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Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?
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  Littérature - Art - Culture:   Sujet: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?

didico
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 #31 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 03 Déc 2005 19:09

jwana972 a écrit:
 
mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip ) 
 


Oups, juste en passant j'ai oublié de traduire (pou rèstan a sa ou di an ké rouvin on dot fwa )

avec........................................................................................................................................................................ (ils)chante
son...................................................................................................................................................................................................................ront





(ils)compte.....................................................................................................................................ten........................................................................................................................................................................au
ront.............................................................................................................................................................................................................sion...................................................................................................................................................................ssi





....................................................................................................................................................................................................................(ils)tombe..............................................................................................................................sans
............................................................................................................................................................................................................................................................ront........................................................................................................................................................son



Méssié ! Vive le size 1
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didico
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 #32 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 06 Déc 2005 14:03

jwana972 a écrit:
 
Heu... moins grandiloquent an kwè nou ké palé di De Vigny an lot' fwa (malgré une dernière strophe d'une beauté époustoufflante an pliss i an jan bien long', nou ké wè sa pli ta héééé sa ka fè mwen sonjé fok an ritrouvé "La fin de satan" de Hugo baw, a pa ti bèl sa bèl, mé bon, ès lespri phisiko-débiélé ou a ké pé sa géré an monument konsa... ) 
 


PTDRRRRRRRRRRRR

jwana972 a écrit:
 
Bon, kisa an ké proposéw jodi a... an ti Henry Bataille an enmen ( ) an pil, en pliss c'est un poème super simple, accoustique quoi (bon, je me comprends ) :

LES SOUVENIRS

Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu'elles sont là comme à leur habitude,
Et c'est la chambre bleue, et c'est la chambre rose...
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l'on y continue à vivre en souriant...
J'accueille quand il veut le souvenir qui passe,
Je lui dis: "Mets-toi là... Je reviendrai te voir..."
Je sais toute ma vie qu'il est bien à sa place,
Mais j'oublie quelque fois de revenir le voir,
Ils sont ainsi beaucoup dans la vielle demeure.
Ils se sont résignés à ce qu'on les oublie,
Et si je ne viens pas ce soir ni tout à l'heure,
Ne demandez pas à mon coeur plus qu'à la vie...
Je sais qu'ils dorment là, derrière les cloisons,
Je n'ai plus le besoin d'aller les reconnaître;
De la route je vois leurs petites fenêtres,
Et ce sera jusqu'à ce que nous en mourions.
Pourtant je sens parfois, aux ombres quotidiennes,
Je ne sais quelle angoisse froide, quel frisson,
Et ne comprenant pas d'où ces douleurs proviennent,
Je passe...
..................................................................Or, chaque fois c'est un deuil qui se fait
Un trouble est en secret venu nous avertir
Qu'un souvenir est mort ou qu'il s'en est allé...
On ne distingue pas très bien quel souvenir,
Parce qu'on est si vieux, on ne se souvient guère...
Pourtant, je sens en moi se fermer des paupières.


Latin ou di mwen sé bagay pou vié ko moi ça me parle, tu vois  
 


Mouais bof ! J'ai lu et je suis pas fan

jwana972 a écrit:
 
Bon, un autre chef-d'oeuvre de Mallarmé cette fois, et que j'aime tout particulièrement

LES FENETRES


Las du triste hôpital, et de l'encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyeux du mur vide,
Le moribond sournois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu'un beau rayon clair veut hâler.

Et la bouche, fiévreuse et d'azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis! Encrasse
D'un long b.aiser amer les tièdes carreaux d'or.

Ivre, il vit, oubliant l'horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l'horloge et le lit infligé,
La toux; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l'horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d'or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l'éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir!

Ainsi, pris du dégoût de l'homme a l'âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s'entête à chercher cette ordure
Pour l'offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées
D'où l'on tourne l'épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées
Que dore le matin chaste de l'Infini

Je me mire et me vois ange! Et je meurs, et j'aime
-Que la vitre soit l'art, soit la mysticité -
A renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté!

Mais, hélas! Ici-bas est maître: sa hantise
Vient m'écœurer parfois jusqu'en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l'azur.

Est-il moyen ô Moi qui connais l'amertume,
D'enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m'enfuir, avec mes deux ailes sans plumes
-Au risque de tomber pendant l'éternité?

Magnifique hein? moi j'adore  
 


Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Enfin !
J'ai adoré aussi : an ka twouvé sa magnifik menm

Un pwen pouw twa !



jwana972 a écrit:
 
En ce qui concerne Cummings, j'avoue que la vieillesse colle est superbe, pour le reste... mouais mais c'est déjà pas mal quand meme!

Bon, j'ai enfin compris le Codigo, mèci chè , et j'ai envie de dire.. et après?  
 

Pour Cummings je m'arrêterais là histoire de laisser un peu la place aux autres

Quant à de Campos an pa sèten toujou ni on lèsplikasion é an ké menm rajouté sa pa ni lenpowtans

jwana972 a écrit:
 
didico a écrit:
 
Alé, jan la ou enmé sa an ka baw dé zot anko a Augusto de Campos

Mi yonn' : olho por olho/eye for eye

 
 


Je trouve ça d'une laideur sans nom! parfaitman, sa lèèèèèèèèd  
 


(an dako èvèw )

jwana972 a écrit:
 
Citation:
 
é mi dézyèm la : tensão (1956 : décidément, il s'en est passé des choses en 1956 )



En cliquant sur ce lien : http://www2.uol.com.br/augustodecampos/02_01.htm tu cliques sur "ouça: winmedia" et tu as même droit à la version orale (c'est un poème où la dualité écrit/oral est au coeur du processus artistique...enfin je crois ) !
J'ai hâte de lire ton commentaire dessus  
 


mais quelle c.ouillonade (j'y crois pas, mo la censiré! tchip) seigneur! ka sa yé sa Didico? déjà kè image la tou sèl za an genre, mé épi son la, méssié, sa... déroutan an pliss ki sinificasyion a sé mo la? pétèt an ké pé touvé an sens apré sa, paskè la, pffff sa (an pliss, an té ka essayé suiv an menm tan ki boug la ka palé, missié rété i accéléré anlè mwen, an dwèt brilé pupille mwen, tchiip )

bref, an pa enmen saaaaaaa!  
 



An té sav ou té ké an zafè aw èvè sala ! : i ni plis maji adan'y ki adan on èspèktak a Copperfield


jwana972 a écrit:
 
Autre chose peut-être?  
 


Oui oui !

Je propose 6 extraits de poèmes de Manuel Vázquez Montalbán


Le premier :



Pu.tains enrhumées
sur le port de Patmos
Saint Jean se branle
dans les grottes de Patmos

je suis jaloux des saints
voyant comme l'air se branle




On dot :




La modernité a adossé un squash
au vieux panthéon de Trotski
.............................................................................................................................................................................son abattoir
est devenu un musée au carrefour
..................................................................................................................................................................................Viena Morelos
Coyoacán México Distrito Federal

le dos tourné à l'Histoire
les joueurs de squash luttent
contre l'âge et les excès
de graisse dans le sang et dans les yeux
......................................................................................................................................................................................................................................................d'autrui

la balle oiseau fou dans sa cage
aux parois cruelles n'a pas d'issue
furie de bourreaux qui prétendent
............................................................................................................................................................................vieillir avec dignité

la dignité de Trotski est le fait de l'assassin
un fils de servante passant l'éponge
contre le fils de famille hégélien peintre
qui plus est d'armées rouges

la balle rebondit à en crever
alors le muscle dort l'ambition s'assoupit
les joueurs boivent des ambroisies de coca cola
.....................................................................................................................................................................................................................................................et seven up

non loin
les cendres de Trotski et Natalia Sedova
parmi les myrtes et les fleurs charnelles
d'un jardin aux senteurs insuffisantes
se mêlent dans le double échec de l'amour
...................................................................................................................................................................................................................et de l'Histoire

les joueurs de squash rentrent à la maison
font l'amour et feignent à leurs miroirs
l'espérance d'un pantalon plus étroit
vitrines du Barrio Rosa
....................................................................................................................................unisexe et sans âge











Le rèstan apré !
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didico
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 #33 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 15:38

Comme promis voici venir quelques autres poèmes de Manuel Vázquez Montalbán





Personne n'a affiché le mot fin
au moment de ce bai.ser
et le jour suivant fut celui de notre trahison
..........................................................................................................................................................................ou de notre rupture
du respect de la morale des souvenirs
tandis qu'à leur guise vieillissaient
.........................................................................................................................................................................................................les hormones
ou que la haine se lassait d'être haine

.........................................................................................................................................................................................................indifférence
la nomment les plus forts
......................................................................................................................................compréhension
la nomment les plus faibles

jeune fille bleue terrible compagne
.........................................................................................................................................................................................................qu'à ma mort
on t'offre mes cendres
..........................................................................................................................................................................on t'offre
on t'offre mes plus sincères condoléances











Allez encore un :


...Si tu te perdais
entre Jupiter et Uranus
tu t'arracherais les yeux pour ne pas voir la peur
de l'univers entier anxieux de ne pas te voir

..........................................................................................................................................................................car si elles te voyaient
les étoiles auraient conscience de la tragédie
elles auraient conscience
............................................................................................................................................elles comprendraient leur logique
aveugle
elles inventeraient l'optique
............................................................................................................................................le poker
..........................................................................................................................................................................l'éthique
........................................................................................................................................................................................................l'esthétique
et l'univers entier irait se faire fou.tre
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 #34 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 16:02

Toujours du même auteur


À quoi bon s'attarder
sur l'erreur répétée de l'oubli
ou l'inutile précaution du souvenir

les survivants méritent
.........................................................................................................................................de voguer sur leurs désirs

vaisseaux incertains ton antique naufrage
................................................................................................................................................................................voyeur voyeur qui vois
l'obscène répétition de l'échec




Pour (presque ) finir avec Vázquez Montalbán :


....................................................................................................Heureux Vingt et Unième siècle
où vous serez cinq milliards à poser
pour une vidéo collective
.......................................................................................................................................................................Fin de l'Histoire
mais celui qui tiendra la caméra
vous aura dans sa rétine
...............................................................................................................................................il vous passera la facture
et pas question de payer en collier de laser
ou en pilules de Paradis sans sucre

celui qui aura la Nikon aura votre expression
et avant le coucher du siècle
..........................................................................................................vous aurez besoin de prophètes
de la liberté et de la lutte des classes

enfermez-les dans des asiles sans murs
................................................................................................................................................................................et s'ils s'échappent
qu'ils meurent de froid
..............................abandonnés aux portes des pires galaxies
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 #35 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 21:25

Allez ! J'enchaîne sur tout autre chose : 11 poèmes de Yoko Ono
Morceaux choisis :

ŒUVRE ENREGISTREMENT III
Œuvre neige

Enregistrez le son de la neige
qui tombe.
Effectuez cela le soir.
N'écoutez pas la bande.
Découpez-la et faites-en des rubans pour attacher
les cadeaux.
Fabriquez un papier cadeau, si vous le souhaitez, selon
le même procédé avec un disque.




ŒUVRE NEIGE

Pensez que la neige tombe.
Pensez que la neige tombe partout
tout le temps.
Lorsque vous parlez avec quelqu'un, pensez
que la neige tombe entre vous et
sur cette personne.
Cessez de converser lorsque vous pensez que la
personne est recouverte de neige.
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didico
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 #36 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 21:34

ŒUVRE CANON

Collez votre nom sur la fenêtre.
Empruntez un canon.
Éloignez-vous et tirez sur
votre nom.

Le nom peut être un nom ou un numéro
trouvé au hasard dans un annuaire
téléphonique.

Si vous ne pouvez disposer d'un canon,
servez-vous de mitrailleuses, de flêches, de pierres,
crachez, urinez, arrosez, ou
toute autre méthode.

Si vous ne disposez de rien, observez
jusqu'à ne plus pouvoir distinguer le nom
au soleil couchant.

Vous pouvez observer au moyen de télescopes.




ŒUVRE QUI DORT I

Notez toutes les choses que vous souhaitez faire.
Demandez à d'autres de les faire et dormez
jusqu'à ce qu'ils aient achevé de les faire.
Dormez aussi longtemps que possible.




TABLEAU À CONSTRUIRE DANS VOTRE TÊTE

Imaginez une fleur faite dans un matériau résistant,
tels l'or, l'argent, l'acier inoxydable,
le laiton, le marbre, le cuivre, etc.
Imaginez cela au point que vous puissiez compter chacun
des millers de pétales de la fleur.
Imaginez que les pétales deviennent
soudain doux comme le coton ou comme la
chair.
En trois heures, percez tous les pétales.
Épargnez-en un et pressez-le dans un livre.
Dans la marge de la page où le
pétale est pressé, notez son origine
et son nom.
Il faut au moins huit heures
pour construire le tableau.
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 #37 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 21:43

ŒUVRE DÉSORDRE

Servez-vous des choses jusqu'à leur dissolution.
Essuyez vos doigts collants après vous en être servi.

Servez-vous des choses jusqu'à leur évaporation.
Buvez de l'eau après vous en être servi.

Servez-vous des choses jusqu'à ce qu'elles deviennent
sèches et dures.
Faites-en une flûte.





ŒUVRE HORLOGE

Choisissez une horloge.
Mettez-la à l'heure.
Vous pouvez remonter l'horloge mais jamais
la remettre à l'heure.
Appelez-la votre horloge de vie.
Vivez en conséquence.



ŒUVRE BOÎTE

Achetez un grand nombre de boîtes à rêve.
Demandez à votre épouse d'en choisir une.
Rêvez ensemble.
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didico
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 #38 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 21:47

ŒUVRE QUI TOMBE

Sortez de vous.
Regardez-vous descendre la rue.
Faites en sorte de trébucher sur une pierre et de tomber.
Regardez.
Regardez les autres en train de regarder.
Observez attentivement votre manière de tomber.
Le temps que cela prend et à quel rythme vous tombez.
Observez comme si vous regardiez un film au ralenti.




ŒUVRE CHIFFRE II

Remplacez les noms du livre par des chiffres
et lisez.
Remplacez les adjectifs du livre par
des chiffres et lisez.
Remplacez tous les mots du livre par
des chiffres et lisez.





ŒUVRE PLACARD II


Placez un souvenir dans une moitié de votre cerveau.
Isolez-le et oubliez-le.
Laissez l'autre moitié du cerveau en rêver.



Voilà
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Jârvis
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 #39 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 08 Déc 2005 21:55

Si on était pas dans un sujet sur la poesie j'aurai dit "putein meird !! j'adore ce que fait Yoko Ono !"

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jwana972
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 #40 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 09 Déc 2005 21:19

mi moi

Aloooow, les deux premiers poèmes de Manuel Vázquez Montalbán "me dan arcadas" (je sais plus comment on dit ça en français ) en plus, j'ai été traumatisée par mussieu, durant mes dures années de fac

Par contre, les autres éveillent en moi un interêt suffisamment grand pour que je les relise plusieurs fois, menm si sa pa ka sèvi ayen piskè sa pa ka boulversifié mwen par contre, an ka touvé kè "personne n'a affiché le mot fin" et "si tu te perdais" ka ban mwen'y bien

Ce sont des traductions? si oui, Y'a moyen didi chéwi d'avoir les originaux? t'as dit fèmounchi.é la? jiss pour moi quoi, ça m'interesse


didico ki wouv enfin son zié a écrit:
 
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Enfin !
J'ai adoré aussi : an ka twouvé sa magnifik menm

Un pwen pouw twa !  
 


ah baaaaaan an pa sav poutchi, sa pa ka étonné mwen et pourtant, c'est chié avec beaucoup d'élégance

ben an ké mété dé piti a Mallarmé anko, pass an bien enmen missié

Le sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
À l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angelus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.


Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon b.aiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.


Et je t'envoie si ça t'interesse et que tu en veux plus vers ce site qui est extrêmement bien fait : http://www.mallarme.net/rubrique19.html


Ban, an ka mété an bèl ti poème a Victor Hugo baw, c'est pas un des meilleurs, mais j'aime


Souvenir de la nuit du 4


L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.


Sa bèl hein?

je suis en total HS dans ce topic


Pour ce qui est de Yoko Ono ("Oeuvre placard II" ) ben je trouve ça super interessant, ça me plaît bien, le truc c'est que je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il y a a comprendre, s'il y a quelque chose à comprendre, et en lisant ça, ça me pousse à me demander si je suis vraiment couill.one, et la réponse qui s'impose blo à mon esprit me fait peur...

vrala pour todaay come back soooooon
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didico
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 #41 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 11 Déc 2005 15:37

Jârvis a écrit:
 
Si on était pas dans un sujet sur la poesie j'aurai dit "putein meird !! j'adore ce que fait Yoko Ono !"

 
 


So do I

jwana972 a écrit:
 
mi moi

Aloooow, les deux premiers poèmes de Manuel Vázquez Montalbán "me dan arcadas" (je sais plus comment on dit ça en français ) en plus, j'ai été traumatisée par mussieu, durant mes dures années de fac

Par contre, les autres éveillent en moi un interêt suffisamment grand pour que je les relise plusieurs fois, menm si sa pa ka sèvi ayen piskè sa pa ka boulversifié mwen par contre, an ka touvé kè "personne n'a affiché le mot fin" et "si tu te perdais" ka ban mwen'y bien

Ce sont des traductions? si oui, Y'a moyen didi chéwi d'avoir les originaux? t'as dit fèmounchi.é la? jiss pour moi quoi, ça m'interesse  
 


Pooooooo ! Ou pa enmé sa ? Je posterai encore un dernier de missié (peut-être que tu le connais ? C'est celui qui commence par "Définitivement rien n'est resté d'avril...")

Malheureusement j'ai que les traductions françaises faites par Georges Tyras !


jwana972 a écrit:
 
ben an ké mété dé piti a Mallarmé anko, pass an bien enmen missié

Le sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
À l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angelus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas ! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai. 
 


J'aime pas !


Citation:
 
Angoisse
Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l'incurable ennui que verse mon b.aiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts :

Car le Vice, rongeant ma native noblesse,
M'a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul. 
 



Hé ben ! Il m'a fallu 8 bonnes lectures au moins pour enfin comprendre ce poème ! (an fin pa kapté sa missié té ka di an lisant à l'envers )

C'est très bien écrit, c'est sûr ! Par contr,e rien, à faire : j'aime pas ! J'"entre pas en résonance avec ce poème : je le lis mais il m'est étranger !

jwana972 a écrit:
 
Et je t'envoie si ça t'interesse et que tu en veux plus vers ce site qui est extrêmement bien fait : http://www.mallarme.net/rubrique19.html 
 


Merci, j'y jetterai un oeil


jwana972 a écrit:
 
Ban, an ka mété an bèl ti poème a Victor Hugo baw, c'est pas un des meilleurs, mais j'aime


Souvenir de la nuit du 4


L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.


Sa bèl hein?  
 



Alors lààààààààààààààààààààààààà ! C'est tout ce que je déteste !
Sérieux je peux pas avec des trucs comme ça

jwana a écrit:
 
je suis en total HS dans ce topic


Pour ce qui est de Yoko Ono ("Oeuvre placard II" ) ben je trouve ça super interessant, ça me plaît bien, le truc c'est que je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'il y a a comprendre, s'il y a quelque chose à comprendre, et en lisant ça, ça me pousse à me demander si je suis vraiment couill.one, et la réponse qui s'impose blo à mon esprit me fait peur...

vrala pour todaay come back soooooon  
 




Pa flipé : Yoko Ono on janw ispésial donk bon


Ben en attendant je vais poster quelques poèmes d'Ernst Meister


TOURBILLON

L'essence du monde
s'aspire
elle-même.
Dans le remous
apparaissent pour nous des corps,
flottent
sous nos yeux des images.

Rose, que dit
la vie ?
Qu'elle va
vers ce qui était.
Que dit la mort ?
Rose.
Qu'elle ancre
dans les yeux ses épines,
barques
aspirées par le flot.







L'AUTRE NUIT

Je vois,
quoique endormi;
toi aveugle,
suis-je ton dormeur ?

Nous
ne sommes pas les tranchants
de deux faux en mal d'amour,
les serpents non plus
qui se cherchent en s'étreignant.

Moi, mot ténébreux
et toi,
plus sombre encore,
effarant
celui qui dort.
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didico
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 #42 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 13 Déc 2005 16:36

Bon ben j'ai décidé de revenir sur Mina Loy avec deux autres poèmes d'elle :



BRILLANTE CONFUSION DE BRILLANCE

Le soleil au zénith
incendie de son diamant criard
chaque frondaison
avec une telle bravade
que les diverses espèces de feuille
en demeurent anonymes






PLAFOND À L'AUBE

Flottant dans l'ovale d'un oeil qui ne veut pas se fermer

les épaves d'ombres blanchies à la chaux
de l'aube intérieure
filment d'indolents nuages-

un Cinéma-Nirvana
projette
de pâles idéogrammes
et les épitaphes des rêves

sur le pan oblique et blanc

Échos visuels
en rangs blanchis

-c'est l'agitation dispersée,
égarée de la somnolence-

fleur aérienne aride
assoupie dans le pâturage étiolé
de notre réveil
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 #43 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 13 Déc 2005 16:51

Et retour rapide sur Ernst Meister (avant de passer à d'autres poètes)

HIVERNAL II

La neige dans la bouche
purifie
tout mot d'amour.
Les yeux
de la ronce des sables
couvent sous le gel.

Voici,
tel le minerai
bleu
des astres,
sur la langue
un goût-

À peine sensible
de folie.


OMBRE

Toi, mon ombre, toi
rien de moi-même,
connais-tu le gardien
informe, se cachant
dans le rayon de la fontaine ?

Si toi, ombre, tu
cueillais des ombres
de roses, qui
te punirait ?
Celui-là
Dans le rayon de la fontaine ?




ÉTUDES IV

Mais que convient-il
aux morts et
aux vivants
d'entendre, puisque
j'ai fait emplette de l'ombre
d'un ancien luth
à la marchande généreuse
qui vend surtout
ce genre d'ombre ?
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didico
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 #44 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 13 Déc 2005 17:06

Et à présent trois poèmes de José Marmol (les trois seuls dont une traduction française a été publiée à ma connaissance)


Quand tu dors
Quand tu meurs


une vieille radio. une lampe à gaz. une tasse
de thé frois. une précieuse éditiondu Tao. une
Bible de Schöekel. des mains de femme
aimée jusqu'à l'impossible. humide manque sur
la superficie osseuse de la table celte. mais il y a à
chaque empan risque de couleurs et de formes.
splendeurs. liquide tombé des jours perdus
à l'heure de l'angélus. il y a une absence grise.
frais vestige de qulques contingences
désirées. ay de la mémoire palpant avec son
odorat de lointaines sensations. le jet de l'eau
sur les pointes des seins et des genoux. sur les
mains des filles et les yeux pris d'
ennui, et tout ce monde des mondes
pour que j'aille solitaire de l'envoûtement de l'aube.
toute cette langue sans mots comme unique
présence de la nuit. comme route du rêve.
comme chemin de la mort qui est le même.



to be continued...
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 #45 Littérature - Art - Culture:   Sujet du message: Qui s'intéresse à la poésie contemporaine ?   Posté le: 14 Déc 2005 01:07

didico a écrit:
 
Et retour rapide sur Ernst Meister (avant de passer à d'autres poètes)

HIVERNAL II

La neige dans la bouche
purifie
tout mot d'amour.
Les yeux
de la ronce des sables
couvent sous le gel.

Voici,
tel le minerai
bleu
des astres,
sur la langue
un goût-

À peine sensible
de folie.


OMBRE

Toi, mon ombre, toi
rien de moi-même,
connais-tu le gardien
informe, se cachant
dans le rayon de la fontaine ?

Si toi, ombre, tu
cueillais des ombres
de roses, qui
te punirait ?
Celui-là
Dans le rayon de la fontaine ?




ÉTUDES IV

Mais que convient-il
aux morts et
aux vivants
d'entendre, puisque
j'ai fait emplette de l'ombre
d'un ancien luth
à la marchande généreuse
qui vend surtout
ce genre d'ombre ? 
 


rooooh sa sa bèèèèèl Mina Loy, mouais bof, c'est passable

par contre, an ka espéré lé dé zot la ta Marmol ou ké mété a mèyè kè tala pass i pa an gou mwen meeeeeeenm an ka li sa kon an té ké li botin la, parfaitman

Bon an ka essayé sondé tout' prodiksyion a de Vigny... je désèspère

Edit: bon, ben an ka hésité entre "Les amants de Montmorency" épi "la mort du loup" pass sé dé poèm tala ka fè parti di sa ki pli connu di missié, mé bon, an ja sav ka ou ké di

An nou ay pou "la mort du loup"

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions, sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois ni la plaine
Ne poussaient un soupir dans les airs; seulement
La girouette en deuil criait au firmament;
Car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant; bientôt,
Lui que jamais ici l'on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçaient la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions, pas à pas, en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse,
Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa Louve reposait comme celle de marbre
Qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils, qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre; et, comme je le crois,
Sans ses deux Louveteaux, la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

III

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
- Ah ! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au cœur !
Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t'appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »


Aaaaaah seigneur, tant de beauté me tue, oui oui, parfaitement!

i'll be back...
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