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Nos ancêtres les Garifunas
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  Au coeur des Dom-Tom:   Sujet: Nos ancêtres les Garifunas

6klôn
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 #1 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 10 Sep 2005 16:56

Je viens de découvrir l'histoire d'un peuple typiquement caribéen: les Garifunas

1 Étymologie

Le mot Garifuna proviendrait de la racine arawak karina qui se serait transformée en Callinagu, Garinagu et Karifouna. Le mot Garifuna, qui signifie «mangeur de manioc», s'écrit dans la langue originale Garifuna singulier et Garinagu au pluriel. En français, on peut écrire au pluriel Garifuna ou Garifunas (sans prononcer le -s final). Le nom Garifuna (avec une majuscule) sert normalement à désigner l'ethnie, mais il peut désigner la langue (le garifuna, avec une minuscule) et servir d'adjectif: p. ex., la langue garifuna, le peuple garifuna, etc.


Crédit photo: Pico Bonito.com


2 Données historiques

L'histoire des Garifunas commence au XVIe siècle dans les Petites Antilles au moment où les Européens colonisèrent la région et y transportaient des esclaves noirs pour les faire travailler dans leurs plantations. Certaines îles furent négligées par les Espagnols, dont Saint-Vincent et la Dominique. Ce sont les Amérindiens caraïbes d'origine arawak qui y habitaient. Ils réussirent pendant longtemps à tenir tête aux Britanniques et aux Français, pour conserver leur territoire à l'abri des puissances coloniales.


Maisons Garifunas
Crédit photo: Honduras this week on-line


2.1 Caraïbes noirs et Caraïbes rouges

En 1635, des navires négriers firent naufrage au large de l’île Saint-Vincent (alors Yurumein). Plusieurs esclaves réussirent à échapper à la mort et se réfugièrent à Saint-Vincent où les Amérindiens arawaks — les Caraïbes — les accueillirent. Les Caraïbes permirent aux Africains de s’établir sur leur île. Au cours des décennies suivantes, d'autres naufragés s'y retrouvèrent également. La nouvelle s’était répandue dans les Antilles qu'une île — Yurumein — était un «paradis» pour les esclaves marrons, les rescapés de négriers naufragés et les esclaves enlevés aux Espagnols ou aux Hollandais. La plupart des réfugiés épousèrent des Caraïbes, ce qui créa un peuple, appelé en français Caraïbes noirs (en anglais: Black Karibs; en espagnol: Caribes Negros), par opposition aux Arawaks appelés traditionnellement par les Français Caraïbes rouges (par allusion aux «Peaux-Rouges du Canada); en anglais et en espagnol, les autochtones sont associés aux Asiatiques, d'où le nom de Yellow Karibs en anglais et de Caribes Amarillos (jaunes) en espagnol. Les Caraïbes noirs ou Garifunas ou se métissèrent, puis adoptèrent non seulement la langue des Caraïbes rouges, mais également leur culture et leur mode de vie.

2.2 L'arrivée des Français

En 1660, un traité franco-anglo-caraïbe garantit aux Caraïbes l'entière propriété des îles de la Dominique et de Saint-Vincent. Mais la tension finit par monter entre Caraïbes noirs et Caraïbes rouges, au point où les deux peuples divisèrent l’île Saint-Vincent en 1700: les Noirs à l'est, les Rouges à l'ouest. En réalité, ce fut le gouverneur de la Martinique qui décréta que la moitié est de Saint-Vincent serait attribuée aux Noirs et la moitié ouest aux Rouges. Craignant sans doute la domination des Caraïbes noirs et la mainmise des Anglais, les Caraïbes rouges autorisèrent les Français à établir des colonies en 1719. Ceux-ci envoyèrent des missionnaires chez les tous les Caraïbes et finirent par établir des relations relativement pacifiques avec les deux peuples caraïbes de l’île. Décimés par les guerres et les maladies, les Caraïbes rouges finirent par disparaître, laissant les Caraïbes noirs comme les uniques héritiers de leur langue et de leur culture.


Célébration Garifuna
Crédit photo: Universal tourisme


2.3 Une nation libre et indépendante

Puis, entre 1763 et 1783, Britanniques et Français se disputèrent le contrôle de Saint-Vincent, bien que le traité de Paris de 1763 avait reconnu les îles Saint-Vincent et la Dominique comme des îles «neutres». Les Britanniques tentèrent à plusieurs reprises d'occuper Saint-Vincent, mais les Caraïbes noirs se révélèrent de forts bons guerriers et réussirent à les repousser; ils infligèrent même une cuisante défaites aux Anglais qui durent leur reconnaître le droit d'exister comme «nation indépendante».

2.4 La défaite

Mais, en 1782, le traité de Versailles accorda aux Anglais la possession de l’île Saint-Vincent; les Caraïbes ou Garifunas furent alors livrés à leurs pires ennemis. Les Britanniques fondèrent des plantations de canne à sucre et firent venir des esclaves africains pour y travailler, mais les Français encouragèrent les Garifunas à s'opposer à la colonisation britannique. En 1796, unis sous le commandement de leur chef, Joseph Chatoyer, les Garifunas repoussèrent les Britanniques le long de la côte ouest vers Kingstown. Lorsque, quelque temps après, Chatoyer fut tué dans un combat singulier par un Anglais et que les Français durent laisser tomber leurs alliés, les Garifunas furent définitivement vaincus.

Les Britanniques ne pouvaient accepter que des Noirs soient libres sur l’île vaincue et qu'ils continuent de vivre parmi eux, comme des Blancs. Comme c’était la coutume anglaise à l’époque, il fallait liquider les populations jugées indésirables. Les Anglais pourchassèrent tous les Garifunas pour les emprisonner, brûlant au passages les maisons, prenant le bétail et tuant dans la mêlées des centaines de résistants. Puis, le 15 juillet 1796, Henry Dundas, le secrétaire d’État britannique à la guerre, ordonna au major-général Sir Ralph Abercromby de transporter les 4300 prisonniers garifunas sur l’île déserte de Baliceaux dans les Grenadines, en attendant qu'une décision soit prise sur leur sort. Mais là, la moitié d'entre eux mourut de la fièvre jaune en raison des mauvaises conditions de détention et d'alimentation. Pendant ce temps, les Britanniques continuèrent la chasse et détruisirent toutes les cultures de façon à affamer les survivants.


Village Garifuna
Crédit photo: Ecoturismo Latino.com


2.5 La déportation

Afin d'empêcher toute nouvelle résistance, le gouvernement britannique décida finalement de déporter la plupart des Garifunas. Le 26 octobre 1796, il fit embarquer sur des bateaux 5080 d'entre eux et les fit larguer sur la petite île hondurienne de Roatán, après avoir chassé la garnison espagnole qui occupait l'endroit.

Mais, ce 11 avril 1797, les Anglais ne laissèrent sur l’île de Roatán que 2248 Garifunas, les autres ayant péri au cours du long voyage. Les Garifunas qui étaient restés à Saint-Vincent furent conduits dans des colonies pour travailler dans le nord de l’île (où leurs descendants demeurent toujours). Cette pratique de la déportation massive était courante à l’époque, et les Acadiens de la Nouvelle-Écosse au Canada avaient connu le même sort en 1755. En effet, Charles Lawrence, le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, avait justifié la déportation des Acadiens dans une lettre adressée en 1754 aux autorités britanniques:

Citation:
 
Comme les Acadiens possèdent les plus belles et les plus grandes terres de cette province, nous ne pourrons nous y installer pour de bon tant que ce sera le cas. […] Je ne puis m'empêcher de penser qu'il serait préférable […] qu'on les chasse.  
 


Comme les Acadiens n’étaient pas des Noirs, on peut croire que la déportation n'était justifiée politiquement pour une simple question de race, mais pour s'accaparer gratuitement des terres.

Les Garifunas ne restèrent pas plus d'une décennie sur Roatán. En bons navigateurs, ils se fabriquèrent des pirogues, puis se dispersèrent sur les côtes du Belize, du Honduras et du Nicaragua, pour devenir dorénavant non plus une nation libre, mais de petites communautés minoritaires.

3 Des communautés minoritaires

Beaucoup des descendants des Garifunas vivant aujourd'hui en Amérique centrale ont conservé leur langue et leur culture, mais ceux qui, au XXe siècle, se sont réfugiés aux États-Unis (plus de 100 000) ont perdu définitivement leur langue, comme d'ailleurs les descendants des Garifunas qui étaient restés aux îles Saint-Vincent et Dominique. On estime à quelque 500 000 personnes associées culturellement aux Garifunas. On en trouve aux États-Unis (notamment New York, La Nouvelle-Orléans, Los Angeles et Miami), à Saint-Vincent, à la Dominique, en Martinique, au Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras et au Nicaragua.

Seule une minorité — peut-être 150 000 locuteurs? — parlerait encore la langue ancestrale venue des Arawaks. Les plus grandes concentrations de locuteurs du garufina résident au Honduras (98 000), au Guatemala (16 000), au Belize (12 000) et au Nicaragua (1500).


Le retour à Yurumein d'un groupe de Garifunas du Honduras
Source: Caribbean Net News.com


La langue de ceux qu'on appelle aujourd'hui les Garifunas est restée une langue à base d'arawak, avec des mots d'origine africaine (surtout yorouba), française (env. 210 mots), anglaise (env. 50 mots) et espagnole (env. 210 mots). C'est là l'héritage linguistique des guerres qui se sont déroulées contre les différents envahisseurs européens.

De façon générale, le taux de scolarisation demeure faible chez les Garufinas. On estime qu'environ 72 % de la population est illettrée ou semi-illettrée. Non seulement il n'existe pas assez d'écoles pour eux, mais il manque aussi des enseignants et des manuels, sans compte que les gouvernements concernés ne font pas beaucoup d»'efforts pour sauvegarder cette culture. Beaucoup d'enfant délaissent leurs études entre la troisième et la sixième année du primaire. Seulement 10 % des Garifunas qui réussissent leur primaire poursuivent au secondaire. Les Garifunas qui s'expatrient aux États-Unis adoptent l'anglais et la langue ancestrale se perd.

Source: Université de Laval (Québec)

Dans la série "Nos ancêtres...", consultez aussi:

* Nos ancêtres les Yorubas
* Nos ancêtres les Mandingues
* Nos ancêtres les Kongos
* Nos ancêtres les Taïnos
* Nos ancêtres les Karibs
* Nos ancêtres les Wayanas

et très bientôt:

* Nos ancêtres les Arawaks
* Nos ancêtres les Macuas
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 #2 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 10 Sep 2005 17:10

très instructif. merci de l'info.
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6klôn
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 #3 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 10 Sep 2005 17:12

Le pouls de l'Afrique bat dans le sud du Belize. Mais seuls quelques musiciens âgés et portés sur le rhum jouent encore la paranda. Rencontre avec des légendes vivantes, mémoire de tout un peuple, celui des Garifunas


Junie Aranda, 60 ans, le plus jeune parandero. Dangriga
Crédit photo: Le temps du monde

L'histoire pourrait être un remake de Buena Vista Social Club. A une nuance près: la musique qui rythme la vie de Dangriga n'a rien à voir avec le tempo débridé du son cubain. Ici, c'est toute l’âme de l'Afrique qui vibre à travers les percussions profondes, les guitares nostalgiques et les voix bluesy de la paranda. De douces mélodies mélancoliques qui évoquent la vie de tous les jours et l'odyssée d'un peuple, celui des Garifunas, dont la plus importante communauté vit aujourd'hui dans le sud du Belize.
A 60 ans, Junie Aranda est le plus jeune des paranderos. Dans la rue écrasée par un soleil insolent, impossible de manquer son chapeau de paille et sa silhouette élancée flottant dans un tee-shirt trop grand. Sur le point de s'engouffrer dans un bar, il lance avec un grand sourire: «Hello buddy! It's so nice to see you.» Son pote, c'est Ivan Duran. Et c'est peut-être grâce à ce jeune producteur bélizéen que tout un pan de la culture musicale ne sombrera pas dans l'oubli. Parce qu’«un pays doit avoir un label», il fonde en 1995 Stonetree Records et presse le premier CD du Belize. «Il fallait que quelqu'un le fasse. Beaucoup de choses ont déjà été perdues.» Et, pour que «ces incroyables musiciens soient reconnus», il se lance dans un projet fou: réunir avant qu'il ne soit trop tard les vieux paranderos, dont certains n'ont même pas d'adresse, pour réaliser un magnifique album, sobrement baptisé Paranda, qui est aujourd'hui distribué en Europe.
Ivan Duran se souvient de ces séances d'enregistrement épiques: «Pour que les morceaux ne soient pas trop longs, je devais freiner les musiciens qui se lançaient dans d'interminables improvisations. Et, lorsque je demandais quel était le titre de la chanson, on me proposait des intitulés comme «ma mère a ecrit a ma tante pour lui raconter que mon petit frère est très malade». Je devais donc leur expliquer qu'un titre se doit d’être simple et court.»


Les Griga Boyz, adeptes de la punta-rock.
Crédit photo: Le temps du monde


Junie Aranda y participait à ces sessions mémorables. Tout en s'enfilant une rasade de rhum, il éclate d'un grand rire. «Oui, ce disque a un peu changé ma vie. Mais, comme je n'ai pas de lecteur CD, j'ai vendu les miens.» Quand Junie est vraiment fauché, ce qui lui arrive pratiquement tous les jours, il déambule dans la rue en grattouillant nonchalamment sa guitare. «Ils m'appellent, je rentre dans le bar et je joue. Mais attention, pas de rhum, pas de musique!» s'esclaffe le vieil homme, qui a composé une bonne centaine de chansons. «Je ne les ai jamais comptées. Et puis, j'en ai oublié certaines.» Car les textes de la paranda ne sont que très rarement écrits et s'appuient sur une tradition orale, transmise de musicien en musicien.
Véritable légende vivante, Paul Nabor, 72 ans, est celui que les paranderos considèrent comme leur maître. En décembre dernier, il faisait partie des six musiciens qui ont fait le grand voyage jusqu'en France, à l'occasion du Festival de Rennes. «J'ai dû leur acheter des vêtements chauds avant de partir, se souvient Ivan Duran. Mais Nabor a eu trop froid. Il disait qu'il aimait bien ce pays, mais qu'il reviendrait quand la saison des pluies serait finie.» D'ailleurs, on raconte que la santé du parandero, qui vit dans un petit village du sud, serait quelque peu chancelante. «Je ne suis pas sûr qu'il passe l'année», commente Junie, avec un brin d'inquiétude. Hasard ou signe du destin, Nabor évoque la mort dans une de ses chansons: «Dear brothers, when I pass away, there must have a band at my funeral.» («Chers frères, lorsque je serai passé de l'autre côté, des musiciens devront accompagner mes funérailles.») Car, chez les Garifunas, la mort aussi se célèbre en musique. «Nous chantons la paranda pour le disparu, explique Junie. Puis nous faisons une vraie fête, en son honneur. Nos histoires parlent du quotidien, de la vie, mais aussi de la mort, et parfois nous en avons les larmes aux yeux.»


Bernard Williams, dit Gabaga.
Crédit photo: Le temps du monde


Peut-être Junie chante-t-il aussi l'histoire tragique de son peuple. Un peuple ivre de liberté, qui a miraculeusement échappé à l'esclavage grâce aux naufrages de plusieurs bateaux négriers au XVIIe siècle. Echoués sur l’île de Saint-Vincent, dans les Petites Antilles, les rescapés s'uniront aux Indiens Arawaks. De ce métissage à prédominance africaine naîtront les Garifunas. En 1797, les Anglais, avides d'exploiter l’île, déportent massivement des familles entières, 4000 personnes réparties sur huit navires, vers le Honduras. La moitié d'entre elles périront durant le voyage. Peu à peu, les Garifunas se réfugieront sur les côtes du Honduras, du Guatemala et du Belize. Un pays où, jusqu’à récemment encore, ils devaient quémander un laissez-passer pour se rendre dans la capitale et où leur langue était interdite par le régime britannique.
Assis au fond d'une vieille cabane pourrie montée sur des pilotis vermoulus, Bernard Williams, alias Gabaga, est déjà entré dans l'histoire. «Il est le plus grand», disent de lui les kids de Dangriga. Gabaga a oublié son âge mais se souvient de sa première guitare. «Je l'ai fabriquée moi-même, quand j’étais enfant, avec des fils de pêcheurs. Pour jouer la paranda.» Puis son regard triste se perd dans le vide, dans les souvenirs où résonnent certainement les accords d'une guitare mélancolique.
Cette musique va-t-elle disparaître avec les derniers paranderos? Les jeunes lui préfèrent ici la punta-rock, une sorte de soukouss version bélizéenne qui fait un tabac. Les Griga Boyz, dix kids de 16 à 20 ans, sapés façon hip-hop, constituent l'un des innombrables groupes nés de ce bouillon de culture qu'est Dangriga. Ils viennent de réaliser leur rêve, un premier CD. Et se font un point d'honneur à «chanter en garifuna à 50% et en anglais à 50%, pour ceux qui ne comprennent pas», affirme Joel Coleman, 17 ans. Et d'ajouter pudiquement que «notre passé est notre présent, notre présent est notre futur». Sur leur disque figure une chanson de paranda, signée d'un certain Gabaga Williams. «C'est un hommage plein de respect. Sans eux, nous n'existerions pas.»

Source: Le temps du monde
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zephyrin
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 #4 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 10 Sep 2005 18:02

Vous avez Nicolas Rey sociologue, qui s'est spécialisé sur ces populations, une petite recherche dans google vous trouverez ces textes et ouvrage.
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6klôn
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 #5 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 11 Sep 2005 16:58

Chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité :

"La langue, la danse et la musique des Garifuna"


Les Garifuna se sont répartis sur la côte atlantique de l'Amérique centrale après avoir été obligés de fuir Saint Vincent en 1797. Issus de métissages entre des groupes originaires des Caraïbes et des populations d'origine africaine, ils forment aujourd'hui plusieurs communautés établies au Honduras, au Guatemala, au Nicaragua et au Belize. La langue Garifuna appartient au groupe de langues Arawak et elle a survécu à des siècles de persécution et d'impérialisme linguistique. Elle est riche en récits (úraga), qui servaient à l'origine d'activité pendant les veillées ou les grands rassemblements. L'art de ces conteurs se perd aujourd'hui et l'usage de la langue recule. Il y a une relation très étroite entre la langue Garifuna et les chants et danses qui lui sont associés. Les mélodies rassemblent des éléments africains et amérindiens. Les textes constituent un véritable dépôt de l'histoire et du savoir traditionnel des Garifuna, tels que la culture du manioc, la pêche, la fabrication de canoës et la construction de maisons en terre cuite. Les danses sont en général accompagnées de trois types de tambours et les spectateurs se mêlent aux danseurs lors des cérémonies. Il y a également une veine satirique très importante dans ces chansons, qui sert notamment à moquer certains comportements.


Wanaragua de Livingston, Guatemala.
Crédit photo: National Garifuna Concil


Risques de disparition:


Danse de Wanaragua à Livingston, Guatemala
Crédit photo: National Garifuna Concil

Les migrations économiques, la discrimination ethnique et l'absence totale de la langue des Garifuna du système scolaire au Belize mettent en péril sa transmission. La langue est encore largement parlée mais elle n'est plus enseignée que dans un village. Par conséquent, les jeunes ne maîtrisent plus leur langue et ne connaissent plus leur histoire, ce qui les rend vulnérables à l'influence de la culture dominante.


Joueurs de tambour
Crédit photo: National Garifuna Concil

Plan d'action:


Apprentissage des percussions lors d'un atelier sur la langue et la spiritualité à Orinoco, Nicaragua
Crédit photo: National Garifuna Concil


Le Conseil National des Garifunas (NGC) a élaboré l'agenda Garifuna et a signé un mémorandum avec le gouvernement du Belize qui s'engage à accorder une juste reconnaissance à la culture des Garifuna. Les familles ne pouvant plus assurer la transmission de la langue Garifuna, l'école, et en particulier l'école primaire, doit la promouvoir et retrouver le prestige qui lui a autrefois été refusé. Parallèlement, des bourses de recherche dans le supérieur, et un centre culturel Garifuna qui organisera des festivals, doivent être créés. De la même manière, il a été prévu la mise en place d'un Parc du patrimoine Garifuna (Garifuna Heritage Park), et d'encourager les jeunes à participer à la vie de la communauté.


Offrande de nourriture au Dabuyaba lors d'un dügü à Dangriga
Crédit photo: National Garifuna Concil


Source: Unesco
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 #6 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 12 Sep 2005 19:00

Sa ka fèt

Intéressant....(Thalassa a d'ailleurs réalisé un reportage sur cette communauté.)

Foxybrown70
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 #7 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 16 Sep 2005 18:14

Pas mal

Je ne savais pas qu'ils existaient toujours
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 #8 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 27 Sep 2005 19:13

Bien pour ce topic
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martinica
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 #9 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 28 Sep 2005 00:05

Salut 6klôn

Oui, les Garifunas j'en ai déjà parlé là :
http://www.volcreole.com/forum/message-134282.html
mais çà me fait plaisir d'en apprendre d'avantage sur eux
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nefer
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 #10 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 29 Sep 2005 19:06

1 kestion me turlupine le ciboulot depuis des lustres:

prkoi les nègres d'afrik on pu resister alors que les indiens (arawkw et companie) ont disparus de la surface de la terre? et pourtant ils etaient chez eux et donc pouvaient mieux survivre?

L afrikain (d'hier et d' aujourd'hui) est il à ce point 1 dure à cuire?
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 #11 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 29 Sep 2005 23:28

nefer a écrit:
 
1 kestion me turlupine le ciboulot depuis des lustres:

prkoi les nègres d'afrik on pu resister alors que les indiens (arawkw et companie) ont disparus de la surface de la terre? et pourtant ils etaient chez eux et donc pouvaient mieux survivre?

L afrikain (d'hier et d' aujourd'hui) est il à ce point 1 dure à cuire? 
 


1-Les indiens existent en Guyane, Panama et Dominique entre autres
2-Si la méthode d'extermination utilisée envers les Arawacks avait été appliquée sur l'Africain, il aurait été 1 facile à cuire .........
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 #12 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 30 Sep 2005 04:45

Les arawaks, caraibes et tainos ont en très grande partie disparu parce que leur terres ont été conquises, on les a tué pour s'accaparer les iles. Les rares survivants ont fui, se sont suicidés ou sont morts de maladie.

Les africains ont été soignés, parce qu'ils avaient de la valeur à la vente. Leur territoire n'a pas été envahi de la même manière. Les blancs venaient les récolter, ils les cultivaient et les revendaient après.
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 #13 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 15 Nov 2005 00:24

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 #14 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 31 Jan 2006 14:27

très bon sujet.en effet: THALASSA a dèja montré plusieurs fois la vie pauvre et difficile des garifunas habitants sur les diférentes iles. c'est poignant et révoltant.au Honduras par exemple:une communauté de pécheur garifunas attend l'arrivée des grandes sociétés de peche pour aller pécher le homard.avec des moyens ridicules les jeunes hommes plongent au péril de leur vie.beaucoup font des accidents de décompression en remontant à la surface et restent paralysés à vie.ces jeunes hommes ont souvent une jeune famille à nourrir.sur une autre ile,les garifunas se mobilisent et s'organisent pr la récupération de leur terre.ils ne st pas passifs, ils ont tout un programme de développement en attendant que le gouvernement les dédisions qui ont été prisesmais pr eux aussi présentement c'est la misère totale. je tacherai de trouver de quel ile il s'agit.autre chose:d'après l'explication donnée plus haut du mot GARIFUNA:(mangeur de manioc),je voudrais dire que au Togo et au Bénin et sans doute ailleurs en Afrique de l'ouest , le manioc ; (aliment de base ds ces 2pays) est appellé:gari.
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 #15 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Garifunas   Posté le: 01 Fév 2006 10:22

un meilleur connaisseur que moi de la langue MINA du Togo me dit que c'est la farine de manioc qui est appellée gari.gari ,tous les jours présent sur toutes les tables togolaises. se st de vrais mangeurs de gari.
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