Jan 1991
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 #212 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 10 Nov 2012 00:26

Le cinéma haïtien ne tient certes pas la comparaison anec les autres productions ; mais au moins c'est l'occasion d'entendre parler créole . Une petite bande annonce.

TOUT MOUN PRAN KOU (Un Film de Wilby Alexis)



Fanm se rat ( Une réalisation de Wilfort Estimable)


Gason se chat



FANM DOUS MWEN (Une réalisation de Wilfort Estimabl - à pas ti blag papa ! )

William kité Montréal poul al chèché yon fanm an france. Kesyon pozé: Eske William ap chèché yon fanm ou yon bonn, an nou gadé piblisité a.

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 #213 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 06 Aoû 2013 22:36

Des articles sur l'écriture en créole:

Citation:
 
Jusqu'où iront les dérives de l’écriture du créole haïtien ?

Écrit par Hugues St. Fort, PhD Lundi, 16 Janvier 2012 03:59

De tous les pays créolophones de la Caraïbe, Haïti est le seul où a été adoptée par décret une loi autorisant l’écriture du kreyòl dans les écoles et fixant les principes de la graphie de cette langue. C’était en janvier 1980. Sept ans plus tard, en mars 1987, une constitution proclama le kreyòl la langue officielle d'Haïti à égalité avec le français qui jouissait de ce statut depuis 1918 durant l'occupation américaine.
[i] On connait bien maintenant (cf. Déjean 1980, Faraclas et alii 2010, Schieffelin & Charlier-Doucet 1998, Valdman 2005) l'histoire de l'orthographe du créole haïtien. Jusqu'aux années 1920-1930, les rares locuteurs haïtiens francophones qui écrivaient en créole ne suivaient aucun principe, aucun système d’écriture clair et se contentaient d’écrire la langue plus ou moins selon leurs humeurs du moment, plus ou moins selon l'orthographe française. Les premières orthographes systématiques du créole haïtien furent proposées en 1924 par Frédéric Doret et en 1939 par Christian Beaulieu. Ils étaient tous les deux Haïtiens. Cependant, leurs propositions ne furent pas écoutées (Schieffelin & Charlier-Doucet 1998).

Au cours des années 1940, un pasteur protestant irlandais du nom d'Ormonde McConnell et un éducateur américain spécialisé dans les questions d'alphabétisation, Frank Laubach, mirent sur pied une nouvelle orthographe systématique du kreyòl. Elle était basée sur l'alphabet phonétique international (API) mais la plupart des lettrés haïtiens de l’époque pensaient qu'elle était basée sur l'anglais et déclenchèrent une violente campagne contre son adoption. Aujourd'hui encore, un certain nombre d'Haïtiens continue à dire que c'est une orthographe « américaine ». Alors que c'est complètement faux.

Au cours des années 1950, deux intellectuels francophones haïtiens, Charles-Fernand Pressoir et Lelio Faublas, apportèrent des changements à ce que les défenseurs d'une certaine orthographe dite « française » considéraient comme une « horreur ». Il en résulta une orthographe légèrement différente de ce qu'on appelait alors l'orthographe Laubach et on prit l'habitude de la désigner sous le nom d'orthographe Pressoir. Cette orthographe fit les beaux jours de tous ceux qui prônaient la défense et l'illustration de la langue créole en publiant leurs textes dans cette langue. Par exemple, c'est en orthographe Pressoir que fut publiée une œuvre qui est considérée maintenant comme un chef-d’œuvre, le premier roman de la littérature haïtienne entièrement écrit en kreyòl, Dezafi (1975), du grand écrivain haïtien francophone et créolophone, Frankétienne.

Vers 1975, les milieux éducatifs officiels alors en pleine ébullition mirent sur pied une nouvelle institution appelée « Institut Pédagogique National » (IPN) et un Groupe de recherches et d’études appelé « GREKA » (Gwoup Rechèch pou Etidye Kreyòl Ayisyen). Ils révisèrent l'orthographe dite « Pressoir » et en proposèrent une version légèrement modifiée, connue sous le nom de « orthographe IPN ». C'est cette orthographe qui a été adoptée par le gouvernement haïtien en septembre 1979 pour être utilisée dans les écoles. Quatre mois plus tard, le 31 janvier 1980, le gouvernement haïtien rendit publics les principes de la graphie du créole dont on allait se servir non seulement comme langue d'instruction mais aussi comme objet d’étude dans les écoles de la République. Actuellement, l'orthographe standardisée officielle du créole haïtien fait loi dans les milieux scolaires, universitaires, journalistiques, publicitaires, politiques, économiques, littéraires, commerciaux de la société haïtienne et est utilisée par tous les étrangers (de plus en plus nombreux) qui utilisent le créole haïtien. Les dictionnaires bilingues haïtiens (français-créole et anglais-créole) les plus valables sur le plan méthodologique et publiés après 1987 ont adopté sans réticence aucune cette orthographe standard officielle. On a dépassé d'une manière générale, quoiqu'en disent quelques attardés, l'amateurisme et l'insouciance qui ont dominé l’écriture du kreyòl pendant de longues années.

Le terme « standardisation » est l'un des plus importants dans le grand travail d'aménagement linguistique qui reste à faire dans les pratiques linguistiques du kreyòl. Pour le linguiste franco-américain Albert Valdman (1984) dont les recherches sur le créole haïtien remontent à plus de quarante ans, le terme « standardisation is used in the sociolinguistic literature to refer to a formal, conscious process of language uniformization usually undertaken by official organisms, although several individual endeavors rank among the more celebrated cases of standardization. » (standardisation est utilisée dans la littérature sociolinguistique pour désigner un processus conscient, formel d'uniformisation d'une langue habituellement entrepris par des organismes officiels, quoique qu'il existe plusieurs activités individuelles considérées parmi les plus célèbres cas de standardisation.) [ma traduction]. Grâce aux travaux initiés par McConnell et Laubach et poursuivis par Pressoir, l'IPN et le GREKA, l'orthographe du kreyòl a été standardisée et il est hors de question que l'on retourne aux tâtonnements d'avant. Le système graphique actuel du kreyòl est logique, pratique et a été soigneusement élaboré. C'est le seul créole de la Caraïbe qui possède une orthographe standardisée et officielle et qui fonctionne comme co-langue officielle de la nation (l'autre langue officielle étant le français).[ii]

Il faut signaler cependant que si l'orthographe du kreyòl a été standardisée, on n'en est pas encore à une standardisation des structures syntaxiques et ceci peut poser problème dans le cadre de toute politique linguistique qui voudrait creuser le problème linguistique haïtien dans toute sa profondeur afin d'y trouver une solution.

Pourtant, depuis quelque temps, il se manifeste dans les pratiques écrites du créole haïtien spécialement parmi les locuteurs de la diaspora haïtienne mais de temps en temps aussi chez quelques individus isolés de l'intérieur certaines dérives scripturales qui, sans être particulièrement inquiétantes, peuvent causer un peu d'irritation.

La plus enquiquinante se rapporte aux dérives de la lettre « r » que certains locuteurs persistent à remplacer par la lettre « w », même dans les cas où le son « r » existe et se trouve effectivement prononcé dans la conversation. Comment expliquer cela ?

Pour certains scripteurs haïtiens, tout se passe comme si la lettre « r » n'existait plus en kreyòl et qu'on doit utiliser uniquement la lettre « w ». Par exemple, on écrit « twavay » au lieu de « travay », qui est pourtant la prononciation courante de tous les locuteurs haïtiens ; on écrit « migwèn » au lieu de « migrèn », « dowe » au lieu de « dore », *« intéwésé » au lieu de « enterese », « fwekans » au lieu de « frekans », « wat » au lieu de « rat », etc.

Ce qu'il faut savoir et retenir, c'est que et la lettre « r » et la lettre « w » existent dans l’écriture du créole haïtien et qu'il ne faut jamais confondre la lettre et le son. Le son, c'est ce qu'on entend. La lettre, c'est le symbole qu'on a choisi pour représenter ce son. Dans l'alphabet phonétique international, le même son est toujours représenté par le même symbole et le même symbole est toujours représenté par le même son. Par exemple, le son [o] sera toujours représenté par la graphie « o » et la graphie « o » représentera toujours le son [o]. C'est l'une des différences fondamentales entre l’écriture du français et l’écriture du kreyòl. Nous savons en effet que la graphie du français est extrêmement irrégulière et que nous pouvons avoir plusieurs graphies différentes pour le même son. Par exemple, le son [o] est représenté en français par cinq graphies différentes : au, comme dans « autel » eau, comme dans « peau », aud, comme dans « échafaud », o, comme dans « rose », hau, comme dans « hauteur », ô, comme dans « drôle ». Il existe un son /w/[iii] en créole haïtien que les linguistes ont identifié comme le son qui se produit devant un groupe de voyelles dites postérieures arrondies et qui sont « o », « ou », « ò », « on ». Ainsi, la majorité des locuteurs haïtiens nés et élevés en Haïti disent « pwovens », (province) « twou » (trou), « wòklò » (têtu), « wòb » (robe) « fwontyè » (frontière). Mais ce son est plus difficile à trouver devant certaines voyelles dites antérieures comme « e », « en ». Ainsi, on ne dit pas « wele », on dit « rele » (crier, appeler), on ne dit pas « wepiblik », on dit « repiblik » (république), Mais, on dit « wete » (enlever) aussi bien que « rete » quoique avec un sémantisme différent. On peut trouver indifféremment et /w/ et /r/ devant la voyelle nasale « en ». Un exemple classique est cette paire : Mwen kontan et Mren kontan.

Donc, chez la grande majorité des locuteurs haïtiens, le son /w/ se produira devant les voyelles postérieures identifiées plus haut. On ne trouvera le son /r/ que chez une petite minorité de ces locuteurs. Faut-il critiquer ceux et celles qui produisent ce son /w/ ? Ce serait faire preuve d'une méconnaissance totale des principes élémentaires de la phonétique. La production du son /w/ caractérise bien ce que nous appelons « accent », c'est-à-dire « un ensemble de particularités permettant de caractériser la prononciation d'une langue ou une prononciation régionale par rapport à une prononciation standard. » On sait que dans toutes les sociétés, les locuteurs possèdent un accent. Même dans un petit territoire géographique comme Haïti par exemple, des locuteurs se distinguent par leur accent régional qui permet d'identifier leur origine géographique. Par exemple, un locuteur capois est facilement identifiable par un locuteur de Port-au-Prince grâce à certains traits syntaxiques particuliers comme l'usage de la préposition a précédant le déterminant possessif postposé (pitit an mwen/ pitit a m), (mon enfant) là où le locuteur de Port-au-Prince dira (pitit mwen) ou certains traits lexicaux comme (ake) là où le locuteur de Port-au-Prince dira (avèk), (amizman) là où le locuteur de Port-au-Prince dira (pistach), (kaderik) là où le locuteur de Port-au-Prince dira (bonm) (marmite), (pann) là où le locuteur de Port-au-Prince dira (kwoke) (accrocher).[iv]

Autre particularité du son /r/ dans le kreyòl de l'ouest et du sud : le [r] disparait en fin de syllabe fermée ou en position post-vocalique[v] : les mots français qui y sont conservés perdent purement et simplement leur [R] placé dans cette position : le mot français porte est devenu pòt en kreyòl ; le verbe français partir est devenu pati en kreyòl ; l'adjectif/nom français mort est devenu mò en kreyòl ; le nom français père est devenu pè en kreyòl ; le nom français tambour est devenu tanbou. (Pompilus 1973 : 2-3) Signalons cependant que les locuteurs de la région du Nord (Cap, Limbé…) conservent la consonne /r/ en fin de syllabe.

Autre dérive de plus en plus répandue dans l’écriture du kreyòl : la transcription fautive de la chaine parlée, En voici quelques exemples :

1. « relel pou mwen » ; 2. « Mwen te palew », 3. « Se sam renmen ». 4. « Frèm nan ap pati demen swa »

Le problème dans ces 4 exemples, c'est que le découpage de la chaine parlée a été mal fait ou plutôt qu'il n'a pas été fait du tout. Ce qui peut conduire à une mauvaise identification des unités de la chaine parlée. L'exemple 1 semble indiquer qu'il existe trois « mots » : relel/pou/mwen/ alors qu'en fait il en existe quatre : rele ; li ; pou ; mwen. En ne séparant pas le « l » qui est la forme courte de la 3ème personne du singulier du pronom li », du verbe « rele », le producteur de cette phrase entraine le lecteur dans l'erreur.

L'exemple 2 est tout aussi confus. On pourrait penser que nous sommes en présence de trois « mots » alors que ce n'est nullement le cas. Nous avons ici affaire à quatre « mots » : le pronom personnel « mwen » dans sa forme pleine occupant ici la fonction sujet, le marqueur aspectuel d'antériorité te précédant la forme verbale pale, et la forme courte « w » de la 2ème personne du singulier.

Même chose à dire concernant l'exemple 3. Il faut prendre soin de découper « m » de « sa » pour en faire deux mots distincts : le pronom indéfini « sa » précédant la forme courte « m » du pronom personnel mwen en position de sujet du verbe « renmen ».

Dans l'exemple 4, le déterminant possessif postposé « m » doit être détaché du nom « frè ».

De plus en plus, on observe une pratique récurrente malheureuse qui ne correspond pas aux principes de la graphie du kreyòl. On ne sait pas quand il faut et quand il ne faut pas doubler la consonne nasale « n » à la fin d'un mot. Par exemple, faut-il écrire « jwenn » ou « jwen » ? « vin » ou « vinn » ? « sispann » ou « sispan » ?

Rappelons un autre principe fondamental de la graphie du kreyòl : toutes les lettres doivent être prononcées. Comme le dit Yves Déjean : « Pa gen lèt ki bèbè ». Le mot « jwen » et le mot « jwenn » existent tous deux dans la langue mais ils ne signifient pas du tout la même chose. « Jwen » a le sens de « moyen » dans cette phrase tirée du dictionnaire de Valdman et alii (2007 :309) « M pa ka jwenn jwen pou repare radyo a » (Je n'arrive pas à trouver le moyen pour réparer ce poste de radio) [ma traduction]. « Jwenn » est un verbe qui signifie « trouver » Son extra « n » doit être prononcé et cela fait de lui un autre mot. Alors que dans le mot « jwen », la consonne nasale « n » fait corps avec la lettre « e » précédant pour constituer le son nasal « en ».

« Vin » (Vi+n), forme courte de « vini » peut être employée ou bien comme verbe modal ou bien comme verbe intransitif. Ex. « Fi a pa ka vini » (Elle ne peut pas avoir un orgasme).[vi] Il ne prend qu'un seul « n » et n'est jamais utilisé pour le son nasal de la voyelle orale « è », puisque c'est la graphie « en » qui est utilisée dans ce sens. Par exemple, on écrira « diven » et jamais « divin ». « Vinn » n'existe pas dans la graphie créole car on ne double jamais la consonne nasale dans ce mot.

Quant au verbe « sispann », le redoublement de la consonne nasale « n » permet d’éviter en créole le groupe consonantique [dr] qui existe à la fin du mot français « suspendre » mais le mot *sispan ne fait pas partie du lexique kreyòl.

Que faire pour trouver une solution à ces dérives ? La meilleure réponse est d'assurer une formation de qualité à tous les formateurs qui, en Haïti, enseignent la langue créole en tant qu'objet d’étude aux jeunes et aux moins jeunes. C'est en Haïti que les apprenants doivent maitriser les structures orthographiques, syntaxiques et lexicales de la langue créole. Ceux qui sont les plus à l'aise dans l’écriture du créole semblent être ceux qui avaient appris à lire, écrire, et pratiquer cette langue sur une grande échelle en Haïti avant de quitter le pays. Cela ne veut pas dire qu'il faut abandonner les autres qui n'ont pas eu le temps ou la chance de recevoir une formation qui leur a permis d'aller au-delà du simple fait d'apprendre à lire et à écrire en kreyòl. Tout locuteur haïtien a pour obligation de maitriser les structures écrites et standardisées de sa langue première (L1). C'est le minimum de respect qu'il se doit à lui-même.

Hugues St. Fort - Hugo274@aol.com



Références citées :

Yves Déjean (1980) Comment écrire le créole d'Haïti. Montréal: Collectif Paroles.

Nicholas Faraclas, Arthur K. Spears, Elizabeth Barrows, and Mayra Cortes Pineira (2010) Orthography.The Haitian Creole Language. History, Structure, Use and Education. Ed. by Arthur K. Spears & Carole Berotte Joseph. New York: Lexington Books.

Frankétienne (1975) Dezafi. Port-au-Prince. Editions Fardin.Pradel Pompilus (1973) Contribution à l’étude comparée du créole et du français à partir du créole haïtien. Phonologie et lexicologie. Port-au-Prince : Editions Caraïbes.

Bambi Schieffelin and Rachel Charlier-Doucet (1998) The ‘Real’ Haitian Creole. Ideology, Metalinguistics, and Orthographic Choice. In; Language Ideologies. Practice and Theory. Ed. by Bambi Schieffelin, Kathryn A. Woolard, & Paul V. Kroskrity. Pgs. 285-316. Oxford: Oxford University Press.

Albert Valdman (1984) The Linguistic Situation of Haïti. In: Haiti-Today and Tomorrow. Ed. by Charles Foster and Albert Valdman. Pgs. 77-99. New York: University Press of America.

Albert Valdman (2005). Vers la standardisation du créole haïtien. In : Revue Française de Linguistique Appliquée. Dossier : Les Créoles : des langues comme les autres. Volume X-1/ juin 2005.

Albert Valdman et alii (2007). Haitian Creole-English Bilingual Dictionary. Indiana University, Creole Institute.

[i] Curieusement, ce fut au cours de l'occupation américaine d'Haïti (1915-1934) que le français devint la langue officielle de la république par le truchement de la constitution de 1918 qui proclama : « Le français est la langue officielle. Son emploi est nécessaire dans les services publics. » (Valdman 1984)

[ii] Les Seychelles est un autre état où le créole qui est aussi un créole français possède aussi le statut de langue officielle et est pourvu d'une graphie officielle. Mais il n'est pas situé dans la Caraïbe. Il est situé dans l'Océan Indien.

[iii] Les linguistes utilisent le terme technique “phonème » défini comme le plus petit son fonctionnel indispensable à la compréhension linguistique. Il en existe trente-six en français et trente en créole haïtien.

[iv] Dans le Nord d'Haïti, l'unité lexicale « kwoke » est vulgaire et fortement sexuel. Son usage n'est pas recommandable dans les milieux de la bonne société capoise.

[v] Le linguiste français Robert Chaudenson a fait cette remarque que je trouve très juste que je reproduis ici : « La question de l'articulation de la consonne « r » dans la zone antillaise conduit à poser un problème. Pourquoi les Antillais n'auraient-ils pas le droit d'articuler le « r » à leur façon, quand on admet, en France, que Bourguignons et Biterrois, par exemple, le prononcent d'une façon qui n'est nullement celle du français standard où l'r est dit parisien. Je ne crois pas que, dans les écoles de Dijon ou de Béziers, on apprenne aux petits élèves à se débarrasser de leur accent local. »

[vi] Cf. Valdman et alii 2007: 245 
 


En complément :


Citation:
 
Les dérives de l’écriture du créole haïtien

Écrit par Dr Hugues St. Fort Dimanche, 29 Mai 2011 22:12

Pourquoi les locuteurs haïtiens ne font-ils pas plus d'efforts pour respecter la graphie officielle du créole haïtien ? Pourquoi ce laisser-aller insupportable dans l’écriture de la langue nationale qui est aussi une des deux langues officielles de la république ? Quand j'observe l’écriture créole de certains internautes, je me demande s'ils savent qu'il existe depuis janvier 1980 deux communiqués rédigés en français et en créole et publiés par la Secrétairerie d'Etat à l'Education Nationale.

Ces deux communiqués présentent la graphie officielle du créole haïtien qui reste depuis la référence pour tout ce qui concerne l'orthographe du créole. Il est inacceptable que certains continuent à écrire le créole en 2011 comme on l’écrivait au début du vingtième siècle, c'est-à-dire n'importe comment.

Je lis assez d'interventions sur le Net en français et en anglais pour comprendre que le niveau de maitrise de l'orthographe française et anglaise tel qu'il est exprimé par les locuteurs français/francophones et anglais/anglophones est loin d’être satisfaisant. A la rigueur, ces locuteurs pourraient invoquer les difficultés graphiques notoires de ces deux langues. En effet, il y a en français et en anglais un très haut degré d'irrégularité dans la correspondance entre phonèmes et graphèmes. Cette irrégularité est à la base des règles orthographiques totalement arbitraires qui empoisonnent la vie des enfants et des adultes obligés de les apprendre. Au contraire de ces deux langues, la graphie du créole est remarquable dans son principe de base où le même son, (phonème) quelque soit son environnement, est représenté par le même signe (graphème).

Il y a eu quelques progrès réalisés par une minorité de locuteurs dans la connaissance et la réalisation des principes de la graphie du créole haïtien. Mais, après plus de trente années de diffusion dans les écoles, les universités, et la presse écrite, la graphie officielle du créole aurait du être plus connue chez ceux qui se proposent d’écrire en créole. Qu'il soit clair cependant que, en tant que linguiste, je fais une différence entre l'orthographe et la langue. Je ne répèterai jamais assez que l'orthographe n'est pas la langue et ne constitue qu'une façon de représenter les sons de la langue. Depuis Saussure, nous savons que le signe linguistique est arbitraire, c'est-à-dire qu'il n'existe pas de lien naturel entre le signifiant, la face sonore du signe linguistique, et le signifié, le contenu du signe linguistique. C'est en vertu d'une convention sociale que les locuteurs francophones par exemple, ont décidé d'associer au concept « cahier » la suite sonore [kaje]. D'ailleurs, pour les locuteurs anglophones, ce même concept est rendu par une autre suite sonore. Il faut tout de même rappeler que certains éléments de la langue ont un caractère motivé, non arbitraire ; c'est le cas des onomatopées (tic-tac, goudougoudou, bang…) qui « imitent » certains bruits.

Dans un article paru sur AlterPresse le 20 mai 2011, Marie-Frantz Joachim, une linguiste haïtienne, au cours d'une analyse du discours d'investiture du nouveau président haïtien Michel Martelly, identifie comme des néologismes des éléments tels que « fèm », « figil », « rebal ». introduits dans les phrases suivantes fèm konfyans, nou pral refè figil, rebal eskanp li. Pour Mme Joachim, ce sont des mots nouveaux « dans la mesure où cette agglutination qu'il semble opérer avec un verbe et un pronom complément (« fèm ») ou encore un nom avec un pronom complément (« figil ») n'existait pas avant. » Plus loin cependant, Mme Joachim poursuit ainsi : « Le procédé qui semble être utilisé dans les exemples tirés du discours ne peuvent [sic] en aucun cas être associé au phénomène d'agglutination dans la mesure où ils ne résultent d'aucun processus diachronique ».

l faut d'abord rappeler ce que les linguistes entendent par agglutination en créolistique : c'est la fusion d'un article de la langue lexificatrice (en créole haïtien, le français) avec un nom. Voici quelques exemples : lalin (de l'article défini français la, placé devant le nom français lune), labank, (de l'article défini français la placé devant le nom français banque), legliz (de l'article défini l’ placé devant le nom français église) lanmè (de l'article défini français la se nasalisant en lan devant le m de mer, ou encore matant, monnonk, (du possessif ma précédant le nom français tante ; du possessif mon précédant le nom français oncle). Toutes ces unités peuvent recevoir un déterminant en créole ou peuvent être mises au pluriel sans que cela change quoi que ce soit au déterminant français, qui reste agglutiné au nom. Nous pouvons dire lalin lan, labank lan, legliz la, matant mwen, monnonk mwen…

La citation de Mme Joachim peut prêter à confusion car elle semble expliquer le phénomène d'agglutination comme résultant « d'un processus diachronique ». Ce qui n'est pas du tout le cas. En fait, il y a dans cette analyse une confusion entre la langue et l’écriture. Comme je le disais plus haut, l’écriture n'est pas la langue. La langue est un système qui existe dans le cerveau/l'esprit d'un individu ; l’écriture est la façon de représenter les sons de la langue. La majorité des langues du monde n'est pas dotée d'un système d’écriture ; pourtant, cela ne les empêche pas de fonctionner dans toute leur complexité pour permettre à leurs locuteurs de communiquer leurs intentions et leurs pensées les plus compliquées.

Les éléments tels que « fèm », « figil », « rebal » ne sont nullement des néologismes, comme Joachim tente de les analyser. Ils ont toujours existé dans le lexique du créole. Il se trouve cependant que leur écriture telle qu'elle a été rendue dans le discours d'investiture du président Martelly ne correspond pas à leur fonctionnement dans la langue. Il devrait y avoir un espace blanc entre le verbe « fè » et la forme courte « m » du pronom « mwen » ; il devrait y avoir également un espace blanc entre le nom « figi » et la forme courte l du pronom « li » ; même chose entre le verbe « reba » et la forme courte « l » du pronom « li ».

Il est important de respecter la structure de la langue dans l’écriture des groupes de mots ou des phrases. Quand on ne le fait pas, on trahit le fonctionnement même de la langue. C'est une tendance qui devient de plus en plus répandue chez ceux qui écrivent en créole. Elle peut s'expliquer par le fait que la plupart des locuteurs haïtiens n'ont pas appris formellement la langue créole dans une institution scolaire où ils auraient appris la nature et le fonctionnement des éléments de la chaine parlée créole.

Mme Joachim met cependant le doigt sur une tendance déplorable chez de plus en plus de locuteurs haïtiens dans leurs pratiques d’écriture. Il s'agit de la confusion du son « r » avec le son « w ». Elle rappelle justement que « le son « r » ne précède jamais les voyelles arrondies telles que « o, ò, ou, on » » Pour beaucoup d'Haïtiens qui écrivent en créole, il semble que la lettre « r » a disparu de l'alphabet créole et qu'il a été remplacé par la lettre « w ». On met du « w » partout : *« wat », pour « rat », *« wivyè » au lieu de « rivyè », *« wepons » pour « repons », etc. Je reprends donc ce que Mme Joachim a expliqué : le son « r » et la lettre « r » ne s'emploient pas devant les voyelles postérieures « o, ò, ou, on ». Dans cet environnement, c'est le son [w] que les locuteurs prononcent et c'est la lettre « w » que nous écrivons. On écrira donc « pwomèt », « won », « woulibè », « wòklò », mais « rat », « rayi », « rive », « restavèk »…

Vers la fin de son article, Mme Joachim pose une question extrêmement pertinente : « le choix de ne pas suivre les règles d’écriture du créole peut-il être compris comme un mépris pour la majorité des Haïtiens et des Haïtiennes qui ne parlent que cette langue ? L’écriture de la variété acrolectale jusque-là utilisée sous forme orale ne traduit-elle pas une volonté d’écarter la majorité de la population créolophone unilingue du discours politique, donc du pouvoir. ? » Il est encore tôt pour répondre valablement à ces deux questions mais il est bon de se les poser.
Contacter Hugues St.Fort à : Hugo274@aol.com
 
 



Citation:
 
Pour en finir avec les mythes relatifs à l’écriture du créole haïtien

Écrit par Dr Hugues St. Fort Samedi, 03 Septembre 2011 23:40

Mythe # 2 : L’écriture du créole haïtien doit suivre l’écriture du français parce que le créole haïtien n'est pas un créole anglais

La deuxième proposition contenue dans cette phrase ne constitue pas un mythe : en effet, il est tout à fait correct de dire que le créole haïtien n'est pas un créole anglais. Le créole haïtien est un créole français (certains linguistes préfèrent dire que c'est un créole à base lexicale française, mais cette explication suggère que seul le lexique du français influence le créole haïtien, alors qu'en fait, un certain nombre de structures grammaticales de base du créole haïtien sont influencées aussi par le français) tout comme les créoles de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane qui sont, rappelons-le, des Départements français d'outre-mer, (DOM), de Dominique, de la Louisiane, et de Maurice, Réunion, Seychelles, ces trois derniers étant situés dans l'Océan Indien. En quoi consiste donc le mythe ? Il découle de l'association qui est faite entre la nature du créole haïtien (créole français) et la direction que doit suivre son orthographe (graphie étymologique française).

Pourquoi veut-on que, parce que le créole haïtien est un créole français, son orthographe doit suivre l'orthographe du français ? Pour certains de mes compatriotes, cela va de soi. Pourtant, l'anglais, malgré ses traditions latines et romanes, est fondamentalement une langue germanique (comme le norvégien, le suédois, le danois, l'allemand, le néerlandais, l'anglais, le flamand…) et son orthographe est loin de refléter une écriture uniquement germanique (voyez des mots tels que : idiosyncrasy, pneumonia, grotesque, chaos, epitome,…), bien que je ne sache pas ce que ce terme (‘écriture germanique’) veuille dire exactement. Croit-on que les locuteurs des langues germaniques maitrisent plus aisément l'orthographe des langues sœurs quand ils les apprennent? Par exemple, serait-il plus facile à un locuteur américain de maitriser l'orthographe de l'allemand que celle du français ? Encore une fois, les locuteurs haïtiens mais aussi étrangers se font de fausses idées à propos de l'orthographe en général. Ils confondent « orthographe » et « langue ». L'orthographe n'est qu'une façon de transcrire les sons de la langue et il faut cesser de lui donner l'importance exagérée que certains locuteurs lui accordent. Nous savons depuis le linguiste Ferdinand de Saussure que le signe linguistique est arbitraire. Cela veut dire qu'il n'existe pas de lien naturel ou intrinsèque entre le signifiant (c'est-à-dire la face sonore, l'ensemble phonique) et le signifié (c'est-à-dire le contenu du signe). Leur union est le résultat d'une convention. Chez les locuteurs créolophones haïtiens par exemple, on pourrait donc associer au concept « kabann » une séquence de phonèmes différente de celle qui est retenue ; autrement dit, cet ensemble phonique « kabann » n’était pas disposé par avance à s'associer avec le concept, l'idée de « kabann ». L'orthographe des grandes langues occidentales, le français, l'anglais, l'allemand… (l'espagnol est une exception relative) regorge de chausse-trapes qui affectent même le locuteur natif. L'anglais et le français sont bien connus pour leurs irrégularités et leur nature assez chaotique. L'une des raisons de ces irrégularités aussi bien en anglais qu'en français consiste dans le fait que le système d’écriture n'a pas pu suivre le rythme des changements de prononciation qui étaient à l’œuvre dans la langue parlée. Toute langue vivante évolue continuellement dans sa prononciation, et dans la sémantique de certains de ses mots. Par exemple, certaines lettres qui étaient prononcées durant la période anglo-saxonne de l'anglais,[i] sont devenues silencieuses plus tard. C'est le cas du son « k » dans le mot know ou de ce même son « k » dans le mot knight, ou encore du « e » final dans des mots tels que stone, love, etc.

Certains observateurs pensent que l'orthographe du créole haïtien devrait avant tout être une orthographe étymologique. Dans leur raisonnement, cela veut dire qu'elle devrait suivre l’écriture de la langue lexificatrice du créole haïtien, le français. Ce dont ils ne se sont pas rendu compte, c'est que la longue histoire de l'orthographe française est une histoire si complexe, qui a été soumise à tant de hasards et autres incertitudes tout au long de son évolution, qu'on ne peut pas se référer à elle comme modèle décisif. Il y a certainement une tendance « étymologisante » dans la graphie française. Par exemple, le mot « avenir » a été pendant un temps réorthographié « advenir »comme le latin « advenire » avec un « d » muet (Picoche, Marchello-Nizia, 1989). Mais, il y a eu le développement « d'une sorte d'esthétique des lettres inutiles qui, selon l'expression de Meigret (1545) « servent de grand remplage en une escripture et donnent grant contentement aux yeux » (Picoche, Marcchello-Nizia, 1989). Les incohérences ont été manifestes. « On [a] introduit des lettres latines correspondant à des phonèmes depuis longtemps amuis (devenir muet, ne plus se prononcer) ou transformés, souvent à côté du produit de leur transformation (ex :factu > fait réécrit faict) ; rétablissement de l'h initial latin de herba, habitum, hora dans erbe, abit, eure, réécrits herbe, habit, heure, etc. Des connaissances étymologiques approximatives causent des restitutions erronées : (ex : pe(n)sum > pois réécrit poids sous l'influence de pondus). Les « lettres grecques » : ph, th, introduites surtout à partir du XVIème siècle restent affaire de choix personnel pendant une grande partie du XVIIème siècle. » (Picoche, Marchello-Nizia, 1989).

La référence étymologique avancée par certains soulève cette question : Dans l'usage normal de sa langue, qu'est-ce que le locuteur gagne à savoir que tel mot provient de telle langue ? Absolument rien ! Quand il a acquis naturellement (dans le cas d'un locuteur natif) le sens d'un lexème de la langue, il sait généralement où et quand l'employer et ne se préoccupe pas de savoir les origines de ce mot, sauf dans des circonstances particulières, quand il étudie la philologie par exemple et doit travailler sur ces questions. Bien sûr, nous n'en sommes pas encore là en créole haïtien mais cela devra arriver un jour.

Donc, un locuteur haïtien devant employer le mot zaboka par exemple, ne se préoccupera pas de savoir ni l'origine de ce mot ni les conditions de sa formation. Dans le cas de zaboka, ce mot est formé par agglutination, processus diachronique dans les langues créoles en général par lequel l'article défini français ou un déterminant français se soude au nom qui le suit pour constituer une nouvelle unité lexicale. Zaboka est formé à partir de les avocats, lalin à partir de la lune, matant à partir de ma tante, legliz à partir de l’église, dlo à partir de de l'eau, zwazo à partir de des oiseaux, labank à partir de la banque, etc.

Depuis au moins les années 1940 quand a débuté la bataille de l'orthographe du créole, certains observateurs pensent qu'une orthographe créole basée sur celle du français facilitera le passage du créole au français chez les nouveaux alphabétisés. Le créole deviendrait ainsi « un marchepied » vers le français. La représentation alphabétique des sons du créole devrait donc se coller le plus près possible au français car le but ultime serait le passage au français. L'un de ceux qui ont le plus combattu ce mythe du passage au français est le linguiste haïtien Yves Déjean, auteur d'une thèse de doctorat qui sert de référence sur la question de l'orthographe du créole haïtien. Voici ce que Yves Déjean écrit sur cette question : La hantise du passage au français a donné naissance à une sorte de phénomène d'hallucination, la poursuite d'un pont magique. On semble admettre sans discussion le présupposé qu'il y a une façon, ou plusieurs, d’écrire le créole qui facilite automatiquement le passage au français et qu'il existe aussi une façon, ou plusieurs, de l’écrire qui empêche, bloque ou du moins retarde ce passage et le rend plus difficile.

On ne soulève pas la question de savoir pourquoi l'apprentissage du français serait inévitablement lié à une écriture particulière du créole. L'on sait pourtant par une longue tradition scolaire que l'apprentissage du latin par des francophones ou du français par des anglophones ne repose d'aucune façon sur une relation présumée entre les différentes orthographes de ces langues. L'initiation à une langue, morte ou vivante, ne compte pas beaucoup sur la perception des similitudes ou des différences d'orthographe… Le choix d'une orthographe pour le créole n'est pas pertinent pour l'apprentissage du français par les créolophones. L'orthographe n'est pas un pont ou une passerelle entre langues différentes, apparentées ou pas. L'orthographe d'une langue-source est radicalement impuissante à jouer un rôle capital ou important dans l'acquisition d'une langue-cible. Purement étymologique, si cette espèce existait, ou rigoureusement phonétique si ou pouvait y parvenir, aucune orthographe du créole ne peut constituer un premier pas vers le français ou une préparation réelle à l'acquisition de cette langue. Le pont orthographique est un mirage. » (Déjean, 1980 : 40-41).

Pour finir l'exploration de ce deuxième mythe, résumons brièvement une petite histoire de l’écriture du créole haïtien. Au début des années 1940, un pasteur irlandais protestant, Ormonde McConnell, voulant christianiser les masses haïtiennes, systématisa une nouvelle orthographe pour le créole haïtien qui n'avait jamais eu auparavant une structure graphique solide. Cette orthographe était basée sur l'Alphabet Phonétique International (API). Mais, un certain nombre d'intellectuels haïtiens avec à leur tête le journaliste Charles-Fernand Pressoir et le directeur général de l’éducation des adultes, Lélio Faublas, a cru voir dans cette orthographe une tentative « d'américanisation culturelle » de la société haïtienne et critiqua sévèrement la nouvelle orthographe proposée par McConnell et l’éducateur américain Frank Laubach. Pressoir et Faublas proposèrent plusieurs modifications de l'orthographe proposée par McConnell et Laubach. Cette orthographe modifiée a fonctionné avec un succès remarquable[ii] pendant un bon quart de siècle en Haïti jusqu'en 1979 quand l’état haïtien, sur les conseils de certains groupes de recherche qui travaillaient sur cette question, émit les fameux communiqués des 22 et 31 janvier 1980 relatifs à l'orthographe du créole. Depuis lors, Haïti est dotée d'une orthographe standard. Techniquement parlant, c'est une orthographe phonologique, ce n'est pas une orthographe phonétique qui, linguistiquement, est hautement irréalisable.

Références citées :

Déjean, Yves (1980) Comment écrire le créole d'Haïti. Outremont, Collectif Paroles.
Picoche, J. et Marchello-Nizia (1989) Histoire de la langue française. Paris, Nathan.

Contacter Hugues St. Fort à : Hugo274@aol.com
 
 



Citation:
 

Non, les linguistes haïtiens ne pratiquent pas de "galimatias"

Écrit par Hugues St. Fort, PhD Dimanche, 27 Mai 2012 19:31

Dans un débat qui a cours actuellement sur les forums haïtiens de discussion entre deux internautes haïtiens, l'un des deux écrit ceci : « …je demande simplement aux linguistes haïtiens d’éviter le mélange, la mixture, le galimatias…La langue officielle d'Haïti étant le français, le créole haïtien étant classé comme venant d'une base lexicale française, alors n'adoptons que des codes graphiques phonétiques de l'APF. »

Ce passage m'interpelle pour plusieurs raisons. D'abord, je suis linguiste de formation et spécialisé dans les questions de créolistique ; à ce titre, j'estime qu'il est de mon devoir d'intervenir dans tous les débats publics où l'on discute de la langue première des Haïtiens, le kreyòl ; et finalement, toujours en tant que linguiste, il est nécessaire de corriger un ensemble de fausses opinions qui circulent depuis un certain temps sur la nature du créole haïtien et les pratiques de certains locuteurs haïtiens tant en Haïti que dans l’émigration nord-américaine où je réside.

Le créole haïtien est la langue première (L1) de tous les Haïtiens nés et élevés en Haïti. A l'origine, c'est une langue de contact qui a pris naissance entre le 17ème et le 18ème siècle à Saint-Domingue par suite de la traite négrière esclavagiste qui s'est établie entre le 16ème siècle et le 19ème siècle. Durant cette période, des pays européens (Angleterre, France, Espagne, Portugal, Hollande) ont embarqué de force des millions d'Africains réduits en esclavage afin qu'ils aillent travailler dans des plantations de sucre et de café établies dans le Nouveau Monde (Caraïbes et le sud des Etats-Unis).

Du contact brutal dans les plantations entre ces Européens et les Africains réduits en esclavage, se développèrent des langues dites créoles dont la trajectoire historique et étymologique a été bien reconstituée par les chercheurs en sciences humaines (histoire, linguistique, anthropologie, ethnologie). Selon la linguiste canadienne Claire Lefebvre (1998: 57), le créole haïtien « is hypothesized to have been created by adult speakers between 1680 and 1740 at the beginning of the sugar economy. These adults were native speakers of languages of the Niger-Congo group and more specifically the Kwa languages, with a majority Gbe speakers. » (l'hypothèse a été faite que le créole haïtien a été créé par des locuteurs adultes entre 1680 et 1740 au début de l’économie sucrière. Ces adultes étaient des locuteurs natifs de langues appartenant au groupe linguistique du Niger-Congo et plus précisément les langues Kwa, avec une majorité de locuteurs Gbe. ) [ma traduction].

Le linguiste haïtien Michel DeGraff , professeur de linguistique à MIT aux Etats-Unis et l'un des plus grands spécialistes des langues créoles en général et du créole haïtien en particulier, rappelle ceci (1999: 4) : « With the creation of large-scale sugar plantations, and with increasing slave trade, (native) speakers of French dialects (holding social prestige) often quickly became the minority within a sea of Niger-Congo speakers ; at the same time none of the Niger-Congo languages was sociolinguistically viable as a lingua franca because of the asymmetric power relationships between European capital owners and African labor producers and the ensuing lack of social prestige of the latter group's native languages. » (Avec la création de plantations de sucre sur une large échelle, et avec l'augmentation de la traite négrière, les locuteurs (natifs) de dialectes français (qui détenaient le prestige social) devinrent souvent rapidement une minorité au sein d'une mer de locuteurs du groupe Niger-Congo ; pendant ce temps, aucune des langues du groupe Niger-Congo n’était sociolinguistiquement viable en tant que lingua franca à cause des relations de pouvoir asymétriques entre les propriétaires européens de capital et les fournisseurs africains de travail ainsi que le manque de prestige social des langues natives de ces derniers, qui s'ensuivait.) [ma traduction].

Vers la deuxième moitié du 18ème siècle, il apparait que les structures fondamentales du créole parlé à Saint-Domingue sont bien assurées. Selon la linguiste Marie-Christine Hazaël-Massieux (2008 : 94), « Tout ce peuple des Antilles, …est à la fin du XVIIIe siècle vraiment installé et, dans une période où règne une certaine opulence économique, converse, vit, aime, crée de la culture, à travers une langue qui n'est plus du tout considérée comme le « jargon » des débuts : on parle maintenant de « langage créole », et même de « créole » pour désigner la langue que tous (c'est moi qui souligne) utilisent dans la colonie. »

Le texte emblématique de cette période reste certainement le fameux poème (chanson) « Lisette quitté la plaine » attribué par Moreau de Saint-Méry à un certain Duvivier de la Mahautière, conseiller au Conseil de Port-au-Prince, qui l'aurait écrit vers 1757. Il en existe plusieurs versions cependant. Voici les quatre premiers vers (il y en a quarante au total) de la version transmise par Moreau de Saint-Méry avec leur traduction en français contemporain : (Hazaël-Massieux 2008 : 8

Lisette quitté la plaine, Lisette, tu fuis la plaine,

Mon perdi bonher à moué Mon bonheur s'est envolé ;

Gié à moin semblé fontaine Mes pleurs, en double fontaine,

Dipi mon pas miré toué. Sur tous tes pas ont coulé.

Ces quatre vers nous semblent très éloignés du créole que nous parlons aujourd'hui en Haïti, mais on pourrait en dire tout autant des textes de Shakespeare en anglais ou de n'importe quel auteur français du XVème ou même du XVIème siècle. Car toute langue évolue avec le temps. Le changement linguistique est un phénomène essentiel du fonctionnement des langues et il détermine dans une certaine mesure leur évolution. Mais, il est facile de relever dans ce court texte certaines structures linguistiques qui persistent encore dans la langue créole contemporaine. C'est le cas de la construction « gié à moin » qui incorpore le déterminant possessif, 1ère personne, « moin, » postposé à un nom « gié », mais précédé par la préposition « à ». Cette structure a survécu dans le dialecte du Nord sous la forme miniaturisée « a m » ou « an m » (nasalisation régressive).

Dès le début de leur histoire, les langues créoles ont été victimes des conditions même de leur formation, dans la mesure où elles ont pris naissance en tant que langue de contact[i]. Aujourd'hui encore, elles sont caractérisées traditionnellement comme des variétés dont la composition relève syntaxiquement de traits linguistiques africains et lexicalement d'unités linguistiques appartenant à une langue européenne[ii].

En réalité, même les « grandes langues » connues ne devraient pas échapper au soupçon de mixité qui pèse traditionnellement sur les langues créoles. Dans une certaine mesure, le français ainsi que l'anglais pourraient être considérés comme des langues créoles à cause des conditions de leur formation. De plus, le lexique d'une langue comme l'anglais contient une large quantité de mots latins et français bien que l'anglais n'appartienne pas à la famille des langues romanes mais relève plutôt de la famille des langues germaniques. Nous entrons ici dans un sujet fondamental : toutes les langues du monde sont nées de situations de contact. Mais, ce n'est pas l'objet de notre discussion d'aujourd'hui. Toutefois, il est important de dire ceci : tous les linguistes et de plus en plus de personnes non-linguistes acceptent désormais que les langues créoles, grâce aux recherches poussées qui ont été conduites sur elles, constituent des systèmes linguistiques autonomes et légitimes et ne sont pas des versions réduites ou « incorrectes » des langues européennes à partir desquelles elles auraient émergé.

Il y a maintenant presque trente ans, le linguiste John Lyons (1984:281) posait cette question qui est toujours d'actualité : « Are the Romance languages to be regarded as having resulted from the co-existence, over a period of time, of Standard Latin and various Latin-based creoles ? » (Les langues romanes doivent-elles être considérées comme la résultante de la coexistence, durant une période de temps, d'un Latin standard et de divers créoles à base latine ?) [ma traduction].

Ce n'est pas le rôle des linguistes de prescrire comment on doit parler. La linguistique est une science descriptive, pas prescriptive. Nous constatons comment les usagers parlent et nous décrivons le fonctionnement de la langue. Mais, nous ne faisons pas de « mélange », de « mixture » et de « galimatias ». Si les usagers tendent, dans des circonstances particulières, à emprunter des vocabulaires nouveaux, notre réaction, en tant que linguistes, est de suivre l’évolution de la langue et constater comment elle poursuit son rôle de medium de communication. Selon le linguiste Donald Winford (2003 : 2), « Far from being deviant, language mixture is a creative, rule-governed process that affects all languages in one way or another, though to varying degrees.” (Loin d’être un phénomène anormal, le mélange de langues représente un processus créatif, soumis à des règles, qui affecte toutes les langues d'une façon ou d'une autre, quoique à des degrés divers.) [ma traduction]. Pour Winford, les cas de mixture sont “by no means unusual, and have played a role in the development of just about every human language, including some that are regarded as models of correctness or purity.” (en aucune façon inhabituels, et ont joué un rôle dans le développement de toutes les langues humaines, même celles qui sont considérées comme des modèles de correction ou de pureté.) [ma traduction].

En ce qui concerne le deuxième point soulevé dans la citation du début de mon texte, je dois dire ceci : Ce n'est pas parce que la langue officielle d'Haïti est le français (je rappelle tout de même qu'il existe 2 langues officielles en Haïti, le français et le kreyòl) et que le créole haïtien fait partie du groupe des créoles qui possèdent une base lexicale française qu'il doit adopter des conventions ou traditions orthographiques françaises. En fait, ce que cet internaute appelle l'Alphabet phonétique français n'est qu'un sous-ensemble de l'Alphabet phonétique international (API). Car, l'API forme le grand alphabet phonétique standard internationalement reconnu et accepté qui permet de transcrire la majorité des sons relevant de toutes les langues humaines connues. Tous les symboles de l'alphabet phonétique français font partie de l'Alphabet phonétique international. Toute la graphie officielle du kreyòl correspond à des symboles de l'Alphabet phonétique international.

Une fois de plus, je tiens à mettre en garde contre une certaine tendance à confondre l’écriture et la prononciation. Ainsi que je l'ai écrit dans mon texte « Rétablir la vérité linguistique », la prononciation consiste à donner une forme sonore à un phonème, à un morphème, ou à une phrase. L’écriture, sous sa forme de transcription orthographique, est une tentative de représenter les sons d'une langue en utilisant un ensemble de signes. Mais, la transcription orthographique ne sert pas de guide pour la prononciation. C'est la transcription phonétique qui joue ce rôle.

Par exemple, en français, la transcription orthographique de mots tels que « doigt », « doit », « bois » laisse planer une ambiguïté sur la prononciation de ces trois mots et un anglophone ou un Haïtien unilingue créole par exemple, aura toutes les peines du monde à prononcer ces trois mots si ces locuteurs se réfèrent uniquement à leur transcription orthographique. Mais, quand ils auront appris leur transcription phonétique (internationale, française ou kreyòl), ils n'auront aucun problème.

Hugues St. Fort

[i] Peter Matthews (1997) définit une langue de contact (contact language) comme “any language used systematically in contacts between speakers whose native languages are different. This could be a language native to one participant: e.g. French might be described as a ‘contact language’ for speakers of English after the Norman conquest; also for a linguist in the 20th century, either French-speaking or not, beginning an investigation e.g. of an African language. “ (une langue, n'importe laquelle, utilisée systématiquement dans des contacts entre des locuteurs dont les langues natives sont différentes. Ce peut être une langue native chez un participant : par exemple, le français pourrait être décrit comme une ‘langue de contact’ pour des locuteurs anglais après la conquête normande ; de même pour un linguiste du 20ème, qu'il soit francophone ou pas, qui commence une recherche sur une langue africaine.) [ma traduction].

[ii] Cette tradition est en place depuis la fin du 19ème siècle mais elle a rebondi avec la thèse de la linguiste haïtienne Suzanne Sylvain (1936 : 178) qui a conclu ainsi : « Nous sommes en présence d'un français coulé dans le moule de la syntaxe africaine, ou …d'une langue éwé à vocabulaire français »

Références citées :

DeGraff, Michel (1999) Language Creation and Language Change. Creolization, Diachrony, and Development. Cambridge, Mass. The MIT Press.

Hazaël-Massieux, Marie-Christine (2008) Textes anciens en créole français de la Caraïbe. Histoire et analyse. Paris : Publibook.

Lefebvre, Claire (1998) Creole genesis and the acquisition of grammar. The case of Haitian Creole. Cambridge: Cambridge University Press.

Lyons, John (1984) Language and Linguistics. An Introduction. Cambridge: Cambridge University Press.

Matthews, Peter (1997) The Concise Oxford Dictionary of Linguistics. London: Blackwell Publishing Ltd.

Winford, Peter (2003) An Introduction to contact Linguistics. United Kingdom: Blackwell Publishing Ltd.

 
 
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 #214 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 30 Juil 2014 12:36

Portrait et entrevue en créole haïtien :

ViZAJ NOU KOMPÈ FILO - 1er Portrait



Citation:
 

Ajoutée le 23 avr. 2014

'' Je pars du principe que tout le monde à quelque chose à dire et on peut être surpris de voir que certaines fois les réflexions les plus logiques viennent de celui de qui on les attends le moins''. Kompè Filo

Konpè Filo est un journaliste, née le 11 mars 1953 à martissant un quartier de la commune de carrefour dans le département de l'ouest. Il est l'aîné d'une famille de 12 enfants. Il a travaillé pendant longtemps aux côtés de Jean Dominique, Liliane Pierre Paul... avant de laisser Radio Haiti Inter à la fin des annees 90... 
 
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 #215 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 30 Sep 2014 20:10

mon homme est haitien je comprend ce qu 'il dit vu qu il a l accent de la bas puis il comprend le créole gwada
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 #216 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 09 Déc 2014 06:03

Mwen Haitienne. Lang Creole nou an pa diferan
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 #217 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 28 Aoû 2015 16:07

Un peu de lecture , version abrégé d'un roman de Jacques Roumain’,"Gouverneurs de la Rosée "(1945) : Chita pa bay de Freeman, Bryant C. - 2004 - Éditeur [Lawrence, Kan.] : Institute of Haitian Studies, University of Kansas
Le livre est complété d'un dictionnaire illustré.

Version audio : http://kuscholarworks.ku.edu/bitstream/handle/1808/10931/chita_pa_bay.mp3?sequence=1&isAllowed=y

Synopsis , extrait de Wikipédia:

Citation:
 
Ce roman commence par un coumbite (un travail agricole collectif). Dans la commune de Fonds-rouge, les temps sont durs. La sécheresse fait rage, et d'elle découle la pauvreté, les habitants étant dépendants des fruits de la terre pour subsister. Manuel, le personnage principal du roman revient, après 15 ans d'absence, à Haïti, sa terre natale.Son séjour dans les plantations de canne à sucre à Cuba lui a permis d'observer les pratiques de l'agriculture moderne. Il a compris l'irrigation et l'exploration de la source. Ses idées révolutionnaires et communistes le poussent à l'action. 
 
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 #218 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 05 Aoû 2016 17:29

Le créole haïtien a son académie , 33 académiciens ont été nommé en 2014.

Site de Akademi Kreyòl Ayisyen (AKA): http://www.akademikreyol.net/
Coordonnées :
- 6, Ri “des Marguerites, Turgeau” Pòtoprens,Ayiti
- Telefòn : (509)3333-0817 / 3333-0820
- Imel : akademikreyol@yahoo.fr

Fascicule de présentation : http://www.akademikreyol.net/dokiman/depliyan_aka.pdf
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 #219 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 07 Oct 2017 16:43

Introduction au portugais (plus précisément brésilien) en créole haïtien, le fascicule ANN PALE
POTIGÈ (2nd Edition - 2012) : https://haiti.iom.int/bvac/sites/default/files/pdf/cartilha-kreyol-vocabulario.pdf


Introduction à l'espagnol en créole haïtien, le fascicule Hablemos español y creol mis en ligneen 2017 par le Ministerio de Relaciones Exteriores de Chile : https://issuu.com/dirac/docs/hablemos_espan__ol_y_creol

Citation:
 
Yon Lèt byenvini / Una Carta de Bienvenida
Zanmi nou Ayisyen: Querido amigo haitiano:
nou pat konnen ou deja, men nou vle di ou Byenvini nan peyi a. nòmalman se pa fasil kite déyé fanmi w, zanmi w vini yon kote nèf, ki gen moun ki pale yon lang diferan, pa pou tèt sa pou nou bliye ke ou se yon pèp vanyan. nou pral esplike ou, yon ti kras de peyi nou Chili, jis pou ou ka konnen plis e nou pral dekouvri ke se pa nan tout, nou diferan.

Aún no nos conocemos, pero queremos darte la bienvenida a nuestro país. Probablemente no es fácil dejar atrás a la familia, los amigos, para partir hacia un lugar nuevo, con gente y un idioma es diferente. Por eso nunca olvides lo valiente que eres. te vamos a contar un poco de nuestro país, para que puedas conocernos mejor, y talvez descubras que no todo es tan distinto.

Chili se yon peyi long e li jis, li pozisyone nan fen sidamerik la, nan pozisyon lwés li fwape avek Oseyan Pasifik. Li genyen anpil kilomèt ak rankwen ki rankontre avek yon chen montaj ki ... 
 


En complément, lecture disponible en ligne, traduction en créole d'un livre sur Haïti - Ayiti pale - Creol (2014) :
https://issuu.com/adital/docs/haiti_creole.compressed

Pour en savoir plus concernant cet ouvrage ci dessous des liens vers des articles de presse en français :
- Haïti-Reconstruction : Présentation de l'ouvrage « Ayiti pale » jeudi 17 avril 2014 http://www.alterpresse.org/spip.php?article16305#.WdjqlLjSM4k
- Des journalistes donnent la parole aux acteurs locaux http://lenouvelliste.com/article/130188/des-journalistes-donnent-la-parole-aux-acteurs-locaux
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 #220 Langue locale:   Sujet du message: Créole Haïtien   Posté le: 14 Jan 2019 13:54

Feuilleton radiophonique en créole haïtien : Zoukoutap.
Le programme est à à caractère social et combine drame et humour avec mise en application de la méthode Sabido.
"[...]La méthode Sabido s'inspire des pratiques, des us et coutumes d'une région pour proposer des feuilletons radiophoniques divertissants et instructifs. Ces feuilletons, réalisés grâce à une démarche rigoureuse, véhiculent des messages clés de façon subtile. L'approche a déjà fait ses preuves dans le domaine de la santé de la reproduction dans plusieurs pays dont la Côte d'Ivoire et le Mali. Le choix du Burkina Faso se justifie du fait de la jeunesse, de la forte croissance de la population et de l'impact de celle-ci dans les secteurs de l'éducation, la santé, l'économie, l'agriculture, bref, le développement du pays.[...]"
Source : https://burkinafaso.unfpa.org/fr/news/adopter-de-bonnes-pratiques-en-se-divertissant

Ecoute en ligne disponible sur soundcloud : https://soundcloud.com/zoukoutapht

Entrevue en créole de l'équipe, en promotion de la saison 3 (2018)



Page Twitter : https://twitter.com/zoukoutapht
Page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/zoukoutapht/
Chaine Youtube pour découvrir les coulisses de la production : https://www.youtube.com/channel/UCVU80NJpbesTQdNZ7LOYj5Q/videos

Article présentant l'émission : <https://www.populationmedia.org/2014/09/23/zoukoutap-en-rediffusion/>
Lien de l'ONG PMC (Population Media Center) qui assure la diffssion de la méthode Sabido : https://www.populationmedia.org/location/haiti/
En complément, enquête sur l'impact du programme :

Zoukoutap - Impact


Bon divertissement !
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