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Frise chronologique ... des DOM-TOM
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  Au coeur des Dom-Tom:   Sujet: Frise chronologique ... des DOM-TOM

MadininaUK
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 #1 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 11 Mai 2004 23:38

Et si on parlait des evenements historiques ayant marqué nos iles...

Des catastrophes...
Des dates charnieres ...
Des affaires non elucides...
Des legendes peut etre vraies...

Pour la Martinique, je pourrais participer mais pour les autres
Alors, a votre tour: Apprenez moi des choses.

Les memes regles que les 100 meilleurs... pour les dom tom

Un bref resume, des photos si possibes, les sources.
Surtout la date et le departement ou territoire.


ET SURTOUT PAS DE COMMENTAIRES ICI mais LA: http://www.volcreole.com/forum/sujet-11388.html
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MadininaUK
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 #2 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 11 Mai 2004 23:39

Eruption de la Montagne Pelee. 8 Mai 1902. Martinique


Saint Pierre avant le 8 mai 1902

Saint Pierre apres l'eruption de 1902.

Photographies A. Lacroix - 1902
http://www.brgm.fr/risques/antilles/mart/v1902.htm

Citation:
 
A la fin du XIXème siècle, Saint-Pierre, principale ville de la Martinique abritait une population de près de 26 000 habitants. Après l'éruption du matin du jeudi 8 mai 1902, la ville était totalement détruite, avec seulement deux survivants. De la baie de Saint-Pierre, le capitaine Freeman, commandant du Roddam qui venait juste d'arriver dans la rade (seul navire ayant échappé au désastre, mais non sans de graves dommages), témoigne :

<<Tout à coup retentit une violente détonation qui ébranla la terre et la mer. Ce fut une formidable explosion de la montagne, qui parut s'entrouvrir du sommet à la base pour donner passage à une flamme éclatante qui s'éleva dans l'air, et à une poussée formidable de nuages noirs. Ceux-ci se précipitèrent en dévalant le long des pentes de la montagne, descendant comme une trombe, franchissant tous les obstacles, puis, au moment d'atteindre les parties basses, ils formèrent un éventail et s'élancèrent sur la malheureuse ville qu'ils plongèrent dans les ténèbres, ils bondirent sur les navires de la rade. A part cet éclair du premier moment, il n'y eut pas de feu : ce fut simplement un nuage chargé de cendres et de ponces portées à une très haute température qui, en une minute et demie, franchit la distance qui sépare le volcan de la ville, détruisant et brûlant tout sur son passage. A son arrivée à la mer, sa masse souleva les flots, les petits navires furent culbutés, le Roraima couché sur le côté, le Roddam à demi submergé, le Grappler coulé (...).
(...)
Devant mes yeux, tout le long de la côte, ce n'était que flamme, l'enfer de Dante cent fois exagéré(...)>> 
 
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 #3 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 00:05

Le Sacrifice de Delgrès



Napoléon Bonaparte, arrivé au pouvoir suite au coup d'Etat des 18 et 19 Brumaire An VIII (9 et 10 novembre 1799) n'entendait pas que les choses restent en l’état.
Le 1er avril 1802, il envoie le général Richepance à la tête de 3470 hommes sur quatre frégates, deux vaisseaux et trois bateaux de transport. "Et cette expédition, quel en était le but ? Rétablir l'esclavage, réduire plus de cent mille créatures humaines à l'état
de bêtes de somme ! "
- V. Schoelcher.
L'escadre arrive dans les eaux guadeloupéennes le 6 mai 1802. Pélage et les membres du conseil provisoire se rendent sur les quais pour accueillir Richepance. Les soldats qui débarquent sont accueillis par la population de Pointe-à-Pitre avec joie. Cependant, ils ne répondent pas au salut de Pélage, s'installent dans la ville et désarment les soldats guadeloupéens.
Richepance ordonne à Pélage de rassembler tous les soldats dans la savane de Stiwenson (située à 1 km de Pointe-à-Pitre) où il voulait les passer en revue. Richepance les invita à monter sur les bateaux pour l'accompagner à Basse-Terre. Aussitôt à bord, ils furent désarmés et jetés dans les cales. Ceux qui refusèrent de se rendre à Stiwenson s'enfuirent à travers champs, se rendirent à Petit-canal et s'embarquèrent pour aller rejoindre Delgrès
à Basse-Terre en passant par le Lamentin et Sainte-Rose. Parmi ces hommes il y avait Ignace, Codou, Massoteau, Dauphin, Palerme.


Delgrès, qui avait été averti, le 7 mai, par Noël-Corbet de ce qui s'était passé à Pointe-à-Pitre, commença à organiser la résistance. Ignace et ses compagnons, accompagnés d'autres Guadeloupéens arrivèrent auprès de Delgrès le 8 mai.
Le lendemain, Delgrès rassembla les troupes sur le Champ d'Arbaud et déclara : "Mes amis, on en veut à notre liberté, sachons la défendre en gens de coeur et préférons la mort à l'esclavage!". Il fit afficher dans la ville de Basse-Terre sa proclamation "A l'univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir" et se rendit le 10 mai au fort Saint-Charles accompagné d'une partie de ses hommes pour livrer le combat de la liberté.
Richepance et ses bateaux arrivèrent un peu plus tard dans la rade de Basse-Terre et furent accueillis par des boulets de canons en provenance du fort Saint-Charles. Les soldats de Richepance débarquèrent non loin de Baillif. Ils durent faire face aux hommes de Delgrès. Richepance réussit à s'installer dans une partie de la ville de Basse-Terre. Durant plusieurs jours, de terribles combats furent livrés.
Malgré leurs nombreux morts, Delgrès et ses hommes infligèrent de lourdes pertes aux troupes de Richepance qui fut étonné de cette résistance. Inquiet de la tournure que prenaient les événements, il sollicita de l'aide de partout, demandant même aux colons de se joindre à ses hommes. Il décida d'amadouer Pélage afin de le convaincre d'utiliser les soldats prinniers au fond des bateaux. Pélage ne se fit pas prier et choisit 600 hommes qui furent incorporés aux troupes françaises.
Forts de ce renfort inattendu, les soldats de Richepance repartirent à l'assaut. Delgrès et ses hommes se rendirent compte qu'ils ne pourront tenir longtemps cette position et décidèrent d'évacuer le fort.
Le soir du 22 mai, ils quittent le fort par la poterne du galion et se divisent en deux groupes.
L'un, avec à sa tête le colonel Delgrès, prend le chemin de Matouba (Saint-Claude) l'autre, emmené par le chef de bataillon Ignace s'est dirigé vers Pointe-à-Pitre.
Leurs méfaits accomplis, les généraux Gobert et Pelage et leurs troupes rejoignirent Richepance à Basse-Terre. Entre-temps, après avoir évacués le fort Saint-Charles, le colonel Delgrès et ses hommes s'installèrent dans les hauteurs de Matouba (commune de Saint-Claude) sur l'habitation Danglemont. Les troupes de Richepance, renforcées par les soldats venant de Pointe-à-Pitre, se lancèrent à l'assaut des résistants le 28 mai.
Durant toute la matinée, les combattants réfugiés à Matouba défendirent chèrement leurs libertés, perdant des hommes mais infligeant également de lourdes pertes à l'ennemi.
"Delgrès, livrant bataille sur l'habitation Lassalle, reçut une balle au dessus du genou.".
Delgrès, qui voyait venir la fin, avait regagné l'habitation Danglemont. "Blessé, toute retraite lui était fermée, il était rentré avec la résolution de sortir de la scène par un noble suicide, et en précipitant dans sa ruine le plus de Français possible. Il annonça son dessein à ses officiers, les laissant libre de se retirer ou de mourir avec lui. Il voulut aussi qu'on prévint
les soldats, afin que ceux qui voudraient survivre à la cause qu'ils avaient défendue pussent s’éloigner".
Tous restèrent aux cotés de Delgrès, résolus à mourir en hommes libres. En milieu d'après midi, Richepance lança l'assaut final. Les combats se déroulaient quand eut lieu une violente explosion qui emporta Delgrès, plus de 300 de ses valeureux compagnons et près de 400 sol-
dats de l'armée bonapartiste.

Source



Site à consulter:
Delgres.com

LA DECLARATION DE LOUIS DELGRES DU 10 MAI 1802


C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à Jamais célèbre par le triomphe des Lumières et de la Philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir, se voit obligée d'élever la voix vers la postérité, pour lui faire connaître, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs. Victime de quelques individus altérés de sang qui ont osé tromper le gouvernement français, une foule de citoyens toujours fidèles à la Patrie, se voit enveloppée par une proscription méditée par l'auteur de tous ses maux.

Le Général Richepance, dont nous ne connaissons pas l'étendue des pouvoirs, puisqu'il ne s'annonce que comme général d'armée, ne nous a fait connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées que, alors même qu'il promet protection, il pourrait nous donner la mort sans s'écarter des termes dont il se sert. A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle. Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide qui sait employer également le poignard et la calomnie. Quels sont les coups d'autorité dont on nous menace ?
Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions à calculer le moment de l'arrivée et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d'autorité déjà frappés, au Fort de la Liberté, le système d'une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement. Osons le dire : les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la Philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'hommes noirs, ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage.

Et vous, premier Consul de le République, vous guerrier philosophique, de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d'où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer ! Ah ! Sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence ; mais il sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu'ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.
Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l'épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace (à moins qu'on ne veuille vous faire un crime de n'avoir pas dirigé vos armes contre nous), vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation.


La résistance à l'oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause. Elle est celle de la Justice et de l'Humanité. Nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime.

Oui, nous sommes résolus de nous tenir sur une juste défensive, mais nous ne deviendrons jamais agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés et d'employer tous les moyens à les faire respecter par tous.
Et toi, Postérité, accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.

Le Colonel d'Infanterie,
Commandant en chef de la
force armée de la Basse Terre,
Signé : Louis Delgrès.


Source
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Snaïka'
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 #4 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 03:08

La création des banques coloniales en 1851


De 1851 à 1944 la Guadeloupe a bénéficié d'un système monétaire autonome avec une banque centrale qui avait le monopole de l'émission des billets dans la colonie et un billet spécifique sur le territoire de la Guadeloupe.

Les vieilles banques coloniales sont nées de l'abolition de l'esclavage. Après l'abolition 2 problèmes se posaient :

1 . Celui de l'organisation du travail sur les habitations. Aussi infime le salaire pouvait-il être, la masse salariale nécessitait pour le propriétaire une importante sortie de fonds à chaque quinzaine. Il fallait donc trouver les moyens de régler les salaires.

2 . L'indemnité coloniale réclamée par les propriétaires devait leur offrir une compensation et devait aussi permettre le développement de l'agriculture.

Il a finalement été décidé que sur le montant destiné aux propriétaires d'esclaves soit 6 millions, serait prélevé 1/8ème pour former le capital d'une banque.

Résultat, la loi du 11 juillet 1851 crée trois banques : celle de la Guadeloupe, celle de la Martinique et celle de la Réunion.


Source
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 #5 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 05:25

16 Septembre 1989: CYCLONE HUGO

GUADELOUPE


Le pire cyclone qu'ait connu les Antilles et plus précisément la Guadeloupe .Chronologie de ce célèbre cyclone .

10 Septembre 1989

Une dépression classique se forme en plein Océan Altantique .

12 Septembre 1989

La dépression classique se renforce et devient officiellement tempête tropicale .

16-17 Septembre 1989

L'oeil du cyclone Hugo atteint la Guadeloupe ; l'oeil du cyclone passera en plein sur la Guadeloupe comme le montre l'image suivante ( source : NOAA ) ; la pression atmosphérique relevée au niveau de l'oeil du cyclone est de 918 hPa et les rafales de vent atteignent les 250 km / h : le cyclone Hugo est désormais de classe 5 .

les dégats sont considérables : 22 morts dont 13 dans un hélicoptère qui était venu porter secours à une habitante, les rafales de vent atteignent les 250 km / h, 22 000 personnes se retrouvent sans abri et le coût des réparations s'élèvera à 2 millions d'euros .

http://www.meteolafleche.com/hugo.html


UN LIEN TRES UTILE ET INTERESSANT
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 #6 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 13:40

26-27 MAI 1967: EMEUTES DE POINTE A PITRE


Un rapide sondage au sein de la population révélerait que peu de personnes
savent que se sont déroulés des évènements graves en mai 67.
En 1967, le pays se relève à peine du passage du cyclone Inès en septembre
1966 (aujourd'hui encore présent dans les mémoires des plus anciens).

Au niveau social, les ouvriers du bâtiment se mettent en grève
pour demander une augmentation.

Les négociations qui se tiennent depuis le début mai n'aboutissent pas.
Une rencontre est programmée pour le vendredi 26 mai à la chambre
de commerce entre le syndicat CGTG et le patronat emmené par Brizard.
Les ouvriers demandaient 2 % d'augmentation. Les négociations
échouèrent. La situation dégénéra. La foule, massée devant la CCI se
révolta. Des CRS arrivèrent. Une émeute éclata. Coups de crosse de
fusil, pierres, gaz lacrymogène, bouteilles, conques de lambi sont échangés.
Les CRS tirent. L'une des 1eres victimes fut Jacques NESTOR, militant
du GONG, très populaire à Pointe-à-Pitre. D'autres
tombèrent parmi lesquels Pince-maille, Taret. Rapidement, les affrontements
s’étendent à toute la ville.

Jusqu’à récemment, les services
officiels faisaient état de huit morts. Le nombre exact de morts resta
longtemps secret. Ce n'est qu'en 1985 qu'on su que le nombre était d'au moins 87 morts.

Les jours qui suivirent donnèrent lieu à une vague d'arrestations, notamment
parmi les militants du GONG, qui furent emprisonnés, inculpés
et envoyés en métropole pour atteinte à l'intégrité du territoire national.
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 #7 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 13:55

19 mars 1946


Le 19 mars 1946, la Guadeloupe devint département français. Elle est administrée à l'instar des autres départements, par un préfet assisté de deux scrétaires généraux et de deux sous-préfets, un pour l'arrondissement de Pointe-à-Pitre et un pour les îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy). Les lois sont celles de l'Hexagone avec toutefois quelques arrangement spécifiques concernant les salaires des fonctionnaires, les équipements scolaires et l'assistance médicale et sociale.

Encore un peu de politique


Un mouvement indépendentiste, très actif dans les années 80, est en perte de vitesse au profit d'une reflexion tournée vers l'avenir économique et social avec les institutions présentes. Ainsi le 1er décembre 1999 la "Déclaration de Basse-Terre" des présidents de région Guadeloupe, Martinique et Guyane a pour but de trouver ensemble un mode de développement adapté aux Antilles-Guyane, et en juin 2000 le projet de loi d'orientation pour le développement des DOM fut défini.

Le 7 Décembre 2003, à l'issu d'un referendum, les communes de Saint Martin et Saint Barthélémy décidèrent de s'affranchir de l'administration de la Guadeloupe pour devenir des collectivités territoriales françaises à part entières.
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 #8 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 13:57

Pour la guadeloupe

Les premiers habitants de l'île furent des indiens venus du Vénézuela quelques siècles avant notre ère - un peuple de pêcheurs évolués et paisibles: les Arawaks.
Vers le IXème siècle ils furent exterminés par la tribu guerrière et cannibale des Caraïbes (Karibs) qui habitent l'île de "Caloucæra" ou Karukéra (île aux belles eaux) lors de l'arrivée de la flotte de Christophe Colomb, le 3 novembre 1493. Dès lors son nom fut changé en Guadeloupe. Le nom de l'île fut donné par ce dernier lors de son débarquement à Sainte-Marie de la Capesterre, pour rendre hommage à "Santé Maria de Guadeloupe de Estramadura".


Les Espagnols s'intéressèrent peu à cette île inhospitalière et les premiers colons "volontaires" français - essentiellement des agriculteurs d'origine normande, bretonne et charentaise - ne furent envoyés par la Compagnie des Isles d'Amérique qu'à partir de 1635,puis par la Compagnie des Indes occidentales en 1666. Elle revint à la Couronne en 1674.
Les Caraïbes furent exterminés à leur tour, épidémies, alcool et fusils aidant. Mais les conditions de vie difficiles eurent raison des premiers travailleurs, et bientôt s'organisa l'importation d'esclaves africains qui devra durer près de quatre siècles.
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 #9 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 14:34

le 4 Février 1794 (16 Pluviose An II)

Décret de la Première Abolition de l'Esclavage




Source: Yekrik! Yekrak!

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

Dès avant la Révolution française, l'abbé Henri Grégoire milite en faveur de l'intégration des Noirs ainsi que des juifs.

Il anime la «Société des Amis des Noirs», calquée sur la société de l'anglais William Wilberforce.

Quelques autres Français partagent son combat, par exemple l'abbé Reynal et l'écrivain Jean-Sébastien Mercier.

Tiraillements

Pendant la célèbre nuit du 4 août 1789, seul le duc de La Rochefoucauld-Liancourt envisage d'étendre aux esclaves le principe d'égalité devant la Loi.

Le 15 mai 1791, le débat fait rage à l'Assemblée nationale. Les représentants des colonies, des planteurs de souche noble, menacent de proclamer leur indépendance si l'on abroge l'esclavage.

«On nous menace du ressentiment de ces nobles d'outre-mer... Ils se consoleront comme se sont consolés les nobles français qui avaient un peu de sens. Si toutefois cette sécession devait avoir lieu, il vaudrait mieux sacrifier la colonie plutôt qu'un principe», répond un audacieux député, Pierre Samuel Dupont de Nemours.

Finalement, l'Assemblée se contente d'accorder le droit de vote à certains hommes de couleur libres.

Le 28 mars 1792, la nouvelle Assemblée législative va un peu plus loin et établit une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves).

Révoltes

Ces demi-mesures ne satisfont guère les esclaves de l'île de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), la principale et la plus riche de toutes les colonies françaises. Ces derniers se soulèvent sous le commandement d'un chef nommé Toussaint Louverture.

Devant ce soulèvement et les menaces d'invasion anglaise et espagnole, les commissaires de la République française à Saint-Domingue, Sonthonax et Polverel, se résignent à proclamer la liberté générale des esclaves.

C'est chose faite le 29 août 1793 dans la province du Nord et le 4 septembre dans les parties ouest et sud.

La Convention généralise ces décision en votant enfin l'abolition de l'esclavage dans toutes les colonies sur une proposition des députés Lacroix, Danton et Levasseur.

Le décret est voté dans l'enthousiasme. Les députés de Saint-Domingue sont l'objet de toutes les attentions.

Le vote des Conventionnels passe néanmoins inaperçu dans l'opinion publique.

Il est frappant d'observer que, quelques décennies plus tard, le grand historien Jules Michelet n'accorde aucune place à cet événement dans sa monumentale «Histoire de la Révolution française».

L'esclavage est rétabli par le Premier Consul Napoléon Bonaparte en 1802... ce qui entraîne pour la France la perte définitive de la colonie (*) de Saint-Domingue.

La France n'a aboli définitivement l'esclavage qu'en 1848, longtemps après le Royaume-Uni.

Source: Herodote
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 #10 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 16:07

PENDANT QU'ON EST DANS L'ESCLAVAGE , VOICI LE CODE NOIR 1685





COMME IL Y A 60 ARTICLES JE VOUS METS LE LIEN SI VOUS VOULEZ LIRE


http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/guyanefr1685.htm
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 #11 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 16:23

An tan Sorin




Les personnes qui parlent de la période 1940-1943 disent "an tan Sorin ", du nom du gouverneur (Constant SORIN) de la Guadeloupe de l'époque. C’était une période assez particulière de l'histoire de la Guadeloupe où se mêlent la dissidence, le travail, la créativité, la débrouillardise, l'autosuffisance mais aussi, le rationnement, la pénurie. "Pitit a manman, an tan sorin sété mizè" disait une grand-mère. Né en 1901, Constant SORIN a une formation militaire (Saint-cyr 1923). Après une courte carrière militaire, il choisit l'administration civile (concours de l'inspection des colonies). Il arrive en Gpe en avril 1940.

Sorin a été diversement apprécié selon le côté où l'on se place. Pour la population, il symbolise la misère, le rationnement, bref la source de leurs problèmes quotidiens.D'autres (dont les dissidents ) lui reprocheront son ralliement à Vichy (en juillet 1940) et surtout la façon dont il appliquait, parfois avec rigueur et aveuglement, les directives de Vichy. Cependant beaucoup reconnaissent que sous Sorin les gpéens s'étaient, nécessité oblige, remis au travail, développant comme jamais auparavant leur créativité, leur courage et par conséquent leur production.

Sorin avait encouragé cette évolution comme le montre un discours publié au journal officiel du 14 mars 1942 intitulé : " Appel aux agriculteurs et aux industriels guadeloupéens.
L'évolution de la situation internationale me conduit aujourd'hui à vous mettre à nouveau en garde contre les dangers de la monoculture...
Avant de compter sur les autres, comptez sur vous-mêmes. L'heure est venue de vous mettre courageusement au travail, et avec acharnement. Il faut produire. Hier vous avez fait un effort pour vos cultures vivriè
res et pour la culture du manioc...maintenez de toutes vos forces les cultures d'exportation à leur potentiel actuel, mais ne les développez pas. La prudence l'exige, car nul ne sait de quoi demain sera fait. Intensifiez au contraire les cultures de consommation. Que ce pays de-
vienne, grâce à vous, un pays d'arachide et vous aurez votre huile, denrée de première nécessité. Plantez du ricin, plantez des cocotiers, et vous aurez votre savon. Plantez du sisal et vous aurez de la corde et de la ficelle...il s'agit aujourd'hui de la vie de votre pays et de son avenir".

Pour soutenir ce programme, Sorin prit plusieurs arrêtés comme par ex. celui interdisant l'abattage des arbres fruitiers (arbres à pain, manguiers etc).

http://www.guadeloupe-panorama.com/histoire3.htm
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 #12 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 22:20

L' abolition de l'esclavage. 22 Mai 1948. Martinique


La joie des esclaves apres l'abolition


Armand Nicolas relate dans son ouvrage sur le 22 mai 1848, le déroulement des faits :

"les navires de France n'apportaient toujours pas le décret d'émancipation tant attendu, la déception fit place à l'inquiétude du côté des esclaves, les mesures sévères prises par les maîtres pour tenir les ateliers firent naître dans l'esprit des esclaves que les blancs tramaient un complot contre eux et se disposaient à les attaquer. Il suffisait d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Cette étincelle fut l'arrestation de l'esclave Romain de la propriété Duchamp à Saint-Pierre."

C'était la coutume, chez les esclaves, après la prière du soir de battre le tambour en "grageant" le manioc. Le géreur, fils du propriétaire, interdit le tam-tam. Les esclaves interprétèrent cet ordre comme une brimade. L'esclave Romain battit le tambour, le géreur fait fermer la gragerie, protestation des esclaves, plainte du géreur au Maire de Saint-Pierre, Romain est conduit en prison, tout l'atelier demande à partager sa captivité, la nouvelle se répand rapidement, de toutes parts affluent vers Saint-Pierre des groupes armés de coutelas, par milliers les esclaves occupent Saint-Pierre."

"L'adjoint au maire, Pory-Papy, intervient et fait relâcher Romain, le massacre à été évité du justesse. Tout semblait rentrer dans l'ordre lorsque arrivèrent à Saint-Pierre, pour être conduits à l'hôpital, les victimes de la fusillade du Prêcheur."

"En effet au Prêcheur régnait Huc, maire et gros propriétaire, lorsque les cultivateurs du Prêcheur entendirent le son de la corne de lambi venu de Saint-Pierre, ils se groupèrent, Huc avait pris des mesures de défense et disposait de 59 hommes armés. En pénétrant dans le bourg, les colonnes des travailleurs qui reviennent de Saint-Pierre (environ 2000) se heurtent à cette troupe. C'est alors que se produit la fusillade. Les premiers blessés furent conduit à Saint-Pierre, mais une véritable bataille se déroula au Prêcheur, une partie de la soirée. Plusieurs maisons du bourg, des habitations furent la proie des flammes, 25 tués et 50 blessés parmi les esclaves et les libres."

"Le gendre de Huc, Dujon, rencontré sur la route fut tué par les insurgés qui conduisaient les blessés à la ville. Lorsque les blessés du Prêcheur arrivèrent à Saint-Pierre, ce fut une explosion de colère. L'alarme se répandit dans la grande cité. Les Blancs craignant des représailles se barricadèrent chez eux. Dans la rue de la Lorgnette, il y eut dans la maison du M. de Sanois une réunion nombreuse dont faisait partie M. Desadaye, maire de la Grand' Anse (Lorrain) qui en 1833 s'était signalé dans la répression de l'insurrection des libres de cette région.

Le bruit courut alors qu'un camp s'était formé dans cette maison et que les blancs voulaient égorger les Noirs. La foule se porta à la rue de la Lorgnette. Le citoyen Aristide Tom se présenta, au nom des manifestants, pour demander aux occupants de la maison de remettre leurs armes. Il leur fut répondu qu'on avait aucune intention hostile. Mais les coups de feu partirent des fenêtres de la maison, tuant un homme du peuple nommé Michaud. Des coups de fusil furent échangés. La foule mit le feu à la maison : 32 personnes y furent brûlées. L'incendie s'étendit à huit maisons voisines et menaçait de détruire la ville. Les bourgeois de couleur organisèrent des patrouilles pour calmer la colère du peuple et empêcher l'extension du feu. Plusieurs blancs avaient été attaqués comme porteurs d'armes. La plupart des familles blanches terrifiées s'étaient réfugiées en hâte sur les navires en rade."

"Le navire ''La Caravane'' arriva de Fort Royal (Fort-de-France) avec une compagnie de grenadiers. A la vue de ce renfort, les insurgés menacent de tout brûler si un seul soldat est mis à terre. La menace fait son effet. Le Conseil municipal de Saint-Pierre se réunit d'urgence et vote à l'unanimité l'abolition de l'esclavage.

Dans toute l'île, des incidents plus ou moins violents s'étaient déroulés le 21 et le 22 mai 1848, comme au Marin, à Trinité ; Fort Royal se trouvait pratiquement aux mains des insurgés. Le gouverneur, le général Rostoland, n'avait qu'une seule ressource, pour éviter le pire. Il décréta l'abolition de l'esclavage le 23 et décida qu'aucune poursuite ne serait intentée contre les révoltés."

"Une immense explosion de joie remplaça alors l'exaspération des esprits. Les maisons se pavoisèrent aux trois couleurs. D'énormes cortèges parcouraient les rues en criant :"Vive la liberté".

Source: http://www.rhums-aoc.com/Avril_1848.htm
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 #13 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 23:37

1980
Le Groupe de Libération Armée (GLA) est à l'origine, au cours de l'année, de plusieurs attentats à la Guadeloupe.


3 janvier 1981
Attentat contre le palais de justice de Fort-de-France (Martinique).

5 janvier 1981
Attentat contre Chanel, à Paris, du Groupe de Libération Armée (GLA).

28 mai 1983
Seize attentats à la Guadeloupe, à la Martinique, en Guyane et un à Paris sont revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). La date choisie pour les attentats renvoie au 28 mai 1802, jour de la défaite des révolutionnaires guadeloupéens face aux armées françaises venues rétablir à la fois le contrôle de la métropole et l'esclavage.

22 juin 1983
Quatre attentats à l'explosif, revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC), éclatent à Paris contre trois agences d'Air France et le musée des arts africains et océaniques.

14 novembre 1983
Six attentats à la bombe sont commis à la Guadeloupe et revendiqués par l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC). Vingt-trois personnes sont blessées au cours de l'attentat contre la préfecture de Basse-Terre.

3 mai 1984
Le conseil des ministres du gouvernement français décide la dissolution de l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).

Février 1985
A la Guadeloupe, Luc Reinette, chef présumé de l'Alliance Révolutionnaire caraïbe (ARC), est condamné à 19 ans de prison pour « violence et attentats ».

13 mars 1985
Un attentat fait trois morts à la Guadeloupe.

16 juin 1985
Quatre indépendantistes, dont Luc Reinette, Henri Amédien et Henri Bernard, s’évadent de la prison de Basse-Terre (Guadeloupe).

22-28 juillet 1985
Emeutes à la Guadeloupe pour la libération de Georges Faisans, condamné à trois ans de prison après avoir blessé, avec un coup de sabre, un enseignant français qui avait administré un coup de pied au postérieur d'un élève guadeloupéen.

21 juillet 1987
Fin du « marronnage moderne » de Luc Reinette, Henri Amédien et Henri Bernard qui sont remis aux autorités françaises par le gouvernement de Saint-Vincent et les Grenadines.

25-30 novembre 1987
L'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC) commet vingt et un attentats à la Guadeloupe.

Avril 1989
Arrestation de vingt-cinq militants de l'Alliance Révolutionnaire Caraïbe (ARC).

23 mai 1989
Amnistie des nationalistes guadeloupéens dont Luc Reinette, condamné quelques semaines plus tôt à 33 ans de prison.
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 #14 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 12 Mai 2004 23:42

Février 1974
Il y a 30 ans, deux ouvriers agricoles grévistes étaient assassinés à Chalvet au Lorrain
En Martinique, le 14 et le 16 février 1974, étaient des journées noires.
Renord Ilmany, ouvrier agricole gréviste de 55 ans était assassiné par les gendarmes au lieu-dit Chalvet sur la commune de Basse-Pointe. Une embuscade avait été tendue contre les grévistes regroupés sur l'habitation Fonds Brulé au Lorrain. Une dizaine de camions de gendarmes poursuivaient les grévistes qui regagnaient en groupe la commune de Basse-Pointe. Un hélicoptère crachait sur eux des grenades lacrymogènes. C'est à ce moment que les ouvriers, accompagnés de jeunes militants, ont été pris en chasse par les gendarmes qui ont tiré. Plusieurs ont été blessés, Omer Cyrille, Guy Crétinoir, Rasroc, François Rosaz. Renord Ilmany est tué. Dans cette tuerie, un autre ouvrier trouvera la mort. Un jeune ouvrier maçon, gréviste, Georges Marie-Louise, sera retrouvé deux jours plus tard, gisant mort à l'embouchure de la rivière Capot également dans la commune du Lorrain, probablement après avoir été frappé à mort par les mebres des forces de répression, gendarmes ou autres. La soldatesque s’était une fois encore déchaînée contre des travailleurs en grève pour défendre leur pain et leurs droits.

La situation sociale en 1974
La situation des classes laborieuses s’était dégradée. Dans les années 70, les dernières usines à sucre avaient cessé de fumer. Pour les possédants, les békés, la canne ne permettait plus de faire suffisamment de profits. Après avoir touché des millions de subventions de l'Etat, ils avaient fermé les usines à sucre et investi dans l'import-export. De grands super-marchés apparaissaient. Des masses d'ouvriers agricoles perdaient toutes ressources, surtout les plus âgés. Les plus jeunes avaient pu trouver un emploi dans le bâtiment ou sur les plantations de bananes qui avaient pris la place des champs de cannes.
Les années 70 sont aussi marquées par des hausses de prix importantes. Les capitalistes ont décidé de faire payer la crise du pétrole aux masses laborieuses. Le gouvernement français à leur service, fait marcher la planche à billet. Le passage au nouveau franc complique encore les choses pour les travailleurs et rend le coût de la vie de plus en plus élevé. Tout est cher: l'essence, les transports, les marchandises de première nécessité, huile, pain, farine, poisson. La misère s'installe dans les foyers des travailleurs.
Parallèlement, on assiste à une recrudescence de l'arrogance des patrons, et de l'administration coloniale qui voudraient imposer à la population ce recul social. Alors, les escarmouches de type raciste se multiplient entre patrons békés et travailleurs et chômeurs. En Martinique, le Conseil Général dirigé par Emile Maurice et sa majorité de droite suit fidèlement cette politique.

Les travailleurs ne se laissent pas faire
Dès la fin de l'année 1973, on assiste à une multiplication des conflits. Les travailleurs revendiquent des augmentations de salaire importantes pour compenser les hausses des prix. Ils refusent le saupoudrage et les miettes acceptées trop souvent par les directions syndicales.
Les salariés du journal France-Antilles dressés contre leur patron Hersant font grève depuis deux mois. Les ouvriers du Bâtiment sont à leur troisième semaine de grève illimitée. Ils exigent 25% d'augmentation sur leur salaire. Après le 28 décembre 1973, les salariés de l'ex-SPEDEM, aujourd'hui EDF Martinique, se préparaient eux aussi à rentrer en grève, suite à une entourloupette du préfet de l’époque, le dénommé Orsetti, qui renvoyait une négociation prévue sur leurs revendications à la fin du mois de janvier. Ils rentrent en grève non-limitée le 7 février.
Lorsque l'administration décide début janvier d'augmenter le tarif des cantines, les collégiens des CET, fils et filles de travailleurs, vont eux aussi descendre dans les rues pour refuser les augmentations. Ils auront le soutien de leurs parents et de l'ensemble de la population et se trouveront bien souvent au coude à coude avec les grévistes, notamment ceux du bâtiment, dans les manifestations.
Les ouvriers agricoles eux aussi sont en grève depuis le 17 janvier 1974, pour des augmentations de salaire . Ils réclament notamment la suppression du SMAG qui est le salaire minimum garanti dans l'agriculture, plus bas que le SMIG et veulent un salaire de 35.46F pour huit heures de travail. Sur certaines plantations, ils sont aidés par de jeunes militants issus du mouvement nationaliste.

Préparation de la grève générale du 12 Février
Devant l'ampleur des mouvements sociaux, les directions syndicales de l’époque, la CGTM, la CGTT-FO, et CFTC ont lancé un mot d'ordre de grève générale illimitée à partir du 11 février. Elles ont mis sur pied une plate-forme de revendications en 12 points dont l'alignement du SMIC et les allocations familiales sur ceux de la France. Mais ces directions, apparaissaient plutôt timorée à beaucoup de travailleurs. Elles ne semblent pas prêtes à faire réellement du 12 février un succès pour arracher les revendications ouvrières, elles ne se montrent pas présentes aux côtés des grévistes.
Pourtant dans les secteurs en lutte, la détermination des travailleurs est grande et les grèves se sont radicalisées face à l'arrogance patronale (coupures d’électricité, débauchages sur les chantiers, riposte à coups de pierre aux interventions policières dans les manifestations).
Alors, des jeunes travailleurs, certains d'entre eux politisés, appelleront leurs camarades à prendre leur mouvement en main et à mettre en place des «comités de grève» pour garder le contrôle du mouvement jusqu’à la satisfaction des revendications. Et les travailleurs des secteurs en lutte se rejoignent à la Maison des Syndicats, ou encore dans les manifestations, lors des débauchages.

Succès de la grève du 12 Février et du 13 février
Le 12 février, environ 5000 travailleurs de tous les secteurs, se retrouvent dans les rues de Fort de France pour réclamer des augmentations de salaires, fustiger les patrons et le gouvernement. Les jeunes des collèges et des lycées sont également dans les rues. Fort de France est ville morte. En fin de journée, la grève est reconduite après une assemblée générale des travailleurs à Fort de France. Le lendemain, la situation est tendue.
Après plus de deux mois de grève pour certains secteurs, l'heure n'est pas aux défilés-promenade. Des grévistes se répandent par petits groupes dans les rues de Fort de France. Ils obligent les magasins qui ont ouvert leurs portes à baisser les rideaux pour respecter la grève. Au soir du deuxième jour, la grève générale n'est pas arrêtée.
Mais les directions syndicales tirent en arrière. Elles craignent d’être débordées par la base, trop déterminée. Les partis politiques tels le PCM ou le PPM, iront jusqu’à faire chorus avec l'administration en dénonçant dans leur presse ou dans des communiqués, les «agitateurs gauchistes» .

La tuerie de Chalvet
C'est dans ce contexte, que la préfecture avec à sa tête le préfet Orsetti et à la demande du patronat de la SICABAM (organisation des planteurs békés de l’époque), décidera de mettre un coup d'arrêt sanglant à cette grande mobilisation ouvrière. C'est dans les champs de banane au Lorrain qu'ils frapperont.

Fin de la grève générale
Choqués par l'assassinat d'un gréviste de l'agriculture, des masses de travailleurs, des grévistes, des politiciens, et aussi des gens «de tous les horizons sociaux», se regrouperont pour célébrer ses obsèques. Ils se retrouveront dans la même émotion au moment des obsèques du jeune Marie-Louise. La grève générale n’était plus à l'ordre du jour.
La répression policière scélérate avait été orchestrée par les possédants et leur pouvoir pour casser le mouvement ouvrier.
Les mobilisations ouvrières continuèrent néanmoins plusieurs jours encore même si elle n’étaient plus aussi massives. C’était le cas des employés de l'entreprise Figuères chargée du ramassage des ordures ménagères à Fort de France, de ceux des boulangeries, ou des banques et des hôpitaux.
Et le 19 février 1974, le quotidien France-Antilles qu'on ne pouvait soupçonner de quelconque sympathie pour les grévistes titrait encore «situation confuse sur le front social».
Le 21 février 1974, un accord fut signé dans la banane. Les patrons bananiers acceptaient de payer la journée de travail de huit heures à 39.50F.
Avec leurs frères les plus exploités, les travailleurs de Martinique avaient fait reculer le patronat béké de l'agriculture. Dans d'autres secteurs, tels le bâtiment ou à la SPEDEM, des revendications importantes furent arrachées. Les patrons et tous ceux qui sont à leur service, leur avaient fait lourdement payer ces avancées. Cette page écrite du sang des ouvriers fait aujourd'hui partie de leur histoire et de leur quête de respect et de dignité pour une vie meilleure.

Document d'origine : http://www.combat-ouvrier.org/co898/898_3.htm
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 #15 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Frise chronologique ... des DOM-TOM   Posté le: 14 Mai 2004 23:53

Les 1ers habitants sedentaires. A partir du 1ere siecle avant J.C.


On désigne les populations d'Amérique Centrale, d'Amérique du Sud et des Antilles, par le terme Amérindien.
Les fouilles archéologiques permettent d'attester d'une présence humaine dans les Petites Antilles, environ 2000 ans avant notre ère. Ce n'est alors qu'une occupation temporaire(nomade).
A partir du 1er siècle avant J.-C., des peuples s'installent. Le groupe principal est désigné par le terme Arawak. Ces peuples auraient occupé les Petites et les Grandes Antilles.
Aux environs de 900 après J.-C., des groupes nouveaux apparaissent. Le groupe principal est nommé Kalina ou caraïbe.
On trouve la trace de ces peuples depuis les Petites Antilles jusqu'à Porto-Rico.

Archipel des Antilles. Réalisé d'après BRETON.-Dictionnaire franco-Caraïbe.-Auxerre,1666-



Dans l'état actuel de la recherche, il semble que le groupe principal soit venu d'Asie, par le Détroit de Béring.
De là, il aurait traversé l'Amérique du nord au sud et aurait atteint les Antilles à partir de l'Amazonie.
Toutefois, il est signalé une migration venant de la presqu'île du Yucatàn vers les Grandes Antilles.
Carte des déplacements présumés des populations vers les Amériques



Des vestiges lithiques isolés (éclats de silex, haches...) ont été retrouvés en Martinique sur un nombre restreint de sites. Cette période se caractérise par la présence de groupes humains, vivant de la cueillette, de la chasse, de la pêche et ne connaissant pas la céramique.

Elle débuterait, en Martinique, aux environs de 4000 ans, voire de 2000 ans avant J.-C..
Outillages précéramiques



Source: Musee d'archeologie et de prehistoire de la Martinique
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