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L'argent
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  Discussion générale:   Sujet: L'argent

Gurde
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 #1 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 17:48

Citation:
 
L'investisseur...
... ou l'inventeur du produit argent




Voici la définition du mot investisseur, extraite d'un dictionnaire de 1790 et interprétée à ma façon :
L'investisseur est une personne qui pratique l'ingérence de façon inutile dans une société basée sur les services. Il s'immisce dans la relation entre prestataires et clients parce que ces personnes ne se connaissent pas et ne se font pas confiance mutuellement. Il profite du fait qu'elles n'ont pour l'instant, pas réussi à s'accorder pour mettre au point un titre universel de crédit ou d'échange de prestations autres que l'argent.



La perturbation et l'ingérence consistent dans le fait, précisément, que l'investisseur les a persuadés d'effectuer leurs transactions à l'aide d'un papier qu'il a lui-même fabriqué et pour lequel il facture une commission de 6%.
Prenons un exemple imaginant la situation suivante :
M. Martin a livré une vache à M. Dubois. M. Dubois doit, en contrepartie, livrer à M. Martin une voiture à cheval. M. Martin s'engage à rembourser la différence, celui-ci de dix poules, à M. Dubois, en temps voulu et au plus tard dans un an.
La transaction a été définie à l'aide d'un titre de paiement, mis à la disposition par l'investisseur. Ce titre doit être renouvelé à chaque transaction et il lui induit des frais. Il faut penser qu'à l'époque à laquelle il a été introduit, il y a 200 ans, imprimer du beau papier coûtait cher, les ordinateurs n'existaient pas encore. Il a donc eu l'idée simple de prendre une feuille de papier et d'en faire des coupures, sur lesquelles il imprime par exemple la somme de

100 Francs



Voilà comment a été inventé que l'on appelle l'argent. L'argent correspond à une valeur. Combien vaut mon travail ou mon produit ?
L'histoire qui illustre ce propos ressemble à ceci :
Nous sommes en 1794. Deux hommes sont assis à une table de restaurant, en train de conclure un marché. Après être tombé d'accord, ils confirment leur engagement par une poignée de main. Survient un étranger. Celui-ci a compris ce qui se déroulait à la table et se présente comme étant M. X, un investisseur. Les deux commerçants sont un peu surpris, car ils n'ont jamais entendu parler investisseur. M. X se présente de la manière suivante :
« J'ai entendu votre discussion, de loin. Écoutez ma proposition, Messieurs. Vous, M. Martin venait de promettre de livrer à M. Dubois une vache à telle et telle date. Êtes-vous sûr que M. Dubois vous livrera en contrepartie la voiture à cheval qui vous a promis ? Je peux vous assurer que de nos jours c'est prendre un risque de faire confiance à quelqu'un uniquement sur sa parole et de lui donner la marchandise, sans être sûr d'obtenir une contrepartie. Tant de choses peuvent arriver !! »
Il commence donc par déstabiliser M. Martin en le poussant à douter de l'honnêteté de M. Dubois, doute qui n'existait pas forcément auparavant. « Que puis-je faire ? », demande M. Martin.
M. X se sort un billet de sa poche et explique : « Regardez Messieurs, j'ai obtenu de notre roi le privilège de fabriquer des billets de banque et j'en ai l'exclusivité. Ceux-ci portent l'inscription 100 F or et la signature du roi en garantit la valeur. Avec ce billet vous pourrez effectuer votre transaction en toute confiance. Pour vous, M. Martin, c'est une sécurité, au cas où vous ne recevriez jamais la voiture que M. Dubois vous a promise. »
- « De quelle sécurité voulez-vous parler ? » demande M. Martin.
- « Premièrement, ce billet m'oblige à vous remettre à la place de M. Dubois la valeur de 100 pièces or, valeur certifiée par ce billet. De mon côté, pour être sûr de récupérer l'argent prêté, je fais un crédit à M. Dubois.
- Mais qu'est-ce qu'un crédit ?
- Je prête à M. Dubois ce billet de 100 F pour qu'il puisse acheter la vache. Comme garantie, M. Dubois hypothèque sa maison et s'engage à rembourser le billet que je lui ai prêté, avec 6 % d'intérêt, c'est-à-dire une valeur marchande de 6 francs, l'équivalent de 20 kilos de farine, dès qu'il vous aura livré la voiture. C'est vous M. Martin qui remettrez à la livraison de la voiture ce billet à M. Dubois, ce qui lui permettra de rembourser le crédit.
- « Quelle est l'avantage pour moi ? »
- « Vous, M. Martin, disposerait de ce billet de 100 F, qui est garanti par le roi, lorsque vous aurez livré la vache à M. Dubois. Comme M. Dubois a gagé sa maison, il a tout intérêt à vous livrer la voiture, pour pouvoir récupérer ce billet. Il me rembourse les 100 F plus les intérêts, je le délivre de son hypothèque. N'est-ce pas là un moyen sûr de faire aboutir la transaction ? »
Messieurs Martin et Dubois approuvent de la tête.
M. Dubois veut savoir à son tour pour quelles raisons il doit s'acquitter d'un intérêt.
- « Vous savez », répond investisseur, « j'ai dû construire à mes frais une machine pour fabriquer des billets et importer un papier spécifique. Le roi exige une commission pour apposer sa signature, tout cela prend du temps et de l'énergie, ce qui fait que je suis obligé de facturer une commission, un intérêt. Votre avantage n'est pas négligeable, puisqu'il vous permet de dormir tranquillement, vous pouvez être rassurés tous les deux, je veillerai au bon déroulement de la transaction. »
Tout est limpide.
M. X a., par cette démarche, déclenché l'irrésistible essor d'une prospérité due à l'introduction du taux d'intérêt.
De plus, il dispose du monopole de fabrication de l'argent et il s'enrichit sans réellement produire de biens matériels.
Ce que M. X ne dit pas, c'est qu'une fois la transaction terminée, il ne détruira pas le billet de 100 F, alors que la vache finira par être mangée et que la voiture à cheval servira, en dernier lieu, après quelques années de service, à faire du bois de chauffage. En imprimant une fois un billet il pourra utiliser plusieurs fois. Ainsi, il posa la première pierre de sa future fortune.
Aujourd'hui, M. X peut acheter le monde entier grâce à son taux d'intérêt, sans jamais rien produire réellement.
M. X se réjouit d'avoir deux nouveaux clients, deux hommes qui ne doutaient pas particulièrement l'un de l'autre, mais dont il est maintenant le créancier.
Cet unique et même billet sert évidemment à de multiples reprises, pour divers clients et à chaque fois, il se multiplie par le biais de l'intérêt.
Il demande audience auprès du roi et lui explique qu'il a besoin de fabriquer plus de billets, car la demande a augmenté, tout le monde veut maintenant faire du commerce avec ces bons de garantie. C'est compréhensible, puisque M. X a fini par convaincre le monde entier du danger de commercer sans autre garantie que la bonne foi.
M. X imprime de plus en plus de billets, le roi appose sur chacun sa signature, ce qui semble être une garantie suffisante pour tout le monde. M. X, homme débrouillard et malin, s'est assuré le monopole de la fabrication sur un vaste territoire. Il accumule les intérêts et achète des biens immobiliers, en grande quantité.
Deux cents ans plus tard, c'est lui qui possède presque toutes les richesses du monde. Peu de gens ont eu cette idée. Voilà pourquoi il est maintenant le maître du monde.
S'il avait commencé à l'époque de Jésus-Christ avec une pièce d'or, sa richesse dépasserait aujourd'hui celle de la terre entière.
M. X connaît la gloire, le jour où le roi le fait venir et lui dit qu'il a besoin de grosses sommes d'argent pour acheter des soldats. La guerre est aux portes du pays. M. X ne pouvait pas mieux tomber. Par les garanties que lui propose le roi, il est certain de devenir propriétaire de l'hypothèque, si le roi n'est pas en mesure de le rembourser. En y ajoutant les intérêts cela fait une belle somme. Le roi et sûr de payer, car un roi ne peut pas faire faillite, c'est le peuple qui paie pour lui, en dernier ressort.
Comment joue-t-il à ce jeu ?
Le roi obtient 100 000 F en coupures de 10 F de la part de son imprimeur. Le taux d'intérêt est fixé à 6 %. L'hypothèque est un terrain avec son château. Le roi pense pouvoir, par l'impôt, récupérer l'argent qui lui sert à payer des soldats. C'est un droit qu'il vient de créer, les impôts n'existaient pas sous cette forme jusque-là.
Les soldats, voyant pour la première fois des billets de banques se demandent ce qu'ils peuvent en faire. Le roi leur explique que ces billets portent sa signature et peuvent être échangés contre toutes sortes de biens, vêtements et nourriture. Le billet de 10 F correspond à ce dont ils ont besoin, chaque mois, pour payer le loyer, la nourriture et les vêtements, pour deux personnes. Les soldats partent en guerre, la plupart ne reviendront malheureusement jamais. Le roi ne parvient pas à collecter la somme nécessaire au remboursement. Il ne peut donc pas acquitter sa dette envers le prêteur. Le château revient à M. X.
Voilà qui est un moyen facile de s'enrichir. Son seul travail productif a été la fabrication des billets. L'investissement qu'il a dû engager pour fabriquer les 100 000 F est donc minime par rapport au château et au terrain dont il est devenu propriétaire.
Si le calcul du roi avait été juste, M. X n'aurait eu comme rétribution que les intérêts. Les soldats auraient, par leurs rachats, contribué à l'impôt, le roi aurait pu racheter son hypothèque. La perte de la guerre est une aubaine pour M. X, elle lui assure une plus-value confortable.
Ce jeu a été joué à maintes reprises dans l'Histoire, toujours dans le même espoir, que l'emprunteur ne puisse rembourser le créancier. Le roi ne pouvait pas savoir que son propre imprimeur avait également prêté de l'argent au roi ennemi, peut-être même dans l'intention d'acheter encore plus de soldats. C'est donc M. X, en quelque sorte qui, par la somme qui prête, décide de la victoire.
C'est de cette façon que les guerres se font depuis 200 ans, sans que personne n'y trouve à redire. La bénédiction de l'argent et les intérêts qui en découlent à développé sa propre dynamique et son autonomie. On a fini par considérer l'argent comme un produit à part entière. À force de méfiance, l'argent est devenu la seule véritable monnaie d'échange.
C'est M. X et son capital qui dominent le monde, de façon absolue et sans restriction d'aucun gouvernement.
Cette époque est bientôt révolue, car nous sommes entrés dans l'âge d'or des ordinateurs. Les échanges qu'ils permettent ne nécessitent plus l'utilisation d'argent. Il existe d'autres valeurs d'échange.
Il n'y a rien à objecter contre l'argent, si ce n'est le taux d'intérêt parasite qui est fauteurs de troubles. Le taux d'intérêt n'est plus nécessaire dans une société d'échange de services.
Nous terminerons l'histoire de notre M. X en abordant la loi du karma.
M. X, inventeur de l'argent et du taux d'intérêt, est mort le 22 novembre 1830. Ses héritiers ont pu conserver le privilège de la fabrication de l'argent et tous les droits afférents pour une durée minimale de cent ans. Ils ont mis en circulation beaucoup d'argent, en accordant de plus en plus de crédits aux rois et nobles de tous les pays. Ils ont fomenté bon nombre de guerres depuis des dizaines d'années en prenant toujours le soin de financer les deux parties. De la sorte, ils ont toujours été du côté des gagnants et de plus, ils se sont appropriés les biens du perdant. Leur fortune est devenue peu à peu colossale, leur pouvoir dépasse actuellement de loin celui des rois et des gouvernements. Ceux-ci ont toujours fait appel aux mêmes familles pour leur financement.



Le jeu de l'argent et du taux d'intérêt

Pour essayer de faire comprendre à un enfant de dix ans ce qu'est l'économie de marché, je vais vous raconter une histoire vraie. Elle illustre bien l'esclavage suicidaire auquel nous a conduit l'argent.
Imaginons que sur terre il n'y ait qu'une seule banque, un seul taux d'intérêt. Aucun argent ne vient donc alimenter le système de l'extérieur, à part la lumière du jour de l'énergie du soleil. C'est elle qui permet de fabriquer tous les biens dont nous avons besoin.
Grâce aux taux d'intérêt, à la spéculation sur les bénéfices et sur les taux de change, la quantité d'argent peut doubler tous les ans.
Par contre notre taux de croissance naturelle n'excède pas les 5 %.
La différence entre ces deux taux induit que tout va à l'argent et que ceux qui le possèdent s'approprient peu à peu tous les biens de ceux qui produisent réellement quelque chose. Si vous imaginez toutes les sommes dont nous allons parler, transposée en milliards de dollars, vous aurez une idée des enjeux économiques actuels.
Le jeu commence :
Imaginez que vous ayez besoin de 10 000 F. Vous venez me voir, moi, la Banque Mondiale et je vous prête cet argent pour un an, à un taux de 6 %. Rappelez-vous ! Au début il n'y a que 10 000 F en jeu. L'année passe et vous constatez qu'il n'y a toujours que 10 000 F en circulation. Comment pourrez-vous me rembourser 10 600 F ?
Je vais vous faire deux propositions. La première est la suivante : « Ecoute, je vois que tu es sérieux et travailleur, ne t'en fais pas. Paie-moi les intérêts et garde de l'argent. »
Dans ce cas, vous me payez 600 F et il n'y a plus que 9400 F en circulation. À ce rythme, au bout de dix-sept ans, il n'y a plus un franc dans votre caisse. Vous avez toujours payé les intérêts, jamais le capital. Au bout de dix-sept ans vous n'avez plus d'argent et vous ne devez toujours 10 000 F. C'est pour cela que je vous conseille tout de suite la deuxième solution. Je vous dis, « Ecoute », en souriant gentiment, « tu te donnes tant de mal et tu es si honnête. Ne te soucie même pas des intérêts qui sont si ridicules. Je te les prête aussi, à 6 %. »
Ce qui fait 36 F par an. Vous acceptez, plein de gratitude.
Vous me devez maintenant 10 600 F. Au bout de cinq ans vous commencez à être inquiet, car maintenant vous me devez 13 382 F et au bout de vingt ans le chiffre est multiplié par trois, nous en sommes à 32 071 F.
La différence de 22 071 F par rapport aux 10 000 F du départ est pour moi un gain virtuel, puisque je n'ai pas touché l'argent, que vous n'avez d'ailleurs pas. Je n'ai fait qu'augmenter mes quantités de crédit.
Le petit jeu continue : vous êtes un homme honnête qui tient sa parole. Mais là, vous ne savez plus comment faire pour tenir votre engagement. En tant que partenaire, je vous aide. Je vous dis combien d'impôt vous allez payer, combien de jours de vacances je vous accorde. Je sais où est le seuil de la douleur, je ne dois pas exagérer. Mais je vous tiens en mon pouvoir. Je peux exiger l'argent quand bon me semble, je sais que vous ne pourrez pas payer. Vous trouverez toutes les échappatoires, vous vous tordrez dans tous les sens, vous aurez honte, mais vous ferez ce que j'aurais décidé : pour votre bien ! (C'est peut-être à partir de cette situation qu'a surgi cet adage : Je veux votre bien et je le veux en entier !!)
L'atout dont je dispose est que je ne joue pas ce jeu qu'avec-vous, mais également avec vos enfants, vos amis, vos frères et soeurs. Chacun est lié par la parole. Je fais tout pour favoriser la concurrence, la compétition, tout autour du globe, pays entre pays, et je vous plonge dans la méfiance, les uns envers les autres, pour que vous soyez coupés les autres, de l'énergie collective. Surtout, je vous laisse dans l'ignorance au sujet de mon jeu. Si il y a 10 000 F en circulation, vous ne pouvez pas rembourser 10 600 F. Mais comme tout le monde participe, vous faites pareil.
Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui ont démasqué ce va-et-vient perpétuel. Mais c'est un peu tard ; les banques possèdent presque la totalité des richesses de ce monde, grâce à la dette.
La banque mondiale qui accorde des crédits de développement ne le fait pas gratuitement. Les taux d'intérêt sont sa source de richesses et elle maintient ainsi tout le monde dans la dépendance et l'esclavage.
L'économie de marché est donc vraiment du pain béni pour toutes les banques ! 
 
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Gurde
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 #2 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 17:49

Citation:
 
Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître

de Luigi Chiavarini (Bruxelles) Professeur d’économie et de finance auprès d'Investa Euronext à Bruxelles.

Pourquoi notre système économique et financier, basé sur le papier-monnaie comme vecteur et le dollar comme dictateur, est-il voué à se transformer, voire à disparaître?


La fonction principale de la finance est d'assurer le transfert de la (nos) « valeur/s » dans le temps.

En réalité, la finance ne fait que vendre, contre de la monnaie (qui, elle, donne droit à jouir immédiatement d'une part de la richesse produite aujourd'hui), un « droit » sur une part de la richesse qui sera produite dans le futur. Et elle organise, jusqu’à leur échéance, la revente de ces droits, leur circulation. Ces droits sur la richesse future ne sont en réalité que des promesses. Et une promesse n'engage que celui ou celle qui y croit. Rien, absolument rien, ne permet en effet d'en faire des droits sûrs, qui seront honorés quoi qu'il arrive dans le futur. Pour que notre « système » économico-financier basé sur une logique capitaliste « économie de marché » continue de fonctionner, nous sommes condamnés à faire confiance à ses acteurs, à leurs capacités à assumer la fonction principale : « la promesse de transférer la richesse dans le temps », et à croître afin d'augmenter, à travers le temps, la valeur de cette richesse, quoi qu'il arrive. En effet, les deux piliers du temple capitaliste sont la confiance et la croissance. Si l'un deux vient à faillir, d'une façon durable, tout l’édifice s’écroule.

Après avoir défini l'objectif et les enjeux de cette partie, expliquons-en les règles : l’économie, c'est assez compliqué, c'est plein de poudre aux yeux et d'idéologie, et le quidam - à qui on n'a jamais appris comment ça fonctionne - ne peut que s'attarder à dénoncer (exercice parfaitement vain...) des symptômes visibles comme les inégalités, le sous-emploi, la lourdeur de la réglementation, les faillites, la volatilité des marchés, le « twin deficit », les fraudes, etc. Alors, on englobe tout ça dans le "système", sorte de grosse bestiole mythologique à l'ADN indéchiffrable, grâce auquel vit un microcosme impénétrable de fonctions à haute-valeur-inutile synthétisées sous le vocable ésotérique : la finance de l’économie de marché.

Pourtant, ce n'est pas si compliqué. En fait, la première chose à constater est que la fin du système est inscrite dans la logique même du système : le jeu de Monopoly a une fin. Et notre système économique (qui est fort différent du Monopoly) a aussi une fin.

Et, deuxièmement, que l'origine des symptômes réside exclusivement dans le système de papier-monnaie qui régit le monde actuellement.

En bref, le seul problème économique, comme dirait mon épicière, c'est l'argent.

La manière la plus pédagogique d'expliquer le fonctionnement d'un système est de jouer à un petit jeu. Appelons-le le « jeu de C. »,

D'abord le jeu à 2.

Vous, vous êtes le banquier central, et votre ami Alan est votre client. En tant que banquier central, vous émettez des billets de banque de la seule monnaie dont vous autorisiez la circulation : par exemple, vous appelez votre monnaie l'UJC (unité du jeu de C). L'UJC, comme l'euro ou le dollar, ne sont bien sûr le substitut d'aucune richesse réelle.

Sur votre photocopieuse, vous fabriquez donc 100 billets de 1 UJC, que vous prêtez à Alan pour une durée de 1 an, à un taux d'intérêt de 5% l'an. Après 1 an, Alan doit donc vous rembourser 105 billets de 1 UJC.

La fausse monnaie étant interdite dans le jeu, à votre avis, comment Alan fera-t-il pour trouver les 5 billets manquants ?

Car les 5 billets des intérêts, eh bien, ils n'existent pas. Dès la première minute du jeu, Alan est déjà insolvable : même s'il offre tous ses biens en échange des billets manquants, il ne les trouvera pas, puisqu'ils n'existent pas.

La seule manière pour qu'Alan puisse rembourser est que vous remettiez votre photocopieuse en route afin de lui prêter les 5 billets qui manquent. Naturellement, vous prêtez ces 5 billets toujours à du 5% l'an. Et s'il vous remet, cette année-là, les 105 billets, il n'y a plus aucun billet en circulation, alors qu'Alan a toujours une dette de 5 unités. Les intérêts continueront donc à courir à l'infini. Et chaque année, vous serez obligé d’émettre de nouveaux billets que vous prêterez à Alan, billets qu'il utilisera pour vous payer les intérêts échus. La dette d'Alan s'accroîtra donc à l'infini (en théorie du moins : car lorsqu'Alan dira : "Ce jeu est trop con, j'arrête de jouer", alors le jeu s'effondrera).

Voilà : si vous avez compris ça, vous avez déjà compris l'essentiel du fonctionnement du papier-monnaie, et, partant, de notre système économique.

Maintenant, le jeu à 3.

Vous êtes toujours le banquier central. Vous prêtez 100 billets de 1 UJC à Alan et 100 billets de 1 UJC à Jean-Claude.

Jean-Claude² et Alan doivent chacun vous rembourser 105 UJC à la fin de l'année. Et le problème est toujours le même : il n'y a que 200 UJC en circulation.

Et c'est ici que les choses deviennent intéressantes, et mériteraient une petite caméra-espion comme dans le loft : afin de pouvoir rembourser 105 billets à la fin de l'année, Alan va tenter de soutirer des billets à Jean-Claude, et inversement. De la sorte, s'il est le plus malin (ou s'il est armé), Alan sera solvable, mais pas Jean-Claude.

Le système n'est ainsi conçu que pour pouvoir rembourser, il ne sert à rien ni de travailler, ni de produire des richesses : la seule manière de continuer le jeu est de prendre - d'une manière ou d'une autre - de l'argent chez les autres.

Dans un jeu plus élaboré, où tout le monde est contraint par les milices de fonctionnaires armés de participer, le jeu peut ainsi se poursuivre pendant des décennies. Et plus le temps passe, plus l'insolvabilité globale augmente, et plus les gens auront tendance à utiliser tous les moyens (et la violence notamment) pour tenter, individuellement, de surnager.

On notera que deux risques surgissent à cette occasion :

(1) toujours le risque qu'Alan dise : "Je ne joue plus", c'est-à-dire qu'il refuse de continuer à travailler, à inventer et à entreprendre dans ces conditions, et

(2) le risque que la violence ainsi générée entre individus finisse par se retourner contre le système.

Et c'est à contenir ces deux risques que sert l'Etat.

Pour contenir le premier risque, l'Etat impose son monopole sur la monnaie, et fait voter, année après année, des lois de plus en plus répressives censées interdire toute autre forme d’échange.

Et pour contenir le deuxième, l'Etat a pris pour rôle d’être la "réserve" de la dette : plutôt que de laisser s'endetter outre mesure directement les individus (ce qui aurait provoqué un chaos tel que le système serait par terre depuis longtemps), l'Etat s'endette lui-même au nom des individus. Ce faisant, l'Etat fait coup double : il sert de "vase d'expansion" à la dette globale (ce qui limite, comme dans un circuit de chauffage, la surpression des individus), tout en s'assurant le financement des indispensables capacités répressives afin, d'une part, de maintenir tout le monde dans le bocal fermé du système (il s'agit bien d'un système autarcique), et d'autre part, de pouvoir pomper les richesses produites par les citoyens.

L'Etat, (sur)endetté, tente parallèlement de maintenir un bon "rating" de sa dette, c'est-à-dire la capacité de pouvoir emprunter à des taux pas trop élevés. Le "rating" de chaque Etat est attribué par des agences de notation internationales, qui notent la capacité de l'Etat à honorer le paiement des intérêts de sa dette.

Comme le système n'est pas stable (vu l'inéluctable endettement, toujours croissant), les Etats se voient contraints de renforcer leur pouvoir afin de maintenir le rating de leur dette à un niveau raisonnable.

Mais l'exemple japonais (rating A2 depuis peu) montre qu'il y a néanmoins une chose qu'aucun Etat ne pourra jamais faire : c'est contraindre les gens à s'enthousiasmer pour le surendettement, à continuer à inventer et à donner le meilleur d'eux-mêmes pour cela. En URSS, le ressort s'est cassé pour de bon dès les premières purges. Au Japon, il s'est cassé voici plus de dix ans. Et maintenant, c'est à notre tour, d'abord les USA, et ensuite les Européens.

Avant d'inventer le Jeu de C., nous jouions à un jeu moins virtuel car, alors, la monnaie était le substitut d'une richesse physique disponible en quantité limitée (or, immobilier, actions, pétrole, oeuvres d'art, etc.), il n'y avait aucun problème de solvabilité (et aucun besoin d'un monopole quelconque !), puisque les richesses étaient produites (ou extraites) par le travail.

Par exemple, si votre monnaie est un substitut de l'or, et si vous prêtez, de fait, l’équivalent monnaie de 100 grammes d'or à Alan, il suffit pour Alan (directement ou indirectement) de se retrousser les manches et de trouver chaque année 5 grammes d'or dans le sol, qu'il vous remet,que vous stockez dans votre coffre, et que vous utilisez comme garantie pour émettre de nouveaux billets (ou vous pouvez aussi inverser l'ordre, et faire rentrer les billets correspondant aux intérêts dans le circuit via des achats à la mine d'or).

A l'origine, l'intérêt représentait naturellement le prix du renoncement de la jouissance immédiate d'un bien par un prêteur. Quelle est la justification de l'intérêt que demandent la BCE ou la FED ou les autres banques centrales pour l’émission, non contrôlée, de leur papier-monnaie (qui n'a rien d'une richesse !), à part l'intérêt bien compris de certains à perpétuer le Jeu de C ?

A ce sujet, voici une belle prémonition, celle du père du financier Warren Buffet, Howard Buffet, qui était membre du Congrès US en 1948. Il disait, lors d'une intervention prophétique : “Human Freedom Rests on Gold Redeemable Money” http://www.fame.org/PDF/buffet3.pdf

En voici un extrait :

« En raison de la puissance économique des Etats-Unis, cela peut prendre du temps jusqu’à ce qu'on arrive à la fin de l'expérience du papier-monnaie. Mais quand ce jour viendra, notre gouvernement trouvera certainement qu'il est plus sage de faire une guerre à l’étranger que d'engager un débat dans le pays. C'est ce qu'ont fait Hitler et d'autres dirigeants.

Si l'on veut sauvegarder la liberté humaine, il n'y a pas de défi plus important que de gagner le combat pour la réintroduction d'une monnaie honnête, c'est-à-dire convertible en or. C'est le seul moyen d’être sûr que les fruits de notre travail nous resteront. »

Enfin, et c'est probablement la menace la plus importante à laquelle nous, Européens, devons réagir : il est urgent de constater que l'actuelle Convention européenne, dans son article III-77, risque de constitutionnaliser l'indépendance (la dictature) de la BCE et donc son pouvoir monopolistique incontrôlé.

En effet, l'indépendance de la BCE à l’égard des gouvernements et des élus, et la mission unique qui lui est assignée- la stabilité des prix - risquent d’être constitutionnalisées. Aucune autorité ne peut sanctionner la BCE, aucune majorité ne peut la contrôler. Rien n'est dit sur l'harmonisation et la coordination budgétaires. Elle n'a même pas, dans l’énoncé de son objectif, la mission d'assurer la croissance et l'emploi, contrairement à la FED qui, pour sauvegarder sa croissance, recourt à la stratégie de reflation. Son seul objectif, la lutte contre (ou le maintien de) l'inflation. Accepter cette convention en l’état, ce serait mettre en péril, hypothéquer le bien-être des générations futures d'Européens. En tant qu'investisseur averti, nous nous devons de faire preuve de responsabilité citoyenne en mettant en avant ce danger d'autodestruction auprès de nos représentants politiques.

Bis repetita, une guerre à financer, des déficits abyssaux, un pétrole cher, des taux d'intérêts très bas, l'or à la hausse , cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Bien sûr, nous sommes dans les mêmes circonstances qu'en 1971 , l'année qui, entre autres évènements importants, a vu définitivement s’évanouir les accords de Bretton Woods (convertibilité du $ en or).

Le miroir de l'histoire lui renverra-t-elle le négatif de son image ? Quoi qu'il en soit, nous sommes à la veille d'un changement majeur dans les règles du « jeu de C. »

Rendez service à nos contemporains, distribuez cet article, car il n'y a rien de plus absurde que de participer à un jeu duquel on ne connaît pas les règles !

Vous l'aurez compris :

• Notre système financier n'est pas éternel parce qu'il est fondé sur des concepts manipulables et virtuels, alors que seule la valorisation de nos richesses à partir d'un étalon physique présent en quantité mesurable et limitée (rare) sur notre planète peut rendre pérenne la transmission de la (notre) richesse dans le temps.

• Notre système financier n'est pas éternel parce qu'il est issu du commerce des promesses, et une promesse n'engage que celui ou celle qui y croit, rarement celui ou celle qui l'a faite.

• Notre système n'est pas définitif parce qu'il est fondé sur un postulat simple : l'entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires, qui se confond insidieusement avec celui de ses dirigeants.

• Notre système financier n'est pas durable parce que, comme il est condamné à croître, nous nous apprêtons à léguer aux générations à venir des dettes financières majeures et des pénuries matérielles irréversibles.

Tout se passe comme si le présent était notre seul avenir. Dès lors, pourquoi transférer nos richesses dans le temps ? Ne serait-il pas préférable de transférer nos valeurs, celles qui font que la vie vaut d’être partagée et vécue ?  
 
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 #3 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 18:03

La Bulle Internet

Quand internet fait des bulles :




Citation:
 
Splash, a fait la bulle Internet, Splosh, fait le Web 2.0

C'est un documentaire édifiant ou consternant, c'est selon. Edifiant pour repérer ce qui aujourd'hui, dans l'engouement médiatique autour du Web 2.0, relève des mêmes ressorts qui ont fabriqué la bulle Internet première génération. Et consternant, parce que ses acteurs, les « entreprenautes » encensés à la fin des années 90 pour leur formidable capacité à lever des fonds et bouleverser la « vieille » économie, affichent une nostalgie pour cette époque folle. Ils n'en tirent aucune leçon, sauf à reconnaître le côté exagéré de la spéculation qui entourait le phénomène start-up alors. Il est aussi consternant dans la mesure où il fait totalement abstraction de tout un pan du réseau, cette « autre » génération Internet qui n'a rien à envier aux Loïc Le Meur, Orianne Garcia ou Michel Meyer.
Eux ne sont pas estampillés HEC, n'ont pas investi le Net pour faire du business. Ils ont pourtant tout autant construit et participé à l'histoire du réseau français, à l'instar des capitaines d'industrie du Net interviewés dans « Quand l'Internet fait des bulles » (on aime quand même les deux sous-titres de présentation des intervenants, le premier indique le poste occupé en période Web 1.0, le second en Web 2.0). Eux, ce sont les designers, musiciens, artistes, graphistes, artistes, ergonomes, internautes accros à leur page perso, universitaires théorisant sur l'intelligence collective, informaticiens mettant à disposition leur machine pour contribuer à l’émergence du logiciel libre, aficionados des mondes persistants qui créent patches et extensions ludiques, etc. Il ne s'agit pas d'opposer benoîtement les « marchands » aux « créateurs », pas plus sur le Net qu'ailleurs. Mais l'Internet français, même aux pires moments de la fameuse bulle, n'a jamais été totalement le produit desdits entreprenautes. Un autre Net est possible, a existé et continue d'exister. 
 


Citation:
 
Le e-krach: lendemains de fête douloureux (2000-2004)

La bulle Internet proprement dite, correspond à une troisième phase amorcée après 2000, et était ainsi avant tout une spéculation fondée sur la potentialité (et non la réalité) de croissance des nouvelles entreprises liées au développement du réseau. Le succès de l'euro et du passage à l'an 2000 a entraîné une forte confiance dans les potentialités de l'informatique et les technologies Internet (e-business, service web) arrivant à maturité ont drainé les investissements. Au final, les technologies ont effectivement répondu présentes, mais l'offre d'un business adapté n'a pas été inventée à temps dans beaucoup de cas (banque, assurance en particulier). La bulle a fini par éclater.

Sous la pression de la remontée des taux d'intérêt à long terme (cf graphique ci-contre), la bulle a fini par « éclater » de mars 2000 à début 2002, sous forme d'un krach, s'étendant à l'ensemble des bourses et initiant une récession globale de ce secteur et même de l'économie en général, lorsque les investisseurs se sont aperçu que les bénéfices ne seraient pas au rendez-vous dans un avenir proche. Dans cette péripétie, les investisseurs ont largement exagéré l'importance du très long terme dans leurs estimations, et négligé de calculer que certaines des sociétés consommaient trop vite leur capital pour espérer atteindre un jour ce très long terme.

Tous les profits réalisés depuis 1995 (145 Mds $) par les 4.300 sociétés du Nasdaq ont été volatilisé par les pertes gigantesques de 2000-2001(148 Mds $). 
 
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Gurde
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 #4 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 20:49

« Un crédit à long terme, ça veut dire que moins tu peux payer, plus tu payes. » - Coluche
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 #5 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 22:33

Gurde tu dois citer les sources de tes textes.
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 #6 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 17 Juin 2007 22:58

Aussitôt dit, aussitôt fait :

L'investisseur...... ou l'inventeur du produit argent :


http://www.onnouscachetout.com/themes/nom/investisseur.php

Notre modèle financier est, par essence, voué à disparaître :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=7675

Splash, a fait la bulle Internet, Splosh, fait le Web 2.0 :

http://www.poptronics.fr/Quand-Internet-s-eclatait-la-bulle

Le e-krach: lendemains de fête douloureux (2000-2004) :

article wikipédia "la bulle internet"
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 #7 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 18 Juin 2007 23:24



Wacquant, sociologue, son discour nous éclaire sur la relation entre croissance, et la doctrine travail.

Pour moi une réflexion sur l'embrigadement au modèle "travail", où nous pensons naïvement participé soit à la croissance, soit à notre propre enrichissement. Sans prendre conscience, que derrière, nous sommes plus au service des patrons.
Il explique très bien, comment on dit aux gens de devenir l'entrepeneur d'eux-mêmes, de vendre leurs compétences au jour le jour, et ainsi on les formate en employé "modèle".
Mon opinion est que ce genre de "modèle" pousse à l'anéantissement du rapport de force employé-employeur, pour l'unique but des employeurs. L'employé lui reste bercé d'illusions, le sourire aux lèvres, trop content de pouvoir avoir un travail, et quelques euros...

Qu'en pensez-vous ?
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 #8 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 18 Juin 2007 23:49

images tirées du site : http://membres.lycos.fr/glaive









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 #9 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 19 Juin 2007 00:14

Citation:
 
Le Crédit aux Etats-Unis
Postée par Christophe Caron Le September 21, 2005


Sujet vaste, complexe et néanmoins important sur l'un des aspects de la vie pratique aux Etats-Unis.
N'hésitez pas à relever, dans les commentaires, les éventuelles erreurs / oublis que je pourrais faire.

Comme le souligne justement Laurent Mauriac (bienvenue d'ailleurs !), il est presque impossible d'acheter une maison ou même une voiture aux Etats-Unis sans avoir un [si possible bon] historique de votre endettement (credit history).

Comment construire son historique ? A l'aide de cartes de crédit ! Et comment obtenir des cartes de crédit ? A l'aide d'un bon historique !

Concrètement, comment ça marche. Déjà, je pense qu'il y a un abus de langage en français: le terme carte de crédit est souvent utilisé pour nommer ce qui sont en fait des cartes de débit (debit card), reliées à un compte bancaire. Les cartes de crédit (credit card) elles, sont délivrées par des sociétés de crédit spécialisées ou des banques et ne sont pas reliées à un compte bancaire.

Ainsi, lorsque vous payez par carte (de débit ou de crédit) par exemple dans une grande surface aux Etats-Unis, la première question que la caissière [ou le caissier] vous posera sera “Carte de Débit ou Carte de Crédit ? (Credit or Debit ?)”

Si vous utilisez la carte de débit, il vous faut taper votre code PIN pour effectuer la transaction. (vous avez alors la possibilité de choisir le cash-back). Si vous utilisez la carte de crédit, généralement pas de code PIN à taper mais il vous faudra alors signer un reçu (signature qui sera comparée à celle qui est au dos de votre carte) et montrer une pièce d'identité (ID).

Après avoir payé un achat à l'aide d'une carte de crédit, vous avez en général 30 jours pour payer l'intégralité (au mieux) de la somme à l'organisme qui vous a accordé la carte de crédit. Après cette période, un taux d'intérêt est appliqué au restant de la somme à payer. Il vous est envoyé chaque mois un relevé avec une somme minimum à payer. Si vous payez la somme minimum dans les temps, vous améliorerez votre historique d'endettement (credit score).

Tout votre historique d'endettement (credit history) est centralisé aux Etats-Unis par trois agences (prototypes parfaits de la evil company):

Equifax
Experian
Transunion
Ces agences connaissent absolument TOUT sur vous; cela va de vos domiciles successifs à vos habitudes de consommation en passant par des tas d'autres renseignements!!!… A noter que tout votre historique de crédit est associé à votre numéro de sécurité sociale (social security number).

Les sociétés de crédit spécialisées et les banques qui vous accordent un prêt lors de l'achat d'une voiture, d'une maison, ou lors de la délivrance d'une nouvelle carte de crédit s'adressent à ces trois agences qui leur fournissent alors tout votre historique ! (Existe-t- il une loi informatique et libertés aux Etats-Unis ??)

A titre d'exemple, voici les cartes de crédit que je possède de gauche à droite et de haut en bas. Mes cartes de crèdit “généralistes” (revolving ?), c'est-à-dire que l'on peut utiliser [presque] partout:




Bank of America Visa Account: une carte de crédit Visa de la banque du même nom.
Discover Novus: carte délivrée et acceptée principalement aux Etats-Unis. Elle a l'avantage de générer un bonus de 2% ou plus par dollar dépensé.
American Express: Pas vraiment une carte de crédit à proprement parler mais plutôt une charge card.
Chase MasterCard
Citi Dividend: Une des cartes de crédit de Citigroup, la première banque mondiale.
CapitalOne NoHassle miles: cette carte a l'avantage de générer un mile ou plus en avion par dollar dépensé. Capital One est le plus gros client de la US postal Service, la poste américaine, sûrement en raison des prospectus qu'ils envoient afin d'inonder nos boites aux lettres !
Ma ligne de crédit combinée de ces cinq cartes (la carte American Express est exclue) est de plus de $ 30 000 à différents taux de remboursement. En règle générale, plus votre credit score est élevé et plus votre ligne de crédit est grande et plus faibles sont les taux de remboursements.

Et voici mes cartes de crédit “spécialisées”, délivrées par une enseigne et valables uniquement dans cette même enseigne:



Macy's Star Rewards: La carte de crédit de Macy's, l’équivalent des Galeries Lafayette.
Mervyn's: Carte de crédit du magasin du même nom, même genre que Macy's.
Sears: Equivalent du Darty de chez nous.
Home Depot: équivalent Castorama
Lowe's: équivalent Leroy Merlin
Levitz: magasin de vente de meubles
Le système d'emprunt aux Etats-Unis est très particulier et bien différent de ce qui existe en France (même si la France n'est pas en reste non plus, cf Cetelem, Sofinco, Cofinoga etc. - décidément, toutes les MERDES en provenance des Etats-Unis sont très vite adoptées en France au contraire des choses bien !).

Il me semble que beaucoup d'américains prennent cet argent prêté pour argent comptant ! Dans certains cas cela peut être pratique (d'autant plus que la plupart des cartes de crédit offrent des avantages indéniables comme par exemple 1 mile en avion pour $ 1.00 dépensé, avantage qui peut être annulé si la somme n'est pas remboursée sous les 30 jours et ainsi soumise à un taux d'intérêt plutôt élevé) mais il faut bien évidemment faire très attention.

La multiplication de cartes de débit et de cartes de crédit complexifie encore davantage le suivi des comptes personnels. L'utilisation d'un Microsoft Money ou d'un Intuit Quicken ou autre devient alors indispensable…  
 


http://adproject.free.fr/wordpress/?p=42
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le-verdict
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 #10 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Juin 2007 01:10

Gurde a écrit:
 


Wacquant, sociologue, son discour nous éclaire sur la relation entre croissance, et la doctrine travail.

Pour moi une réflexion sur l'embrigadement au modèle "travail", où nous pensons naïvement participé soit à la croissance, soit à notre propre enrichissement. Sans prendre conscience, que derrière, nous sommes plus au service des patrons.
Il explique très bien, comment on dit aux gens de devenir l'entrepeneur d'eux-mêmes, de vendre leurs compétences au jour le jour, et ainsi on les formate en employé "modèle".
Mon opinion est que ce genre de "modèle" pousse à l'anéantissement du rapport de force employé-employeur, pour l'unique but des employeurs. L'employé lui reste bercé d'illusions, le sourire aux lèvres, trop content de pouvoir avoir un travail, et quelques euros...

Qu'en pensez-vous ? 
 

Sans patron pas de boulot. C'est le patron qui risque d'etre endetté toute sa vie.
Les patrons sont primordiaux, tandis que la plupart des emplyés sont interchangeables.
Il faut bien manipuler certains pour qu'ils s'imaginent avoir des intérêts.
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 #11 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Juin 2007 05:18

le-verdict a écrit:
 
Gurde a écrit:
 


Wacquant, sociologue, son discour nous éclaire sur la relation entre croissance, et la doctrine travail.

Pour moi une réflexion sur l'embrigadement au modèle "travail", où nous pensons naïvement participé soit à la croissance, soit à notre propre enrichissement. Sans prendre conscience, que derrière, nous sommes plus au service des patrons.
Il explique très bien, comment on dit aux gens de devenir l'entrepeneur d'eux-mêmes, de vendre leurs compétences au jour le jour, et ainsi on les formate en employé "modèle".
Mon opinion est que ce genre de "modèle" pousse à l'anéantissement du rapport de force employé-employeur, pour l'unique but des employeurs. L'employé lui reste bercé d'illusions, le sourire aux lèvres, trop content de pouvoir avoir un travail, et quelques euros...

Qu'en pensez-vous ? 
 

Sans patron pas de boulot. C'est le patron qui risque d'etre endetté toute sa vie.
Les patrons sont primordiaux, tandis que la plupart des emplyés sont interchangeables.
Il faut bien manipuler certains pour qu'ils s'imaginent avoir des intérêts. 
 


Merveilleux il y a donc une classe sociale qui est vitale pour la survie du monde, et une autre classe totalement manipulable, et jetable.

T'as tout compris à notre monde, mais j'ai du mal à comprendre que tu sois quasiment ravi de cet état fait.

Après ce qu'il faut réellement comprendre c'est que nous sommes devenus des soldats de la guerre économique. On se bat pour la croissance, on doit avant tout rendre l'essor à notre économie.

Mais si tu lis les sujets que j'ai posté au début, tu te rends compte que l'on court après une chimère, que la majorité des gens seront toujours obligés de s'endetter, encore, et encore, de travailler, encore, et encore, de consommer, encore, et encore. Et de n'être à aucun moment un être humain à part entière mais juste un petit soldat sacrifiable de la guerre économique.

On peut donc se poser la question à quoi sert une démocratie de l'égalité des droits ou l'égalité sociale n'existe pas ? Où est ton profit, ton humanité, tes droits quand tu n'es qu'un objet manipulable par les "patrons"

On joue à un jeu où il y a beaucoup de perdants, et dire c'est la vie, c'est faux... Car aujourd'hui, par exemple, tu as la possibilité de nourir 12 milliards de personnes. Mais on préfère vivre dans le gaspillage, et la surconsommation, pour laisser plus de 1 milliard de personnes souffrir de malnutrition. Et quand je dis souffrir, je veux dire mourir...

Après un gars comem Wacquant te permet justement de prendre ce temps de la réflexion, il enchaine les arguments pour te permettre de souffler, et d'enfin remettre en cause ce "travail" que tout le monde nous sort comme inévitable.

On s'est construit un modèle où il faut une famille, donc un travail pour la nourrir. Et même si on a pas de famille, se nourrir soi-même. Bien des questions sont soulevés mais une fois sortie du modèle dans lequel on vit depuis des siècles, on peut commencer à imaginer un monde autrement.

Bref moi je sais ce qui m'attend dans ma vie, et je suis loin d'être heureux de voir que je vais être utilisé, réutilisé, essoré, repassé, sans aucune issue. L'impression qu'on m'a jeté sur terre pour les travaux forcés. Si en plus il y avait derrière toute cette sueur une vraie volonté d'avancer, mais bien souvent on va t'user, t'épuiser, t'(...), et tu n'as pas l'impression de vivre. Question que je mets en relation direct avec mon histoire, et l'esclavage. On me dit à l'école que le travail c'est la liberté, quand on prend le temps de la réflexion, on a pas l'impression. Je ne dis pas qu'il ne faut plus travailler pourtant, juste qu'on oriente notre énergie, notre dynamisme vers quelque chose qui n'a aucun but.
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 #12 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Juin 2007 05:47

L'argent? C'est bien ce métal gris qui se trouvait par exemple il y a quelques siècles dans les mines de l'actuel Pérou, non ? J'ai tort ?
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 #13 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 27 Juin 2007 05:56

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19252

Citation:
 
Système monétaire et Banque centrale européenne

J'essaye de décrire ici "qui met la monnaie en circulation". Ce texte est écrit en langage simple et compréhensible même par ceux qui ne connaissent rien à l’économie.

Ce texte explique pourquoi le système monétaire européen actuel ne peut mener qu’à une crise grave, comme au Japon en 2000. Il explique donc pourquoi il faut totalement modifier la logique de l’émission de la monnaie (il ne s'agit pas simplement d'une critique de la politique monétaire, dans le genre «les taux d'intérêt sont bien trop élevés»), et propose une méthode d’émission de la monnaie totalement novatrice et pourtant parfaitement réaliste.

Il est possible que je me sois complètement trompé, après tout je ne suis pas économiste, et quand bien même, les économistes de toute façon ne comprennent en général rien à la manière dont la monnaie est fabriquée. Aussi, n'hésitez pas à réagir, également si vous pensez que tout ceci est complètement faux.



Évoquons ici le système monétaire : c'est simple, contrairement à l’économie. Car un billet de 20 € restera demain un billet de 20 €, même si personne ne peut prédire dans quelles mains il atterrira.


Différents types de monnaies

L’économie peut vivre sans monnaie, c'est le régime du troc, mais ce système est peu flexible.


Un objet utilisé comme monnaie d’échange (par exemple des coquillages) simplifie les échanges.


Pour garantir la sincérité des échanges, les Européens ont rapidement choisi d'utiliser des métaux rares et impérissables, en particulier l'or.


Le papier-monnaie a ensuite apporté de la commodité : avec le chèque (nominatif) ou le billet de banque (anonyme), on permet à quelqu'un d'aller chercher l'or qu'on a mis dans une banque. Jusque-là, la logique sous-jacente n'est pas modifiée (sauf (...) toujours possibles).


Encore mieux : l'or peut ne même plus circuler entre les banques, ni même les billets, grâce aux chambres de compensation reliées par informatique. L'une d'elles est Clear Stream : quand une banque doit donner 1 kg d'or à une autre banque, elle envoie juste un message à Clear Stream, qui tient des comptes pour chaque banque, et retire 1 kg à l'une pour rajouter autant à l'autre. Là encore, rien de fondamental ne change jusque là, du moins si la chambre de compensation est honnête et bien gérée. Dans la suite, je ne parlerai donc plus de ces systèmes électroniques, variantes modernes et plus pratiques des échanges matérialisés.


La valeur des billets de banque

Une monnaie peut être fragile (comme les coquillages : il suffit d'aller en ramasser sur une plage) ou bien solide (comme l'or, dont tous les gisements sont épuisés ou presque). Et les billets de banque ?


Au 19e siècle, les billets ont d'abord correspondu à un certain poids d'or possédé par la banque (privée) qui émet le billet : la monnaie est alors aussi solide que l'or.


Puis ce sont des banques centrales, comme la Banque de France, qui ont fabriqué les billets sous le contrôle de plus en plus serré des États, mais toujours en garantissant l’échange des billets contre un certain poids d'or. Mais les États ont tendance à imprimer plus de billets qu'ils n'ont d'or. Du coup la monnaie peut s’écrouler momentanément comme en 1914-18, ou plus sévèrement comme en 1929.


En 1946, gros problème car à part les USA plus aucun pays ne possède d'or. Les USA ont continué à garantir l’échange des dollars contre de l'or, et les autres banques centrales n'ont gardé en stock que des dollars distribués par les USA et non de l'or : ce sont les accords de Bretton-Woods. Mais à nouveau, les pays qui imprimaient trop de billets devaient dévaluer leur monnaie, et en 1971 même les USA n'ont plus pu rembourser en or tous ceux qui leur montraient des dollars.


À partir de là, les billets ne sont plus garantis sur aucune richesse en particulier. Donc problème : si un État imprévoyant ou démagogue imprime trop de billets, la monnaie s’écroule et l'inflation galopante arrive. Les politiciens étant souvent imprévoyants et démagogues, le risque est réel.


Une solution a été trouvée dans les années 1970 : l’État ne fabrique plus de billets, il confie ce rôle à une banque centrale. La banque centrale imprime des billets, et elle les prête au taux fixé par l’État (les fameux « taux d'intérêt ») : si on emprunte 100 € à la banque de France, un an plus tard il faudra rendre 105 € (en réalité, ce sont les banquiers qui empruntent à la banque centrale).


En Europe, depuis 1992 (traité de Maastricht), c'est encore plus fort : l’État n'a même plus le seul droit qui lui restait, celui de fixer les taux d'intérêt. Ce sont les banquiers eux-mêmes qui fixent les taux, selon un critère défini dans le traité : « maintenir une inflation inférieure à 2% », et éventuellement d'autres objectifs secondaires (comme soutenir l’économie) si l'objectif primordial concernant l'inflation est respecté.


Les problèmes des différents systèmes de monnaie

Avec une monnaie trop fragile (exemple : les coquillages), le système monétaire est susceptible de s'effondrer (si quelqu'un ramasse des coquillages sur la plage). Celui qui a gagné de l'argent en travaillant sera alors lésé s'il n'a pas dépensé son argent immédiatement.


Ce problème n'existe plus avec l'or, mais la pénurie de monnaie pose des problèmes et tend à augmenter les inégalités :

impossible de créer une nouvelle activité si personne n'accepte de prêter de l'or à un entrepreneur.


en période de croissance économique, l'avare voit son tas d'or prendre de la valeur sans rien faire.


rentiers favorisés : or étant inaltérable, le rentier ne le prête qu’à un taux élevé. À 5% par an, la croissance exponentielle de son capital lui permet de cesser de travailler..


les emprunteurs sont livrés pieds et poings liés aux usuriers : sans or ils ne peuvent rien faire. L'entrepreneur qui crée une entreprise doit augmenter ses prix et baisser ses salaires pour payer les intérêts de ses dettes : les bénéfices des entreprises augmentent mais ce sont les prêteurs (banquiers ou actionnaires) qui en tirent profit.



La monnaie basée sur l'or génère donc des riches qui vivent de leurs rentes et des pauvres qui s'endettent et ne peuvent pas créer leur propre activité. Au bout d'un moment, le système s’écroule à cause des faillites d'entreprises ou de troubles sociaux (révolution de la population affamée à cause du chômage, des baisses de salaires, et des hausses de prix causées par l'augmentation des marges des entreprises). Ceci est arrivé à la fin du 19e siècle, à l’époque du franc-or : Zola a décrit les pauvres et les rentiers, la révolution est arrivée en 1917 en Russie, et les faillites en 1929 aux USA (puis ailleurs).


À l'inverse, si les billets ne sont pas échangeables contre de l'or, et que les États en impriment largement, parfois à l'excès, la pénurie de monnaie n'existe plus, les rentiers voient leur magot fondre comme la neige au soleil (dans les familles nobles ruinées les gens sont obligés, ô grande honte, de travailler), et les pauvres s'enrichissent en trouvant du travail ou en créant leur entreprise. Mais si le gouvernement abuse de la planche à billets, le système s'emballe, et l'inflation galopante est possible.


À première vue, l’émission de la monnaie par emprunt à la banque centrale, en place depuis les années 1970, répond judicieusement à plusieurs critiques :

le stock de monnaie n'est pas limité à l'avance


les billets sont distribués de façon équitable à ceux qui désirent en emprunter.


le critère de pilotage est simple (les taux d'intérêts) et facile à comprendre : les faibles taux font augmenter le stock de monnaie et donc stimulent l’économie mais encouragent l'inflation, les taux élevés à l'inverse refroidissent l’économie.



Cependant, comme on va le voir plus bas, ce système est loin d’être parfait, et en fait il est même profondément vicié dès le départ.


Le problème fondamental de la banque centrale

Supprimons tous les intermédiaires et faisons simple :

la banque centrale imprime 100 € et les prête au taux de 5% par an


un an plus tard, elle réclame 105 €


Où l'emprunteur peut-il trouver 105 € alors que la banque centrale est la seule à fabriquer des billets et qu'elle n'en a fabriqué que 100 € ?


En fait, l'emprunteur, par son travail, a gagné de l'argent et va rembourser 105 €, car quelqu'un d'autre a emprunté de l'argent à la banque centrale pour créer une autre activité et a acheté quelque chose (pour plus de 5 €) au premier emprunteur.


Mais le système se mord la queue : pour simplifier les calculs on peut imaginer qu'il y a un unique emprunteur (l'unique entreprise du pays) et qu'il garde indéfiniment sa dette.


Chaque année, l'emprunteur doit verser 5 € d'intérêts à la banque centrale. . Mais ces 5 € ne sont pas gardés par la banque centrale : une partie sert à payer les frais (le fonctionnement de la planche à billets...), et le reste est donné à l’État, qui va lui-même utiliser cet argent en achetant des choses à l'emprunteur. Il y a donc toujours 100 € de billets en circulation, donc le système peut perdurer indéfiniment.


Mais la réalité n'est pas si belle : des billets sont perdus ou détruits, d'autres sont accumulés par des avares qui les enferment dans un coffre et donc les retirent de la circulation. Qui donc va remplacer ces billets ? Et que se passera-t-il si, un jour, tous les billets ont fini par être perdus ?


Ce système organise donc une véritable pénurie de billets, comme à l’époque de l'or. Celui qui a de l'argent est gâté, c'est une denrée rare qu'il peut donc prêter avec un taux élevé, et il n'a pas de risque de voir cet argent perdre de sa valeur. C'est donc le paradis des rentiers et la hausse continue des inégalités, comme avec l'or à la fin du 19e siècle, d'ailleurs les mêmes conséquences sont visibles en ce début du 21e siècle.


Il y a en fait un cas où l'argent en circulation peut augmenter : si l'emprunteur fait faillite, et donc ne rembourse pas ses 100 € à la banque centrale. Un autre emprunteur prendra sa relève, et il y aura 200 € de billets en circulation. Mais comme seules les banques peuvent emprunter auprès de la banque centrale, et que les États font en sorte d'empêcher toute faillite de banques (cf les 20 milliards d'euros d'argent public versé pour renflouer le Crédit Lyonnais, aujourd'hui LCL), ceci n'arrive pas sauf si tout le système financier s’écroule.


À noter que le système est même, d'un côté, encore pire que la monnaie basée sur l'or : avec l'or, au pire la monnaie est rare, avec aujourd'hui même si la monnaie est trop rare, les dettes auprès de la banque centrale restent toujours présentes même si les billets ne sont plus en circulation.


Inflation et banques centrales

Si l'inflation est élevée, le système ne change guère. Prenons une inflation de 15% et un taux d'intérêt de 20% (car un taux d'intérêt inférieur au taux d'inflation est un encouragement malsain à emprunter). On emprunte 100 € : chaque année notre emprunteur doit rembourser 20 € à la banque centrale, mais avec la baisse de valeur de la monnaie, il peut raisonnablement emprunter 15 € supplémentaires à la banque centrale pour porter sa dette à 115 €. Au final, comme précédemment, pour investir 100 €, il doit payer 5 € par an à la banque centrale. Des économistes ont ainsi démontré qu'en théorie l'inflation ne change rien, car le capitaliste avisé va pouvoir placer son argent au taux de 19% (contre 4% en l'absence d'inflation), et donc l'augmentation des inégalités sera la même.


Cette « neutralité de l'inflation » est importante : à l’époque où les États faisaient tourner la planche à billet, une règle empirique indiquait qu'une forte inflation (beaucoup de création de monnaie) développait l’économie et faisait baisser le chômage, alors qu'une faible inflation faisait baisser le taux de croissance et augmenter le taux du chômage. Mais comme ce n'est donc plus vrai depuis que la monnaie est juste empruntée à la banque centrale, on a vu apparaître à la fin des années 1970 la « stagflation », ou stagnation économie avec un taux de chômage élevé malgré un taux d'inflation lui aussi élevé. Les économistes « monétaristes » (favorable à une monnaie très solide), qui dirigent l’économie depuis 30 ans, ont utilisé cet épisode pour faire croire que les difficultés de l’économie étaient dues à une inflation trop élevée. Depuis la pénurie de la monnaie a été instaurée, l'inflation a été ramenée à un taux très faible, et les monétaristes ont été satisfaits. Mais l’économie reste toujours aussi morose et le taux de chômage n'a jamais rebaissé.


La « neutralité de l'inflation » est actuellement largement acceptée et cet argument justifie que l'Europe recherche une inflation très faible (inférieure à 2%). Pour autant, il faut bien comprendre qu'une inflation élevée n'est plus une condition suffisante à elle seule pour relancer l’économie.


Les critiques souvent entendues

En Europe, on critique la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) avec son objectif uniquement centré sur l'inflation inférieure à 2%. Mais ce qui est très curieux, c'est que presque personne ne critique le mode de fonctionnement lui-même (peut-être parce que personne ne comprend comment l'argent est fabriqué).


En effet, le taux d'inflation était traditionnellement un paramètre important :

un taux d'inflation élevé (10 ou 20% par an par exemple) fait que celui qui possède de l'argent voit sa valeur s’évaporer. Il doit alors le placer soit dans un bien improductif (des lingots d'or), soit le placer dans des entreprises même avec un rendement faible : pour être rentier c'est très difficile, mais en travaillant on peut s'enrichir.


à l'inverse, un taux d'inflation quasiment nul (comme avec le franc-or) favorise les rentiers et augmente les inégalités, comme on l'a déjà vu.


cela dit, un taux d'inflation énorme (50% par mois par exemple), ou inflation galopante, est mauvaise pour les travailleurs : leur salaire ne vaut plus rien quand ils le reçoivent, et ils doivent le dépenser immédiatement pour ne pas en perdre toute sa valeur, et les industriels les payent en monnaie de singe (situation de l'Allemagne de la république de Weimar).



Mais ce raisonnement simpliste oublie de préciser, en situation d'inflation, d'où sort la monnaie qui est créée : si c'est l’État qui la fabrique, alors en effet cela dilue les actifs des rentiers. Mais si l'argent est juste emprunté à la banque centrale, on a démontré plus haut que ce n'est pas le cas. La différence est qu'au lieu d'une injection de monnaie dans l’économie, il s'agit alors plutôt d'une fuite en avant dans l'endettement.


À première vue, l'objectif d'une inflation inférieure à 2% favorise les rentiers, et donc provoque une augmentation des inégalités. Plus précisément, pour réduire l'inflation, la BCE doit limiter l'afflux de monnaie, et pour cela elle augmente les taux d'intérêts : le crédit étant coûteux, les créateurs d'entreprises ne peuvent pas emprunter d'argent et donc ne créent pas leur activité. Certes l'inflation a été contenue, mais l’économie ralentit et le chômage augmente car trop peu d'entreprises sont créées. Mais cette analyse est contredite par les faits.


Ces critiques sont certes compréhensibles : l'objectif de 2% d'inflation est clairement conçu pour favoriser les riches, et le bon fonctionnement de l’économie n'est mentionné que comme objectif secondaire, ceci est vraiment choquant sur le plan politique.


Cependant, jusqu'en 2006, les taux d'intérêts de la BCE ont été très faibles, historiquement faibles, ce qui a d'ailleurs provoqué une immense flambée des prix de l'immobilier dans toute l'Europe car les ménages ont pu emprunter beaucoup d'argent et sur de longues durées. Ceux qui critiquent l'objectif de 2% pensent sans doute qu'il faudrait plus d'inflation, donc des taux plus faibles, alors qu'en réalité ces taux étaient déjà extrêmement faibles. Les ménages s'endettent déjà sur 30 ans, personne ne devrait décemment souhaiter qu'ils s'endettent sur 3 générations.


Cette remarque permet de souligner encore une fois qu'avec les taux d'intérêts de la BCE comme unique paramètre ajustable, la situation est inextricable.


La conséquence inévitable : la crise à la japonaise (1998-1999)

Le Japon a un système monétaire basé sur le même principe que la BCE. L'endettement des ménages y est énorme : le prix de l'immobilier est tellement élevé que l'on se loge dans des appartements minuscules, et qu'il faut parfois s'endetter sur 2 générations pour acheter un logement.


Vers 1998, la banque centrale japonaise a commencé à se préoccuper de l'augmentation des prix. En conséquence, et comme l'aurait fait n'importe quelle banque centrale, elle a augmenté les taux d'intérêts, qui étaient très faibles.


Les ménages se sont alors moins facilement endettés, et ont acheté moins d'appartements. Le prix des logements a fortement baissé (« éclatement de la bulle immobilière »). Les banques, qui avaient placé l'argent de leurs clients dans l'immobilier, ont donc perdu beaucoup d'actifs. Les gens surendettés ont eu du mal à payer les intérêts de leurs dettes, ou simplement n'ont plus pu rembourser leurs dettes. Ce phénomène a donc touché les banques, qui se sont retrouvées au bord de la faillite ou carrément en faillite. Toute la finance s’écroulait comme un château de cartes.


Le gouvernement japonais a alors décidé les mesures suivantes :

forte baisse des taux d'intérêts (fixés autour de 0%, donc des taux négatifs par rapport à l'inflation, soit un fort encouragement à s'endetter encore plus)


énormes versements de l’État pour rembourser les dettes des banques (je trouve ceci monstrueusement injuste)


forte baisse des impôts



Suite à cela, la logique du système monétaire n'a pas été modifiée. Le déficit public est devenu abyssal à cause des baisses d'impôts, et la dette publique encore plus (et l'argent versé pour rembourser les banques n'a rien arrangé au trou budgétaire !). En 2006, la dette publique japonaise était égale à 160% du PIB (à comparer aux 60% maxi des critères de Maastricht !). Le Japon a, pour l'instant, sauvé son système financier, mais pas forcément pour très longtemps, mais il a sacrifié l'avenir car la dette publique sera impossible à rembourser, et les dettes privées sont tout aussi problématiques. Pendant ce temps, l’économie va assez mal et les gens n'arrivent pas à se loger.


Le même phénomène serait parfaitement plausible en Europe : l'endettement est plus faible qu'au Japon, mais ici également les taux d'intérêts sont très faibles et malgré cela la BCE commence à s'inquiéter d'un début d'inflation, ce qui la conduit à augmenter les taux d'intérêts. Ce qui est inconnu, c'est la réaction qui sera choisie : l'Europe décidera-t-elle de réformer son système monétaire dans un sens plus favorable aux citoyens (concrètement, en réhabilitant la planche à billets, sous une forme et avec des contrôles qui restent à définir) ? Ou bien suivra-t-elle l'exemple japonais en choisissant de laisser croître les dettes ? Les dettes publiques sont déjà énormes, mais bien loin du Japon (en France, on est passé de 55% à 65% du PIB en 4 ans), les dettes privées sont également élevées mais pas comparables avec ce qui existe au Japon.


Les financiers militeront, par intérêt, pour la 2e solution. Outre de faibles taux, ils proposeront pour augmenter l'endettement des ménages : « L'hypothèque rechargeable » (Sarkozy, ministre des finances à l’époque), pour continuer s'endetter en gageant la maison qu'on n'a pas encore fini de payer, ou la « maison à 100.000 € » (Borloo, ministre des finances), pour s'endetter pendant 20 ans pour payer une maison, puis encore aussi longtemps mais cette fois-ci pour acheter le terrain. En attendant l'autorisation de l'endettement sur plusieurs générations, et le développement des crédits sur 50 ans apparus en Espagne (pour salariés de moins de 30 ans).


Les financiers ont également un argument de poids : avec une dette publique supérieure à 60% du PIB (ou 160% pour la Japon), l’État dépend directement des taux d'intérêts appliqués par les prêteurs privés, et donc de l'opinion que ces prêteurs ont de l’État. Si l’État se comporte mal (selon les financiers), il va le payer très cher à cause de l'augmentation des intérêts de la dette, il peut toujours se mettre en faillite (cela est déjà arrivé dans l'histoire) mais cette décision est lourde et risquée. 
 
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 #14 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 05 Juil 2007 21:27

Les mécanismes cachées de la violence structurelle se déployant dans le monde de la rareté organisée

Citation:
 
Dans la réciprocité modifiée par la rareté, l'autre nous apparaît comme le contre-homme en tant que ce même homme apparait comme radicalement Autre. C'est-à-dire porteur pour nous d'une menace de mort. Ou si l'on veut : nous comprenons en gros ses fins - ce sont les nôtres; ses moyens - nous avons les mêmes; les structures dialectiques de ses actes; mais nous les comprenons comme si c'étaient les caractères d'une autre espèce, notre double démoniaque;
[...]
En réalité la violence n'est pas nécessairement un acte[...]. elle est absente en tant qu'acte de nombreux processus[...]. Elle n'est pas non plus un trait de Nature ou une virtualité cachée[...]. elle est l'inhumanité constante des conduites humaines en tant que rareté intériorisée, bref, ce qui fait que chacun voit en chacun l'Autre et le principe du Mal. [...] Aussi n'est-il pas nécessaire - pour que l'économie de la rareté soit violence - qu'il y ait des massacres et des emprisonneemnts, un usage visible de la force [...]. Pas même le projet actuel d'en user. Il suffit que les relations de production soient établies et poursuivies dans un climat de crainte, de méfiance mutuelle, par des individus toujours prêt à croire que l'Autre est un contre-homme et qu'il appartient à l'éspèce étrangère; en d'autres termes que l'Autre, quel qu'il soit, puisse toujours se manifester aux Autres comme "celui qui a commencé[...]. Cela signifie que la rareté comme négation en l'homme de l'homme par la matière est un principe d'intelligibilité dialectique.

Jean paul Sartre
 
 
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 #15 Discussion générale:   Sujet du message: L'argent   Posté le: 06 Juil 2007 20:11

WIDragon a écrit:
 
L'argent? C'est bien ce métal gris qui se trouvait par exemple il y a quelques siècles dans les mines de l'actuel Pérou, non ? J'ai tort ? 
 


j'avais même pas vu ça...

Eh ben c'est pas gagné.....

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