Accueil www.volcreole.com
Le site de référence des Dom-Tom !


 :: Connexion :: S'enregistrer :: Profil :: Messages privés :: Membres :: Album Photos :: Forum :: Chat :: Rechercher :: FAQ :: Annuaires :: Agenda :: Vidéos streaming  :: 


Nos ancêtres les Yorubas
Aller à la page 1, 2  Suivante

Répondre au sujet    Accueil » Forum » Au coeur des Dom-Tom: Nos ancêtres les Yorubas S'abonner au Flux Rss Au coeur des Dom-Tom Partager ce sujet sur Facebook Partager ce sujet sur Twitter Partager ce sujet sur Myspace Partager ce sujet sur Del.icio.us Partager ce sujet sur Digg Partager ce sujet sur Google bookmarks Partager ce sujet sur Netvibes Partager ce sujet sur Viadeo Partager ce sujet sur Linkedin Partager ce sujet par email 
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  A la une :: Imprimer ce sujet 
Auteur Message
Annonces
  Au coeur des Dom-Tom:   Sujet: Nos ancêtres les Yorubas

Snaïka'
Classe Confort Classe Confort



Genre: Femme
Inscrit le: 20 Sep 2003
Sujets: 104
Messages: 11659
Localisation: A kaz! :-)
 #1 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 10 Sep 2005 23:47

Le terme Yorouba décrit à la fois un langage et une tribu vivant entre le Nigéria et la République populaire du Bénin, dans une région couverte de forêts et de savanes.

Les Yorubas sont l'ethnie dominante du sud du Nigéria, ils sont chrétiens pour plus de la moitié, musulmans pour environ un quart, le reste suivant généralement des croyances indigènes.




L'aire culturelle yorouba occupe géographiquement le sud-ouest du Nigeria ; elle est limitée au nord par le grand fleuve Niger, au sud elle s'ouvre sur l'océan par la ville de Lagos (Eko en yoruba) qui fut autrefois le plus grand port de traite du Golfe de Bénin.



Divisée à l'époque pré-coloniale en unités politiques indépendantes, cette région présente une diversité et une richesse artistiques dont le rayonnement et la réputation sont inégalés. Au nom de la ville d'Ifé restent attachées les spectaculaires découvertes archéologiques de ce siècle qui illustrent le classicisme d'une tradition sculpturale ancienne aujourd'hui admirée comme l'une des plus extraordinaires productions artistiques du continent noir.

L'utilisation du terme yorouba, dérivé d'un mot haoussa qui désignait les yorouba du royaume septentrional d'Oyo, date du milieu du XIXe siècle, époque où il fut popularisé par les missionnaires. C'est surtout en faveur du royaume d'Oyo, qui étendit son hégémonie sur une grande partie de la région au XVIIe et XVIIIe siècle que s'est écrite l'histoire des yorouba.

La langue yorouba n'est pas homogène sur tout le territoire : elle est constituée de dialectes qui forment trois familles principales. La ville d'Ife demeure cependant pour l'ensemble des yorouba le lieu d'origine du monde et de la religion yorouba à travers le mythe fondateur commun d'Oduduwa à qui Olodumare, le dieu suprême qui donna la puissance et la sagesse aux divinités secondaires (orisa) après les avoir créées, donna les instruments de la création du monde. Oduduwa reçut de ses mains un sac de terre, deux cents pigeons pour l'étendre, deux cents poulets pour l'éparpiller, deux cents caméléons pour en tester la solidité et deux cents chaînes pour qu'il puisse effectuer sa descente sur terre depuis le ciel, Orun, où résident les divinités.

Ile-Ife, étymologiquement « la terre qui s'est étendue » est le lieu où Oduduwa posa le pied, devenant donc le premier roi (Ooni) de la ville d'Ife. C'est à partir d'Ife que l'humanité se dispersa peuplant les continents.

Ayant depuis le XVème siècle constitué la quasi-majorité des esclaves exportés en Amérique du sud, aux Caraïbes et à Cuba, les Yoroubas bénéficient aujourd'hui d'une importante diaspora, particulièrement solidaire au niveau international. Bénéficiant souvent d'un niveau de formation élevé, ils sont aujourd'hui très présents à tous les niveaux de la vie nigériane -politique, économique, administratif, culturel

Sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nigeria
http://www.african-concept.com/art_africain_masque_du_nigeria.htm
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Nigeria





Dans la série "Nos ancêtres...", consultez aussi:

* Nos ancêtres les Garifunas

* Nos ancêtres les Mandingues
* Nos ancêtres les Kongos
* Nos ancêtres les Taïnos
* Nos ancêtres les Karibs
* Nos ancêtres les Wayanas

et très bientôt:

* Nos ancêtres les Arawaks
* Nos ancêtres les Macuas
Revenir en haut
      
Snaïka'
Classe Confort Classe Confort



Genre: Femme
Inscrit le: 20 Sep 2003
Sujets: 104
Messages: 11659
Localisation: A kaz! :-)
 #2 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 00:18

La religion


Un monde surnaturel

Les Yoruba sont unis par leur religion traditionnelle. Être suprême, le dieu du Ciel Olorun est l'origine de tous les êtres. On ne le représente jamais, on ne lui rend aucun culte. On ne peut s'adresser à lui sans la médiation de nombreux dieux secondaires, esprits et génies, qui s'occupent des différents aspects du monde. Dieux des rivières, des montagnes, des arbres... ils régissent les affaires humaines. Certains sont des ancêtres très vénérés. Le système religieux (Aujourd'hui, la religion islamique est la plus répandue dans le pays, suivie par le christianisme et par la religion traditionnelle, qui subsiste encore dans certaines régions.) repose en effet sur l'immortalité de l’âme et sur un mode de réincarnation qui accorde une grande place à la responsabilité : Olorun juge les actions du mort, dont il détermine ainsi la nouvelle vie sur terre. Toutes ces entités peuplent un monde invisible et surnaturel, dynamique et vivant.

Seuls les sorciers savent passer dans ce monde effrayant. Ils maintiennent l'ordre en gérant le divin et le surnaturel et sont les garants de l'organisation sociale. On les appelle ainsi parce qu'ils travaillent dans le secret et ont le pouvoir de manipuler la nature et d'apaiser les divinités en colère. Ils volent la nuit, se changent à leur gré en chat, en chauve-souris, en rat... Ils peuvent être en deux lieux à la fois, voyager dans le temps... Hommes ou femmes, ils appartiennent à une confrérie. Ils sont les « sorciers blancs », bienfaisants et guérisseurs. On les respecte et on les craint. S'il arrive qu'un sorcier utilise son pouvoir à mauvais escient - il devient un mangeur d’âmes, un « sorcier noir » car il agit dans la nuit - sa confrérie le punit sévèrement : traduit en public, il est contraint à l'exil ou lapidé par des enfants.

La fête de Gelede

Toute sculpture yoruba est chargée d'une signification importante. Masques et statuettes sont liés à une divinité. Le masque gelede appartient à Gelede, qui régit l'ordre du monde et la fertilité de la terre. Le dieu a son propre temple et son culte n'est célébré que par ses adeptes. Sa fête, réservée aux hommes, se déroule en plein jour une fois par an. Elle commence par une bénédiction des fruits de la terre et par des sacrifices d'animaux dans le couvent du dieu. On appelle ainsi sa bienveillance sur le village. L’événement donne aussi l'occasion de se réunir autour d'un grand repas.

La danse associe les rites appropriés à la magie, aux percussions, aux costumes et aux sculptures. Les « masques » gelede portent des vêtements de femmes et peuvent représenter une vaste gamme de caractères, aussi bien masculins que féminins. Vêtus de riches costumes chamarrés, les hommes dansent en couple. Ils portent le masque sur le front, ce qui leur permet de voir à travers l’étoffe qui les cache entièrement.


Masque Gelede


Le Santeria

Le santería (la Voie des saints) est un mélange de rites catholiques et africain (yoroubas) qui se pratique depuis toujours à Cuba. Lorsque les Africains arrivèrent à Cuba, l’Église catholique s'empressa de leur inculquer les rudiments de la religion et de les baptiser. Les Africains firent des rapprochements entre les deux religions : le Dieu créateur catholique, entouré de saints qui intercèdent auprès de lui en faveur des hommes, n’était pas sans rappeler le Créateur Oludamare et ses orishas (divinités moins importantes), qui aident les fidèles à trouver et à accomplir leur destinée. Les saints catholiques furent donc considérés comme des manifestations des orishas.

Sources:
http://www.archeographe.net/afrique/communiquer_invisible_religion_traditionnelle_yoruba_article96.html
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Cuba
Revenir en haut
      
Snaïka'
Classe Confort Classe Confort



Genre: Femme
Inscrit le: 20 Sep 2003
Sujets: 104
Messages: 11659
Localisation: A kaz! :-)
 #3 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 00:35

La musique


Lorsque les Africains (yoruba, bantou, carabali...) arrivèrent à Cuba, ils apportèrent avec eux leurs riches traditions musicales. Le groupe ethnique qui a eut le plus d'influence fut le groupe yoruba, qui, dès son arrivée à Cuba, organisa des soirées secrètes afin de conserver ses traditions religieuses et musicales.

La musique yoruba sert principalement à la communication avec les dieux. Les Yorubas possèdent un pantéon de dieux, les Orishas. Parmi les plus populaires, il y a Changó, Yemayá, Elebwa, Oshún et Obatalá. Tous possèdent leur chant.

La cérémonie se déroule au son des tambours batá servant d'intermédiaire avec les dieux. Ils supportent des chants souvent répétitifs présentés par un chanteur principal supporté un choeur pouvant contenir une ou plusieurs personnes.

Les batas sont traditionnellement faits de bois, mais aujourd'hui, on les trouve aussi en vibre de verre. Pour qu'une peau puisse être tendue de chaque côté de l'instrument, il es fait en deux parties, soudées ensuite l'une à l'autre, ce qui lui donne sa forme de double cône. On renforce ces peaux de la même manière que celles des congas. Le son des batas se caractérise surtout par celui, clair et à sonorité de bois, du cha-cha, la plus petite de ces peaux.



Quelques extraits de musique yoruba (C'est pas mal je trouve!! )

Sources:
http://voircuba.tripod.com/La%20musique%20yoruba.htm
http://www.congas.ch/fr/instruments/batas.html
Revenir en haut
      
Snaïka'
Classe Confort Classe Confort



Genre: Femme
Inscrit le: 20 Sep 2003
Sujets: 104
Messages: 11659
Localisation: A kaz! :-)
 #4 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 00:58

L'art Yoruba


L'art yoruba s'apparente au style d'Ifè, dont il semble être une interprétation populaire : il n'en a pas modifié le caractère, bien qu'il ait remplacé par le bois les matériaux nobles comme le bronze, la pierre ou la terre cuite. Les plus belles réalisations, comme cette Maternité de la collection de Haguenau, conservent la majestueuse dignité des œuvres anciennes. Surtout lorsqu'elle touche à la religion, la sculpture va toujours au-delà de la seule esthétique car elle maintient la relation entre les mondes surnaturel et matériel. Aussi le symbole y est-il toujours présent. Par exemple, on perfore les yeux du masque gelede, alors qu'il n'est pas porté sur le visage. De même, aucun sculpteur ne se risquerait à faire un portrait, de peur que ce double ne devienne la proie d'une puissance maléfique. On reconnaîtra quelqu'un à sa coiffure, à ses scarifications, à ses vêtements... Les artistes doivent se plier aux principes religieux de leur clientèle, mais ils disposent d'une certaine latitude pour s'exprimer. Les meilleurs se servent de ces contraintes pour sublimer l'indispensable par la perfection de l'art.





Cette petite statuette est une statuette d'autel
Ce style de représentation est typiquement Yorouba : scarifications sur les joues, représentation des yeux, statuette de petite taille
Les sculptures Yorouba présentent souvent un style épuré.






Sources:
http://www.artisanat-africain.com/statuettes_arts_premiers/statuettes%20au%20B%E9nin%20et%20au%20Nig%E9ria/statue_yoruba_5.htm
Revenir en haut
      
6klôn
Classe Confort Classe Confort



Genre: Homme
Inscrit le: 27 Juin 2002
Sujets: 240
Messages: 14571
Localisation: United States of Gwada
 #5 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 15:29

L'ETHNIE YORUBA


L'ethnie Yoruba, qui compte aujourd'hui plus de vingt millions de personnes, représente la plus grande communauté d'Afrique. La zone peuplée par cette ethnie couvre la partie sud-ouest du Nigeria et, en partie, le sud-est du Bénin.

L'origine des Yoruba, qui se base essentiellement sur des légendes et des suppositions, laisse présumer une provenance de l'Egypte et de l'Arabie. Un flux migrateur qui remonterait, selon les spécialistes, au douzième siècle ou même plus tôt, serait à l'origine de leur présence dans cette région.

En effet, les fameux bronzes d'IFE, certainement des œuvres de sculpteurs Yoruba, remontent à cette époque. IFE est la ville sacrée, considérée par les Yoruba comme l'origine de leur ethnie, où le dieu tout puissant OLORUN créa l'homme blanc et l'homme noir semblables en tous points.

Historiquement l'ethnie Yoruba était forte et harmonieuse. Elle était articulée en plusieurs groupes, mais se montra, dans le temps, très unie face aux attaques des tribus extérieures.

Le roi d'OYO représentait l'autorité administrative et militaire, tandis que le roi d'IFE représentait l'autorité religieuse. Cette situation tribale, se poursuivit jusqu'au début du XIX ème siècle. Au début du XIXème siècle, la cohésion entre les différents chefs de tribu diminua et le pouvoir du roi d'OYO s'affaiblit. Les FULANI profitèrent de cette faiblesse. Venant du Nord, ils envahirent le royaume d'OYO et en détruisirent la capitale en 1830. Le territoire Yoruba fut bouleversé par des guerres civiles. De nombreuses villes furent saccagées, la population fut tuée ou réduite en esclavage. Beaucoup d'habitants se réfugièrent dans d'autres parties du pays.

Ces guerres civiles durèrent pendant cinquante ans. Vers la fin du XIXème siècle, l'Angleterre apporta l'ordre et la paix au pays, mais en contrepartie, elle fit du Nigeria une colonie britannique, et garda le plein pouvoir sur l'état pendant de nombreuses années. En 1960, le Nigeria fût reconnu comme état indépendant, et en 1963, il devint une république à structure fédérale. L'actuel président du Nigeria est Olusegun Obasanjo. Il a été élu en 1999. Il est d'origine Yoruba, comme d'ailleurs plusieurs membres du gouvernement fédéral actuel.

LA COMMUNAUTE YORUBA

La communauté Yoruba se base essentiellement sur deux fondements:

* la famille ou le clan
* la tribu

La famille a une importance vitale pour la vie de chaque Yoruba. La sécurité familiale lui donne la stabilité nécessaire, sans laquelle il serait perdu. Non seulement les parents, la femme et les enfants forment la famille, mais aussi les familles des frères et des sœurs, des tantes et des oncles, ainsi que tous les petits fils et les familles alliées par des mariages successifs des descendants. Quand un Yoruba parle de sa famille, il parle pratiquement de tout son clan, c'est à dire d'un nombre considérable de personnes, pouvant aller jusqu'à quelques centaines de personnes.

Cette structure familiale donne à chaque individu la protection, la sécurité et la garantie nécessaires pour passer une vie épanouie. En effet, en cas de succès professionnel, il n'hésitera pas à partager une grande partie de ses bénéfices avec le clan, qui en échange lui garantira un soutien maximum, s'il venait à perdre ses ressources financières. La sensation d'appar­tenance au clan est quasiment innée pour chaque Yoruba.

Le chef de la famille la plus nombreuse est aussi le chef du clan. Il est appelé BALE. Il est très vénéré et il tranche, sans appel, tous les problèmes qui sont portés à son jugement. Un BALE n'a pas seulement des droits, mais aussi des devoirs. Si le père d'un jeune de son clan meurt, il doit prendre sa place et prendre en charge son fils comme s'il était son père naturel.

Dans certains villages, cela dépend de leur dimension, il peut y avoir plusieurs clans, et leurs relations sont très harmonieuses et coopératives, à tel point que les membres des clans s'appellent frères et sœurs entre eux.

Une tribu naît de l'union des communautés de tous les villages d'une région du territoire Yoruba. Ces différentes communautés élisent un roi, appelé OBA, choisi entre les BALE. Le roi, avec ses conseillers, s'occupe des affaires économiques, sociales et juridiques de sa tribu. Il occupe cette fonction Jusqu'à sa mort.

Source: Les Yoruba et les Ibeji
Revenir en haut
      
6klôn
Classe Confort Classe Confort



Genre: Homme
Inscrit le: 27 Juin 2002
Sujets: 240
Messages: 14571
Localisation: United States of Gwada
 #6 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 15:51

LA RELIGION ET LES DIVINITES


Aujourd'hui, la religion islamique est la plus répandue dans le pays, suivie par le christianisme et par la religion traditionnelle, qui subsiste encore dans certaines régions. Les propos suivants font état de la religiosité traditionnelle du début du XX siècle, lorsqu'un pourcentage très élevé de Yoruba adhérait encore à cette croyance.

Le système religieux est basé sur l'immortalité de l'âme et sur la réincarnation. Les bonnes et les mauvaises actions d'un Yoruba, pendant sa vie sur terre, sont jugées à sa mort par le dieu suprême OLORUN. De son jugement dépendront les conditions pour une nouvelle vie sur terre.

OLORUN est le dieu suprême créateur. Il n'est représenté ou peint sous aucune forme et aucun culte ne lui est voué. Il est la règle abstraite, l'origine de tous les êtres. Il n'a pas d'attributs et il n'accepte pas de sacrifices. Cependant son existence n'est ni contestée ni mise en question.

Il y a aussi des divinités appelées génériquement ORISHA. Certaines d'entre elles sont importantes et d'intérêt général, comme:


Shango
Crédit photo: Université de Virginie

SHANGO, le dieu du tonnerre et de la foudre, qui est représenté avec le symbole de la double hache.


Eshu
Crédit image: Godchecker
ESHU, le magicien, le sorcier, le maître des forces du mal et du pouvoir magique des sorcières. Il est capable de protéger les humains de ces démons.
SHOPONA, le dieu de la vérole, est le plus craint parmi les ORISHA, car il est capable de décimer la population de régions entières. Il a un grand nombre de disciples et il est vénéré car on le craint. C'est le seul dieu qui peut infliger des maladies, surtout la vérole, mais qui peut aussi les soigner et, avec l'aide du dieu ESHU, il peut influencer la magie des sorcières.


Ogun
Crédit image: Our divine family

OGUN est le dieu du fer et de la guerre. Il est adoré par tous ceux qui utilisent le fer comme instrument de travail, donc aussi par les sculpteurs sur bois, qui utilisent des instruments en fer pour travailler. Beaucoup de sculpteurs, avant de commencer un travail important, avaient l'habitude de lui faire une offrande pour obtenir son aide.
Outre ces importantes divinités, il y a au moins quatre cents ORISHA, et chaque famille vénère sa propre divinité, à laquelle elle offre des animaux en sacrifice. En échange, l'ORISHA choisi s'occupe de la famille, en offrant toujours une aide spirituelle et souvent aussi matérielle.

LE CULTE DES ANCETRES

Les Yoruba, fidèles à leur tradition religieuse, croient à l'immortalité de l'âme et à la réincarnation de chaque être humain. Cela signifie que les âmes des morts reviennent sur terre dans le corps des nouveau-nés, normalement dans leur propre famille, en sautant deux ou trois générations. Croire à la réincarnation signifie que la mort n'est pas un départ définitif, mais simplement un intervalle de temps entre la mort et une nouvelle vie dans un autre corps.

Pour cette raison, le vieux Yoruba attend sa mort paisiblement, car il sait que dans l'autre monde son âme immortelle restera en contact avec sa famille; il sera ainsi capable de participer à la vie quotidienne et d'influencer les destinées de sa famille. Son retour sur terre sera accéléré si les membres de sa famille prient et offrent régulièrement des animaux en sacrifice pour son âme. Cette croyance lie les jeunes aux vieux pendant leur vie sur terre. En effet, les plus jeunes ont beaucoup d'égards envers les anciens et cherchent à obtenir leur soutien après leur mort; les anciens de leur côté sont aimables et agréables envers leurs jeunes frères, afin de revenir le plus rapidement possible sur terre après leur mort.

La prospérité d'une famille dépend donc du bien-être de ses ancêtres. Dans ce but on construit des sanctuaires particuliers, où l'on adresse des prières aux ancêtres et où on leur offre des sacrifices. Le sanctuaire ancestral permet aussi un dialogue entre les morts et les vivants. Un dialogue qui devient très important et fréquent surtout lors d’événements significatifs, comme les maladies, les accidents, la récolte, la sécheresse, ou le malheur.

L'union des morts et des vivants est fêtée par toute la population Yoruba pendant les festivals d'EGUNGUN. Pendant quelques jours, au printemps, des danses avec des masques particulièrement élaborés ont lieu dans plusieurs villages en l'honneur du culte d'EGUNGUN. Ces masques représentent les âmes des morts; le danseur est possédé par l'âme d'une personne morte qui attend encore sa réincarnation; ainsi cette danse est le témoignage d'une union entre les vivants et les morts provisoires.

LES SORCIERES

Les malheurs et les maladies sont attribués aux pouvoirs magiques des sorcières. Un Yoruba ne se sentira jamais responsable de ses propres malheurs.

Chaque individu peut être l'objet d'un sortilège maléfique. Généralement une sorcière jette un sort pour porter malheur à une personne, rarement à une famille. En effet, les sorcières sont incapables de provoquer des catastrophes naturelles ou des épidémies qui frapperaient une tribu entière. Seul SHANGO, le dieu du tonnerre, ou SHOPONA, le dieu de la vérole, possèdent ce pouvoir.

Si un Yoruba s'aperçoit qu'il a été frappé par les pouvoirs magiques d'une sorcière - cela peut se manifester par un cauchemar, par un mal de tête au réveil, ou par une sensation de tristesse et de malheur - il doit interroger le BABALAWO, le prêtre IFA, responsable religieux du village. Ce dernier consulte l'oracle d'IFA et prescrit un antidote suffisamment puissant pour combattre le pouvoir de la sorcière. Evidemment, ces consultations et ces prescriptions sont coûteuses.

Si un Yoruba n'a pas les moyens nécessaires pour se payer les services d'un BABALAWO, seule une vie honnête le préservera des méfaits d'une sorcière. Les pouvoirs du mal n'attaquent pas les saints ! Un autre moyen pour se protéger des sorcières est de devenir membre d'une Communauté de Culte, c'est-à-dire d'une communauté avec une grande connaissance de la magie noire et qui possède donc tous les meilleurs antidotes. La Communauté de Culte la plus puissante et la plus connue sur le territoire Yoruba est la société secrète des OGBONI. Celle-ci a toujours exercé des pouvoirs dépassant largement ses fonctions magiques et religieuses: en effet elle désignait les rois, dictait et abolissait les lois. Quiconque perdait sa faveur, et quelle qu'ait été sa position sociale, était immédiatement empoisonné en public: les chefs OGBONI envoyaient une tasse de poison chez le malheureux, avec l'ordre d'en boire le contenu, et aucun cas de désobéissance n'est connu. Naturellement entrer dans une Communauté de Culte aussi grande et reconnue coûte cher. Pour cette raison, de nombreuses petites communautés locales se sont formées, qui offrent une aide modeste aux victimes ensorcelées, à des prix plus modiques.

LES JUMEAUX

Autrefois, la naissance de jumeaux était considérée comme un événement inexplicable et elle était accompagnée de superstitions diverses. Ce phénomène était expliqué par une double paternité (deux pères différents), qui prouvait en même temps l'infidélité de la mère. Cette croyance engendrait donc le meurtre de la mère et des enfants.

En effet, les Yoruba croyaient qu'aucun être humain ne pouvait engendrer deux êtres humains à la fois. Donc, ils considéraient les jumeaux comme des êtres mystérieux, surnaturels, qui portaient malheur à leurs familles. Par conséquent à leur naissance, les deux jumeaux étaient tués et leur mère était rejetée du village.

Changement d'attitude envers les jumeaux
Dans le monde, il y a une naissance gémellaire toutes les quatre-vingt naissances. Dans le territoire Yoruba, il y a une naissance gémellaire toutes les vingt-deux naissances.

Cela signifie qu'avec l'élimination de tous les bébés jumeaux, qui étaient considérés comme des êtres possédés par les esprits du mal, les Yoruba avaient un taux d'accroissement démographique beaucoup plus bas que les autres peuples africains.

Pourtant cette décimation allait à l'encontre de la tradition des Yoruba. En effet, avoir un grand nombre d'enfants était le garant d'une vieillesse sans souci.

On ne sait pas quand exactement les Yoruba changèrent leur attitude face aux jumeaux. Une légende raconte, qu'il y a cent ans environ, une grande tristesse régnait dans les villages et dans les âmes de ses habitants. On consulta alors l'oracle d'IFA qui ordonna d'arrêter les meurtres des jumeaux et de les honorer dorénavant.

Une autre histoire raconte que le légendaire roi Yoruba AJAKA, frère du dieu SHANGO, arrêta le meurtre des jumeaux, après que sa femme eût mis au monde deux jumeaux.

Quoi qu'il en soit, la situation et l'attitude face aux naissances gémellaires changea radicalement bien que lentement dans la première moitié du XIX° siècle. Petit à petit, les Yoruba commencèrent à croire que les jumeaux possédaient des pouvoirs surnaturels et qu'ils étaient capables d'apporter le bonheur, la santé, et la prospérité dans leurs familles. On devait donc les traiter avec respect et considération, leur donner les meilleurs aliments, les vêtements et les bijoux les plus beaux, et les combler d'attentions.

A leur naissance, on célèbre une fête, à laquelle prend part tout le village, et même parfois la population des villages voisins. Il s'agit d'une fête en l'honneur de la mère qui a accouché, ainsi qu'en l'honneur de toutes les mères de jumeaux. Une danse, réservée exclusivement à elles, est au centre des festivités, et certains mouvements de cette danse illustrent des demandes spécifiques de prospérité, de bonheur, de santé pour les jumeaux, de même qu'une protection contre le pouvoir maléfique des sorcières.

Quelques jours après la naissance des jumeaux, le BABALAWO, c'est à dire le prêtre du village, rend visite aux nouveau-nés et il les voue à l'ORISHA IBEJI. Ensuite, il conseille à la mère les aliments recommandés, lui indique les jours de mauvais augure de la semaine ainsi que les animaux dangereux et les couleurs à éviter.

Source: Les Yoruba et les Ibeji
Revenir en haut
      
metropolisson
Embarquement Embarquement



Genre: Homme
Inscrit le: 06 Sep 2005
Sujets: 4
Messages: 184
Localisation: L'Ile de pierre dans la mer de Terre
 #7 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 11 Sep 2005 23:33

Snaika: MERCI.
Ton sujet est top et très bien documenté. Les sources ethno et anthropo sont d'un niveau d'information assez pointu .
Cette réappropriation de nos nombreuses et diverses origines me semble assez novatrice.
En reliant ce passé avec le présent des créoles modernes, ton sujet donne la possibilité de se connecter avec ce que l'Unesco et l'ONU reconnaissent comme partie intégrante du Patrimoine Mondial: les cultures ancestrales, et dans ce cas les cultures africaines.
Ayant passé du temps en Gwada, j'avais été surpris de constater que les cultures africaines semblaient inexistantes dans leur filialité historique (ou invisibles, encore un coup des quimboiseurs ).
Les représentations du monde restaient franco-françaises (j'ai la Gaulle, et je la garde ).
Plus sérieusement, la lecture de « Nègres, danse et résistance, La Caraïbe du 17è au 19é siècle » de l'historien Gabriel Antiope (ed. L'Harmattan, 1996) m'a éclairé quant à l'amnésie antillaise, fait unique dans la dispersion et le mélange résultant de la sinistre Traite Atlantique.
A ceux qui veulent creuser, je recommande cette lecture factuelle et incontournable.
En prime, voici quelques correctifs (mineurs ) relatifs aux Yorubas :
Je cite : « Seuls les sorciers savent passer dans ce monde effrayant. Ils maintiennent l'ordre en gérant le divin et le surnaturel et sont les garants de l'organisation sociale.. »
Dans un souci, certes louable de synthèse, ce texte reconduit quelques confusions (que j'ai entendues dans la bouche de quelques créoles… ).
1- Le monde des esprits n'est pas du tout effrayant pour un Yoruba. Les esprits, appelés Orishas, sont bienveillants et protecteurs et c'est bien pour cela que leurs personnalités sont synchrétisées avec les Saints Catholiques à Cuba, et au Brésil. Le reste est OK
2- Plus loin…« On les appelle ainsi parce qu'ils travaillent dans le secret et ont le pouvoir de manipuler la nature et d'apaiser les divinités en colère ».Hélas, ce passage est une vision made in Europa. Pour le Yoruba, il n'y a pas de secrets, seulement des mystères, pas plus mystérieux que la Trinité pour un chrétien ou celui des quantas pour un physicien. Le Babalorisha, la Yalorixa ne sont pas des sorciers ! Ce sont des prêtres qui ont la lourde charge de l’équilibre social et individuel. Il n'y a de vrai pouvoir chez le Babalorixa, (comme chez le VRAI Houngan ou Mambo) qu'au travers de la recherche d'harmonie entre les diverses forces de la Nature qui trouvent un écho en nous.
3- Néanmoins, comme en opposition à toute religion, il y a bien des sorciers (à qui une guerre sans merci est faite): nommés Bokos par le Vodou, féticheurs en Afrique, Quimbandeiros au Brésil. On leur attribue aussi des pouvoirs : « Ils volent la nuit, se changent à leur gré en chat, en chauve-souris, en rat... Ils peuvent être en deux lieux à la fois, voyager dans le temps... ». Sorciers d'ici ou d'ailleurs, jouant sur la peur, ils promettent réussite et fortune indues à ceux qui les consultent, contre payement comptant . Ils ne finissent généralement pas très bien, la nature ayant horreur qu'on lui force la main. Le Babalorixa, lui se doit de travailler avec amour et empathie envers le monde, sans cela les tuiles ne sont pas loin…
Confondre les sorciers avec les prêtres de la religion Yoruba, c'est comme accuser Sa Sainteté le Pape de bouffer du bébé, avant que de s'envoler sur les ailes noires de Lucifer.
Ce contre-exemple (...), because ce genre de confusion ne passerait évidemment pas si l'Eglise en était l'objet .
Pourquoi devrait-elle continuer à faire des petits dans l'inconscient collectif créole seulement quand il s'agit des cultures africaines ?
End of my baratin. Bravo pour la démarche…
Revenir en haut
      
lorela
Siège service Siège service



Genre: Femme
Inscrit le: 16 Avr 2005
Sujets: 33
Messages: 754
Localisation: Saint Martin
 #8 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 14 Sep 2005 23:36

félicitations, c'est bien d'avoir mis en lumières certaines de nos racines africaines.
ton sujet est très instructif, moi aussi j'ai fait des recherches sur nos ancêtres.
j'ai commencé un blog sur l'histoire des antilles, en commençant par les amérindiens, car je porte un grand intérêt à l'histoire de ce peuple qui est très occultée;
je suis loin d'avoir fini.
j'attend de voir ce que tu va faire sur les karibs, car cela m'intéresse particulièrement.
Revenir en haut
      
kikakokine
Charter Charter



Genre: Femme
Inscrit le: 18 Juin 2003
Sujets: 75
Messages: 2761
Localisation: karukéra
 #9 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 16 Sep 2005 04:06

j'ai tout lu je suis fière!!!
faudrait qu'on recherche au niveau du brésil (yémanja) l'evolution de cette religion yoruba et je voudrais aussi demander si maman dlo chez nous aurait un quelconque rapport avec tout ceci?
Revenir en haut
      
yanou_gwada
Embarquement Embarquement



Genre: Femme
Inscrit le: 29 Juil 2005
Sujets: 7
Messages: 172
Localisation: Gwada-da anbala man pa la
 #10 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 16 Sep 2005 17:52

les Yoruba seraient-il nos ancêtres les plus probables? D'après ce que j'ai lu, ils aurainet été les plus nombreux lors de la traîte des esclaves...
Revenir en haut
      
kikakokine
Charter Charter



Genre: Femme
Inscrit le: 18 Juin 2003
Sujets: 75
Messages: 2761
Localisation: karukéra
 #11 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 17 Sep 2005 02:03

ya qq un pour répondre à ma question pli wo?
Revenir en haut
      
6klôn
Classe Confort Classe Confort



Genre: Homme
Inscrit le: 27 Juin 2002
Sujets: 240
Messages: 14571
Localisation: United States of Gwada
 #12 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 17 Sep 2005 05:00

ça vient, pour la réponse
Revenir en haut
      
metropolisson
Embarquement Embarquement



Genre: Homme
Inscrit le: 06 Sep 2005
Sujets: 4
Messages: 184
Localisation: L'Ile de pierre dans la mer de Terre
 #13 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 17 Sep 2005 16:15

kikakokine a écrit:
 
j'ai tout lu je suis fière!!!
faudrait qu'on recherche au niveau du brésil (yémanja) l'evolution de cette religion yoruba et je voudrais aussi demander si maman dlo chez nous aurait un quelconque rapport avec tout ceci?  
 

EVOLUTION au Brésil de « cette » religion Yoruba : La religion Yoruba est pratiquée au Brésil sous plusieurs formes :
1- Le soir de l'An sur les côtes brésiliennes, depuis l'Etat de Sao Paulo jusqu’à 4'000 km plus haut, plus de 60 millions de brésiliens de toutes les couleurs vont fêter leur mère Yémanja. Lui offrir des présents (fleurs, parfums, peignes, bijoux), lancés à la mer depuis la plage puis poussés vers le large par le courant dans l'espérance d'obtenir la bienveillance de Yemanja pour l'année à venir. Chants en portugais sur des danses africaines, le rythme yoruba et fon des chants, des danses et du tambour « surdo » bat comme le cœur du monde toute la nuit. Ils sont de l'UMBANDA et de la MACUMBA (formes popularisées du Candomblé) qui se synchrétisent avec le catholicisme. Pour eux, La Sainte Vierge EST Yemanja.
2- A Salvador de Bahia et Recife, c'est le 2 février la fête de Yemanja pour les affiliés au Candomblé. Même topo que plus haut, mais ils peuvent pousser la ferveur en accompagnant les présents, juchés sur de frêles esquifs surchargés et des barques improbables. Même ferveur, mêmes cadeaux. Chants et danses, mais ceux-ci en Yoruba ou en Fon. Consultations des prêtres et devins. Yemanja est saluée par le cri « Odo Iya », elle est pour les initiés du Candomble « ayaba ti gbe ibu omi » : la reine qui vit dans la profondeur de l'eau.
Aussi des millions de personnes sur des dizaines de kilomètres de plage, une ambiance de joie, de gaieté, et de fête dans les racines de l’âme africaine.
Pour info, les Brésiliens sont en majorité en relation avec les cultes africains. Chaque Orixa est fêté au minimum un jour par année. Face à un étranger, ils auront souvent un commentaire ironique sur les superstitions, mais vous les retrouverez, habillés en blanc un peu plus tard sur la plage, gênés de vous y voir, et pincés en flag !!!
A Salvador et Recife, c'est différent. L'Afrique est l'orgueil de leurs racines.
Depuis le gouverneur de l'Etat jusqu'au clochard, tout le monde y participe. Il arrive de voir un notable ou grand bourgeois (...) la main d'une ouvrière, car celle-ci est Yawo ou Yalorixa : les valeurs sociales courantes sont soumises à cette échelle d'importance.
3- Le précédent président du Brésil, Fernando Henrique Cardoso, sociologue, élève de Bastide à l'Uni de Sao Paulo a préfacé un livre de Jorge Amado (écrivain mondialement connu, et Oba du Candomblé Ilè Opo Afonja , dit du Gantois) traitant des racines africaines dans le petit peuple du Brésil.
Il en a exprimé la fierté dans sa préface.
A Sao Paulo, 18 millions d'habitants, de nombreux centres appelés « terreiros » pratiquent les cultes, depuis les plus purs ( Nagos, Gege, Angolas, Congos) jusqu'aux mixtes (Orixas, Voduns + Caboclos : les dieux indiens). Idem qu’à Bahia, des universitaires aux ouvriers, ils participent aux cultes. Ceux-ci font partie du quotidien.
- INFOS GENERALES : Sur le Net : Pierre Verger ou Fondation Pierre Verger (les Dieux d'Afrique, ed Métailié, Paris 1982). Ce dernier, ethnologue, mort en 1996, était Babalawo, français blanc (appelé le « pape noir » par les européens en quête de catégories ), il a légué la mémoire africaine au monde moderne, avec son ami Roger Bastide sociologue de l’école de Levy-Strauss, et professeur au Collège de France ( le Candomblè de Bahia. Les religions africaines au Brésil, PUF, 1960). C'est face à ses pairs académiciens que Bastide a pu fièrement dire en préambule à sa présentation de la cosmogonie africaine : « Africanus sum ! ». Tous deux « fils » de Shango, ils sont actuellement reconnus par le monde académique comme les ponts entre mémoire africaine et dialectique occidentale. Européens et blancs, adoptés, puis initiés par les Candomblés les plus fermés et traditionnels, ils ont porté haut l'honneur et la magnificence des cultures d'Afrique dans un contexte sociopolitique plus difficile qu'actuellement. Je salue ici leur mémoire vivante.
NDA :Ces ouvrages sont fondamentaux pour le chercheur dont la recherche est sincère (comme on dit en Afrique), sérieux aussi, parce que les foutaises sensationnalistes ne manquent pas sur le sujet.

4- EN AFRIQUE de l'Ouest : Maman dlo est appelée Mammy Watta, (Mammy Water : mère de l'eau…), mêmes cultes, mêmes représentations : une sirène aux longs cheveux ou sous forme de statue aux stigmates Yorubas au Bénin, Cameroun et Nigeria.
A CUBA : Yemaya est synchrétisée avec la Sainte Vierge (Cad : c'est la même chose).
A Trinidad et Tobago, Mamandlo reçoit fleurs, parfums et cadeaux des pêcheurs. En Guadeloupe et en Martinique, Mamandlo a de nombreuses légendes à son actif, elle reçoit aussi des cadeaux de même type par des pêcheurs.
La différence entre ces différents lieux du monde réside surtout dans la connaissance qu'elles ont des racines historiques (ou la méconnaissance, dans ce cas elles se limitent à une pratique populaire, sans rites ni mémoire).
A la lumière de ces quelques comparaisons, on peut aisément imaginer les liens unissant mythologies, croyances et pratiques populaires. Il semble que ni l'esclavage, ni l'acculturation n'ont pu effacer de nos mémoires au moins une partie de celle de nos ancêtres.
Pour comparaison, regardez les Universités d'Europe dont les facades sont à l'image des temples grecs, à chacun sa fierté…
AGO ! (Salutations en yoruba)
Revenir en haut
      
kikakokine
Charter Charter



Genre: Femme
Inscrit le: 18 Juin 2003
Sujets: 75
Messages: 2761
Localisation: karukéra
 #14 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 17 Sep 2005 18:06

je te remercie trèèèèès vivement c'est exactement ce que je voulais savoir!!!!

et bravo snaika et 6klôn
AGO!
Revenir en haut
      
Snaïka'
Classe Confort Classe Confort



Genre: Femme
Inscrit le: 20 Sep 2003
Sujets: 104
Messages: 11659
Localisation: A kaz! :-)
 #15 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: Nos ancêtres les Yorubas   Posté le: 18 Sep 2005 20:37

Merci beaucoup Metropolisson pour toutes ces infos.
Revenir en haut
      
Montrer les messages depuis:   
Répondre au sujet    Accueil » Forum » Au coeur des Dom-Tom: Nos ancêtres les Yorubas Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page 1, 2  Suivante
Page 1 sur 2
    
 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum

Tags
Copyright Volcreole © 2001-2014
Syndication (RSS 2.0)  Suivez-nous sur Facebook  Suivez-nous sur Twitter  Suivez-nous sur Google+

Charte | Contacts | Favoris | Accueil | Rechercher | Pseudos | Album Photos | Groupes | FAQ | Forum | Portal | Sujets | Sélection | Actualités | Partenaires | Bannières | Videos Tags | Annuaires | Agenda | Loto | Vidéos streaming | Archives