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LES ANTILLES... FETES ET TRADITIONS...


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  Au coeur des Dom-Tom:   Sujet: LES ANTILLES... FETES ET TRADITIONS...

Lapine Killah
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 #1 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 20 Juin 2003 14:34

C'est encore moi
J'ai hésité à mettre ce post dans Guide Touristique... Mais finalement je trouve qu'il a plus sa place ici... (mea culpa si je me trompe)...

Donc, j'avais découvert ce site il y a pas mal de temps, mais j'avais oublié son existence jusqu'à ce que Toasty redonne le lien...

Alors voilà, je ne sais pas si un post identique a déjà été fait (en tout cas j'ai pas trouvé )..., mais je vous propose de vous faire découvrir (ou redecouvrir) avec l'aide de ce site : ANTANLONTAN, les traditions bien de chez nous... Qui perdurent ou ont disparues, mais qui font bel et bien partie de notre culture...

Nous commencerons donc par les Festivités :

LE CARNAVAL (qui est à mon avis, une institution sur nos iles!)

Le grand défoulement !

Le carnaval est une fête d'une grande importance.
La période du carnaval débute dès le mois de janvier (après l'épiphanie) pour prendre fin le Mercredi-des-Cendres, premier jour du Carême avec, pour la Guadeloupe, un dernier sursaut le jeudi de la mi-carême
avec des défilés en rouge et noir.

Chaque dimanche des défilés ont lieu dans toutes les communes.

Lorsque nous étions enfants, des petites troupes de masques (communément appelées "mass") et exclusivement formées par des jeunes garçons, défilaient tous les dimanches. On entendait de loin le son des tambours et des sifflets et la plupart des enfants se précipitaient alors chez eux afin de se cacher et de surveiller à travers les volets leurs évolutions. Ils arrivaient rapidement en gesticulant et en dansant sous les fenêtres et balcons, faisaient claquer leurs fouets intimidants. Souvent, leur costume était fait de vieux vêtements récupérés et transformés. Quelques pièces de monnaie jetées par les spectateurs les récompensaient parfois pour leurs efforts. C'était un carnaval très populaire.

Il y avait entre autres :


les "masques à la mort", effrayant avec leur tête de mort et leur squelette peint en blanc sur une combinaison noir ;

les "masques à congo", enduits de sirop de batterie qui rappellent les premiers africains débarqués sur ces îles au temps de l'esclavage ;

les "masques à miroirs" ;

les "masques à rubans" qui au son de la musique tressaient de longs rubans colorés autour d'un mât ;

les "diablotins" ou "diables rouges" avec leurs cornes et leur longue queue.

Les quatre derniers jours du carnaval (Dimanche-Gras, Lundi-Gras, Mardi-Gras et Mercredi-des-Cendres) sont les plus chauds : c'est l'heure des grands "vidés" (défilés) où la joie explose dans toutes les rues, surtout dans les communes de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre pour la Guadeloupe et de Fort-de-France ou du Lamentin pour la Martinique. La vie économique de ces îles s'arrête pour un défoulement général : jeunes ou moins jeunes, petits et grands,
tout le monde descend dans la rue.

Le lundi-gras, c'est le défilé des enfants des écoles.

Le mardi-gras, très tôt (dès cinq heures) : grand vidé en pyjama.
En pyjama, lévé en pyjama !

Et dès le début de l'après-midi, c'est le grand défilé costumé : des chars (camions décorés transportant orchestre et personnes déguisées), des groupes à pied déployant de magnifiques costumes aux couleurs chatoyantes envahissent les rues qui retentissent alors de roulements de tambours, de chants, de musiques chaudes qui donnent à tous ceux venus regarder l'envie de se jeter dans cette foule trépidante et délirante, et vivre pleinement cet instant de défoulement.

Enfin, cette grande fête s'achève le Mercredi-des-Cendres par un grand vidé où les couleurs de rigueur sont le noir et le blanc (couleur du deuil), pour célébrer les obsèques de Vaval, marionnette de chiffons symbolisant le carnaval. A la fin de la journée, après avoir été exhibé dans toutes les rues, il sera brûlé et ses cendres seront éparpillés sur les eaux tièdes reflétant le soleil couchant tandis que la foule toujours en liesse chanterait sur un rythme endiablé : "Vaval, Vaval, Vaval pa kité nou" (Vaval, ne nous quitte pas).

Sur les trottoirs, les marchandes ambulantes sont là et proposent aux spectateurs différentes spécialités locales : sorbet coco, sinobol, sik-a-pistache, cornet-pistache, beignets, danquittes, etc.


--------------------------------------------------------------------------------

Toutes ces festivités sont aujourd'hui retransmises sur les radios et les chaînes de télévision locales. Le carnaval a été "discipliné" : le trajet des groupes est préalablement défini et un service d'ordre est chargé de canaliser les foules. Des prix récompensent les meilleurs déguisements, la meilleure musique ... On retrouve souvent les faits marquants de l'actualité de ces îles dans les thèmes choisis par les groupes (en Guadeloupe : l'éclipse solaire en 1998 et
l'Euro en 1999, le Viagra en Martinique en 1999).

Enfin, le jeudi, la vie reprend son cours normal et chacun retrouve ses activités avec souvent les yeux rougies par le manque de sommeil et la fatigue, les pieds endoloris. Mais le coeur de chacun bat encore au rythme du son des tambours et on pense déjà au carnaval de l'année prochaine.


Lexique :

Sinobol : glace pilée et tassée arrosée de sirop - mot dérivé de l'anglais "snow ball" soit boule de neige.

Sik-a-pistache : cacahuètes grillées caramélisées en bloc.

Cornet-pistache : cacahuètes grillées vendues dans des cornets de papier.

Danquitte (ou bokit) : genre de beignet fait avec de l'eau, de la farine, du sel et que l'on fait frire dans l'huile. Souvent on y ajoute du poulet, de la morue ...

(N'hésitez pas à nous faire partager vos impressions sur cet évènement annuel tant attendu... Moi je ne l'ai jamais encore vécu )

CARNAVAL
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titanpèt
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 #2 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 20 Juin 2003 15:15

J'ajoute juste que le lundi gras en Martinique, c'est à la fois les mariages burlesques qui donnent droit à des fous rires pas possible, et le parade du carnaval du Sud, où toutes les communes du sud de l'ile se réunissent dans une d'entre elles (chaque année, ça change) et là on découvre les reines, mini-reines et reines-mères du carnaval.

Le mardi, à fort-de-france, ben c'est le pied total, avec le défilé de Vaval et de sa reine, en plus des Diables rouges du Morne des Olives.

Et le mercredi faut faire attention aux lancés de farine, quand ça arrive dans les yeux, ça donne du pain cru je dis ça, parce que j'en ai déjà fait les frais.

Et Lapine ils ont oublié quelque chose d'important: les beignets de carnaval
C'est fait avec une pâte à frire, on peut les faire natures ou à la banane (hummmmm j'adore ceux-là) et après les avoir fait frire, on les saupoudre de sucre glace. C'est excellent.....
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R.GAVY
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 #3 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 20 Juin 2003 15:31

Effectivement le carnaval d'antan était la période où l'on se lachait, et s'adonnait à fond au défoulement, on oubliait temporairement ses soucis,mais maintenant il semblerait que de nos jours c'est tout autre chose.

A Fort-de-France, c'est la préfecture qui décide du trajet des "vidés", les vieilles bagnoles bruyantes d'avoir être assurées, les ventes d'alcool interdites etc...

Je ne suis pas en train de critiquer ces mesures, puisque c'est à cause de fauteurs de trouble qu'on arrive à tout cela; mais souligner par là que ce n'est plus une période de détente et de défoulement.

Et c'est domage.
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Lapine Killah
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 #4 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 20 Juin 2003 15:45

Je pense que c'est toujours une période de détente et d'amusement, mais il a fallut reglementer tout ça pour éviter les dérives jistement! Piskeu les ababas ne savent pas se tenir

Titanpèt ma fi ... Fok nou ay' wè doctè a zié !!!!

Titanpèt a encore lu en BIAIS alors Lapine Killah lui rappelle qu'elle a écrit:
 
Sur les trottoirs, les marchandes ambulantes sont là et proposent aux spectateurs différentes spécialités locales : sorbet coco, sinobol, sik-a-pistache, cornet-pistache, beignets, danquittes, etc.  
 


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titanpèt
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 #5 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 20 Juin 2003 16:07

Ma fi, j'avais pas compris de quels beignets ils parlaient!

Il faut préciser tonnèw, ya beignet, et BEIGNET DE CAWNAVAL


et pis arrête de parler de mes yeux, sinon je te parle de mon super bronzage que je perfectionne depuis deux jours au bord de la piscine de chez moi avec un solèy o top
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Lapine Killah
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 #6 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 09 Juil 2003 14:04

Une tradition qui m'a beaucoup étonnée l'été dernier : les veillées mortuaires... En trois mois que je suis restée en Martinique, j'ai l'impression qu'il y en avait une par semaine


Préparation du mort

Au temps d'avant, la mort d'une personne était considérée comme une grande perte pour les parents mais aussi pour tous les habitants du quartier, voire même de la commune. La mort : un désastre qui provoquait cris et lamentations. Chacun se sentait concerné par cette disparition, même les enfants à qui on ne préservait pas la vue d'un défunt : ils vivaient et partageaient la douleur des adultes.

La mort d'une personne était annoncée par le son de la conque de lambi. La nouvelle d'un décès circulait rapidement et aussitôt les parents, amis, voisins et voisines se regroupaient autour de la maison du mort, apportant café, sucre, bougies, pétrole, tissus, draps...

Tout le monde prêtait main forte et aidait le parent du défunt, le maître du mort, à nettoyer sa maison dans les moindres recoins, à faire à manger pour toutes les personnes qui viendraient pour la longue veillée mortuaire. Les hommes construisaient rapidement des bancs à l'aide de planches. On construisait des galeries autour de la maison avec des feuillages tressés (cocotier, kachibou ...) pour accueillir (et abriter en cas de pluie) les nombreuses personnes. Pour l'éclairage, on préparait des lampes, des flambeaux à mèches de pétrole (chal'touné).

Le mort était soigneusement préparé pour sa dernière demeure. Etendu sur des draps propres, il était entièrement déshabillé (en préservant toutefois son intimité) et lavé respectueusement avec eau et feuillage. L'eau de la toilette et les feuillages étaient conservés sous le lit du défunt. C'est seulement après le départ du corps que les feuillages étaient enterrés et l'eau du bain déversée dans un coin précis du jardin.

Pour sa dernière demeure, le mort était habillé avec de beaux vêtements, souvent neufs. Certaines personnes prévoyantes avaient déjà leurs vêtements pour leur enterrement (pou jou lan mô mwen).S'il n'avait rien prévu pour le jour de ses obsèques, la couturière du quartier confectionnait, en toute hâte, un habit pour le défunt.

Il ne devait emporter que des choses lui ayant appartenu. On disait : si on place dans le cercueil un objet appartenant à une autre personne, celle-ci se dessècherait au fur et à mesure de la décomposition du cadavre.
C'était son billet assuré pour l'au-delà.


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La veillée

A la nuit tombée, la veillée commençait : parents, amis et voisins se retrouvaient pour une grande fête dans la maison du mort. Celle-ci était facile à reconnaître grâce aux nombreuses bougies allumées tout le long du chemin et autour de la maison.

Les femmes et les enfants restaient autour du mort exposé avec la famille pour prier. L'illettrisme des grandes personnes faisait que la lecture des prières était souvent faite par des jeunes enfants (des filles principalement car les garçons préféraient rester dehors avec les hommes). Après la lecture, les grandes personnes récitaient le chapelet.

Dehors, c'était la fête.
Une fête particulière, animée par les conteurs et les tambouilleurs.

Les conteurs étaient là pour parler du défunt. Ils racontaient sa vie, par anecdotes plus ou moins rigolotes, évoquaient ses qualités et ses défauts. Ils le faisaient revivre en la mémoire de ceux qui l'avaient connu.

Au-delà de la vie du défunt, les conteurs, jongleurs de paroles, envoûtaient l'assistance avec des contes, des histoires comme celles de "Kompè Lapin" ou "Kompè Zamba", des "tim-tim". Ils amusaient beaucoup l'assistance.

- Et cric ! lançait le conteur.
- Et crac ! répondait l'assistance.
- Et listicric !
- Et listicrac !

- Est-ce que la cour dort ? interrogeait de temps à autre le maître de paroles.
- Non la cour ne dort pas ! répondait l'assemblée pour inciter le conteur à poursuivre.


Il y avait souvent, dans les veillées mortuaires, plusieurs conteurs, parfois venus de loin, et chacun demandait la parole en ces mots : "Je demande la main".

Un peu comme les griots, les conteurs contribuaient à faire perdurer dans la mémoire collective les contes et légendes des Antilles et faire oublier les moments de tristesse de la vie.

Les veillées funèbres se poursuivaient tard dans la nuit avec des pleurs et des rires, le son des tambours, bon boire et bon manger.


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L'enterrement

Le lendemain avait lieu l'enterrement.

Quelqu'un parcourait le quartier pour informer les gens de la mort d'une personne et donner l'heure de l'enterrement. On disait communément :
"i ka kouri biyé lenterman misié ou madanm' Untel".

Ceux qui possédaient un petit parterre de fleurs devant leur maison apportaient un petit bouquet afin de composer deux ou trois gerbes.

Le cortège était ouvert par des hommes à cheval (amis, gens du quartier). Il n'y avait pas de corbillard : quatre ou six porteurs (relayés en cours de route) transportaient le cercueil.

La cérémonie religieuse comportait trois niveaux :

la 1ère classe avec conduite au cimetière, croix et bannières, tentures noires à l'église et le bedeau. Les cloches sonnées à toutes volées, le glas, témoignaient de la fortune du défunt ou de ses parents ;
la 2ème classe avec toujours conduite au cimetière, liturgie simple et bedeau ;
la 3ème classe, pour les malheureux, les gens du "commun des mortels" : simple bénédiction du cercueil à l'eau bénite sur le parvis de l'église.
Si le défunt vivait maritalement, il n'avait droit qu'à un enterrement de troisième classe.
Après l'enterrement, on raccompagnait les parents du mort. Et, durant les jours suivants, ils recevaient la visite de proches, d'amis qui proposaient leurs services en ce moment de douleur. Il se formait une véritable chaîne de solidarité autour de la famille endeuillée.


--------------------------------------------------------------------------------

A l'heure de la mort, nos anciens observaient beaucoup de règles, en voici quelques-unes énoncées (aujourd'hui, certaines de ces règles subsistent encore plus ou moins) :


Une période de deuil était observée pour la mort des parents : trois ans de deuil pour la perte de sa mère, soit deux ans de gros deuil (vêtement noir uniquement, à manches longues et colleté) et un an de demi-deuil (vêtement noir et blanc, violet) ; deux ans de deuil pour le décès de son père, soit un an de gros deuil et un an de demi-deuil ; un an pour un mari ; un an de deuil pour les autres membres de la famille (soeur, frère, tante, oncle, marraine, parrain). C'était surtout les femmes qui portaient le deuil : les couleurs autorisées pour leurs vêtements étaient le noir, le blanc et le violet. Les femmes en deuil ne portaient pas de bijoux.
Durant la période de deuil, on ne va ni au bal, ni au cinéma.
Afin qu'il puisse partir en paix, on priait pendant les neuf jours qui suivent l'enterrement. Neuf jours pendant lesquels on allumait des bougies devant la porte d'entrée de la maison. Le neuvième jour, le vénéré, les prières étaient plus longues et suivies d'une "collation" où on évoquait le défunt, sa vie dans le quartier ; on échangeait encore quelques plaisanteries et ... la vie reprenait son cours.
Le quarantième jour après le décès, on demandait au curé de la paroisse de dire une messe pour le défunt pour le repos de son âme.
Une vieille croyance voulait qu'après avoir accompagné le mort au cimetière, on retourne dans la maison du mort pour "déposer le mort". On ne va pas chez quelqu'un où il y a un malade sinon on lui apporte la mort.
En Guyane, on laissait hors de la maison, et ce pendant au moins une journée, les vêtements que l'on avait portés pour aller à l'enterrement.
Les femmes enceintes ne rendaient pas visite à un mort sinon l'enfant naîtrait avec les yeux révulsés.
Pour faire disparaître la peur d'un mort chez un enfant, on lui faisait enjamber le corps .
Avant de boire un punch ou un "sec", on versait quelques gouttes de rhum sur le sol pour les ancêtres.
S'il pleut le jour de l'enterrement, on dit que le mort pleure.
Lorsque le trou ou l'emplacement pour le cercueil dans le caveau est trop étroit et que celui-ci bute contre les parois, on dit que le mort ne veut pas partir.


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 #7 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 09 Juil 2003 14:10

Yes !!! pas mal, pas mal du tout ...
Dans le même j'étais tombé sur un lien sur le mariage en "tan lontan" ... hé hé ... j'étais carrément surpris ... c'était la croix et la bannière à l'époque pour (a)voir sa promise ...

Malheureusement je suis dans l'incapacité de retrouver ce lien (arf les boules !)
Si tu as des infos la dessus je suis premeur ...

D.
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Lapine Killah
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 #8 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 09 Juil 2003 14:18

C'est peut être ça :

LE MARIAGE


Les amoureux d'antan

A l'époque de nos grands-parents (aux alentours des années 20), un jeune homme apercevant une jeune fille qui lui plaisait, sans même l'aborder ni lui adresser la parole, envoyait quelqu'un (un parent ou un ami) voir les parents de cette jeune fille afin de lui demander sa main. (ct rapide non ? )

Si les parents acceptaient, le jeune homme se présentait alors et commençait à fréquenter la jeune fille. Il avait la possibilité de lui parler, mais toujours en compagnie d'une personne et toujours chez les parents de la fille. Même lors des sorties, ils étaient accompagnés : jamais on ne les laissait seuls.

Parfois les parents refusaient de donner leur fille en mariage au jeune homme en prétextant que le garçon n'était pas assez bien pour leur fille (pas assez riche, pas beau, trop noir -hé oui !-, etc.)

Les fiançailles

Si tout allait bien, on arrivait aux fiançailles. Une grande fête était organisée avec parents et amis où la fiancée recevait sa bague de fiançailles. Dès lors, ils pouvaient se tenir par la main, s'embrasser à peine, sortir ensemble, mais toujours en compagnie du père ou de la mère, ou encore d'un autre parent.

Les fiançailles pouvaient durer très longtemps (parfois jusqu'à cinq ans) car tant que le garçon n'avait de logement pour créer son foyer, il ne pouvait se marier. Pour l'aménagement du logis, c'était le jeune homme aussi qui devait pourvoir aux meubles du séjour : table, chaises, buffet, ... La jeune fille apportait la chambre à coucher (lit, armoire, chiffonnier, ...) que ses parents lui offraient.

Il arrivait que durant cette longue période, le garçon ou la fille (voire même les parents) change d'avis. Les fiançailles étaient alors rompues.

Le mariage

Une fois les fiancés prêts, on fixait une date pour le mariage et les préparatifs commençaient : choix des demoiselles et des cavaliers pour le cortège, choix des vêtements, etc.

La demoiselle d'honneur (la première du cortège) n'était pas choisie au hasard car elle serait aussi la marraine du premier enfant et son mariage était prévu pour l'année suivante (donc déjà promise).

Les témoins, eux aussi, aussi étaient choisis avec soin. Ils devaient soit être célibataires de bonne conduite et pratiquant, soit mariés(es) menant une vie exemplaire et pratiquant et, pour ces raisons, les futurs mariés choisissaient toujours des personnes d'âge mûr.

Les vêtements : pour une jeune fille célibataire et vierge : la robe était longue, blanche avec un long voile. Elle portait à la main un bouquet de fleurs blanches et, pour celle qui le désirait, une couronne de fleurs blanches sur la tête. La demoiselle d'honneur devait forcément être en blanc (robe et bouquet). Les autres demoiselles portaient des robes de couleur.

Pour une jeune femme (vivant déjà maritalement) : l'habit (tailleur : veste et jupe ou robe normale) était en couleur avec un voile court ou un chapeau.

* * *

On ne louait pas de salle pour la réception. Elle se faisait chez les parents et on aménageait la maison pour cette occasion en ajoutant des vérandas, des abris fait avec feuilles de cocotier tressées ... La mairie pouvait également prêter une salle.

Chez les bourgeois (les gens aisés), il y avait des faire-part et des cartons d'invitation. Chez les gens plus modestes, les parents des futurs mariés ou les fiancés eux-mêmes se rendaient personnellement aux domiciles des personnes pour les inviter à la noce.

Le mariage à l'église était annoncé durant les trois dimanches précédents le mariage. C'était la publication des bans. Le troisième dimanche avant le dimanche du mariage, le curé annonçait le premier ban : "Mariage de M. Intel et de Mlle Intel". Le deuxième dimanche, c'était le deuxième ban et le dernier dimanche le troisième ban.

Il y avait trois catégories de mariage, selon la hauteur des porte-monnaie :

Le "mariage première classe" : mariage pour les riches avec ornements, tapis, chants (veni creator), cloches sonnées à toutes volées.

Le "mariage deuxième classe" : mariage sans ornement, sans tapis avec un petit son de cloches.

Le "mariage troisième classe" dit populairement "béni promesse" : pas d'ornements, pas de cloches.

Les personnes (les grandes personnes c'est-à-dire les personnes d'un certain âge) qui vivaient maritalement depuis de nombreuses années se mariaient simplement, parfois très tôt le matin pendant ou après la messe, sans cortège. On ne se rendait même pas compte qu'il y avait un mariage. On appelait cela un "béni rété".

Après la cérémonie, on recevait parents et amis. Il y avait le déjeuner de noces avec toujours du mouton. La fête se poursuivait dans la soirée avec pâté en pot (en Martinique), pâtés à la viande, amuse-gueule variés. Il y avait pas ou peu de champagne, plutôt du mousseux, des limonades et sodas et bien sûr des gâteaux (selon les moyens). Pas de dragées.

Pendant la soirée, la mariée, les yeux bandés, envoyait son voile sur les jeunes filles réunies autour d'elle et on disait que celle qui le recevait se marierait l'année prochaine. Le marié faisait de même avec ses gants avec les jeunes gens réunis en cercle autour de lui.

Vers minuit, les mariés s'éclipsaient discrètement. Ils rentraient chez eux pour reparaître huit jours plus tard. En effet, les jeunes mariés devaient rester chez eux sans sortir et sans voir personne pendant huit jours. Une personne était chargée de leur apporter à manger.

Si la jeune fille était vierge, le jeune homme devait aller, plus tard, en rendre compte à la maman de la jeune mariée pour la féliciter (elle avait bien élevé sa fille).

Après cette période de huit jours, le dimanche suivant en général, il y avait une nouvelle fête avec parents et amis : le retour du mariage.

Durant les jours qui suivaient, les jeunes mariés allaient dire bonjour aux personnes de leur voisinage (pour faire savoir à tous qu'ils étaient mariés).


--------------------------------------------------------------------------------

Avec le temps, ces choses ont quelques peu évolué. A l'époque de nos parents (dans les années 50), le garçon et la fille se fréquentaient en cachette, sans que les parents soient au courant jusqu'au jour où la fille demande au garçon de se rendre chez ses parents afin de faire leur connaissance. Si le garçon avait de bonnes intentions, il se présentait alors chez les parents de la fille et leur demandait sa main.

La demande en mariage pouvait également se faire par écrit.

La jeune fille restait tout de même sous la surveillance des parents, bien que souvent, les deux amoureux arrivaient à se voir en cachette.



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 #9 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 09 Juil 2003 16:56

Lapine Killah a écrit:
 


Vers minuit, les mariés s'éclipsaient discrètement. Ils rentraient chez eux pour reparaître huit jours plus tard. En effet, les jeunes mariés devaient rester chez eux sans sortir et sans voir personne pendant huit jours. Une personne était chargée de leur apporter à manger.

 
 


Ouais ça correspond ... merci !
Je reviendrai sur le reste plus tard ...
Mais bondié ..........

HUIT JOURS !!!!!!! sans sortir ... ils faisaient quoi ? belote? domino? dé ti-moun ? ....



D.
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 #10 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 15 Sep 2003 02:13

Les traditions se perdent ...

Veilles mortuaires:

Pendant mes dernieres vacances, ce qui m'a frappe c'est que maintenant on fait les veilles dans les hopitaux, jusqu'a 22h ensuite tout le monde s'en va. Y'a plus les veilles a la maison, les chants, le boire et le mange. Ca se perd.

D'un autre cote c'est plus pratique et facile a gere pour la famille du defunt ...
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 #11 Au coeur des Dom-Tom:   Sujet du message: LES Antilles... FETES ET TRADITIONS...   Posté le: 15 Mai 2018 10:47

Martinique - Interlude musicale :

Just Wody ft Ralph Thamar et Dede St Prix – Tradision (Extrait de l'album NU JAZZ ROOTS - 2012)

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